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Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

11112008

Le capital risque en Mauritanie? 

Avec la récession mondiale provoquée par la faillite des compagnies américaines de rachat de crédits spéculatifs, le système capitaliste est frappé de plein fouet et les économistes cherchent des nouvelles formules pour sortir l’économie mondiale de cette léthargie. Le chômage reste incontestablement un bon thermomètre pour mesurer le degré de la récession économique. Les instruments de lutte contre ce phénomène sont loin d’être efficaces dans notre pays. Le nombre des jeunes qui n’occupent pas d’emplois augmente: 33% de la population est inactive.  Que faire alors dans un système basé sur le communautarisme? Il faut tout simplement créer des emplois en responsabilisant ceux qui croient à un métier, un projet, une idée.  Dans ce contexte, il est difficile d’éviter le risque. Mais il ne faut pas que cela enrichisse encore les mêmes en délaissant les «mal nés». Certes, le risque économique demeure inévitable. Mais il faut savoir le gérer.  Le principe du risque se focalise sur le fait que ceux qui ont de l’argent aident ceux qui n’ont pas des ressources en augmentant leurs profits. Et cela en se basant sur le jeu de la contrepartie.  Admettons, dans cette perspective, que nous avons une volonté ferme de relancer l’économie nationale. Admettons aussi que nous avons des fonctionnaires compétents auxquels, nous pouvons confier les dossiers de cette relance. Et admettons enfin que la seule référence  demeure la compétence et le recyclage par la formation. Que reste-il à faire ensuite?   Le pourquoi du comment de cette relance économique nous oriente, par ailleurs, vers une interprétation socioéconomique du chômage. «L’état était depuis longtemps le seul pourvoyeur d’emplois. Cette situation avait créé un sentiment psychosocial allant dans le sens du rejet de toute initiative privée. Les crédits collectifs qui peuvent faire travailler un nombre important de diplômés chômeurs n’acquièrent aucun encouragement sauf dans quelque rares cas. Le risque lui-même n’est pas un concept connu par les opérateurs et les détenteurs de capitaux. Le savoir-faire essentiel pour la création d’entreprises innovatrices demande parfois des fonds importants. Ces fonds sont difficiles à obtenir par les jeunes voulant créer leurs sociétés. Enfin, la crise de confiance s’accentue entre une génération ancienne sécurisée et une nouvelle sans moyens et sans qualification technique nécessaire pour la créativité», résume une étude empirique récente. Prenons, cependant, une nouvelle optique et essayons de l’analyser pour bien démontrer qu’en Mauritanie nous n’avons pas tout essayé. Nous n’avons presque rien tenté sauf quelques constructions par-ci par-là,  avec un peu l’électrification et quelques infrastructures. Rien de significatif comparé aux pays de la sous-région. Une grande partie des mauritaniens reste malheureusement sans emploi bien qu’une agence d’emploi ait été créée en 1998.   Sur 300.000 chômeurs, «l’exécution des programmes d’assistance au placement et à l’auto emploi ont permis la formation de plus de 830 jeunes, le placement de plus de 400 d’entre eux, la création de 200 PME et la mise en place d’une ligne de crédits au profit de ces dernières» (ndlr). Ce qui demeure modique.  En outre, «durant les années 2005, 2006 et 2007, les subventions étatiques accordées à cette agence ont été de 600 millions d’ouguiyas. Ces dernières ont atteint 800 millions d’ouguiyas en 2008 dont les 2/3 étaient sous forme de crédit sans intérêt. Pour qu’elle  puisse garantir le remboursement des crédits, elle a signé des conventions avec des partenaires qui lui garantissent le règlement à terme en contrepartie l’agence donne des frais de gestion à ces structures financières. Ces frais varient entre 19% et 26% du prêt accordé sur la période de remboursement du crédit» (Sic).  Bien que ce taux soit supporté par l’état, il reste énorme comparé à l’initiative capital risque qui accordait des taux d’intérêt de 8%, alors que le taux banquier normal en Mauritanie est de 25%.   Le «capital-risqueur» se définit comme un intermédiaire financier entre l’investisseur institutionnel et l’entreprise. Sa rémunération vient essentiellement de la plus value réalisée lorsqu’il revend la prise de participation. Il intervient directement dans la gestion de l’entreprise.  En effet, c’était suite aux conflits qui ont touché la Mauritanie et le Sénégal que le capital risque a vu le jour en Mauritanie en 1990. A l’époque, le Fonds Européen de Développement (FED) avait accepté d’accorder un don de 40 millions de dollars en vue d’insérer les rapatriés mauritaniens dans la vie active. Ce don était, en revanche, accompagné d’une condition.  L’état devrait obligatoirement confier la gestion de ces sommes à un organisme international   spécialisé dans le financement des PME et les micros projets. Finalement, c’est la Solidarité Internationale pour le Développement et l’investissement (SIDI), une ONG spécialisée dans le financement des PME et les micros projets, qui a remporté l’offre. Cette dernière à travers sa succursale « Investissement Développement en Mauritanie » (IDM) a bel et bien permis la création des entreprises et micro projet qui ont matérialisé une initiative réussie. Car, IDM était en principe actionnaire dans les entreprises et micro projets de pourvoyeurs de fonds. Ce qui l’a poussé à bien rentabiliser les projets. Elle a participé  parfois à hauteur de 50% aux  capitaux sociaux des sociétés nouvellement créées tout en leur  accordant le restant sous forme de crédit avec un taux dérisoire. Ainsi, «ses ressources propres ont dépassé les 100 millions d’ouguiyas», d’après Mohamed Vadell Ould Msabou ancien directeur adjoint de la succursale de (SIDI) en Mauritanie. Il ne s’agit pas de faire la publicité pour cette entreprise qui n’existe, d’ailleurs, plus, depuis 1998, il s’agit, tout simplement, de réactiver une initiative qui peut dans certaines circonstances être indispensable afin que la relance économique soit au rendez vous. 

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°423 




Le Club des Amis de la Nature et de la Protection de l’Environnement de Mauritanie

11112008

Communiqué de Presse. 

 

 

Le Club des Amis de la Nature et de la Protection de l’Environnement de Mauritanie félicite et remercie la France, notamment son Ministère des Affaires Etrangères et Européennes – le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire – le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres – le Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), pour son engagement en faveur de l’introduction des collectivités territoriales et locales dans les structures de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature

 

Ce projet d’amendement aux statuts et règlements qui a été proposé lors du 4ème Congrès Mondial de la Nature, tenu du 05 au 14 octobre 2008 à Barcelone (en Espagne), a été ébauché suite au Sommet de la Terre tenu en 1992, qui reconnaissait que les collectivités territoriales et locales jouent un rôle fondamental dans le développement durable et qu’elles ont un rôle déterminant à travers le monde en matière d’aménagement du territoire et de préservation de la nature avec la conception de politiques qui complètent celles des Etats. 

 

L’UICN s’est aussi engagée auprès des collectivités territoriales et locales, par les résolutions 3.003 et 3.63 (les villes et la conservation) qui ont été adoptées lors de la 3ème session du Congrès Mondial de la Nature (tenu à Bangkok en 2004). 

 

Tout en exprimant notre regret de ne pas avoir vu aboutir les amendements aux statuts de l’UICN pour la création d’une nouvelle catégorie de membres pour les collectivités territoriales et locales, nous nous félicitons, néanmoins, du Partenariat Mondial sur les Villes et la Biodiversité, lancé à la 4ème session du Congrès Mondial de la Nature, le 07 octobre 2008 et de l’adoption de la motion 011-Rev.11 recommandant, à la 5ème session du Congrès Mondial de la Nature qui se tiendra en 2012, une réforme des statuts afin d’inclure, enfin les collectivités territoriales et locales dans les structures de l’Union selon ce qu’il convient. 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

11112008

Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

En voulant écrire ce papier, j’ai cherché à savoir la date exacte de la démission du gouvernement de Zeine Ould Zeidane. Le plus facile pour moi était de me référer au site de l’AMI. Surprise : il n’y a plus d’archives au-delà du 6 août 2008 ! Dommage. Dommage. Dommage.

On gomme ainsi une partie de l’Histoire de la Mauritanie. Sans se soucier vraiment de la volonté politique des gouvernants parfois. A son arrivée au pouvoir en 1980, Ould Haidalla – commençons par lui – était un homme ayant tous les attributs de quelqu’un de son rang. Probité, humilité, rectitude, austérité et certainement abnégation. Il finira par incarner ce qu’il a fini par incarner.

Son successeur, Moawiya Ould Taya, était sans doute moins pourvu que lui. Mais c’était aussi un homme simple, plutôt proche de la modernité, plutôt populaire, plutôt à l’écoute, sans ambition affichée pour le pouvoir absolu. Il a fini par être ce qu’il a été.

Son successeur, le colonel Eli Ould Mohamed Val, parti pour entrer et sortir par les grandes portes de l’Histoire, a fini par décevoir. C’est le moins qu’on puisse dire en attendant…

Son successeur Sidi Ould Cheikh Abdallahi… Le Général Ould Abdel Aziz aurait dû commencer par présenter ses excuses pour avoir imposé un homme qu’il a été obligé ensuite d’écarter. J’ai une fois écrit ici que le plus grand reproche qu’on pouvait faire au ‘président élu’, c’est le fait de ne pouvoir rien lui reprocher. Il a laissé s’installer en nous le sentiment de ne pas être dirigés, de ne pas être pris en charge par une compétence supérieure… bref…

Chaque fois qu’il y a eu passage d’un régime à un autre, ‘on’ a voulu faire table-rase du passé d’avant. C’est là l’une des grandes déviances du passé. J’avais cru que le Général Ould Abdel Aziz et ses compagnons étaient prémunis pour ne pas laisser faire de telles absurdités. La preuve : cette cérémonie, première du genre, et qui a vu le Général donner le nom du premier Président du pays à ce qui va devenir la plus grande avenue de Nouakchott. En réhabilitant ce passé, il a donné le signe qu’il n’y avait pas à rougir d’une époque qui a vu naître le pays. Au contraire, qu’il fallait s’enorgueillir pour pouvoir reprendre le flambeau. Alors pourquoi cette ablation sur le site officiel de l’Agence Mauritanienne d’Information ?

Ce n’était pas le sujet de ce papier, passons donc. Je voulais vous rappeler, chers lecteurs, que cela fait bientôt sept mois que nous n’avons pas de gouvernement.

Souvenez-vous quand en début mai, le Président Ould Cheikh Abdallahi congédiait brusquement Ould Zeidane et le remplaçait par le chef de son parti, Yahya Ould Ahmed Waghf. La restructuration du gouvernement, l’entrée de nouveaux acteurs et l’ouverture des hostilités politiques empêcheront ce gouvernement d’exister. Deux mois environ. Deuxième gouvernement. On est pris par la querelle. Pas assez de ressources intellectuelles. Pas assez de répondant pour rebondir. Puis la crise ouverte. Puis l’ouverture des hostilités par le Président élu. La réaction prévisible des officiers. Un nouveau gouvernement qui ne répond finalement à aucune des exigences du moment.

On avait cru que Ould Mohamed Laghdaf, choisi pour être Premier ministre, jouerait un rôle de ‘médiateur’ avec les étrangers qu’il était sensé connaître. On a vu ce que ça a donné à Paris. Ce n’est pas le Premier ministre qui a du ‘répondant’ au niveau de la politique intérieur. Sa première sortie est celle de la semaine passée aux côtés du chef de l’Etat qu’il n’a pas quitté d’une semelle. On a vu ses ministres à l’œuvre avec les membres du HCE. Et si l’on excepte ceux qui sont allés avec le secrétaire général du HCE dans les Hodh et l’Assaba, les autres sont parus peu pourvus. Toujours pour rester dans les euphémismes.

Les sorties répétées du Président du HCE et sa descente dans l’arène doivent être perçues comme l’expression justement de l’échec de ce gouvernement qui refuse encore de se mêler à la population. Ce serait dommage de voir ce gouvernement où l’on compte des compétences certaines – affaires étrangères, intérieur, agriculture – et des talents prometteurs (toute cette jeunesse qui peut être le vivier d’une relève), ce serait dommage de le voir échouer, ou ne rien entreprendre pour réussir à faire la rupture avec le passé.

L’une des forces de la transition c’est d’avoir mis en service des hommes très puissants, très endurants, très volontaires. Sidi Mohamed Ould Boubacar, Habib Ould Hemett, Mahfoudh Ould Bettah… au sein de l’équipe gouvernementale avaient impulsé une énergie qui a finalement entraîné tout le monde dans son souffle… Un pouvoir est un tout… un tout fait d’éléments… d’éléments dont l’action nécessite une mise en œuvre, une coordination, une présence, un charisme… tout cela est absent de l’équipe gouvernementale actuelle. Et c’est dommage.

 

 

Source : La Tribune n° 423




Prix à la consommation

11112008

Prix à la consommation 

 

Le yoyo des prix 

 

L’état avait annoncé il y a deux semaines maintenant, dans une orchestration médiatique remarquable, la baisse des prix des denrées de première nécessité. Mais sur les marchés, où le contrôle des prix n’est pas manifeste, l’annonce ne se répercute pas complètement: les prix varient sans cesse à la hausse ou à la baisse d’un jour sur l’autre 

 

Annoncé à 8000 ouguiyas, le sac de riz se vend sur certains marchés, notamment à la SOCIM, à 9800 ouguiyas contre 10 500 avant l’annonce du HCE. Le kilogramme de viande de bœuf ou mouton, clamé à 500 ouguiyas, se trouve très rarement en dessous de 1200 ou 1000 ouguiyas, selon la viande. Des applications différentes sur le territoire. «En fait, la baisse des prix proclamés par le HCE, est appliqué aux kiosques de la SONIMEX, notamment à l’intérieur du pays. Pour ce qui est des vastes zones urbaines, comme Nouakchott ou Nouadhibou, même si l’État affiche de bonnes intentions, il n’a pas les moyens de contrôler l’application des nouveaux prix.» estime un grossiste du marché de la SOCIM. Quelques mètres plus loin, un autre grossiste tente d’expliquer les disparités dans les prix, pratiqués d’un marché à l’autre: «l’essentiel des produits que nous vendons est importé. Donc nous sommes obligés de répercuter les taxes douanières, et les fluctuations des cours mondiaux sur nos prix ici» tente d’argumenter Mohamed Salem, un des plus importants grossistes de SOCIM. «Mais les taxes douanières ne changent pas hebdomadairement, contrairement à vos prix…» avancé-je prudemment. «C’est vrai, mais il y a plein d’autres facteurs» bafouille-t-il. On n’en saura pas plus sur les «autres facteurs». 

 

Un contrôle des prix inexistant 

 

En fait, il n’y a aucune raison objective à de telles hausses répétées de prix: tous les détaillants dénoncent en chœur l’entente sur les prix effectuée par les quelques grossistes qui alimentent les marchés de la capitale. Et là normalement devrait intervenir le service du contrôle des prix, que nous n’avons trouvé nulle part dans Nouakchott, «déménagé du Ministère du Commerce, et de l’inspection Générale, nulle trace au commerce extérieur…». Une invisibilité qui en dit long sur le travail abattu par cette instance chargée de veiller à l’application des règles objectives de la concurrence. «Nous voyons des contrôleurs des prix de temps en temps au marché; mais ils ne viennent embêter que les détaillants, notamment les nouveaux, cherchant 1000 ouguiyas par-ci, 1500 par-là, prétextant l’absence de liste de prix sur nos étals. Nous aurions une liste des prix cohérente et durable, si ceux-ci ne changeaient pas continuellement. Ils n’ont qu’à aller faire leur travail en amont» dénonce Magueye, un commerçant du marché. 

 

MLK 

 Source : La Tribune n°423




Le Général et le Marabout

11112008

Le Général et le Marabout 

 

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat a donné le coup d’envoi du projet de la réhabilitation et de la construction de 96 km de routes urbaines dans différents endroits de la capitale
. Et ce mercredi dernier. Le Général en a profité pour découvrir la plaque symbolique de la première avenue dans la ville de Nouakchott baptisée avenue Feu Mokhtar Ould Daddah, du nom du premier Président de la République Islamique de Mauritanie. Il s’agit de l’axe reliant la route de Nouadhibou à l’ouest à la Fondation Bouamatou à l’est en passant par les carrefours TVM et Cité Smar .Pour une enveloppe de 8 milliards d’ouguiya, près de 100 kilomètres de routes nouvelles ou de réhabilitation du réseau existant. Mais le fait reste cette appellation de la future plus grande rue de Nouakchott .

A cette grande occasion, le président de la communauté urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould Hamza a indiqué que ce projet ambitieux est sans précédent dans l’histoire de la ville de Nouakchott et qu’il est de nature à mettre à la disposition des populations un réseau routier répondant à leurs besoins et aux exigences de la période et contribuant à désenclaver de grands quartiers de la ville .

Il a ajouté: « grâce à une initiative du Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, nous voilà réunis aujourd’hui pour donner le coup d’envoi du projet de construction et de réhabilitation de près de 100 km de routes bitumées ». Il a ajouté à l’adresse du chef de l’Etat: « la communauté urbaine de Nouakchott a participé avec le ministère de l’Equipement et la société ATTM à l’exécution de ce projet gigantesque« . «Sur vos instructions, la ville de Nouakchott a décidé de baptiser cette nouvelle voie, qui sera la plus grande artère de notre capitale, «Avenue Me Mokhtar Ould Daddah» (…) Nous nous réjouissons que sa famille soit présente parmi nous, pour recevoir, grâce à vous, ce témoignage de gratitude de la Nation mauritanienne toute entière. Nous vous remercions encore une nouvelle fois, de nous permettre de nous réconcilier avec notre passé. Parce que, monsieur le Président, un pays sans passé ne peut avoir ni de présent ni de futur».

De son côté, l’épouse du premier président défunt, Mme Marième Daddah, qui a assisté à la cérémonie, en compagnie des membres de sa famille, a remercié le président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat, pour ce geste généreux, affirmant que la Mauritanie a commencé à relier son présent à son passé et à franchir un grand pas sur la voie de la consolidation de l’unité nationale, relevant que ce projet est réalisé avec des ressources et des compétences nationales .

Elle a enfin précisé que dans ce projet, l’approche de la rectification, comptant sur les ressources et les compétences du pays, se recoupe avec l’action du président défunt Me. Mokhtar Ould Daddah .

Ceux qui ont encore en tête les cérémonies d’adieu de 2003, se rappellent toute l’attention du jeune colonel d’alors qui avait tenu à être aux devants du corps de celui qu’on considère le Père de la Nation mauritanienne. Ce sont les éléments du BASEP qui transportaient le cercueil.

Source: La Tribune n°423




Noir ou blanc, il faut convaincre !

11112008

Noir ou blanc, il faut convaincre ! 

 

« L’histoire est un cheval qui trotte. S’il passe devant votre porte, à vous de décider s’il faut monter ou pas. » François Mitterrand 

 

Partout dans le monde l’on s’est montré surpris sinon impressionné que l’Amérique ait confié sa destinée à un Noir pour 4 ans à l’issue d’une élection des plus passionnantes des 20e et 21e siècles. Ce que l’on oublie c’est que les américains ont élu Franklin Delanoë Roosevelt président –trois fois au moins- alors qu’il était atteint d’un trouble nerveux paralysant des jambes (polynévropathie aiguë inflammatoire démyélinisante). Cet homme a marqué l’histoire de son empreinte malgré les kilos de fers qui lui permettaient de tenir debout et de se déplacer.

Tout compte fait ce que l’on remarquera chez les américains c’est qu’ils s’intéressent en réalité moins à l’apparence physique (couleur, forme, etc.) qu’à la compétence d’un homme…Il suffit de regarder de très près ce pragmatisme pour comprendre pourquoi beaucoup parmi nos cousins ont pu devenir des professeurs dans les plus grandes universités américaines ; sans compter le cas de Cheikh Modibo Diarra le malien de
la Nasa !

Pour réussir en Amérique, il faut être fort et convaincant. Il faut surtout de l’audace ! Et Barack Obama s’est montré tel sur toute la ligne. Sa place au soleil, il l’a arrachée. On ne lui a pas fait de cadeau. Bien au contraire, il lui a fallu écraser son adversaire : ses grands électeurs font plus du double de MC CAIN ! C’est comme si aux  ‘minoritaires’ on demandait ce supplément d’efforts qui puisse les faire accepter.

Si donc, le monde est tant impressionné parce que la plus grande puissance du monde a élu un noir Président, doit on s’attendre à ce que cela inspire par exemple le Vatican pour qu’après Benoît XVI, un pape noir soit à la tête de l’église catholique ? Ou encore s’attendra-t-on qu’un jour un imam noir dirige
la Mosquée de
la Mecque ou celle de Médine ?   

Ceci pour dire aux plus pessimistes qui croient voir le racisme là où ils ne devraient pas l’y percevoir que c’est le regard du reste du monde qui en réalité est faux. Encore une fois, on a constaté que ce fut Georges Bush qui a donné les plus hautes responsabilités à des noirs dans son administration. S’il y a des noirs au devant de la scène internationale (Condoleeza Rice !), ce sont les USA qui les y ont envoyés…Plus que tout cela le fameux film 24H Chrono a préparé les mentalités à des Etats-Unis dirigés efficacement par un Noir…Aussi les américains étaient-ils bien préparés à se faire diriger par un ‘homme de couleur’…

Une leçon à tirer  de cette élection qui a impressionné tout le monde ? Elle doit être infligée à toutes l’Afrique. Y compris le Maghreb. L’authenticité ou le chauvinisme sont des notions insensées. Même s’ils sont institués en clauses constitutionnelles du genre : nul n’est éligible s’il n’est de père et de mère ceci ou cela. Ou encore le Président de
la République est de telle religion spécifique…

Nous avons-nous en Mauritanie des règles non écrites qui veulent que dans un gouvernement il n’y ait qu’un seul soninké, zéro wolof, deux ou trois pulaar, deux ou trois haratines, etc. Si ceci est beau, il y a plus joli…   

KISSIMA

 

Source : La Tribune n°423




Ould Deyahi au BIT, Kane Ousmane à la SNIM et Ould Ebnehmeyda à la BCM…

11112008

Ould Deyahi au BIT, Kane Ousmane à la SNIM et Ould Ebnehmeyda à la BCM…

 

 

Mohamed Ali Ould Sidi Mohamed Ould Deyahi quitte la SNIM pour devenir le premier mauritanien directeur exécutif du BIT. L’annonce a été faite la semaine dernière. Ould Deyahi est remplacé à la tête de la SNIM par Kane Ousmane jusque-là Gouverneur de la BCM. Lui-même est remplacé par Sidaty Ould Ebnehmeyda à la tête de l’institution financière.

Même s’il reste un «illustre inconnu», Ould Ebnehmeyda est l’un des premiers cadres recrutés par la BCM au début des années 70. Ayant fait un passage à l’ENS de Paris puis un cursus complet et réussi à la Sorbonne, Ould Ebnehmeyda acquiert tout son savoir financier à la BCM où il est aujourd’hui l’un des plus gradés. Il a été directeur de banque (SMB devenue BNM), et Gouverneur adjoint avant d’être versé dans le corps des contrôleurs d’Etat. Réputé pour sa rigueur morale et professionnelle, on ne lui connaît pas de relations suspectes avec le monde des affaires. Très retiré, il possède les attributs du dirigeant indépendant et austère. D’ailleurs, c’est un personnage singulier pour l’ambiance qui règne dans le pays depuis deux décennies. Une décennie de traversée du désert, puis la grande consécration. Dommage que le caractère de l’homme sera occulté par les malveillants qui mettront en avant ses relations parentales avec le Général Ould Abdel Aziz. Ce serait dommage de s’arrêter à ce cliché réducteur…

Le 30 septembre 2005, Ould Deyahi prenait la direction de la SNIM. La société avait alors besoin de poursuivre les efforts en vue d’une refondation dont les déblayages ont été faits par Ould Abdel Jelil. Avec notamment le pari sur la ressource humaine. Mohamed Ali Ould Deyahi était le plus outillé pour mener à bien cette mission. Quand il arrive, il reprend les mots de De Gaule : «Je vous ai compris». Dès le début, Ould Deyahi devait insister sur la nécessité de créer une dynamique visant à «travailler plus et mieux». A ce moment-là, «la SNIM souffre depuis quelques années de l’absence d’une vision claire à long terme et de repères stratégiques pour guider son développement». Cette absence de vision est à l’origine du manque d’ambition pour l’entreprise qui connaît ‘une concentration sur un objectif quasiment unique’ : l’augmentation des niveaux de production. Du coup la direction de l’entreprise s’est trouvée prisonnière d’une logique qui condamnait à terme son activité diminuant ses performances. Premières conséquences : difficultés du système de production en termes de qualité et de quantité (produire de moins en moins, vendre mal de plus en plus) ; méconnaissance avérée des réserves disponibles et même des gisements exploités ; et dysfonctionnements dans la planification, les investissements, la gestion des ressources humaines… Un rapport d’audit concluait à l’époque que
la SNIM se trouvait dans ‘une période charnière’ qui demandait «la mobilisation de l’entreprise et de son management, au plus haut niveau» pour «garantir une transparence ‘réussie’ s’inscrivant dans une perspective stratégique éclairée et ambitieuse».

Première mesure, le Conseil d’administration adopte un nouvel organigramme avec suppression de postes comme
la Direction du contrôle de gestion, de la diversification et du partenariat minier, du Développement, de la programmation et de la transformation, de la coordination et des relations publiques, de la qualité du minerai, des affaires sociales, de l’audit et du contrôle interne… Des directions et des postes dont la plupart étaient en double.

Cette restructuration visait à assainir et à alléger la structure de l’entreprise. De façon à la rendre plus efficiente en rétablissant une meilleure adéquation Homme/poste. C’est bien sûr dans une atmosphère de concertation avec les cadres concernés, que des postes et directions ont été supprimés. Les premiers responsables ont été redéployés ailleurs, là où ils peuvent être plus utiles et surtout plus efficaces. Là aussi où ils se sentent le mieux. La transparence dans la gestion des carrières mais aussi dans le système de recrutement, est désormais la règle qui fixera la sérénité et l’équité au sein des travailleurs. Le nouvel organigramme s’articulait autour de quatre Pôles : Le pole «Recherche, développement et modernisation» couvrant la recherche minière, les études techniques et les projets de développement, ainsi que la planification à moyen et long termes ; Le pole «Production» couvrant l’exploitation minière, le traitement des minerais (usines), son transport (chemin de fer) et la qualité du produit ; Le pole «Moyens généraux» qui regroupe les achats, la logistique, l’informatique et un département des services sociaux ; Le pole «Commercialisation» dont la mission sera de prospecter les marchés et de promouvoir le produit.

En même temps, Ould Deyahi engageait une politique sociale dont on peut rappeler la hausse de 15% des salaires, de l’indemnité de logement qui passe de 6 à 16000 UM/mois, l’institution d’une prime de production. En plus du lancement de la Fondation SNIM pour le développement régional et la réinsertion des retraités. Moins de trois ans après son arrivée à la tête de la SNIM, Mohamed Ali Ould Deyahi a réussi un travail énorme et permis l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Il a aussi contribué à remettre la SNIM dans son rôle ‘normal’ lui faisant recouvrer sa vocation naturelle de locomotive de développement du nord du pays.

 

 

Source : La Tribune n°423




Nouadhibou

11112008

Nouadhibou :

Sale temps pour les clandestins

 

Les forces armées nationales ont procédé jeudi à l’arrestation de 51 candidats à l’émigration clandestine sur les frontières nord de la wilaya. Cette opération a été suivie par l’arrestation par la brigade chargée de l’immigration au niveau de la direction régionale de la sureté d’une trentaine d’autres clandestins dans une maison sise au quartier d’El Ghirane. Ce groupe était sur le point de mettre au point les derniers préparatifs d’un éventuel voyage sur les Iles Canaries, selon la police. Plutôt, 67 clandestins avaient été interceptés par les forces armées sur les frontières mauritano-marocaines.

Selon le responsable de l’immigration au niveau de la direction régionale de la sureté de Dakhlet Nouadhibou, une soixantaine de clandestins de nationalité malienne ont été capturés et rapatriés dans leur pays d’origine, le 5 Novembre 2008. La même source indique que le centre de rétention de Nouadhibou abrite actuellement 88 clandestins de différentes nationalités africaines. Ces personnes sont en voie de renvoi dans leurs pays respectifs.

La dernière vague de clandestins qui avaient été renvoyés à partir de Nouadhibou la semaine écoulée s’élevait à 166 personnes dont 15 femmes, dont deux enceintes. Leur embarcation avait chaviré et ils avaient été récupérés in extremis par des militaires.

On le voit donc c’est un sale temps pour les candidats à l’eldorado européen. Il ne se passe pas un jour sans que des clandestins ne soient arrêtés ou qu’une barque ne chavire avec son lot de morts et de disparus. Les autorités donnent la priorité à la lutte contre le phénomène au grand satisfecit de l’Espagne qui voit son soutien au HCE largement justifié (l’Espagne est opposée aux sanctions brandies par l’EU contre la junte).

L’Espagne a, du reste, remis aux autorités 9 véhicules 4×4 toutes neuves dans le cadre de ‘sa’ lutte contre l’émigration clandestine. Le phénomène de la clandestinité crée une véritable psychose au sein de la communauté étrangère établie à Nouadhibou. «On nous refuse même un boulot de boy sous prétexte qu’on ne cherche qu’à passer , donc on ne nous fait pas confiance», confie un jeune malien.

Des organisations de ressortissants étrangers dénoncent ‘la chasse à l’étranger’. «De simples pêcheurs sont arrêtés et conduits au centre de rétention et accusés d’être des clandestins, sans preuves», prétendent certains. Un responsable de la police confirme cependant que c’est difficile sauf s’il ya flagrant délit. «Un clandestin c’est comme un adultère, difficile à prouver».

Mais l’Europe, Espagne en tête, réclame des performances en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

Des accusation sont aussi portées contre gendarmes, militaires, policiers, qui seraient complices des passeurs, sur le dos des candidats au départ. Un rescapé Guinéen témoigne: «C’est la troisième fois que je tente la traversée. Toujours le même scénario : je suis repris, délesté de tout l’argent que j’ai puis relâché. C’est toujours moins grave que d’être transféré au camp et rapatrié. Ce sera la honte. Plutôt crever ici, mourir de faim. Je travaillerai et payerai encore et encore. Je ne retournerai jamais en Guinée. L’Europe ou la tombe».

Athié Youssouf

CP/Nouadhibou

 

 

Distribution gratuite de vivres

Le commissaire à la sécurité alimentaire, Mohmed Ould Mohamedou, a présidé ce jeudi à Nouadhibou la cérémonie de démarrage de 7 projets d’activités génératrices de revenus (AGR) au profit des populations les plus démunies de la capitale économique.

Ces projets lancés par le commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) entrent dans le cadre de la deuxième phase du projet financé par le CSA et la coopération Italienne et vient compléter le projet d’appui à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la malnutrition dans les wilayas du nord.

Ces 7 projets d’une enveloppe de 25 millions d’ouguiyas concernent la teinture, la couture, une poissonnerie, un dépôt de vente de gaz butane et d’autres petits projets qui vont améliorer les conditions de vie des populations les plus démunies des quartiers périphériques de Nouadhibou.

Suite au lancement de ces projets, le commissaire à la sécurité alimentaire et le wali de Nouadhibou ont supervisé la distribution de 150 tonnes de blé, 35 tonnes de produits alimentaires – poulet, huile, sucre. Cette distribution devrait profiter à prés de 3000 personnes considérées comme les plus déshéritées des 20.000 pauvres recensées dans la région de Dakhlet Nouadhibou.

Au petit matin de ce jeudi des centaines de personnes, munies de leurs bons et de leurs reçus de recensement, avaient pris d’assaut le siège régional du CSA pour toucher leur ration alimentaire. Le commissaire à la sécurité alimentaire a, par ailleurs, donné le lancement de six centres alimentaires communautaires (CAC) dans les quartiers périphériques.

Au cours d’une réunion tenue à l’ENEMP dans la soirée de jeudi avec les cadres, élus, notables et membres de la société civile, le commissaire a rappelé que l’amélioration des conditions de vie des populations est une priorité du chef de l’Etat, le général Mohamed Ould Abdel Aziz. Les participants n’ont pas manqué de remercier les autorités pour ce geste qui ‘soulagera les populations’.

Au cours de l’échange beaucoup ont soulevé des problèmes que les populations rencontrent dont le non accès aux terrains, la mise en place d’un programme VCT (vivres contre travail), la révision des critères de recensement, de donner la priorité aux ‘vrais pauvres’ et aux populations des communes rurales.

Athié Youssouf

CP/Nouadhibou

 

 

Le FNDD affiche complet

Une mission du front national pour la défense de la démocratie (FNDD) présidée par Mme Kadiata Malick Diallo, vice présidente de L’UFP et comprenant Mohamed Ould R’Zeizim du parti ADIL, Mohamed Lemine Ould Biye, chargé de communication du front et Mohamed Ghoulam de Tawassoul, a tenu un meeting le 08 Novembre 2008 à l’ancienne maison des jeunes de Nouadhibou. C’était en présence des élus et cadres des partis du front et de nombreux militants et sympathisants. Sur les banderoles à l’intérieur et à l’extérieur, on pouvait lire : ‘Non au terrorisme’, ‘Non au coup d’état’, ‘Oui à la légitimité’…
Les émissaires du FNDD ont expliqué les raisons qui ont conduit les militaires à «fouler la constitution pour assouvir des desseins personnels».
Pour Kadiata Malick Diallo, ce sont les militaires qui ont suscité la crise entre le président Sidi et la majorité. Car, dira-t-elle, le Général Ould Abdel Aziz voulait le pouvoir pour lui-même et n’attendait qu’un prétexte. Elle reviendra sur le coup d’état de 2005 et dira que c’est le peuple qui a légitimé le CMJD mais que les militaires n’ont jamais respecté leurs engagements de rester en dehors du champ politique. Et de conclure que l’embargo est inévitable car notre pays est signataire des accords de Cotonou.
Selon Ould R’Zeizim, le président a toutes les prérogatives pour remplacer un militaire comme au Mali où le président Touré a ‘remplacé tous les chefs. De même Obama peut changer des chefs d’armée s’il en éprouve la volonté, a t-il ajouté.

Pour Ghoulam, la junte qui reproche au président Sidi de ne pas voyager souvent, sillonne le monde mais n’a pas rapporté un sou mais n’a reçu que des blâmes, elle qui ne promet que du vent n’a pas trouvé une seule oreille attentive.

Les émissaires du front ont dénoncé les brutalités policières contre des chefs de parti et des leaders syndicaux. Hommage a été rendu à Isselmou Ould Abdel Kader, ‘ patriote sincère qui a osé dire la vérité’.

La mission du FNDD se contentera de résumer la situation qui a prévalu ces dernières années. Ils diront même : ‘nous aimons le général Ould Abdel Aziz mais préférons notre pays, sa constitution’. Pour le FNDD la lutte continue jusqu’au rétablissement du président Sidi mais que les portes du dialogue restent ouvertes.

Un incident a tout de même émaillé la rencontre. Quand Kadiata M. Diallo reprend le micro pour traduire en Pular, beaucoup de personnes quittent la salle, n’accordant aucune attention à ce qu’elle disait. On lui reprend le micro et là en Hassaniya, tout le monde regagne sa place. Ceux qui prétendaient sortir pour prier resteront encore une demi-heure. Voilà qui ne va pas dans le sens du raffermissement de l’unité nationale. Thème du reste dont la mission du FNDD n’a dit un mot.

Athié Youssouf

CP/Nouadhibou

 

 

Source : La Tribune n°423




Motion de soutien des travailleurs du Port Autonome de Nouakchott dit «Port de l’Amitié»- PANPA-

11112008

Motion de soutien des travailleurs du Port Autonome de Nouakchott dit «Port de l’Amitié»- PANPA- 

 

Oui pour le changement, Non aux sanctions 

 

La direction générale et l’ensemble du personnel du Port Autonome de Nouakchott dit «Port de l’Amitié» (PANPA) : 

 

. Considérant la situation de blocage politique ayant entravé le fonctionnement régulier des institutions de
la République ; 

. Considérant le système de gabegie et d’irresponsabilité résultant des tergiversations de l’ancien Président  et les malversations de son entourage ; 

. Considérant les tentatives de limogeage visant à déstabiliser l’institution militaire entreprises dans des conditions obscures et peu orthodoxes ; 

. Considérant la détérioration constante du niveau de vie des citoyens et la progression hallucinante du chômage en raison de l’absence de politique économique et sociale cohérente ; 

.Considérant l’état d’insécurité permanent provoqué par la déliquescence de l’Etat, 

.Considérant que le Mouvement Rectificatif s’est déroulé sans effusion de sang et avec l’aval de l’écrasante majorité du peuple Mauritanien et de ses élus tant nationaux que locaux ; 

.Apprécions à sa juste valeur le changement opéré le 06 août 2008 par nos vaillantes forces armées et de sécurité pour sauver le pays de la situation catastrophique à laquelle le menait inéluctablement le régime déchu ; 

.Apportons notre soutien indéfectible au Haut Conseil d’Etat, à sa tête le Général MOHAMED OULD ABDEL AZIZ, chef de l’Etat, et invitons l’ensemble des acteurs politiques et la société civile à apporter leur contribution constructive aux états généraux que les Autorités envisagent d’organiser dans le but e jeter les bases d’une démocratie véritable, 

.Lançons, enfin, un appel pressant à

la Communauté Internationale pour qu’elle apporte l’appui et l’aide nécessaires aux Autorités Nationales dans leur effort réel de lutte contre la pauvreté dont souffre encore une frange importante de nos populations. 

 

Le Directeur Général 

Ahmed Ould Mohamed Ould Moctar 




Crise et instabilité politiques

11112008

Crise et instabilité politiques 

 

L’impasse politique dans laquelle se trouve notre pays depuis quelques mois (trois) ne laisse aucun Mauritanien indifférent à cette situation qui, en se complexifiant davantage, risque de compromettre l’avenir dont on avait essayé de baliser les contours avec l’avènement d’un régime politique issu des urnes. Certes des erreurs d’aiguillage ont été commises et s’expliquent sans doute par un manque d’expérience politique chevronnée mais ne peuvent engendrer un accaparement du pouvoir  légitimé par l’usage de la force quelles qu’en soient la nature et l’origine. 

Si certains voient dans cette alternative une manière de régler des querelles de personnes, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une démarche peu souhaitable à partir du moment où les moyens de régulation institutionnels et politiques ont été clairement approuvés par les citoyens dans leur majorité, au terme d’une consultation nationale. Au regard de ces observations, plusieurs questions méritent en effet d’être posées pour tapisser la réflexion autour des enjeux qui sont au cœur de cette compétition, rivalité politique et factionnelle dans une perspective de domination au sens wéberien du concept. Alors, pourquoi remettre en question cette construction démocratique naissante, adossée à des valeurs et principes de base devant orienter les processus décisionnels et les politiques publiques ? 

Quelles sont les motivations des nouveaux acteurs et quelles sont les voies qui pourraient permettre de sortir le pays de cette impasse ?  Et enfin, comment construire une stratégie pour endiguer définitivement de telles entreprises à la hussarde, afin que notre pays puisse sereinement emprunter le chemin qui lui convient pour son développement économique et social ? 

La fin du politique ou les manœuvres clientélistes 

Il est clair que la configuration d’un régime politique dépend en grande partie de ses réalités socio-culturelles, historiques, politiques et économiques. Après tout, mettre en place un espace démocratique suppose, me semble-t-il, une culture et un comportement qui convergent vers le renforcement des piliers sur lesquels repose tout le processus qui a bénéficié d’un consensus national largement partagé. Peut-on s’insurger contre cette volonté au prisme d’une lecture subjective et individuelle pour ne pas dire stratégique et ambitieuse ? Nous nous dispenserons ici des thèses machiavélistes afin de retenir seulement quelques aspects illustrant la fonctionnalité du politique, avec bien entendu ses spécificités locales. Cela ne signifie pas du tout que les références universelles soient exclues de l’analyse de l’action politique mais dans cette  démarche explicative, il convient de mettre l’accent sur les pratiques du système qui aboutissent à un emballement sans précédent dans l’histoire du pays. Rappelons au passage deux articles que nous avions publiés dans les quotidiens nationaux (paradoxes de la transition démocratique, et illusion de l’élection présidentielle) et par lesquels nous attirions l’attention des nouvelles autorités sur des mécanismes qui peuvent réduire à néant tous les efforts consentis dans cette bâtisse démocratique. Mais l’engouement et les tentations avaient pris le dessus tel un voile qui les empêche d’analyser et de comprendre les risques liés à la gestion du pouvoir. La suite ne déroge pas à la règle et se traduit par une sorte d’encerclement par un « microcosme » qui oriente les actions et les décisions en fonction de ses intérêts et ceux du clan. 

Cet enfermement de l’équipe dirigeante, loin des préoccupations cardinales des populations et surtout des jeunes dont l’avenir était déjà compromis par un autoritarisme caractérisé, devait se manifester au travers des canaux de dérivation dont les députés et les sénateurs de la majorité présidentielle n’ont été que les figures  emblématiques d’un mécontentement appelé à prendre de l’ampleur. 

Dans ce contexte de rapports de forces et de manœuvres politiciennes, tous les pièges sont ouverts pour neutraliser l’adversaire et créer une situation de tensions et de crise favorable à des coups fourrés qui ne manqueront pas d’intervenir pour hisser encore une fois le régime prétorien au sommet de l’Etat.  Cette nouvelle donne corrobore-t-elle la régression démocratique ou annonce-t-elle des perspectives meilleures ? A la lumière des discours et des incohérences dans les orientations, le doute s’installe d’autant que l’énonciation d’une politique crédible et imaginative tarde à transparaître dans un horizon où les bonnes intentions ont du mal à cristalliser l’adhésion de la plupart des citoyens et de la communauté internationale, peu encline à soutenir « la rectification du 6 août2008 ». Quel est le sens des « états généraux de la démocratie » si les règles et les principes les plus  élémentaires pour sa mise en œuvre ne sont pas respectés en termes de liberté individuelle, de justice, d’égalité, d’acceptation de la contradiction,  d’ouverture de l’espace public, et de dialogue politique et social, de création de contre-pouvoirs actifs et de protection des minorités ? 

La démocratie ne se limite pas seulement à la création d’institutions juridiques et politiques qui, d’ailleurs en l’absence d’un terreau favorable, restent des ombres d’elles-mêmes. Elle nécessite un effort de soi en matière de formation, de croyance et de fidélité à des idées et à des principes pour que la passion démocratique se nourrisse des apports historiques, culturels et socio-politiques, incarnés par ceux dont la profession est de garantir les équilibres et la pérennité du système. Dans le cas mauritanien, il n’est pas vain de se demander si nous avons une élite politique capable de transcender ses divergences, d’intérioriser un sens élevé de l’Etat et de défendre l’intérêt général pour que l’initiative démocratique oriente l’activité et les compétitions politiques sans menacer l’avenir de tout un pays. La question fondamentale est la circularité des élites dans le domaine politique et les capacités d’adaptation face à une société beaucoup plus exigeante et soumise à un environnement international interdépendant. L’étude récente que nous avons menée sur les partis politiques a montré leurs insuffisances, leur manque de substance pour proposer une véritable alternative politique par des programmes stimulants et convaincants. Ils souffrent globalement d’absence de leaders charismatiques, de fidélité dans les principes  et les convictions (transhumance récurrente). De même, on note une velléité de  personnalisation, de « communautarisme » et de flottement idéologique en dehors de quelques formations politiques. 

Faut-il continuer de s’enfermer dans un bras de fer dont l’issue est incertaine au risque de prendre en otage le peuple mauritanien qui a plutôt besoin d’une politique à la hauteur de ses attentes et des défis nombreux auxquels il convient de faire face à l’aune des ressources disponibles et prometteuses du pays ? 

 

 La réhabilitation du dialogue politique comme instrument de sortie de crise 

 

Le blocage politique traduit les limites du système à réguler les contradictions dans un souci de participation  à la dynamique d’une société politique en mesure de résister aux menaces et de corriger les imperfections découlant de son espace interne et externe. Les acteurs n’ont pas été vigilants ou outillés pour désamorcer les sources de crises qu’ils ont paradoxalement confortées,  afin de nourrir des ambitions personnelles ou de positionnement politique conformément à la logique prédatrice, tribale et ethnique. Mais étaient-ils conscients que cette crise allait prendre une telle dimension car, généralement, les résistances sont rares à chaque fois que la grande muette s’incruste dans l’espace politique de manière objective ou subjective pour y jouer un rôle de régulateur, eu égard aux défaillances du système politique ?  La porosité des frontières entre le champ politique et la structure de défense et de sécurité explique sans doute cette oscillation qui s’imprime dans la vie politique mauritanienne de façon à compromettre ou à fragiliser  la consolidation et la pertinence de la construction démocratique. La séparation entre les deux sphères s’impose, mieux la subordination du pouvoir militaire à l’autorité politique est un gage de stabilité dans notre pays si nous nous efforçons à considérer que la modernisation de notre société est à ce prix et qu’elle ne peut-être entravée par des actions qui se banalisent maintenant et se collent désormais à la trajectoire historique de notre pays. Comment réconcilier le militaire et le politique dans une phase de crise où chaque groupe reste « droit dans ses bottes », pour ne pas céder la moindre passerelle de concession ? 

Et pourtant, les uns et les autres se disent porteurs d’innovations ou de politiques susceptibles d’améliorer les conditions des citoyens et de lutter contre certaines pratiques dépassées. Si cette conviction s’est avérée, pourquoi ne pas construire immédiatement un cadre ou une structure de réconciliation, au-delà des considérations partisanes dans le but d’impliquer des Mauritaniens, compétents connus par leur intégrité, leur attachement à l’intérêt général et à la construction nationale. Ils existent et ne sont pas trempés dans l’affairisme et l’opportunisme politique encore moins dans le « passif humanitaire ». En effet, la dimension d’un homme d’Etat ou d’homme politique tout court se mesure aussi en sa capacité à écouter les autres dont il ne partage pas les idées, à instaurer un climat propice au dialogue et à la concertation dans la recherche d’une solution permettant de tourner la page de cet épisode politique. 

Cependant, un préalable s’impose et se manifeste dans l’effort d’arrachement des présupposés et des pesanteurs politiques, idéologiques et culturelles pour ne préserver que l’esprit de responsabilité, d’équité et de grandeur qui sont des vertus indispensables dans la gouvernance politique. Notre pays mérite ce sacrifice pour l’épargner des dérives et des confrontations dont les conséquences retarderont, pendant longtemps, les échéances de développement économique et social au moment où il a besoin de la contribution de l’ensemble des acteurs pour retrouver la paix et s’atteler à initier des actions mobilisant, sans exclusive, toutes les populations. On ne cessera jamais de le répéter, la solution à cette crise ne pourrait provenir que des Mauritaniens et dépendra de leur volonté politique à savoir mettre un terme à leurs divergences. Ceci permettra  de construire un espace vital pour l’épanouissement d’une société multiculturelle qui aura tout à gagner, en dépassant rapidement cette épreuve afin de  définir un meilleur cadre où les contradictions se transformeront en ressources positives intervenant dans l’entretien du système politique. 

Cela étant, une crise politique n’est pas un drame à condition de la contrôler et de prendre les dispositions pour qu’elle ne s’inscrive pas dans la durée ou ne symbolise pas non plus l’incapacité des acteurs à apporter des solutions durables et à anticiper, à travers la mise en place de structures démocratiques fonctionnelles, et adaptées aux pratiques politiques modernes. Dans cette perspective, les critères de compétences et de responsabilité doivent être valorisés par le biais d’une démarche transparente respectant les règles  et les procédures qui gouvernent l’Etat de droit aussi bien au niveau de la promotion des élites que de la protection des minorités et de la lutte contre le traitement dégradant. 

 

 

Par Moussa Diaw, 

Universitaire mauritanien, professeur de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Auteur du livre la politique étrangère de la Mauritanie, Editions L’Harmattan, 1999. 

Adresse électronique : diawmoussafr@yahoo.fr 







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