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Les victimes de la « démocratie »

1122008

Opinion 

 

                                               Les victimes de la  « démocratie »  

 

                        Ancien directeur de certains établissements dont le dernier fut le lycée national je voudrais moi aussi m’exprimer sur cette période de «démocratie» du président Sidi O/ Cheik Abdallah qui suscite tant de passions. 

Je parlerais plus particulièrement de l’enseignement et du cas de certains directeurs de lycée, de collège et d’écoles primaires débarqués manu militari sous le fameux slogan de changement lancé par la ministre de l’éducation nationale  qui était présentée comme la dame du changement ,la dame qu’il fallait . De belles chansons pleuvaient de partout(journaux, internet etc…..) C’est la messie du ministère !   

                        Eh bien passons en revue les actes et agissements de cette bonne dame : ses recensements et tests administratifs de juillet  2007, en passant par les nominations de Dren , le débarquement de bien de directeurs  au niveau central , régional , au niveau des lycée et collège  et enfin les mesures méchantes et sévères  contre les professeurs des suites de leur mouvement  en fin d’année scolaire . nous ne remarquons  partout que fanfaronnades, démagogie, nomination préétablies de parents, d’amis et d’hommes de pailles à son service sur des critères dits  de « transparences et de justices ». Je ne parlerai point de  sa gestion et pourtant  on y voyait tant de choses douteuses. 

            Les anciens chefs d’établissement ont, la plupart, été débarqués et mis en sourdine dans des directions vides et sans objets .Voilà comment on récompense beaucoup de  travailleurs qui ont tout donné et tout fait pour leur pays  mieux  dans une période où l’on nous parlait  de démocratie et de changement . Dommage ! On laisse de petits prétentieux et des hommes sans CV aussi bien sur le plan professionnel que politique mettre tout dessus dessous . Dommage encore !!. 

  Le  président aurait dû être au service des tous les citoyens et de.tous les fonctionnaires et aurait dû être attentif à l’agissement de ses ministres et de ses directeurs  et aurait dû arrêter les abus. On débarque massivement les fonctionnaires et on justifie ces injustices par des paroles mielleuses . Peut être nous étions sans défense. Et cette dérive se poursuit  ailleurs  vers des personnes qui avaient les moyens de se défendre et qui zlles n’étaient point  comme les chefs d’établissements. 

 Doit on permettre aux hommes nommés par la démocratie de tout laisser  faire  pour satisfaire les caprices  et ambitions de certains ou de certaines ? 

 Bien de personnes ont été démocratiquement élues et malheureusement ont fait beaucoup de tords. Le cas le plus frappant s’est passé en Allemagne en 1933  et d’autres exemples pullulent  en Afrique et dans le monde! 

L’ancien président n’a pas été à la hauteur  et a laissé faire

            Ainsi dit, je ne puis  que souhaiter bonne chance à
la Mauritanie , à son peuple  et à ses nouvelles autorités . Des signes de remises en ordre sont  là. L’orientation du HCE est plus claire  et mérite un soutien agissant . La plupart des anciens chefs d’établissements et  professeurs soutiennent  le changement en cours. 

Victoire à
la Mauritanie 

Bonheur au peuple Mauritanien 

Courage aux nouvelles autorités de Mauritanie 

                                    

Par Traoré Samba  ancien directeur  du lycée national  2004 /2007 




Campagne de lutte contre le tabagisme :

1122008

 

 70% de mauritaniens fument en milieu scolaire! 

Un taux très élevé au cours de l’année scolaire de  2005-2006. L’enquête a montré également que 18% de la population mauritanienne sont des fumeurs réguliers. 

Le ministère de la santé en collaboration avec l’OMS, a organisé le jeudi dernier à Nouakchott une journée de sensibilisation sur les dangers du tabagisme. A l’ouverture de cette journée, le secrétaire général du ministère Mohamed Abdarahmane Ould Ahmed Sidatt, a souligné dans son discours la volonté des nouvelles hautes autorités du pays d’accorder une grande importance au secteur de la santé. Il a ensuite dit aux participants: «mobilisez les citoyens sur la nécessité de cesser de fumer». 

Mohamed Abdarahmane Ould Ahmed Sidatt, a exhorté les mauritaniens à faire de la lutte contre le tabagisme, l’une de leurs priorités dans le travail pour éradiquer définitivement le tabagisme dans notre pays. 

Ensuite, le représentant de l’OMS Cissé Lamine Sarr a indiqué que le tabagisme occasionne plusieurs dangers au niveau international tout en indiquant que des dizaines de millions de personnes meurent annuellement à cause du tabagisme. Il a appelé aux mauritaniens à une lutte commune contre le tabagisme pour limiter au moins le taux de mortalité et les maladies qu’il entraîne. Enfin, les participants à cette journée ont suivi des exposés détaillés sur les méfaits du tabagisme. 

Le rôle de la presse, selon certains participants, est aussi de s’impliquer dans la lutte contre toutes les maladies dangereuses. Pour eux, l’intérêt général doit être au dessus de toute considération. Le journaliste ne doit pas attendre qu’il soit payé pour  sensibiliser les citoyens  sur les dangers du tabagisme. 

Connaissez- vous les attitudes de certains jeunes vis-à-vis du tabac? Les jeunes fumeurs pensent qu’en fumant, on a plus d’amis (es). En 2006, ce sont 5 garçons sur 10 qui ont cru que pour avoir des copains et  copines surtout, il faut fumer. D’autres pensent également qu’en fumant, on est mieux. En 2006, ils étaient 4 garçons sur 10 à croire qu’en mettant une tige de cigarette dans sa bouche, on est mieux vu alors qu’ils étaient 3/10 en 2002. 

Il faut dire que le pourcentage d’élèves qui habitent  avec des fumeurs, n’a que légèrement baissé  en 2006.    4/10 élèves habitent avec des fumeurs. 2/10 élèves ont des parents fumeurs réguliers. 5/10 élèves fréquentent des fumeurs hors de la maison. Dans ces conditions 6/10 élèves  souhaitent que le tabac soit interdit sur les lieux publics. Selon l’Association américaine du coeur (AHA), les personnes exposées au tabagisme passif ont 30% de risques en plus de mourir de maladies cardiovasculaires que celles vivant dans un environnement sans tabac.      

Sy Mamadou   

Source : La Tribune n°425 




Banques face à la crise

1122008

Banques 

 

Face à la crise 

 

Plusieurs semaines après la déflagration financière, qui a touché le monde entier, le système bancaire mauritanien, et africain en général, est secoué par les ondes de choc; dans une bien moindre mesure tout de même. 

 

«Pas de liens entre la crise financière et les économies africaines, plus particulièrement leurs systèmes bancaires, qui ne spéculent pas pour la plupart.» a-t-on entendu en boucle durant les premières semaines du crack de Wall Street, partout en Afrique, particulièrement à l’ouest. Même son de cloche sur les places bancaires de Nouakchott. Mais les choses sont beaucoup plus systémiques et donc complexes que cela. «Ce serait travestir la réalité que de présenter ainsi les choses. Une forme de méthode Coué. Car même si nous ne sommes pas directement actifs sur les marchés, il va sans dire que la crise de liquidités, et le manque de confiance sur les grandes places, ont engendré des dommages collatéraux. Même en Mauritanie. A titre d’exemple, la quasi-totalité des correspondants étrangers ont revu à la hausse leurs conditions de confirmation des crédits documentaires. C’est-à-dire, que depuis l’ancrage de la crise, lever des fonds relève souvent du parcours du combattant. En quelques semaines, nous avons assisté à une hausse de 50 à 100 points de base(i.e 0,5 à 1%),alors que la rémunération du risque sur ces opérations tournait autour de 2% l’an, quand les charges sont supportées par le donneur d’ordre (l’importateur local en l’occurrence). D’où forcément un impact direct sur le consommateur du fait du renchérissement du produit importé (qui est un facteur inflationniste-ndlr).» explique longuement un directeur des opérations d’une des grandes banques mauritaniennes. Et certaines du fait de leur appartenance à des groupes étrangers plus directement exposés (comme
la Société Générale et BNP Paribas), pourraient connaître d’autres implications (mesures prises par les maisons-mères en vue de maintenir la rentabilité, et qui se traduisent forcément par des tours de vis en ce qui concerne l’octroi de liquidités). Car, il faudrait se rendre à l’évidence: «
La Société Générale est aujourd’hui la banque de détails la plus faiblement capitalisée de France» prévient un responsable de banque privée nationale. «La croissance de Société Générale en Afrique devrait se ralentir. Les filiales qui ont besoin d’augmentation de capital pour accompagner le dynamisme de leur marché? Elles attendront. Les transferts se feront plus rares. Société Générale devra effectuer des provisionnements pour couvrir, dans ses comptes, les mauvais placements, notamment dans Lehmann Brothers. Tout cela laissera des traces, même en Afrique». Dans l’ensemble, nos banques ne seraient donc pas confrontées aux mêmes problèmes que celles des pays industrialisés. Elles conservent en général leurs créances dans leurs bilans, au lieu de les vendre sur des marchés secondaires,  le marché de la titrisation étant très limité, tout comme celui des produits dérivés et même du marché interbancaire, malgré le développement encore embryonnaire du GIMTEL.

 

Réformer le système? 

 

Mark Twain disait que le banquier est quelqu’un qui vous prête son parapluie lorsque le soleil brille et vous le retire aussitôt qu’il pleut… Les taux de bancarisation et les niveaux d’intermédiation bancaire sont encore trop faibles en Mauritanie. Pourtant, les banques sont en situation de surliquidité. L’idée selon laquelle il n’existe pas suffisamment de projets bancables est fausse. En vérité, l’absence de compétition réelle entre les institutions bancaires et le caractère trop rigide des règles d’accès au métier de banquier créent un système de rente avec peu d’incitation à l’innovation et la prise de risque. Les trois-quarts des crédits distribués sont à court terme, et dans des secteurs d’activité comme l’import-export où il y a peu de création de valeur ajoutée. «De façon générale, les pays africains doivent favoriser l’émergence d’institutions légères et déconcentrées, capables d’agir rapidement, de mobiliser plus agressivement l’épargne intérieure et extérieure, pour la mettre au service des investisseurs et des créateurs de valeur ajoutée. Il faut s’émanciper des situations de quasi monopoles où quelques larges banques inefficaces dominent les marchés nationaux et favoriser l’émergence de banques réellement spécialisées. Nous pourrions aussi nous inspirer des institutions de micro crédit comme
la Grameen Bank, qui vont au devant des pauvres et les transforment en agents économiques créateurs de richesse.» analyse.

 

Les canaux de transmission de la crise chez nous 

 

S’il n’y a pas d’effet directement mécanique entre la crise financière et les économies africaines, plus précisément leurs réseaux financiers et bancaires, il n’en demeure pas moins, au vu de l’interdépendance entre les économies ouest africaines, et mauritanienne, avec l’économie européenne, et française en particulier: de ce fait, les systèmes financiers les plus connectés aux banques occidentales verront un certain assèchement de la liquidité, et donc moins de lignes de crédit pour financer l’activité économique; mais les banques centrales peuvent pallier à un tel assèchement. «Et de toute façon, la plupart de nos banques sont en situation de surliquidité, puisqu’elles rémunèrent mal l’épargne de leurs déposants.» affirme le directeur. Ensuite, les flux de capitaux extérieurs vers l’Afrique, seront affaiblis. «L’investissement direct étranger, les prêts provenant de l’extérieur ou les achats d’actifs sur les bourses africaines vont diminuer, soit parce que les propriétaires de capitaux ne veulent plus prendre trop de risques, soit parce qu’ils ont peur de la menace inflationniste dans nos pays. Et là, le déficit financier se fera vraiment sentir, car ces capitaux permettent à notre système bancaire de financer les déficits de balance de paiements sans aggraver l’endettement extérieur.

 

MLK

Source : La Tribune n°425 




Yahya Bocar Ba fait son entrée sur l’échiquier du Gorgol

1122008

Yahya Bocar Ba fait son entrée sur l’échiquier du Gorgol

 

Vendredi soir dernier. Kaédi. La grande maison de la famille Ba. Une famille connue au-delà du Fouta, de la Vallée, de l’espace Maure. Ce soir, c’est Yahya Bocar Ba, le tout jeune président de la Commission Centrale des Marchés, qui invite les cadres de sa ville natale. Pour discuter de tout. Surtout de la politique et du soutien aux gestes faits par le chef du Haut Conseil d’Etat envers la région de façon générale et de la ville de Kaédi en particulier.

Au-delà des appartenances politiques, Yahya Bocar Ba a voulu rassembler les cadres et faire la démonstration qu’il est possible de réunir les protagonistes de la crise actuelle autour des mêmes préoccupations.

Il y avait là des figures de l’APP, du RFD, de l’UFP, de l’AJD/MR, du PLEJ, de ADIL, de l’UDP, des indépendants… certains ont pris la parole. Pour remercier le Général Ould Abdel Aziz d’avoir fait un geste tant attendu.

Pour animer, il y avait là l’une des plus grandes figures de la chanson Pulaar, Ousmane Hammadi Diop, héritier de la tradition des «leele sooré». Il y avait aussi celui qui avait remporté la médaille au festival de jeunesse de 1973 avec «baabouya laatwelly». Des anciens députés comme Alioune Ould Manza avec ses trois mandats, maires comme Djiewé Kamara qui prendra la parole.

Tous ceux qui ont parlé ont insisté sur l’unité du Fouta et de Kaédi en particulier. Cette région qui est pour eux un raccourci de la Mauritanie avec toutes ses composantes ethniques, ses potentialités humaines et culturelles mais aussi ses problèmes.

Problèmes de santé, d’eau potable, de terres cultivables, d’écoles… Des problèmes qui pourront être posés par les cadres nouvellement promus au sein de l’administration. Surtout que le lendemain de cette soirée, se tenait à Nouakchott une réunion des cadres ressortissants du Gorgol pour soutenir le HCE.




Patronat national : une relève assurée

1122008

 

 

Patronat national : Une relève assurée 

 

Après avoir eu l’audace et la hardiesse de démissionner-attitude très rare chez nos cadres-du prestigieux poste d’Admission Directeur Général de
la SNIM pour intégrer, nous dit-on, le Bureau International du Travail (BIT)  et pour occuper les fonctions non moins prestigieuses de Directeur Général Adjoint chargé de l’Afrique, Monsieur Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed a également dans la même foulée, abandonné son poste de Président de  l’Union nationale su Patronat de Mauritanie (UNPM) au profit de son premier vice-président, le dynamique et talentueux, Ahmed Baba Ould Azizi Ould El Mamy.

 

Une passation de service officialisée lors de la dernière réunion du Bureau exécutif de l’UNPM du 13 novembre 2008 et qui s’était déroulée en toute douceur et de la façon la plus aisée et la plus normale possible ; ne suscitant aucune objection de la part des membres du Bureau exécutif.

 

Rien d’étonnant à cela, si l’on sait que les Statuts et Règlements de l’UNPM prévoient qu’en cas de vacance (par démission, décès ou tout autre empêchement) du poste de Président de l’UNPM, il revient, de droit, au premier vice-président, de terminer le mandat engagé du Président empêché.

 

Sur un autre plan, cette relève répond, on ne peut plus mieux, aux critères d’objectivité et d’efficacité nécessaires au bon fonctionnement d’une grande organisation patronale comme l’UNPM.

 

En effet, le nouveau patron des patrons fait partie de cette nouvelle génération émergeante de jeunes, dynamiques et compétents  entrepreneurs mauritaniens regroupés au sein de l’Association des Jeunes Entrepreneurs de Mauritanie (AJEM).

 

Aussi, l’intéressé qui préside aux destinées de l’AJEM depuis sa création a-t-il pu faire l’unanimité autour de son élection, lors du dernier congrès de l’UNPM comme premier vice-président de cette   organisation patronale. Tout comme il a été plébiscité par ses pairs  Président  de la  Fédération  des Services et Professions Libérales (FSPL).

 

Gageons que par ses hautes qualités intrinsèques de dynamisme, de vision moderniste et de grand manager, le nouveau Président du Patronat national saura non seulement insuffler à celui-ci un nouvel élan de grande activité et d’efficience, mais également relever les grands défis qui l’attendent au niveau de l’UNPM.

 

Un grand challenge que  réussira certainement l’intéressé.

 

 

Ould Ely 




Commercialisation du poisson :mission impossible

1122008

Ou comment vendre le poisson mauritanien en faisant profiter le pays ? 

Quand en 1984, le président du CMSN, le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla, crée, sur un coup de tête, la société mauritanienne de commercialisation du poisson (SMCP), l’objectif est noble : promouvoir la vente de la production dans les meilleures conditions et éviter l’anarchie qui régnait dans le secteur avec notamment la question des transbordements. Car c’était aussi une première étape vers l’obligation de débarquement sur le port de Nouadhibou. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Moins de 20 ans après la décision improvisée, les usines s’étaient multipliées et la flotte nationale s’est considérablement renforcée. Sur le papier du moins car il faut prendre avec beaucoup de précautions toutes les données qui sont publiées sur le secteur de la pêche. Elle devient un enjeu pour les groupes d’affaires qui finiront par adapter les méthodes maffieuses expérimentées ailleurs et développées ici. Peu importe pour les opérateurs le développement du secteur qui devient une occupation secondaire des fonctionnaires plutôt portés sur les activités parallèles procurant une plus grande sécurité financière pour leurs personnes. Mais pour ne pas verser dans la polémique stérile, essayons de comprendre ce qui se passe dans le secteur de la commercialisation du poisson.

La SMCP a le monopole de la vente du congelé en Mauritanie. Une production de 40.000 tonnes en moyenne par an, entre le congelé bord (100 chalutiers environ) et terre (une dizaine d’usines à Nouadhibou et quelques-unes à Nouakchott qui ont échappé pendant longtemps au contrôle de la société). Tous ces outils de production sont homologués par l’Union européenne. Parmi les objectifs de la SMCP figurent en première place la promotion du poisson mauritanien, la recherche des meilleurs prix, la protection du producteur contre les fluctuations des prix sur le marché international, l’encouragement d’une politique de transformation ou au moins d’une valeur ajoutée, et surtout assurer à l’Etat les entrées prévues et intégrer ainsi le secteur à l’économie nationale. A terme on pouvait en attendre un environnement propice à la professionnalisation du producteur national et le développement de pêcheries qui rapportent. Les espèces concernées sont entre autres : Poulpe, Seiche, Calamar, Soles, Courbines, Denté, Rouget, Mérou, Sar, Truite, Raie, Dorade, Langouste, Crevette, Pagre, Chien de mer, Marbre, Turbot… les marchés visés sont ceux du Japon, de l’Italie, l’Espagne, la Grèce et le Portugal principalement. Pour la destination Europe c’est surtout le frais qui est concerné.

En fait le commerce du poisson rapporte gros parce qu’il ne demande pas d’investissements particuliers pour ceux qui sont les maîtres des filières aujourd’hui. Ce ne sont que les petits producteurs qui doivent payer la note salée fruit de mauvaises politiques faites de privilèges accordés çà et là. Cela fait que plus de 98% des captures sont vendues à l’extérieur. Il s’agit principalement du marché japonais qui absorbe 68-70% de la production et de celui de l’UE avec seulement 30-35%.

Après avoir tourné le dos à la mer et à ses ressources, les habitants du pays se sont brusquement dirigés vers cet Eldorado où les histoires de richesses subites et importantes ont commencé à faire rêver les plus nomades des nomades, les plus agriculteurs des agriculteurs. La découverte de la filière des céphalopodes, particulièrement le poulpe, allait justifier cette ruée. Si bien qu’on est passé de 20.000 tonnes en 1984, à 40.000 t exportés en 2004, avec des piques de 70.000 t, de 60.000 t. Ainsi, le poulpe, à lui seul représentait en 2004, 51,2% de la production exportée par l’intermédiaire de la SMCP, pour une valeur de presque 98 millions d’euros, soit 82% du chiffre d’affaires total de la SMCP. En plus, les chalutiers céphalopodiers européens étaient responsables de 33% du chiffre d’affaires réalisé dans le cadre de l’accord de pêche (contre 38% pour les petits pélagiques et 16% pour les crevettiers) pour la même année. «Cela, explique un économiste, se justifie probablement par la nature de la pêche qui ne demande pas un grand effort : des pots à installer en attendant le matin». Peut-être. Mais il faut ajouter les énormes profits et les encouragements des autorités de l’époque. Avec près de quatre mille pirogues, la pêche artisanale fait travailler directement environ trente mille personnes. La solidarité sociale, l’ancrage familial fait qu’il faut multiplier ce nombre par 10 pour avoir une idée du nombre de personnes qu’elle nourrit. Nonobstant ces aspects, c’est la pêche industrielle qui va avoir la part belle dans les investissements visant le développement du secteur. Il faut attendre le résultat catastrophique de cette politique – parfois basée sur les licences libres, parfois sur les acquisitions qui s’avéreront un leurre – pour voir enfin les autorités accorder une importance nouvelle au secteur. Autant dire avec la transition de 2005.

Même si le pouvoir de l’époque recule devant les pressions des armateurs, le renforcement de la surveillance maritime, le développement de la recherche scientifique et la prise en compte des conclusions de l’IMROP, allaient amener à une réflexion visant à améliorer la production qui chutait année en année à cause de la surexploitation. En 2006, l’IMROP estimait à 31% l’excédent de pêche du poulpe, représentant une perte de production de 20%. Appelant du coup à réduire de 40% l’effort de pêche. L’institution de deux arrêts biologiques obligatoires va avoir des résultats immédiats : la production croit vite. Et même très vite. La commercialisation ne suit pas.

D’abord parce que la SMCP ne s’adapte pas. Jusqu’au début des années 90, la société d’Etat décidait d’elle-même les prix. Sans concertation avec les producteurs. Ce qui a fait le bonheur de ses directeurs généraux et surtout de ses directeurs commerciaux de l’époque. A partir de la privatisation, les armateurs, nouveaux propriétaires, imposent leurs lois. Au bout du compte chacun monte une filière, introduisant des intermédiaires pour la plupart italiens (?), si ce ne sont pas directement les acheteurs japonais, et en même temps ils introduisent le système de commission. Il s’agit d’une somme versée par l’acheteur au producteur (honorable correspondant local) sur les ventes. Plus les prix sont bas, plus cette commission est élevée. D’où l’intérêt pour ces hommes d’affaires de tout faire pour baisser les prix. Et comme ces «intermédiaires» sont souvent des usiniers producteurs, ce sont surtout les milliers de petits opérateurs, ceux qui vivent réellement de l’activité, qui en souffrent. Surtout qu’en amenant leurs produits dans les usines, ils doivent subir le diktat de classificateurs coréens payés par les acheteurs japonais. Ce sont eux qui déterminent la qualité, le poids, l’espèce… tout du poisson du pêcheur. Lequel pêcheur a été armé tantôt par une avance faite par l’usinier sur la base d’un prix initialement fixé et qui est rarement atteint.

Dans cette situation, le mieux serait d’instituer un système de vente aux enchères des productions dès le débarquement. L’usinier est alors le véritable propriétaire du produit qu’il est libre de brader ou de promouvoir. Imaginez par exemple que dans la situation de mévente aujourd’hui, les usiniers – du moins les plus importants – ont déjà vendu leur production propre. Ce qu’ils ont sur les bras c’est le produit appartenant à des milliers de pêcheurs, mareyeurs et autres intermédiaires qui attendent que leur poisson soit vendu pour payer le préfinancement souvent contracté chez les mêmes usiniers. Ces usiniers, intermédiaires des acheteurs ne sont pas pressés de voir cette production vendue.

Le système des ventes aux enchères publiques, tout en ajoutant une note de transparence indispensable, corrigera cette injustice. Quitte à ce que la SMCP joue le rôle de régulateur en imposant un prix minimal et en reprenant la production non vendue. En attendant, ce qu’il faut c’est réhabiliter en redéfinissant le rôle de la commission de commercialisation ainsi que les pouvoirs de la direction générale.

Dans le contexte actuel, la question du maintien ou non de la SMCP est centrale pour tous. Les uns pensent que le système est aberrant dans la mesure où la société vend un produit qui ne lui appartient pas. Les autres croient encore à la nécessité de maintenir un outil comme celui-là vue l’expérience accumulée et la désorganisation du secteur de la pêche. «Au moins, la SMCP pourra-t-elle assurer un suivi des statistiques, une centralisation des recettes de l’Etat, une protection du produit mauritanien…». Même si on reconnaît ici toutes les faiblesses dont souffre la société : rôle prééminent de la direction générale dans la commercialisation, le manque de professionnalisme (personne ne parle Japonais, aucune étude des marchés concernés, aucune promotion du produit mauritanien, aucune développement d’un savoir-faire commercial…), main mise de la fédération nationale des pêches (les artisanaux ne sont pas représentés)…

«Le contexte très particulier de notre pays et même l’échec cuisant du «tout libéral» sur le plan international renforce l’idée qu’un tel mécanisme de régulation pourvu qu’il soit bien pensé et équilibré est plus que jamais nécessaire et même indispensable». Et ce connaisseur d’ajouter : «une stratégie de commercialisation stricte avec tous les garde-fous nécessaires doit être établie en impliquant fortement les opérateurs privés dans le processus décisionnel de valorisation du produit et de sa vente».

 

MFO

   

 

Exportations

ANNEES

QUANTITE

VALEURS EN US $

Les exportations vers l’Europe sont destinées à l’Italie, la Grèce et l’Espagne
* Les exportations vers l’Afrique sont destinées essentiellement au marché de la Côte d’ivoire
* Les céphalopodes sont exportés principalement vers le Japon

 

Encadré : 

Le crédit maritime dans tout ça ? 

 

C’est une vieille histoire qui a finalement (re)vu le jour, après avoir échoué dans sa première mouture. Il s’agit de la mutuelle du crédit maritime. Après donc l’échec de l’expérience de l’UNCOPAM – union du crédit -, la mutuelle du nord a été lancée en novembre 2006. Montée à la hâte, la mutuelle a souffert de l’amateurisme et du manque d’intérêt des pouvoirs publics. Octobre 2007, une inspection de la BCM – tutelle – met à nu les dysfonctionnements de la mutuelle qui ont d’ailleurs abouti à l’éclatement de ses organes. La mission découvre aussi l’énormité du passif avec 6 à 7 mois d’impayés et l’absence totale d’efforts de recouvrements. Décision immédiate : nomination d’un administrateur en attendant – qui sait ? – la liquidation.

En novembre 2007, Sidi Mohamed Ould Bleila est nommé administrateur de la mutuelle. Il se fixe trois missions fondamentales. La première consiste à assurer un maximum de recouvrement des créances. Aujourd’hui plus de 60% de recouvrement ont été réalisés. Le reste est en phase d’être recouvert soit au bout d’une procédure judiciaire déjà engagée, soit d’arrangements à l’amiable. Et ce malgré le fait que les prêts se font sans garanties.

La deuxième mission est la mise en place d’outils de gestion à même d’améliorer les résultats et les performances de la mutuelle. Il y a désormais un système de crédit transparent, un plan comptable, un manuel des procédures… l’informatisation aidant. Aussi a-t-il fallu mettre en place un organigramme adéquat permettant une gestion plus efficiente de la mutuelle.

Il fallait en fin – mais au plus vite – procéder à la réélection du bureau de la mutuelle. Dès le 16 juin, l’Assemblée générale élit le bureau en modifiant les statuts pour permettre la présence de représentants de l’Etat au sein du conseil (un du ministère des pêches et un de la Wilaya).

Un crédit maritime est donc possible. Seulement il faut lui donner les moyens de pouvoir jouer le rôle qui devrait être le sien. Aujourd’hui la mutuelle dispose d’une enveloppe de 200 millions UM pour une population d’artisanaux de 15000 individus environ. Cette somme doit couvrir tous les besoins de la pêche artisanale. Cela va de la formation au financement d’une usine de production en passant par l’armement des pirogues. Au moment où le taux d’intérêt ne dépasse pas 6%, la mutuelle ne bénéficie pas encore de lignes de crédit particulières. Elle ne peut pas non plus exiger des garanties parce qu’elle est sensée servir des populations pauvres qui n’ont rien à donner en contrepartie.

Les problèmes de la mutuelle ont occulté ses côtés positifs qui font qu’elle est aujourd’hui un outil indispensable dans le processus de développement du secteur. Ce que les tutelles ne comprennent pas forcément. Supposons par exemple que la mutuelle ait la latitude de financer l’armement des artisanaux, les producteurs ne seraient pas aujourd’hui à la merci d’usuriers véreux. Elle aurait aussi pu régler ou contribuer à régler la question de la commercialisation du produit artisanale au profit des plus faibles. Il suffit d’y mettre les moyens et d’avoir l’engagement nécessaire pour cela.

 

 

Source :
La Tribune n°425




Un pseudo quatrième pouvoir?

1122008

Médias 

 

Un pseudo quatrième pouvoir? 

 

Au lendemain de la transition démocratique, les acteurs de la presse misaient leur espoir sur une réelle révolution du milieu, qui aurait été alors la béquille de notre démocratie encore convalescente (avortée?). État des lieux d’un pilier branlant du pouvoir. 

 

Une presse encore jeune- Trois ans après la transition, et trois mois après le putsch du 6 août, les choses ont peu changé: la presse en général et indépendante en particulier, n’a pas encore fait sa mue tant attendue qui la débarrasserait de ses tares accumulées depuis sa naissance au début des années 90, en pleine dictature. Présentée partout dans le monde comme le quatrième pouvoir, comme le garde-fou essentiel de toute démocratie qui se respecte, la presse en Mauritanie endosserait difficilement cet habit. Le journaliste apparaît davantage comme un quémandeur de «perdioms» lors des organisations d’ateliers, un «peshmerga». Sa plume serait à vendre au plus offrant, et «ceci expliquerait en partie pourquoi les mauritaniens sont si éloignés de la presse» acquiesce un journaliste dans un hebdomadaire de la place. À partir de 1997, on assiste à une auto-critique de la presse pour devenir complètement et réellement indépendante. En ce sens, elle a cherché à se baser sur la loi sur la presse de 1991, qui théoriquement était libérale dans son contenu, mais les successifs ministres de l’intérieur en ont fait une loi liberticide de par leur interprétation sur le récépissé de dépôt qui est devenu une autorisation de dépôt avec tout l’arbitraire qu’elle suppose. «Avec la transition, une commission a été créée pour revoir les textes de la loi (l’article 11), mais rien n’est encore clair, car il n’y a pas encore de décret d’application!» conclut-il. Cette dernière loi sur la presse pose des balises pour sortir de cette léthargie, mais elle reste du domaine de la théorie. «En terme de déontologie, les mêmes pratiques de persiflage, de laudateurs continuent; c’est pour cela qu’il faut se rendre compte que notre presse en est encore au stade de l’infantilisme.» Mais ce bilan sévère n’enlève rien au mérite de la presse indépendante qui reste quand même un outil coercitif sur des cols-blancs qui se permettaient tout. Et seule cette presse, au service du développement social, économique et politique, sera la vraie garante de la pérennisation de la transition démocratique qui piétine. 

 

Les finances en question- Cheikh Dia, directeur de publication du quotidien Le Rénovateur estime  «qu’il y a un manque total de transparence au niveau de l’octroi d’abonnements, de publicités; le clientélisme et le népotisme sévissent encore à ce niveau. C’est pour ça que la presse mauritanienne baigne malheureusement encore dans une certaine médiocrité.» En ce sens, l’existence des «peshmergas» tant décriés serait une résultante logique de cette médiocrité et de la désorganisation de ce secteur d’activité. Ce serait donc toujours des rapports d’amis qui n’œuvrent pas pour le bien général du secteur. Ce sont des lobbys défendant des intérêts particuliers. Mais la faiblesse des médias, et de la presse en particulier, se situe également et surtout dans les moyens financiers dont elle dispose. Cet état de fait est compréhensible, car la presse mauritanienne est encore très jeune: elle existe depuis une quinzaine d’années à peine réellement. À sa naissance, entre 1992 et 1996 précisément, l’aide allemande s’est manifestée pour la presse au niveau de l’imprimerie nationale, qui était alors chargée de gérer sa répartition, mais les directeurs de l’époque ont dévié de leurs objectifs ces dons. « Aujourd’hui, l’état continue de faire des subventions importantes par le biais de l’imprimerie, mais ce soutien ne suffit plus, et les autorités doivent mesurer l’importance d’une presse indépendante de qualité dans l’accompagnement d’une transition démocratique qui n’est pas achevée, et par ailleurs en arrêt depuis le 6 août dernier, et durera encore quelques années si elle doit réussir.» remarque un directeur de publication d’un quotidien. 

 

Des ressources humaines en question- Au-delà de ces freins structurels au développement de la presse mauritanienne, il y en a deux autres que les journaux eux-mêmes n’évoquent pas dans le portrait que chacun d’entre eux fait de la situation famélique de leur secteur. Il s’agit de la qualité des ressources humaines. En effet, la majorité des journalistes de la presse indépendante ne sont pas des journalistes de formation. Ce qui n’est pas un défaut en soi, mais les formations complémentaires sont encore trop rares pour la majorité. Quand elles existent, elles sont l’apanage d’une minorité, qui au lieu d’en faire profiter leur rédaction, et par-delà améliorer la qualité du journal, y voient une occasion de se «balader» entre l’Europe et les USA. Et quand le directeur de publication est indisponible pour la période de formation, il arrive qu’il refuse de substituer un autre de son personnel. C’est le problème corollaire au manque de formation des rédactions mauritaniennes: la centralisation aiguë de l’information par un élément ou deux du canard. Les associations de journalistes qui existent (il y en a plus de quinze!) sont un faire-valoir pour certains directeurs de publication affairistes, alors qu’ils se présentent au départ comme des structures de promotion de la profession. «La seule chose qu’ils promeuvent en fin de compte, ce sont leurs comptes en banque! Au vu des financements généreux qu’ils obtiennent» lance ironiquement un journaliste de la place.

 

Mamoudou Lamine Kane 

 

Encadré: 

 

Le cas des médias publics 

 

«L’évolution de la situation de la presse indépendante est favorable mais encore extrêmement fragile car elle n’est pas instituée par les textes» confirme un rédacteur en chef de la presse de la place. L’ouverture proclamée de la presse n’est pas  institutionnelle et un dirigeant de la presse publique par exemple, peut ne pas se conformer à cette ouverture. Et la critique ne doit pas provenir que de la presse dite indépendante. «Que cette presse publique soit complètement financée par l’état, ne doit pas vouloir dire qu’elle se plie à celui-ci, mais son exigence de service public la soumet à une qualité d’informations vis-à-vis des citoyens mauritaniens!» reprend-il. L’indépendance de la presse publique n’est pas instituée par un texte légal malgré le fait qu’elle soit reconnue par
la Constitution. Il serait donc normal pour l’agence mauritanienne d’informations (AMI) qui est un établissement public à caractère administratif (EPA), de voir la presse indépendante représentée à son conseil administratif par exemple, pour sortir un minimum de la sujétion trop forte au pouvoir étatique. Il y a une absence de plaidoyer pour ce genre de réflexions au sein de la classe politique du pays (partis, autorités), mais il serait temps de commencer à organiser son existence. Pour le moment, l’AMI est confondue avec le vocable de «presse gouvernementale», alors qu’il s’agit légalement d’une «presse publique». Une nuance primordiale. 

 

Encadré 2: 

 

3 questions à Moussa Ould Hamed, directeur de publication du quotidien Biladi

 

«» 

 


La Tribune: Quel état des lieux faites-vous de la presse indépendante mauritanienne, qui a bientôt vingt ans d’existence? 

 

Moussa Ould Hamed: La presse privée souffre essentiellement de manque flagrant d’institutionnalisation. On a plus affaire à des organes d’individus, qu’à des entreprises de presse proprement dites. Cela joue au niveau des associations de presse. Il n’y en a pas en réalité. Pour s’en rendre compte, il suffit de régulièrement lire les éditoriaux de tous les journaux. Vous en trouverez deux ou trois de constants. Et ce sont les éditoriaux qui marquent l’identité, l’aspiration d’un journal. Et un journal sans identité idéologique, sans aspiration sociale, ne peut pas former une association crédible, qui va dans le sens du renforcement de la presse. Il n’y a tout simplement pas un esprit professionnel pour revendiquer pleinement et ensemble cet espace de liberté. Il y a aussi la casserole de son financement de capital, en masse. C’est une des raisons majeures, avec son institutionnalisation, du semi-échec de la presse privée en Mauritanie. Il n’y a jamais eu de capital investi dans la presse; c’est une presse très faible, à tous les niveaux. Et sans capitaux, on n’attire pas d’autres capitaux. L’absence de professionnels pèsent. La très grande majorité des gens qui se sont investis dans la presse, ne sont pas des professionnels. Et ils ont apporté avec eux des habitudes, qui sont souvent en contradiction avec la déontologie de ce milieu. De ce fait, intrinsèquement déjà, notre presse n’a pas les moyens de jouer ce rôle de conte-pouvoir, de garde-fou. Rajoutez à cela l’hostilité des pouvoirs publics à la presse, n’importe lequel, qui veut en permanence amadouer, adouber les indépendants, et vous avez une bonne perspective. 

 


La Tribune: Le putsch du 6 août a-t-il mis en péril les fragiles acquis des médias publics? 

 

Moussa Ould Hamed: Le retour en arrière est terrible au niveau de la presse publique, le retour est terrible. C’est un véritable séisme, dans la mesure où on est revenu à l’ancienne langue de bois et aux organes officiels de propagande. Pourtant il y avait eu une certaine évolution pendant la transition; mais tout cela a été balayé par le coup d’état du 6 août. Ça avait commencé d’ailleurs sous la présidence de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, mais cela prend une ampleur nouvelle depuis plus de trois mois. Avec les militaires, rien n’est resté de la certaine marge de manœuvre qui restait à ces organes publics. Malheureusement, nous n’avons pas dans notre pays une autre presse de masse, autre que la presse publique, c’est-à-dire la radio et la télévision. 

 


La Tribune: Doit-on craindre pour la promulgation de la loi sur l’audiovisuel qui devait libéraliser les ondes? 

 

Moussa Ould Hamed: Absolument. Dès le départ, dès la mise en place du gouvernement civil post-CMJD, on a retardé à dessein la promulgation de la loi sur l’audiovisuel. Ça a été fait exprès. Les pouvoirs publics ne veulent pas perdre ce grand espace audiovisuel, sous leur monopole. Dans un pays aussi analphabète que le nôtre (55%- ndlr), il est évident que pour une bonne sensibilisation et information de la population, la radio d’abord, et la télévision ensuite, sont beaucoup plus adaptés que la presse écrite, d’autant plus que sa majorité est composée de journaux francophones, pas lus pas un grand public. C’est pour cela qu’on peut raisonnablement dire, que cette libéralisation de l’audiovisuel, est remise aux calendes grecques! Tout simplement parce que quand on voit la manière dont les médias publics traitent les affaires de l’état, avec une nullité totale, ils savent qu’ils n’ont pas intérêt à laisser germer la concurrence, déjà sur les starting-blocks depuis trois ans qu’on annonce cette fameuse loi. Ces institutions publiques mourraient sur le champ. 

 

Propos recueillis par MLK 

 

 

 

Source :
La Tribune n°425 







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