Liberté isolée pour Sidi !

18 11 2008

Post-scriptum 

 

Liberté isolée pour Sidi ! 

 

Les militaires ont lâché du lest en permettant à Sidi Ould Cheikh Abdallahi de recevoir dans son village natal qui il veut…Y compris des diplomates étrangers et la presse internationale. Ils se sont cependant montrés maladroits en faisant intercepter par la police le conseiller du président renversé Abdallahi Mamadou Bâ qui se trouvait en route pour Lemden avec l’intention de rendre visite à celui qu’une bonne partie de la classe politique et l’opinion internationale considèrent encore comme le président légitime de

la Mauritanie. Cette interception, même si elle n’a duré que quelques heures, le temps de faire rater à l’intéressé la conférence de presse organisée par les dirigeants du FNDD en compagnie du président déchu, est d’autant plus malhabile qu’elle est intervenue dans une atmosphère d’interpellations aux relents de chasse aux sorcières. Ould Mohamed Waghf et d’autres anciens responsables de la défunte Air Mauritanie ainsi que des personnalités du commissariat à la sécurité alimentaire, entre autres, sont l’objets d’enquêtes: les uns au sujet de la  liquidation de la société Air Mauritanie et les autres dans le cadres de la gestion du plan d’urgence (PSI). Curieux quand même que cette soudaine volonté de lutter « contre les crimes économiques et financiers » ne cible que des partisans du président renversé. On est loin du principe d’Eli Ould Md Vall qui prétextait que demander des comptes à un seul mauritanien impliquerait tous les autres du fait d’un système politique qui a duré vingt ans…Bien entendu un tel prétexte ne tient pas la route dans un pays où il y a encore des citoyens qui n’ont rien à se reprocher en matière de gestion des deniers publics et qui sont moralement irréprochables à l’égard de concitoyens ayant été victimes de toutes formes de violations de droits humains…Seulement, il s’avère paradoxal qu’un régime sous pression comme celui dirigé par le HCE s’en prenne à des personnalités en position de faiblesse, dans un contexte où il est attendu des dirigeants la prise en charge transparente des dossiers délicats comme le passif humanitaire, et en même fasse une campagne auprès des populations du pays à travers des décisions courageuses mais insuffisamment bien étudiées. L’interdiction d’exporter le ‘bon’ poisson pour le mettre à la disposition des citoyens, c’est bien beau, mais à quel prix pour
la Mauritanie et jusqu’à quand cela peut-il durer ? On a vu les boutiques du ramadan. A présent les réductions de prix du gaz butane, lequel devient presque introuvable. Les promesses du kilo de viande à la moitié de son prix sont difficiles à tenir du fait d’une réalité du marché incontrôlable. Sur un tout autre volet on a vu le chef de la junte au pouvoir s’intéresser aux malades et promettre la gratuité des soins à certains d’entre eux. Mais sur les lieux, la vérité est autre : il faut payer c’est tout. Et dire que des grands projets sont en chantier au moment où pour tout le pays un seul scanner est disponible pour recevoir par jour près de 266 patients ! 

Les journées de concertations envisagées qui risquent de se faire avec une seule partie des classes politique et sociale du pays prendront-elles en charge et efficacement toutes les difficultés du mauritanien pour le bien être de qui chacun prétend se mouvoir ? Apparemment non car les 11 thèmes proposés porteront sur le fonctionnement des institutions. 

En réalité, il y a un populisme tape-à-l’œil dont nous faisons tous l’objet. Et nous ne ressemblons en rien aux libyens qui ont tenu plusieurs années durant le coup des embargos de l’occident : ils étaient certes dirigés par un Khadaffi dictatorial mais il y avait une certaine autosuffisance alimentaire chez eux. Pour nous à la place de l’alimentaire il y a les plus belles voitures importées du Japon, de l’Europe te de l’Amérique. Il y a aussi les villas cossues et les pseudo châteaux dont les matériaux nous viennent d’ailleurs, de très loin. Sans compter les basins trop riches que nos ministres nègres et arabes aiment arborer et qui viennent généralement de l’Europe. Tout ça donc pour une infime minorité. La masse se condamnant à espérer. Ne serait-ce que pour ces luxueuses choses auxquelles nos grands hommes se sont habitués, il nous est difficile de tenir tête au reste du monde qui nous appelle à la ‘normalité’…Est-ce pour cette raison qu’à défaut de libérer purement et simplement Sidi Ould Ch. Abdallahi, l’on a choisi de l’installer chez lui comme un vieux notable qui aurait décidé de ne plus s’intéresser à la politique comme activité d’ici-bas ? Le vieux sage se résoudra-t-il, dans sa volonté de résister au putsch, à faire de son village natal la capitale politique du pays et à nommer un gouvernement puisque de toutes les façons il jouit d’un soutien international et national on ne peut crédible ? 

Kissima

Source : La Tribune n° 4242 


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