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Les échos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

14102008

Les échos Par Mohamed Fouad Barrada 

 

 De l’incompétence administrative    

 

 Il y a un phénomène qui bloque la fonctionnalité administrative en Mauritanie. Il est difficile pour nos dirigeants de gérer les interfaces structurelles de leurs organisations.

Certes, des dirigeants mauritaniens veulent travailler, mais ils se heurtent souvent  à la mentalité  du groupe qui domaine les administrations.  Celle-ci  n’est qu’une résultante d’une longue période de pagaille. Il est clair que dans les administrations de l’Etat, il y a bizarrement une minorité qui produit et une autre exclue par un phénomène incompréhensible.  A titre d’exemple sur un effectif de 200 personnes, on ne  décèle que 20 salariés seulement travaillant convenablement. Les autres reçoivent des salaires sans contrepartie. Paradoxalement, aucune politique visant à les  mettre à niveau.  Eux-mêmes préfèrent être improductifs. Il y  a aussi  une marginalisation des compétences. En gros, la gestion des ressources humaines n’a pas sa place dans les organisations étatiques ni ailleurs. Des individus qui semblent être compétents détenant le centre des décisions  sont dominés par   une bureaucratie centralisée. Chacun d’eux cherche à servir le chef quitte  à cacher  volontairement ou non  les informations  pour les  préserver pour son propre profil.  Ce qui sous -entend une  personnification pure et simple  du pouvoir hiérarchique. Dans ce contexte, évoquons une expérience  d’un chef  de personnel d’une entreprise publique  connue en Mauritanie. Celui-ci trouve le plaisir d’exercer son pouvoir quitte à faire  aller et revenir un employé pour des choses de banalité inexplicable. Ces pratiques restent  une monnaie  courante en Mauritanie.  Quelqu’un me disait que si on lui donne l’occasion de diriger  un ministère, il va montrer ses compétences.  Je lui ai  répondu que cela n’est pas  une tâche aisée. Car l’ensemble organisé est contreproductif.   

Bien que des directeurs mauritaniens puissent faire évoluer leurs structures, leurs handicaps demeurent le fait de tout centraliser pour ne  pas perdre un  pouvoir fondé sur l’embellissement de leur image vis-à-vis de leurs supérieurs. L’héritage colonial et historique du pays fait que les employés travaillent dans une logique d’intérêt biaisée par  le  renforcement ou la lutte contre le pouvoir du chef en exercice. Et cela suivant le positionnement dans la structure organisée. Cela crée ce que nous pouvons appeler  un phénomène de blocage fonctionnel.  

 Toutefois, un dirigeant performant  c’est celui  qui crée  une ambiance du travail au sein de sa structure en  essayant de  motiver  l’ensemble organisé.  D’où la nécessité d’un  changement organisationnel chez nous. On l’a déjà dit, et on le  réitère une deuxième fois, un dirigeant qui dirige avec un système performant n’est pas comme celui qui fonctionne selon un ordre dicté par les alliances contre nature. Pour que les choses évoluent en Mauritanie, il semble indispensable de revoir la manière de diriger. Il s’agit d’une nécessité qui peut s’exprimer à n’importe quel moment pour donner l’espoir tant recherché par les uns et les autres.

Certes, il y a des élus, des  ministres et des cadres qui veulent que les choses changent, mais il y a aussi, un ordre  qui s’impose  contre toute forme de changement évolutif.  En effet, il arrive à des rares  dirigeants mauritaniens de tenter le tout pour le tout afin  qu’une évolution soit à l’ordre du jour. Mais ces dirigeants bien que charismatiques à la mauritanienne, ils se heurtent au comportement stéréotypé de la population. D’où une remise en question de la notion de charisme. La ‘chefferie’  ne doit pas, en ce sens,  être personnifiée, elle  doit être tout simplement  guidée  selon un  ordre organisationnel. Il est question  d’une performance qui se réfère  à une référence à la fois fonctionnelle et transversale loin de la  référence individuelle du  pouvoir. Le système anglo-saxon, malgré ses défaillances, reste le meilleur. Il favorise, la gestion des interfaces afin que l’organisation marche.

Pourtant, la référence islamique est une bonne référence s’il l’on tient compte de sa bonne interprétation. A nous de créer notre propre modèle. C’est un rêve. C’est vraiment un rêve. Mais ce n’est pas interdit de rêver.

 

m_barrada@yahoo.fr 

 

Source : La Tribune n° 419 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

14102008

 

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

Des raisons de s’inquiéter, il y en a. Des raisons d’espérer, il y en a aussi. Commençons par le plus inquiétant. La répression des manifestations est venue nous rappeler que les relents totalitaires sont encore vivaces. Que la police est toujours prête à frapper. Que l’Autorité a encore tendance à distribuer des coups.

Le limogeage du directeur de la télévision à la suite des «(d)ébats» de l’autre soir vient rappeler qu’on n’a pas le droit à l’erreur en termes d’allégeance.

Les épisodes d’Accra et du Luxembourg indiquent jusqu’où le ridicule peut amener une classe politique – visiblement insouciante – à exporter le linge sale de chez eux.

Toutes ces raisons d’inquiéter découlent des déviances et des insuffisances de la transition. Notre classe politique a cru qu’elle pouvait faire l’économie d’une remise à niveau, s’éviter la remise en cause et tout avoir gratuitement, sans effort. Les auteurs du 3 août et du changement qui en a découlé ont cru, eux, que la rupture n’était pas nécessaire et qu’ils pouvaient faire le neuf avec le… vieux. Nos partenaires se sont vus parrainer et s’approprier un modèle à bas prix.

Les raisons d’espérer, c’est d’abord cette sortie politique de Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale, président de l’APP qui a présentement la direction du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD). Jusque-là, le front n’a pas clairement exprimé de propositions mise à part celle que personne ne croit sincère : le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Jusque-là il a manqué une voix qui a assez de légitimité et assez d’envergure pour faire des propositions à même d’avoir force de base de travail. Confrontée à la délibération adoptée par les parlementaires qui soutiennent le putsch, la proposition de Ould Boulkheir est une sérieuse avancée sur la voie du dialogue nationale autour de la sortie de crise. Elle ne peut être refusée que par une seule personne : Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui s’estime encore bénéficier de la légitimité et de l’envergure dont il a été investi le 19 avril 2007, et qui, pour cela, est en droit de refuser le rôle qu’on lui donne dans la proposition.

C’est aussi les propos du Général Mohamed Ould Abdel Aziz sur les ondes de VOA et qui confirment les préjugés favorables dont il bénéficiait dans certains milieux. Il est difficile de croire qu’un homme qui a eu le pouvoir entre les mains en juin 2003, août 2004, août 2005 et depuis avril 2007, et qui n’en a pas profité, il est difficile de le prendre pour un assoiffé de pouvoir. Non, le Général Ould Abdel Aziz a bien un souci qui se dessine aujourd’hui autour d’un projet semblable à celui de 2005. Avec cette différence de taille : en 2005, le projet a été proposé par la junte, aujourd’hui, c’est aux Mauritaniens représentés par l’ensemble des acteurs de la vie publique de concevoir ce projet et de l’adopter.

Nous avons besoin de réhabiliter la politique en s’abstenant de chercher systématiquement des raisons cachées aux positionnements exprimés des uns et des autres. Pour cela faire adopter par les politiques un comportement transparent et exigeant. Rompre avec la tricherie, les manœuvres dilatoires, la rétention de l’information, les fausses lectures, la manipulation… la transparence commence par là. L’obligation de résultat, la loyauté envers l’électorat, le respect des engagements pris, la recherche continuelle de l’intérêt général… le renouveau politique commence par ces exigences.

Nous avons besoin de dirigeants qui pensent à nous comme un chef d’entreprise penserait à ses employés. Comment les rendre heureux pour travailler mieux et produire plus. Comment les amener à le servir avec plaisir et loyauté. Comment leur améliorer leurs conditions de vie et les tranquilliser sur leur prise en charge par une compétence réelle… Non pas chercher continuellement à régler des comptes ici, à faire des blocages là ; ne pas être aveuglé par l’intérêt particulier (personnel ou partisan), ne pas chercher à venger une frustration, une attitude… s’occuper du bien et non de faire mal.

Nous avons besoin de discuter, de nous écouter les uns les autres et d’imaginer par nous-mêmes une issue de secours autre que celle qui risque de nous être imposée. De la gestion passée, nous avons hérité l’émiettement et la pauvreté (dans tous les sens). Combien de partis ? de journaux ? d’ONG’s ? de syndicats ? sur tous les chiffres combien sont réellement actifs ? Pensez-y. Pensez aussi que nous sommes le seul pays qui a trois présidents : le mandat de Ould Taya, interrompu en août 2005, court toujours (décembre 2008) ; le mandat de Ould Cheikh Abdallahi court toujours (mars 2012) ; en plus du Général Ould Abdel Aziz qui est le chef d’Etat actuel. Alors ?

L’évidence est l’impossibilité du retour en arrière. L’opinion publique l’exprime tant bien que mal. Qui veut faire souffrir la Mauritanie et les Mauritaniens pour le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ou Moawiya Ould Taya pour ne parler que de ceux qui peuvent prétendre à la légitimité des urnes ?

La démocratie sans ce retour est possible. Elle est même plus probable et plus jouable. Reconstruire sur des bases plus saines ce qui a été tenté en 2005.

 

 

Source : La Tribune n° 419




Vers une cohabitation politique

14102008

Vers une cohabitation politique 

 

Alors que certains leaders continuent de fanatiser leur adhésion à l’un des camps opposés, le président de l’assemblée nationale se distingue en esquissant un plan de sortie de crise. Il devient ainsi la première autorité institutionnelle à «relativiser » sa position dans une confrontation qui divise et affaiblit le pays. Auparavant, le leader statutaire de l’opposition avait pris l’initiative de dialoguer avec les putschistes et leurs opposants. Mais alors les opinions n’avaient pas évolué. 

 

«Ni, ni» ambiant 

Cette initiative a le mérite d’être promue par une autorité politique et constitutionnelle reconnue. Elle tire toute sa force et sa crédibilité stratégique du positionnement anti-putschiste qui a fondé cette première résistance à un coup d’état dans l’histoire du pays. Qu’en serait-il, aujourd’hui, si le président de la représentation nationale s’était lui aussi contenté de « prendre acte » d’un putsch insensé ?  En plus que d’inviter ses adversaires à s’engager vers une solution nationale et politique, cette volonté de compromis honore et confirme son engagement historique contre l’arbitraire en Mauritanie.   

Dans son propos, le président de l’assemblée exige le retour à l’ordre constitutionnel comme préalable à toute reconstruction démocratique de l’état républicain. Il esquisse même une porte de sortie pour la junte militaire en proposant un gouvernement de consensus ayant pour mission d’anticiper et/ou organiser une élection présidentielle à laquelle le président rétabli ne devrait pas participer. En somme, il s’agit d’une session de rattrapage pour la transition militaire dont la gestion putschiste révèle enfin ses bavures et limites. 

Force est d’admettre que cette initiative permet à la classe politique de sortir du « ni, ni » qui ne donne même pas les illusions du statu quo. D’un côté, le parti putschiste ne peut ou ne veut pas envisager le retour du président élu. Se croyant au pouvoir, ses partisans entendent y rester. De l’autre, le front démocratique se bat pour le retour du président élu et le départ des putschistes. Quant à l’opposition démocratique, elle ne veut ni du président élu ni de l’armée putschiste et exige une élection présidentielle non ouverte aux putschistes en place. 

C’est dire qu’avant de la politiser à outrance, cette initiative doit être rapportée à ce contexte dissolu. 

 

Armes égales 

Pour autant, le pauvre peuple mauritanien ne peut s’imposer une épreuve que le rapport des forces lui permet d’éviter. Au lieu de fonder l’impunité des putschistes, « l’invalidité pratique » du président élu doit être facturée à ceux qui sont à l’origine de ses contre-performances. Son éligibilité et son mandat sont définis par la constitution et régis par le droit et la vox populi. Le retour à l’ordre constitutionnel ne peut se faire au mépris de cette réalité de principe. Seule la limite d’âge et une décision de justice peuvent l’empêcher de participer à une éventuelle élection anticipée. 

Du reste, la bonne volonté des putschistes ne vaut pas un tel déni de justice et de démocratie. Tout au plus la junte peut-elle réclamer une suspension des mesures individuelles déjà encourues. Il faut en finir avec le sous-développement durable qui nourrit l’instabilité publique et la rébellion militaire : c’est cette sollicitude avec les militaires putschistes qui est à l’origine des bavures en série. Nous ont-ils proposé une transition démocratique, c’est sous leur tutelle qu’ils l’ont voulue. Nous choisissent-ils un président élu à leur botte qu’ils se retournent contre lui en provoquant l’isolement du pays. L’éviction sauvage de leur tout nouveau directeur de propagande, à la télévision nationale, illustre toute la vanité de leurs promesses et engagements. 

Cette réserve mise à part, le plan du président de l’assemblée peut être relayé et développé pour asseoir une solution nationale. Rien n’empêche son «  gouvernement de consensus national » d’être un pouvoir de cohabitation politique et citoyenne dont la primature reviendrait à l’opposition démocratique. En attendant un scrutin démocratique et à armes égales…   

 

                                                                                                                                                                            Cheikh Touré 

   

Source : La Tribune n° 419 




Politique : le bout du tunnel ?

14102008

Politique : 

Le bout du tunnel ? 

 

 

Le 22 octobre auront lieu les premières négociations ouvertes par l’Union Européennes avec les nouvelles autorités mauritaniennes. C’est au titre de l’article 98 de l’accord de Cotonou. Elles auront lieu non pas à Bruxelles mais à Paris, «pour convenances» explique-t-on dans les milieux diplomatiques. Louis Michel, le Commissaire européen, est à Paris en ce moment-là pour d’autres raisons. Et pour «éviter des dépenses supplémentaires», ‘on’ a préféré tenir les discussions dans la capitale française. En outre, la France dirige effectivement l’Union Européenne en ce moment. C’est aussi le pays le plus intéressé – et visiblement le plus préoccupé – par la situation en Mauritanie. C’est certainement pendant ou après ces discussions que le sort du pays sera scellé. On parle déjà d’une probable libération du Président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la veille de la réunion. Ce serait un signe envoyé par les nouvelles autorités aux partenaires immédiat de la Mauritanie. On parle aussi d’une feuille de route qui pourrait être présentée à cette occasion. En attendant, quelques propos ici, une initiative là sont venus ouvrir de nouvelles perspectives à l’intérieur. 

Deux interventions en fait sont venues rompre la morosité politique installée par la crise ouverte depuis quelques mois. Celle de Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale, président de l’APP qui dirige actuellement le FNDD et celle du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, président du HCE sur la Voix de l’Amérique. 

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz a indiqué qu’il sera procédé à l’organisation de journées de concertation à l’issue desquelles les mauritaniens veilleront à ce que « plus jamais un seul homme, élu soit-il par le peuple, ne puisse à lui seul constituer un blocage et prendre tout un peuple en otage ». Il a indiqué  »pour ceux qui parlent de l’ordre constitutionnel, nous trouvons que nous ne sommes pas très loin, parce que toutes les institutions démocratiques sont là  et fonctionnent », que « nous avons les deux chambres du parlement qui fonctionnent encore et il y a des représentants du peuple mauritanien. Nous avons également la cour des comptes et le conseil économique et social. La seule institution qui, malheureusement est absente, c’est l’institution présidentielle, c’est vrai que c’est une situation qui n’est pas normale et que nous n’avons pas du tout souhaité pour le pays ». Avant de préciser que cela est dû à une « situation qui a fait qu’il fallait vraiment que nous puissions agir pour sauver le pays et ses institutions démocratiques élues par le peuple qui ont été bloquées par l’ancien président, qui après tous ces blocages, s’est attaqué aussi aux institutions militaires qu’il a voulu décapiter de manière illégale et irrationnelle. » Expliquant que « qu’un pays démocratique doit avoir un président élu par le peuple et que pour cela il va falloir organiser des élections présidentielles, que  nous nous attelons à faire ». Mais, a-t-il dit « pour organiser ces élections, il faut rassembler tous les mauritaniens et s’engager dans un processus que nous voulons d’ailleurs faire rapidement au cours des journées de réflexion qui vont traiter des états généraux de la démocratie dans notre pays. Pendant ces journées, les mauritaniens, ensemble pourront voir ce qui n’a pas fonctionné pendant cette période de l’ancien président, les causes du blocage que nous avons vécu et qui fait que le pays n’a pas fonctionné. Donc au cours de ces journées, les mauritaniens doivent se parler, discuter et voir un peu ce qui n’a pas fonctionné au sein de la constitution et essayer d’y remédier pour qu’à l’avenir, plus jamais un seul homme, élu soit-il par le peuple, ne puisse à lui seul constituer un blocage et prendre tout un peuple en otage ». Pour le Général Ould Abdel Aziz, le problème de sa candidature « n’est pas posé pour le moment, l’essentiel c’est que les mauritaniens se retrouvent et c’est aux mauritaniens de décider ce qu’ils veulent pour leur pays. C’est à eux de se décider et de voir celui qui doit se présenter et s’ils veulent interdire aux militaires ou aux anciens militaires de se présenter, ils pourront le faire au besoin. Mais il faudrait bien que les mauritaniens se réunissent, discutent et s’entendent sur quelque chose. La constitution est là. Elle met tous les mauritaniens sur le même pied d’égalité, tous les mauritaniens peuvent se présenter aux élections, s’ils répondent aux critères. S’agissant de l’armée, il est interdit aux militaires de se présenter. Donc un militaire qui veut se présenter doit quitter l’uniforme. C’est çà le règlement que stipule la loi chez nous ».

Le président de l’Assemblée nationale a quant à lui fait une proposition de solution qui s’articule autour de la mise en place d’une commission composée ainsi : – Le Président du Sénat ; – Le Président de l’Assemblée Nationale ; – Le Leader de l’Opposition Démocratique ; – Le Président de l’Ordre National des Avocats ; – Le Président du Conseil Economique et Social ; – Un représentant de la majorité parlementaire ; – Un représentant de l’opposition parlementaire ; – Un représentant de la société civile ; – Des représentants de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’Union européenne. A laquelle devront s’adjoindre le président du HCE, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz et le président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi.

Cette commission sera chargée d’élaborer un consensus national autour d’un agenda qui comprend essentiellement une élection présidentielle. Elle devra amener le consensus autour de questions comme le statut prochain du HCE, les réformes constitutionnelles, la modernisation de l’Appareil politique… La proposition prévoit un retour conditionné de Ould Cheikh Abdallahi qui aura simplement un rôle symbolique. Un gouvernement de coalition nationale sera mis en place pour superviser et organiser l’élection présidentielle.

L’une et l’autre des interventions peuvent être une base pour décrisper l’atmosphère et engager un dialogue national. Ajoutées à la délibération adoptée par les parlementaires réunis en session extraordinaire et aux appels de différents acteurs politiques, ces interventions constituent une base de travail qui devra nécessairement déboucher sur une feuille de route acceptée par tous. Comme elle doit faire l’objet d’un consensus national.

Le nouveau pouvoir pourrait confier la conception des journées de concertation à des organisations de la société civile. L’objectif premier sera d’amener la totalité sinon la majorité des acteurs politiques à participer à ces journées. «Seuls ceux qui s’excluent eux-mêmes seront absents», dit-on. La feuille de route adoptée sera le projet de la prochaine transition qui ne devra pas dépasser un an – elle peut aller de trois à six mois. Les participants pourront interdire la participation aux anciens chefs de l’Etat, excluant ainsi l’actuel et tous ses prédécesseurs. Elle proposera des réformes de la constitution en vue d’équilibrer les pouvoirs entre les institutions de la République (Président, Parlement, Conseil Constitutionnel…). C’est ici qu’il va falloir inventer les mécanismes qui permettront de sortir définitivement l’Armée du champ politique. Il s’agira en fait d’imaginer des solutions aux problèmes de blocages afin d’éviter les prétextes à l’entrée en scène de l’Armée. On pourrait même penser à la mise en place d’un Conseil national de sécurité présidé par le Président élu et comprenant les présidents des institutions civiles et militaires.

En attendant, la scène politique bouge. Les nouvelles autorités empêchent les manifestations publiques sous prétexte de préservation de l’ordre public. Dimanche et mardi derniers, Partis et syndicats affiliés au FNDD, ont tenté de marcher pour demander le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi comme préalable au rétablissement de la légalité. Dimanche les points de ralliement étaient l’hôpital national, ‘point chaud’, polyclinique, marché de la capitale et école Khayar. Mardi, c’était seulement la polyclinique. A chaque fois les manifestants ont choisi un lieu populaire de rassemblement. A chaque fois la police a tenté de disperser les manifestants avant même de se retrouver. Par ailleurs, le FNDD vient de connaître sa première scission avec la création vendredi dernier d’un FNDD/choix national qui prône la recherche d’une solution mauritanienne et le refus de l’internationalisation de la question. Dirigé par Dr Saad Ould Louleid, ce FNDD/choix national se compose essentiellement de cadres du parti ADIL. D’ailleurs ils ont annoncé, lors de leur sortie publique, leur retrait de ce parti.   

 

MFO

 

Encadré :

Journalistes en colère

 

Plusieurs dizaines de journalistes mauritaniens ont organisé un, sit-in de cet après-midi aux environs de 18 heures devant le siège de l’UTM pour protester contre l’agression dont fut l’objet mercredi le cameraman d’Al Jazeera au moment où il couvrait une conférence de presse tenue par les centrales syndicales contre le coup d’Etat du 6 août. Au cours de cette manifestation de désapprobation, les journalistes ont arboré des slogans condamnant vivement l’agression contre les journalistes qu’ils considèrent comme un acte criminel barbare. Ils ont, par cette même occasion, invité les pouvoirs publics à protéger les journalistes qui demeurent en dehors de toutes les dissensions politique avec un seul souci : celui d’informer.
Le cameraman d’Al Jazera a été molesté par un militant syndicaliste au siège de l’UTM, la veille. Ce n’est pas la première fois que des journalistes ou des journaux sont l’objet de violences. (Avec ANI)

 

Encadré :

Le ridicule ne tue pas

 

Après le cafouillage consécutif au sommet d’Accra, ou les deux délégations pro et anti putsch revendiquaient, chacune, la représentation de la Mauritanie, Taqadoumy a préféré, pour le dernier congrès Euromed tenu à Luxembourg, s’en tenir au témoignage d’une source indépendante.

Le 7 octobre, au Grand-Duché de Luxembourg, se tenaient la réunion des ministres des finances des pays membre du partenariat Euromed (*), au titre double du « Processus de Barcelone /Union pour la Méditerranée », organisée conjointement avec la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP). C’est la première réunion ministérielle de ce niveau, depuis le Sommet de Paris, à veille de la dernière Fête nationale française. Sid’Ahmed Ould Rayess, le ministre des finances du gouvernement Ould Mohamed Lagdhaf, a reçu une invitation; son cabinet a confirmé sa présence, par un message envoyé aux organisateurs, via l’ambassade de Mauritanie à Paris. En même temps, Yahya Ould Kebd, ministre de la décentralisation et de l’aménagement du territoire du gouvernement Ould Waghef se trouvait en Europe pour une mission du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD, anti putsch) ; apprenant l’évènement, il se présente, le matin,  avec un mauritanien qui réside en France.

Les deux se disent délégation mauritanienne ;  le passeport diplomatique de Ould Kebd mentionne sa qualité de ministre ; en conséquence, les organisateurs lui ont remis un badge et une accréditation. Ould Kebd a ainsi assisté à un petit déjeuner de travail informel, afin de préparer le sommet prévu dans la même matinée. Finalement, les travaux n’ont pu démarrer que dans l’après midi, car les ministres attendaient leur collègue de la Présidence de l’Union Européenne, la ministre française de l’économie Christine Lagarde, retenue par un conseil extraordinaire à l’Élysée. Quelques minutes avant le début de la réunion, Ould Rayess, ministre des finances confirmé par la junte,  arrive en compagnie d’un conseiller de son département, et de Yahya Ould Sadvi, comptable de l’Ambassade de Mauritanie à Bruxelles.

La situation de l’ambassade de Mauritanie à Bruxelles est particulière : le poste d’ambassadeur est vacant depuis la nomination, par la junte, de Moulaye Ould Mohamed Lagdhaf au poste de premier ministre.  L’intérim est assuré par le chargé d’affaires, Sidi Ould Mohamed Laghdaf. Or, ce dernier venait d’accompagner Ould Mohamed Lagdhaf à Accra et se trouve toujours à Nouakchott. C’est donc Ould Sadvi qui le supplée.

Ould Rayess se présente en tant qu’actuel ministre mauritanien des finances et Ould Kebd confirme sa qualité concurrente de ministre mauritanien du gouvernement légitime. Il a fallu expliquer la situation aux organisateurs. Un diplomate tunisien propose aux deux de quitter la réunion et les installe dans une antichambre attenant à la salle des conférences ; il leur demande de trouver un terrain d’entente, au lieu de se donner en spectacle devant les européens, surtout que ces derniers semblaient surpris et amusés de voir deux ministres africains réclamer le même siège, dans une instance somme toute dénuée d’enjeu. En l’absence d’accord entre les deux ministres, les organisateurs demandent à Yahya Ould Sadvi, le diplomate qui arrive de Bruxelles, d’occuper le siège de la Mauritanie.
Ensuite, ils prient Ould Kebd de restituer le badge et l’accréditation. Ould Rayess, lui, n’en avait pas reçu. Ensuite, les deux ministres et leurs accompagnateurs respectifs ont sont priés de quitter l’enceinte du Sommet. Quelques heures plus tard, l’ambassade de France à Nouakchott reçoit un courrier de protestation du ministère mauritanien des affaires étrangères. (source : Taqadoumy.com)

 

 

Encadré :

Le Général bat-il (déjà) campagne ? 

 

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, président du Haut Conseil d’Etat, chef de l’Etat a effectué, samedi après-midi, une visite de prise de contact et d’information au quartier de la « Kebba » du marché de bétail, à El Mina. C’est la troisième fois que le Général descend dans l’arène. La première fois, il était allé rencontrer les habitants du quartier Hay Essaken, un quartier populaire du nord de Nouakchott. Puis ce fut le tour de l’hôpital national de recevoir le nouveau maître du pays. A chaque fois, c’est l’occasion pour le chef du HCE de préciser un peu plus ses desseins.

S’adressant aux populations venues l’acclamer, le chef de l’Etat a affirmé : « qu’il n’y a plus de place pour le laisser-aller et la gabegie qui ont marqué les pratiques des anciens régimes ». Nous avons donné des instructions fermes qui ont été exécutées et que nous avons suivies », a-t-il noté. Il a ajouté qu’il ne permettra pas à l’administration de commettre des dépassements au détriment des populations au service desquelles elle doit plutôt se placer.

Le chef de l’Etat a précisé que « la non résolution des problèmes très anciens auxquels sont confrontées les populations est due non pas au manque de moyens », donnant pour preuve à cela que « l’Etat lorsqu’il a voulu exécuter le dernier programme d’appui aux produits de consommation n’a pas trouvé une grande difficulté, bien qu’elle n’a pas fait quelque chose d’extraordinaire ».

« Vous saisissez tous et vous connaissez que l’Etat dispose de grands moyens mais il n’ y a personne qui s’intéresse à la solution des problèmes des simples citoyens et des pauvres.

Je vous appelle tous à collaborer avec l’Etat, car l’administration émane de vous, elle est pour vous et dans votre service. Elle doit traiter les citoyens sur un même pied d’égalité, avec équité et faire de sorte que tous profitent des biens de leur pays ».

« Cette situation doit changer. Ceux qui apparaissent devant vous sur les écrans des télévisions, vous font des engagements prometteurs et vous mettent en garde contre la dictature des militaires, savent que les militaires ne sont venus que pour vous aider. Nous ne cherchons pas le pouvoir car nous l’avions et nous l’avons abandonné de notre propre gré et de manière très claire. Mais malheureusement l’administration est pourrie et elle ne peut être redressée que s’il y a un président décidé à apporter des changements et un peuple qui s’attache à cela. Ceux qui parlent aujourd’hui de la démocratie et qui disent la défendre sont connus de vous tous, beaucoup d’entre eux étaient des walis et des hakems et sont responsables de la situation que vous vivez aujourd’hui. Ce sont eux qui, lorsque l’Etat décide de distribuer des parcelles de terrain au profit des citoyens, les détournent à leur profit et à celui de leurs amis et de leurs proches ».

« Il est apparu, lors des dernières réunions, que les députés commencent à comprendre le rôle qui est le leur et qui consiste à veiller à l’intérêt du peuple. Vous devez donc les soutenir et ne plus élire que celui qui est capable d’influencer l’administration. Le député est le représentant du peuple, il est donc inconcevable qu’il cherche à servir l’Etat, le président ou le gouvernement. Pour cela, il doit être à l’abri du besoin pour jouir de son indépendance, chose qui sera faite, incha Allah ».

 

Source : La Tribune n° 419




Chronique Mansor

14102008

 

D’où « je » vient-il ? C’est, en filigrane, la question sous toutes les questions enfantines relatives à leur origine. Les adultes, abasourdis, y entendent, banalement, une curiosité d’ordre sexuel, réduisant à une gêne conventionnelle leur incapacité à répondre à l’interrogation première. Et pour cause : ni l’Un ni l’Autre ne se peuvent distinguer, en cet antérieur non-temps des premiers mois de l’existence, quand tout ne manquait de rien. Antériorité ? Imparfait ? Le verbe, associé qu’il est, déjà, à une séparation entre sujet et objet, trahit le vécu, probablement le Vivant. Evoquer la maternelle matrice ? Le sein nourricier ? La rupture, épisodique et récurrente, de la satiété ? Mais aucune forme conventionnée ne saurait contenir ce stade de développement anté-égotique,  il ne s’agit pas de la faim, de l’estomac vide ou de ses contractions douloureuses, c’est, soudain, les prémisses de l’ex-périence [1], l’horreur du vide, la terreur de l’abandon, et les mots ne sont, ici, jamais que des allégories, des paraboles. Dans cette alternance du vide et du plein, faudrait-il donc se contenter d’entendre que la différence de l’origine, c’est la fin de l’indifférence ? 

 

Voilà que quelque chose est perdu et qu’on ne peut appréhender ce que c’est. Mille symboles accourent pour médiatiser la quête : désir, objet, éphémère jouissance, toujours relative cependant, frustration, désir, objet… Tournez, manèges, et vogue la galère ! De substitut en substitut, l’énigme s’appesantit. Orpheline d’un savoir immédiat et total, la recherche semble se fourvoyer dans les méandres de connaissances partielles, toujours symboles de symboles, dominées par la statue, impavide, du secret. Désespoir ? Que non pas : voici qu’apparaît, tôt ou tard, avec plus ou moins d’acuité, plus ou moins d’ampleur, selon l’intensité de la quête, un « espace » intermédiaire, où le deuil s’accouple au rêve, l’illusion au mythe, le sensible au concept, le symbole à l’imaginaire, pointant, en une indéfinité de sommets hissés par l’attention du chercheur, en la plus paradoxale fulgurance d’un accomplissement réalisé. Dans cette palpitation du secret – dévoiler ou occulter, voir ou ne pas regarder, dire ou se taire, écouter ou non [2] – se construisent, non seulement l’autonomie du sujet, mais aussi la dynamique de l’enseignement ; c’est-à-dire : de ce qui captive celui-là. 

 

Troublante ambivalence. A tout bout de champ, il faut choisir entre (s’) ouvrir ou (se) fermer, mais, pour autant qu’il puisse y avoir maîtrise du choix, qui la détient ? L’apprenant, sujet unique, singulier de son indicible histoire personnelle et de son attention, ou l’enseignant, tenant en sa possession les nœuds, pluriels, autrement mais tout autant partiels, sinon partiaux, des liens de son élève ? Que sait celui qui ne sait pas ? Que ne sait pas celui qui sait ? Entre perception et conceptualisation, la construction de l’esprit humain est, à chaque instant, une reconstruction de ses héritages, individuel et collectif, variablement altérés par leur confrontation avec l’ici et maintenant. En vérité, l’enseignant, n’est, pas plus que l’apprenant, le véritable maître, ni de la situation, ni du secret que sa fonction prétend abolir [3]. Celui-là est, toujours, l’Absent, Huwa [4], tout comme reste inconnaissable, l’objet « premier » de celui-ci. Ainsi, la référence au Tiers Absolu place l’humilité partagée en fourches caudines de la con-naissance, et, dans cette posture, si chère à la maïeutique de Socrate, l’enseignant choisit plus ses questions qu’il ne donne de réponses. 

 

Cependant, la référence à l’Absent n’est pas une évanescente vue de l’esprit. De Lui, jaillirent, « in illo tempore [5] », les signes fondateurs, marqués, ici et là – c’est-à-dire : toujours en surface – par les contraintes spatiotemporelles spécifiques de leur émergence, et leur stricte maintenance constitue la capacité perpétuée à se retrouver, d’âge en âge, de lieu en lieu, constant dans l’incessant mouvement des choses et des gens. Révélations ou mythes, ils énoncent ce qui ne doit pas s’absenter, ce qui ne doit pas être perdu, ce qu’il faut, impérativement, retenir, et dont l’arbitraire n’est acceptable, justement, que parce qu’il est issu du « Non-séparé », de l’ « In-différent », du « Non-contingent ». Ainsi se dessine la partition, décisive, entre la transmission du Sacré et les constructions du profane. L’une fait appel à la mémoire, fidèle, quand les autres exigent une adaptation, critique, sans cesse affinée aux variations du milieu. Noyau et membrane d’une même cellule… Faut-il s’étonner, qu’à l’heure des manipulations génétiques, c’est au nom du « progrès » qu’on prétend soumettre le Sacré à la critique ? Serait-ce qu’on aurait, trop longtemps, contraint la critique au Sacré ? Entre dissoudre et figer, la vie, est de tous côtés, cernée par un excès qui nous obsède. Mais pour quel en-je, Seigneur alchimiste ? 




[1]  Signifiant la chute de l’impériale « im-périence »… 

[2]  Négligeables, en cet inventaire des modalités cognitives, les choix de la main, des papilles gustatives ou du nez  ? Illisibles, le jeu des « autres » orifices, palpitants sous la chaste ceinture ?

[3]  Et qu’elle ne saurait abolir sans disparaître aussitôt : tout enseignement navigue entre désir et interdit d’instruire et d’être instruit. 

[4] La illaha illa Huwa : il n’y a que dieu que Lui. L’expression, coranique, consacre l’éminence, absolue, de l’absence. Une fois réalisé l’identité entre l’Absent, Huwa, et l’Objet Réel de l’adoration, Allahou, apparaît, alors, une autre lecture de : « Inna lillahi oua inna ileyhi raji’oune » : venant de Dieu, c’est à Lui que nous allons »…

[5]  « En ce temps-là »,  hors temps définissable, où Mircea Eliade « situe » la genèse de tout signe… (cf. notamment : « Le Sacré et le profane »  et  « La nostalgie des origines » – Gallimard, Paris – respectivement 1965 et 1971)  




Messaoud Ould Boulkheir à la Tribune :

14102008

Messaoud Ould Boulkheir à
la Tribune : 

«Je n’ai pas de rapports privilégiés ou particuliers avec le Président de

la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, ce n’est pas pour le défendre que je fais ce que je fais ; je n’ai pas de problèmes particuliers avec le général  Mohamed Ould Abdel Aziz» 

 

 


La Tribune : Monsieur le président vous venez de lancer une initiative en vue de trouver  une solution à la crise actuelle. Est-ce qu’on peut savoir les grandes lignes de cette initiative ? 

 

Messaoud Ould Boulkheir : En fait cette initiative a un trait principal : la sortie de crise par le biais du retour à la légalité et à l’ordre constitutionnels. C’est cela l’épine dorsale de la proposition que j’ai faite. Elle consiste grosso modo en trois points : D’abord il faut constituer un groupe de personnes ressources pour se retrouver autour du Président de
la République élu, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Il s’agit des présidents de deux chambres parlementaires, du président du Conseil constitutionnel, du président du Conseil islamique, du président du Conseil économique et social, à préciser qu’il s’agit de celui qui a été nommé par le Président de

la République. Egalement le leader de l’opposition, si ce terme a encore un sens. Il y a d’autres personnalités dont le président de
la Commission des droits de l’Homme, des représentants des parlementaires favorables au Coup d’Etat, des représentants du Front National de Défense de
la Démocratie ; mais aussi avec les représentants des missions  diplomatiques européennes, arabes et  africaines. Il s’agit donc de se réunir autour du Président de
la République pour trouver une sortie de crise avec notre témoignage à tous, notre participation à tous, qui consisterait à un retour du Président de
la République dans ses fonctions. Et que lui-même consente, par sa propre volonté et qu’il  reste tributaire de son consentement personnel, sans aucune contrainte et en toute responsabilité pour aider à la sortie de crise et qu’il accepte de remettre en jeu son mandat présidentiel avant terme par des élections qu’il annoncera à sa reprise de fonction ; en même temps que la nomination d’un gouvernement d’Union nation qui conduirait sous sa supervision cette  transition et  élections anticipées du Président de
la République.

 


La Tribune :   Et le Haut Conseil D’Etat ? 

 

Messaoud Ould Boulkheir : Oui, le général Mohamed Ould Abdel Aziz fait partie de ce conclave- là. J’ai oublié de le préciser tellement je suis pressé de voir partir les militaires.

 


La Tribune : Le cahier de charge sera quoi ? 

 

Messaoud Ould Boulkheir : Ce sera le consensus que nous aurons arrêté sur la base du retour du Président de
la République avec la nomination d’un gouvernement d’union nationale. Que tout le monde s’appliquera à mettre en œuvre, notamment le Président de
la République

 


La Tribune : On préfère ici une transition civile plutôt qu’une transition militaire ? 

Messaoud Ould Boulkheir: On préfère ici une transition constitutionnelle, légale. Nous voulons vraiment cette rupture de la conduite des affaires et selon l’ordre constitutionnel

La réparer et la réparer c’est par le retour à l’ordre constitutionnel pour que nous n’ayons pas à perdre les acquis démocratiques que nous avons eus et pour lesquels nous avons suscité beaucoup de sympathies et de soutiens. Il faut continuer à capitaliser cela. On a connu beaucoup de transitions militaires qui n’ont jamais été salvatrices.

 


La Tribune : Vous avez lancez cette initiative il y a quelques jours, quelles sont les réactions depuis ? 

Messaoud Ould Boulkheir : Très sincèrement, les réactions, on est en train de les recevoir. J’en ai eu de nombreuses, de personnes intéressées par la politique, d’intellectuels qui ont marqué leur appréciation de cette proposition. Au niveau du Front Nationale de Défense de
la Démocratie, les gens considèrent que c’est une proposition digne d’intérêt pour servir de base de discussions avec les putschistes afin de trouver une sortie de crise, qui arrange plus ou moins tout le monde. Pour d’autres personnes-ressources, groupes ou individus, on avait besoin de cela parce que chaque camp campait sur ses positions. Pour certains, on n’a pas besoin du retour de Sidi, pour d’autres si. Ceci offre une position médiane dans la recherche du dépassement de la crise. Nous avons eu quelques réactions au niveau des parlementaires qui ont soutenu le coup d’Etat, ils ne lui trouvent comme défaut que la question du retour de Sidi qui, pour eux constitue une affaire classée. J’ai eu à en parler au seul diplomate que j’ai rencontré depuis, l’Ambassadeur de France en Mauritanie. Je ne pense pas trahir un secret en disant que son appréciation était positive et qu’il considère que ça va dans le sens général de résolution de la crise.

 


La Tribune : On parle d’une initiative française, êtes-vous au courant ? 

Messaoud Ould Boulkheir : Non, je ne suis pas au courant.

 


La Tribune : Du côté officiel, est-ce que vous avez eu des contacts ?        

Messaoud Ould Boulkheir : Non, je n’ai pas encore eu de contacts, je n’ai pas eu de réactions à ce niveau là. Je pense qu’il nous appartient à nous, comme on nous l’a suggéré, de faire le travail pour essayer de réunir les protagonistes ainsi que toutes les bonnes volontés autour de cette proposition. Il s’agira d’organiser un débat autour de cette proposition pour voir quel consensus pourra se dégager à ce sujet.

 


La Tribune : Sur cette crise, on a parlé des problèmes personnels, des relations des uns avec les autres. Est-ce qu’on n’a pas oublié des problèmes inhérents aux institutions elles-mêmes, aux équilibres constitutionnels à l’intérieur même de
la Constitution ? 

Messaoud Ould Boulkheir : Evidement, chacun bouge selon ses propres ressorts, ses propres tendances. En tout cas en ce nous concerne, je peux dire et affirmer ici que je ne suis mû que par l’intérêt général du pays et le respect des institutions qu’a notre pays. J’ai à un certain moment demandé la révision de la constitution. Mais quand on a des institutions il faut au moins s’attacher à les respecter jusqu’à qu’on ait la possibilité de les changer par les voies autorisées.

Je n’ai pas de problèmes personnels à défendre dans ce cadre-là. Je n’ai pas de rapports privilégiés ou particuliers avec le Président de

la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, ce n’est pas pour le défendre que je fais ce que je fais ; je n’ai pas de problèmes particuliers avec le général  Mohamed Ould Abdel Aziz. Je ne lui en veux pas, sauf peut-être pour ce qu’il a fait. Il a renversé les institutions. Si je suis contre lui c’est parce que je veux que les institutions soient rétablies. Si on pense que je suis du côté de Sidi, c’est parce que par  la force des choses que Sidi est le Président de
la République et qu’il a été renversé illégalement et que nous ne devrions pas vivre tout le temps ces renversements… Ce que je souhaite, c’est que chacun puisse avoir le même état d’esprit, qu’on agisse très loin des sentiments personnels quel qu’ils soient, qu’ils soient sociaux, qu’ils soient régionaux, qu’ils soient parentaux, ou même qu’il soit politique. Je ne considère pas valable le fait qu’un politique, parce que dans un accord ou dans des relations particulières avec un Président de
la République qu’il pas donner telle ou telle responsabilité, qu’il trouve ici une occasion suffisante pour aider à son renversement par la force. Ce n’est pas parce qu’on est opposant qu’on doit justifier l’injustifiable en disant que tel coup d’Etat doit être fait parce qu’il y a ceci ou cela. L’opposition, c’est d’abord le respect des institutions et c’est attendre son tour et que les problèmes se règlent par des élections et non pas par des attitudes sentimentales. En tout cas ce que je demande à chacun, je ne suis pas un donneur de leçons, mais je pense que chacun doit faire l’effort qu’il faut sur lui-même, de penser d’abord  à
la Mauritanie, aux institutions de
la Mauritanie, au présent de
la Mauritanie, à l’avenir de
la Mauritanie, loin de toute autre considération. C’est seulement à ce temps là que nous pourrons prétendre à l’étiquète de «patriote».

 


La Tribune : L’étiquète patriotique, ou l’étiquète démocratique d’abord ? 

Messaoud Ould Boulkheir : La démocratie, elle est au service de la patrie, elle est au service de la société, elle est au service d’un pays. Je pense que le patriotisme n’est en un vain mot, on appartient à une patrie, on appartient à un pays, on appartient à un Etat dont on est comptable de la situation : quand elle est bonne, nous en profitons, quand elle est mauvaise nous en pâtissons. De mon point de vue, le patriotisme est le ressort premier qui doit nous permettre d’accepter de vivre convivialement entre citoyens, entre nous. La démocratie c’est un instrument qui nous permet de ficeler cela, d’organiser cela et de sortir de la théorie à la pratique.

 


La Tribune : Est-ce que la classe politique n’a pas un peu raté ces 15 mois ou 16 mois de gouvernement de Sidi, de gouvernement Ely pour raffermir la démocratie. Est-ce qu’on n’a pas joué avec le feu. Est-que la classe politique a véritablement joué son rôle pour le raffermissement de la démocratie à vos yeux ? 

Messaoud Ould Boulkheir : Je pense que chacun s’y est mis de manière maladroite. Je pense – je le dis en toute sincérité en toute honnêteté – je pense que les meilleures leçons en matière de démocratie que nous ayons eu durant ces 16 mois, nous sont venues des institutions, d’abord de la présidence de
la République où on a vu que le pays était revenu à le normale. Vous êtes journalistes, vous savez qu’il n’y a eu un journal censuré, il n’y pas eu un journal empêché de paraître. Il y a eu une expression libre,
la Télé, la radio et que le débat était contradictoire et que vraiment il n’y avait pas de problèmes tabous. Vous avez même vu parfois qu’on en perd un peu la tête parce qu’on ne distinguait plus qui est de l’opposition, qui est de la majorité. On voit ces derniers opposés à des décisions du gouvernement qui sont soutenues par les premiers. Au niveau institutionnel en tout cas, on était en très bonne voie.

Il reste que sur le plan corporatiste ou partisan, il y a eu des grincements de dents. Des gens, ayant été très loin dans leurs engagements, ont considéré qu’ils ont été trahis ou qu’on ne leur a pas donné l’équivalent de l’engagement dont ils ont fait montre durant la période électorale. Ceci a été à la base de la naissance de cette dynamique de révolte qui, de fil en aiguille, a conduit à la radicalisation. C’est vrai que les gens ont raté le cosh.

 


La Tribune : Dans moins d’un mois, une session ordinaire du Parlement est prévue. Comment pensez-vous que ça va se passer ?

Messaoud Ould Boulkheir : J’ai la volonté de diriger cette session. Maintenant, il s’agit bien d’un casse-tête pour moi.

 


La Tribune : Justement, comment organiser une telle session, alors que la majorité des députés sont de l’autre côté ?

Messaoud Ould Boulkheir : Je ne sais pas. Je profite de votre journal pour lancer dès à présent un appel pathétique à tous mes collègues députés qui seront encore une fois au-devant de la scène, j’espère que ce sera la bonne. Ils sentiront que tous les yeux sont braqués sur eux et que chacun d’eux a le devoir de se faire violence pour donner une image acceptable du parlementaire soucieux de l’avenir et du présent de son pays, du règlement de ses problèmes, surtout en se basant sur les institutions et sur la loi fondamentale. Il faut rester loin des affrontements musclés et/ou armés qui sont malheureusement en phase de devenir une autre partie de

la Mauritanie. La session prochaine est prévue par la constitution, nous, en tant que présidents nous viendrons juste pour la convocation.

En ce qui me concerne, président de cette Chambre, je serai en face d’un dilemme : le gouvernement sensé être présent, moi je ne le reconnais pas, ceux que je reconnais seront-ils invités ou pas ? C’est une question qui reste posée. Mais vraiment, ce qui me préoccupe, c’est surtout les députés à qui je demande de continuer à contribuer à sortir de la crise, si d’ici là on n’en est pas sorti, en se rangeant du côté de la légalité et en conseillant leur ami et leur allié, le Général Ould Abdel Aziz que la meilleure sortie pour l’Armée, que le meilleur moyen de grandir pour l’Armée, qu’elle rende une fois encore un service au pays. Elle a certainement rendu des services, mais en matière politique c’est le meilleur service qu’elle puisse rendre. Il faut les aider à sortir de ce cercle vicieux. Lui, il est jeune, il aura le temps de terminer sa carrière en trouvant des points de chute honorables pour ses amis et ses alliés et laisser les politiciens faire la politique parce qu’ils ont des partis pour cela. S’il veut se présenter, personne ne peut l’en empêcher. Il n’a qu’à démissionner, créer son parti ou se présenter en indépendant. A ce moment-là il a tout le temps. Mais en tant que militaire, il faut qu’il comprenne qu’il n’a pas le droit de faire de la politique, que personne ne l’a désigné comme régent de
la Mauritanie, et de penser à la place des Mauritaniens pour dire que tel président est bon ou tel est mauvais.

 

Propos recueillis par MFO

 

 

Source : La Tribune n° 419




Commission 0/ Air France cherche à diviser pour mieux régner

14102008

Commission 0 

 

Air France cherche à diviser pour mieux régner 

 

Le bras de fer continue entre les agences de voyages ouest africaines, et la toute puissante compagnie Air France, qui semble désormais avoir opté pour la stratégie de «diviser les agences, pour mieux leur imposer sa volonté» relative à une baisse radicale de leur commissionnement. 

 

Depuis 2005, Air France entend appliquer cette fameuse règle de «commission 0%» aux agences qui vendent des billets pour elle. Aujourd’hui c’est dans la zone où elle se procure l’essentiel de ses bénéfices, que Air France compte appliquer cette règle, en Afrique de l’ouest et Centrale. Lors du 10ème congrès de la fédération inter-états des syndicats d’agences de voyages et de tourisme de l’Afrique de l’ouest et du Centre (FISAVET-AOC), à Fès, Air France avait manifesté sa volonté de mettre en place ce nouveau système économique dès le 1er mai 2008. Mais le comité ad hoc qui avait été composé pour étudier la question avait bien conclu que les agences de voyages de cette partie de l’Afrique n’étaient pas prêtes pour une telle libéralisation du système de distribution de billets. Elle demandera donc à Air France de reporter l’échéance du 1er juillet 2008.

Mais la compagnie aérienne française ne l’entend pas de cette oreille, et devant le front commun que font toutes les agences de l’Afrique de l’ouest et centrale, quasiment toutes liées à la FISAVET, elle se rend compte de l’étroitesse de sa marge de manœuvre, pour imposer sa volonté avant le mois d’octobre 2008. Aujourd’hui, la FISAVET s’insurge contre les méthodes «machiavéliques» de la compagnie tricolore pour arriver à fissurer la cohésion des agences face à ce dossier. «Il y a des manœuvres persistantes et insolites de Air France, tendant à nous diviser par des propositions fallacieuses et éphémères. Or la seule chose que nous exigeons de la compagnie c’est une base de négociations, et non un diktat imposé, unilatéral.» explique Limam Ould Moulay Oumar, directeur général de Soreci voyages à Nouakchott, et président du comité ad hoc au niveau de la FISAVET.

Les rumeurs de fissure de la solidarité inter-agences, à travers l’engagement de Satguru, agence voyages béninoise, avec Air France, «vont dans ce sens de tentatives de déstabilisation», selon un autre acteur du milieu. Mais l’agence béninoise a tôt fait de mettre fin à ces rumeurs, à travers une lettre (reproduite ci-contre).

 

Les raison du clash 

 

Le conseil d’État du Sénégal, le 12 mars 2008, cassait l’appel de Air France sur une décision de justice qui l’exhortait à payer aux agences de voyages du pays des dommages et intérêts pour avoir «abusé de sa position dominante», en imposant un système de rémunération à ces agences, et baissait ainsi de 9 à 7%, leurs commissions. «Cette décision nous conforte dans notre position, où les agences de voyages mauritaniennes s’oppose à cette décision unilatérale de Air France. Nous ne sommes pas encore prêts à vendre leurs billets avec une commission qui serait fixée à 1% pendant quelques temps, puis à 0. ce serait à nous de facturer le client, ce service de distribution. Et donc nos billets en agences de voyage seraient plus chers que ceux en agence de Air France. C’est une programmation à terme de la mort de nos agences de voyage. Il y a une quarantaine d’agences agrées IATA qui emploient entre 7 et 10 personnes; vous imaginez sans peine l’étendue des dégâts qui seraient causés. D’où ce bras de fer entre la FISAVET-AOC et Air France.» détaille un président d’agence de voyage de Nouakchott, qui a souhaité garder l’anonymat. «D’autant, qu’une décision non concertée mettrait en péril la garantie et la sécurisation d’environ 64% de du chiffre d’affaire des agences de voyages en Afrique centrale et de l’ouest» renchérit un autre acteur du secteur. La majorité des Présidents nationaux d’agences affirment que Air France concentre les clients les plus importants chez elle, pour ne laisser aux agences de voyages qu’un pourcentage dérisoire.  Au contraire des autres compagnies qui leur garantissent de se réduire à la vente cash sur leur comptoir, et d’arrêter totalement la vente à terme, puisqu’elles font confiance aux agences de voyages et les accompagnent dans leurs démarches commerciales.

 

MLK

Source : La Tribune n° 419




Une refonte du système multilatéral s’impose selon Zoellick

14102008

 

Une refonte du système multilatéral s’impose selon Zoellick 

 

La crise financière mondiale pourrait complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement 

 

D’après le Président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, face à la crise planétaire actuelle, il faut repenser la manière dont le monde s’efforce de résoudre ses problèmes économiques, notamment en transformant la structure du Groupe des Sept pour former un Groupe de coordination donnant des moyens d’agir aux économies qui montent en puissance. 

Se référant aux prochaines élections aux États-Unis, M. Zoellick a déclaré que le nouveau président ne devra pas se limiter «à mener le combat de la stabilisation financière», mais qu’il lui faudra faire face «aux conséquences économiques de la crise». Le prochain occupant de la Maison Blanche, quel qu’il soit, devra collaborer avec d’autres à la modernisation du système multilatéral car il importe que la responsabilité du maintien en bonne santé et du fonctionnement efficace de la nouvelle économie mondiale soit plus largement partagée. 

 «Le G-7 ne fonctionne pas. Nous avons besoin d’un groupe mieux adapté à une ère nouvelle», a expliqué   M. Zoellick dans le discours qu’il a prononcé devant le Peterson Institute for International Economics, à Washington. «Dans le domaine de la coopération financière et économique, nous devrions envisager la création d’un Groupe de coordination qui réunirait l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Russie, et les pays actuellement membres du G-7». 

Dans une allocution prononcée préalablement aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, M. Zoellick a indiqué que ce Groupe de coordination ne serait pas simplement un nouveau groupe dont le nombre de membres serait définitivement fixé à 14 et qui viendrait remplacer le G-7, car cela reviendrait à créer un nouveau monde en reconstruisant l’ancien. Ce Groupe de coordination évoluerait en fonctions des circonstances et accueillerait les nouvelles puissances tout en offrant une structure qui se prête à des interactions fréquentes en réseau. «Il nous faut un Facebook pour la diplomatie multilatérale dans le domaine économique», a expliqué M. Zoellick. 

M. Zoellick a mis en garde contre les effets de la crise financière en indiquant que : «Les événements du mois de septembre pourraient complètement changer la donne pour de nombreux pays en développement. Une chute des exportations ainsi que des entrées de capitaux provoquera un fléchissement des investissements. Le ralentissement de la croissance et la dégradation des conditions financières, conjuguée à un resserrement monétaire, entraîneront la faillite d’entreprises et créeront peut-être des situations d’urgence dans le secteur bancaire. Pour certains pays, ces dérapages seront les précurseurs de crises de la balance des paiements. Comme c’est toujours le cas, ce sont les plus pauvres qui sont les moins à même de se défendre.» 

Cet ancien diplomate, haut responsable des négociations commerciales et éminent financier, a indiqué qu’il importait de redéfinir le multilatéralisme économique au-delà du cadre traditionnel de la finance et du commerce. L‘énergie, les changements climatiques et la stabilisation d’États fragiles et sortant d’un conflit sont aussi des problèmes économiques qui ne doivent être traités uniquement dans le cadre du dialogue sur la sécurité internationale et sur l’environnement. 

Selon M. Zoellick, le nouveau multilatéralisme doit attacher autant de valeur au développement mondial qu’à la finance internationale, sans quoi l’instabilité continuera de régner dans le monde. Les mécanismes d’aide ne sont pas suffisamment efficaces et doivent permettre de venir en aide beaucoup plus rapidement et efficacement aux plus vulnérables en temps de crise. Une réforme du Groupe de la Banque mondiale est également nécessaire. M. Zoellick a annoncé la création d’un Comité de haut niveau qui sera chargé d’étudier la modernisation des structures de gouvernance du Groupe de la Banque mondiale sous  la direction de l’ex-président du Mexique, Ernesto Zedillo. 

En abordant la question des négociations commerciales multilatérales, M. Zoellick a dit que les négociations de Doha «a échoué» et que les pays doivent donc considérer l’aide à la facilitation du commerce comme un moyen de réduire le coût des échanges. «Les possibilités de réduction du coût  des échanges vont bien au-delà de ce qui peut être fait au niveau des droits ou des barrières commerciales», a-t-il fait valoir. 

À propos des marchés énergétiques mondiaux, M. Zoellick a dit qu’ils sont «en piteux état», et il a appelé les pays producteurs et consommateurs d’énergie à conclure un «marché mondial». Les deux parties devraient se communiquer les plans qu’elles ont établis en vue d’accroître les approvisionnements ; de dégager des gains d’efficacité et de réduire la demande ; de faciliter l’approvisionnement énergétique des pauvres ; et d’analyser leurs implications en ce qui concerne la production de carbone et le changement climatique. 

«Les pays pourraient avoir collectivement intérêt à gérer une fourchette de prix qui concilie les intérêts de tous, pendant la période de transition vers des stratégies de croissance à plus faible intensité de carbone, un portefeuille d’approvisionnements plus diversifié et une sécurité internationale renforcée», a déclaré M. Zoellick. 

M. Zoellick a annoncé que le Groupe de la Banque mondiale a entrepris, en collaboration avec plusieurs bailleurs de fonds, d’élaborer une initiative destinée à mettre l’énergie au service des pauvres pour aider les pays les plus défavorisés à satisfaire leurs besoins énergétiques de manière efficace et durable. 

(source : BM) 




L’école mauritanienne, ce n’est pas pour demain

14102008

Education : 

L’école mauritanienne, ce n’est pas pour demain 

 

L’école a rouvert ses portes. A un moment où le pays vit une crise politique, conséquence de la conjugaison de plusieurs facteurs qui ne font que remettre aux calendes grecques une véritable réforme du système éducatif mauritanien.

Les perspectives ouvertes au lendemain de l’investiture de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ont brusquement été bouchées à la suite du départ de Nebghouha Mint Haba du poste de ministre. Mint Haba avait lancé une dynamique qui, malgré toutes ses insuffisances, ouvrait sur les états généraux de l’éducation. Son départ a été non seulement une rupture brutale de la démarche, mais aussi un recul dans l’ordre de priorité de l’éducation.

Dès ses premiers discours, le nouveau chef de l’Etat, le Général Ould Abdel Aziz a exprimé un intérêt particulier pour le secteur éducatif. C’est sans doute pour cela que la présente ouverture se fait à un moment où le secteur éducatif affiche une profonde aspiration à devenir un moyen de développement de l’esprit citoyen et d’ancrage des valeurs de la société, des idéaux de tolérance et de paix civile. L’orientation dans ce sens du nouveau ministre de l’Education national émane de la conscience du département que ces principes sont les seuls à même de permettre le développement social et économique du pays. C’est dans ce cadre que le ministère de l’Education nationale a mis en place une stratégie en cinq axes essentiels:
- L’amélioration et l’appui du système par l’introduction de la notion de gestion basée sur les résultats;
- Amélioration de l’offre éducative (publique et privée) en la rendant plus adéquate à la demande,
- Recherche de la qualité dans les deux cycles primaire et secondaire,
- Amélioration de l’efficience interne et externe de l’enseignement supérieur pour mieux répondre aux besoins en cadres supérieurs du développement social et économique du pays,
- Appui et amélioration des efforts nationaux en matière de lutte contre l’analphabétisation.

Mais la mise en œuvre d’une telle stratégie se heurte à la dure réalité du secteur.
Au niveau de l’enseignement fondamental public, les effectifs des élèves ont chuté de 438.805, en 2006-2007, à 427.804, en 2007-2008, alors que le nombre des écoles, dans le même secteur, est passé de 3521, en 2006-2007, à 3647 au cours de la dernière année scolaire, dont 5,77% à cycle incomplet et d’énormes disparités suivant les régions, allant de 93% au Hodh El Gharbi, à 3% à Nouakchott.

Le nombre des salles de classe en 2007-2008 a atteint 10493 dans le secteur public dont 30% sont dans un état non acceptable. Quant au nombre des instituteurs, il a atteint, en 2007-2008, 10.649, dans le secteur public dont 37% de femmes, et celui des inspecteurs du fondamental 212.

Au niveau du secteur privé, le nombre des élèves inscrit dans 249 écoles privées, a atteint 45.884, en 2007-2008, soit 9,7% de l’effectif total.

Les cantines scolaires ont atteint 1350 alors que celui des élèves qui bénéficient de leurs services est estimé à 136.083 pensionnaires.

La situation au niveau de l’enseignement secondaire, public et privé, est loin d’être meilleure. Au niveau de ce secteur, les statistiques indiquent que le nombre des élèves a atteint, en 2007-2008, 95.195 au niveau de l’enseignement public secondaire, le secteur a enregistré une baisse de 10%, passant de 82.148 élèves, en 2006-2007, à 74.200, en 2007-2008.

Concernant le nombre des établissements d’enseignement secondaire, le nombre est passé de 181 à 184 où travaillaient quelque 2992 professeurs en 2007-2008.

Selon les résultats du recensement effectué en 2007 par le ministère, 39,8% des professeurs enseignent les disciplines scientifiques (mathématiques, physique-chimie, sciences naturelles), 21% l’histoire, la géographie, l’instruction civique et religieuse et la philosophie, 18,7% enseignent l’arabe, 12% le français et 3,8% l’anglais.

A signaler que 61% des professeurs des disciplines scientifiques sont arabophones alors que 15% seulement des professeurs des matières littéraires sont francophones, ce qui a constitué un sérieux problème pour l’application de la réforme de 1999 qui impose l’enseignement des disciplines scientifiques en français et des matières littéraires en arabe.

L’enseignement secondaire privé comptait, quant à lui, 21.995 élèves, en 2007-2008, inscrits dans 118 établissements.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le nombre des étudiants inscrits à l’Université de Nouakchott, en 2007-2008, était de 11.755, dont 29% de filles, soit une légère hausse par rapport à 2006-2007 où le nombre des étudiants était de 11.717. Au cours de la même période, le nombre des étudiants inscrits en filières scientifiques est passé de 10%, en 2006-2007, à 12,2%, en 2007-2008. Le nombre des élèves boursiers a atteint 36% des étudiants inscrits alors que 2348 non boursiers ont bénéficié d’aides sociales.

L’encadrement pédagogique au niveau de l’université de Nouakchott est composé de 459 professeurs, répartis en 279 permanents et 180 vacataires.

En ce qui concerne les infrastructures scolaires, l’Université de Nouakchott dispose de 62 salles de classes, de 7 amphithéâtres, 34 laboratoires et 7 bibliothèques et centres de documentation. L’ensemble de ces infrastructures offre une capacité d’accueil de 7000 étudiants. Le nombre des étudiants mauritaniens inscrits à l’étranger à atteint, en 2007-2008, 2427 contre 3020 en 2006-2007.

Concernant la lutte contre l’analphabétisme, le nombre des apprenants a atteint, en 2007-2008, 10.500 inscrits au niveau de 172 écoles fondamentales constituant des points focaux, 48 salles ouvertes par des organisations non gouvernementales et 4 unités d’alphabétisation par distance. (avec AMI) 

 

 

Source : La Tribune n° 419




Journée mondiale de la santé mentale en Mauritanie

14102008

Journée mondiale de la santé mentale en Mauritanie :

 

Par la sensibilisation lutter contre brimassions  dans leurs corps et lésassions des malades mentaux dans leurs droits !  

 

 

Notre pays  a célébré à l’instar de la communauté internationale  la journée mondiale de la santé mentale. Cette année les organisateurs ont choisi comme thème : faire de la santé mentale une priorité dans le monde : améliorer les services par la sensibilisation et l’action collective. 

 

 

C’était le vendredi 10 octobre 2008  dans la capitale à l’Assemblée nationale en présence de quelques députés et le ministère de la santé et de ses partenaires. D’abord le représentant de l’OMS en Mauritanie Kane Mamadou a dans le  discours qu’il a prononcé souligné que l’enquête en 2005 avait révélé que 35%  de la population souffrait des troubles psychique. En Afrique, selon lui, 9 sur 10 malades mentaux n’ont pas accès aux médicaments et que seul moins de 2% de nos budgets nationaux sont réservés à la santé mentale. Il a également dit que dans toutes les 45 secondes on enregistre dans le monde un décès par suicide. La  maladie mentale  touche presque 12% de la population mondiale. Environ 450 millions de personnes, soit ¼ dans le monde sera à un moment de sa vie atteinte d’une maladie mentale pouvant faire l’objet d’un diagnostic et d’un traitement. Le représentant de l’Organisation Mondiale de
la Santé(OMS)  en Mauritanie Kane Mamadou a appelé aux mauritaniens à faire de la santé mentale et de ses maladies une véritable priorité  et de dispenser aux personnes  souffrant de troubles psychiques les services et le respect qui leurs sont dus. Les personnes doivent faire des programmes de sensibilisation et d’actions communes continues pour aider les malades mentaux puisqu’ils font parti de nous.

Ensuite, ouvrant les travaux le ministre de la santé a parlé de l’importance de cette sensibilisation. Il a réitéré la disponibilité et l’engagement ferme de son département à faire de cette maladie mentale une préoccupation pour que les personnes touchées ne soient pas exclues de la société. Il faut que les populations soient a priori bien  informées de cette maladie mentale pour que les personnes victimes  ne soient plus rejetées, négligées, cachées ou brimées dans leurs corps et lésées dans leurs droits. Il n’existe aucune raison éthique, scientifique ou sociale de les exclure : la peur ou le mépris sont des réactions irrationnelles sans fondement.

Dans une mini- conférence de presse, le docteur Ahmedou Ould Hamadi directeur du Centre  Neuropsychiatrique, docteur Dia Al Housein et ses collaborateurs ont dit que le trouble mentale est une maladie comme une autre : c’est seulement l’expression d’un mauvais fonctionnement du cerveau. « 
La Mauritanie a fait des progrès dans ce domaine. En Mauritanie, les malades se soignent dans leur famille » a dit docteur Dia.

Ils ont également insisté sur la particularité de cette journée mondiale de la santé mentale en Mauritanie. C’est le fait qu’ils ont recensé un ensemble de députés, des malades, des partenaires, la société civile …

 

Faire preuve de solidarité avec les malades pour l’accès aux soins ! 

 

Les malades mentaux ont toujours des problèmes d’accès aux médicaments. Tous les troubles mentaux et cérébraux peuvent être améliorés et la plupart sont guérissables. Le malade mental a des droits fondamentaux, notamment le droit aux soins. Nous devons faire, selon, les organisateurs preuve de solidarité avec nos malades. Nous devons changer les systèmes de santé mentale actuels fragmentés et incomplets pour augmenter le nombre de traitements de santé mentale dans les institutions de soins primaires. Il faut aussi améliorer la disponibilité des psychotropes  essentiels à tous les niveaux des soins de santé. Il faut former  les professionnels de la santé à leur usage et contrôles appropriés. Il faut la disponibilité  et l’accessibilité des soins de santé mentale au sein des collectivités locales.

Il faut éduquer le public  pour faire reculer la stigmatisation  et la tolérance de la discrimination à l’égard des personnes atteintes de maladies mentales. Il faut aussi que les pouvoirs public impliquent et donnent des pouvoirs aux malades et à leur familles ou personnes qui s’occupent d’eux pour qu’ils participent de manières active au développement et à la prise de décision quant au traitement et au suivi de leur maladie. Et en fin après le retrait des officiels, un diner-débat dirigé par le docteur Dia  a été organisé.

Il faut savoir que tout le monde peut être touché 

 

Certaines personnes pensent que les troubles mentaux et cérébraux ne touchent que des adultes vivant dans les pays riches. Les troubles mentaux affectent les adultes, les personnes âgées, les enfants et les adolescents, les riches et les pauvres. Cela constitue un problème sérieux pour les pays développés comme pour les pays en développement.

D’autres pensent que les troubles mentaux et cérébraux ne se soignent pas. Ils ont dit que quelque chose peut toujours être fait pour tous les troubles mentaux et neurologiques. Des traitements efficaces existent  partout dans le monde. Des aides peuvent être trouvées auprès des agents de santé généralistes et spécialisés. Il y a aussi des gens qui croient que cette maladie est due à une faiblesse de caractère. Les spécialistes en la matière ont indiqué que les troubles mentaux sont dus seulement à des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Des recherches ont montré, selon eux, l’existence de facteurs génétique dans la schizophrénie, certaines dépressions et l’alcoolisme. Il y a aussi les tensions dans les relations humaines dans l’enfance, l’adolescence et même l’âge adulte peuvent être à l’origine des troubles psychiques. D’autres pensent que les malades mentaux ne peuvent pas vivre normalement. Les docteurs ont estimé qu’ils peuvent vivre normalement si on les  met dans des conditions normales. Car écarter un malade mental peut aggraver son état.

Il faut rappeler que notre pays n’a qu’un seul Centre Neuropsychiatrique connu sous le nom de: Hôpital Dia. Il réalise plus de 5500 consultations avec 4 000 nouveaux cas  et 6000 hospitalisations par année.

Il faut noter que le docteur Dia a été  très applaudi à l’Assemblée nationale par les participants, surtout par les malades qui l’appellent PAPA DIA. 

Sy Mamadou 

 

Source : La Tribune n° 419 







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