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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

28102008

Les Echos de La Tribune Par  Mohamed Fouad Barrada

 

Spécificité mauritanienne ?

Pour connaitre un pays,  il faut d’abord connaitre sa  spécificité. La Mauritanie traverse comme on le sait une situation particulière. Des divisions politiques et un défi économique. L’année passée, notre économie était touchée par des secousses  dues  essentiellement  à l’annulation  de la part des   touristes européens de leur voyage  en Mauritanie. Cela se traduisait par une  baisse d’afflux touristique   influencée bien sûr par  l’effet médiatique à l’occidentale.

Le pays a besoin de mettre en place une vraie  politique de communication. Mais sans que cela porte préjudice aux réalités du pays. En effet, il faut à tout prix éviter de cacher  la vérité économique.  Les théories et la pratique économiques  confirment  ce fait.  L’asymétrie de l’information est loin d’être éternelle.   

Toutefois, nous avons des spécificités qui peuvent attirer des touristes potentiels. Indépendamment de la  position politique des uns et des autres, il devient  nécessaire de stimuler le secteur du  tourisme. Celui-ci assure le revenu pour une grande partie de nos villes nordistes.  Ces villes acquièrent à l’instar  de celles  du  sud du pays, de  l’Est et de l’ouest    des  ressources  à exploiter.  Il y a aussi ce que nous pouvons appeler l’humanisme naturel   de ‘l’homo mauritanicus’.  Le mauritanien est accueillant, il aime les étrangers tout en gardant  sa culture. Un italien me disait, en ce  sens, que ce qu’il estime chez nous, c’est notre simplicité et notre attachement à la  culture de la tolérance et de la spontanéité.  Le  Pays  est composé, par ailleurs, d’un métissage arabo-africain- berbère que nous n’arrivons pas à mettre en valeur. L’islam est loin d’être une source d’agressivité. Il est  par contre selon nos théologiens une source d’interaction entre les civilisations. 

Ainsi, un peintre  arabe   qui vit  en Mauritanie  depuis douze ans  refuse  toujours de retourner chez elle. Elle craint de ne pas revoir une deuxième fois le pays. Elle est fascinée par les caractéristiques sociales de notre pays.  Une amie chercheuse a fait le tour en Afrique pour être convaincue  de s’installer ici en Mauritanie.  Plusieurs colons ont été aussi  conquis par le charme mauritanien. Mais pour  connaitre ce charme, il faut s’approcher de la population mauritanienne.  Il y a, certes, ceux qui viennent et partent  sans retourner, mais ces dernières  n’ont pas pu déceler la beauté des mauritaniens. A nous de les faire découvrir ce petit quelque chose qui échappe  à notre vision, mais qui existe au fond de nous.       

 Ce qu’il  nous faut c’est de bien contrôler les circuits touristiques et  mener une campagne de sensibilisation tout en assurant les touristes que nous veillons sur eux. En gros, nous les mauritaniens savons parfaitement que le risque du terrorisme est minime. En outre, tout le monde sait  pertinemment qu’il n’y a nulle part un risque zéro.    Notre  pays ne comporte pas plus de risque que les pays proches très touristiques notamment la Tunisie et le Maroc. Il y a parfois des actes terroristes dans ces pays et les touristes continuent à y affluer. L’exemple malien est à également à méditer. Le flux des touristes dans ce pays avoisine selon les estimations  100. 000 mille touristes  contre  un nombre qui varie entre 4000 et 10000 en Mauritanie.     Que faire  pour être à la hauteur ?  

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n° 421




Mauritanie/le tourisme face à l’épreuve

28102008

Mauritanie

Le tourisme face à l’épreuve

 

Vendredi, 24 octobre 2008, 14 heures environ, un avion de Transavia, filiale d’Air France atterrit sur le tarmac de l’aéroport d’Attar. Ils sont entre  90 et 130  touristes, en majorité français,  en provenance de Paris, à être à Atar ce vendredi.  Cet atterrissage marque le début de la saison  touristique. Désormais, l’appareil de Transavia  est affrété par  la société  Mauritanienne de  services  et du tourisme (SOMASERT).  Celle-ci est une filiale de
la SINIM. Créée en 1987 pour appuyer  le tourisme dans les zones touristiques. Elle est opérationnelle en Adrar depuis 1996.  Il s’agit de la première entreprise nationale  qui a opéré dans le domaine touristique en Mauritanie. Après une saison touristique  morose et une  situation mondiale caractérisée par  une  grave  crise financière provoquant une récession  touchant les puissances économiques, l’activité touristique a besoin d’un nouveau souffle nécessaire pour les populations d’Adrar  qui vivent essentiellement des revenus du tourisme.  La tâche est  loin d’être facile, et le défi énorme.  

«Depuis le début de cette saison, il y a une baisse de 60% de mon  activité.   Mais je pense que c’est  normal  car  d’habitude le premier  vol amène juste  un nombre réduit de touristes » précise  Mohamed Ould Boubacar  représentant  de trois agences  de voyage française (Alebert, Visage et Grand Angles). Ce dernier a pu profiter de la politique de l’insertion des jeunes diplômés durant les années 90. En bénéficiant d’une formation de guide touristique entre 1999 et 2004, il a ensuite  travaillé dans  la société (SOMASERT), pour devenir  grâce à ses relations avec  des agences  de voyages françaises, actionnaire principal et dirigeant d’une entreprise  spécialisée dans l’organisation des circuits  touristiques et location de véhicules  4 x4. Son entreprise  assure l’emploi pour  trois chauffeurs, trois agents,  9 cuisiniers et 9 guides. 6 salariés de cette entreprise  sont permanents alors que  les autres sont rémunérés à la tâche. Ils sont ainsi fortement dépendants de l’activité touristique saisonnière.

Pour Isselmou Ould Eyssar boutiquier à Atar ville,  le tourisme représente  la seule ressource de cette région, il faut que les gouvernements tiennent compte de cette donne. «Personnellement, les touristes ne m’achètent rien, mais je sais qu’ils jouent  un rôle important dans la ville d’Attar», a-t-il  martelé.

Le ministre du commerce, de l’artisanat  et du  tourisme qui était en visite officielle pour l’inauguration de la saison touristique à Attar avait  affirmé que «le tourisme en Mauritanie doit tenir compte de la spécificité mauritanienne.
La Mauritanie doit, en ce sens,  vendre une image à travers son artisanat  et ses sites touristiques». 

Pour le directeur de SOMASERT,  «ce qui nous manque ce n’est pas  des grosses infrastructures hôtelières, mais c’est  de bien travailler  sur l’hygiène.  Les  infrastructures  de base qui sont nécessaires pour  le tourisme de luxe  tel qu’il est dans des pays comme le Maroc, doivent  être  intégrés dans une approche stratégique.  Ce qui importe pour le moment, c’est  le fait d’améliorer les conditions de vie des manèges dans les zones touristiques. Nous ne pouvons pas être concurrentiels avec des pays qui nous dépassent de loin dans ce domaine. Ce que les européens veulent c’est juste  de leur assurer l’hygiène essentielle.  Avec des auberges et des petites structures touristiques, bien équipés,  nous pouvons gagner le pari en attirant plus de touristes ». Il est à préciser  que SOMASERT affréterait cette année 36 vols entre Paris et Attar (un vol par semaine). Il envisage aussi  d’organiser   en plus des  vols  hebdomadaires de vendredi et un  autre supplémentaire  chaque  dimanche.

Par ailleurs, la saison touristique  2007 -2008 a été marquée par une baisse considérable d’afflux de touristes.  Cette année le point Afrique a renoncé à ces activités touristiques dans le pays. Le PDG de cette entreprise a même tenu des propos à l’encontre du gouvernement en disant que l’Etat  subventionne la SOMASERT.  L’actuel  ministre du commerce, d’artisanat et du tourisme a confirmé, néanmoins,  au cours d’un débat organisé par les autorités de la ville d’Atar  que «l’Etat est neutre dans cette affaire».  «Par contre nous favorisons la concurrence loyale  entre les opérateurs»,  a-t-il  déclaré.   

Toutefois Point Afrique est accusé  par certains operateurs  de la place d’être  la principale cause du déficit  de plus de 110.000.000(cent dix millions d’ouguiyas)   en 2006  de la SOMASERT.

En fait,  la SOMASERT  a proposé des prix concurrentiels. Ce qui pousse les touristes  à  choisir les offres de cette entreprise. Entre l’offre de point Afrique et  la SOMSART l’écart est considérable. Le  billet est de 400 euros cette année  alors que Point Afrique  vendait les billets à 600 euros. Ainsi, cette société vise  à élargir ses activités pour organiser des voyages touristiques dans les deux Hodhs. 

Soulignons  que l’année passée les échanges au niveau de l’aéroport d’Atar avoisinaient,  selon les chiffres de la délégation d’office national du tourisme à l’Adrar, les 210 mille Euros. Ce qui équivaut à  45, 46 euros par touriste (15 mille ouguiyas).

S’agissant des infrastructures d’accueil de l’Adrar, elles sont composées essentiellement de  69 lieux  détaillées  comme suit : (33 à Atar, 20 à Chinguetti, 10 à Ouadane et 6 à Ajoueft.   3 hôtels  se trouvent à Atar.

Pour ce qui est  du nombre des  touristes par saison. Celui-ci   varie dans les saisons normales entre 9923 et 10191.  Quant au nombre de nationalités, il varie entre 39 et 36 en majorités des français et des belges.

Cependant,  la saison  2006-2007 est marquée par une  chute  vertigineuse d’afflux touristique. Il était de  4635  contre 9752  (2005-2006). Cette chute s’explique par des attaques terroristes  qui ont été aggravées par  une médiatisation occidentale subjective.  Alors que des pays limitrophes et l’Egypte  ont subi des attaques fatales sans que cela influe sur les activités touristiques. Les pays européens subissent eux mêmes des attaques sans que cela affecte le tourisme. D’où l’intégration de la dimension communicative pour bien stimuler le secteur touristique en Mauritanie.  Sidina Boidiya , directeur  de l’agence Kaza Voyage propose à cet égard d’organiser un voyage pour des journalistes occidentaux afin qu’ils puissent voir par eux mêmes que le pays ne présente aucun risque pour les touristes .

Les autorités reconnaissent, par ailleurs,  que le tourisme exige  un minimum d’infrastructures touristiques et une sécurité assurée. «  Nous travaillons pour que tous les éléments  nécessaires  pour la réussite des saisons touristiques soient mise en place », a annoncé tout récemment le ministre de l’artisanat du commerce, et du tourisme.   

Par ailleurs,  des touristes qui viennent  de venir  au pays ont pu découvrir le pays   à travers le témoignage d’amis ou de connaissances. Cela sous-entend que les autorités doivent  mettre l’accent sur des campagnes de sensibilisation et de communication.

En outre,  des associations, des guides touristiques  et des opérateurs locaux demandent  de l’aide publique   pour qu’ils arrivent  à mieux tirer profit de l’activité touristique. Ils revendiquent entre autres, la possibilité d’être  pris en charge par l’Etat  pour la participation à des expositions (internationales   et  locales)  et de bénéficier des cartes d’adhésion reconnus légalement.

De toute manière, la Mauritanie a des potentialités touristiques, notamment la valorisation  du désert  et  le développement  du tourisme  dans la zone côtière (parc du banc d’Arguin). Mais il faut remettre à niveau  toute la logistique touristique vitale pour la promotion du  tourisme dans le pays.  Il devient alors  indispensable de  réorganiser le  secteur  par la formation des intervenants dans le domaine  et le réaménagement des structures touristiques. 

«Il faudra donc aider les autorités à dynamiser et moderniser cet appareil touristique. Ce qui est déjà prévu dans le cadre de la coopération franco-mauritanienne, à travers l’agence française de développement (AFD) qui a signé en mai 2006 un programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC) dans le secteur du tourisme. «D’un montant de 1,5 millions d’euros, ce programme qui court sur la période 2006/2010 a des objectifs spécifiques: le renforcement institutionnel du secteur, le développement de la concertation et de la coordination de ses intervenants, ainsi que l’amélioration de sa performance globale et de son image de marque sur sa clientèle» détaille Didier Grébert, directeur de l’AFD en Mauritanie » (NDRL). 

En effet,  pour vendre une image touristique ou véhiculer un bon message, on doit réformer, former et choisir les meilleurs pour que le récepteur du message, le touriste potentiel,  soit convaincu du produit vendu.    

 Envoyé spécial Mohamed Fouad Barrada

Source: La Tribune n°421

 







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