Paris-Nouakchott-Lemden

1 12 2008

Paris-Nouakchott-Lemden :

Ould Abdel Aziz-Ould Cheikh Abdallahi-Ould Daddah,

Acteurs apparents de la solution française…

Y’en a-t-il d’autres ?

 

 

Elle était attendue, cette initiative de la France. Parce que ‘l’indifférence affichée’ faisait partie des facteurs de l’inquiétude ambiante. L’arrivée à Nouakchott de Romain Serman, conseiller à la cellule diplomatique chargée de l’Afrique de l’Elysée et Philippe Etienne, directeur de cabinet de Kouchner, a eu l’effet d’une bouffée pour les mauritaniens qui ne voyaient rien venir en termes de concessions de la part des protagonistes du jeu politique actuel. D’un côté un Sidi Ould Cheikh Abdallahi se contentant de revendiquer la légitimité des urnes et un Front qui tient à son retour au pouvoir, de l’autre un pouvoir qui s’installe dans la normalité en consolidant son assise intérieure.

Au lendemain de son arrivée la délégation française a été reçue samedi matin par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, président du HCE et chef de l’Etat. Un entretien de préparation visiblement. Suivra pour les deux hauts responsables français, un long voyage en compagnie de l’Ambassadeur de France vers Lemden, le village du Président élu-déchu.

A Lemden, l’entretien durera moins d’une heure. Comme pour faire l’économie de l’entretien, l’ambassadeur de France à Nouakchott, Michel Van De Poorter, déclare qu’«il s’agit d’une nouvelle initiative strictement française, visant à trouver une solution de sortie de crise en Mauritanie». Se refusant à en dire plus. Mais on savait déjà que la délégation devait s’entretenir avec le Général Ould Abdel Aziz (une nouvelle fois) puis le leader de l’Opposition démocratique, Ahmed Ould Daddah avant de quitter Nouakchott.

Donnant sa version de la rencontre avec Ould Cheikh Abdallahi, son directeur de cabinet, Mohamed Kaber Ould Hamoudy, a déclaré à la presse que la délégation française n’a fait aucune proposition, mais plutôt qu’elle a écouté son point de vue du en tant que «président légitime» à propos de la crise actuelle. Selon une dépêche de l’ANI, Ould Hamoudy a affirmé que « les membres de la délégation française ont indiqué qu’ils étaient là pour rendre visite, au président afin de prendre connaissance de son point de vue concernant la crise actuelle ». En ajoutant que «les responsables français ont confirmé à Ould Cheikh Abdallahi l’attachement du gouvernement français à sa position inchangée exprimée à travers la déclaration de l’Elysée, qui condamne le coup d’Etat du 6 août, considérant que le président élu demeure le seul représentant légitime de la Mauritanie». Et de poursuivre : «Le président a répondu à toutes les questions de la délégation, soulignant son attachement à la légalité institutionnelle et au choix démocratique du peuple mauritanien et sa conviction relative au fait que le retour à la constitution constitue la seule voie possible pour une sortie de la crise actuelle. Il leur a, également, fait savoir qu’il rejette toute idée de négociation pendant que les militaire confisquent le pouvoir». L’intransigeance, c’est ce qu’on peut retenir de cette version de l’entretien.

Comment les français ont-ils pris le fait ? Seuls les concernés peuvent répondre. Sinon le Général, chez lequel ils repasseront en début de soirée. Un long entretien qui sera suivi par la rencontre avec le président du RFD et leader de l’Opposition démocratique, Ahmed Ould Daddah.

Depuis quelques semaines une nette évolution de la position extérieure est à noter. Le Général Mohamed Ould Ghazwani, deuxième homme fort de l’après 6 août a séjourné récemment en France. A-t-il eu des entretiens avec les officiels français ? Très probablement. On parle de plus en plus de «la nécessité de dialogue» pour trouver «une solution mauritanienne». Dernière accroche, celle de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-Union Européenne qui a adopté unanimement une proposition de résolution de compromis sur la situation en Mauritanie à Port Moresby en Papouasie Nouvelle Guinée. Cette résolution qui condamne «le renversement du Président et du gouvernement par les forces armées en Mauritanie et insiste sur le respect des institutions démocratiquement mises en place», prend cependant «acte du transfert du Président déposé», et «affirme que seule une concertation élargie permettrait une sortie de crise et un retour au fonctionnement régulier de l’ensemble des institutions démocratiques en ce compris le plein exercice par le Parlement de toutes ses responsabilités».

Mais que contient la proposition française ? Elle serait encore au point de la conception, du déblayage. Mais il ne sera pas difficile de la faire accélérer. Le temps presse. Avant la prochaine visite de la délégation de haut niveau prévue lors de la réunion du 21 novembre à Addis-Abeba (voir notre précédente édition), un «déclic» doit être trouvé.

Le schéma préconisé passe nécessairement par l’acceptation par Ould Cheikh Abdallahi de se démettre. Après cela, tout deviendra possible. Un gouvernement de consensus ayant en charge l’organisation d’élections présidentielles dans les plus brefs délais. Avec notamment la condition de l’inéligibilité des militaires et l’élargissement des prérogatives de la Commission nationale électorale indépendante (CENI). Mais avant cela, il faudra réaménager les textes de la constitution pour d’une part équilibrer les pouvoirs institutionnels, et d’autre part faire sortir définitivement les militaires du champ politique. Restera à savoir quels rôles donner au Général Ould Abdel Aziz et au colonel Ely Ould Mohamed Val dont il est beaucoup question ces jours-ci ? Seront-ils candidats ? et pour ce faire, le Général démissionnera-t-il ?

Jusqu’à présent on ne peut que nous en tenir aux apparences. Le Général Ould Abdel Aziz a eu plusieurs fois le pouvoir entre les mains : en juin 2003, août 2004, août 2005 et depuis mars 2007. Alors ? Il n’est pas exclu qu’en voulant au départ «corriger une déviance», le Général finit, sous l’influence d’un entourage peu politique, de vouloir jouer dans l’arène politique. Ses sorties et son approche du pouvoir le rendent certes populaires. Mais lui seul sait comment Ould Taya passait les échéances électorales et comment plus tard Ould Cheikh Abdallahi est passé. Il sait aussi et il l’a dit que les soutiens sont à «celui qui occupe le fauteuil de président». Croire à ses velléités quant à la présidence, c’est lui dénier quelque once de lucidité. Ce qui est une erreur monumentale.

 

MFO

Source : La Tribune n°426


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