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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

8102008

 
La  Mauritanie et le  jeu de la démocratie 

Reconnaissons-le,  la démocratie traverse  une crise mondiale. Elle se confirme de plus en plus : «jamais la frontière n’a été aussi ténue entre les formes d’un développement positif de l’idéal démocratique et les conditions de son dévoiement. C’est là où les attentes des citoyens sont les plus fortes que les conduites politiciennes peuvent dorénavant être les plus grossièrement dévorantes », note  l’historien Pierre Rosanvallon. 

Ainsi, les règles du  jeu   démocratique présument  que   les gagnants  ne sont  dans les circonstances actuelles que des perdants.   En cas  de perte de l’un des  jours, les vaincus seront  bizarrement   l’ensemble des  joueurs.  L’enjeu du jeu est profond. Son  mécanisme  implique  l’attachement des  rivaux à être dévoués  pour gagner. Chacun d’entre eux cherchent un intérêt différent de l’autre.  Les plus puissants  considèrent leurs   adversaires comme étant des jouets  dangereux.  D’autres pas moins puissants que les premiers  sont  manipulateurs et extrêmement ambigus. Les   acteurs de ce jeu    ne sont que des noyés durs   traduisant une convergence des intérêts d’un système local ouvert sur un autre système mondial plus complexe.  Le  jeu  est basé déjà sur un rapport  de forces  tantôt équilibrant, tantôt  déséquilibrant. 

Une transposition  de ce jeu sur la vie sociale ou politique peut élever  le degré de ‘réflexion ’ pour analyser   des phénomènes fondés  sur la réalité du pouvoir dominant dans une société  dépassée  par la globalisation telle  que
la Mauritanie. Cela  en s’éloignant de toute  partialité interprétative.   N’empêche pour comprendre, nous dévons  suivre le courant qui mène vers la vérité.   

En somme,  l’enjeu politique en Mauritanie se base  depuis l’indépendance du pays  sur des règles  vidées de leurs sens telles  que   la guerre du Sahara, la conditionnalité d’aide publique au développement,  la  référence à  la constitution,  le blocage des institutions, etc.  

Présentement,  notamment depuis le 6 août 2008, deux camps mènent le jeu dans ce pays.  Il est question  d’un  camp qui trouve le plaisir à se procurer le nom de la défense de la démocratie. Et un autre qui prétend  aussi défendre la démocratie par une rectification jugée  nécessaire.   Dans ce jeu, il y a  pour le moment  deux lignes  rouges à ne  pas franchir. La première est celle du  non  retour du président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi . La seconde est tout simplement  l’opposée de la première option. Entre ces deux extrêmes,  nous trouvons toute sorte de justification. La communauté internationale et les pays voisins peuvent y trouver leur compte pour se procurer un  rôle déguisé.  Ce  qui est considéré comme une première dans la vie politique du pays.

De toute manière,  dans  cette  histoire, les  gagnants ne sont  que  des perdants.  Le jeu est  à la fois compliqué et complexe.  Il s’agit d’un jeu du pouvoir alimenté par un équilibre invisible,   extrêmement  grave,  et  masqué. Et  pour  le comprendre, il faut éviter  en Mauritanie d’être jeune,   femme faible,   pauvre, chômeur,  etc. Il faut tout simplement éviter d’être hors  jeu malgré  vous.

 

M_barrada@yahoo.fr

Source : La TRIBUNE n° 418




Al Qaeda se décentralise

8102008

Al Qaeda se décentralise 

 

Après  Lemghayti,   Al Guallawya, une troisième  agression contre l’armée mauritanienne a encore sévi dans l’extrême nord du pays : Tourine. Cette fois-ci,  la frappe en plus d’être lourde, s’est avérée horrifiante : 12 personnes retrouvées égorgées. De quoi semer pour longtemps la peur partout dans un pays dont l’étendue en fait un espace tellement incertain.

A l’autre bout du monde musulman, un attentat  a frappé de plein fouet le 20 septembre 2008 le Pakistan : 50 morts.  Et tout récemment,
la Syrie était aussi frappée.  

Al Qaeda se décentralise. Si l’étau se resserre au niveau des autres pays de la zone nord africaine,  on comprend que  la victime soit automatiquement

la Mauritanie.  Al Qaeda aurait-il des sympathisants en Mauritanie ? Fort probable.    Il est  clair que des  activistes mauritaniens  prônent  un retour au jihad avec les armes afin d’aider  les palestiniens, les irakiens et les afghans   pour une   libération totale  des terres musulmanes  occupées.  Ces activistes  vont jusqu’à vénérer Oussama Ben Laden,  même si des oulémas de renommée  nationale commencent à s’attaquer directement à la violence d’Al Qaeda.  

Par ailleurs, comment et pourquoi se justifierait une  nouvelle  guerre sainte ?  

Les ingrédients des guerres inter-civilisationelles  existent déjà. Des  pays essayent  de maintenir leur  positionnement  de force. Les puissances mondiales  tentent de renforcer leur force en interdisant aux pays musulmans  de se procurer des armes jugées stratégiques. Dans cet ordre, le droit international est rarement respecté.   Et Al Qaeda  essaye à son tour de contourner le pouvoir de l’Etat  en légitiment  l’usage de la violence. «  Le terrorisme étant de ce fait hautement politique, celui-ci doit recevoir une réponse également politique qui adresse les thèmes mis en évidence dans les communiqués d’Al Qaïda », explique en guise de commentaire,  l’analyste Jean-Marc Flükiger.   «L’histoire nous apprend que l’engagement face aux terroristes exige invariablement d’aborder les problèmes soulevés, c’est-à-dire de reconnaître les griefs collectifs dans lesquels ils inscrivent leurs recours à la force, décrits comme des actions politiques en réponses à des problèmes spécifiques» a déjà  écrit  l’actuel ministre des affaires étrangères mauritanien  Ould Mouhamedou.

Enfin, les récentes attaques contre l’armée nationale s’inscrivent  dans une logique politique justifiée  par un recours à l’agressivité à l’encontre de tous ceux  qui tissent des relations   avec les occidentaux.  Dans cette lancée, les régimes des pays musulmans  sont mécréants, notamment l’armée, la police et ceux  qui occupent  des postes élémentaires au sein de l’appareil étatique.   Toutefois, en terme religieux les mauritaniens restent  passifs  et contre   tout  recours à la violence. Mais l’interactivité avec les autres pays musulmans peut  changer cette attitude. Car depuis une décennie le phénomène de la religiosité wahhabite a  pu s’implanter en Mauritanie   à travers des idéologues qui sont prêts à financer l’expansion de leurs  doctrines.

Mohamed Fouad Barrada 

Source :

La Tribune N°418




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

8102008

 

Edito de

la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

Qu’est-ce qui reste à dire quant à la situation actuelle du pays ? Que nous sommes dans une situation déplorable ? Nous l’avons dit. Que cette situation est l’aboutissement logique d’un processus qui a commencé avant l’investiture en avril 2007 du Président élu ? Nous l’avons dit et redit. Qu’elle est l’expression de l’échec de la classe politique ? Nous l’avons dit mais pas assez.

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a hérité d’une situation idyllique : un pays qui, même s’il était meurtri par des décennies de gestion inique et destructrice, avait tous ses voyants au vert. Les promesses faisaient espérer des lendemains meilleurs. Une belle image d’une démocratie inventée, d’une unité retrouvée, d’un pays réconcilié. Personne n’avait eu le courage de remettre en cause l’espérance nouvelle. Si bien que le consensus devint la règle. C’est dans cette atmosphère que toutes les institutions démocratiques furent mises en œuvre. Le Président élu a choisi lui-même son président de l’Assemblée, son président du sénat, son Premier ministre, plus tard ses conseillers principaux et secondaires. Même quand il a voulu créer son parti, une nette majorité des mauritaniens ‘rongés par le virus de la politique’ est venue à ce parti. Il en a lui-même choisi la direction, sans visiblement prendre en compte les équilibres internes et sans surtout en référer à ses soutiens.

Bref Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait tout. Toutes les cartes dans sa main. Les chefs de l’Armée étaient ceux-là même qui l’ont amené au pouvoir et auxquels il avait entièrement confié la gestion de l’aspect sécuritaire. Il avait même un chef d’opposition qui avait fini par donner l’impression d’être plutôt «un alter ego», la complicité entre les deux amis primant visiblement sur les positionnements politiques.

Moins de neuf mois auront suffi pour que les premières secousses se manifestent. Au dixième mois, les premières remises en cause. Au onzième mois, les premières manifestations du mécontentement. ‘On’ a alors tout mis sur le compte du jeune Premier ministre Zeine Ould Zeidane. Au douzième mois, il est subitement limogé et remplacé par le plus proche des hommes du Président : Yahya Ould Ahmed Waghf. Franche rébellion. Gouvernement Ahmed Waghf II. Rien n’allait plus. Conséquence logique : rupture entre les ailes civile et militaire des soutiens de Sidi, puis coup d’Etat.

C’est là qu’il faut situer la responsabilité politique et morale de l’aboutissement du processus. Dès le départ, la classe politique n’a pas voulu croire à la possibilité pour elle de ‘grignoter’ un espace démocratique réel. Dès le départ, elle n’a pas cru à la démocratie. Les uns ont misé sur la proximité du pouvoir en s’acoquinant avec les militaires ou en s’alliant les faveurs de Sidi, les autres ont joué la carte de la zizanie. Les uns et les autres ont compté avec l’inexistence – supposée ou réelle – du Président élu, préférant le traiter comme «une marionnette entre les mains des militaires qui l’ont amené» ou comme «un naïf, manipulable à merci». Les uns et les autres ont reproduit les schémas, les gestuelles, les réflexes, les rites d’hier pour faire de la politique sur une scène qu’on croyait rénovée (clientélisme, exclusion de l’autre, corruption…). Dans ce jeu de placement – de classement diront d’autres – les politiques ont oublié l’essentiel : le raffermissement de la démocratie. Parmi les voies de raffermissement figurait au premier rang l’utilisation systématique de ‘la boîte à outils de la démocratie’ (l’expression est de Sidi Ould Cheikh Abdallahi lui-même). L’exclusion est redevenue l’arme dans la confrontation en vue de l’exercice du pouvoir. Les factions d’avant. Et celles de l’après. Une lutte à mort qui a couvert tout le reste. Qui a finalement donné le résultat qui est là. Parce que les politiques ont refusé de sacrifier aux usages démocratiques en refusant de faire appel à ‘l’outillage démocratique’. Parce que les plus écoutés d’entre eux ont poussé vers la rupture entre les segments d’un pouvoir qui n’avait d’existence que par la valeur de sacralisation que nous lui accordions. Les politiques ont dénudé le Roi en l’amenant à passer outre le rapport de force existant.

Deux mois après le coup du 6 août, nous avons encore besoin de comprendre pour situer les responsabilités et pour éclairer l’avenir probable.

L’ultimatum de l’Union Africaine expire aujourd’hui. Il est sûr que le dossier sera transféré devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette semaine seront lancées les journées – ou les semaines – de concertation. Entre le 16 et le 22 auront lieu les discussions formelles avec l’Union Européenne.

Aujourd’hui, deux mois se seront passés depuis le coup d’Etat. Où est la solution de sortie de crise ? Ceux du FNDD croient ferme que seul le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi constitue LA solution. Ceux d’en face se déclarent prêt à tout discuter sauf du retour de Sidi au pouvoir, du moins si l’on en croit les députés qui soutiennent le putsch. Quoi d’autre ?

Le 4 août dernier, je comparais ici la bataille menée par les deux protagonistes de la crise d’alors à «yawm ettidguit». Une bataille qui a opposé deux clans autour de l’appropriation d’un troupeau de chamelles. La violence de la bataille fut telle que les survivants parmi les hommes étaient peu nombreux et qu’aucune chamelle ne survécut en fin de journée. Comment éviter cela ?

La responsabilité historique de trouver une solution incombe aux chefs politiques – dirigeants actuels, chefs de partis, mais aussi Ulémas, intellectuels… Nous devons imaginer pour nous une porte de sortie de crise qui sauve la démocratie, qui évite au pays les conséquences malheureuses de l’isolement et qui relance l’espoir.
La Mauritanie en sortira grandie. Et ses fils aussi.

 

 

Source /
la Tribune n°418




8102008

 

 


La Mauritanie à la recherche du chaînon manquant 

 

Par 

Isselmou Ould Abdel Kader 

 

 

S’est-on manifesté plus ne qu’il  fallait, ces derniers temps ? A-t-on agi, comme le font certains, par souci de célébrité ou par désir de rappeler qu’on est sur le carreau depuis de longues années ? Veut-on agacer le lecteur en l’amenant à rechigner, pensant que certaines idées ici sont déjà rabachées concernant la crise qui secoue le pays? Toutes ces questions pourraient se poser dans la tête d’un lecteur paresseux dont on n’a guère besoin en cette période. Qu’on le veille ou non, qu’on le dise tout haut ou tout bas, le pays vit un risque imminent d’éclatement. Seul ceux qui ignorent l’histoire, la sociologie et la géographie de
la Mauritanie, parce qu’ils n’y étaient pas ou parce qu’elle ne les concerne pas, peuvent faire semblant d’ignorer un tel risque ! 

 

En manquant une seule fois son heure d’allaitement, un enfant peut en traîner des séquelles pendant toute sa vie, dit-on. Il en est de même pour un pays ayant un chaînon manquant de son histoire. 

A la fin du 19eme siècle, c’est-à-dire un peu avant la pénétration coloniale, le pays vivait une fin d’accalmie ayant servi à préparer la poursuite des conflits sanglants qui avaient émaillé les siècles précédents. Au Tagant, le dernier bastion de l’empire Sanhaja, en l’occurrence l’Emirat des Idaw Ich, se préparait, malgré ses divisions internes, à prendre sa revanche sur l’alliance des tribus hassanes qui continuaient à le menacer. Les marabouts Sanhaja du Trarza observaient dans leur volontaire hibernation tactique, l’affaiblissement des tribus guerrières en laissant le temps aux rivalités entre les Brakna et les Trarza, puis entre les branches opposées au sein des dynasties respectives régnantes. La grande confédération des Oulad Ebiery renvoyait ses tentacules – les Idowbrem, les Idekchema et Idaghmsrim- au Brakna dont elle fut chassée par les Ideidba avec l’aide des Oulad Bousba. En Adrar, la grande nébuleuse Idéichelli, d’origine sanhaja, attendait le moment venu pour prendre sa revanche, avec l’appui de ses cousins Idaw Ich, sur les tribus Mghafra détenant le pouvoir émiral dans cette région. Dans l’Assaba et le Tagant, la confédération Kounta, s’inquiétant de la montée des Sidi Mahmoud qui revêtirent désormais un caractère guerrier sous l’impulsion de l’imprévisible et téméraire Abdellahi Ould Lemrabott Sidi Mahmoud, entretenait une guerre d’usure tantôt contre la confédération montante, tantôt contre ses cousins Tajakant. Les Chratit cherchaient, contre la volonté des Tajount et de leurs alliés Soninkés, à franchir l’Oued El Garfa pour occuper tout le Guidimaka. 

 

A l’est, l’imposante confédération Mechdouf, venant à bout de l’Emirat déjà agonisant des Oulad Mbarek, tentait de phagocyter la zone de Couch et de tutoyer la grande confédération Daoud en occupant certaines zones du Tilemsi. L’immense tribu des Laghlal, renforcée par des agrégats venant de tribus en décomposition et poussée par la péjoration climatique vers le sud, cherchait à se faire un territoire à sa dimension, contre la volonté des tribus dominantes, les Tenouajuw et les Oulad Nasser. 

 

Dans tout l’ensemble maure ou almoravidien, on sentait avant la colonisation, l’odeur du baroud. Les razzias formées principalement des Rguebatt et de leurs ennemis d’alors, les Oulad Bousba, allaient du nord du pays jusqu’au Dhar de Néma pour rafler les esclaves et le bétail. Seul le Fouta demeurait plus ou moins calme grâce à son humidité et à ses moustiques. 

N’eût été la colonisation, ce kaléidoscope aurait eu, comme partout dans le reste du monde, un aboutissement logique : celui de la formation d’une entité homogène, obéissant à un même pouvoir central, après d’innombrables guerres et d’indicibles atrocités. 

 

La colonisation a donc figé, fossilisé et forcé à hiberner au lieu de civiliser et d’assagir réellement une société dont le potentiel de haine, de rancune et de frustration est loin d’avoir été expurgé jusqu’ici. 

Les sédiments de la colonisation, de l’Etat soi-disant national et de la démocratie simulée ne sont encore qu’un verni. Les conflits territoriaux demeurent. Ils sont même devenus plus cruciaux à cause de la raréfaction des ressources naturelles. Les souvenirs agitent encore les esprits. Rien n’a changé au fond, à part que nous avons un drapeau, celui qu’Ely Chandhoura ramena du Maroc et un sceau venant par la même occasion et inconnu du citoyen. 


La Mauritanie a connu deux expériences qui auraient pu la sauver définitivement d’un retour à
la Seiba, c’est-à-dire à l’éclatement sur d’innombrables bases tribales, régionales ou ethniques. 

 

En 1960, à son indépendance, le pays eut la chance unique en son genre, de trouver un homme, Moktar Ould Daddah, dont les qualités étaient hors du commun. La génération qui l’avait accompagné méritait autant que lui, respect et considération. Le pays dut croire à voir émerger un Etat qui finit en effet, d’en être un malgré tout. La loi était au dessus de tous, les biens publics étaient sacrés et la justice protégeait tous les citoyens. Au début des années 70, les réformes économiques allaient permettre l’accumulation rapide d’un capital national sur des bases égalitaires et à partir de ressources licites. 

Alors que les Mauritaniens espéraient la fin de la guerre que Moktar voulait bien arrêter, les militaires vinrent, au nom de la paix et pour dissimuler d’autres mobiles, mettre fin à vingt ans de rêve. 

Près de trente de calvaire où sévit, malgré quelques éclaircies, une sadique et fertile imagination, les Mauritaniens eurent de nouveau l’espoir de pouvoir être dispensés d’un retour quelques siècles en arrière à la recherche de ce chaînon manquant. Ils élirent démocratiquement un homme dont on peut dire tout sauf qu’il manque d’intégrité ou qu’il nourrisse le moindre sentiment d’animosité envers un citoyen quelconque de son pays. Il entreprit de refermer les plaies, de faire sortir les suppliciés de l’esclavage de leur calvaire économique et psychologique et d’assainir une économie rongée par le blanchiment et de trafic des stupéfiants. 

Le second rêve n’aura donc été que de courte durée parce que les zombis sont de retour, pour confisquer le pouvoir et conduire le pays de nouveau vers le précipice. 

 

Faut-il s’étonner de voir ces Zombis venir vers nous pour nous rendre compte de leur vie d’outre tombe? Nous avons besoin de retrouver le chaînon manquant de notre histoire, sans revenir en arrière avec les zombis et sans faire courir à notre pays le risque de ressembler à ceux qui sont déjà meurtris par la guerre civile. 

L’équipe au pouvoir semble malheureusement nous y conduire sans le savoir. Ce n’est cependant pas un défaut pour un officier auto, fut-il général, de méconnaître la stratégie politique. Ce qui l’est en revanche, c’est l’entêtement de personnes qui passent pour être des intellectuels et qui persistent dans leur erreur de jugement, qui tentent de justifier leur acte par des idées saugrenues fondées sur la prééminence de l’impératif de justice qui exigerait plutôt une « dictature éclairée». On ne peut qu’avoir mal au cœur et pitié pour le pays, en apprenant, même si c’est faux, que de respectables personnes comme Moustapha Ould Abeidarrahmane, Mohamed El Moctar Ould Zamel et Louleid Ould Weddad, pensent soutenir une dictature même éclairée. Quel gâchis! 

Nous sommes dans un pays où tout le monde se connaît, où tous ont, les uns avec les autres, des liens de cousinage proche ou lointain. On, sait par conséquent l’origine de toute idée, de tout slogan, de tout jargon politique et idéologique. Aucun régime ne peut dissimuler la couleur idéologique et même idéelle de sa base politique. On sait aussi, lire les images, la démarche des dirigeants, leur façon de laisser le pistolet découvert et le bras levé au ciel, comme celui d’une statue. Nous avons été malheureusement habitués à ces images qui nous rappellent un homme que nous aimons bien mais qui ne reviendra plus, faute d’avoir renoncé à s’entêter, en attendant de meilleurs jours. 

La Mauritanie a une longue façade sur l’Atlantique Sud, chasse gardée, qu’on le veille ou non, de l’OTAN. C’est le pays du continent africain le plus proche des cotes américaines. Il regorge de matières premières qui sont certes les nôtres mais dont nous ne pouvons profiter qu’après les autres. Nous ne sommes plus au temps de Mossadek, de Nasser et de Houari Boumedienne. C’est une autre époque où les slogans comme « compter sur ces propres forces », «la dictature éclairée » « la force du peuple», ne sont conjugués, même par les grandes puissances comme
la Chine, qu’avec prudence et modestie. 

 

Les idéologies se sont effilochées comme un rêve. Le libéralisme vient de rendre l’âme, après avoir résisté pendant un demi siècle grâce aux bémols keynésiens. Le socialisme tel que rêvé par Marx, Engels et Lénine, s’est avéré une généreuse et simple vue de l’esprit. Le nassérisme échappe encore en reprenant acte de sa dimension africaniste grâce à l’intelligence du Président Mouammar Kaddafi. L’islamisme s’il existe, se noie dans le sang en y noyant le reste du monde. Le baasisme a conduit là où il a conduit et, en ressuscitant, s’il venait à le faire, il devrait au moins se laver la face dans les eaux de l’Euphrate, avant de jaillir au bord de l’Atlantique. Bien que ce soit invraisemblable, on ne peut que donner raison à ceux qui voient derrière ce putsch, l’ombre du mouvement baasiste. Toutes les branches de ce courant sont pour la première fois d’accord depuis vingt ans, pour soutenir le régime des généraux. Les vieilles figures qu’on croyait avoir, du fait de l’age, le devoir de relativiser les choses et de prendre du recul, sont venues au secours des putschistes. Incroyable ! Les baasistes sont pourtant le courant qui a le plus souffert du régime militaire. En 1978, ils avaient fomenté, organisé et soutenu le coup d’Etat contre Moctar Ould Daddah. Ils ne tardèrent pas à être arrêtés, torturés et jetés en prison jusqu’à l’arrivée au pouvoir du colonel Maaouya Ould Taya. Ce dernier en exclut par la suite, des dizaines de l’Armée, et dut plus tard en arrêter un grand nombre. Les figures qui s’agitent actuellement pour constituer une base aux généraux sont celles qui le pus souffert du régime martial. Sont-ils politiquement masochistes au point de se faire mordre deux fois dans le même trou ? 

 

En tout cas, il n’y a pas de dictature éclairée, de même qu’il n’y a pas de liberté sous un régime qui se réfère à une idéologie. L’idéologie est un ensemble de dogmes et, comme dit Orwell, la liberté s’arrête là où commence le dogme. Il est donc étonnant que cette réalité pourtant simple, échappe à des intellectuels qui se disent démocrates et qui, après l’instauration de la démocratie, courent derrière une junte militaire, soit-elle dirigée par le colonel Moustapha Ould Mohamed saleck, le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla, Maaouya Ould Taya ou Cheikh Sid Ahmed Ould Babamine. Si les dieux sont tombés sur la tête, certains de nos intellectuels ont perdu la leur avant de tomber. 

Que diront-ils demain à leur peuple ? Dans quelle mare, dans quel fleuve, dans quel océan pourront-ils s’essuyer ? Comment peuvent-ils accepter qu’une femme soit traînée illégalement devant le Sénat alors qu’elle n’a avec lui que le rapport qu’il a avec n’importe quelle personne privée physique ou morale.

La Fondation Khattou est une personne de droit privé tout aussi bien que n’importe quelle boutique du coin. Elle n’a pas été déclarée d’utilité publique pour qu’elle soit justiciable de
la Cour des Comptes et soumise au contrôle du Parlement du fait du caractère public de ses deniers, effet juridique de la déclaration d’utilité publique. Si

la Fondation Khattou a reçu des subsides indus, il faut punir ceux qui les lui auraient donnés et la mettre ensuite en demeure de rembourser. Ce n’est pas un Far West, où l’on vient violer la pauvre épouse du barman après avoir tué son époux .Ce geste apparemment banal est révélateur d’un état d’esprit qui en dit long sur ce qui attend les Mauritaniens sous un régime pareil. Ce genre de geste se répétera et le régime en viendra à entrer en conflit avec sa propre base politique, pour entamer une autre forme de répression plus systématique. Dans ce cas, rien n’est exclu, même l’exécution du président élu, après avoir simulé son évasion et l’assassinat politique comme méthode de gouvernement 

 

Il en résulte que si les démons anciens se réveillent et s’ajoutent à la dégénérescence  idéologique et à la frustration, il ne restera plus aux Mauritaniens que le recours aux armes. Et les armes sont ce qu’il y a qu’il y a de plus facile à se procurer dans ce monde, sur ce continent et dans ce pays en particulier. 

 

La technique ? En Mauritanie, plus que partout ailleurs, il n’y a de différence entre les civils et les militaires, du moins ceux de la milice qui détient le pouvoir, que la couleur des habits. Souhaitons cependant que la raison finisse par avoir raison et que le Général Mohamed Ould Abdel Aziz comprenne que même s’il avait les moyens et le courage de Saddam Houssein, la seule issue pour lui sera de sortir par une porte sécurisée en ayant le mérite d’avoir appris à son pays à préserver la démocratie. 


La Mauritanie, autrement qu’en revenant deux siècles en arrière, pourra alors retrouver son chaînon manquant, en construisant un système pouvant tout au moins, l’aider à l’oublier. 

 SOURCE / LA TRIBUNE 418




Tourisme

8102008

Tourisme

 

Coup de poing dans ses côtes fragiles 

 

Il y a eu le cycle de violence sécuritaire entre octobre 2007 et mars 2008, qui a pénalisé un secteur du tourisme encore embryonnaire, et nui à l’image du pays. Le coup d’état du mois d’août et l’attentat près de Zouerate, il y a trois semaines, fragilisent les efforts fournis ces derniers mois par un ministère du tourisme, qui avait fait de la communication sur l’image de
la Mauritanie, sa priorité. Retour sur une année tourmentée pour le «quatrième pilier économique» en devenir. 

 

Une année mouvementée pour le tourisme- Entre octobre 2007 et septembre 2008, l’image de
la Mauritanie a souffert du terrorisme, de l’insécurité, et plus récemment du coup d’état et de la nouvelle attaque contre un convoi de l’armée près de Zouerate. Pourtant depuis avril, le ministère du tourisme fait des pieds et des mains pour promouvoir la destination du pays «du million de poètes». Un salon historiquement réussi à Paris en mai dernier avait donné le ton de cette nouvelle volonté politique de prendre le taureau touristique par les cornes. Mais ces deux événements récents à un mois d’intervalle plombe tous ces efforts. Et les dents des acteurs du secteur grincent.
«La particularité du secteur du tourisme tient à sa fragilité, qui réside dans le fait qu’il est lié à tous les aspects, sociaux, climatiques, sécuritaires, économiques, politiques, du pays où il est développé. Dès lors, le moindre problème, notamment sécuritaire, aussi minime soit-il, prend contre l’image du pays des proportions vertigineuses.» affirme la directrice du tourisme Cisse Mint Cheikh Ould Beide. «J’ai commencé à travailler dans le secteur du tourisme en 1992. Depuis, c’est bien la première crise d’envergure et d’aussi longue durée, de cette économie, à travers notamment l’image du pays écornée par les violences de l’an passé, et par les turbulences politiques et sécuritaires de ces jours.» opine Mohamed Salem Bontemps, directeur général de Bontemps Voyages. Mohamed Lemine Boukreiss, directeur de l’agence de voyages Big Tours ne verse pas dans l’optimisme non plus à moyen terme en tout cas. Il déplore surtout la mise en chômage technique, de tout un éventail de professionnels du secteur: «Il ne faut pas oublier que le tourisme fait travailler en Mauritanie une dizaines de corps de métiers, entre les artisans, les vendeurs, les guides… Et la crise actuelle rend leur situation très précaire.» Quant à Sidi Ahmed Ould Boubacar, directeur général de MKH, filiale de MKT, pour le secteur de l’hôtellerie, il va dans ce sens et tranche sans rentrer dans les détails, que «l’impression générale est une relative tendance à la baisse de l’afflux de touristes». 

 

Une expérience encore embryonnaire-
La Mauritanie a réellement commencé à mettre en place un plan pour la promotion et la pérennisation du tourisme en 1996. Mais malgré cette volonté politique affichée de faire de ce secteur un des piliers de l’économie mauritanienne, et viser ainsi la diversification des ressources du PIB, la promotion des atouts géographiques, la qualification des acteurs privés et publics a toujours manqué.
Le secteur a longtemps souffert et souffre encore de l’image de la destination Mauritanie exclusivement basée jusqu’ici sur le mono produit «randonnées dans le désert» aujourd’hui éprouvé par une concurrence régionale accrue.
La Mauritanie présente néanmoins des potentialités incontestables, comme celle de pouvoir développer l’écotourisme dans les zones des parcs nationaux en bord de mer. L’appareil touristique mauritanien est donc relativement vétuste, de l’avis même de certains professionnels du secteur. «
Nous manquons cruellement de vrais professionnels du tourisme. Nos guides, réceptionnistes et autres acteurs du tourisme, sont mal formés. Et en amont, la pléthore de pseudo agences de voyages masque mal l’inconstance de la plupart qui concentre dans leurs activités, le voyage, la réception, la location de voitures et  l’hôtellerie, alors que ce sont des activités bien distinctes!» explique Mohamed Salem Bontemps, DG de Bontemps Voyages.  Il faudra donc aider les autorités à dynamiser et moderniser cet appareil. Ce qui est déjà prévu dans le cadre de la coopération franco-mauritanienne, à travers l’agence française de développement (AFD) qui a signé en mai 2006 un programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC) dans le secteur du tourisme. «D’un montant de 1,5 millions d’euros, ce programme qui court sur la période 2006/2010 a des objectifs spécifiques: le renforcement institutionnel du secteur, le développement de la concertation et de la coordination de ses intervenants, ainsi que l’amélioration de sa performance globale et de son image de marque sur sa clientèle» détaille Didier Grébert, directeur de l’AFD en Mauritanie. 

 

MLK 

 

Source /
La Tribune n°418 

Encadré: 

 

Point Afrique renonce à son vol mauritanien 


Mauvais temps pour
la Mauritanie : alors que les conditions de sécurité demeurent incertaines, Point Afrique préfère renoncer au vol hebdomadaire qu’il comptait affréter entre paris et Atar cet hiver. La desserte devait être assurée par Air Méditerranée en Airbus A321 (220 sièges) le dimanche. 126 passagers étaient enregistrés sur le premier vol du 25 septembre.
Amoureux du désert, Maurice Freund a cherché une solution de repli sur
la Mauritanie, pour les agences spécialisées dans la randonnée avec lesquelles il travaille, et pour sa propre activité : le président-fondateur de Point Afrique a tenté de négocier avec
la Somasert, qui exploite désormais le seul vol hebdomadaire Paris-Atar (revendu par Transavia.com). En vain. 

«Nous étions prêts à partager le risque aérien, explique-t-il. Les négociations ont pour l’heure achoppé, sur le prix mais aussi le jour de la rotation. Le vol de
la Somasert (Société mauritanienne de services et de tourisme), le vendredi, pose problème. «En basculant du dimanche au vendredi, nous perdrions 60% de nos clients», estime Maurice Freund.
«Alors que
la Libye vient de fermer son désert aux touristes, les destinations de repli sont moins nombreuses», ajoute-t-il à regret. En plus de Mopti au Mali, Point Afrique compte surtout sur l’Algérie cet hiver : outre sa nouvelle destination Ghardaïa, il pousse avec prudence Djanet et Tamanrasset. «Avec Aigle azur, nous avons réduit de 55% nos capacités sur ces deux villes, par rapport à l’an dernier. Les gens sont de plus en plus réticents à l’idée d’aller dans le Sahara.»

 

Source: La rédaction de L’écho Touristique




Économie

8102008

Économie 

 

Pas de PIB, sans PME! 

 

L’emploi est dans une crise structurelle depuis des décennies en Mauritanie. La faute entre autres, à un réseau inexistant de petites et moyennes entreprises (PME) vigoureuses. Et le décollage durable de l’économie du pays passera nécessairement par un fort soutien au développement des PME. 

 

«Les PME constituent le principal pourvoyeur d’emplois. Ils contribuent à une plus équitable distribution des richesses et à la diffusion de la culture de l’entrepreneuriat.» plante d’office le décor, Alioune Diallo, directeur de
la CGME, à Nouakchott. Dans une économie mondiale en compétition,
la PME a besoin d’un cadre administratif souple et adapté, d’une gestion fiscale saine, et derrière, d’un secteur financier performant et à l’écoute de ses attentes. Et notre pays totalise remplit très difficilement ces critères, voire ne les remplit pas du tout. En effet, le secteur privé mauritanien est majoritairement composé de micro-entreprises informelles, qui coexistent avec de grands groupes. «La petite taille de la majorité des entreprises s’explique à la fois par l’émergence récente du secteur privé, et par l’existence de freins juridiques et financiers à l’accumulation de capital. Parallèlement à ce foisonnement de petites structures, se sont développées de grandes entreprises, nationales essentiellement, et pour les privées, principalement des filiales de grands groupes étrangers.» explique Alioune Diallo. Entre les deux, les PME restent très peu nombreuses et constituent le «chaînon manquant». Cette faille du système de production national tient beaucoup à l’étroitesse du marché mauritanien et à la faiblesse du pouvoir d’achat local. Une des rares initiatives

de production, privées, est certainement l’entreprise de produits laitiers, Tiviski, qui a su amorcer le transfert de technologie nécessaire pour lancer la production, et la chaîne de froid, lors de l’étape de distribution de ses produits. Et elle est créatrice d’emplois. Tout ce qu’on attend d’une PME.

Mais même cet exemple de réussite manifeste une production avec une relative faible valeur ajoutée, et est confrontée, à des difficultés qui touchent toutes les PME mauritaniennes: l’insuffisance notoire d’infrastructures de base, et un relatif déficit en savoir-faire durable.

Ces contraintes structurelles demeurent tout de même dérisoires, face à la principale contrainte, qui est d’ordre financière.

 

Les sources de financement manquent cruellement 

 

Nos PME souffrent d’un accès au financement limité qui contraint leur émergence et leur développement ultérieur. L’autofinancement reste leur source principale de financement. L’accès aux financements formels (banques et institutions financières) reste quant à lui médiocre, en raison du risque de défaut important associé aux PME et de l’insuffisance des instruments financiers existants. Nos petits entrepreneurs sont rarement en mesure de satisfaire aux conditions fixées par les institutions financières. Les PME sont jugées risquées à financer par les institutions financières, en raison du manque d’informations sur les capacités de remboursement des entrepreneurs et de la faiblesse des garanties. Si la confiance des financiers n’est pas aisée à obtenir, cela découle aussi du sous-développement du système financier sur lequel ils sont appuyés, et qui offre donc peu d’outils de financement : les marchés des capitaux restent embryonnaires, l’actionnariat est limité et les instruments de financement à long terme sont inexistants pour ces PME. Et les difficultés de bancarisation auxquelles les banques mauritaniennes sont confrontées (moins de 20%) accroissent la difficulté de prêter aux entrepreneurs.

 

Passer par le micro-crédit? 

 

Dans ce cadre, «les intermédiaires financiers non bancaires, tels que les organismes de micro-crédit, pourraient jouer un rôle important dans les prêts aux plus petites des PME, mais ne disposent pas de capacités suffisantes pour suivre leurs clients lorsque ceux-ci se développent. Cependant, la carence de financement pour les PME a en partie était comblée par les institutions de microfinance.» relève Mohamedou Lamine Diack, secrétaire général de l’APROMI ( association des professionnels de la microfinance). Leur essor s’explique par la souplesse des formules de financement proposées aux petits entrepreneurs. « Et les taux de remboursement affichés par les institutions, ONG et programmes ne sont semblent globalement pas mauvais (entre 91 et 98% en moyenne). Un manque d’homogénéité sur le mode de calcul de ces taux rend toutefois difficile l’expression d’une moyenne générale» prévient-il. Les établissements financiers ne doivent donc pas constituer aux yeux des entrepreneurs l’unique source de financement pour les PME.

 

La solution de financement dans les grappes sectorielles? 

 

Les grappes sectorielles constituent potentiellement des sources de financement importantes, comme c’est le cas en Asie et en Amérique latine. Les grappes de PME, très actives en Asie, permettent aux entreprises opérant en leur sein de conjuguer leurs efforts pour solliciter un financement, apporter une garantie collective ou même créer leur propre établissement financier. La menace d’exclusion du réseau est suffisamment forte pour faciliter l’exécution des contrats, ce qui permet aux entreprises de la grappe de surmonter les carences de l’environnement juridique et judiciaire. «Les interactions répétées avec l’établissement financier, ainsi que les effets de réputation au sein de la grappe, peuvent considérablement renforcer la confiance entre les entreprises et les établissements financiers, ce qui facilite l’accès au crédit à des taux d’intérêt moins élevés. La coopération donne également aux entreprises la possibilité d’accéder au crédit fournisseur et de se prêter les unes aux autres les ressources dont elles ont ponctuellement besoin, ce qui réduit les frais généraux. Les grappes sectorielles restent néanmoins très peu développées en Afrique, mais restent une voie intéressante à explorer.» développe El Kory Ould Adad, secrétaire général de la fédération mauritanienne de boulangerie (FMB).

 

MLK 

 

Encadré:

 

PME et ultra-libéralisme mondial 

 


La PME est perçue aujourd’hui comme un instrument privilégié de la croissance économique. Cette position est due à : la contribution appréciable de
la PME à la production de richesses et à la création d’emplois; à sa souplesse d’adaptation aux conditions de l’environnement des entreprises. Cet environnement particulièrement marqué par la mondialisation croissante des échanges et la globalisation de l’économie mondiale qui enlèvent toutes les frontières physiques grâce à l’utilisation de plus en plus partagée des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Dans un tel contexte, les PME mauritaniennes, comme leurs homologues du reste du monde, ne sont plus protégées contre la concurrence extérieure et doivent, pour soutenir cette dernière, s’avérer compétitives aussi sur leurs propres marchés locaux (contre les importations étrangères) que sur les marchés d’exportation à l’échelle régionale et mondiale. En un mot, les PME doivent améliorer leur compétitivité si elles veulent jouer un rôle significatif sur les marchés régionaux et mondiaux tout en servant leurs marchés nationaux désormais ouverts à une concurrence étrangère de tous bords.




Économie

8102008

Économie 

 

Si le communisme est mort, le néo-libéralisme agonise 

 

La crise des subprimes révèle aujourd’hui un nouveau pic d’ampleur, à travers la quasi faillite de deux grandes institutions américaines de finances, à savoir la banque Lehman Brothers, et la société d’assurance AIG. Au-delà de ces gros chocs de bourse, ces faillites mettent en évidence la fragilité des théories néo-libérales mises en pratique depuis plus de vingt ans maintenant. Chronique de la fin annoncée d’une économie aux pieds d’argiles. 

 

L’annonce de la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, a fait trembler le système financier mondial. Déjà affaiblie par les dépréciations d’actifs causées par la crise des subprimes, la banque a perdu 3,9 milliards de dollars entre juillet et septembre! L’onde de choc a plombé les Bourses d’Asie, d’Europe et même des pays du Golfe. Du coup le dollar a replongé face à l’euro, et le pétrole face aux dollars (93 dollars). «Il s’est passé autant en une journée que dans toute l’histoire financière depuis le grand krach de 1929», s’exclamait la semaine passée le directeur associé d’un grand groupe financier américain à l’agence Dow Jones. On touche le nerf de la pseudo solidité tant vantée, du système financier américain. Car au-delà de la débâcle, de Lehman Brothers et de Fannie Mae et Freddie Mac c’est toutes les théories néolibérales sur le «laisser faire le marché» qui sont aujourd’hui ébranlées. Et même si le plan Paulson a été accepté au Congrès américain en deuxième lecture, son refus une première fois marque la fin d’une époque pour les spéculateurs, à qui de plus en plus de gouvernements et de contribuables demandent des comptes, dorénavant.

 

L’état-Providence au cœur des sauvetages 

 


La Réserve fédérale américaine a fait volte-face mardi 16 septembre:
la Banque centrale a finalement débloqué 85 milliards de dollars [60 milliards d'euros] pour sauver American International Group (AIG), donnant du même coup à l’État le contrôle du géant de l’assurance.

Cette décision, deux semaines à peine après la mise sous tutelle par le Trésor américain des organismes de refinancement de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, est l’intervention la plus radicale dans le secteur privé jamais réalisée par
la Banque centrale américaine.

Précision notable, aucune protestation ne s’est faite entendre dans le monde après l’intervention massive de la puissance publique américaine pour sauver ces institutions privées. Au contraire, il y a un consensus tacite clairement exprimé dans les communiqués de
la Banque centrale européenne (BCE) et de
la Banque d’Angleterre, prêtes à intervenir sur le marché des changes au besoin.

Un camouflet pour les théories néo-libérales qui président depuis bientôt vingt ans aux destinées du monde économique. Ces théories en effet ont pour fondement le laisser-faire total de l’état sur les marchés, la règle étant que ceux-ci s’autoréguleraient. Les crises en série qui interviennent sur tous les marchés, notamment financiers, mettent sur un piédestal bancal ce libéralisme à outrance basé sur une autorégulation des marchés qui n’a pas fait ses preuves. Déclenchée en août 2007 par l’effondrement du secteur des subprimes (crédits hypothécaires à risque) aux États-Unis, la crise a maintenant contaminé progressivement la totalité des marchés financiers, et touche aujourd’hui l’économie réelle. Au début les hautes sphères de l’économie mondiale se sont montrées rassurantes, mais aujourd’hui elles ne cachent plus leur inquiétude. Pour le Fond monétaire international (FMI), nous entrons dans la plus grande crise financière depuis la grande dépression des années 1930. Sous la pression des évènements, l’orthodoxie libérale commence à se fissurer, on parle à nouveau de réglementation, d’intervention des pouvoirs publics. Mais il n’est pas question de politique keynésienne, il s’agit seulement de sauver la mise des spéculateurs. Rien de nouveau sous le soleil, le capitalisme c’est la privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes. Tant que tout va bien, les adeptes du marché libre exaltent le risque, quand ça commence à tourner mal, ils se précipitent dans les bras protecteurs de l’État!

 

Une crise de rentabilité 

 

Car en fait, on assiste à une crise de rentabilité du capital. Les marchés financiers ont eu l’ambition démesurée d’exiger des taux de rendements qui n’ont aucune commune mesure avec la rentabilité de l’économie réelle. C’est cela qui a été le moteur de l’inventivité des marchés, de l’innovation financière comme la titrisation des crédits. Il s’agissait de s’affranchir de la sphère de la production afin d’atteindre la fameuse règle des 15% de rentabilité du capital. On sort enfin de ce grand rêve éveillé. Et on peut dire que la crise est une protestation véhémente contre ces exigences insensées des détenteurs du capital. On va revenir à davantage de mesure. Mais il faudra se souvenir que ce rêve des profits illimités est partie intégrante du système capitalisme. Rappelons nous la bulle Internet était née de perspectives de profits extraordinaire que promettait la «nouvelle économie».

Depuis 1929, le capitalisme s’est transformé, et la mondialisation a étendu l’hégémonie du salariat à l’ensemble de la planète. On peut dire qu’aujourd’hui, il a éliminé toute la petite production, majoritairement agricole, qui représentait, jusqu’à la seconde Guerre mondiale, voire au-delà, une sorte d’amortisseur des crises. Avec la mondialisation, l’espace disponible pour les perturbations s’est dilaté à l’ensemble de la planète, l’interconnexion des marchés est complète et diffuse toujours plus rapidement les mouvements de flux et de reflux. Les crises se succèdent de plus en plus rapidement et s’élargissent : la crise mexicaine en 1995, celle du sud-est en 1997, de la nouvelle économie en 2001 centrée sur les États-Unis et enfin celle d’aujourd’hui qui concerne le monde entier. C’est un démenti aux thèses néolibérales qui a démantelé tout l’ancien système fordiste basé sur la consommation des ménages, et qui placé comme moteur de la croissance, non plus les salaires, mais l’endettement des ménages.

 

Ruiner le pays pour sauver les financiers 

 

Au final, les remèdes des docteurs libéraux pourraient bien tuer le malade. Comme ceux du nouveau gouverneur de
la Fed, Ben Bernanke: Il réduit massivement les taux dans l’espoir illusoire d’enrayer la chute des marchés immobiliers et d’éviter la récession. En même temps il injecte des milliards d’argent public dans les institutions financières chancelantes, mais en essayant de préserver les apparences de l’orthodoxie. Ces remèdes se traduisent par une baisse continue du dollar qui met en danger son rôle dominant dans le système financier international. Ainsi que par un recours croissant à l’emprunt qui dépend de la bonne volonté des créanciers. Or ceux-ci commencent à craindre que les États-Unis ne soient plus capables de rembourser une dette qui s’élève déjà à 9 000 milliards. L’afflux des capitaux étrangers, qui permettent au pays de vivre à crédit, commence à se tarir. Au dernier trimestre 2007, les investissements étrangers sont passés de 113 à 56 milliards. En accélérant la chute de la monnaie et l’envolée de la dette, la classe dirigeante prend le risque de ruiner le pays pour éviter la faillite des financiers. La mondialisation capitaliste a pour effet de propager à grande vitesse la crise dans le monde entier. Comme une bonne partie des transactions de matières premières se font en dollars, sa baisse entraîne mécaniquement une hausse des cours et provoque une inflation mondiale. Le pétrole, qui a dépassé les 110 dollars le baril y contribue pour beaucoup. Ensuite, les spéculateurs désertent Wall Street et les produits financiers pour se réfugier à la bourse des matières premières de Chicago où il y a des perspectives de profits importants et rapides. La conjugaison de ces deux phénomènes est la principale cause de la hausse dramatique du prix des denrées alimentaires dans les pays pauvres. Dramatique, car selon les estimations de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’alimentation représente en moyenne 15% des dépenses de consommation dans les pays riches, contre 70% dans les pays pauvres. Derrière ces crises globales se cache un système: le néolibéralisme avec le culte du profit, et ses instruments, les marchés financiers et la spéculation. La brutalité de ce système en plein développement depuis vingt-cinq ans éclate au grand jour.

 

MLK 




Chronique Mansor

8102008

 

  

L’objectivité de la connaissance et la capacité d’adaptation se construisent sur la contrainte de distinctions – inéluctable distanciation de ce qui se manifeste –  à commencer par celle entre cause et effet. C’est-à-dire entre un mouvement de l’esprit et un mouvement des sens. Ainsi se différencient, tant nos fonctions organiques que les évènements, sous le joug d’une loi de causalité, indispensable à notre économie d’existence. En cette relativité incontournable, rien n’arrive qui ne soit, semble-t-il, nécessaire, mais pas forcément prédictible, fort heureusement [1] : c’est dans cette zone d’incertitudes que se révèle notre aspiration, originelle, à la transcendance. Quels que déterminés soient les phénomènes qui font nos temps et lieu, notre ego et ses méandres, notre société et ses lois – on naît, toujours, quelque part, en quelque moment – l’impossibilité à tout comprendre, à tout prévoir – notre « vertu d’ignorance », donc – fonde, au moins autant, l’espace de notre liberté, celle d’autrui, que le temps de leur négation. 

 

Non pas qu’on s’enhardisse, ici, à ergoter sur le libre arbitre et la prédestination. « La » liberté – et non pas, bien évidemment les diverses libertés, susceptibles, elles, de mesures objectives – ne peut être réductible à une quelconque loi de causalité et, donc, objet de connaissance. Elle en est le sujet même et chacun ne l’apprécie qu’en son for intérieur. Si l’on croit la reconnaitre, parfois, par quelque signe extérieur de clarté – mais les contrefaçons, évidemment, pullulent – elle n’en demeure pas moins hors de tout négoce, selon la pénétrante réflexion d’Emmanuel Kant, qu’on aurait grand besoin, de nos jours, d’inscrire au fronton de nos marchés : « Tout a, ou bien un prix, ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix, et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité [2]. » On conçoit ainsi en quoi la liberté, pour un croyant – mais pas que pour lui, et cette remarque ouvre les plus grandes perspectives humanistes –  consiste à accomplir ce que sa plus profonde nature exige. Du point de vue de celui-là, c’est adoration divine, on l’a dit et répété ; mais pas subi comme un décret : réalisé en souffle de vie. 

 

Dans cet ajustement de conscience, il s’agit donc moins de faire ce qu’on veut, que de vouloir ce qu’on fait. Authenticité, puissance ou concordance ? Quelque soit son motif et son degré de complexité, la volonté, qui peut être populaire, signe une convergence consciente de forces vers la réalisation d’un acte, ainsi lieu et le temps de leur (ré)unification, manifestation d’un indivis. « Tout acte ne vaut que par son intention. » Avec cette célèbre parole du prophète – P.B.L. – on est, probablement, au cœur de la philosophie musulmane, du moins en son péricarde. Exécutée machinalement, sans motivation explicitement formulée à soi-même, la simple ablution rituelle – à fortiori, l’office religieux et n’importe quel acte du quotidien – n’a, strictement, aucune valeur. Faut-il le souligner ? Evoquant un à-venir encore improbable, une fusion peut-être en cours, un fait toujours inaccompli, cette intention en appelle au Maître de
la Certitude, de l’Un, de l’Accompli, consciente de son ignorance de ce qu’il adviendra, en définitive. « Voilà ce que je veux, Seigneur de ma volonté, et je le ferais, incha Allahou ! »     

 

Le constat est lucide et n’a besoin d’aucun complexe ou culpabilité, pour former une fraternité forte de cet aveu de faiblesse, échangé à tout bout de champ et longueur de journée. « Il existe, à la base de la vie humaine, un principe d’insuffisance [3] », écrivait l’ « athéologien » Georges Bataille, et, à défaut d’atteindre l’horizon de ce perpétuel trou noir, où palpite sa plus paradoxale contradiction, se le rappeler, les uns aux autres, en toute circonstance, semble, en tous cas, un assez sûr chemin vers  une attention, plus soutenue, aux incertitudes associées à nos décisions. Pour le croyant, « Incha Allahou » signe le non-lieu à partir duquel partager ce qui n’est pas partageable : l’insuffisance, le manque, l’indivis ; devient possible. En nous reconnaissant, chacun, dans la plus absolue vassalité envers Le Seigneur de ce qui vient, en reconnaissant, à chacun, la permanente sacralité, indéchiffrable, de son rapport à Lui – Huwa Al Hayyoul Qayyoum [4] nous fondons une communauté de gens libres et égaux entre eux, au moins en dignité et quelle que soit la réalité des différences innées et acquises, où nul n’est parfait et ne détient
La Vérité, sinon celle de son ignorance, jamais totalement réductible… qu’à l’instant précis de la mort. 




[1]  D’autres diraient, sans doute : fort malheureusement ; tant il est vrai que bien des efforts peuvent être anéantis, bien des maux endurés, en cette apparente loterie. Vision partielle, vision partiale, jamais plus que relativement juste, jusqu’à cette soudaine élévation, en plein malheur ou bonheur ; pas certaine, non ;  mais possible, toujours possible, al hamdou lillahi rabbil’alamine… 

[2]  « Fondements de la métaphysique des mœurs » –  p 116 –  Garnier-Flammarion, Paris –  1993

[3]  Georges Bataille – « Œuvres complètes », V, p.97 – Gallimard, Paris – 1970 / 1988

[4]  L’Absent Vivant Immuable : en Se retirant dans Sa Création, hors de toute génération et corruption, Il en assure, à défaut de la maintenance – confiée, semble-t-il, à l’humain – le maintien, en toute situation.




Faits divers

8102008

Faits divers 

Par Aboubecrine Ould Sidi 

 

 

Toujounine : Un nouveau -né survit après avoir passé la nuit entre des dunes 

 

Un nouveau –né, dont la mère K.M.C venait  d’accoucher a passé la nuit dans les dunes. 

La maman, qui était enceinte de 8 mois, qui s’est évanouie en travail a été découverte avec son bébé le matin de bonheur  par sa grande sœur. 

Le nouveau –né, une fillette pesant seulement 2,4 kilos a survécu à la chute et se trouve dans un état stable dans l’une des meilleures cliniques de la place avec sa mère, selon les proches. 

 

Ksar : Quand la jalousie aveugle ses victimes 

 

Soupçonnant sa belle sœur de fricoter avec son ex-mari, Anta N. verse un litre d’acide chlorhydrique sur le visage de Assi A. 

La dame Assi a perdu son œil droit  et risque de se retrouver aveugle. C’est une veuve qui vit toujours au domicile conjugale au Ksar avec ses enfants, tous orphelins. 

Anta, elle est divorcée d’avec S.K, petit frère de feu le mari de A.Aw et vit chez ses parents à quelques encablures du lieu de son acte. 

La scène s’est déroulée le jeudi dernier vers minuit. 

                        

Riyadh : Vols de récepteurs 

 

Après la panique qui s’était installée dans cette Moughataa depuis plusieurs semaines suite aux multiples vols de récepteurs orchestrés par les récidivistes Haiba né en 1984 à NKTT et Boibecar né en 1990 à Sélibabi  jeune frère au grand voleur Ely Cheikh qui purge sa peine de 5 ans dans la prison de Dar Naim, un grand Ouf a été poussé par les populations des Pk10 et 11 dont les propriétaires de deux récepteurs, lorsque les limiers du Commissariat de police 1 de Riyadh ont réveillé  vendredi dernier à 8heures précises les deux acteurs en trouvant dans leur piaule quatre récepteurs, un appareil de DVD et un téléviseur d’une valeur de 150.000um.   

A l’arrivée au commissariat, les acteurs ont été interrogés par le Chef de

la PJ Ahmedou avant d’être passés en garde à vue pour être déférés ce dimanche au parquet. 

Nous y reviendrons 

  Source : La Tribune n°418  

 




Rosso

8102008

Rosso

Rapatriement : enlisement du processus ? 

Mi août, quelques jours après le coup de force des militaires, une délégation de parlementaires s’est rendue au Trarza et au Brakna pour rencontrer les rapatriés du Sénégal.. La mission comprenait notamment, Kane Hamidou Baba, député de Nouakchott, Abdarrahmane Ould Cheïn député d’Amourj, Moustapha Ould Mohamed El Mekki, député d’Akjoujt, Jemal Ould Yedali député de Ouad Naga, mohamed Mahmoud Ould Khatter sénateur de Kankossa  et de Mohamed Salem ould Med Sidiya, sénateur de Méderdra . Tous ces parlementaires étaient accompagnés par des membres de la société civile dont Mamadou Elhoussein Kane, coordinateur de ORPH/COVIRE/COREMI, Aminata Alassane Sarr, trésorière du Collectif des Veuves/COVIRE/ORPH et Bocar Mbodj,  Secrétaire Général Adjoint Comité Directeur des Réfugiés. Plus de quarante cinq jours après le passage de la mission parlementaire, la souffrance des rapatriés continue dans l’indifférence générale. Le nouveau régime avait tenu à rassurer les premières vagues revenues au pays (mille cinq cents personnes dans le Trarza et un peu plus au Brakna). L’ANAIR a fait quelques gestes notamment à l’occasion du Ramadan. Quelques produits ont été distribués dans les différents sites et à la veille de la fête, les familles de rapatriés ont reçu un don symbolique destin à les soulager un tant soit peu. Malgré tout, il semble que l’accord tripartite entre le HCR, le Sénégal et
la Mauritanie ne soit pas respecté à la lettre. C’est en tout cas le sentiment des rapatriés. 

  

  

Accompagnée notamment par le Wali, le Hakem, le Commandant du Groupement de
la Garde  du Trarza ,la mission a tenu des réunions avec les rapatriés des différents  sites (PK 6, PK 3, Rosso lycée, Gani, Médina Salam, Thiambène)  et  des réunions de synthèse avec l’ensemble des délégués des sites et  avec le Wali de Trarza. Les parlementaires ont expliqué aux rapatriés  les objectifs de la mission : deux points essentiellement: 

La situation politique nationale : recensement des problèmes des rapatriés 

Pour ce qui est du  premier point, les parlementaires ont expliqué que le mouvement du 06 Août 2008 est un mouvement de rectification des dérives du Président déchu. Ils ont rappelé que le processus de retour des déportés ne résultait pas de la seule volonté de l’ancien président mais d’un consensus national. La mission a assuré aux rapatriés que le Général Mohamed Ould Abdoul Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat,  s’engageait à  poursuivre le processus de rapatriement et voulait s’enquérir de toutes les difficultés qui entravent la réinsertion correcte des rapatriés et la poursuite des opérations de rapatriement. 

Les discussions avec les déportés ont fait ressortir plusieurs problèmes : 

- Au niveau de l’habitat, les bâches qui devaient être remplacées par des hangars sont toujours maintenues dans certains sites ; ces abris de fortune sont inadaptées aux conditions qui règnent sur les lieux ;  le critère arrêté par le HCR (4 membres comme taille minimale pour une famille) pour l’attribution d’un hangar rend cette attribution discriminatoire en excluant plusieurs rapatrtiés. 

 - Le retard dans la délivrance des permis d’occuper , condition requise pour le HCR , pour la construction d’une chambre de 5m x 6 m (ou d(un hangar désormais) par famille entrave la généralisation de cette opération  au niveau de tous les sites. 

Les toilettes  sont insuffisantes en quantité (plusieurs familles partageant la même toilette) et inadaptées en qualité (presque déjà pleines, construites à la dimension d’un  baril de 200 litres enfoui dans le sol) ; 

- Les rations alimentaires distribuées par le HCR par l’intermédiaire de l’ALPD sont  inadaptées aux habitudes culinaires et insuffisantes en quantité. La phase d’insertion étant en retard, toutes les forces  vives sont au chômage et n’arrivent à mener aucun effort aidant à compléter leurs besoins primaires, surtout alimentaires. 

  

-Pour ce qui est de l’approvisionnement en eau, certains sites ont obtenu des raccordements au réseau des localités avoisinantes ; c’est le cas à Rosso ou pour les sites du PK 6, de Médina Salam, de Gani ou de Tiambène. 

Les autres sites connaissent des problèmes énormes de ravitaillement en eau potable et plus souvent utilisent l’eau du fleuve impropre à la consommation ; 

- En matière d’éducation, seuls les enfants des rapatriés du PK 6 ont pu être insérés dans les structures existantes. La prise en charge des enfants des rapatriés, les cours de rattrapage en arabe qui devaient être organisés par l’ANAIR restent un vœu pieux. 

- Dans le domaine de la santé, les soins de santé primaires ne s’octroient que dans les centres urbains de la capitale régionale, départementale ou communale. 

Les urgences sont évacuées à la charge des patients ou de leurs parents et amis. 

- Pour ce qui est de l’état civil, en dehors de la première vague qui a reçu ses cartes d’identité peu de temps après le  retour, tous les autres contingents attendent encore leurs pièces d’identité. L’établissement de la nationalité est un casse tête pour beaucoup de rapatriés, à cause de l’obligation de la présentation de la nationalité de l’un des parents (pièce le plus souvent introuvable par décès de ces derniers ou destruction des archives de référence). 

- Dans le domaine de l’élevage, l’ achat de vaches ou de petits ruminants  par l’ANAIR s’effectue sans concertation avec les bénéficiaires et les procédures d’achat restent opaques. 

D’autre part, les actions du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) sous traitées par ALPD (Association de Lutte contre
la Pauvreté et le Développement), telles que la distribution des vivres du PAM (Programme Alimentaire Mondial), la distribution des kits non alimentaires, la construction des habitats d’urgence sont effectuées avec beaucoup de retard et de manquements. Parfois les contingents de retour restent toute une journée en attente des distributions des rations alimentaires et des kits non alimentaires. 

Selon le rapport de la mission parlementaire, l’attribution de soutien d’urgence de l’ANAIR de 700 000 UM en moyenne par famille, destiné à l’achat de bétail sans consultation préalable du bénéficiaire est source de beaucoup de polémiques. Beaucoup de rapatriés allèguent, vouloir être associés au choix de l’investissement de cet appui. 

Pour ce qui est de l’insertion, le dossier du foncier constitue le casse tête pour les autorités qui risque de fragiliser la cohabitation pacifique dans la vallée entre les rapatriés et les populations que l’administration avait installées dans les propriétés des déportés. Ces problèmes intéressent toutes les populations du Sud (les nouveaux rapatriés, les rapatriés volontaires avant 2000, les populations qui n’ont jamais été déportées), bien que les premiers restent plus vulnérables que les autres. 

Beaucoup de périmètres ont changé  de propriétaires par spéculation. 

Certaines localités se trouvent étranglées sans espace vital (ex : Keur Madiké entouré par la digue d’un périmètre) ; il faut  parfois changer de place  pour être réinstallées ailleurs loin des propriétés traditionnelles  dans le Diéri ( ex : Rabbany, périmètre aménagé de  916 ha  avant la déportation et 250 ha en jachère expropriés par les privés). 

La restitution de ces terres expropriées constitue une étape fondamentale pour l’insertion des rapatriés cultivateurs ; et début de règlement des problèmes de fond de la déportation. 

L’approche pour l’insertion durable discutée  durant les journées nationales de concertation et de mobilisation pour le retour des déportés et le règlement  du passif humanitaire des 20, 21 et 22 novembre 2007  a été retenue par consensus ; cela consiste à l’élaboration de programmes , au financement des activités génératrices de revenus au profit des rapatriés et de tous les habitants des zones de réinstallation de ces derniers dans les régions du Trarza,  Brakna, Gorgol  et Guidimakha . 

L’ANAIR qui devait être l’institution d’exécution de ces projets, est en retard dans leur mise en œuvre. Les tâches exécutées jusqu’à présent se confondent à des actions d’urgence pour lesquelles, il y a absence totale de concertation avec les bénéficiaires. 

 Les rapatriés ont réclamé que les éléments qualifiés parmi eux, capables de satisfaire aux conditions de recrutements pour les prestations de service pour les programmes de leurs installations et réinsertion, soient davantage impliqués. 

En matière d’indemnisation et de réparation des préjudices, des demandes récurrentes sont avancées par les rapatriés, sur les mesures avancées par l’administration pour l’indemnisation des biens spoliés, confisqués ou perdus durant la déportation. 

Ces biens touchent les terres occupées ou expropriées, le bétail perdu à l’époque, les biens mobiliers et immobiliers, les biens privés personnels   et  pour les fonctionnaires le règlement de leur situation administrative, la réintégration dans leurs fonctions antérieures ou une réinsertion convenable dans la vie active. 

Pour tous les  rapatriés et victimes de cette période sombre de l’histoire de
la Mauritanie , procéder à une réparation juste  et équitable des préjudices subis en tenant compte des droits imprescriptibles des victimes et de la nécessité de renforcement de l’unité nationale. 

Les parlementaires ont organisé plusieurs réunions. Le Wali a précisé que du 29 janvier  au 02 juillet 2008, trois cent cinquante-quatre (354) familles représentant mille cinq vingt-neuf (1529) personnes sont rentrées au Trarza. Il a aussi reconnu que la viabilité de certains sites a ralenti l’octroi de permis d’occuper aux rapatriés afin de bénéficier des habitats financés par le HCR.  Les membres de la société civile qui ont participé à la réunion ont souligné qu’ils sont peu impliqués dans les structures d’encadrement. Ce à quoi le Wali a répondu que c’est dû à leur statut juridique. 

 Parmi les difficultés il a aussi noté l’incohérence des interventions des différents partenaires par manque de concertation et de coordination. 

A l’issue de la visite des sites, la mission a regroupé les responsables des rapatriés à Rosso pour évaluer les impressions globales et tirer les conclusions des rencontres. 

Les interventions sont accentuées sur l’acuité les problèmes fonciers et les manquements criants observés sur les opérations d’installation qui ne sont pas suivies de la phase d’insertion qui devait permettre  l’intégration des victimes dans le tissu socioéconomique national. Les rapatriés ont dénoncé avec véhémence la nonchalance des interventions de l’administration et la partialité dans la gestion des dossiers conflictuels. Il a été observé que le déficit de justice équitable peut être source de frustration et de révolte spontanée incontrôlable. 

Des recommandations ont été fournies pour entre autres : 

- Augmenter les rations alimentaires et la période de la phase d’urgence 

- Alléger  les conditions relatives à la taille de famille (> ou = à 4 personnes) pour bénéficier d’un hangar ; 

- Etudier les formes d’indemnisation et de réparation des rapatriés ; 

- Traiter avec urgence les problèmes fonciers ; 

- Veiller à l’impartialité de l’administration dans le traitement des dossiers conflictuels ; 

- Attribuer des permis d’occuper aux rapatriés sans lot d’habitation ; 

- Accélérer la restitution des cartes nationales d’identité aux rapatriés ; 

- Débuter les cours de rattrapage des élèves revenant ; 

- Préparer l’insertion des élèves pour l’ouverture prochaine ; 

- Impliquer les rapatriés et les déportés en situation de retour dans tout le processus de retour ; 

- Accélérer la signature d’un accord tripartite entre
la Mauritanie , le HCR et le gouvernement du Mali pour déterminer les conditions et les mécanismes de rapatriement de nos concitoyens réfugiés dans ce pays. 

CR:Djigo Aboubakry 

  

 

Entretien avec un rapatrié 


La Tribune  : Présentez-vous à nos lecteurs. 

Moussa Ndiaye : Je m’appelle Moussa Ndiaye, j’ai 32 ans ; quand j’ai été déporté d’ici, j’étais très jeune et j’ai passé la plus grande partie de ma vie en exil. Je suis revenu en mars avec la troisième vague et je suis pratiquement le seul membre de ma famille à être de retour. Les autres sont encore au Sénégal.  

L.T. : Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir ? 

M.N. Ce qui m’a poussé à revenir, ce sont les accords tripartites signés par le Sénégal,
la Mauritanie et le HCR. Ces accords nous donnaient des garanties pour un retour dans la dignité et la sécurité. Il y aussi le fait qu’on ne peut qu’aimer son pays même si on ne le connaît pas ; même si on a été victime d’injustice. Le simple fait que l’Etat mauritanien nous reconnaisse notre nationalité était un soulagement pour nous. 

LT : Depuis que vous êtes revenus, qu’est-ce qui a été fait concrètement pour vous ? 

M.N. : Depuis notre retour, l’Etat et le HCR nous ont assisté. Mais ce n’est pas suffisant. Il y a encore beaucoup de choses à faire. 

L.T. : Quels conseils donnerez-vous à ceux qui sont encore là-bas ? 

M.N. : Moi je leur demanderai d’attendre que tous les problèmes soient réglés. Par exemple ma mère est encore au Sénégal et je ne voudrais pas qu’elle connaisse les mêmes souffrances que j’ai endurées. Il y a des préalables à assurer. Par exemple depuis la vague du 19 juillet, le critère de 4 membres comme taille minimale d’une famille est posé. Une famille de moins de quatre personnes n’a pas droit à un hangar. Or, des familles de moins de quatre personnes il y en a beaucoup. Quand les enfants grandissent et se marient, ils constituent une famille différente de celle de leur mère et de leurs frères et sœurs. 

Lorsque toute la famille élargie se regroupe et s’inscrit comme une seule famille, à son retour elle n’a droit qu’à une seule construction ou un seul hangar maintenant. Et ce n’est pas possible pour nous que plusieurs couples vivent sous le même hangar. Voila pourquoi on assiste à l’éclatement des familles. En plus pendant les déportations il y a eu des groupes de deux, de trois membres d’une famille. C’est normal qu’on se retrouve aujourd’hui avec des familles de moins de quatre personnes. 

Je vous donne l’exemple de  quelqu’un qui est revenu seul. Il a été déporté avec sa mère. Celle-ci s’est remariée au Sénégal et a eu d’autres enfants. Mais elle est décédée avant le processus de retour. Le père des enfants nés au Sénégal n’a pas voulu que ses enfants viennent. Mais l’aîné a tenu à revenir dans son pays. Et comme il est seul voilà qu’il n’a pas droit à un hangar. C’est absurde. 

L.T. : Quels sont vos principaux problèmes ? 

M.N. : Nous avons un problème d’environnement. Nous n’avons toujours pas de latrines et un habitat sans latrines vous savez ce que c’est. Le deuxième problème c’est celui des vivres, nous sommes rapatriés et nous n’avons aucune activité pour subvenir à nos besoins. Ils nous distribuent des vivres à notre arrivée mais dès que le stock est épuisé nous nous grattons la tête pour tendre la main encore. Ce n’est pas ce que nous voulons. Comme on dit il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher plutôt que de lui donner du poisson. Moi qui vous parle si j’avais seulement une parcelle de 0,5 ha j’allais cultiver. Je préfère cela  car c’est beaucoup mieux que l’assistance permanente. 

Et nous avons ici des jeunes qui ont reçu une formation ; ils ne demandent qu’à travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Pour cela il faut des projets, des AGR 

  

En gros, les accords tripartites n’ont pas été respectés. Par exemple, nous sommes la depuis six mois et nous n’avons encore aucune pièce d’état-civil. Les cartes d’identité ne sont pas encore disponibles ; ils nous avaient dit qu’on aurait nos papiers dans un délai de trois mois. 

Pour la nationalité, on nous dit de faire des demandes individuelles. Or nous avons des problèmes pour cela : on exige la nationalité de l’un des parents. Or tous les deux ayant été déportés aucun d’eux ne dispose de certificat de nationalité. Alors comment faire ? 

Propos recueillis par Djigo Aboubakry 

  

Témoignage : 

Mbodj Bocar est un rapatrié installé au site Rosso Lycée à un kilomètre environ de Tounguène. Nous l’avons rencontré vendredi 26 septembre. Il a bien voulu nous dresser un tableau de la situation qui prévaut dans son site. 

  

Jusqu’à présent, certains sont encore dans des bâches ; or vous mêmes vous avez vu que plusieurs bâches sont hors d’usage.  il y a aussi que dix familles n’auront pas de hangar à cause de la taille. Ce sont des familles de moins de quatre personnes ; il y a aussi le problème des sous familles. Les jeunes qui sont mariés doivent vivre dans la même pièce que les parents. 

La couverture sanitaire est inexistante. La dernière fois nous avons fait des quêtes pour évacuer à Nouakchott un rapatriés qui est décédé finalement. Les enfants scolarisés ne sont pas pris en charge. 

L’ANAIR a apporté une fois un lot des médicaments pour les soins primaires mais ce lot de médicaments a disparu. Même les responsables disent ne pas savoir où sont passes ces médicaments. 

Nous avions trois élèves du niveau du collège mais ils sont là-bas comme auditeurs parce qu’ils n’ont pas de matricule ; au niveau de l’état civil rien n’est encore fait or ce qui nous avait poussé à revenir c’est que la promesse avait été faite que dès notre arrivée nous aurions nos papiers : nationalité, état-civil, carte d’identité. Or rien n’est fait de ce coté là. Au plan sécurité il y a des problèmes. Tout récemment un de nos amis a été arrêté pendant plus d’une semaine parce qu’il avait voulu s’installer dans son ancien périmètres. Nos rapports avec les autorités administratives ne sont pas des meilleurs. 

Le gouverneur a l’habitude de nous dire que beaucoup de problèmes relèvent de l’ANAIR ou du HCR ; pour les cartes d’identité il nous a dit qu’il faut un nombre suffisant pour les produire. 

L’ANAIR a apporté des vaches mais il n’y a pas de mesures d’accompagnement ; une seule fois ils ont donné des aliments pour le bétail et ils ont promis de soins aux vaches parce qu’il y a eu une épizootie. 

L’assistance alimentaire est dérisoire. Ils avaient prévu de nous prendre en charge pendant trois mois ; après cela ils ont donné une deuxième tranche équivalant à 50 % de la première dotation. En plus  à la place du riz ils donnent du blé qui finalement est inutile. Il est vrai qu’avec le ramadan, ils ont apporté quelques denrées ; quatre kilos de dattes, un kilo de thé et dix kilos de sucre par famille quelle que soit la taille de la famille. Ils viennent aussi de donner un stock pour une boutique communautaire. Mais encore une fois, la plupart du temps ils donnent des vivres et dès qu’il n’y en a plus on est dans l’embarras. Et il n’y a aucun  projet alternatif qui nous permette de vivre décemment. 

Beaucoup de projets ont été faits mais rien n’est réalisé et les autorités cherchent à faire venir d’autres vagues. 

  

Les conseils que nous avons à donner à nos parents qui sont encore au Sénégal c’est qu’ils attendent que tout soit réglé ici. Il faut que la situation des rapatriés soit réglée avant que d’autres vagues n’arrivent. Sinon ils vont connaître les mêmes problèmes que nous. Nous allons faire une large sensibilisation par rapport à cela. Nous sommes en contact avec eux pour les informer de sorte que ceux qui reviendront, reviennent en connaissance de cause. Comme cela personne n’aura à se plaindre. Nous, nous ne savions pas ce qui nous attendait mais nous constituons un exemple concret. Le paysan, il faut qu’il s’assure que ses terres sont disponibles avant de revenir ; c’est ce qui pourra le faire vivre ;  il faut aussi s’assurer de l’habitat ; on ne peut pas tout faire mais il y a un minimum 

Mais rester là à se tourner les pouces ce n’est pas une solution. Nous sommes en contact avec les déportés et nous les informons régulièrement.
Tout récemment le chef d’antenne du HCR nous a dit que nos parents peuvent faire une pré visite ; nous leur donnerons des conseils à cette occasion. 

D’ailleurs les accords prévoient cela mais apparemment ils veulent fouler cette clause  

 Même nous nous avons eu à forcer la main aux gens pour faire une pré visite. 

Je fais partie des six délégués qui sont venus les premiers pour voir la situation sur place ce qui se faisait. Mais après notre retour il y a eu des inquiétudes et nos dirigeants avaient raison. 

Je devais venir avec la première vague mais j’ai dû écouter les consignes de nos dirigeants ;  je suis venu avec le troisième vague parce que les gens commençaient à faire des interprétations diverses ; certains prétendaient qu’il y avait des ingérences politiques ; c’est pourquoi le comité directeur a décidé que je devais venir rejoindre ceux qui étaient déjà sur place ; vous savez que la plupart des gens revenus dans les premières vagues sont des paysans et des bergers. Ils ne connaissent pas leurs droits et ne sont pas à même de se  défendre. 

Source :
La Tribune n°418 

 

 

 







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