Rosso

8 10 2008

Rosso

Rapatriement : enlisement du processus ? 

Mi août, quelques jours après le coup de force des militaires, une délégation de parlementaires s’est rendue au Trarza et au Brakna pour rencontrer les rapatriés du Sénégal.. La mission comprenait notamment, Kane Hamidou Baba, député de Nouakchott, Abdarrahmane Ould Cheïn député d’Amourj, Moustapha Ould Mohamed El Mekki, député d’Akjoujt, Jemal Ould Yedali député de Ouad Naga, mohamed Mahmoud Ould Khatter sénateur de Kankossa  et de Mohamed Salem ould Med Sidiya, sénateur de Méderdra . Tous ces parlementaires étaient accompagnés par des membres de la société civile dont Mamadou Elhoussein Kane, coordinateur de ORPH/COVIRE/COREMI, Aminata Alassane Sarr, trésorière du Collectif des Veuves/COVIRE/ORPH et Bocar Mbodj,  Secrétaire Général Adjoint Comité Directeur des Réfugiés. Plus de quarante cinq jours après le passage de la mission parlementaire, la souffrance des rapatriés continue dans l’indifférence générale. Le nouveau régime avait tenu à rassurer les premières vagues revenues au pays (mille cinq cents personnes dans le Trarza et un peu plus au Brakna). L’ANAIR a fait quelques gestes notamment à l’occasion du Ramadan. Quelques produits ont été distribués dans les différents sites et à la veille de la fête, les familles de rapatriés ont reçu un don symbolique destin à les soulager un tant soit peu. Malgré tout, il semble que l’accord tripartite entre le HCR, le Sénégal et
la Mauritanie ne soit pas respecté à la lettre. C’est en tout cas le sentiment des rapatriés. 

  

  

Accompagnée notamment par le Wali, le Hakem, le Commandant du Groupement de
la Garde  du Trarza ,la mission a tenu des réunions avec les rapatriés des différents  sites (PK 6, PK 3, Rosso lycée, Gani, Médina Salam, Thiambène)  et  des réunions de synthèse avec l’ensemble des délégués des sites et  avec le Wali de Trarza. Les parlementaires ont expliqué aux rapatriés  les objectifs de la mission : deux points essentiellement: 

La situation politique nationale : recensement des problèmes des rapatriés 

Pour ce qui est du  premier point, les parlementaires ont expliqué que le mouvement du 06 Août 2008 est un mouvement de rectification des dérives du Président déchu. Ils ont rappelé que le processus de retour des déportés ne résultait pas de la seule volonté de l’ancien président mais d’un consensus national. La mission a assuré aux rapatriés que le Général Mohamed Ould Abdoul Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat,  s’engageait à  poursuivre le processus de rapatriement et voulait s’enquérir de toutes les difficultés qui entravent la réinsertion correcte des rapatriés et la poursuite des opérations de rapatriement. 

Les discussions avec les déportés ont fait ressortir plusieurs problèmes : 

- Au niveau de l’habitat, les bâches qui devaient être remplacées par des hangars sont toujours maintenues dans certains sites ; ces abris de fortune sont inadaptées aux conditions qui règnent sur les lieux ;  le critère arrêté par le HCR (4 membres comme taille minimale pour une famille) pour l’attribution d’un hangar rend cette attribution discriminatoire en excluant plusieurs rapatrtiés. 

 - Le retard dans la délivrance des permis d’occuper , condition requise pour le HCR , pour la construction d’une chambre de 5m x 6 m (ou d(un hangar désormais) par famille entrave la généralisation de cette opération  au niveau de tous les sites. 

Les toilettes  sont insuffisantes en quantité (plusieurs familles partageant la même toilette) et inadaptées en qualité (presque déjà pleines, construites à la dimension d’un  baril de 200 litres enfoui dans le sol) ; 

- Les rations alimentaires distribuées par le HCR par l’intermédiaire de l’ALPD sont  inadaptées aux habitudes culinaires et insuffisantes en quantité. La phase d’insertion étant en retard, toutes les forces  vives sont au chômage et n’arrivent à mener aucun effort aidant à compléter leurs besoins primaires, surtout alimentaires. 

  

-Pour ce qui est de l’approvisionnement en eau, certains sites ont obtenu des raccordements au réseau des localités avoisinantes ; c’est le cas à Rosso ou pour les sites du PK 6, de Médina Salam, de Gani ou de Tiambène. 

Les autres sites connaissent des problèmes énormes de ravitaillement en eau potable et plus souvent utilisent l’eau du fleuve impropre à la consommation ; 

- En matière d’éducation, seuls les enfants des rapatriés du PK 6 ont pu être insérés dans les structures existantes. La prise en charge des enfants des rapatriés, les cours de rattrapage en arabe qui devaient être organisés par l’ANAIR restent un vœu pieux. 

- Dans le domaine de la santé, les soins de santé primaires ne s’octroient que dans les centres urbains de la capitale régionale, départementale ou communale. 

Les urgences sont évacuées à la charge des patients ou de leurs parents et amis. 

- Pour ce qui est de l’état civil, en dehors de la première vague qui a reçu ses cartes d’identité peu de temps après le  retour, tous les autres contingents attendent encore leurs pièces d’identité. L’établissement de la nationalité est un casse tête pour beaucoup de rapatriés, à cause de l’obligation de la présentation de la nationalité de l’un des parents (pièce le plus souvent introuvable par décès de ces derniers ou destruction des archives de référence). 

- Dans le domaine de l’élevage, l’ achat de vaches ou de petits ruminants  par l’ANAIR s’effectue sans concertation avec les bénéficiaires et les procédures d’achat restent opaques. 

D’autre part, les actions du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) sous traitées par ALPD (Association de Lutte contre
la Pauvreté et le Développement), telles que la distribution des vivres du PAM (Programme Alimentaire Mondial), la distribution des kits non alimentaires, la construction des habitats d’urgence sont effectuées avec beaucoup de retard et de manquements. Parfois les contingents de retour restent toute une journée en attente des distributions des rations alimentaires et des kits non alimentaires. 

Selon le rapport de la mission parlementaire, l’attribution de soutien d’urgence de l’ANAIR de 700 000 UM en moyenne par famille, destiné à l’achat de bétail sans consultation préalable du bénéficiaire est source de beaucoup de polémiques. Beaucoup de rapatriés allèguent, vouloir être associés au choix de l’investissement de cet appui. 

Pour ce qui est de l’insertion, le dossier du foncier constitue le casse tête pour les autorités qui risque de fragiliser la cohabitation pacifique dans la vallée entre les rapatriés et les populations que l’administration avait installées dans les propriétés des déportés. Ces problèmes intéressent toutes les populations du Sud (les nouveaux rapatriés, les rapatriés volontaires avant 2000, les populations qui n’ont jamais été déportées), bien que les premiers restent plus vulnérables que les autres. 

Beaucoup de périmètres ont changé  de propriétaires par spéculation. 

Certaines localités se trouvent étranglées sans espace vital (ex : Keur Madiké entouré par la digue d’un périmètre) ; il faut  parfois changer de place  pour être réinstallées ailleurs loin des propriétés traditionnelles  dans le Diéri ( ex : Rabbany, périmètre aménagé de  916 ha  avant la déportation et 250 ha en jachère expropriés par les privés). 

La restitution de ces terres expropriées constitue une étape fondamentale pour l’insertion des rapatriés cultivateurs ; et début de règlement des problèmes de fond de la déportation. 

L’approche pour l’insertion durable discutée  durant les journées nationales de concertation et de mobilisation pour le retour des déportés et le règlement  du passif humanitaire des 20, 21 et 22 novembre 2007  a été retenue par consensus ; cela consiste à l’élaboration de programmes , au financement des activités génératrices de revenus au profit des rapatriés et de tous les habitants des zones de réinstallation de ces derniers dans les régions du Trarza,  Brakna, Gorgol  et Guidimakha . 

L’ANAIR qui devait être l’institution d’exécution de ces projets, est en retard dans leur mise en œuvre. Les tâches exécutées jusqu’à présent se confondent à des actions d’urgence pour lesquelles, il y a absence totale de concertation avec les bénéficiaires. 

 Les rapatriés ont réclamé que les éléments qualifiés parmi eux, capables de satisfaire aux conditions de recrutements pour les prestations de service pour les programmes de leurs installations et réinsertion, soient davantage impliqués. 

En matière d’indemnisation et de réparation des préjudices, des demandes récurrentes sont avancées par les rapatriés, sur les mesures avancées par l’administration pour l’indemnisation des biens spoliés, confisqués ou perdus durant la déportation. 

Ces biens touchent les terres occupées ou expropriées, le bétail perdu à l’époque, les biens mobiliers et immobiliers, les biens privés personnels   et  pour les fonctionnaires le règlement de leur situation administrative, la réintégration dans leurs fonctions antérieures ou une réinsertion convenable dans la vie active. 

Pour tous les  rapatriés et victimes de cette période sombre de l’histoire de
la Mauritanie , procéder à une réparation juste  et équitable des préjudices subis en tenant compte des droits imprescriptibles des victimes et de la nécessité de renforcement de l’unité nationale. 

Les parlementaires ont organisé plusieurs réunions. Le Wali a précisé que du 29 janvier  au 02 juillet 2008, trois cent cinquante-quatre (354) familles représentant mille cinq vingt-neuf (1529) personnes sont rentrées au Trarza. Il a aussi reconnu que la viabilité de certains sites a ralenti l’octroi de permis d’occuper aux rapatriés afin de bénéficier des habitats financés par le HCR.  Les membres de la société civile qui ont participé à la réunion ont souligné qu’ils sont peu impliqués dans les structures d’encadrement. Ce à quoi le Wali a répondu que c’est dû à leur statut juridique. 

 Parmi les difficultés il a aussi noté l’incohérence des interventions des différents partenaires par manque de concertation et de coordination. 

A l’issue de la visite des sites, la mission a regroupé les responsables des rapatriés à Rosso pour évaluer les impressions globales et tirer les conclusions des rencontres. 

Les interventions sont accentuées sur l’acuité les problèmes fonciers et les manquements criants observés sur les opérations d’installation qui ne sont pas suivies de la phase d’insertion qui devait permettre  l’intégration des victimes dans le tissu socioéconomique national. Les rapatriés ont dénoncé avec véhémence la nonchalance des interventions de l’administration et la partialité dans la gestion des dossiers conflictuels. Il a été observé que le déficit de justice équitable peut être source de frustration et de révolte spontanée incontrôlable. 

Des recommandations ont été fournies pour entre autres : 

- Augmenter les rations alimentaires et la période de la phase d’urgence 

- Alléger  les conditions relatives à la taille de famille (> ou = à 4 personnes) pour bénéficier d’un hangar ; 

- Etudier les formes d’indemnisation et de réparation des rapatriés ; 

- Traiter avec urgence les problèmes fonciers ; 

- Veiller à l’impartialité de l’administration dans le traitement des dossiers conflictuels ; 

- Attribuer des permis d’occuper aux rapatriés sans lot d’habitation ; 

- Accélérer la restitution des cartes nationales d’identité aux rapatriés ; 

- Débuter les cours de rattrapage des élèves revenant ; 

- Préparer l’insertion des élèves pour l’ouverture prochaine ; 

- Impliquer les rapatriés et les déportés en situation de retour dans tout le processus de retour ; 

- Accélérer la signature d’un accord tripartite entre
la Mauritanie , le HCR et le gouvernement du Mali pour déterminer les conditions et les mécanismes de rapatriement de nos concitoyens réfugiés dans ce pays. 

CR:Djigo Aboubakry 

  

 

Entretien avec un rapatrié 


La Tribune  : Présentez-vous à nos lecteurs. 

Moussa Ndiaye : Je m’appelle Moussa Ndiaye, j’ai 32 ans ; quand j’ai été déporté d’ici, j’étais très jeune et j’ai passé la plus grande partie de ma vie en exil. Je suis revenu en mars avec la troisième vague et je suis pratiquement le seul membre de ma famille à être de retour. Les autres sont encore au Sénégal.  

L.T. : Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir ? 

M.N. Ce qui m’a poussé à revenir, ce sont les accords tripartites signés par le Sénégal,
la Mauritanie et le HCR. Ces accords nous donnaient des garanties pour un retour dans la dignité et la sécurité. Il y aussi le fait qu’on ne peut qu’aimer son pays même si on ne le connaît pas ; même si on a été victime d’injustice. Le simple fait que l’Etat mauritanien nous reconnaisse notre nationalité était un soulagement pour nous. 

LT : Depuis que vous êtes revenus, qu’est-ce qui a été fait concrètement pour vous ? 

M.N. : Depuis notre retour, l’Etat et le HCR nous ont assisté. Mais ce n’est pas suffisant. Il y a encore beaucoup de choses à faire. 

L.T. : Quels conseils donnerez-vous à ceux qui sont encore là-bas ? 

M.N. : Moi je leur demanderai d’attendre que tous les problèmes soient réglés. Par exemple ma mère est encore au Sénégal et je ne voudrais pas qu’elle connaisse les mêmes souffrances que j’ai endurées. Il y a des préalables à assurer. Par exemple depuis la vague du 19 juillet, le critère de 4 membres comme taille minimale d’une famille est posé. Une famille de moins de quatre personnes n’a pas droit à un hangar. Or, des familles de moins de quatre personnes il y en a beaucoup. Quand les enfants grandissent et se marient, ils constituent une famille différente de celle de leur mère et de leurs frères et sœurs. 

Lorsque toute la famille élargie se regroupe et s’inscrit comme une seule famille, à son retour elle n’a droit qu’à une seule construction ou un seul hangar maintenant. Et ce n’est pas possible pour nous que plusieurs couples vivent sous le même hangar. Voila pourquoi on assiste à l’éclatement des familles. En plus pendant les déportations il y a eu des groupes de deux, de trois membres d’une famille. C’est normal qu’on se retrouve aujourd’hui avec des familles de moins de quatre personnes. 

Je vous donne l’exemple de  quelqu’un qui est revenu seul. Il a été déporté avec sa mère. Celle-ci s’est remariée au Sénégal et a eu d’autres enfants. Mais elle est décédée avant le processus de retour. Le père des enfants nés au Sénégal n’a pas voulu que ses enfants viennent. Mais l’aîné a tenu à revenir dans son pays. Et comme il est seul voilà qu’il n’a pas droit à un hangar. C’est absurde. 

L.T. : Quels sont vos principaux problèmes ? 

M.N. : Nous avons un problème d’environnement. Nous n’avons toujours pas de latrines et un habitat sans latrines vous savez ce que c’est. Le deuxième problème c’est celui des vivres, nous sommes rapatriés et nous n’avons aucune activité pour subvenir à nos besoins. Ils nous distribuent des vivres à notre arrivée mais dès que le stock est épuisé nous nous grattons la tête pour tendre la main encore. Ce n’est pas ce que nous voulons. Comme on dit il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher plutôt que de lui donner du poisson. Moi qui vous parle si j’avais seulement une parcelle de 0,5 ha j’allais cultiver. Je préfère cela  car c’est beaucoup mieux que l’assistance permanente. 

Et nous avons ici des jeunes qui ont reçu une formation ; ils ne demandent qu’à travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Pour cela il faut des projets, des AGR 

  

En gros, les accords tripartites n’ont pas été respectés. Par exemple, nous sommes la depuis six mois et nous n’avons encore aucune pièce d’état-civil. Les cartes d’identité ne sont pas encore disponibles ; ils nous avaient dit qu’on aurait nos papiers dans un délai de trois mois. 

Pour la nationalité, on nous dit de faire des demandes individuelles. Or nous avons des problèmes pour cela : on exige la nationalité de l’un des parents. Or tous les deux ayant été déportés aucun d’eux ne dispose de certificat de nationalité. Alors comment faire ? 

Propos recueillis par Djigo Aboubakry 

  

Témoignage : 

Mbodj Bocar est un rapatrié installé au site Rosso Lycée à un kilomètre environ de Tounguène. Nous l’avons rencontré vendredi 26 septembre. Il a bien voulu nous dresser un tableau de la situation qui prévaut dans son site. 

  

Jusqu’à présent, certains sont encore dans des bâches ; or vous mêmes vous avez vu que plusieurs bâches sont hors d’usage.  il y a aussi que dix familles n’auront pas de hangar à cause de la taille. Ce sont des familles de moins de quatre personnes ; il y a aussi le problème des sous familles. Les jeunes qui sont mariés doivent vivre dans la même pièce que les parents. 

La couverture sanitaire est inexistante. La dernière fois nous avons fait des quêtes pour évacuer à Nouakchott un rapatriés qui est décédé finalement. Les enfants scolarisés ne sont pas pris en charge. 

L’ANAIR a apporté une fois un lot des médicaments pour les soins primaires mais ce lot de médicaments a disparu. Même les responsables disent ne pas savoir où sont passes ces médicaments. 

Nous avions trois élèves du niveau du collège mais ils sont là-bas comme auditeurs parce qu’ils n’ont pas de matricule ; au niveau de l’état civil rien n’est encore fait or ce qui nous avait poussé à revenir c’est que la promesse avait été faite que dès notre arrivée nous aurions nos papiers : nationalité, état-civil, carte d’identité. Or rien n’est fait de ce coté là. Au plan sécurité il y a des problèmes. Tout récemment un de nos amis a été arrêté pendant plus d’une semaine parce qu’il avait voulu s’installer dans son ancien périmètres. Nos rapports avec les autorités administratives ne sont pas des meilleurs. 

Le gouverneur a l’habitude de nous dire que beaucoup de problèmes relèvent de l’ANAIR ou du HCR ; pour les cartes d’identité il nous a dit qu’il faut un nombre suffisant pour les produire. 

L’ANAIR a apporté des vaches mais il n’y a pas de mesures d’accompagnement ; une seule fois ils ont donné des aliments pour le bétail et ils ont promis de soins aux vaches parce qu’il y a eu une épizootie. 

L’assistance alimentaire est dérisoire. Ils avaient prévu de nous prendre en charge pendant trois mois ; après cela ils ont donné une deuxième tranche équivalant à 50 % de la première dotation. En plus  à la place du riz ils donnent du blé qui finalement est inutile. Il est vrai qu’avec le ramadan, ils ont apporté quelques denrées ; quatre kilos de dattes, un kilo de thé et dix kilos de sucre par famille quelle que soit la taille de la famille. Ils viennent aussi de donner un stock pour une boutique communautaire. Mais encore une fois, la plupart du temps ils donnent des vivres et dès qu’il n’y en a plus on est dans l’embarras. Et il n’y a aucun  projet alternatif qui nous permette de vivre décemment. 

Beaucoup de projets ont été faits mais rien n’est réalisé et les autorités cherchent à faire venir d’autres vagues. 

  

Les conseils que nous avons à donner à nos parents qui sont encore au Sénégal c’est qu’ils attendent que tout soit réglé ici. Il faut que la situation des rapatriés soit réglée avant que d’autres vagues n’arrivent. Sinon ils vont connaître les mêmes problèmes que nous. Nous allons faire une large sensibilisation par rapport à cela. Nous sommes en contact avec eux pour les informer de sorte que ceux qui reviendront, reviennent en connaissance de cause. Comme cela personne n’aura à se plaindre. Nous, nous ne savions pas ce qui nous attendait mais nous constituons un exemple concret. Le paysan, il faut qu’il s’assure que ses terres sont disponibles avant de revenir ; c’est ce qui pourra le faire vivre ;  il faut aussi s’assurer de l’habitat ; on ne peut pas tout faire mais il y a un minimum 

Mais rester là à se tourner les pouces ce n’est pas une solution. Nous sommes en contact avec les déportés et nous les informons régulièrement.
Tout récemment le chef d’antenne du HCR nous a dit que nos parents peuvent faire une pré visite ; nous leur donnerons des conseils à cette occasion. 

D’ailleurs les accords prévoient cela mais apparemment ils veulent fouler cette clause  

 Même nous nous avons eu à forcer la main aux gens pour faire une pré visite. 

Je fais partie des six délégués qui sont venus les premiers pour voir la situation sur place ce qui se faisait. Mais après notre retour il y a eu des inquiétudes et nos dirigeants avaient raison. 

Je devais venir avec la première vague mais j’ai dû écouter les consignes de nos dirigeants ;  je suis venu avec le troisième vague parce que les gens commençaient à faire des interprétations diverses ; certains prétendaient qu’il y avait des ingérences politiques ; c’est pourquoi le comité directeur a décidé que je devais venir rejoindre ceux qui étaient déjà sur place ; vous savez que la plupart des gens revenus dans les premières vagues sont des paysans et des bergers. Ils ne connaissent pas leurs droits et ne sont pas à même de se  défendre. 

Source :
La Tribune n°418 

 

 

 


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