Tourisme

8 10 2008

Tourisme

 

Coup de poing dans ses côtes fragiles 

 

Il y a eu le cycle de violence sécuritaire entre octobre 2007 et mars 2008, qui a pénalisé un secteur du tourisme encore embryonnaire, et nui à l’image du pays. Le coup d’état du mois d’août et l’attentat près de Zouerate, il y a trois semaines, fragilisent les efforts fournis ces derniers mois par un ministère du tourisme, qui avait fait de la communication sur l’image de
la Mauritanie, sa priorité. Retour sur une année tourmentée pour le «quatrième pilier économique» en devenir. 

 

Une année mouvementée pour le tourisme- Entre octobre 2007 et septembre 2008, l’image de
la Mauritanie a souffert du terrorisme, de l’insécurité, et plus récemment du coup d’état et de la nouvelle attaque contre un convoi de l’armée près de Zouerate. Pourtant depuis avril, le ministère du tourisme fait des pieds et des mains pour promouvoir la destination du pays «du million de poètes». Un salon historiquement réussi à Paris en mai dernier avait donné le ton de cette nouvelle volonté politique de prendre le taureau touristique par les cornes. Mais ces deux événements récents à un mois d’intervalle plombe tous ces efforts. Et les dents des acteurs du secteur grincent.
«La particularité du secteur du tourisme tient à sa fragilité, qui réside dans le fait qu’il est lié à tous les aspects, sociaux, climatiques, sécuritaires, économiques, politiques, du pays où il est développé. Dès lors, le moindre problème, notamment sécuritaire, aussi minime soit-il, prend contre l’image du pays des proportions vertigineuses.» affirme la directrice du tourisme Cisse Mint Cheikh Ould Beide. «J’ai commencé à travailler dans le secteur du tourisme en 1992. Depuis, c’est bien la première crise d’envergure et d’aussi longue durée, de cette économie, à travers notamment l’image du pays écornée par les violences de l’an passé, et par les turbulences politiques et sécuritaires de ces jours.» opine Mohamed Salem Bontemps, directeur général de Bontemps Voyages. Mohamed Lemine Boukreiss, directeur de l’agence de voyages Big Tours ne verse pas dans l’optimisme non plus à moyen terme en tout cas. Il déplore surtout la mise en chômage technique, de tout un éventail de professionnels du secteur: «Il ne faut pas oublier que le tourisme fait travailler en Mauritanie une dizaines de corps de métiers, entre les artisans, les vendeurs, les guides… Et la crise actuelle rend leur situation très précaire.» Quant à Sidi Ahmed Ould Boubacar, directeur général de MKH, filiale de MKT, pour le secteur de l’hôtellerie, il va dans ce sens et tranche sans rentrer dans les détails, que «l’impression générale est une relative tendance à la baisse de l’afflux de touristes». 

 

Une expérience encore embryonnaire-
La Mauritanie a réellement commencé à mettre en place un plan pour la promotion et la pérennisation du tourisme en 1996. Mais malgré cette volonté politique affichée de faire de ce secteur un des piliers de l’économie mauritanienne, et viser ainsi la diversification des ressources du PIB, la promotion des atouts géographiques, la qualification des acteurs privés et publics a toujours manqué.
Le secteur a longtemps souffert et souffre encore de l’image de la destination Mauritanie exclusivement basée jusqu’ici sur le mono produit «randonnées dans le désert» aujourd’hui éprouvé par une concurrence régionale accrue.
La Mauritanie présente néanmoins des potentialités incontestables, comme celle de pouvoir développer l’écotourisme dans les zones des parcs nationaux en bord de mer. L’appareil touristique mauritanien est donc relativement vétuste, de l’avis même de certains professionnels du secteur. «
Nous manquons cruellement de vrais professionnels du tourisme. Nos guides, réceptionnistes et autres acteurs du tourisme, sont mal formés. Et en amont, la pléthore de pseudo agences de voyages masque mal l’inconstance de la plupart qui concentre dans leurs activités, le voyage, la réception, la location de voitures et  l’hôtellerie, alors que ce sont des activités bien distinctes!» explique Mohamed Salem Bontemps, DG de Bontemps Voyages.  Il faudra donc aider les autorités à dynamiser et moderniser cet appareil. Ce qui est déjà prévu dans le cadre de la coopération franco-mauritanienne, à travers l’agence française de développement (AFD) qui a signé en mai 2006 un programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC) dans le secteur du tourisme. «D’un montant de 1,5 millions d’euros, ce programme qui court sur la période 2006/2010 a des objectifs spécifiques: le renforcement institutionnel du secteur, le développement de la concertation et de la coordination de ses intervenants, ainsi que l’amélioration de sa performance globale et de son image de marque sur sa clientèle» détaille Didier Grébert, directeur de l’AFD en Mauritanie. 

 

MLK 

 

Source /
La Tribune n°418 

Encadré: 

 

Point Afrique renonce à son vol mauritanien 


Mauvais temps pour
la Mauritanie : alors que les conditions de sécurité demeurent incertaines, Point Afrique préfère renoncer au vol hebdomadaire qu’il comptait affréter entre paris et Atar cet hiver. La desserte devait être assurée par Air Méditerranée en Airbus A321 (220 sièges) le dimanche. 126 passagers étaient enregistrés sur le premier vol du 25 septembre.
Amoureux du désert, Maurice Freund a cherché une solution de repli sur
la Mauritanie, pour les agences spécialisées dans la randonnée avec lesquelles il travaille, et pour sa propre activité : le président-fondateur de Point Afrique a tenté de négocier avec
la Somasert, qui exploite désormais le seul vol hebdomadaire Paris-Atar (revendu par Transavia.com). En vain. 

«Nous étions prêts à partager le risque aérien, explique-t-il. Les négociations ont pour l’heure achoppé, sur le prix mais aussi le jour de la rotation. Le vol de
la Somasert (Société mauritanienne de services et de tourisme), le vendredi, pose problème. «En basculant du dimanche au vendredi, nous perdrions 60% de nos clients», estime Maurice Freund.
«Alors que
la Libye vient de fermer son désert aux touristes, les destinations de repli sont moins nombreuses», ajoute-t-il à regret. En plus de Mopti au Mali, Point Afrique compte surtout sur l’Algérie cet hiver : outre sa nouvelle destination Ghardaïa, il pousse avec prudence Djanet et Tamanrasset. «Avec Aigle azur, nous avons réduit de 55% nos capacités sur ces deux villes, par rapport à l’an dernier. Les gens sont de plus en plus réticents à l’idée d’aller dans le Sahara.»

 

Source: La rédaction de L’écho Touristique


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