Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

8 10 2008

 
La  Mauritanie et le  jeu de la démocratie 

Reconnaissons-le,  la démocratie traverse  une crise mondiale. Elle se confirme de plus en plus : «jamais la frontière n’a été aussi ténue entre les formes d’un développement positif de l’idéal démocratique et les conditions de son dévoiement. C’est là où les attentes des citoyens sont les plus fortes que les conduites politiciennes peuvent dorénavant être les plus grossièrement dévorantes », note  l’historien Pierre Rosanvallon. 

Ainsi, les règles du  jeu   démocratique présument  que   les gagnants  ne sont  dans les circonstances actuelles que des perdants.   En cas  de perte de l’un des  jours, les vaincus seront  bizarrement   l’ensemble des  joueurs.  L’enjeu du jeu est profond. Son  mécanisme  implique  l’attachement des  rivaux à être dévoués  pour gagner. Chacun d’entre eux cherchent un intérêt différent de l’autre.  Les plus puissants  considèrent leurs   adversaires comme étant des jouets  dangereux.  D’autres pas moins puissants que les premiers  sont  manipulateurs et extrêmement ambigus. Les   acteurs de ce jeu    ne sont que des noyés durs   traduisant une convergence des intérêts d’un système local ouvert sur un autre système mondial plus complexe.  Le  jeu  est basé déjà sur un rapport  de forces  tantôt équilibrant, tantôt  déséquilibrant. 

Une transposition  de ce jeu sur la vie sociale ou politique peut élever  le degré de ‘réflexion ’ pour analyser   des phénomènes fondés  sur la réalité du pouvoir dominant dans une société  dépassée  par la globalisation telle  que
la Mauritanie. Cela  en s’éloignant de toute  partialité interprétative.   N’empêche pour comprendre, nous dévons  suivre le courant qui mène vers la vérité.   

En somme,  l’enjeu politique en Mauritanie se base  depuis l’indépendance du pays  sur des règles  vidées de leurs sens telles  que   la guerre du Sahara, la conditionnalité d’aide publique au développement,  la  référence à  la constitution,  le blocage des institutions, etc.  

Présentement,  notamment depuis le 6 août 2008, deux camps mènent le jeu dans ce pays.  Il est question  d’un  camp qui trouve le plaisir à se procurer le nom de la défense de la démocratie. Et un autre qui prétend  aussi défendre la démocratie par une rectification jugée  nécessaire.   Dans ce jeu, il y a  pour le moment  deux lignes  rouges à ne  pas franchir. La première est celle du  non  retour du président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi . La seconde est tout simplement  l’opposée de la première option. Entre ces deux extrêmes,  nous trouvons toute sorte de justification. La communauté internationale et les pays voisins peuvent y trouver leur compte pour se procurer un  rôle déguisé.  Ce  qui est considéré comme une première dans la vie politique du pays.

De toute manière,  dans  cette  histoire, les  gagnants ne sont  que  des perdants.  Le jeu est  à la fois compliqué et complexe.  Il s’agit d’un jeu du pouvoir alimenté par un équilibre invisible,   extrêmement  grave,  et  masqué. Et  pour  le comprendre, il faut éviter  en Mauritanie d’être jeune,   femme faible,   pauvre, chômeur,  etc. Il faut tout simplement éviter d’être hors  jeu malgré  vous.

 

M_barrada@yahoo.fr

Source : La TRIBUNE n° 418


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