RFD/HCE

16 09 2008

RFD/HCE

Déception et surprise

La  semaine dernière a été marquée par deux sorties du groupe parlementaire du rassemblement des forces démocratiques d’Ahmed Ould Daddah. La première sortie a eu lieu le 7 septembre au siège du parti. A la faveur d’un point de presse, les députés Kane Hamidou Baba et Abderrahmane Ould Mini, ont informé la presse du déroulement de la session extraordinaire de l’assemblée nationale dans laquelle ils sont engagés avec d’autres parlementaires soutenant le coup d’état du 06 août. Deux points de divergences ont été souligné par les députés du RFD : le calendrier de la transition à aborder et la garantie de non éligibilité des membres du HCE. On était à moins de deux jours de la tenue d’une séance à l’assemblée au cours de laquelle les discussions devaient se poursuivre. A la veille, le Premier ministre avait déjà évoqué des journées de concertation sur la démocratie et l’éventualité d’amendements de la constitution. Présage d’un aménagement de place très confortable pour les acteurs militaires du 06 août ? En tous cas « la priorité n’est pas à une révision constitutionnelle », souligne Hamidou Baba pour qui « il faut régler les problèmes politiques d’abord… » Un règlement qui s’est avéré difficile voire impossible car deux jours après, ce fut au cours de sa seconde sortie que le groupe parlementaire du Rassemblement des forces démocratiques va mettre fin à sa coordination politique avec leurs autres partenaires parlementaires favorables au coup d’Etat du 6 août dernier.

 Et pour cause : « Nous ne sommes pas parvenus à un accord »,  a affirmé le député Abderrahmane Ould Mini. On était mercredi 10 septembre. Et cette fois-ci dans l’enceinte de l’Assemblée nationale où une séance devait se dérouler. Le RFD avait même décidé de boycotter cette séance qui finalement avait été reportée. Le divorce était on ne peut plus consommé car le RFD et ses partenaires pouvaient s’entendre sur tout sauf sur l’essentiel : l’éligibilité des membres du Haut conseil d’Etat. Si pour les partisans d’Ahmed Ould Daddah l’interdiction de candidature à la présidentielle de toute personne revêtant le statut de militaire à la date du 6 août 2008 n’est pas négociable, pour les autres refuser aux membres du HCE de briguer la magistrature suprême serait injuste. Car a déclaré le député d’Atar sur
la TVM : « si un militaire démissionne avant les élections et décide de se présenter aux élections, on ne saurait lui interdire cela parce qu’aucun texte ne le lui  interdit. »  

Inadmissible pour les parlementaires du RFD qui se disent surpris par cette « obstination totale à vouloir laisser la porte ouverte aux membres du Haut conseil pour la candidature à la présidentielle ». La candidature est un droit constitutionnel de tout citoyen mauritanien du point de vue juridique.  « Mais le contexte politique national et sous-régional recommande de mettre des garde-fous afin d’éviter la répétition du scénario de 2005 » a martelé Nana Mint Cheikhna pour qui « on ne doit pas rester en deçà de cette condition », c’est-à-dire l’engagement des membres du CMJD à ne se présenter à aucune élection…

 

 

Arguant de son côté que
la Mauritanie est  actuellement sous fortes  pressions extérieures, Abderrahmane Ould Mini a appelé le Haut conseil d’Etat à prendre conscience des dangers qu’encoure le pays. Une vision qui semble désormais similaire à celle du FNDD. La veille de cette conférence de presse, le Président du RFD avait engagé des contacts avec les responsables du Front. Or deux semaines plus tôt, il avait répondu à une question relative à la position de l’opposition dans l’éventualité d’un désaccord avec les autorités : rejoindre le front n’est pas à envisager. Que pourrait donc signifier pour le chef de file de l’opposition un rapprochement avec Messaoud, Jemil, O. Maouloud, Boideil et les autres ? 

Avec ses 17 députés le  RFD a pesé certainement dans le processus de déstabilisation du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Comme première force politique de l’opposition mauritanienne, le parti de Ahmed Ould Daddah avait refusé d’entrer dans le gouvernement de Waghef alors ouvert à d’autres formations comme l’UFP et le RNRD. Le parti a en plus soutenu la fronde contre le président et n’a pas hésité à bénir le putsch du 06 août qu’il qualifie de  rectification d’une démocratie déviante.

 

Quoi après la déception ? 

 

Ahmed Ould Daddah aura tout fait pour justifier le coup d’Etat. Accusant Ould Cheikh Abdallahi d’avoir été incapable  à acquérir  la légitimité par la compétence, le chef de file de l’opposition  a avoué à l’occasion d’un précédent point de presse avoir « fait un sacrifice en acceptant le verdit des urnes en mars 2007 » tout en sachant que son rival « était soutenu par les militaires ». Aujourd’hui c’est à son parti que les généraux seraient en train de s’attaquer. Devnu une menace pour leurs ambitions le RFD serait en instance d’être désintégrée. Selon certaines sources assez au faîte de l’actualité et dont notamment le site Taqdoumy.com, « les Généraux Ould Abdel Aziz et Ould Ghazouany auraient chargé le ministre de l’intérieur Mohamed Ould Maaouiya et le Directeur Général de
la Sûreté Nationale, le Colonel Mohamed Ould Hadi, d’œuvrer à diviser les rangs du Rassemblement des Forces Démocratiques, avec l’aide de hauts cadres de ce parti. » On parle déjà de la mobilisation de hauts cadres du parti auxquels des promesses alléchantes seraient faites en contrepartie d’une fronde à l’intérieur du parti. 
Certains de ces cadres ont réitéré la position de leur parti appuyant ce qu’ils appellent le mouvement de la rectification sous la conduite du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils se sont engagés à persévérer sur cette voie. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue samedi à Nouakchott et au cours de laquelle le fédéral du parti  Abdallahi Salem Ould Ahmedoua a  souligné au nom du groupe que cette position a été étayée par les marches de soutien au mouvement de « la rectification ainsi que les messages adressés à l’extérieur pour expliquer les raisons à l’origine du changement du 6 août 2008 ». Il a en plus signalé que de « bonnes intentions sont affichées par le Haut Conseil d’Etat » tout en assurant que la position du RFD par rapport au changement est définitive et ne saurait faire l’objet d’une quelconque révision. Position assez paradoxale qui augure d’un affaiblissement qui risque de s’avérer fatal pour la formation du chef de file de l’opposition, un homme dont l’ambition reste l’accession à la magistrature suprême de la république Islamique de Mauritanie. Reste à savoir s’il tiendra bon congre des hommes en tenues autoproclamés rectificateurs et superviseurs de la démocratie mauritanienne. Ces hommes en tenue ne l’avaient pas choisi comme candidat à la présidentielle de 2007. Maintenant qu’eux-mêmes ont l’intention de séjourner un peu longtemps sur le fauteuil de son rival Ould Cheikh Abdallahi, au moment où lui-même veut faire obstruction à leur ambition, la bataille sera très houleuse. A coup sûr ! 

Kissima   

 

Source :
La Tribune n°416


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