Économie

8 10 2008

Économie 

 

Si le communisme est mort, le néo-libéralisme agonise 

 

La crise des subprimes révèle aujourd’hui un nouveau pic d’ampleur, à travers la quasi faillite de deux grandes institutions américaines de finances, à savoir la banque Lehman Brothers, et la société d’assurance AIG. Au-delà de ces gros chocs de bourse, ces faillites mettent en évidence la fragilité des théories néo-libérales mises en pratique depuis plus de vingt ans maintenant. Chronique de la fin annoncée d’une économie aux pieds d’argiles. 

 

L’annonce de la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, a fait trembler le système financier mondial. Déjà affaiblie par les dépréciations d’actifs causées par la crise des subprimes, la banque a perdu 3,9 milliards de dollars entre juillet et septembre! L’onde de choc a plombé les Bourses d’Asie, d’Europe et même des pays du Golfe. Du coup le dollar a replongé face à l’euro, et le pétrole face aux dollars (93 dollars). «Il s’est passé autant en une journée que dans toute l’histoire financière depuis le grand krach de 1929», s’exclamait la semaine passée le directeur associé d’un grand groupe financier américain à l’agence Dow Jones. On touche le nerf de la pseudo solidité tant vantée, du système financier américain. Car au-delà de la débâcle, de Lehman Brothers et de Fannie Mae et Freddie Mac c’est toutes les théories néolibérales sur le «laisser faire le marché» qui sont aujourd’hui ébranlées. Et même si le plan Paulson a été accepté au Congrès américain en deuxième lecture, son refus une première fois marque la fin d’une époque pour les spéculateurs, à qui de plus en plus de gouvernements et de contribuables demandent des comptes, dorénavant.

 

L’état-Providence au cœur des sauvetages 

 


La Réserve fédérale américaine a fait volte-face mardi 16 septembre:
la Banque centrale a finalement débloqué 85 milliards de dollars [60 milliards d'euros] pour sauver American International Group (AIG), donnant du même coup à l’État le contrôle du géant de l’assurance.

Cette décision, deux semaines à peine après la mise sous tutelle par le Trésor américain des organismes de refinancement de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, est l’intervention la plus radicale dans le secteur privé jamais réalisée par
la Banque centrale américaine.

Précision notable, aucune protestation ne s’est faite entendre dans le monde après l’intervention massive de la puissance publique américaine pour sauver ces institutions privées. Au contraire, il y a un consensus tacite clairement exprimé dans les communiqués de
la Banque centrale européenne (BCE) et de
la Banque d’Angleterre, prêtes à intervenir sur le marché des changes au besoin.

Un camouflet pour les théories néo-libérales qui président depuis bientôt vingt ans aux destinées du monde économique. Ces théories en effet ont pour fondement le laisser-faire total de l’état sur les marchés, la règle étant que ceux-ci s’autoréguleraient. Les crises en série qui interviennent sur tous les marchés, notamment financiers, mettent sur un piédestal bancal ce libéralisme à outrance basé sur une autorégulation des marchés qui n’a pas fait ses preuves. Déclenchée en août 2007 par l’effondrement du secteur des subprimes (crédits hypothécaires à risque) aux États-Unis, la crise a maintenant contaminé progressivement la totalité des marchés financiers, et touche aujourd’hui l’économie réelle. Au début les hautes sphères de l’économie mondiale se sont montrées rassurantes, mais aujourd’hui elles ne cachent plus leur inquiétude. Pour le Fond monétaire international (FMI), nous entrons dans la plus grande crise financière depuis la grande dépression des années 1930. Sous la pression des évènements, l’orthodoxie libérale commence à se fissurer, on parle à nouveau de réglementation, d’intervention des pouvoirs publics. Mais il n’est pas question de politique keynésienne, il s’agit seulement de sauver la mise des spéculateurs. Rien de nouveau sous le soleil, le capitalisme c’est la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes. Tant que tout va bien, les adeptes du marché libre exaltent le risque, quand ça commence à tourner mal, ils se précipitent dans les bras protecteurs de l’État!

 

Une crise de rentabilité 

 

Car en fait, on assiste à une crise de rentabilité du capital. Les marchés financiers ont eu l’ambition démesurée d’exiger des taux de rendements qui n’ont aucune commune mesure avec la rentabilité de l’économie réelle. C’est cela qui a été le moteur de l’inventivité des marchés, de l’innovation financière comme la titrisation des crédits. Il s’agissait de s’affranchir de la sphère de la production afin d’atteindre la fameuse règle des 15% de rentabilité du capital. On sort enfin de ce grand rêve éveillé. Et on peut dire que la crise est une protestation véhémente contre ces exigences insensées des détenteurs du capital. On va revenir à davantage de mesure. Mais il faudra se souvenir que ce rêve des profits illimités est partie intégrante du système capitalisme. Rappelons nous la bulle Internet était née de perspectives de profits extraordinaire que promettait la «nouvelle économie».

Depuis 1929, le capitalisme s’est transformé, et la mondialisation a étendu l’hégémonie du salariat à l’ensemble de la planète. On peut dire qu’aujourd’hui, il a éliminé toute la petite production, majoritairement agricole, qui représentait, jusqu’à la seconde Guerre mondiale, voire au-delà, une sorte d’amortisseur des crises. Avec la mondialisation, l’espace disponible pour les perturbations s’est dilaté à l’ensemble de la planète, l’interconnexion des marchés est complète et diffuse toujours plus rapidement les mouvements de flux et de reflux. Les crises se succèdent de plus en plus rapidement et s’élargissent : la crise mexicaine en 1995, celle du sud-est en 1997, de la nouvelle économie en 2001 centrée sur les États-Unis et enfin celle d’aujourd’hui qui concerne le monde entier. C’est un démenti aux thèses néolibérales qui a démantelé tout l’ancien système fordiste basé sur la consommation des ménages, et qui placé comme moteur de la croissance, non plus les salaires, mais l’endettement des ménages.

 

Ruiner le pays pour sauver les financiers 

 

Au final, les remèdes des docteurs libéraux pourraient bien tuer le malade. Comme ceux du nouveau gouverneur de
la Fed, Ben Bernanke: Il réduit massivement les taux dans l’espoir illusoire d’enrayer la chute des marchés immobiliers et d’éviter la récession. En même temps il injecte des milliards d’argent public dans les institutions financières chancelantes, mais en essayant de préserver les apparences de l’orthodoxie. Ces remèdes se traduisent par une baisse continue du dollar qui met en danger son rôle dominant dans le système financier international. Ainsi que par un recours croissant à l’emprunt qui dépend de la bonne volonté des créanciers. Or ceux-ci commencent à craindre que les États-Unis ne soient plus capables de rembourser une dette qui s’élève déjà à 9 000 milliards. L’afflux des capitaux étrangers, qui permettent au pays de vivre à crédit, commence à se tarir. Au dernier trimestre 2007, les investissements étrangers sont passés de 113 à 56 milliards. En accélérant la chute de la monnaie et l’envolée de la dette, la classe dirigeante prend le risque de ruiner le pays pour éviter la faillite des financiers. La mondialisation capitaliste a pour effet de propager à grande vitesse la crise dans le monde entier. Comme une bonne partie des transactions de matières premières se font en dollars, sa baisse entraîne mécaniquement une hausse des cours et provoque une inflation mondiale. Le pétrole, qui a dépassé les 110 dollars le baril y contribue pour beaucoup. Ensuite, les spéculateurs désertent Wall Street et les produits financiers pour se réfugier à la bourse des matières premières de Chicago où il y a des perspectives de profits importants et rapides. La conjugaison de ces deux phénomènes est la principale cause de la hausse dramatique du prix des denrées alimentaires dans les pays pauvres. Dramatique, car selon les estimations de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’alimentation représente en moyenne 15% des dépenses de consommation dans les pays riches, contre 70% dans les pays pauvres. Derrière ces crises globales se cache un système: le néolibéralisme avec le culte du profit, et ses instruments, les marchés financiers et la spéculation. La brutalité de ce système en plein développement depuis vingt-cinq ans éclate au grand jour.

 

MLK 


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