L’école mauritanienne, ce n’est pas pour demain

14 10 2008

Education : 

L’école mauritanienne, ce n’est pas pour demain 

 

L’école a rouvert ses portes. A un moment où le pays vit une crise politique, conséquence de la conjugaison de plusieurs facteurs qui ne font que remettre aux calendes grecques une véritable réforme du système éducatif mauritanien.

Les perspectives ouvertes au lendemain de l’investiture de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ont brusquement été bouchées à la suite du départ de Nebghouha Mint Haba du poste de ministre. Mint Haba avait lancé une dynamique qui, malgré toutes ses insuffisances, ouvrait sur les états généraux de l’éducation. Son départ a été non seulement une rupture brutale de la démarche, mais aussi un recul dans l’ordre de priorité de l’éducation.

Dès ses premiers discours, le nouveau chef de l’Etat, le Général Ould Abdel Aziz a exprimé un intérêt particulier pour le secteur éducatif. C’est sans doute pour cela que la présente ouverture se fait à un moment où le secteur éducatif affiche une profonde aspiration à devenir un moyen de développement de l’esprit citoyen et d’ancrage des valeurs de la société, des idéaux de tolérance et de paix civile. L’orientation dans ce sens du nouveau ministre de l’Education national émane de la conscience du département que ces principes sont les seuls à même de permettre le développement social et économique du pays. C’est dans ce cadre que le ministère de l’Education nationale a mis en place une stratégie en cinq axes essentiels:
- L’amélioration et l’appui du système par l’introduction de la notion de gestion basée sur les résultats;
- Amélioration de l’offre éducative (publique et privée) en la rendant plus adéquate à la demande,
- Recherche de la qualité dans les deux cycles primaire et secondaire,
- Amélioration de l’efficience interne et externe de l’enseignement supérieur pour mieux répondre aux besoins en cadres supérieurs du développement social et économique du pays,
- Appui et amélioration des efforts nationaux en matière de lutte contre l’analphabétisation.

Mais la mise en œuvre d’une telle stratégie se heurte à la dure réalité du secteur.
Au niveau de l’enseignement fondamental public, les effectifs des élèves ont chuté de 438.805, en 2006-2007, à 427.804, en 2007-2008, alors que le nombre des écoles, dans le même secteur, est passé de 3521, en 2006-2007, à 3647 au cours de la dernière année scolaire, dont 5,77% à cycle incomplet et d’énormes disparités suivant les régions, allant de 93% au Hodh El Gharbi, à 3% à Nouakchott.

Le nombre des salles de classe en 2007-2008 a atteint 10493 dans le secteur public dont 30% sont dans un état non acceptable. Quant au nombre des instituteurs, il a atteint, en 2007-2008, 10.649, dans le secteur public dont 37% de femmes, et celui des inspecteurs du fondamental 212.

Au niveau du secteur privé, le nombre des élèves inscrit dans 249 écoles privées, a atteint 45.884, en 2007-2008, soit 9,7% de l’effectif total.

Les cantines scolaires ont atteint 1350 alors que celui des élèves qui bénéficient de leurs services est estimé à 136.083 pensionnaires.

La situation au niveau de l’enseignement secondaire, public et privé, est loin d’être meilleure. Au niveau de ce secteur, les statistiques indiquent que le nombre des élèves a atteint, en 2007-2008, 95.195 au niveau de l’enseignement public secondaire, le secteur a enregistré une baisse de 10%, passant de 82.148 élèves, en 2006-2007, à 74.200, en 2007-2008.

Concernant le nombre des établissements d’enseignement secondaire, le nombre est passé de 181 à 184 où travaillaient quelque 2992 professeurs en 2007-2008.

Selon les résultats du recensement effectué en 2007 par le ministère, 39,8% des professeurs enseignent les disciplines scientifiques (mathématiques, physique-chimie, sciences naturelles), 21% l’histoire, la géographie, l’instruction civique et religieuse et la philosophie, 18,7% enseignent l’arabe, 12% le français et 3,8% l’anglais.

A signaler que 61% des professeurs des disciplines scientifiques sont arabophones alors que 15% seulement des professeurs des matières littéraires sont francophones, ce qui a constitué un sérieux problème pour l’application de la réforme de 1999 qui impose l’enseignement des disciplines scientifiques en français et des matières littéraires en arabe.

L’enseignement secondaire privé comptait, quant à lui, 21.995 élèves, en 2007-2008, inscrits dans 118 établissements.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le nombre des étudiants inscrits à l’Université de Nouakchott, en 2007-2008, était de 11.755, dont 29% de filles, soit une légère hausse par rapport à 2006-2007 où le nombre des étudiants était de 11.717. Au cours de la même période, le nombre des étudiants inscrits en filières scientifiques est passé de 10%, en 2006-2007, à 12,2%, en 2007-2008. Le nombre des élèves boursiers a atteint 36% des étudiants inscrits alors que 2348 non boursiers ont bénéficié d’aides sociales.

L’encadrement pédagogique au niveau de l’université de Nouakchott est composé de 459 professeurs, répartis en 279 permanents et 180 vacataires.

En ce qui concerne les infrastructures scolaires, l’Université de Nouakchott dispose de 62 salles de classes, de 7 amphithéâtres, 34 laboratoires et 7 bibliothèques et centres de documentation. L’ensemble de ces infrastructures offre une capacité d’accueil de 7000 étudiants. Le nombre des étudiants mauritaniens inscrits à l’étranger à atteint, en 2007-2008, 2427 contre 3020 en 2006-2007.

Concernant la lutte contre l’analphabétisme, le nombre des apprenants a atteint, en 2007-2008, 10.500 inscrits au niveau de 172 écoles fondamentales constituant des points focaux, 48 salles ouvertes par des organisations non gouvernementales et 4 unités d’alphabétisation par distance. (avec AMI) 

 

 

Source : La Tribune n° 419


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann