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Des Photos de l’ouverture de la saison touristique à Attar

27102008

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Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

27102008

Dans l’imaginaire populaire maure, il est une expression qui convient à ce que nous vivons : hilm lebkem, le rêve du muet. Lui ne peut le raconter, les autres ne peuvent le deviner. N’est-ce pas là ce qui nous arrive présentement ?

Nous ne savons pas grand-chose des intentions des militaires. Même ceux parmi nous qui comprennent ou qui acceptent le fait accompli, préférant se réfugier derrière le prétexte de la logique implacable qui n’a pas laissé d’autre choix que celui-là, même ceux-là ne savent pas ce que veulent les maîtres du moment. C’est ce qui explique en partie la circonspection de tous ceux qui croient que l’ère Sidi est révolue, de tous ceux qui ne veulent pas voir les mêmes revenir au pouvoir, de tous ceux qui se croyaient exclus ou en passe de l’être. Tous sont en attente de savoir.

Tout comme la communauté internationale. Qui attend elle aussi de voir comment les militaires vont imaginer une sortie de crise incluant «un point de départ constitutionnel».

Quoi de plus facile ? Libérer Ould Cheikh Abdallahi et le laisser se concerter avec ses amis – nouveaux pour la plupart. Le reste vient de lui-même.

Rectifier le tir en reconnaissant que le péché originel ici est l’interférence de l’autorité militaire dans le jeu politique de 2007. En s’abstenant de ne pas faire la même erreur. Et pour ce faire en donnant toutes les garanties nécessaires.

Impossibilité pour les militaires de se présenter, mise en place d’une administration neutre, d’un exécutif de consensus, élargissement des pouvoirs de la CENI, réhabilitation dans leurs statuts et leurs de tous les organes de régulation (HAPA, Conseil Constitutionnel…), rencontre de tous les acteurs politiques… Et seulement à ce moment-là organiser les journées de concertation, ce qu’on appelle les Etats généraux de la démocratie.

Tous les protagonistes sont tenus de faire des concessions. Surtout le pouvoir. Surtout l’opposition à ce pouvoir. Sinon toutes les dérives sont probables.

La faute à Sidi Ould Cheikh Abdallahi aura été d’abord d’avoir refusé d’écouter «les voix qui font pleurer et non les voix qui font rire». C’est aussi la faute à Ould Taya, à Ould Haidalla, à Ould Daddah…

Toujours le même scénario, la même logique. Le pouvoir se durcit, l’opposition se radicalise. Aucun des protagonistes n’écoute l’autre. Chacun campant sur ses positions.

…Arrive un troisième larron qui dicte sa loi, son agenda. C’est ce qui explique en partie les échecs répétés de l’opposition en Mauritanie. Chaque fois qu’elle a été proche de promouvoir le changement – le vrai changement – elle est prise par on ne sait quelle folie et demande le TOUT. Sans évaluer les rapports de force. L’histoire se répète.

En 2008, le syndrome de 1992 s’installe peu à peu. On se souvient quand l’opposition croyait au renversement de la situation en s’appuyant sur l’extérieur. Si bien qu’elle avait boycotté les législatives suivant les présidentielles. Coup mortel selon tous les analystes.

Est-ce que l’opposition aujourd’hui, n’est pas entrain de trop miser sur la pression extérieure ? Est-ce qu’elle a assez fait sur le plan intérieur ? Est-ce qu’elle entend prendre le peuple mauritanien à témoin ou les gouvernements étrangers ? Est-ce qu’elle a puisé toutes les sources en vue d’une solution avant d’espérer des sanctions pour le pays ?

D’autre part est-ce que le pouvoir a pesé le pour et le contre de l’intransigeance ? Est-ce qu’il évalue correctement l’engagement de la communauté internationale ? Est-ce qu’il voit juste en cherchant à circonscrire la bataille à l’intérieur ? Est-ce qu’il a la ressource pour tenir longtemps devant l’activisme ‘rodé’ d’une classe politique qui n’entend pas se démettre ni reconnaître ses erreurs ?

Le compte à rebours a commencé pour tout le monde. C’est à voir s’il n’a pas commencé pour le pays. Le 20 novembre prochain, nous devons avoir trouvé la réponse aux questions qui sont posées. Personne n’a le droit de prendre ce peuple en otage. Pas même au nom de la défense de la légalité.

Source: La Tribune n°421




Actualités/régions

27102008

Dioudé (Bababé) :

Les policiers de Bababé chargent à coups de grenades lacrymogènes la population de Dioudé, localité située à 2 km à l’ouest de la capitale départementale de Bababé. Les faits remontent à ce jeudi 23 octobre 2008.

C’est au courant de la matinée de ce jeudi que les cultivateurs de cette localité se réveillèrent ébahis en trouvant leurs champs de sous pluies (Djéry) qui étaient à l’état de maturation dévastés la veille par un troupeau de vaches appartenant à leurs voisins Ideïlik. Ces agriculteurs n’ont trouvé comme solution que de les conduire à la fourrière qu’ils avaient édifiées à côté du village.

Après avoir constaté que les animaux ne sont pas rentrés pour la traite matinale, les éleveurs entamèrent les recherches qui les conduirent à la fourrière de Dioudé où les animaux étaient parqués. Après quelques discussions et négociations, quelques éleveurs acceptèrent de payer une amende de 1000 UM par vache et une dizaine d’entre elles ont été libérées. Les autres éleveurs refusèrent de payer et se rendirent chez le maire et le Hakem de Bababé pour les informer de la situation qui prévaut. Aussitôt après, le Hakem crée une commission composée de l’un des maires adjoints, du commissaire de police et de l’inspecteur départemental de l’agriculture et de l’élevage. Cette commission se rendit à Dioudé et ensuite sur les lieux des dégâts. Aussitôt après, le commissaire revient en ville et demande à ses hommes de l’accompagner à Dioudé. Arrivé sur les lieux, le commissaire commence à défoncer la porte de la fourrière à coups de rangers. La population s’oppose et le commissaire ordonne à ses hommes de lancer des grenades lacrymogènes sur la population qui était autour de la fourrière pour la protéger. Surpris par la détermination de la population, le commissaire déguena son arme à poing et se mit à tirer en l’air. Ne suffisant pas à cela,  il prit sa kalachnikov et tira trois balles en l’air. C’est à ce moment que le commandant de brigade de Bababé arriva sur les lieux à sa rescousse et joua le sapeur pompier. Il arriva à calmer les esprits de la population et se mit en aparté avec le commissaire. Quelques minutes après, il convoqua à côté de la fourrière quelques délégués de la population, ils entamèrent des discussions pour résoudre ce différend. Ils se sont tombés d’accord à l’identification de toutes les bêtes à partir de leurs marques et de les compter. Le CB s’est engagé que toutes les vaches payeront l’amende et il demanda à la population de libérer les animaux. Ce qui fut fait et le compromis a été accepté.

Il faut rappeler qu’avant l’hivernage, ces populations par la voie de leurs délégués pour avaient demandé aux autorités leur aval pour construire une fourrière pour éventuellement parquer les animaux qui occasionneraient des dégâts : ils n’ont pas de grillage pour protéger les cultures et ils ne veulent pas abattre les arbres pour en faire des haies dans un souci de protéger la nature. La seule solution qu’ils ont, c’est de garder les champs pendant le jour et les propriétaires des animaux les retiennent pendant la nuit. Au cas où ils surprendraient les animaux dans leurs champs, ils vont les parquer dans la fourrière. L’autorité avait dit aux paysans que la fourrière ne doit pas être édifiée pendant l’hivernage seule une commission sera faite pour éventuellement évaluer les dégâts. Malheureusement, cette commission n’a pas eu lieu et les animaux ont dévasté les champs.

Après avoir terminé les premières discussions, les éleveurs et les paysans, accompagnés du CB se rendirent chez le Hakem pour finaliser le procès-verbal. Arrivé sur les lieux, ils trouvèrent le commandant de compagnie de la gendarmerie, le commandant du GR de la garde. Malheureusement, on remarqua l’absence du directeur régional de la sûreté et le commissaire de police de Bababé. Après d’âpres discussions et négociations, ils arrivèrent à un compromis : toute bête doit payer une amende de 500 UM.

Il semble que la population de Dioudé a l’intention de porter plainte contre le commissaire de police pour l’avoir violenté et tiré des armes.

Il faut noter aussi que ces différends entre agriculteurs et éleveurs sont toujours récurrents dans cette zone. En l’espace de deux semaines, le même commissaire, Mohamed O. Ahmed Damou a eu à violenter la population de Bababé à la suite d’un litige foncier situé à Bababé. Ce litige foncier est pendant au niveau de la justice à Aleg. Il est temps que l’autorité arrive à accompagner cette population afin de résoudre ces problèmes d’une façon définitive.

Abou Boubou

Cp. Brakna

Garde nationale : Sortie d’une nouvelle promotion

La  84e promotion de la garde nationale baptisée  Mbareck Ould Boulkheir  est sortie le 20 octobre dernier. La promotion porte le nom d’un brigadier tombé sur le champ d’honneur en 1977 à Touajil dans le nord du pays.

C’est le général Félix Négri, chef d’état major de la garde nationale  et membre du HCE qui a présidé la cérémonie de sortie de la promotion en présence du ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Mohamed Ould Maaouiya et des autorités administratives et militaires de la wilaya.

Après l’accueil en fanfare des hôtes venus de Nouakchott, la délégation s’est rendue à l’école de la garde où le directeur, le colonel Yacoub Ould Mohamed Ali a fait une allocution pour souhaiter la bienvenue aux autorités. Il a également insisté sur le rôle de l’école et décliné les principales caractéristiques de la formation.

‘Vous allez côtoyer un environnement nouveau différent de celui que vous avez connu à l’école vous devrez faire preuve d’exemplarité dans votre comportement  et ne jamais perdre de vue les principes de bases enseignés à l’école et qui doivent vous servir de repère’, dira le colonel Yacoub Ould Mohamed Ali à la promotion sortante. Il a également rendu un vibrant hommage au personnel d’encadrement  pour les efforts consentis pour la réussite de cette formation.
Le général Félix Negri mettra l’accent sur les défis sécuritaires auxquels le monde fait face en rappelant que notre pays se doit de se doter des techniques les plus performantes pour assurer sa sécurité.

C’est pour cette raison que l’école de la garde est en pleine rénovation afin d’assumer entièrement sa mission de formation et de perfectionnement. Le général Félix Négri a exhorté les sortants à mettre en pratique et avec sérieux et discernement, les connaissances acquises durant leur formation et surtout,  à parfaire  leurs connaissances car la vie professionnelle  exige  davantage de perfectionnement et de disponibilité. Il leur a demandé d’accomplir leur mission au service de la patrie avec honneur et fierté, dévouement et abnégation.
Le ministre de l’intérieur quant à lui est revenu sur la situation actuelle du pays, une ère nouvelle marquée par la volonté d’enraciner la démocratie.  Il a par ailleurs félicité les sortants pour avoir choisi le corps de la garde et pour avoir  subi la formation avec brio.

Djigo Aboubakry

Source : La Tribune n° 421




Chronique Mansor

27102008

« Le ciel dans l’eau, les poissons dans les arbres ». Comment traduire, en langage saharien, cette magnifique maxime chinoise, si diversement appréciée dans les contrées humides ? Au loin, la chaleur efface les limites entre ciel et dune, on est, du bout des doigts au fond du cœur, submergé par son intensité et tout semble s’y dissoudre, offrant aux mirages et autres subtilités des émotions de vie. Si Narcisse avait vécu au désert, jamais les psychanalystes, sans doute, n’eussent imaginé l’aliénation du moi par sa propre image. Le jeu du réel et de l’irréel, dénué de miroir, s’en serait-il trouvé modifié ? Dans les sables, le songe, qu’ailleurs on distingue mal de la chimère, signifie, banalement, la transcendance. Quelque soient ses soubassements pulsionnels et son interprétation, toujours possible, mais, évidemment, jamais suffisante [1], dans le sens de leurs arrangements individués, il peut s’y construire un tel dépassement des contingences, une telle extension de leur entendement, qu’on est enclin, immédiatement, à les y rechercher. A cet égard, Freud, appelé au chevet des vaches, maigres ou grasses, de Pharaon, eût eu, probablement, un avenir beaucoup plus terne que celui de Yussuf – P.B.L. 

 

Mais il est vrai qu’il n’est pas donné à tout le monde de méditer, à plein temps, au fond d’une citerne, sur un tas de fumier, dans le ventre d’une baleine, quarante jours au désert, ou dans la pénombre d’une caverne. On peut pressentir que le sens des réalités diffère sensiblement, en ces cas d’exception, de celui du bon bourgeois, aiguisant, entre deux fins repas, son acuité intellectuelle. Car si le Réel, idiot – du grec « idiotès » : simple, unique, non dédoublable [2] – demeure, dans le cours banal des choses, l’énigme aveuglante – ici et là, sans discontinuité, constamment présente, lisse, superbement monotone dans sa polychromie chatoyante –  les réalités, quant à elles, s’offrent, avec nos états d’âme, un impressionnant étal de parures, toutes susceptibles de faire sens. Or, voici que certaines le font plus que d’autres. Manipulations de l’opinion, certes, et les assommoirs modernes de l’école et des medias ont, en cette quête de cohérence sociale, avantageusement remplacé les « questions » inquisitrices [3] : l’alignement des têtes demeure, on l’a vu, un impératif de société. Mais, dans le secret de l’isolement, surgit, parfois, un tout autre goût, formidablement universel, dont l’évocation fait, immédiatement, trembler les cœurs et les palais des princes. 

 

Voici que le messie – P.B.L. – l’oint de son Seigneur – au fond de sa solitude, il s’est noyé en cette huile sacrée, entièrement soumis à Lui – marche sur l’eau, cueille les poissons dans les arbres, les distribue aux affamés. D’où vient-il ? Où va-t-il ? C’est qu’entre ici et là, entrée et sortie du désert, avant et après, d’une différence à l’autre, il a, enfin, cessé de s’absenter, totalement fondu dans
la Suprême Absence. En chassant le démon qui prétendait lui assurer une éternelle présence, le voici défunt de toute image et, instantanément, matrice de toutes.  Désormais, qu’il se taise ou qu’il parle, l’in-flux, la baraka de son onction, jaillit de lui, émanant de
La Source, et les assoiffés, toi, moi, nous tous, courons à l’ouverture de ce que nous portons, chacun, fermé dans nos poitrines. Une communauté de vie, dans le partage quotidien, l’autonomie solidaire. Aveugles, sourds, muets, para- et tétra-plégiques, déments, sains de corps et d’esprit, jaunes, rouges, blancs ou noirs, petits et grands, mille et mille réalités, une même origine, un même élan, une même fin. Pourquoi la simplicité de ce message commun à tous les prophètes – P.B.L. – les a-t-elle, systématiquement, exposés à la fureur des maîtres avant la ferveur des foules ? De quelle peur, intime, nos sociétés sont-elles redevables, pour s’infliger, ainsi, de tels compartiments ? Un jour, les trois anges vinrent auprès du petit Mohamed – P.B.L. – lui arrachèrent le cœur de la poitrine et le lavèrent soigneusement de son obscur – le tien, le mien, le nôtre, à tous si commun et si particulier – avant de le remettre en place, purifié. Dès lors, quelque chose lui manqua, sans être, pour autant, caché. Voici, bientôt, l’orphelin réfugié dans le silence d’une grotte autrement obscure. Eblouissant, le soleil de
La Mecque dilue l’horizon, et voilà qu’apparaît, dans l’intervalle indistinct,

la Parole Divine. Lis ! Et instantanément, la con-naissance, partagée, comble le manque. C’est, encore, aujourd’hui même. 

  

 

 

 

         




[1]  et, probablement, pas nécessaire… 

[2]  Voir Clément Rosset, « Le Réel, traité de l’idiotie », Editions de minuit, Paris, 1977.

[3]  « Soumettre à la question », c’était, dans l’espace chrétien, durant trois à cinq siècles, selon les régions, torturer, à l’aide de systèmes plus ou moins raffinés, les déviants des réalités convenues, hérétiques, sorciers, malades mentaux, « jacques » et autres révoltés, afin d’obtenir les « réponses » conformes à ces réalités. 




Initiatives

27102008

Initiatives

 

Il y a peu on apprenait l’existence d’un groupe de contact, comprenant les associations de défense des droits de l’homme comme la Rencontre africaine (RADHO) dont la branche mauritanienne est dirigée par Sid’Ahmed Ould Habott, la commission nationale dirigée par Mohamed Said Ould Hommody et le FONADH dirigé par Sarr Mamadou. D’autres personnalités et organisations avaient pris part à la démarche qui a d’bord consisté en une prise de contact avec tous les chefs de partis représentés au Parlement. Pour évoluer ensuite avec la rencontre avec le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, puis, après son accord, avec le Président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Depuis les rapports avec le groupe ont changé. D’abord dénoncé par le FNDD qui a publié un communiqué virulent concernant ses activités, le groupe a pu s’entretenir samedi soir avec une délégation du front dirigée par Mohamed Ould Maouloud et comprenant Sidney Sokhona de Adil, Oumar Ould Yali de APP et Abdel Qoudouss Ould Abeidna qui dirige un parti rallié au front.

Les discussions ont tourné sur l’initiative élaborée par le groupe de contact après discussions avec les chefs de partis. «Nous n’avons fait que reprendre les points essentiels émis çà et là, de manière ou d’une autre, par les chefs de partis. Certains se sont rétractés depuis, mais tous acceptent l’idée». Pour ce qui est du Front, «ils ont été très réceptifs et nous avons pu aboutir à une convergence de vue, notamment la condamnation du coup d’Etat et la nécessité du retour à l’ordre constitutionnel», affirme Ould Habott. Comment ce retour ? «C’est là où doit se situer le débat. Tout en sachant qu’au problème politique, il faut apporter une réponse politique». A la fin de la rencontre, les deux parties ont émis le désir de continuer cette démarche faite de contacts et de discussions. Le groupe de contact s’est engagé à œuvrer en vue de limiter et même de mettre fin aux différentes limitations des libertés (interdiction de manifester), et de voir comment le Président déchu peut recevoir des visites de ses proches en attendant sa libération. Le FNDD se dit prêt à tout dialogue tout en émettant des conditions à chaque étape de ce dialogue.

Le groupe de contact tente de suivre une méthodologie basée sur l’écoute de chacune des parties, pour assainir le climat politique et éviter les risques de dérapages. Il développe une initiative axée sur : la libération du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi «pour lui permettre de contribuer avec toutes les parties prenantes à la recherche d’une solution acceptable et définitive ; l’organisation «d’une rencontre sans exclusive entre toutes les parties prenantes dont l’agenda reste à définir» ; le «retour à l’ordre constitutionnel passant par l’organisation de consultations électorales pour permettre au suffrage universel de jouer son rôle d’arbitre (présidentielle et législatives notamment) ; la garantie d’élections transparentes par la mise en place d’un gouvernement consensuel de transition, une institution électorale nationale aux compétences élargies, et interdiction aux membres des forces armées et de sécurité en activité de se présenter ; l’invitation des partenaires au développement à accompagner le processus.

Après avoir rencontré le Président du HCE, le Président Ould Cheikh Abdallahi, le Premier ministre, l’ancien président du CMJD, quelques représentants des chancelleries de Nouakchott, le groupe a rendu public un communiqué où il a surtout fait état de la rencontre avec Ould Cheikh Abdallahi.

L’entretien qui a duré «plus d’une heure et demie s’est déroulé dans une ambiance détendue». A la question de savoir qu’est-ce qui peut être rendu public de l’entretien, Ould Cheikh Abdallahi a souligné deux points : 1. Le souhait de pouvoir s’exprimer sur sa gestion économique et politique ; 2. La possibilité de se concerter avec ses alliés et soutiens politiques.

D’autre part, l’Initiative civique pour le Changement (ICC) projette la tenue d’un colloque sur les enjeux institutionnels de la sortie de crise. Pour ICC, «il est à craindre que la personnalisation excessive des enjeux actuels ne relègue au dernier plan les causes institutionnelles de l’instabilité chronique de notre démocratie». C’est pourquoi, «pour éviter le piège d’une nouvelle transition calquée sur celle de 2005, il convient de déterminer, au-delà du jeu des acteurs, l’importance des facteurs structurels et institutionnels». Sur l’opportunité, «l’histoire nous enseigne que les véritables réformes ne sont possibles qu’en période de crise et que les pouvoirs exécutifs une fois installés deviennent réticents à tout rééquilibrage de pouvoirs entre les institutions». C’est pourquoi «ICC propose d’organiser à Nouakchott, dans la première quinzaine du mois de novembre, un colloque sur les enjeux institutionnels mauritaniens avec la participation d’experts constitutionnalistes internationaux».

Source :  la Tribune N° 421




Pressions extérieures, calmes intérieurs

27102008

Pressions extérieures, calmes intérieurs

 

« La semaine passée a connu une intense activité de la part d’une communauté internationale unie dans sa détermination à voir la démocratie restaurée en République Islamique de Mauritanie.

En plus des sanctions sur le voyage annoncées par les Etats-Unis il y a une semaine, l’Union Européenne a pris une position ferme et par principe avec sa demande sans équivoque pour la libération du Président Abdallahi et le retour au régime constitutionnel en Mauritanie. Le Président de la Commission de l’Union Africaine a souligné la solidarité internationale dans la confrontation de cette crise. Les Etats-Unis se joignent au Président Ping en appelant la junte militaire à saisir l’occasion offerte par le délai de 30 jours accordé par l’Union Européenne pour prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la possibilité de mesures supplémentaires ». C’est ainsi que l’Ambassadeur des Etats-Unis, Mark Boulware résumait les événements de la semaine dernière. L’Ambassadeur qui s’exprimait depuis Washington, devait réitérer la position de son pays vis-à-vis du cas Mauritanie. Il voulait ainsi intervenir au lendemain des réunions de Paris, comme il avait anticiper ces rencontres en annonçant la prise de mesures restrictives sur les voyages aux USA de certaines personnes liées au putsch, et ce la veille de Paris. L’avant et l’après. Quoi de neuf ? Rien sinon le rappel de l’intransigeance des Américains au moment où des initiatives de rapprochement des positions sont engagées ici et là. Alors qu’on croyait noter une nette évolution dans les positions extérieures.

En effet même si le premier round des discussions engagées avec l’Union européenne dans le cadre des accords de Cotonou (art. 96), on parlait de moins en moins de la nécessité du retour aux affaires de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Aussi les deux parties ont-elles décidé de se donner 30 jours pour trouver un terrain d’entente.

Côté Union européenne, on «n’a pas pu noter de propositions satisfaisantes de la partie mauritanienne». Parce que «les propositions et engagements de la partie mauritanienne n’incluent pas une libération immédiate et sans conditions du Président légitime et restent dans un cadre fondamentalement non-constitutionnel et illégitime sans perspectives de retour à l’ordre constitutionnel dans le court terme». Conclusion : «ceci n’ouvre donc pas la possibilité d’un appui européen à la mise en œuvre de ce processus». L’UE déclare cependant : «dans un esprit d’ouverture au dialogue et en pleine connaissance de la complexe situation politique mauritanienne, nous souhaitons rester à l’écoute de possibles développements positifs en Mauritanie sur la base d’une solution conforme aux demandes de la communauté internationale». Dans un mois «une nouvelle réunion pourra avoir lieu si une solution potentiellement satisfaisante est présentée par la partie Mauritanienne». En «l’absence de nouveaux éléments dans un espace d’un mois, les consultations seront fermées et des mesures appropriées seront proposées aux instances décisionnelles de l’Union européenne».

Côté français, le ministère des affaires étrangères apporte des précisions. D’abord sur l’objet des discussions. Six questions ont été posées aux Mauritaniens. Elles tournaient autour de la libération de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et de son Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, des modalités de la participation du Président déchu aux négociations se rapportant à la sortie de crise et à l’avenir des différentes institutions, du Haut Conseil d’Etat, des mesures prises par la junte et les propositions faites en matière d’organisation d’élections. «Sur les six points, nous n’avons pas obtenu de réponse que l’Union européenne ait pu considérer comme satisfaisante».

Le retour à l’ordre constitutionnel implique-t-il l’exigence du retour en fonction du Président déchu ? D’abord «la libération effective du président et du Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel». Ensuite «les modalités des étapes qui suivront immédiatement le retour à l’ordre constitutionnel, peuvent faire l’objet de discussions». Et pour les militaires ? «Il est vrai que, dans le cadre du processus de transition, car il y en aura probablement un, nous demandons qu’il soit impossible pour les membres du Haut Conseil d’Etat de se présenter à une élection présidentielle». Concernant une éventuelle visite en Mauritanie, «nous voulons que le président démocratiquement élu soit libéré et on imagine mal une visite de niveau ministériel, dans un pays où le président légitime pour lequel nous appelons à la libération soit encore détenu».

Côté mauritanien, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf qui dirigeait la délégation de Paris, considère qu’il s’agit là d’un premier round d’un processus de discussions qui promettent une plus grande convergence de vue. Il préfère ne pas parler d’échec alors que les négociateurs européens utilisent le terme de fiasco.

Tandis qu’à Nouakchott, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef de l’Etat, déclarait qu’il n’y aurait « pas de retour en arrière » dans le pays. « Il n’y aura pas de retour en arrière en Mauritanie, notre processus démocratique se poursuit bien, mieux qu’avant le 6 août, et le peuple soutient totalement le mouvement de la rectification« . Et d’ajouter : « ceux qui veulent nous ramener en arrière cherchent à créer des problèmes à notre pays et à notre peuple, ils ne sont qu’un petit nombre de gens qui ne cherchent que des intérêts égoïstes et qui sont rejetés par notre peuple pour leurs actes ignobles« . Pour lui, la sortie de crise « est une affaire intérieure mauritanienne » et les « états généraux de la démocratie » prévus fin novembre seront « déterminants » à ce titre, assurant que « si deux ou trois personnes les boycottent pour des intérêts égoïstes, cela n’affectera en rien leurs résultats« . Allusion à la décision du FNDD de rejet des « états généraux de la démocratie » annoncés, qu’il qualifie de « fuite en avant et de mascarade » en accusant les militaires de chercher à « s’installer définitivement au pouvoir« .

Pourtant on parle de plusieurs plans et initiatives de sortie de crise initiée çà et là. On se dit, côté officiel, prêt à tout discuter sauf de l’éventualité du retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Même que le groupe de contact composé de quelques représentants des organisations de droits de l’Homme (Raddho, CNDH…), a eu accès au Président déchu maintenu en résidence dans une villa du Palais du Congrès.

A la sortie, les membres du groupe – en fait Mohamed Said Ould Hommody, Cheikh Saad Bouh Kamara, Ely Ould Allaf et Sid’Ahmed Ould Habott – ont parlé des conditions de détention du Président, de son état d’esprit et de ses prédispositions quant à la recherche d’une solution de sortie de crise. Il a visiblement posé deux conditions à toute implication dans une initiative quelconque : la possibilité pour lui de pouvoir s’exprimer sur sa gestion du pays pendant les 17 mois qu’il a passés à la tête du pays et la concertation avec ses soutiens et ses alliés. Dans une interview accordée à un quotidien étranger, Ould Habott a précisé que le Président ne semblait plus intéressé par l’exercice du pouvoir. Plutôt le dépit.

En effet, comment peut-il en être autrement quand il voit ses plus proches amis, ses plus fermes alliés et ses soutiens les plus déterminants dans son élection, se retournent contre lui ? Lui qui suit la télévision nationale et qui ne manque pas les informations, doit être dépité par tant de retournements. D’après ceux qui l’ont vu, c’est bien ce sentiment qui l’anime. Même s’il a tenu à faire des blagues et à instaurer, comme à son habitude, une atmosphère emprunte de convivialité et de convenances.

Les propos des uns et des autres révèlent un homme qui se plaît dans sa situation dans la mesure où ce sont ses tombeurs qui ont des problèmes et pas lui. En effet, le temps joue avec lui. Lui qui a toujours pensé que tout problème a une durée de vie et que le défi pour chacun est de laisser passer cette durée de vie du problème. Une philosophie «maraboutique» qui veut que tout problème finit par s’estomper de lui-même et qu’il faut savoir endurer en attendant.

C’est pourquoi sa libération est devenue très probable, ses tombeurs se rendant compte qu’ils lui rendent service en le maintenant en détention. Quand ? Très probablement dans les jours qui viennent. C’est d’autant plus juste que cela est nécessaire pour voir les discussions avec les Européens continuer.

Il est clair aujourd’hui que Ould Cheikh Abdallahi n’aura d’autre choix que celui de prendre en compte l’avenir du pays, l’exigence de responsabilité pour s’impliquer dans la recherche d’une solution visant à régler tous les dysfonctionnements dus soit aux insuffisances institutionnelles soit à l’incompétence de l’exercice sous sa direction.

On peut imaginer une sortie de crise qui consiste à imaginer une transition de six à douze mois, une interdiction aux militaires de se présenter, la mise en place d’un gouvernement de consensus qui prendra en charge l’organisation des élections… Pour satisfaire l’exigence extérieure d’un «point de départ constitutionnel», faire adopter au préalable le projet par les deux Chambres réunies. Tout cela commence par la libération de Ould Cheikh Abdallahi qu’il ne sert à rien de retenir.

La dernière évolution est cette révélation de Mohamed Ould Maouloud qui préside présentement le Front. Il a en effet déclaré que le putsch du 6 août entre dans le cadre d’un agenda extérieur, accusant une puissance étrangère d’être impliquée. Même s’il n’a pas précisé de quelle puissance il s’agit, certains ont pensé au Maroc, d’autres à la France. Ould Maouloud a quant à lui promis de révéler le nom de la puissance le moment venu. 

En attendant, on envisage de plus en plus les sanctions. Pour le président de l’UFP, président actuel du Front, la communauté internationale doit faire pression. De ce côté, ‘on espère’ que les sanctions seront mises en œuvre. A l’intérieur, la bataille semble être gagnée par le chef du HCE qui multiplie ses gestes et ses contacts avec la population de Nouakchott.

Si le Maroc et le Sénégal sont contre le principe des sanctions, l’Algérie est très active sur ce front-là. « Moi, je ne suis pas d’accord sur les sanctions », a déclaré le Président Wade. « Les sanctions n’atteignent jamais les dirigeants (..) Depuis qu’on les applique, ça n’a jamais touché un dirigeant. Un dirigeant a tous les moyens d’y échapper, lui et sa famille. Ce sont les peuples qu’on sanctionne », a-t-il dit. Exprimant le souci de prendre en compte le maintien du parlement mauritanien, il a déclaré: « Il y a quand même des institutions qu’on ne doit pas ignorer, il y a l’Assemblée nationale et le Sénat. Ce qui s’est passé en Mauritanie, ce n’est pas la même chose que ce qui se passe ailleurs. (…) dans ce pays, il y a des institutions qui sont là, on ne les a pas dissoutes, il faut leur demander (leur avis). »

 

(Avec Agences)

 

 

Source : La Tribune n°421




Fret maritime

27102008

Fret maritime 

 

Du sommet au creux de la vague 

 

Alors que le fret maritime mondial coulait en janvier 2008, et en Mauritanie depuis un peu plus d’un an, le voilà qui ressurgit au plus haut, de le début de l’été. Le Baltic Dry Index, l’indice qui mesure le coût du transport sur les principales routes maritimes, a dépassé, le 15 mai, son record du mois de novembre 2007. Mais les acteurs de ce secteur s’inquiètent déjà d’une crise annoncée, dans le sillage de celle financière. 

 

Une ambiance mitigée- Affréter un Capesize, c’est-à-dire le plus gros modèle en circulation sur les océans, coûte en ce moment 250.000 dollars par jour. Une petite fortune que sont prêts à débourser les opérateurs, encore faut-il trouver un bateau. Car la flotte mondiale navigue à plein régime. Au Brésil comme en Australie, les cargos font la queue dans les ports. Ce nouveau record nous raconte une vieille histoire, faite depuis cinq ans de «bric et de vrac». Parmi les «bric», les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine), on retiendra surtout le rôle joué par la Chine, le pays le plus glouton. Quant au «vrac», il est essentiellement constitué de fer et de charbon, les marchandises qui nécessitent l’emploi des plus gros bateaux. Cette histoire, donc, est déjà ancienne, mais ce que nous apprend cette nouvelle hausse record du fret, c’est surtout que l’histoire n’est pas terminée, bien au contraire. «En fait, depuis un an et demi, il y a une crise relativement importante liée au fret dans le pays. Nous avons en moyenne un bateau tous les trois mois qui quitte le port de Nouadhibou, aujourd’hui plus actif que celui de Nouakchott. Ainsi, par rapport au courant mondial de récession qui touche notre secteur, on est dans son sillage» expliquait Soraya Kamil, manager de la qualité à la Mauritanienne de transport maritime (MTM), il y a quelques semaines.

 

Rien n’a encore coupé l’appétit des pays émergents- En janvier, lorsque les cours du fret maritime plongent, on croit y déceler un signe de mauvais augure pour les échanges de matières premières. Avec le ralentissement de l’économie américaine et les prix exponentiels des marchandises, les gros importateurs auraient freiné leurs commandes. Une analyse qui s’avère aujourd’hui erronée. Ce n’est pas la demande qui faisait alors défaut, mais l’offre. Les mines et les ports ayant procédé à des opérations de maintenance au même moment, il était tout simplement impossible de charger pour des motifs logistiques. Ni la crise financière, ni la récession qui planent en Occident n’ont donc réellement coupé l’appétit des «bric». Au second trimestre, la demande a repris de plus belle. L’appétit renforcé du dragon de l’Asie pour le fer brésilien a fait grimper les prix du fret. Le secteur maritime est cyclique. La phase de croissance que connaît le fret depuis cinq ans succède à un cycle négatif de six ans, débuté en 1997, à la suite de la crise financière asiatique. Le déséquilibre entre l’offre et la demande qui se met en place aujourd’hui, suite à la faillite d’un système capitaliste fragilisé, laisse présager un nouveau basculement dans un cycle négatif.

 

La crise et la Chine, ralentissent le fret- Le transport maritime est par définition cyclique, mais la crise actuelle qui a vu le Baltic Dry Index – l’indice composite du fret en vrac – tomber de 11 793 en mai à 2 221 le 10 octobre est sans précédent. Les acheteurs ne peuvent plus produire de lettres de crédit en raison du resserrement du crédit, alors que le ralentissement des importations de minerai de fer (26 % du vrac) par la Chine ont fait plonger les besoins en vraquiers. Cet indice du vrac est habituellement considéré comme un indice avancé de l’activité économique. Si les choses sont donc relativement stables au niveau du transport des «bric», c’est l’état de celui des «vrac» donc qui indiqueraient le mieux les choses. «La Chine qui tirait depuis quelques temps la croissance du secteur du fret est mise à mal par la crise financière, au-delà de ce que l’on pensait. Et ce pays freine ses commandes, donc on ressent tous ce ralentissement, surtout en Mauritanie,très dépendante de la zone euro et de la Chine.» assure un acteur d’une grande société de fret internationale, installée à Nouakchott, qui a requis l’anonymat.

 

MLK

Source : La Tribune n° 421




Pour un compromis sans compromission

27102008

 

  

« Il faut d’une manière ou d’une autre se raccrocher à la constitution » bafouille le sous-ministre français de la coopération (RFI, 17/10). A trop éviter la « langue de bois », il trahit les limites de son vocabulaire diplomatique : « personne ne dit : » Abdallah doit être remis sur son siège jusqu’à la fin de son mandat ». En fallait-il plus pour déchaîner une junte aux abois et de plus en plus marginalisée ? 

 

Marchand de sable 

En tout cas, le manager général de
la Françafrique fut aussitôt hissé à la une des médias publics. Triste retour de l’éternelle photo de l’éternel ministre français applaudissant le sempiternel coup d’état africain (AMI). Pour illustrer cet évangile postcolonial, la monarchie voisine est là pour honorer les délégations putschistes. La junte putschiste ne pouvait que fanfaronner. 

En un week-end, une « commission interministérielle » est improvisée pour bidonner des « concertations nationales ». En maître de cérémonie, le ministre de la communication se charge d’incendier l’imaginaire endeuillé d’un peuple de poètes sans idéal. La bonne nouvelle est annoncée. Les caisses de l’état seront vidées. Le désert national sera soigneusement compartimenté (AMI). A la vitesse du vent, les hôpitaux vont y pousser. Routes, autoroutes et ponts suspendus entre les dunes désertées…Bref, l’état mauritanien retrouve sa logique de marchand de sable. Pour dépeupler les bidonvilles, une foire aux terrains à vendre sera diligentée. Faute de pouvoir y construire et habiter, leurs bénéficiaires errants en braderont le titre de propriété insupportable. Environ 300 euros pour la parcelle de 600m2 dont la valeur marchande sera abusivement augmentée. 

Mais au bout du compte, seul l’establishment mercenaire sera gâté. Futurs ministres et/ou beaux pères de cadres ou élus pistonnés, les bailleurs de l’état et des ambassades vont augmenter leur périmètre foncier. D’autres bidonvilles seront créés. Leurs noms de lieux sonneront toujours comme une défense d’y entrer : Bagdad, Kandahar, et pourquoi pas : Abu ghraib, Guantanamo ou tout autre maison de santé? Ainsi va d’un état avorté. Un trait d’union dont la vocation est de séparer le bantoustan noir des autres campements de déshérités ! 

 

Détermination internationale 

Pourtant  cette « solution de compromis » maladroitement esquissée par le sous-ministre français n’est rien autre chose que le plan du président de l’assemblée nationale. La réhabilitation du président élu n’excluant pas une élection anticipée…avant la fin de son mandat électoral. D’ailleurs, l’ambassadeur de France à Nouakchott avait bien anticipé les frasques de sa tutelle inexpérimentée. En diplomate confirmé, il avait déjà signifié aux putschistes que leur unilatéralisme populiste sera mal interprété : «si les journées nationales de concertation sont organisées par le gouvernement en place et les parlementaires qui le soutiennent, sans la participation du reste de la classe politique, on reste dans l’hypothèse d’une consolidation du coup d’Etat». En clair : « si c’est une initiative du gouvernement actuel, sans les autres, cela ne nous intéresse pas» (Quotidien de Nouakchott,15/10). 

De même, la réaction américaine n’a pas tardé. Des mesures individuelles interdisent déjà aux putschistes de parader. L’UE et l’UA ont aussi réitéré leur fermeté. Même
la Francophonie réunie admet que « ce qui s’est passé en Mauritanie est totalement inacceptable »: « cette fois, tant que la junte n’acceptera pas de reconnaître sa faute, je ne vois pas comment on pourrait en sortir » s’écrie son secrétaire général (L’Express 19 /10). 

Pour autant, cette détermination internationale ne doit pas relativiser la quête d’une solution locale à une crise nationale. Comme la volonté de compromis n’autorise pas la compromission, tout retour à l’ordre constitutionnel implique que le président élu retrouve sa fonction institutionnelle. Une éventuelle élection anticipée ne pouvant relever que de sa bonne volonté. Même si les anomalies électorales avouées et l’absence de majorité avérée ou le conflit avec la hiérarchie putschiste de l’armée resteront là pour l’y exhorter … 

 

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Cheikh Touré
http://contre-x.blogspot.com 




Affaires Ehl Ghadda :Ceux qui payent…

27102008

Affaires :

Ceux qui payent…

 

On parle souvent de ceux qui ne payent pas les impôts et taxes. On parle peu de ceux qui s’acquittent de leurs devoirs.

Le 12 octobre dernier une lettre de mise en demeure a été envoyée à la société MIREX, filiale du groupe Ehl Ghadda. Cette lettre invitait les responsables de la société à s’acquitter de la somme de 625.189.766 UM, dans un délai de dix jours.

Cette somme correspond aux enlèvements opérés par l’importateur. Depuis toujours, les autorités ont choisi une approche faite de complaisance sinon d’indulgence.

La société MIREX a choisi de payer immédiatement. Non seulement de payer mais de réviser tout son passif. C’est ainsi que la somme su-mentionnée a été relevée par le bureau 12 du Port autonome. En révisant l’état de ses finances de la société, les responsables ont remarqué qu’il existait un passif de plus de 170 millions au niveau du Bureau 13 des Douanes du Port autonome de Nouakchott.

Le total à payer a finalement été élevé à la coquette somme de plus 801 millions. La traite a été avalisée. Le Trésor a libellé ses quittances.

La Tribune n° 422




«Ci-gît la Mauritanie»

27102008

«Ci-gît la Mauritanie» 

Cultiver des dessins pessimistes n’a jamais été mon hobby. Ce pendant, par les temps qui courent, parler de bonnes nouvelles, écrire sur ce qui va bien ou mieux, chercher le providentiel, le sauf conduit qui mène à bon port, la clef du trésor, le clignotant qui passe au vert, la solution de l’énigme, tout cela, cette cueillette de prémices de lendemains souriants, serait artificielle et hypothétique. Et rien, croyez moi, de plus triste qu’un bouquet de roses synthétiques. 

Comment ça va ? 

Trois mois après la prise de pouvoir par le HCE, la classe politique ne semble pas encore trouver la solution providentielle de sortie de crise ou du retour à toute la légalité constitutionnelle. 

La communauté internationale ne semble pas, elle aussi, varier ses premières positions de principes qui sont, juste pour le bon sens, dénuées de réalisme. 

La Mauritanie va mal. Ce n’est pas, sûrement, depuis le coup d’état. Son calvaire a commencé bien avant, surtout depuis la mise en œuvre  de stratégies « machiavélistes »  qui ont conduit à notre désillusion totale. Les citoyens perdaient  un à un, tels les pétales d’une fleur, les espoirs  fondés sur le régime déchu. Pourtant, et c’est peut être le seul acquis de la transition de 2005, le terrain s’apprêtait à une vision dynamique de changements institutionnels réels et profonds. Avec la création de l’institution de l’opposition démocratique, l’hétérogénéité de la constitution politique des deux chambres (l’absence d’hégémonie d’un seul parti), les débuts d’ouverture des médias publics, la mise en place de la HAPA et des autres institutions indépendantes de la société civile, tout cela, favorisait ce climat de débat permanant et prometteur d’un avenir stable. 

Malheureusement, les maîtres du moment et leurs penseurs avaient d’autres dessins. Ils ont estimé que bazarder tous ses acquis, tout cet artifice de lois et d’institutions, en somme, le pas de géant que nous avons fait, pourrait mieux assoir leur pouvoir. 

A l’origine, ces lois et mesures ont été votées et  décidées parce que le peuple Mauritanien le voulait. Mais, à partir du moment – et nous y sommes depuis le tournant opéré par la nomination du premier gouvernement de Waghef- où des grands principes ont produit les effets inverses de ce pour quoi ils ont été édictés, la logique est de les adapter ou de les changer, même par la force. 

Par péché d’ignorance ou de manque de lucidité – péché politiquement mortel-, le régime déchu a érigé et brandit en exemple, un model révolu, et fait, sans crainte du ridicule, assoir ses fondements sur une logique qui ne l’accepte plus. 

Bref…, un coup d’état, plutôt une action de changement- étant la seule possibilité-, a mis un terme aux glissements dangereux qui conduisaient inéluctablement  notre jeune et fragile démocratie vers un avenir qui ne lui était pas prescrit. 

Je n’irai pas plus loin, une littérature mieux fournie et mieux argumentée s’en était chargé avant moi. 

 

Que devrions-nous faire ? 

L’impasse qui s’installe, le manque d’initiative réaliste, l’absence de dépassement de soi, l’insuffisante mobilité, parce que criants,  tirent  la sonnette d’alarme sur une situation qui nous installe inconfortablement dans un face à face, tels des chiens de faïence. 

L’option du dialogue est l’issue, dans ce contexte d’incertitude, qui nous permettrait d’échapper à l’insuccès. Le retour au passé ou le spectre du ressenti douloureux que nous avons vécu, il n’y a pas longtemps, est suffisant pour doper notre génie de créativité et notre sens de la raison. 

L’attachement au dialogue, aussi bien du HCE que d’une partie de la classe politique nationale et de la communauté internationale,  servira de pierre angulaire pour  l’évitement ou  la prévention de l’échec. Il est l’unique moyen pour le retour à la constitutionnalité au quel nous semblons tous nous y attacher. 

Mais en attendant, débattons. C’est notre seule chance. Cherchons ensemble des solutions. Elles doivent être réalistes et acceptées par l’ensemble des acteurs politiques et la communauté internationale. Ces solutions consensuelles ne doivent pas seulement envisager la sortie de la crise actuelle, mais elles doivent impérativement  prendre en compte l’historique du processus politique du pays et se poser des questions sur la viabilité du régime politique que nous nous sommes toujours imposé. 

Dans ce débat il est nécessaire que nous nous posions les questions suivantes : Est il conséquent que nous continuons à copier un model qui n’a peut être pas fait ses preuves ailleurs,  dans le monde qui l’a inventé ? Pourquoi, les trois tentatives démocratiques que nous avons expérimenté se sont elles soldées par des coups  d’état ? 

Ne devrons nous pas penser qu’il faut peut être donner un rôle constitutionnel à nos forces armées? Ne faut-il pas prévenir le despotisme en redistribuant les commandes de la gestion des affaires de l’Etat aux mains de plusieurs institutions démocratiques ? (révision des pouvoirs du président, surtout celui de dissoudre l’assemblée). 

En effet, sans une réflexion approfondie sur notre système politique, sur notre constitution  et sur la fonctionnalité de nos institutions démocratiques y compris celle de l’opposition, aucune sortie durable de crise n’est possible. Notre mode politique, voire notre modèle de démocratie doit s’inspirer de notre histoire et être adapté à nos réalités. 

Le débat que nous implorons et que nous pensons indispensable ne doit pas faire l’impression de déjà vu, de plat réchauffé ou de réédition d’un certain passé que nous déplorons déjà. Ne l’appelons même pas « journées de concertation » pour éviter toute similitude avec le show de 2005 et la mise en sciène dont les acteurs n’étaient d’ailleurs, ni plus ni moins, que la classe politique, tous bords confondus. Evidement, attendre l’accession au pouvoir pour mieux refonder l’Etat est  un leurre qui a aveuglé notre classe politique au cours des journées  de concertation de 2005, ignorant que les grandes réformes ne furent arrachées, à travers les temps, que sous la pression. 

Les journées de réflexion du CMJD ont engendré l’échec que nous contemplons aujourd’hui avec amertume. Elles ont été confectionnées et dirigées comme dans un jeu télévisé au bout du quel le candidat gagnait s’il choisissait la bonne réponse parmi quelques éventualités. Il n’était pas permis de débattre de l’essentiel. Les organisateurs ne voulaient pas trop vexer l’abcès et la classe politique caressait  l’illusion de l’accession facile  au pouvoir.

Aujourd’hui, il est impératif de donner le temps d’analyser et d’approfondir  les questions qui nous préoccupent tous et ensemble. Si nous nous occupons tout simplement à ne chercher que la solution de la crise actuelle dans la perspective d’élections présidentielles, nous passerons, encore une fois, à côté de l’essentiel. Et nous aurons cultivé et nourri les mêmes germes qui ont conduits à notre instabilité politique. 

Il faut tout remettre en cause. Tout refonder. Et tout assoir sur des nouvelles bases. Notre régime politique d’abord. Ensuite les pouvoirs de nos institutions y compris celle de l’armée. La fonctionnalité de notre administration et de notre justice. La moralisation de la gestion de nos affaires publiques. La rééducation de nos fonctionnaires. Et en fin et surtout, l’assainissement de notre image de marque dans le monde.

C’est seulement quand nous aurons engagé  un débat national franc et dépassionné sur ces thèmes que nous aurons préparé les fondements d’une réelle stabilité.

Il n’est pas nécessaire d’élargir démesurément les intervenants dans ce débat. Des parlementaires, des représentants de partis politiques et quelques personnalités ressources seraient largement à la hauteur de confectionner un plan de redressement national qui sera ensuite confié au gouvernement, aidé d’experts, pour le présenter sous la forme finale qui sera soumise à l’approbation du peuple mauritanien à travers un référendum.

Le gouvernement qui pilotera cette opération ne doit pas être celui qui est déjà en place. Celui-ci ne représente pas l’expression nationale dans sa diversité, au moins parlementaire.

Les initiatives présentées jusqu’ici manquent, à mon sens, d’exhaustivité, aussi bien dans leurs formes que dans leurs profondeurs. Elles semblent vouloir seulement chercher une solution à la crise actuelle ou une façon de participer à l’événement, d’être à la mode ou d’être la vedette d’un moment. 

N’oublions pas qu’épuré de tout calcul, l’échec de la transition de 2005, était  le résultat d’un processus qui, soit visait à atteindre un objectif en vain, soit y est parvenu mais en générant d’importants effets inattendus jugés négatifs et donc  insuffisants. Evitons donc de tomber deux fois dans le même piège. 

Les exagérations du régime déchu, ses bavures, ses usurpations, son despotisme doivent donner la leçon à ses défenseurs d’abord, à toute la classe politique ensuite et aux actuels gouvernants enfin, que le peuple et seulement le peuple peut légitimer un model politique. Il semble, à en jugé par les interventions répétitives de ces derniers, que le peuple soit au centre de leurs préoccupations. 

Si la solution apportée à ce qui s’est passé, à ce qui allait mal, à ce qu’il fallait changer, n’était pas démocratique- une telle voie lui était censurée-  et donc exemplaire, c’est tout notre système politique qu’il faut remettre en cause pour ne pas voir, un jour, sur une plaque plantée au milieu d’un désert, entre le Sénégal, le Maroc, le Mali et l’Algérie :  « Ci-gît la République Islamique de Mauritanie ». 

Deddahi El Ghailany 

Source : La Tribune n° 421







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