BTP

16 09 2008

BTP 

 

Le paradoxe mauritanien 

 

«Quand le bâtiment va, tout va». Cet aphorisme économique découle du principe que lorsque le secteur de la construction marche, il génère un torrent de sous-traitances bénéfique pour la croissance d’un pays. En Mauritanie, l’économie générale et les BTP semblent n’avoir aucun lien… 

 

Un simple coup d’œil d’ensemble sur la capitale prouve que jamais la construction n’a été aussi vitale. Les projets en construction de centres commerciaux, les maisons, les hôtels, les projets d’entreprises poussent comme des champignons. Mais cela ne se manifeste pas nettement sur la croissance mauritanienne. Depuis 1985, date des premières réformes sur la libéralisation de l’économie, le secteur du BTP a connu une très grande transformation. Des agences d’exécution ont été créées avec comme objectif premier de favoriser l’émergence de PME dans le secteur et de libéraliser le marché des travaux publics. Ce mouvement de création d’entreprises dans le secteur du BTP a été renforcé par les apports de financement et l’assouplissement des formalités administratives. Ainsi, la contribution du secteur dans la croissance du PIB est passée de 5% en 1998 à 13% en 2005. Toutefois le secteur informel reste prédominant, la filière construction n’est pas structurée et il n’existe pas d’organisme national de normalisation. Un facteur non négligeable à prendre en compte dans le développement du secteur est l’urbanisation croissante liée à la sédentarisation. Concernant les infrastructures, de nombreuses opportunités existent d’autant plus que les futures recettes pétrolières vont accroître les marges de manœuvre du Gouvernement (routes, ports et aéroports). 

 

Un secteur pollué par des acteurs illégaux 

 

Le secteur du BTP et des matériaux de construction en Mauritanie compte plus de 80 entreprises formelles. Les dernières études évaluent à 350 entités le nombre d’ateliers ou de groupements de tacherons exerçant leurs activités en dehors de la sphère légale et fiscale. Au total, le secteur emploie environ 16.000 personnes en Mauritanie. 

Concernant les grandes entreprises internationales du BTP peu d’entre elles possèdent une structure locale, mis à part Razel (Groupe Bilinger Berger – All). En fait, nombre de ces entreprises sont présentes dans le pays voisin au Sénégal. En revanche, elles interviennent ponctuellement sur les grands travaux d’infrastructures notamment les routes dans le cadre des appels d’offres internationaux. Toutefois, les entreprises chinoises sont de plus en plus présentes en Mauritanie et ont construit de nombreux ouvrages (Centre international des conférences, plusieurs palais de justice, le Palais présidentiel, le Musée de Nouakchott, et plus récemment la construction du nouvel aéroport de Nouakchott). Alors que les entreprises chinoises concurrencent les entrepreneurs européens sur les grands ouvrages, les entreprises locales sont concurrencées également par leurs homologues de Tunisie et du Maroc dans le domaine de la construction. Par ailleurs, il n’existe pas encore de fédération ou d’organisation professionnelle formalisée représentant les entreprises du secteur du BTP en Mauritanie. 

 

MLK 

 

Encadré: 

 

De faibles infrastructures qui ne boostent pas l’économie 

 

Routes: le réseau comptait en 2005, 10.297 km dont 2833 km bitumées. La route Nouadhibou/Nouakchott (480 km) a été inaugurée en 2006. Des chantiers sont en cours d’exécution comme la route Rosso/Boghé ; d’autres sont en cours de lancement ou en étude sur des tronçons nord-sud et à l’Est du pays vers le Mali. L’année 2006 marque également la fin du monopole de
la Fédération Nationale des Transports. Le financement provient essentiellement des bailleurs de fonds internationaux (Union européenne et Banque Africaine de Développement, essentiellement).
 

 

Chemin de fer: il n’existe qu’une seule ligne qui appartient à
la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) qui relie Nouadhibou à Zouerate et est dédiée au transport de minerai de fer. Un projet de chemin de fer devra relier Nouakchott à Kaédi, en passant par les mines de Boffal.
 

 

Aéroports: les infrastructures aéroportuaires comprennent trois aéroports internationaux 

(Nouakchott, Nouadhibou, Atar), 7 aéroports secondaires et une dizaine de terrain d’aviation. 

 

Source :
La Tribune n°416
 


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