Tiris Zemmour : Carte d’identité .

1 12 2008

Tiris Zemmour : Carte d’identité . 

Tiris Zemmour : Carte d’identité . dans Actualités clip_image002

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Située à l’extrême nord du pays, la région de Tiris Zemmour est aussi  l’une des régions les plus enclavées.Zouérate  reste avec Sélibabi les deux capitales qui ne sont pas reliées à Nounakchott.Caractérisée par un climat désertique et aride, la région présente un cadre de vie hostile à l’homme, et vit dans un isolement total.Les problèmes sont presque identiques aux trois villes de la région : Bir Moghrein à 1000 km de Nouakchott, Zouerate 700 km de la capitale et F’deirik 670 km de Nouakchott.En outre, le problème qui se pose avec acuité est celui du déficit cruel en eau potable. Ce manque, lié sans doute à l’aridité de la région, résulte d’autre part de l’inexistence d’efforts de l’Etat pour juguler le mal. 

Zone minière par excellence, l’exploitation du fer dure plus de quarante ans dans cette région. Mais, malheureusement, cette activité n’a aucun impact sur les populations caractérisées par une paupérisation grandissante. Encore moins sur les localités qui restent toujours dans un état stationnaire de développement. 

C’est à se demander pour qui brille le minerai de fer excavé des montagnes de Tiris ? 

Aux problèmes quotidiens des populations, est venu se greffer celui de la sécurité. Région aux frontières poroses, le vierge Tiris est à la merci d’un intense trafic de tout acabit : cigarettes, drogue, immigration clandestine…. 

La frayeur a été attisée par les attaques de Lemqeîty et récemment de Tourine qui indiquent que la menace est toujours là. Le H.C.E. qui avait annoncé  son intention de faire de la lutte contre le terrorisme une de ses priorités, est attendu de pied ferme par les populations de Tiris. Celles-ci espèrent avec confiance la mise en place d’une stratégie sécuritaire de longue durée sinon, le pire est à craindre. 

 

 Zouerate : capitale régionale, cette ville est la cadette des mouqata’as car née avec l’exploitation du fer par la défunte MIFERMA. Cependant, plus de quarante ans après rien n’a changé, en tout cas sur le plan de l’urbanisation.  Aucun plan d’urbanisme digne de ce nom, aucune politique de développement durable, les populations augmentent et les problèmes de survie également. Ainsi, on relève une absence d’infrastructures de base telles que  les écoles, souvent pléthoriques et en piteux état, des salles défectueuses sans fenêtres et des enfants qui s’assoient à même le sol. La capitale du Tiris a comme principale activité l’exploitation des mines de fer par
la Snim qui gère aussi les équipements de la ville, un hôtel, un restaurant et un centre socioculturel et sportif. 

A l’instar des autres villes de la région, Zouérate souffre d’un manque cruel d’eau potable. Pas de réseau d’adduction d’eau sauf la cité Snim rationnée trois fois par jour selon les saisons. L’électricité est aussi distribuée par la société minière en fonction de quotas selon les catégories des travailleurs, il est cependant rare de dépasser le quota. Le réseau électrique ne répond à aucune norme de sécurité car des câbles électriques traînent à même le sol exposant ainsi les populations à de gros dangers. 

Sur le plan de la communication, une étude menée récemment dans le cadre du PDL (Plan de développement local) de la commune de Zouérate a démontré que la qualité des réseaux de téléphonie mobile est relativement médiocre. Par ailleurs, la couverture des réseaux mobiles est seulement limitée aux abords de la ville. L’accès à l’Internet est possible mais avec un faible débit et une qualité médiocre. 

Sur le plan sanitaire, un hôpital régional qui n’a que de nom manque cruellement de moyens matériels, d’équipements sanitaires et surtout de services  de spécialisations. Transformée à la va-vite en hôpital régional, cette structure sanitaire ne présente aucune norme d’un centre hospitalier. Un médecin 

généraliste y officie et se limite à la consultation simple. 

 

F’Derick : capitale de la wilaya jusqu’à 1985, cette bourgade se meurt par manque d’infrastructures viables. Jadis appelé Fort GOURAUD du nom de cet administrateur colonial français qui avait fait un fort dans cette localité pour servir de base arrière à ses troupes, F’Deirik présente toujours le visage d’une cité abandonnée par les siens. Elle n’a aucune activité économique depuis la fin de l’exploitation des chantiers de mine de fer, elle se débat dans des problèmes sociaux et économiques avec une absence totale d’infrastructures de base. A la différence de Bir et de Zouerate, Fderick dispose d’eau potable mais l’électricité y est rationnée. Les autorités doivent agir en vue d’améliorer les conditions de vie de ces populations. 

 

Bir Moghrein ou les oubliés du désert : perdue en plein désert à 300 km de la capitale régionale, cette Mouqata’a  est la plus enclavée du pays. Son problème crucial est le manque d’eau, le seul point d’approvisionnement se trouve à 150 km de la ville, les camions citernes militaires assurent l’acheminement de la denrée précieuse qui sera distribuée aux laborieuses populations qui vivent dans des conditions drastiques. Sur le plan du  transport, Bir est pratiquement injoignable, un seul bus offert par une O.N.G. fait la navette entre Zouerate et BIR Moghrein presque une fois par 14 jours.  

 

Ce sombre  tableau de l’etat des lieux de Tiris Zemmour, loin d’être exhaustif interpelle plus d’un titre les autorités au plus haut niveau, pour ébaucher une véritable politique de développement dans le but d’épanouir les  populations et de soulager leurs souffrances. 

         

            Djibril Amadou SY CP/ Tiris Zemmour 

 

Source : La Tribune N°425


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