Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

11 11 2008

Le capital risque en Mauritanie? 

Avec la récession mondiale provoquée par la faillite des compagnies américaines de rachat de crédits spéculatifs, le système capitaliste est frappé de plein fouet et les économistes cherchent des nouvelles formules pour sortir l’économie mondiale de cette léthargie. Le chômage reste incontestablement un bon thermomètre pour mesurer le degré de la récession économique. Les instruments de lutte contre ce phénomène sont loin d’être efficaces dans notre pays. Le nombre des jeunes qui n’occupent pas d’emplois augmente: 33% de la population est inactive.  Que faire alors dans un système basé sur le communautarisme? Il faut tout simplement créer des emplois en responsabilisant ceux qui croient à un métier, un projet, une idée.  Dans ce contexte, il est difficile d’éviter le risque. Mais il ne faut pas que cela enrichisse encore les mêmes en délaissant les «mal nés». Certes, le risque économique demeure inévitable. Mais il faut savoir le gérer.  Le principe du risque se focalise sur le fait que ceux qui ont de l’argent aident ceux qui n’ont pas des ressources en augmentant leurs profits. Et cela en se basant sur le jeu de la contrepartie.  Admettons, dans cette perspective, que nous avons une volonté ferme de relancer l’économie nationale. Admettons aussi que nous avons des fonctionnaires compétents auxquels, nous pouvons confier les dossiers de cette relance. Et admettons enfin que la seule référence  demeure la compétence et le recyclage par la formation. Que reste-il à faire ensuite?   Le pourquoi du comment de cette relance économique nous oriente, par ailleurs, vers une interprétation socioéconomique du chômage. «L’état était depuis longtemps le seul pourvoyeur d’emplois. Cette situation avait créé un sentiment psychosocial allant dans le sens du rejet de toute initiative privée. Les crédits collectifs qui peuvent faire travailler un nombre important de diplômés chômeurs n’acquièrent aucun encouragement sauf dans quelque rares cas. Le risque lui-même n’est pas un concept connu par les opérateurs et les détenteurs de capitaux. Le savoir-faire essentiel pour la création d’entreprises innovatrices demande parfois des fonds importants. Ces fonds sont difficiles à obtenir par les jeunes voulant créer leurs sociétés. Enfin, la crise de confiance s’accentue entre une génération ancienne sécurisée et une nouvelle sans moyens et sans qualification technique nécessaire pour la créativité», résume une étude empirique récente. Prenons, cependant, une nouvelle optique et essayons de l’analyser pour bien démontrer qu’en Mauritanie nous n’avons pas tout essayé. Nous n’avons presque rien tenté sauf quelques constructions par-ci par-là,  avec un peu l’électrification et quelques infrastructures. Rien de significatif comparé aux pays de la sous-région. Une grande partie des mauritaniens reste malheureusement sans emploi bien qu’une agence d’emploi ait été créée en 1998.   Sur 300.000 chômeurs, «l’exécution des programmes d’assistance au placement et à l’auto emploi ont permis la formation de plus de 830 jeunes, le placement de plus de 400 d’entre eux, la création de 200 PME et la mise en place d’une ligne de crédits au profit de ces dernières» (ndlr). Ce qui demeure modique.  En outre, «durant les années 2005, 2006 et 2007, les subventions étatiques accordées à cette agence ont été de 600 millions d’ouguiyas. Ces dernières ont atteint 800 millions d’ouguiyas en 2008 dont les 2/3 étaient sous forme de crédit sans intérêt. Pour qu’elle  puisse garantir le remboursement des crédits, elle a signé des conventions avec des partenaires qui lui garantissent le règlement à terme en contrepartie l’agence donne des frais de gestion à ces structures financières. Ces frais varient entre 19% et 26% du prêt accordé sur la période de remboursement du crédit» (Sic).  Bien que ce taux soit supporté par l’état, il reste énorme comparé à l’initiative capital risque qui accordait des taux d’intérêt de 8%, alors que le taux banquier normal en Mauritanie est de 25%.   Le «capital-risqueur» se définit comme un intermédiaire financier entre l’investisseur institutionnel et l’entreprise. Sa rémunération vient essentiellement de la plus value réalisée lorsqu’il revend la prise de participation. Il intervient directement dans la gestion de l’entreprise.  En effet, c’était suite aux conflits qui ont touché la Mauritanie et le Sénégal que le capital risque a vu le jour en Mauritanie en 1990. A l’époque, le Fonds Européen de Développement (FED) avait accepté d’accorder un don de 40 millions de dollars en vue d’insérer les rapatriés mauritaniens dans la vie active. Ce don était, en revanche, accompagné d’une condition.  L’état devrait obligatoirement confier la gestion de ces sommes à un organisme international   spécialisé dans le financement des PME et les micros projets. Finalement, c’est la Solidarité Internationale pour le Développement et l’investissement (SIDI), une ONG spécialisée dans le financement des PME et les micros projets, qui a remporté l’offre. Cette dernière à travers sa succursale « Investissement Développement en Mauritanie » (IDM) a bel et bien permis la création des entreprises et micro projet qui ont matérialisé une initiative réussie. Car, IDM était en principe actionnaire dans les entreprises et micro projets de pourvoyeurs de fonds. Ce qui l’a poussé à bien rentabiliser les projets. Elle a participé  parfois à hauteur de 50% aux  capitaux sociaux des sociétés nouvellement créées tout en leur  accordant le restant sous forme de crédit avec un taux dérisoire. Ainsi, «ses ressources propres ont dépassé les 100 millions d’ouguiyas», d’après Mohamed Vadell Ould Msabou ancien directeur adjoint de la succursale de (SIDI) en Mauritanie. Il ne s’agit pas de faire la publicité pour cette entreprise qui n’existe, d’ailleurs, plus, depuis 1998, il s’agit, tout simplement, de réactiver une initiative qui peut dans certaines circonstances être indispensable afin que la relance économique soit au rendez vous. 

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°423 


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