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Libération de Ould Cheikh Abdallahi : vers la République de Lemden ?

18112008

Libération de Ould Cheikh Abdallahi :

Vers la République de Lemden ?

 

«Lemden 30 km». De la route de l’Espoir. A gauche. Un petit village du point de vue de la densité de la population. Un grand village du point de vue de l’aura. Cela a précédé Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Cela lui survivra. Un lieu aussi de pèlerinage. Pour les disciples de la Tariqa Tidjaniya dans cette partie de l’ouest mauritanien, le lieu est très connu.

Depuis jeudi dernier, c’est pour d’autres raisons que Lemden devient une destinée prisée de journalistes, diplomates et dirigeants politiques. Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé le 6 août dernier a été transféré dans son village natal, Lemden. Tous veulent le voir et l’entendre.

«Je ne suis plus prisonnier, mais je ne suis pas libre non plus», précise Ould Cheikh Abdallahi qui ajoute : «Bien que privé de ma liberté, je démens catégoriquement de m’être engagé à quitter la vie politique et je suis toujours le président légitime de la Mauritanie…Je réaffirme mon rejet du pouvoir auto-installé à Nouakchott depuis trois mois…». Comme s’il voulait répondre au ministre de la communication du gouvernement en place, lequel a déclaré que le Président s’est engagé à sortir du champ politique. Pourtant ses premiers propos sont «mous». Il parle comme s’il s’agissait d’une situation normale devant laquelle il a adopté une attitude de résignation. Pas un mot à ceux du Front national pour la défense de la démocratie qui l’ont soutenu. Pas un mot sur la crise du pays ni sur son état. Juste un plaidoyer pour lui-même et son entourage immédiat.

Il faudra attendre la visite des leaders du FNDD pour le voir adopter une attitude plus combative et plus politique. Même s’il se contente de dire que  «les leaders politiques du Front m’ont simplement fait part de leur difficultés à exprimer leur position depuis le 6 août, autrement dit de leur incapacité à manifester pacifiquement», il faut supposer qu’ils lui ont suggéré plus d’enthousiasme et plus d’engagement. Il revendiquera alors la légitimité et se dira «choqué par la chasse aux sorcières» qui prévaut, selon lui depuis quelques jours dans le pays. «Plusieurs personnalités opposées au coup d’Etat font aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires, et notamment mon premier ministre, Yahya ould Ahmed el Waghf», a déploré le président déchu (interview à RFI). C’est ici aussi qu’il remercie la communauté internationale. et qu’il ajoutera résolument : «Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a fait un coup d’Etat contre un président démocratiquement élu pour un mandat de cinq ans ; je vous laisse apprécier la gravité de cet acte, par rapport à notre constitution».

La veille de cette libération, l’Union africaine avait réuni à Addis-Abeba la Ligue Arabe, l’Union Européenne, l’ONU et l’OIF pour discuter de la situation en Mauritanie à la veille de l’expiration du deadline du 20 novembre fixé par l’Union Européenne à la suite de la réunion de Paris. Les autorités mauritaniennes avaient dépêché une délégation dirigée par le colonel Ould Baya, SG du HCE au Caire pour exposer à la Ligue Arabe ses intensions. Du coup la Ligue est devenu l’avocat de la Mauritanie auprès des paires. Son secrétaire général adjoint a même déclaré qu’il n’était pas question pour la Ligue de laisser un membre à part entière de l’organisation subir les sanctions. Les démarches de la Ligue ont-ils porté fruit ?

Les participants ont indiqué que la consultation a permis de « procéder à un échange d’informations, de vues et d’analyses sur l’évolution de la situation en Mauritanie depuis septembre dernier« , la même source a ajouté que « les participants sont convenus de la nécessité pour toutes les organisations concernées de travailler étroitement ensemble pour promouvoir une sortie de crise conforme à la Constitution mauritanienne et aux engagements internationaux de la Mauritanie. »

Les participants à la réunion d’Addis-Abeba ont réitéré leur détermination « à tout faire pour contribuer à hâter le retour à l’ordre constitutionnel » dans notre pays. Les représentants de ces organisations, a précisé le communiqué rendu public à cet effet, « ont réitéré la disposition de leurs organisations respectives à aider les acteurs mauritaniens, dans le cadre d’un dialogue constructif, à trouver une solution consensuelle à la crise que connaît la Mauritanie dans le cadre de la Constitution du pays. Dans le même temps ils ont réitéré la détermination de leurs organisations respectives à tout faire pour contribuer à hâter le retour à l’ordre constitutionnel. »
Les différentes organisations ont, par ailleurs, pris acte de l’échéance de la consultation entre l’UE et la Mauritanie prévue le 20 novembre, « comme devant constituer une occasion irremplaçable pour les autorités issues du coup d’État de marquer leur engagement dans un processus de sortie de crise conforme aux éléments clés ci-dessus et susceptible de recueillir l’appui de la communauté internationale. »

C’est probablement suite à cette intercession arabe qu’intervient la libération – ou la semi-libération – de Ould Cheikh Abdallahi. En tout cas elle est le premier geste fait par le nouveau pouvoir à l’égard de la communauté internationale.

Premier commentaire, celui du porte-parole du ministère des affaires étrangères français dont le pays préside actuellement l’Union Européenne. Pour lui le transfert du président renversé dans son village natal « ne vaut pas retour à l’ordre constitutionnel« , mais l’Union Européenne devra en « tirer les conséquences« . Tout en rappelant «  qu’il reste cinq-six jours avant le 20 novembre, et que ce n’est vraiment pas le signe qui nous fait penser que cela va dans le sens qui a été très clairement souhaité par l’union européenne« . Les menaces ne s’arrêtent pas là. « Cette attitude de la junte va, malheureusement, si on continue sur cette pente, conduire à ce que l’Union Européenne soit conduite à en tirer les conséquences, ce que nous déplorons« . Mais, nuance, dans les exigences européennes : « la libération du président, la libération du premier ministre légitime, le retour à l’ordre constitutionnel, et l’organisation notamment d’élections dans un temps rapproché et de façon structurée, organisée et transparente« .

Pendant ce temps, la roue de l’Histoire tourne. Le HCE prépare activement les Etats généraux de la démocratie dont la date reste à fixer. Des réunions avec les diplomates étrangers qui ont tous accepté de participer à ces réunions, les représentants de partis, de la société civile… Visiblement le HCE tient à faire participer le maximum d’acteurs de la vis sociale et politique. Seul le FNDD a déclaré son rejet de ces concertations organisées sous les hospices d’un gouvernement illégitime.

Selon une dépêche de l’ANI, les thèmes proposés par le comité interministériel sont les suivants : Attributions du Président de la République ; Attributions du Parlement ; Rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif ; Moyens d’influence réciproques entre les pouvoirs ;  Organe d’arbitrage entre les institutions ; Modalités d’organisation du pouvoir exécutif ; Place des Forces Armées et de Sécurité dans le dispositif politique et institutionnel ; Eligibilité ; Les modalités de rétablissement de l’ordre constitutionnel ; La gestion de la période de transition (conditions de réussite, programme, durée…) ; L’organisation des états généraux de la démocratie. La dépêche précise que «ces sujets ne sont pas exhaustifs» et que «les intervenants peuvent proposer, à leur convenance, d’autres thèmes ou d’évoquer des sujets qu’ils jugent importants ou utiles au débat».

Cette semaine verra le démarrage de la campagne d’information menée par trois membres du HCE au niveau de Nouakchott : le SG du HCE colonel Ahmedou Bamba Ould Baya, le chef de l’Etat major particulier du chef de l’Etat, colonel Dia Oumar et le commandant adjoint de la Garde nationale, colonel Mesqarou Ould Sidi. La campagne commence par un meeting à Riadh ce lundi. La bataille se passe visiblement à l’intérieur pour le Haut Conseil d’Etat. Mais la quête de la légitimité intérieure, risque-t-elle de faire oublier le défi extérieur ?

 

Bechirou

Source: La Tribune n°424




Mauritanie : des assurances nationales crédibles?

18112008

Sociétés étrangères et assureurs 

 

Des assurances nationales crédibles? 

 

Les sociétés d’assurance nationales pointent du doigt les entreprises étrangères comme responsables de tous leurs maux, car elle se défieraient d’elles, en s’assurant exclusivement à l’extérieur. Si cette accusation a priori semble légitime, il s’avère aussi que la solvabilité et le professionnalisme de nos sociétés d’assurance ne sont pas acquises. 

 

 

Toutes les grandes entreprises installées en Mauritanie au cours de ces dernières années auraient souscrit une assurance à partir de l’étranger, en violation des dispositions de l’article 199 du Code des assurances portant «interdiction d’assurance directe à l’étranger des risques situés en Mauritanie sauf pour certaines dérogations temporaires». L’essentiel de ces grandes entreprises investissent en Mauritanie principalement dans les mines et l’extraction pétrolière. Des investissements très lourds donc. Et pour eux, leurs actifs d’exploitation sont trop importants et ne sont pas couverts, même par l’ensemble des assureurs mauritaniens. Cette faiblesse de l’assurance mauritanienne, participe à la méfiance des investisseurs, et peut-on penser à juste titre. «La pénétration de l’assurance n’est que de 0,5% du PIB mauritanien, ce qui est un taux extrêmement faible, même par rapport à des pays dont le niveau de développement économique est comparable à celui de la Mauritanie. Cela ne favorise pas l’émergence d’une entreprise d’assurance puissante.» estime un cadre d’une importante société d’exploration pétrolière. Pour leur part, les professionnels du secteur estiment que cette anomalie dans l’application du code des assurances relève d’une défaillance des pouvoirs publics et d’une absence de contrôle, tout en dénonçant, par ailleurs, une violation de la règle relative à l’assurance transport des facultés maritimes obligatoire sur la base de l’article 199 du Code des assurances.

 

Des assureurs faibles et sans rigueur professionnelle 

 

Les compagnies d’assurance nationales sont extrêmement faibles. La structure même du marché est en cause, mais pas uniquement. Si le marché est relativement petit, et qu’à cela s’ajoute la pauvreté de la population (dont presque la moitié gagne à peine un dollar par jour), plus des raisons culturelles et religieuses qui tendent à un comportement fataliste face aux aléas de la vie, la faiblesse de l’assurance en Mauritanie se justifie plus largement par la mauvaise réputation (le plus souvent justifiée) des assureurs. En effet, devant la mauvaise volonté des assureurs à remplir leur partie du contrat d’assurance, lors des accidents automobiles (qui est le contrat d’assurance le plus répandu), les clients potentiels ne voient pas la nécessité le recours à de telles compagnies. Cette obligation de l’assureur consiste, conformément à l’article 10 du code des assurance, «lors de la réalisation du risque ou à l’échéance du contrat, à exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée par le contrat et ne peut être tenu au delà. A chaque échéance de prime, l’assureur est tenu d’aviser l’assuré ou la personne chargée du paiement de prime et du montant de la somme dont il est redevable.». Les compagnies d’assurance sont donc gérées sans la rigueur professionnelle, et légale nécessaire à la pérennité et la confiance dans ce secteur. Par exemple, il est impossible, même pour la direction du contrôle, de se procurer les états financiers annuels des compagnies! Les assurés ne souscrivent que les assurances légalement obligatoires et encore seulement celles dont la souscription est effectivement contrôlée (responsabilité civile des propriétaires de véhicules, et l’assurance de voyage). «Cela est essentiellement dû aux particularités du marché mauritanien de l’assurance: absence d’intermédiaires de l’assurance, l’émission des contrats n’est pas effective pour les contrats, qui pour la plupart s’en moquent royalement d’ailleurs, l’essentiel étant d’être couvert juridiquement en cas d’accident, et pouvoir la présenter à un éventuel contrôle de police» soutient Sidy Mohamed Diallo conseiller chargé de l’audit et du contrôle à la NASR.

 

Mamoudou Lamine Kane 

 

Encadré: 

 

3 questions à Mohamed Lemine Ould Naty, directeur du contrôle des assurances au ministère du commerce et de l’industrie: 

 

«Il y a une profusion de sociétés, sans bagage technique, sans réelle solvabilité qui inquiète, vue de l’extérieur» 

 

 

La Tribune: Comment le Contrôle des Assurances réagit aux vives protestations des assureurs locaux, par rapport aux sociétés étrangères, qui n’assurerait aucun de leur actif auprès d’eux? 

 

Mohamed Lemine Ould Naty: On est obligés de demander aux entreprises étrangères, particulièrement dans les domaines miniers et pétroliers de se soumettre à la réglementation en vigueur dans le domaine des assurances. En l’occurrence, de se soumettre à l’article 199 du code des assurances qui stipule qu’une partie des risques liés aux activités de l’entreprise, doivent être transférés sur les assureurs nationaux. À l’époque de Woodside par exemple, nous avions convenu l’engagement de leur faire respecter, ainsi qu’à leurs partenaires, associés et sous-traitants, ces obligations relatives à cet aspect du code. Cependant nous comprenons que pour des risques d’exploitation très spécifiques, dont les montants sont excessivement élevés, les entreprises hésitent à se faire assurer nationalement. Je suis le premier à reconnaître qu’il y a un travail énorme à faire en matière de formation, pour réellement et définitivement professionnaliser le secteur. Par exemple, voilà des années que nous demandons la formation de médecins légistes confirmés, de magistrats experts d’évaluation. Il y a une profusion de sociétés, sans bagage technique, sans réelle solvabilité qui inquiète, vue de l’extérieur. Mais il est important dans ce cadre justement, de renforcer les deux ou trois sociétés professionnelles du milieu.

 

La Tribune: Les opérations de fronting peuvent être envisagées pour le cas mauritanien? 

 

M.L.O.N: L’assureur local peut effectivement recourir au fronting (pratique consistant à céder à un réassureur la totalité d’un risque ainsi que les primes correspondantes- ndlr), qui a été élaboré pour ces cas de figure justement! Cette solution, même si elle ouvre des perspectives, doit être limitée. Les opérations de fronting doivent alors prévoir une taxe pour le Trésor Public de l’ordre de 7 à 10%, suivant la nature du produit d’assurance.

Actuellement, il faut sensibiliser l’ensemble des opérateurs pétroliers et miniers sur cette question. Nous partons du principe que deux ou trois sociétés d’assurance sont capables à travers leur circuit technique et leur couverture de réassurance, d’assurer les risques d’exploitation, avec des actifs extrêmement lourds des entreprises étrangères. La SNIM est là pour en témoigner, et les réassureurs notent très bien ces deux ou trois assureurs nationaux. Donc les craintes de ces entreprises étrangères ne sont pas complètement fondées.

 

La Tribune: En tant qu’instance de contrôle des assurances, comment intervenez-vous concrètement dans cette volonté de régulariser le marché? 

 

M.L.O.N: Nous procédons à un contrôle de solvabilité d’abord, et nous laissons les problèmes de sinistres, et de règlements de sinistres, à la justice. Mais nous avons quand même mis en place, dans le cadre de la réglementation, par la force de la loi, une barémisation des préjudices corporels, qui devait accélérer la cadence de règlements des sinistres. Malheureusement, celle-ci n’est toujours pas au niveau souhaité. Dans le cadre de la régularisation, le ministère du commerce et de l’industrie dont nous dépendons, a aussi le pouvoir de sanctionner: après mise en demeure, de retirer partiellement ou totalement un agrément. il peut aussi démettre des responsables de leurs fonctions, etc..

 

Propos recueillis par MLK 

 

Encadré 2:

 

La Nasr à la hauteur des attentes des sociétés 

 

La Nasr a obtenu en avril passé auprès de Bureau Veritas, ce label recherché par toute structure désireuse d’afficher une image de marque et de qualité. La norme ISO 9001 est relative aux systèmes de gestion de la qualité, elle donne les exigences organisationnelles requises pour l’existence d’un système de gestion de la qualité. 

«Les organismes qui réussissent aujourd’hui, notamment à se démarquer des concurrents sont ceux qui s’appuient sur la Qualité de leur organisation à leur service client en passant par leurs produits ou services délivrés. Certifier un système de management de la Qualité d’après la norme ISO 9001 atteste de votre engagement en matière de Qualité et permet de mesurer vos progrès dans l’amélioration continue de vos performances.» affirme Lamine Coume, représentant à Nouakchott de Bureau Veritas, leader mondial de la certification. «La NASR est la première et seule société d’assurance certifiée Iso 9001 dans toute la sous-région. C’est assez récent dans l’industrie des services la recherche d’un tel label. Cela découle de la réalité que les entreprises qui veulent se démarquer de leurs concurrents ont de plus en plus conscience de l’importance d’une organisation fiable pour de meilleurs services au client. Avec l’ISO 9001, la société prouve qu’elle vise constamment à améliorer la fluidité et la transparence de ses activités et de son organisation; celles-ci vont nous permettre de travailler plus vite et mieux. Le premier bénéficiaire sera le client.» souligne Sidy Mohamed Diallo, chargé de l’audit et du contrôle à la NASR Assurances. Ainsi, dans le climat de suspicion actuel des entreprises étrangères, vis-à-vis des capacités, professionnelles et organisationnelles de nos assureurs, la NASR marque une longueur d’avance, qui devrait inciter les Autorités à soutenir les David assureurs, face aux Goliath multinationaux.

Source : La Tribune n°4242




Bruits et murmures : overdose et tyrannie

18112008

Bruits et murmures : overdose et tyrannie   

 L’actualité politique occupe la  quasi-totalité des médias (presse, audio-visuelle).

Du  coup les lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs sont obligés de focaliser leurs thèmes de discussions sur la politique.  Surtout quand il s’agit d’arrestations, d’investitures, de campagnes électorales ou d’élections.

Cette intensification risque de créer une overdose.

Certains n’hésitent pas à parler de tyrannie de la politique sur les autres secteurs de la vie pour paraphraser le titre d’un mémoire d’un étudiant en sciences  de l’information et de la communication, en histoire ou en chtaari gâa !

C’est, au tour d’une séance de thé, dans une chambre d’étudiants de la faculté des sciences économiques et juridiques, qu’un étudiant fait la remarque à ses camarades.

Ces derniers débattaient avec hargne sur l’issue du coup d’état du 06 Août dernier, des visites du Général Aziz Président du Haut Conseil D’Etat et Chef de L’Etat , de la campagne d’explication des causes du ‘mouvement rectificatif’, de la libération de SIDIOCA, des sanctions qui guettent
la Mauritanie et la junte au pouvoir et des états généraux de la démocratie qui vont se tenir très prochainement à Nouakchott pour définir l’avenir du bilad Chinguitt.

Ces étudiants s’adonnant à des gymnastiques intellectuelles qui frisent dès fois la divination.

Chacun prédisait pour défendre son camp lorsqu’ils ont engagé le cas du coup d’état.

Excédé par les discussions dont le ton  ne cesse de monter crescendo, l’étudiant rappelle à l’ordre ses camarades.

« Depuis que vous êtes-là, vous ne parlez d’autres choses que la politique. La vie ne se résume pas seulement à la politique.

Chercher d’autres choses à discuter plutôt qu’à donner de la valeur au coup d’état et aux politiciens.

Vous êtes des devins maintenant. Moi j’ai d’autres chats à fouetter.

La politique, elle ne rapporte rien », fulmine- t – il.

Ses camarades ne tardent pas lui donner une réplique. « On est des citoyens et on doit s’intéresser à la marche du pays, surtout en ces périodes de bruits et murmures politiques, économiques et sociales ».

Ce n’est pas seulement cet étudiant qui crie son ras-le –bol sur la prédominance de la politique sur tout autre chose.

Et ce sont les politiciens et surtout ceux qui courent derrière les intérêts particuliers et les « saffaga » qui sont sur le banc des accusés en entretenant le pays dans une campagne électorale permanente

« A chaque jour, un événement se passe sur le plan politique, économique et social. L’année dernière, c’étaient  les élections municipales, législatives, sénatoriales et présidentielles ; puis l’inondation de Tintane, le PSI ,  les grèves des enseignants, les mic-mac de 

la Fondation KB, les entraves du bon fonctionnement de l’assemblée nationale et  d’autres cas que les yeux ont vu , les oreilles , les cœurs ont aussi senti et les intestins ont réfuté. Je pense que les apprentis politiciens ne peuvent pas rester un moment sans créer un sujet qui fait l’objet de politique », souligne un autre étudiant de la philosophie. L’essentiel que des lendemains meilleurs se dessinent.

                                                                                                               Aboubecrine  O.Sidi

Source: La Tribune n°424

 

 

 

 

 




Football mauritanien :de bonnes nouvelles en perspectives!

18112008

 

Football mauritanien : 

De bonnes nouvelles en perspectives! 

Quatre joueurs mauritaniens jouent présentement dans le championnat français de football de ligue1, selon le site mauritaniefootball.com. Après la découverte de Amadou Alassane au Havre et  Mamadou Samassa au Marseille, deux autres joueurs mauritaniens ont fait leur apparition  à  Toulouse et au PSG. Il s’agit respectivement de : Oumar N’Diaye et  Mamadou Sackho. Le premier  est né à Nouakchott tandis que le second est né  en France. 

L’importance, c’est qu’ils sont mauritaniens, nés de parents mauritaniens et ils accepteraient de porter le maillot national. D’ailleurs certains spécialistes du football ont dit que la défaite de l’OM face à Lorient à l’issue de la 14ème journée de la ligue1, alors qu’il menait 2 à 0 face sur sa propre pelouse est due à l’absence du mauritanien Mamadou Samassa. 

Au  Stade Jules Deschaseaux, le  PSG de Mamadou Sakho s’est imposé face  au Havre de Amadou Alassane grâce notamment à un doublé du français Guillaume Hoarau. 

Le seul et unique but du Havre a été marqué par l’international mauritanien Amadou Alassane sur un corner frappé par Lesage au premier poteau, Gillet prolonge le ballon de la tête, en embuscade au second, Alassane catapulte le cuir au fond des filets et permet au Havre de revenir au score dès le début de la deuxième mi-temps. 

Cet attaquant mauritanien talentueux sur les pelouses de la Ligue 1 en France, est devenu l’un des éléments moteurs de la formation de Jean-Marc Nobilo. Arrivé il y a de cela 3 ans dans le club du président Jean-Pierre LOUVEL, le natif du Havre continue d’étonner plus d’un  par son humilité et son envie de toujours vouloir progresser régulièrement. Né en Avril 1983 en France, notre compatriote Amadou Alassane fait un  travail honnête avec politesse qui fait  sa force aujourd’hui. Amadou Alassane confirme son talent et montre son envie de jouer pour la Mauritanie. Cet enfant terrible pourra bien apporter quelque chose à son pays d’origine. Amadou Alassane avait  dit sur les ondes de  RFI qu’il est prêt à porter le maillot vert jaune s’il est sollicité. La balle est maintenant dans  le camp de la  FFRIM et de Sneidry l’entraîneur de l’équipe nationale. 

 Sy Mamadou                                                                   

 

 

 

 

Tournoi Scolaire Challenge Sidi Mohamed Abass, édition 2008-2009 : 

 

 

Le démarrage est prévu le 28 novembre 2008 à Nouakchott 

C’est officiel. Le coup d’envoi du tournoi scolaire dénommé Challenge Sidi Mohamed Abass est prévu le 28 novembre 2008 au stade olympique de Nouakchott. Le jour même de la fête de  l’indépendance nationale. A but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir les activités sportives au profit de la jeunesse mauritanienne, le Challenge Sidi Mohamed Abass  compte organiser de Novembre en Avril prochain  la compétition regroupant les établissements scolaires du second cycle (publics et privés) de Nouakchott, ainsi que les établissements de l’intérieur du pays  par capitale régionale. Ouvert aux moins de 19 ans, le tournoi scolaire Sidi Mohamed Abass a favorisé l’émergence de nombreux talents en football dans le pays. Il a aussi  stimulé l’esprit de travail et d’excellence chez les élèves car  ceux qui y participent  doivent avoir  un bon niveau académique. 

Il faut dire qu’ils sont plus de 100 joueurs évoluant dans les différents championnats nationaux qui ont été détectés lors du Challenge, dont 17 joueurs en équipe nationale cadette, 12 en équipe junior et 4 en équipe nationale A. 

Notons que pendant quatre ans, le challenge a permis à   plus de 8000 élèves de pratiquer leur sport favori avec pour  devise << jouer pour le plaisir et avec courtoisie >>. 

Il faut noter aussi que  le Challenge a offert des fournitures scolaires et du matériel informatique aux établissements vainqueurs. En 2006 lors de la Coupe du monde, l’équipe vainqueur de la deuxième édition du Challenge avec prise en charge entière a assisté à Munich en Allemagne  au match d’ouverture. 

Le challenge organise plus de 400 matchs par édition, joués sur 16 sites distincts sur l’ensemble du territoire mauritanien. C’est pourquoi  l’organisation a nécessité la mise à contribution de 80 arbitres, 24 commissaires de match ainsi que les équipes médicales sur chaque stade où se déroulent les matchs pendant six mois. 

Dans ces bonnes conditions de l’organisation, l’impact socio sportif n’a pas tardé à se faire ressentir partout dans le pays des mille et un poètes.  Durant ces quatre dernières années, selon le Comité de pilotage,  plus  de 300 000 personnes, sont venues  supporter les équipes lors de  cette compétition. 

 La même source indique que durant ce tournoi, il y a  une importante diminution de la délinquance juvénile dans les quartiers défavorisés de Nouakchott. 

                                                                                                                  Sy Mamadou 




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

11112008

Le capital risque en Mauritanie? 

Avec la récession mondiale provoquée par la faillite des compagnies américaines de rachat de crédits spéculatifs, le système capitaliste est frappé de plein fouet et les économistes cherchent des nouvelles formules pour sortir l’économie mondiale de cette léthargie. Le chômage reste incontestablement un bon thermomètre pour mesurer le degré de la récession économique. Les instruments de lutte contre ce phénomène sont loin d’être efficaces dans notre pays. Le nombre des jeunes qui n’occupent pas d’emplois augmente: 33% de la population est inactive.  Que faire alors dans un système basé sur le communautarisme? Il faut tout simplement créer des emplois en responsabilisant ceux qui croient à un métier, un projet, une idée.  Dans ce contexte, il est difficile d’éviter le risque. Mais il ne faut pas que cela enrichisse encore les mêmes en délaissant les «mal nés». Certes, le risque économique demeure inévitable. Mais il faut savoir le gérer.  Le principe du risque se focalise sur le fait que ceux qui ont de l’argent aident ceux qui n’ont pas des ressources en augmentant leurs profits. Et cela en se basant sur le jeu de la contrepartie.  Admettons, dans cette perspective, que nous avons une volonté ferme de relancer l’économie nationale. Admettons aussi que nous avons des fonctionnaires compétents auxquels, nous pouvons confier les dossiers de cette relance. Et admettons enfin que la seule référence  demeure la compétence et le recyclage par la formation. Que reste-il à faire ensuite?   Le pourquoi du comment de cette relance économique nous oriente, par ailleurs, vers une interprétation socioéconomique du chômage. «L’état était depuis longtemps le seul pourvoyeur d’emplois. Cette situation avait créé un sentiment psychosocial allant dans le sens du rejet de toute initiative privée. Les crédits collectifs qui peuvent faire travailler un nombre important de diplômés chômeurs n’acquièrent aucun encouragement sauf dans quelque rares cas. Le risque lui-même n’est pas un concept connu par les opérateurs et les détenteurs de capitaux. Le savoir-faire essentiel pour la création d’entreprises innovatrices demande parfois des fonds importants. Ces fonds sont difficiles à obtenir par les jeunes voulant créer leurs sociétés. Enfin, la crise de confiance s’accentue entre une génération ancienne sécurisée et une nouvelle sans moyens et sans qualification technique nécessaire pour la créativité», résume une étude empirique récente. Prenons, cependant, une nouvelle optique et essayons de l’analyser pour bien démontrer qu’en Mauritanie nous n’avons pas tout essayé. Nous n’avons presque rien tenté sauf quelques constructions par-ci par-là,  avec un peu l’électrification et quelques infrastructures. Rien de significatif comparé aux pays de la sous-région. Une grande partie des mauritaniens reste malheureusement sans emploi bien qu’une agence d’emploi ait été créée en 1998.   Sur 300.000 chômeurs, «l’exécution des programmes d’assistance au placement et à l’auto emploi ont permis la formation de plus de 830 jeunes, le placement de plus de 400 d’entre eux, la création de 200 PME et la mise en place d’une ligne de crédits au profit de ces dernières» (ndlr). Ce qui demeure modique.  En outre, «durant les années 2005, 2006 et 2007, les subventions étatiques accordées à cette agence ont été de 600 millions d’ouguiyas. Ces dernières ont atteint 800 millions d’ouguiyas en 2008 dont les 2/3 étaient sous forme de crédit sans intérêt. Pour qu’elle  puisse garantir le remboursement des crédits, elle a signé des conventions avec des partenaires qui lui garantissent le règlement à terme en contrepartie l’agence donne des frais de gestion à ces structures financières. Ces frais varient entre 19% et 26% du prêt accordé sur la période de remboursement du crédit» (Sic).  Bien que ce taux soit supporté par l’état, il reste énorme comparé à l’initiative capital risque qui accordait des taux d’intérêt de 8%, alors que le taux banquier normal en Mauritanie est de 25%.   Le «capital-risqueur» se définit comme un intermédiaire financier entre l’investisseur institutionnel et l’entreprise. Sa rémunération vient essentiellement de la plus value réalisée lorsqu’il revend la prise de participation. Il intervient directement dans la gestion de l’entreprise.  En effet, c’était suite aux conflits qui ont touché la Mauritanie et le Sénégal que le capital risque a vu le jour en Mauritanie en 1990. A l’époque, le Fonds Européen de Développement (FED) avait accepté d’accorder un don de 40 millions de dollars en vue d’insérer les rapatriés mauritaniens dans la vie active. Ce don était, en revanche, accompagné d’une condition.  L’état devrait obligatoirement confier la gestion de ces sommes à un organisme international   spécialisé dans le financement des PME et les micros projets. Finalement, c’est la Solidarité Internationale pour le Développement et l’investissement (SIDI), une ONG spécialisée dans le financement des PME et les micros projets, qui a remporté l’offre. Cette dernière à travers sa succursale « Investissement Développement en Mauritanie » (IDM) a bel et bien permis la création des entreprises et micro projet qui ont matérialisé une initiative réussie. Car, IDM était en principe actionnaire dans les entreprises et micro projets de pourvoyeurs de fonds. Ce qui l’a poussé à bien rentabiliser les projets. Elle a participé  parfois à hauteur de 50% aux  capitaux sociaux des sociétés nouvellement créées tout en leur  accordant le restant sous forme de crédit avec un taux dérisoire. Ainsi, «ses ressources propres ont dépassé les 100 millions d’ouguiyas», d’après Mohamed Vadell Ould Msabou ancien directeur adjoint de la succursale de (SIDI) en Mauritanie. Il ne s’agit pas de faire la publicité pour cette entreprise qui n’existe, d’ailleurs, plus, depuis 1998, il s’agit, tout simplement, de réactiver une initiative qui peut dans certaines circonstances être indispensable afin que la relance économique soit au rendez vous. 

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°423 




Le Club des Amis de la Nature et de la Protection de l’Environnement de Mauritanie

11112008

Communiqué de Presse. 

 

 

Le Club des Amis de la Nature et de la Protection de l’Environnement de Mauritanie félicite et remercie la France, notamment son Ministère des Affaires Etrangères et Européennes – le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire – le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres – le Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), pour son engagement en faveur de l’introduction des collectivités territoriales et locales dans les structures de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature

 

Ce projet d’amendement aux statuts et règlements qui a été proposé lors du 4ème Congrès Mondial de la Nature, tenu du 05 au 14 octobre 2008 à Barcelone (en Espagne), a été ébauché suite au Sommet de la Terre tenu en 1992, qui reconnaissait que les collectivités territoriales et locales jouent un rôle fondamental dans le développement durable et qu’elles ont un rôle déterminant à travers le monde en matière d’aménagement du territoire et de préservation de la nature avec la conception de politiques qui complètent celles des Etats. 

 

L’UICN s’est aussi engagée auprès des collectivités territoriales et locales, par les résolutions 3.003 et 3.63 (les villes et la conservation) qui ont été adoptées lors de la 3ème session du Congrès Mondial de la Nature (tenu à Bangkok en 2004). 

 

Tout en exprimant notre regret de ne pas avoir vu aboutir les amendements aux statuts de l’UICN pour la création d’une nouvelle catégorie de membres pour les collectivités territoriales et locales, nous nous félicitons, néanmoins, du Partenariat Mondial sur les Villes et la Biodiversité, lancé à la 4ème session du Congrès Mondial de la Nature, le 07 octobre 2008 et de l’adoption de la motion 011-Rev.11 recommandant, à la 5ème session du Congrès Mondial de la Nature qui se tiendra en 2012, une réforme des statuts afin d’inclure, enfin les collectivités territoriales et locales dans les structures de l’Union selon ce qu’il convient. 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

11112008

Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

En voulant écrire ce papier, j’ai cherché à savoir la date exacte de la démission du gouvernement de Zeine Ould Zeidane. Le plus facile pour moi était de me référer au site de l’AMI. Surprise : il n’y a plus d’archives au-delà du 6 août 2008 ! Dommage. Dommage. Dommage.

On gomme ainsi une partie de l’Histoire de la Mauritanie. Sans se soucier vraiment de la volonté politique des gouvernants parfois. A son arrivée au pouvoir en 1980, Ould Haidalla – commençons par lui – était un homme ayant tous les attributs de quelqu’un de son rang. Probité, humilité, rectitude, austérité et certainement abnégation. Il finira par incarner ce qu’il a fini par incarner.

Son successeur, Moawiya Ould Taya, était sans doute moins pourvu que lui. Mais c’était aussi un homme simple, plutôt proche de la modernité, plutôt populaire, plutôt à l’écoute, sans ambition affichée pour le pouvoir absolu. Il a fini par être ce qu’il a été.

Son successeur, le colonel Eli Ould Mohamed Val, parti pour entrer et sortir par les grandes portes de l’Histoire, a fini par décevoir. C’est le moins qu’on puisse dire en attendant…

Son successeur Sidi Ould Cheikh Abdallahi… Le Général Ould Abdel Aziz aurait dû commencer par présenter ses excuses pour avoir imposé un homme qu’il a été obligé ensuite d’écarter. J’ai une fois écrit ici que le plus grand reproche qu’on pouvait faire au ‘président élu’, c’est le fait de ne pouvoir rien lui reprocher. Il a laissé s’installer en nous le sentiment de ne pas être dirigés, de ne pas être pris en charge par une compétence supérieure… bref…

Chaque fois qu’il y a eu passage d’un régime à un autre, ‘on’ a voulu faire table-rase du passé d’avant. C’est là l’une des grandes déviances du passé. J’avais cru que le Général Ould Abdel Aziz et ses compagnons étaient prémunis pour ne pas laisser faire de telles absurdités. La preuve : cette cérémonie, première du genre, et qui a vu le Général donner le nom du premier Président du pays à ce qui va devenir la plus grande avenue de Nouakchott. En réhabilitant ce passé, il a donné le signe qu’il n’y avait pas à rougir d’une époque qui a vu naître le pays. Au contraire, qu’il fallait s’enorgueillir pour pouvoir reprendre le flambeau. Alors pourquoi cette ablation sur le site officiel de l’Agence Mauritanienne d’Information ?

Ce n’était pas le sujet de ce papier, passons donc. Je voulais vous rappeler, chers lecteurs, que cela fait bientôt sept mois que nous n’avons pas de gouvernement.

Souvenez-vous quand en début mai, le Président Ould Cheikh Abdallahi congédiait brusquement Ould Zeidane et le remplaçait par le chef de son parti, Yahya Ould Ahmed Waghf. La restructuration du gouvernement, l’entrée de nouveaux acteurs et l’ouverture des hostilités politiques empêcheront ce gouvernement d’exister. Deux mois environ. Deuxième gouvernement. On est pris par la querelle. Pas assez de ressources intellectuelles. Pas assez de répondant pour rebondir. Puis la crise ouverte. Puis l’ouverture des hostilités par le Président élu. La réaction prévisible des officiers. Un nouveau gouvernement qui ne répond finalement à aucune des exigences du moment.

On avait cru que Ould Mohamed Laghdaf, choisi pour être Premier ministre, jouerait un rôle de ‘médiateur’ avec les étrangers qu’il était sensé connaître. On a vu ce que ça a donné à Paris. Ce n’est pas le Premier ministre qui a du ‘répondant’ au niveau de la politique intérieur. Sa première sortie est celle de la semaine passée aux côtés du chef de l’Etat qu’il n’a pas quitté d’une semelle. On a vu ses ministres à l’œuvre avec les membres du HCE. Et si l’on excepte ceux qui sont allés avec le secrétaire général du HCE dans les Hodh et l’Assaba, les autres sont parus peu pourvus. Toujours pour rester dans les euphémismes.

Les sorties répétées du Président du HCE et sa descente dans l’arène doivent être perçues comme l’expression justement de l’échec de ce gouvernement qui refuse encore de se mêler à la population. Ce serait dommage de voir ce gouvernement où l’on compte des compétences certaines – affaires étrangères, intérieur, agriculture – et des talents prometteurs (toute cette jeunesse qui peut être le vivier d’une relève), ce serait dommage de le voir échouer, ou ne rien entreprendre pour réussir à faire la rupture avec le passé.

L’une des forces de la transition c’est d’avoir mis en service des hommes très puissants, très endurants, très volontaires. Sidi Mohamed Ould Boubacar, Habib Ould Hemett, Mahfoudh Ould Bettah… au sein de l’équipe gouvernementale avaient impulsé une énergie qui a finalement entraîné tout le monde dans son souffle… Un pouvoir est un tout… un tout fait d’éléments… d’éléments dont l’action nécessite une mise en œuvre, une coordination, une présence, un charisme… tout cela est absent de l’équipe gouvernementale actuelle. Et c’est dommage.

 

 

Source : La Tribune n° 423




Prix à la consommation

11112008

Prix à la consommation 

 

Le yoyo des prix 

 

L’état avait annoncé il y a deux semaines maintenant, dans une orchestration médiatique remarquable, la baisse des prix des denrées de première nécessité. Mais sur les marchés, où le contrôle des prix n’est pas manifeste, l’annonce ne se répercute pas complètement: les prix varient sans cesse à la hausse ou à la baisse d’un jour sur l’autre 

 

Annoncé à 8000 ouguiyas, le sac de riz se vend sur certains marchés, notamment à la SOCIM, à 9800 ouguiyas contre 10 500 avant l’annonce du HCE. Le kilogramme de viande de bœuf ou mouton, clamé à 500 ouguiyas, se trouve très rarement en dessous de 1200 ou 1000 ouguiyas, selon la viande. Des applications différentes sur le territoire. «En fait, la baisse des prix proclamés par le HCE, est appliqué aux kiosques de la SONIMEX, notamment à l’intérieur du pays. Pour ce qui est des vastes zones urbaines, comme Nouakchott ou Nouadhibou, même si l’État affiche de bonnes intentions, il n’a pas les moyens de contrôler l’application des nouveaux prix.» estime un grossiste du marché de la SOCIM. Quelques mètres plus loin, un autre grossiste tente d’expliquer les disparités dans les prix, pratiqués d’un marché à l’autre: «l’essentiel des produits que nous vendons est importé. Donc nous sommes obligés de répercuter les taxes douanières, et les fluctuations des cours mondiaux sur nos prix ici» tente d’argumenter Mohamed Salem, un des plus importants grossistes de SOCIM. «Mais les taxes douanières ne changent pas hebdomadairement, contrairement à vos prix…» avancé-je prudemment. «C’est vrai, mais il y a plein d’autres facteurs» bafouille-t-il. On n’en saura pas plus sur les «autres facteurs». 

 

Un contrôle des prix inexistant 

 

En fait, il n’y a aucune raison objective à de telles hausses répétées de prix: tous les détaillants dénoncent en chœur l’entente sur les prix effectuée par les quelques grossistes qui alimentent les marchés de la capitale. Et là normalement devrait intervenir le service du contrôle des prix, que nous n’avons trouvé nulle part dans Nouakchott, «déménagé du Ministère du Commerce, et de l’inspection Générale, nulle trace au commerce extérieur…». Une invisibilité qui en dit long sur le travail abattu par cette instance chargée de veiller à l’application des règles objectives de la concurrence. «Nous voyons des contrôleurs des prix de temps en temps au marché; mais ils ne viennent embêter que les détaillants, notamment les nouveaux, cherchant 1000 ouguiyas par-ci, 1500 par-là, prétextant l’absence de liste de prix sur nos étals. Nous aurions une liste des prix cohérente et durable, si ceux-ci ne changeaient pas continuellement. Ils n’ont qu’à aller faire leur travail en amont» dénonce Magueye, un commerçant du marché. 

 

MLK 

 Source : La Tribune n°423




Le Général et le Marabout

11112008

Le Général et le Marabout 

 

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat a donné le coup d’envoi du projet de la réhabilitation et de la construction de 96 km de routes urbaines dans différents endroits de la capitale
. Et ce mercredi dernier. Le Général en a profité pour découvrir la plaque symbolique de la première avenue dans la ville de Nouakchott baptisée avenue Feu Mokhtar Ould Daddah, du nom du premier Président de la République Islamique de Mauritanie. Il s’agit de l’axe reliant la route de Nouadhibou à l’ouest à la Fondation Bouamatou à l’est en passant par les carrefours TVM et Cité Smar .Pour une enveloppe de 8 milliards d’ouguiya, près de 100 kilomètres de routes nouvelles ou de réhabilitation du réseau existant. Mais le fait reste cette appellation de la future plus grande rue de Nouakchott .

A cette grande occasion, le président de la communauté urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould Hamza a indiqué que ce projet ambitieux est sans précédent dans l’histoire de la ville de Nouakchott et qu’il est de nature à mettre à la disposition des populations un réseau routier répondant à leurs besoins et aux exigences de la période et contribuant à désenclaver de grands quartiers de la ville .

Il a ajouté: « grâce à une initiative du Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, nous voilà réunis aujourd’hui pour donner le coup d’envoi du projet de construction et de réhabilitation de près de 100 km de routes bitumées ». Il a ajouté à l’adresse du chef de l’Etat: « la communauté urbaine de Nouakchott a participé avec le ministère de l’Equipement et la société ATTM à l’exécution de ce projet gigantesque« . «Sur vos instructions, la ville de Nouakchott a décidé de baptiser cette nouvelle voie, qui sera la plus grande artère de notre capitale, «Avenue Me Mokhtar Ould Daddah» (…) Nous nous réjouissons que sa famille soit présente parmi nous, pour recevoir, grâce à vous, ce témoignage de gratitude de la Nation mauritanienne toute entière. Nous vous remercions encore une nouvelle fois, de nous permettre de nous réconcilier avec notre passé. Parce que, monsieur le Président, un pays sans passé ne peut avoir ni de présent ni de futur».

De son côté, l’épouse du premier président défunt, Mme Marième Daddah, qui a assisté à la cérémonie, en compagnie des membres de sa famille, a remercié le président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat, pour ce geste généreux, affirmant que la Mauritanie a commencé à relier son présent à son passé et à franchir un grand pas sur la voie de la consolidation de l’unité nationale, relevant que ce projet est réalisé avec des ressources et des compétences nationales .

Elle a enfin précisé que dans ce projet, l’approche de la rectification, comptant sur les ressources et les compétences du pays, se recoupe avec l’action du président défunt Me. Mokhtar Ould Daddah .

Ceux qui ont encore en tête les cérémonies d’adieu de 2003, se rappellent toute l’attention du jeune colonel d’alors qui avait tenu à être aux devants du corps de celui qu’on considère le Père de la Nation mauritanienne. Ce sont les éléments du BASEP qui transportaient le cercueil.

Source: La Tribune n°423




Noir ou blanc, il faut convaincre !

11112008

Noir ou blanc, il faut convaincre ! 

 

« L’histoire est un cheval qui trotte. S’il passe devant votre porte, à vous de décider s’il faut monter ou pas. » François Mitterrand 

 

Partout dans le monde l’on s’est montré surpris sinon impressionné que l’Amérique ait confié sa destinée à un Noir pour 4 ans à l’issue d’une élection des plus passionnantes des 20e et 21e siècles. Ce que l’on oublie c’est que les américains ont élu Franklin Delanoë Roosevelt président –trois fois au moins- alors qu’il était atteint d’un trouble nerveux paralysant des jambes (polynévropathie aiguë inflammatoire démyélinisante). Cet homme a marqué l’histoire de son empreinte malgré les kilos de fers qui lui permettaient de tenir debout et de se déplacer.

Tout compte fait ce que l’on remarquera chez les américains c’est qu’ils s’intéressent en réalité moins à l’apparence physique (couleur, forme, etc.) qu’à la compétence d’un homme…Il suffit de regarder de très près ce pragmatisme pour comprendre pourquoi beaucoup parmi nos cousins ont pu devenir des professeurs dans les plus grandes universités américaines ; sans compter le cas de Cheikh Modibo Diarra le malien de
la Nasa !

Pour réussir en Amérique, il faut être fort et convaincant. Il faut surtout de l’audace ! Et Barack Obama s’est montré tel sur toute la ligne. Sa place au soleil, il l’a arrachée. On ne lui a pas fait de cadeau. Bien au contraire, il lui a fallu écraser son adversaire : ses grands électeurs font plus du double de MC CAIN ! C’est comme si aux  ‘minoritaires’ on demandait ce supplément d’efforts qui puisse les faire accepter.

Si donc, le monde est tant impressionné parce que la plus grande puissance du monde a élu un noir Président, doit on s’attendre à ce que cela inspire par exemple le Vatican pour qu’après Benoît XVI, un pape noir soit à la tête de l’église catholique ? Ou encore s’attendra-t-on qu’un jour un imam noir dirige
la Mosquée de
la Mecque ou celle de Médine ?   

Ceci pour dire aux plus pessimistes qui croient voir le racisme là où ils ne devraient pas l’y percevoir que c’est le regard du reste du monde qui en réalité est faux. Encore une fois, on a constaté que ce fut Georges Bush qui a donné les plus hautes responsabilités à des noirs dans son administration. S’il y a des noirs au devant de la scène internationale (Condoleeza Rice !), ce sont les USA qui les y ont envoyés…Plus que tout cela le fameux film 24H Chrono a préparé les mentalités à des Etats-Unis dirigés efficacement par un Noir…Aussi les américains étaient-ils bien préparés à se faire diriger par un ‘homme de couleur’…

Une leçon à tirer  de cette élection qui a impressionné tout le monde ? Elle doit être infligée à toutes l’Afrique. Y compris le Maghreb. L’authenticité ou le chauvinisme sont des notions insensées. Même s’ils sont institués en clauses constitutionnelles du genre : nul n’est éligible s’il n’est de père et de mère ceci ou cela. Ou encore le Président de
la République est de telle religion spécifique…

Nous avons-nous en Mauritanie des règles non écrites qui veulent que dans un gouvernement il n’y ait qu’un seul soninké, zéro wolof, deux ou trois pulaar, deux ou trois haratines, etc. Si ceci est beau, il y a plus joli…   

KISSIMA

 

Source : La Tribune n°423







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