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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

16092008

A suivre la scène politique de près, on peut dire  que les rivalités seront entre Ely Ould Mohamed Vall et un autre puissant  candidat. Le  président du haut  conseil d’Etat serait-il ce candidat ? Le général Ould Abdel Aziz  est incontestablement  fort avec l’appui des députés frondeurs. Ils sont une cinquantaine de  députés sans compter les sénateurs. Le député Saleh Ould Hanana a déclaré, tout récemment, sur les ondes de RFI   que son camp (les pros généraux, NDR) est, malgré  le retrait des députés du RFD  du clan militaire, toujours majoritaire. L’ancienne opposition reste, en dépit des convergences des intérêts, divisée. Deux courants  politiques se manifestent : le premier c’est celui du Front National pour la Défense de la Démocratie et le second  n’est que le RFD et l’AJID. 

Bien que le leader du RFD ait entamé des pourparlers avec les principaux  chefs de file du FNDD, la force contestataire  du renversement du régime civil n’en demeure pas plus unie. Ce qui laisse penser que même s’il y aura un consensus politique, il serait difficile pour eux de s’unir pour proposer un seul candidat. Le FNDD déclare publiquement qu’il est avec un retour inconditionnel de Sidi Ould Cheikh Abdalhi, alors que Ould Daddah  exige sa démission. Il semble aussi   que la classe politique  peut trouver  un terrain d’entente pour une sortie honorable pour les militaires. Mais ce qui ne fait pas l’unanimité c’est la  candidature de l’homme fort du pays, le président du haut conseil d’Etat, le général Ould Abdel Aziz  ou l’un de ses alliés. Toutefois, l’option du retour de Sidi au pouvoir peut être une option provisoire afin qu’il puisse organiser des élections anticipées. Cette option peut aussi être écartée. Cela dépend de négociations  entre la  classe politique et les militaires.    

En tout état de cause, deux cousins peuvent se présenter aux mêmes élections, notamment Ely Ould Mohamed  Vall et le Général Ould Abdel Aziz.   Ely bénéficie d’une grande aura dans les pays occidentaux. D’ailleurs, il paraît qu’il a l’appui    de  la France. Ce  pays  peut toujours basculer  la donne politique en Mauritanie.  « Après avoir mobilisé ses relais à l’étranger, Ely Ould Mohamed Vall s’attaque au front intérieur, afin d’obliger les généraux à organiser une présidentielle où aucun d’entre eux ne sera  candidat puis barrer la route au retour de Ould Cheikh Abdallahi, ce qui lui garantirait une reconquête, en douceur, de la Présidence de la République », note le site taqadoumy Toutefois,  il est évident que les enjeux tribaux seront  déterminants dans les prochaines élections. Pour ne  pas affaiblir la force de deux cousins, une donne s’impose : c’est celle du choix entre les deux. Un choix qui ne sera pas facile. Les deux hommes sont pour le moment  forts et puissants. 

En effet, l’ancien président du CMJD s’active. On  évoque  aussi  qu’il a invité   Moktar Ould Elemine (député), Dane Ould Ethmane (ex-secrétaire général de ministère) et Khatry Ould Dié afin qu’ils rompent le jeûne du Ramadan, chez lui.  Le but étant de trouver des alliés au sein du parlement. Sur le plan médiatique un blog portant  son nom était crée pour tester les internautes.  En revanche, le général  Ould Abdel Aziz ou son candidat  bénéficieront  d’une assise  parlementaire solide. D’autant que le général  est le chef actuel des forces armées, chef de l’Etat.   

     m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°416 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

16092008

La tendance chez nous est naturellement d’accabler nos hommes politiques. Ils le méritent. Car ce qui arrive dans notre pays peut être considéré comme l’expression de la faillite de l’intelligence… et de l’intelligentsia. Toute personne jouissant de ses facultés minimales n’aurait pas pu se laisser avoir en un temps aussi court que quinze mois. Toute communauté n’aurait pas dilapidé en un temps record cette formidable ressource qu’a constituée le processus initié en août 2005 et clos en avril 2007. Aucun parti, aucun politique ne pourrait réussir le tour de force de s’autodétruire aussi allègrement. Même si la sagesse nous apprend qu’il est plus aisé de détruire que de construire.

Nous avons cependant gagné quelque chose : le changement dans les pratiques politiques. C’est en discutant avec les gens qu’on s’en rend compte. En observant aussi les manifestations contre le coup de force du 6 août. De partout les voix s’élèvent. Elles sont, il est vrai, couvertes par l’ampleur des soutiens qui reproduisent une gestuelle bien connue chez nous. Elles sont aussi censurées de notre espace médiatique public. Mais elles sont là. Et c’est déjà un signe de santé.

Peut-être que nous sommes en train d’assister à une recomposition du paysage politique sur de nouvelles bases, ou plutôt de nouvelles «inspirations». Jusque-là, l’argent a été ‘le nerf de la guerre’, la condition de la réussite politique. Pour manifestation le notabilisme, avec tout ce que cela inclut comme clientélisme, prébendes, passe-droits… Nous avons comme l’impression que le monde ‘notable’ entre dans sa phase de recul. D’abord parce que l’Etat n’aura rien à donner désormais. Ensuite parce que la ‘frivolité’ politique de la puissance ‘notabilière’ a fini par décrédibiliser cette ‘aristocratie’ qui s’est faite à travers le soutien ‘spontané’ au(x) dirigeant(s). Pas mal d’adeptes – et de symboles – du notabilisme sont aujourd’hui en rupture avec le pouvoir. Ils sont dans le camp de ce que Messaoud Ould Boulkheir appelle – pompeusement ? – le camp du militantisme. Et c’est, je pense, un signe des temps : le militantisme va remplacer l’engagement politique ‘suscité’, ‘payé’, ‘intéressé’…

C’est pourquoi – un grand politologue attirait mon attention là-dessus – le premier enjeu de la situation actuelle, est de pouvoir contenir tous les radicalismes qui se retrouvent encore une fois dans le même camp. Appelons «radicalismes», toutes ces expressions politiques militantes sectaires et/ou ‘iconoclastes’ et/ou ‘eschatologiques’. D’inspiration nationalitaire, communautariste et/ou religieuse, ces radicalismes se partagent une lecture et une action provoquant facilement des ruptures dans l’équilibre social. Le danger ici, c’est qu’ils peuvent servir de pendants pour des visions établies sur la base de fausses lectures de la réalité mauritanienne. Imaginons un moment la logique américaine s’en mêler et nous amener à un schéma de «darfourisation» de notre pays. L’administration américaine ayant fait de l’ignorance son arme fatale, il ne faut pas exclure la perspective.

Le défi à relever par les politiques, surtout ceux du front national pour la défense de la démocratie, est «d’apprivoiser» les radicalismes, de les «polir» et de les rendre «acceptables» par tous.

Deuxième enjeu et qui en découle un peu : le rôle désormais de premier plan, de l’étranger qui s’invite chez nous. L’élément étranger devient un acteur de la scène politique nationale. Pour deux raisons au moins. La première est liée à une tendance mondiale de réduire la planète à un village interdépendant. De cette tendance découle le devoir «moral» de s’entraider. Ce n’est pas pour rien que nos partenaires au développement ont accepté de nous assister politiquement, financièrement et techniquement lors du processus enclenché en août 2005. De ce fait, ils sont devenus les parrains d’un nouvel ordre qu’ils ont cautionné et qu’ils ne veulent pas voir crouler aussi facilement.

La deuxième raison est simplement liée à la faiblesse de notre encadrement politique. En termes de capacités de propositions et de mobilisations, nos partis en sont réduits à tout attendre de l’extérieur. Qu’ils soient au pouvoir ou à l’opposition, nos hommes politiques négligent – si ce n’est «méprisent» – l’opinion publique nationale. Depuis la première ère des militaires. Dans les batailles politiques, les protagonistes cherchent à convaincre l’extérieur, à le mettre chacun de son côté. Aujourd’hui, rien, sur ce plan, n’a vraiment changé.

Dernier enjeu – enjeu essentiel – c’est de définir le rôle de l’Armée dans la vie politique. Nous avons une Armée qui s’est invitée à l’exercice du pouvoir il y a trente ans. Comment la sortir du champ politique ? comment la réhabiliter dans son rôle premier qui est celui de défendre l’intégrité du pays et la stabilité de ses institutions ? comment lui arracher – sans heurts – les mécanismes de l’exercice du pouvoir politique ? comment émanciper la société de sa tutelle ?

Les questions sont plus nombreuses que les réponses. Mais le pire est que peu de gens acceptent de les poser. C’est d’ailleurs ici qu’il faut situer le «péché originel» de notre système politique : le refus de se poser les questions au moment qu’il faut. Aujourd’hui encore nous risquons de rater le tournant si on veut faire l’économie des questions fondamentales liées à l’exercice des uns et des autres.

Il est trop tôt de chercher à parfaire une démocratie qui ne sait pas encore mettre un pied devant un autre. Il est vain de demander au Parlement actuel d’imaginer des solutions de sortie de crise à même de capitaliser l’expérience que nous venons de vivre. Il est inutile de perdre son temps à s’en tenir à l’exigence du retour de Ould Cheikh Abdallahi… Parlons vrai.

Nous avons assez payé les mauvaises appréciations des uns et les faux positionnements des autres. Nous risquons de payer encore plus. Parce que nos chefs militaires auront mal apprécié la situation d’aujourd’hui, parce que nos chefs politiques auront choisi des positionnements hasardeux pour demain.

Source : La Tribune  N° 416




Menaces terroristes :Vues d’esprit ou réalités ?

16092008

Menaces terroristes :

Vues d’esprit ou réalités ?

 

La ville de Nouakchott a été secouée la fin de la semaine dernière par une série d’alertes données par les services de sécurité concernant la présence de voitures piégées et la probabilité d’explosions ici. Des contrôles impromptus ont troublé la quiétude des usagers des nuits ramadanesques. Comme si la morosité ambiante ne suffisait pas à elle seule. On a d’abord cru à des «menaces sérieuses et précises». La police a avancé une première date, vers le 10 septembre, puis une seconde le 15. Aucune autre précision officielle.

On apprend de source informelle qu’il s’agirait d’une «vision» – ru’yaa ou walaya – du directeur général de la sûreté nationale, le colonel Mohamed Ould Hady. Descendant d’une lignée à laquelle on accorde quelques pouvoirs «surnaturels», le nouveau patron de la sûreté userait – un peu trop ?- de ses «dons». Ce serait l’explication première d’une série d’alertes inexpliquées et qui n’ont finalement rien donné.

Sur le terrain, il faut dire que la direction de la sûreté a sérieusement baissé la garde depuis le départ du Général Mohamed Ould Ghazwani vers l’Etat Major national. Récemment encore un sahraoui avait été arrêté en possession de véhicules volés, probablement en Algérie. Il a été relâché sans que les autorités aient cherché à en savoir plus sur sa trajectoire. Plusieurs mauritaniens ont été arrêtés au Mali sans que cela intéresse la DGSN.

Un premier groupe comprenant le fameux Hamada Ould Mohamed Khairou est présentement aux arrêts dans la région de Kayes. Un deuxième groupe a été récemment appréhendé alors qu’il s’apprêtait à confectionner des bombes artisanales dans la région de Tombouctou. Deux mauritaniens qui seraient des bras droits de Belaouar, le chef du GSPC (branche Al Qaeda du Maghreb Islamique), font partie de ce groupe. Ils appartiendraient à une nouvelle organisation dénommée : «Katibate El Gha’egha’e Vi Sahraa’i El Moulethemine», nouvelle appellation de «Ansar Allah, El Mourabitoune Vi Biladi Chinguitt» démantelée en début d’année à Nouakchott.

L’un des deux arrêtés serait Tiyeb Ould Sidi Ali, activement recherché à la suite des attaques de Nouakchott d’avril dernier. A notre connaissance aucune démarche n’a été entreprise en vue de son extradition. Son importance aux yeux de Belaouar est telle qu’il le propose déjà en échange de l’un des otages autrichiens capturés en février dernier en Tunisie.

S’agissant d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI, ex-GSPC), de nombreux observateurs commencent à douter de ses capacités de nuisance. Et ce malgré les frappes et opérations spectaculaires revendiquées par le groupe dirigé par Abdelmalek Droudkel.

Pour The Economist par exemple, peu d’éléments peuvent confirmer que l’AQMI possède la puissance nécessaire pour déstabiliser les pays de la région du Maghreb. En Algérie, ses attaques se concentrent dans une seule région, à l’est d’Alger. «Dans cette zone montagneuse, les affrontements entre combattants de l’AQMI et les forces de sécurité algériennes se produisent presque chaque jour. A chaque fois que les autorités proclament une grande victoire, l’AQMI répond invariablement par un attentat suicide ou une explosion contrôlée à distance, habituellement visant les forces de sécurité, parfois des étrangers», souligne The Economist. Preuve quand même de l’activité de AQMI. Partout dans les autres pays du Maghreb, l’AQMI a agi et de façon spectaculaire.

En Mauritanie, cela a commencé par Lemghayti en juin 2005, et s’est poursuivi en décembre 2007 par l’assassinat de quatre touristes français dans les environs de la ville d’Aleg, de trois soldats mauritaniens dans la zone d’Al Ghallawiya dans la même période. Ce sont ces événements qui avaient causé l’annulation du Rallye Paris-Dakar, pour la première fois depuis sa création. S’ensuivit la cavale des principaux auteurs de l’attentat d’Aleg et qui seront finalement arrêtés en Guinée Bissau. Ramenés ici, l’un d’eux – Sidi Ould Sidina – fuira de nouveau. Ses amis commettront entretemps l’attentat contre l’ambassade d’Israël (ou la boîte VIP). De folles semaines à Nouakchott qui verront les rues de Nouakchott investies par les tireurs. Episode qui se termine heureusement par l’arrestation, sans résistance, de tout le groupe. Seuls trois d’entre eux réussissent à prendre la route du Mali en passant par le nord de la Mauritanie. Depuis le pays a essayé d’oublier cette profonde blessure. Surtout, qu’à la suite du coup d’Etat du 6 août, la branche mauritanienne de l’AQMI a lancé des menaces contre le nouveau pouvoir et appelé à la guerre sainte contre les autorités. On sait que les deux Généraux – instigateurs du coup – sont les auteurs de la traque et du démantèlement des réseaux terroristes en Mauritanie. Ils sont pour cela ciblés par les organisations terroristes de la région.

 

Bechirou

 

Encadré :

Grève de la faim

 

(ANI) Selon les familles des présumés salafistes de la prison centrale de Nouakchott, ces dernier observent depuis plus de 48 heures une grève de
la Faim.
Ces familles en sit-in devant la prison ont affirmé au reporter de l’ANI que leurs fils sont en grève de la faim pour protester contre les mauvaises conditions de détention, notamment l’isolement dans des cellules individuelles, le manque d’aération, les moustiques et l’absence de tout interlocuteur.
La sœur de l’un de ces détenus a affirmé qu’elle n’a «jamais eu droit à la visite malgré le document dument signé par le juge et que depuis 48 heures tous les repas, poste radio, médicaments ont été retournés par les geôliers qui disent que les détenus refusent de manger ou de boire».
La porte-parole de ces familles a lancé «un appel aux autorités afin que ces détenus puissent bénéficier d’un traitement légal et avoir droit à un procès équitable dans le cas de ceux qui sont déjà en prison depuis plusieurs mois sans passer devant une cour».

 

Source :
La Tribune 416

 




RFD/HCE

16092008

RFD/HCE

Déception et surprise

La  semaine dernière a été marquée par deux sorties du groupe parlementaire du rassemblement des forces démocratiques d’Ahmed Ould Daddah. La première sortie a eu lieu le 7 septembre au siège du parti. A la faveur d’un point de presse, les députés Kane Hamidou Baba et Abderrahmane Ould Mini, ont informé la presse du déroulement de la session extraordinaire de l’assemblée nationale dans laquelle ils sont engagés avec d’autres parlementaires soutenant le coup d’état du 06 août. Deux points de divergences ont été souligné par les députés du RFD : le calendrier de la transition à aborder et la garantie de non éligibilité des membres du HCE. On était à moins de deux jours de la tenue d’une séance à l’assemblée au cours de laquelle les discussions devaient se poursuivre. A la veille, le Premier ministre avait déjà évoqué des journées de concertation sur la démocratie et l’éventualité d’amendements de la constitution. Présage d’un aménagement de place très confortable pour les acteurs militaires du 06 août ? En tous cas « la priorité n’est pas à une révision constitutionnelle », souligne Hamidou Baba pour qui « il faut régler les problèmes politiques d’abord… » Un règlement qui s’est avéré difficile voire impossible car deux jours après, ce fut au cours de sa seconde sortie que le groupe parlementaire du Rassemblement des forces démocratiques va mettre fin à sa coordination politique avec leurs autres partenaires parlementaires favorables au coup d’Etat du 6 août dernier.

 Et pour cause : « Nous ne sommes pas parvenus à un accord »,  a affirmé le député Abderrahmane Ould Mini. On était mercredi 10 septembre. Et cette fois-ci dans l’enceinte de l’Assemblée nationale où une séance devait se dérouler. Le RFD avait même décidé de boycotter cette séance qui finalement avait été reportée. Le divorce était on ne peut plus consommé car le RFD et ses partenaires pouvaient s’entendre sur tout sauf sur l’essentiel : l’éligibilité des membres du Haut conseil d’Etat. Si pour les partisans d’Ahmed Ould Daddah l’interdiction de candidature à la présidentielle de toute personne revêtant le statut de militaire à la date du 6 août 2008 n’est pas négociable, pour les autres refuser aux membres du HCE de briguer la magistrature suprême serait injuste. Car a déclaré le député d’Atar sur
la TVM : « si un militaire démissionne avant les élections et décide de se présenter aux élections, on ne saurait lui interdire cela parce qu’aucun texte ne le lui  interdit. »  

Inadmissible pour les parlementaires du RFD qui se disent surpris par cette « obstination totale à vouloir laisser la porte ouverte aux membres du Haut conseil pour la candidature à la présidentielle ». La candidature est un droit constitutionnel de tout citoyen mauritanien du point de vue juridique.  « Mais le contexte politique national et sous-régional recommande de mettre des garde-fous afin d’éviter la répétition du scénario de 2005 » a martelé Nana Mint Cheikhna pour qui « on ne doit pas rester en deçà de cette condition », c’est-à-dire l’engagement des membres du CMJD à ne se présenter à aucune élection…

 

 

Arguant de son côté que
la Mauritanie est  actuellement sous fortes  pressions extérieures, Abderrahmane Ould Mini a appelé le Haut conseil d’Etat à prendre conscience des dangers qu’encoure le pays. Une vision qui semble désormais similaire à celle du FNDD. La veille de cette conférence de presse, le Président du RFD avait engagé des contacts avec les responsables du Front. Or deux semaines plus tôt, il avait répondu à une question relative à la position de l’opposition dans l’éventualité d’un désaccord avec les autorités : rejoindre le front n’est pas à envisager. Que pourrait donc signifier pour le chef de file de l’opposition un rapprochement avec Messaoud, Jemil, O. Maouloud, Boideil et les autres ? 

Avec ses 17 députés le  RFD a pesé certainement dans le processus de déstabilisation du pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Comme première force politique de l’opposition mauritanienne, le parti de Ahmed Ould Daddah avait refusé d’entrer dans le gouvernement de Waghef alors ouvert à d’autres formations comme l’UFP et le RNRD. Le parti a en plus soutenu la fronde contre le président et n’a pas hésité à bénir le putsch du 06 août qu’il qualifie de  rectification d’une démocratie déviante.

 

Quoi après la déception ? 

 

Ahmed Ould Daddah aura tout fait pour justifier le coup d’Etat. Accusant Ould Cheikh Abdallahi d’avoir été incapable  à acquérir  la légitimité par la compétence, le chef de file de l’opposition  a avoué à l’occasion d’un précédent point de presse avoir « fait un sacrifice en acceptant le verdit des urnes en mars 2007 » tout en sachant que son rival « était soutenu par les militaires ». Aujourd’hui c’est à son parti que les généraux seraient en train de s’attaquer. Devnu une menace pour leurs ambitions le RFD serait en instance d’être désintégrée. Selon certaines sources assez au faîte de l’actualité et dont notamment le site Taqdoumy.com, « les Généraux Ould Abdel Aziz et Ould Ghazouany auraient chargé le ministre de l’intérieur Mohamed Ould Maaouiya et le Directeur Général de
la Sûreté Nationale, le Colonel Mohamed Ould Hadi, d’œuvrer à diviser les rangs du Rassemblement des Forces Démocratiques, avec l’aide de hauts cadres de ce parti. » On parle déjà de la mobilisation de hauts cadres du parti auxquels des promesses alléchantes seraient faites en contrepartie d’une fronde à l’intérieur du parti. 
Certains de ces cadres ont réitéré la position de leur parti appuyant ce qu’ils appellent le mouvement de la rectification sous la conduite du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils se sont engagés à persévérer sur cette voie. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue samedi à Nouakchott et au cours de laquelle le fédéral du parti  Abdallahi Salem Ould Ahmedoua a  souligné au nom du groupe que cette position a été étayée par les marches de soutien au mouvement de « la rectification ainsi que les messages adressés à l’extérieur pour expliquer les raisons à l’origine du changement du 6 août 2008 ». Il a en plus signalé que de « bonnes intentions sont affichées par le Haut Conseil d’Etat » tout en assurant que la position du RFD par rapport au changement est définitive et ne saurait faire l’objet d’une quelconque révision. Position assez paradoxale qui augure d’un affaiblissement qui risque de s’avérer fatal pour la formation du chef de file de l’opposition, un homme dont l’ambition reste l’accession à la magistrature suprême de la république Islamique de Mauritanie. Reste à savoir s’il tiendra bon congre des hommes en tenues autoproclamés rectificateurs et superviseurs de la démocratie mauritanienne. Ces hommes en tenue ne l’avaient pas choisi comme candidat à la présidentielle de 2007. Maintenant qu’eux-mêmes ont l’intention de séjourner un peu longtemps sur le fauteuil de son rival Ould Cheikh Abdallahi, au moment où lui-même veut faire obstruction à leur ambition, la bataille sera très houleuse. A coup sûr ! 

Kissima   

 

Source :
La Tribune n°416




BTP

16092008

BTP 

 

Le paradoxe mauritanien 

 

«Quand le bâtiment va, tout va». Cet aphorisme économique découle du principe que lorsque le secteur de la construction marche, il génère un torrent de sous-traitances bénéfique pour la croissance d’un pays. En Mauritanie, l’économie générale et les BTP semblent n’avoir aucun lien… 

 

Un simple coup d’œil d’ensemble sur la capitale prouve que jamais la construction n’a été aussi vitale. Les projets en construction de centres commerciaux, les maisons, les hôtels, les projets d’entreprises poussent comme des champignons. Mais cela ne se manifeste pas nettement sur la croissance mauritanienne. Depuis 1985, date des premières réformes sur la libéralisation de l’économie, le secteur du BTP a connu une très grande transformation. Des agences d’exécution ont été créées avec comme objectif premier de favoriser l’émergence de PME dans le secteur et de libéraliser le marché des travaux publics. Ce mouvement de création d’entreprises dans le secteur du BTP a été renforcé par les apports de financement et l’assouplissement des formalités administratives. Ainsi, la contribution du secteur dans la croissance du PIB est passée de 5% en 1998 à 13% en 2005. Toutefois le secteur informel reste prédominant, la filière construction n’est pas structurée et il n’existe pas d’organisme national de normalisation. Un facteur non négligeable à prendre en compte dans le développement du secteur est l’urbanisation croissante liée à la sédentarisation. Concernant les infrastructures, de nombreuses opportunités existent d’autant plus que les futures recettes pétrolières vont accroître les marges de manœuvre du Gouvernement (routes, ports et aéroports). 

 

Un secteur pollué par des acteurs illégaux 

 

Le secteur du BTP et des matériaux de construction en Mauritanie compte plus de 80 entreprises formelles. Les dernières études évaluent à 350 entités le nombre d’ateliers ou de groupements de tacherons exerçant leurs activités en dehors de la sphère légale et fiscale. Au total, le secteur emploie environ 16.000 personnes en Mauritanie. 

Concernant les grandes entreprises internationales du BTP peu d’entre elles possèdent une structure locale, mis à part Razel (Groupe Bilinger Berger – All). En fait, nombre de ces entreprises sont présentes dans le pays voisin au Sénégal. En revanche, elles interviennent ponctuellement sur les grands travaux d’infrastructures notamment les routes dans le cadre des appels d’offres internationaux. Toutefois, les entreprises chinoises sont de plus en plus présentes en Mauritanie et ont construit de nombreux ouvrages (Centre international des conférences, plusieurs palais de justice, le Palais présidentiel, le Musée de Nouakchott, et plus récemment la construction du nouvel aéroport de Nouakchott). Alors que les entreprises chinoises concurrencent les entrepreneurs européens sur les grands ouvrages, les entreprises locales sont concurrencées également par leurs homologues de Tunisie et du Maroc dans le domaine de la construction. Par ailleurs, il n’existe pas encore de fédération ou d’organisation professionnelle formalisée représentant les entreprises du secteur du BTP en Mauritanie. 

 

MLK 

 

Encadré: 

 

De faibles infrastructures qui ne boostent pas l’économie 

 

Routes: le réseau comptait en 2005, 10.297 km dont 2833 km bitumées. La route Nouadhibou/Nouakchott (480 km) a été inaugurée en 2006. Des chantiers sont en cours d’exécution comme la route Rosso/Boghé ; d’autres sont en cours de lancement ou en étude sur des tronçons nord-sud et à l’Est du pays vers le Mali. L’année 2006 marque également la fin du monopole de
la Fédération Nationale des Transports. Le financement provient essentiellement des bailleurs de fonds internationaux (Union européenne et Banque Africaine de Développement, essentiellement).
 

 

Chemin de fer: il n’existe qu’une seule ligne qui appartient à
la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) qui relie Nouadhibou à Zouerate et est dédiée au transport de minerai de fer. Un projet de chemin de fer devra relier Nouakchott à Kaédi, en passant par les mines de Boffal.
 

 

Aéroports: les infrastructures aéroportuaires comprennent trois aéroports internationaux 

(Nouakchott, Nouadhibou, Atar), 7 aéroports secondaires et une dizaine de terrain d’aviation. 

 

Source :
La Tribune n°416
 




Finances Islamiques

16092008

Finances Islamiques 

 

Les sukuks gagnent du terrain 

 

L’émergence des partenaires chinois et ceux du Golfe, offre à
la Mauritanie l’opportunité d’enclencher une dynamique de dettes choisies et non subies, avec un refinancement de manière intelligente et diversifiée. Les liquidités sont importantes, et les investisseurs s’intéressent aux émissions obligataires à caractère islamique. Ainsi, l’option sukuk est de plus en plus bien perçue. La réussite des sukuks de FCI en montre la voie. 

 

Sukuk est le pluriel du mot arabe «sak» qui veut dire «titre». Il s’agit d’un document qui atteste de l’endettement d’un émetteur auprès du marché. C’est une dette échangeable, une obligation non basée sur le taux d’intérêt mais adossée à un sous-jacent et structurée. Les rendements servis aux investisseurs sont extraits d’un actif sous-jacent que les sukuk ont permis de financer. La création de la richesse rémunère les détenteurs des obligations. C’est une obligation structurée parce qu’en permanence il faut faire de telle sorte que l’émission de l’obligation et le financement de la structure soient coordonnées.

 

Les sukuks moins chers que les obligations 

Le prix de l’obligation, c’est son taux. Les rendements du sukuk sont extraits de sous-jacents. La quantité de rendements servis aux investisseurs dépend de deux choses : la qualité de la signature de l’émetteur rendue par la notation et la liquidité. Si la liquidité est importante, le prix baisse. Aujourd’hui, sur le marché international de la dette, la liquidité est mise à mal par la crise des subprimes. Donc les taux auxquels l’émetteur s’endette ont augmenté. La liquidité a quasiment disparu dans le monde sauf dans deux poches, en Chine et dans le Golfe persique, grâce au pétrole. La dimension liquidité inclue dans le prix ne prévaut pas dans le Golfe. En comparaison à une émission classique, une obligation islamique subit moins la contrainte de liquidité. Du fait de cette situation, la tarification avantage les sukuks en comparaison aux obligations classiques.

 

Les sukuks liés aux infrastructures sont demandés 

Il y a une diversité de sukuks, donc de structures différenciées. Chaque émission de sukuks est différente. Il y a des obligations émises par les banques, d’autres par des compagnies industrielles, d’autres encore par des États pour financer leurs besoins. Pour le cas de l’Afrique, particulièrement
la Mauritanie, ce sont les sukuks adossés aux infrastructures qui sont les plus demandés. La réussite fulgurante des sukuks proposés par la société financière, Finance Conseil et Investissements (FCI) le prouve. «Nous sommes spécialisés dans la mobilisation de ressources pour des opérations à capital-risque ou de capital/investissement. Nous avons créé un premier fonds d’investissement appelé SUKUK, un produit financier en rapport avec l’immobilier. Nous voulions proposer aux Mauritaniens détenteurs de capitaux un investissement dans ce secteur» explique Issa Ould Cheiguer, président de FCI. Selon lui, c’est la première tentative du genre dans le pays. Leur produit a été lancé, dira-t-il, au début du mois de février 2007 avec une surprise de taille. Au bout de 15 jours, ils ont collecté des fonds dix fois plus importants que les prévisions initiales sur le mois entier. Ould Cheiguer déclare que son institution se situe à mi-chemin entre
la SICAV et l’obligation Islamique. Il y a un support foncier clair, un partage des risques et une participation au produit, ce qui en fait un produit purement islamique. Mais, en même temps le mode de fonctionnement correspond à un instrument normal,
la SICAV qui est adossé au foncier. C’est le cas au Maroc, en Tunisie, en Algérie et en Libye, quatre pays investis par Gulf Finance House et où la dimension infrastructure et développement est fortement présente.

 

MLK 

 

Source :
La Tribune n°416 




Le rêve brisé

16092008

                    Le rêve brisé 

Par Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine* 

 

 

Le processus électoral conduit durant la Transition (2005-2007), et qui a culminé avec les élections présidentielles tenues en mars 2007, a été universellement salué comme exemplaire. Il a donné à notre pays une renommée internationale et ouvert des perspectives sans précédent dans notre histoire. Tout mauritanien était fier de décliner sa nationalité et pouvait s’enorgueillir d’appartenir à ce peuple, arabe, africain, musulman et pluriethnique, dont le pays est classé parmi les moins avancés au monde et qui a pu néanmoins conduire à bon port cette expérience démocratique. J’avais été chargé par le Groupe africain à Genève de négocier, en compagnie de deux autres collègues, un projet de résolution avec la Troïka européenne au lendemain du second tour de l’élection présidentielle et, à ma grande surprise mais totale satisfaction, les Ambassadeurs européens commencèrent par dire qu’avant d’entamer nos négociations, il convient d’abord de célébrer le succès de la démocratie en Mauritanie .J’étais fier de cette marque d’estime et de reconnaissance pour mon peuple. Ce sentiment de fierté habitait alors tous les Mauritaniens. Il était d’autant plus justifié que cette expérience a été, contrairement à d’autres tentatives menées dans notre aire civilisationnelle, purement mauritanienne. Elle a été certes engagée à la suite d’un coup d’Etat militaire mais le peuple mauritanien se l’est totalement appropriée. 

Son aboutissement a été donc salué dans le monde entier et d’innombrables articles et témoignages  de personnalités de tous horizons ont tressé des lauriers à notre peuple, à sa maturité, à son civisme et à sa tolérance. 

Je sais que ce processus électoral n’a pas été exempt de pressions voire de manipulations en faveur de certains candidats durant toutes ses étapes, et nul doute que ces limitations expliquent largement la crise actuelle, mais il n’en demeure pas moins que notre pays n’a jamais connu d’élections plus propres et plus honnêtes. 

Nous étions le MODELE cité en exemple par les plus grands dirigeants du monde mais aussi par des milliers de personnes simples et anonymes. 

Nous avons commencé à engranger les dividendes de cette situation unique et des perspectives prometteuses étaient ouvertes devant nous. Le Président Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI a brutalement arrêté l’élan national enclenché dans notre pays depuis mai 2007 en demandant, le 8 mai 2008, la démission du Gouvernement et en formant, dans la foulée, une Equipe incarnant aux yeux de l’Opinion publique une époque qu’on croyait révolue. 

Cette décision n’était pas une surprise car le Président s’était lancé, quelques mois auparavant, dans la mise en place d’un parti politique qui a attiré, comme d’habitude, tous ceux qui sont toujours du coté du pouvoir en place. La formation de ce parti  n’était pas nécessaire. C’est pour cette raison que j’ai décliné, en ce qui me concerne, la proposition qui m’avait été faite par Yahya Ould El Waghf de faire partie de son instance dirigeante. En effet le peuple mauritanien n’a pas besoin d’un parti de plus ou de moins. Il a besoin d’un Gouvernement compétent et honnête et d’une Administration proche et soucieuse de ses problèmes. Il a besoin de plus de justice sociale, de services sociaux de meilleure qualité, d’une bonne et efficiente gestion de ses ressources naturelles et d’emplois pour ses milliers de jeunes désœuvrés. 

Le Gouvernement qui satisfera ces besoins sera nécessairement populaire. Et, au lieu de perdre le temps et les énergies dans la formation d’un parti  qui ne pouvait apporter que plus de clientélisme et  de népotisme,  il était plus juste de maintenir l’élan pris au départ et de se concentrer sur la recherche de solutions aux problèmes qui accablent nos concitoyens. 

LEE Kuan Yew, fondateur de Singapour – cette Ville-Etat devenue l’une des  économies les plus dynamiques du monde – disait qu’il n’a pas de doute que les électeurs lui renouvelleront continuellement leur confiance car son Gouvernement créera toujours plus d’emplois, construira de nouvelles écoles, de nouveaux Centre hospitaliers, de nouveaux logements sociaux, etc. 

Eloigné du pays et de ses réalités durant de longues années, le Président a été convaincu par les cercles de courtisans qui se sont crées autour de lui que la mise en place de ce parti était la meilleure manière d’assurer sa longévité au pouvoir et de lui garantir un second mandat. 

Pour consacrer ce tournant, il a écarté le Premier Ministre – compétent et dévoué- sans l’appui duquel il n’aurait jamais pu accéder à la magistrature suprême et nommé à sa place un individu n’ayant jamais osé se soumettre au suffrage universel, à quelque niveau que ce soit.  Pourtant la raison invoquée fut, ironiquement, la formation d’un Gouvernement politique ! 

A coté de ce Premier Ministre «politique», le Président a fait appel aux  personnes qu’il avait sciemment écartées au départ et qui avaient d’ailleurs été, sauf rares exceptions, battues aux différentes élections. 

Cette équipe ne répondait pas à l’aspiration au changement exprimée par tous les Mauritaniens lors des dernières élections, y compris les 25% qui ont voté au premier tour pour le candidat Sidi Mohamed OULD CHEIKH ABDELLAHI. Tous les candidats avaient d’ailleurs senti ce désir de changement puisqu’aucun d’entre eux ne prônait la continuité. 

Cet état de fait reflétait à la fois une défiance à l’égard de ceux qui ont géré le pays auparavant et un doute sur leur capacité à apporter le changement nécessaire. Et ce désir de changement n’est pas un slogan creux mais une exigence de survie, dans un contexte national, régional et international difficile. 

En tout cas cette volte-face a soulevé une vague d’indignations dans l’Opinion publique. Elle a en particulier provoqué le courroux de tous les parlementaires qui n’ont pas étaient appelés au sein de ce Gouvernement «politique». 

Ce mouvement de contestation a reçu l’appui des Généraux qui avaient soutenu la candidature du Président et qui ont probablement estimé que le retour des personnalités «emblématiques» du régime du Président OULD TAYA remet en cause les «acquis» du 3 août 2005. Le Président a d’abord brandi la menace de dissolution de l’Assemblée nationale avant de se rétracter le lendemain en demandant à son Gouvernement de présenter sa démission. Le  second Gouvernement El Waghf n’a pas non plus satisfait la classe politique. 

Dans une situation normale cette crise pouvait facilement être réglée par les mécanismes institutionnels mais les conditions des dernières élections ont des implications qui pèsent aussi bien sur le Président de le République que sur la Majorité parlementaire. 

Après plusieurs péripéties, le Président a décidé le 6 août dernier de limoger, de manière rocambolesque, les Généraux. La réaction de ces derniers ne s’est pas fait attendre : ils ont immédiatement arrêté le Président et annoncé la mise en place d’un Haut Conseil d’Etat (HCE). Ce faisant, notre pays renoue avec le pouvoir d’exception et le pays de la «démocratie modèle» est, une nouvelle fois, «l’homme malade» de l’Afrique. 

Les missions étrangères se succèdent comme en 2005, sauf que les circonstances sont totalement différentes. En effet Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI n’avait que quinze mois au pouvoir et son élection a été mondialement reconnue voire célébrée comme la première élection présidentielle libre, transparente et démocratique de notre histoire. Elle est de surcroît l’exemple  dont rêvent de nombreux peuples dans notre aire géographique. 

Le «blocage» des Institutions démocratiques est l’argument principal avancé pour justifier le renversement du Président mais ces Institutions sont le produit d’une Constitution révisée en 2006, à l’issue de larges concertations nationales, et approuvée massivement par voie référendaire. 

Les partisans de la «rectification» invoquent d’autres raisons comme la «crise» économique, le «maigre» bilan des quinze premiers mois du mandat présidentiel ou même les agissements de l’épouse de Président déchu. Je ne pense pas que de tels arguments méritent d’être commentés car les deux premiers sont fallacieux tandis que le troisième est dérisoire face à la gravité de la situation. En tout cas ils pouvaient justifier un changement de Gouvernement ou de politique, s’ils étaient exacts, mais pas un coup d’Etat ni même des élections anticipées. 

Le seul problème sérieux qui mérite débat est la crise qui opposait le Président à sa Majorité parlementaire mais celle-ci aurait du être résolue par le dialogue politique car, pour  paraphraser Léon TOLSTOI,  toute solution imposée par la violence ne corrigera nullement le mal. Il ne revenait pas en tout cas à l’Armée de s’impliquer dans cette situation car telle n’est pas sa mission ni sa vocation. 

Mais les évènements ayant pris la tournure que nous savons, il s’agit aujourd’hui de réfléchir de manière responsable aux voies et moyens les meilleurs pour sortir de l’imbroglio dans lequel notre pays se trouve. 

Il faut d’abord souligner qu’il s’agit d’une situation sérieuse qui ne concerne pas SEULEMENT la Mauritanie et le peuple mauritanien. En effet le monde a profondément changé, contrairement à ce que laissent croire les déclarations de certaines personnalités, et les «affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale», consacrées en 1945 par la Charte des Nations-Unies, se rétrécissent de jour en jour. 

Il y a moins de vingt ans les démocraties les plus enracinées défendaient le régime Khmer rouge et nul n’aurait pu s’imaginer simplement l’inscription d’un changement  anti-constitutionnel de Gouvernement à l’agenda du Conseil de Sécurité. 

L’exécution extrajudiciaire- le 12 avril 1980- du Président  libérien William TOLBERT, également  Président en exercice de l’OUA, par le Sergent Samuel DOE  n’a pas suscité la moindre réaction d’Addis Abeba à Alger, ni empêché Samuel DOE de  participer au Sommet suivant. Le Président TOLBERT avait été l’hôte, en juillet précèdent, d’un Sommet de l’OUA auquel avaient pris part la plupart des Chefs d’Etat et de Gouvernement africains. Aujourd’hui l’Afrique est dotée de mécanismes institutionnels et d’instruments juridiques destinés spécifiquement à combattre les changements anti-constitutionnels de Gouvernement. 

Pour ce qui est de l’Europe, la Convention de Cotonou accorde une place centrale aux questions de démocratie et de droits de l’homme, à la différence de la Convention de Yaoundé et des premières Conventions de Lomé. 

Les Etats-Unis d’Amérique font de la promotion de ces mêmes valeurs un axe majeur de leur politique étrangère, en particulier dans le Monde arabo-musulman. Le Président George W. BUSH lui-même ne ratait pas une occasion de donner la Mauritanie en exemple et, au moment ou il achève son mandat, il serait contrarié de voir cet «exemple» s’effondrer. 

J’ai perçu le même intérêt et la même admiration pour notre expérience démocratique chez de nombreux dirigeants arabes, y compris des Chefs d’Etat influents. 

L’Union européenne s’est pleinement engagée dans notre processus électoral et  la Commission a accepté de nous faire bénéficier pleinement de la «tranche incitative» accordée aux pays ACP ayant de bonnes performances en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance. 

Le Commissaire Louis MICHEL était fasciné par notre expérience et voulait  sincèrement la consolider par l’accroissement de l’aide européenne. Il n’avait pas hésité, l’année dernière, à annuler- devant moi- un engagement préalable important pour participer au Groupe consultatif sur notre pays. Le même sentiment animait le Président José Manuel BARROSO .Et, sans leur volonté de consolider notre démocratie –  volonté partagée par leurs collègues et par les Gouvernements européens- l’Accord de pêche n’aurait pas été reconduit dans ses termes actuels. 

Le Gouvernement américain a décidé pour sa part, le 27 juin 2007, de nous réintégrer à la Liste des pays bénéficiaires de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique  (AGOA). Et notre pays a été admis, le 12 décembre 2007, à la première phase du Millunium Challenge Coorporation.

Le Président Nicolas SARKOZY a cité notre pays en exemple lors du Sommet euro-africain, à Lisbonne. Le Président  Horst KOHLER, a effectué une Visite d’Etat- la première du genre dans notre pays pour un Chef d’Etat allemand. Les Présidents SARKOZY et José Luis ZAPATERO s’étaient engagés également à visiter prochainement notre pays. 

Pour ce qui est de l’Espagne spécifiquement, le projet de Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération que j’ai finalisé et transmis au Gouvernement espagnol en mars dernier, et qui a été signé lors de la dernière Visite du Président à Madrid, prévoit des rencontres régulières au plus haut niveau. 

Ces trois pays (Allemagne, Espagne et France) ont inscrit  notre pays parmi les Etats prioritaires de leur coopération. Par conséquent nous devons tous intégrer cette dimension extérieure d’autant plus que nous avons grandement besoin de tous nos partenaires. 

Abstraction faite de ce que pensent les autres, nous devons savoir réellement quel est l’intérêt du peuple mauritanien : Cet intérêt serait-il mieux servi en prolongeant  une situation hybride Régime d’exception / Démocratie limitée ou en renouant sans délai avec des Institutions réellement démocratiques ? 

Des Journées de concertation ouvertes aux partis politiques et à la Société civile sont annoncées. Une telle formule avait été expérimentée lors de la précédente Transition mais je pense que les conditions sont totalement différentes car nous avons un Parlement élu démocratiquement qui demeure en place quand bien même le HCE s’est attribué virtuellement ses compétences, par l’article 8 de l’Ordonnance constitutionnelle régissant ses pouvoirs. 

Tout débat doit donc se dérouler au sein de cette Institution, en association avec le HCE.Ceux qui sont en dehors du Parlement ne pourraient, à mon sens, participer à ce débat qu’en s’exprimant par le biais des médias ou à travers des formes de consultations que le Parlement jugerait utiles à l’accomplissement de sa mission. 

Le prolongement du statu quo affaiblira les Institutions démocratiques qui ont été maintenues, divisera davantage la classe politique, isolera progressivement notre pays, aura immanquablement des répercussions négatives sur les conditions de vie des populations et ralentira, au moins, tous les grands projets d’infrastructures. La conjugaison de ces facteurs pourrait provoquer une situation périlleuse tant au niveau national que sous-régional. 

L’importance des manifestations de soutien populaire doit être relativisée car c’est du «déjà vu» et, en tout état de cause, le niveau de ce soutien baissera avec la fin des premières vagues de nominations et l’impact de la dégradation probable des conditions de vie des populations. 

L’intérêt national commande sans le moindre doute de rétablir sans délai une démocratie réelle, en particulier l’Institution présidentielle qui est actuellement suspendue. 

Le Président, le HCE et le Parlement doivent mettre l’intérêt national au dessus de toute considération et s’engager sincèrement dans cette voie. Ils doivent chercher un compromis  pouvant permettre à notre pays de sortir de la crise actuelle et de cesser définitivement d’être la risée du monde et le «malade» de le Région. Ils doivent se rappeler que nous sommes le seul pays au monde qui a connu, au moins, quatre coups d’état- réussi ou déjoué- depuis le début du siècle et le seul pays d’Afrique ayant déjà fait l’objet de deux suspensions par l’Union africaine. Et convenir qu’il s’agit là d’un triste «palmarès». 

Ce compromis doit donc être axé principalement sur le rétablissement de l’Institution  présidentielle mais il doit en même temps traiter les origines de la crise qui a abouti au coup d’état. 

Le Président de la République doit présenter formellement sa démission, le HCE doit fixer la date de la prochaine élection présidentielle dés à présent et ce dans un délai n’excèdent pas six mois à compter du 6 août 2008. Durant cette période, il ne doit procéder à des nominations dans la fonction publique ou au sein des Entreprises publiques que par nécessité administrative car ces nominations peuvent constituer un moyen d’influer sur tout processus politique ou électoral. 

Le HCE devra réviser l’article 6, alinéa 2, de sa Charte constitutionnelle en vue de permettre au Parlement d’interpeller, en cas de besoin, le Gouvernement et abroger les alinéas 2 et 3 de l’article 8 de la même Charte  afin de rétablir la plénitude des pouvoirs constitutionnels de la Représentation nationale. 

Le Parlement doit, de son coté, organiser en association avec le HCE un débat  portant uniquement sur les trois questions suivantes : 

1. Les modalités du rétablissement de l’Institution présidentielle, en particulier les garanties de transparence et d’honnêteté de l’élection. Ces garanties doivent être nécessairement meilleures que celles de 2007 ; 

2. Les causes de la crise survenue entre le Président et sa majorité et les leçons à en tirer, y compris l’éventualité de limiter les pouvoirs du Président de la République et de revoir, le cas échéant, les conditions de son «empêchement». L’éventuelle limitation des pouvoirs présidentiels ne doit pas cependant affaiblir cette Institution fondamentale car l’existence d’un centre de décision unique et respecté est indispensable, en particulier dans notre contexte social. D’autant plus qu’il s’agit d’une Institution tirant sa légitimité du suffrage universel direct du peuple tout entier. Et le pays ne peut pas être gouverné si le Président ne jouit pas de l’autorité requise et dispose d’une Majorité solide et fidèle ; 

3. La relation entre le Président de la République en tant que Commandant en Chef des Forces armées et celles-ci, y compris la définition des conditions d’accès aux emplois supérieurs au sein des Forces armées et au grade de Général. 

La durée de ce débat ne doit pas excéder trois mois. Il serait loisible au Parlement de faire appel à toute expertise pouvant mieux l’édifier dans l’élaboration de ses décisions finales et d’entendre les partis politiques. 

Une fois ce compromis conclu, il devra être solennellement approuvé par les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès et présenté ensuite à nos principaux partenaires en vue de demander, d’une part, l’assouplissement des sanctions édictées contre notre pays et leur assistance dans l’organisation de l’élection présidentielle et d’une éventuelle  révision constitutionnelle, d’autre part. 

Je sais qu’il ne sera pas facile de convaincre nos principaux partenaires car ils ne voient pas de raisons valables pour reprendre l’élection présidentielle à ce stade mais l’adhésion libre, totale et sincère de tous les protagonistes à ce compromis finira certainement par les amener à reconsidérer leurs positions. 

Ce scénario évitera à notre peuple de souffrir de l’isolement et lui permettra de retrouver progressivement sa place dans le concert des Nations. Ce dernier aspect ne sera pas aisé car rien n’est plus difficile que la «construction» de la confiance. 

Le monde entier avait  bien accueilli le «tournant» pris par notre pays en 2007 et il nous a réellement manifesté sa sympathie et sa disponibilité à nous accompagner dans le renouveau et l’édification de notre pays comme en témoignent les résultats du  Groupe consultatif. 

Le virage opéré par le Président Sidi OULD CHEIKH ABDELLAHI en mai dernier n’a pas été bien compris par de nombreux partenaires et a brisé l’élan lancé depuis le début de son mandat en congédiant un Gouvernement dont la seule faute est d’avoir cru sincèrement en la volonté de reforme et de changement .Le coup d’Etat du 6 août a mis fin à ce «printemps» mauritanien et aux grands espoirs qu’il avait fait naître. 

Le successeur  du Président OULD CHEIKH ABDELLAHI, démocratiquement élu, risque de ne pas bénéficier d’emblée du même niveau de soutien .Il devra nécessairement apporter plus de gages de stabilité et de pérennité du Système démocratique mais aucun homme (ou femme) ne pourra fournir, seul, suffisamment de garanties dans ce domaine. C’est au peuple mauritanien tout entier qu’il reviendra de donner, à travers ses Corps constitués, ces gages. 

Les Institutions républicaines, les partis politiques et les Forces armées et de Sécurité doivent  adopter un Code d’Honneur garantissant la normalisation de la vie politique et bannissant le recours à la force comme mode d’accession au pouvoir. 

Il ne peut y avoir que des «gagnant-gagnant» dans l’établissement d’un tel Code d’Honneur. Notre pays a beaucoup souffert de l’instabilité et de ses corollaires néfastes. Il mérite mieux que cela et la mémoire de nos ancêtres qui ont su édifier une Civilisation rayonnante, dans des conditions beaucoup plus difficiles, mérite mieux que nos déboires continus. Nous avons besoin d’un sursaut national pour tourner définitivement cette page sombre et créer les conditions de la renaissance de notre Nation et de l’édification de notre pays. 

Nous avons accusé un grand retard sur tous les Etats qui ont accédé à l’indépendance avec nous et qui disposent, dans certains cas, de moins de ressources naturelles tout en étant plus peuplés. 

Personne ne construira notre pays à notre place mais si nous réglons de manière saine nos problèmes internes, établissons une véritable démocratie et engageons les reformes nécessaires, il ne fait aucun doute que tous nos partenaires seront, comme d’habitude, à nos cotés et assumeront leurs responsabilités. 

«La balle est donc dans notre camps» et c’est à nous qu’il incombe de jeter de façon durable les jalons d’un Système politique adapté à notre époque et à même de gagner la confiance de la Communauté internationale sans l’assistance de laquelle aucun progrès n’est possible. 

Nous devons songer sérieusement à la situation de notre pays et à l’héritage que nous voulons laisser aux générations futures. Nous avons réellement besoin de ce sursaut national pour avoir une chance de pouvoir enrayer le déclin de notre pays. Nous devons regarder autour de nous. Tous les pays voisins avancent tandis que nous reculons. Nous ne pouvons renverser cette tendance en étant seulement aussi efficaces et aussi performants que les autres (ce dont nous sommes très loin) : nous devons offrir de meilleures conditions sinon nous ne serons pas  compétitifs car nous constituons un marché insignifiant et notre pays est fragile et instable. 

Nos concitoyens – et même notre élite- croient, à tort, que nous sommes un pays riche. 

La vérité est que notre sous-sol et nos eaux territoriales recèlent certaines ressources, qui sont loin d’être rares ni abondantes, mais nous n’avons ni capital ni savoir- faire pour les mettre en valeur. Pour attirer ce capital et ce savoir- faire, il faut avoir la confiance de ceux qui les détiennent. 

Cette confiance se construit patiemment, avec le temps, et elle exige, au minimum, la stabilité politique, un bon environnement de travail, un cadre de vie acceptable, de bonnes infrastructures, une justice indépendante et une main- d’œuvre qualifiée. Or, sur tous ces plans, nous sommes malheureusement les «derniers de la classe». 

Presque cinquante ans après notre indépendance, notre système éducatif est délabré et nos enfants étudient dans des conditions beaucoup plus difficiles que celles dans lesquelles leurs parents avaient été formés. Notre Ecole est une fabrique de chômeurs et d’obscurantistes. Nous n’avons pas réellement d’Université. 

Nos Structures sanitaires sont totalement défaillantes.  Nous dépensons, tous les ans, plus d’argent dans les évacuations sanitaires. 

Notre jeunesse n’a pas de perspectives et est frappée, massivement, par le chômage, la précarité et l’exclusion. 

Le nombre d’ingénieurs par habitant est l’un des plus bas au monde et les cadres intermédiaires et agents techniques et professionnels, indispensables au développement, sont quasiment inexistants. 

Nos infrastructures sont en piteux état quand elles existent. Nous n’avons pas d’aéroport international et il est plus facile et moins cher d’aller de Las Palmas à Miami qu’à Nouadhibou. 

Notre pays est sans doute le seul au monde ou il n y a pas un seul Hôtel de haut standing ni simplement une seule Suite digne de ce nom. 

Nous ne comptons aucun écrivain de renommée internationale ni un seul Professeur émérite, dans quelque domaine que ce soit, de réputation mondiale. 

Nous sommes connus, dans le  Monde arabe, comme le «pays au million de poètes» mais  aucun de nos innombrables poètes n’est parvenu à avoir une dimension arabe, faute d’environnement propice. Le sort réservé à  Mohamed OULD TALEB n’est que la dernière illustration du peu de cas que nous faisons de nos «success story» dans ce domaine pourtant porteur comme, du reste, dans d’autres et Sidi Mohamed OULD BAMBA et ses compagnons risquent de ne pas avoir meilleure fortune. 

Nos enfants ignorent notre histoire et même notre géographie car la superficie de notre pays varie d’un manuel à l’autre. 

Nos Gouvernants se vantent  encore de pouvoir assurer l’approvisionnement du marché en…oignons et huile d’arachide, à l’ère de la révolution numérique ! 

Le seul domaine dans lequel nous avons un «avantage comparatif» est l’instabilité politique et gouvernementale et le taux record d’anciens Ministres qu’elle engendre. Au rythme ou nous allons, chaque mauritanien aura été Ministre, au moins une fois dans sa vie. Ainsi cent personnes environ ont accédé à ce statut durant les quatre derniers mois ! Cette situation a totalement déprécié cette fonction qui, dans un Etat normal, couronne généralement une carrière politique ou administrative. 

Le sens du devoir et de la responsabilité exige de se dire toutes ces vérités et de faire prendre conscience à notre peuple de l’ampleur des défis à relever. Chaque mauritanien doit assumer  sa part de l’effort collectif, rompre avec la mentalité d’assisté et se soumettre aux exigences de la vie moderne. 

Mais la condition sine qua non pour relever ces défis et assurer ainsi un avenir pour nos enfants sur cette terre aride est de rompre définitivement avec l’instabilité et les régimes d’exception et de rétablir de véritables Institutions démocratiques. 

Je sais pertinemment que la démocratie est un processus qui se construit avec le temps et le progrès économique et social, mais celui-ci ne peut être conduit que par un Gouvernement honnête, déterminé et compétent issu d’élections libres et honnêtes. Tous les mauritaniens- et leurs nombreux amis à travers le monde avec eux- avaient cru il y a dix huit mois qu’un tel processus était engagé de façon irréversible. Ce rêve se trouve aujourd’hui brisé. Notre génération sera jugée sur sa capacité ou non à faire renaître cet espoir et, partant, à savoir et pouvoir aller dans le sens de l’histoire. 

La situation de notre pays est dramatique et les travaux d’Hercule annoncés par le Gouvernement mis en place par le HCE risquent de ne pas connaître un début de réalisation dans le contexte actuel. Le temps presse. Le contexte régional est plein de périls. L’environnement  international est caractérisé par une compétition féroce. 

Les grandes puissances sont inquiètes face aux nouvelles menaces du xxi siècle et craignent pour leur avenir. Et nous, nous nous enfonçons  dans la débâcle, comme disait le Général de Gaulle. Qu’Allah nous préserve. 

 

*Mohamed Saleck Ould Mohamed Lemine est ancien ministre des affaires étrangères du premier gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi 

 

 Source : La Tribune n°416




Chronique Mansor

16092008

 

S’il est pratiquement certain que tous les animaux savent exprimer des émotions, il semble que les hommes seuls sont capables de les nommer. Dans la pensée musulmane, ce qui distingue l’humain de tout le reste de
la Création, c’est cette même capacité à évoquer les choses en leur absence ; plus généralement : à prendre distance avec la sensation ; et c’est ce don divin qui fait de lui le khalife de l’Un sur terre
[1]. Chez les chinois, l’idéogramme ne se contente pas d’évoquer la réalité, il la convoque, en révèle l’essence éternelle, au-delà de ses contingences transitoires. Dans le magma bouillonnant de l’Existence, où gonflent et éclatent, à chaque instant, des formes et des situations nouvelles, le nom, qui est nombre, distingue et ordonne, réunit et transcende, suggère – (r)établit ? – une continuité de sens. Quel que soit le niveau de conscience à partir duquel on l’envisage, le symbole signale une fracture et remplit un vide [2]. C’est, de fait, cette parenté avec le désir et son assouvissement qui situe la fonction symbolique au cœur de la problématique contemporaine, obnubilée par la loi du marché. Si tant est que le développement de celui-ci nécessite une multiplicité sans cesse croissante de consommateurs le plus sensibles possible à la diversification des produits, réels ou virtuels, appelée à couvrir l’intégralité du champ du désir, cette hypersensibilisation à la marchandise implique une insensibilisation aux autres formes d’échange et de représentation, en particulier toutes celles opérant à partir – en perspective ? – d’une transcendance. La marchandisation du monde tue la fonction symbolique. 

 

On insistera pas, ici, sur l’incapacité de l’esprit moderne à entendre le dynamisme des sciences sacrées traditionnelles [3], pour relever, par contre, sa difficulté, croissante, à distinguer l’essence religieuse de sa propre pensée, dont, bon gré, mal gré, la plupart des plus éminents chercheurs en sciences humaines admettent le postulat [4]. La tâche est d’autant plus ardue que, dans bien des cas, le caractère profane de la langue d’usage ne permet pas de remonter jusqu’à un corps sémantico-doctrinal suffisamment cohérent pour initier cette « remise en perspective ». Ainsi, entre les influences germaniques, nordiques, romaines, grecques ou arabes, on a grand mal à discerner, en France, un socle culturel spécifique, dont l’exhumation de rares traces – signe de l’oralité ordinaire de la symbolisation anté-civilisée –  permet de pressentir, pourtant, toute la richesse [5]. Dénoncer le gauchiment gréco-latin de la source sémitique du christianisme ne peut suffire à en dés-altérer le goût, alors que l’étude de ces langues anciennes disparaît. Très peu de cultures offrent aujourd’hui une réelle « mémoire de l’origine » –  sens profond de « la » Tradition – et, à part quelques rares cas de micro-sociétés dites « primitives », encore non-éventrées par le mondialisme, celles-là disposent, toutes, de références linguistiques écrites, généralement centrées autour d’un texte-phare, pratiquement toujours auréolé d’une origine surnaturelle : Yi-King chinois, Védas sanscrits, Thora hébraïque ou Saint Coran arabe, pour n’en citer que les plus célèbres. 

 

Cependant, seul en sa langue d’origine, le Saint Coran demeure, à ce jour, d’accès universel et populairement fréquenté. Tous les autres livres « sacrés », que ce soit par défaut de transmission, complexité des apprentissages ou politique élitiste, sont cantonnés à des cercles, de plus en plus réduits, d’érudits. Dans quelle mesure, cependant, la vulgarisation de l’étude de l’« arabe primitif » débouche-t-elle sur un enrichissement de la fonction symbolique ? Il semble bien qu’un certain nombre de lacunes dans l’enseignement réduisent, considérablement, son champ sémantique, évacuant même, parfois, ses perspectives métaphysiques, au profit d’une lecture strictement moraliste, voire caricaturalement passéiste du Saint Texte. A ce dernier égard, on peut, légitimement, être effaré de constater l’abîme grandissant entre les salafs, dignes suiveurs de Mohamed – P.B.L. – et certains de nos salafistes contemporains, notamment en ce qui concerne les rapports entre violence et religion. Il faut bien entendre que l’élargissement de cette brèche sans fond est un signe concret de l’avancée de la marchandisation du monde. Croyant combattre celle-ci,  ceux-là détruisent leur propre citadelle. Sans présumer des résultats de l’indispensable débat, entre musulmans – et musulmanes – sur la condition contemporaine du désir, il est urgent de réinvestir l’intégralité du champ sémantique de l’arabe sacré, d’en reconcevoir, partout, l’enseignement, en insistant, notamment, sur sa cohérence symbolique et sur ses connexions, par le dedans des signes, avec la moindre tradition localisée. L’enjeu est de taille : atteindre à la plénitude de l’islam, pour un tout un chacun, c’est, forcément, déboucher au centre même de sa propre origine ; autrement dit : de son propre désir ; en paix, très peu sensible, donc, aux sollicitations du marché...   




[1]  Entend-on, ici, le profond paradoxe ? Si la distanciation est l’argument du monde, elle est aussi celui de la dialectique. Cette dernière serait-elle un signe de l’Un ? La proposition vaut, probablement, le détour d’une méditation… 

[2]  Le sunbolon, en grec ancien – de «sun», ensemble, en même temps, et «ballein» : lancer, jeter, rejeter – est cet objet – un anneau, ordinairement – ou, plus antérieurement, cet animal sacrifié, qu’on partageait en deux, reconnaissant ainsi une séparation, une distanciation à partir de laquelle pouvaient s’organiser des relations nouvelles, ou s’en rétablir de plus anciennes perverties.   

[3]  en renvoyant, cependant, le lecteur à toute l’œuvre de René Guénon, à commencer par « La crise du monde moderne » et « Le règne de la quantité ou les signes des temps».

[4]  DURKHEIM, Emile, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, PUF, 1968 – GIRARD, René, Des choses cachées depuis la fondation du monde, Paris, Grasset, 1978 – voire, après bien des essais adverses, LEVY-STRAUSS, Claude, Introduction à l’œuvre de Marcel Mauss, in Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950 ; Paroles données, Paris, Plon, 1984. 

[5]  Voir, à cet égard, la profusion imaginative des légendes bretonnes, une des rares régions françaises à avoir conservé sa spécificité linguistique.

Source : La Tribune n°416 




Faits divers

16092008

 La prison lui manquait 

 

 Un jeune homme a été arrêté aux environs de

la Bacim Bank la semaine passée. Il avait tenté d’arracher le sac d’une jeune femme qui se trouvait comme par hasard dans son champ d’action. Immobilisé par une foule alertée par les cris de la jeune femme, le jeune homme n’opposa aucune résistance. Il se contenta de déclarer : « Je voulais retourner en prison ». Récidiviste très célèbre, il  justifie ainsi son délit par un désir de retourner à la prison de Dar Naim.  Il venait de purger récemment une peine de de trois mois  ferme de prison pour vol à l’arrachée.  Le voilà commettant un autre forfait sous le prétexte suivant « La taule, c’est un milieu qui me plait beaucoup » Pour cela, le visa était simple : « J’ai tenté de subtiliser le sac de la bonne que j’ai rencontré à quelques mètres de
la BACIM-BANK ». C’est la déclaration un peu plus simpliste qu’a servie ce grand voleur. . 

  

 

 

Qui vole une chèvre…se dénonce 

 

Cheikh, n’oubliera pas de sitôt   le lynchage qu’il a subi de la part de D.O.M, le vendredi soir devant la mosquée de Abdallahi Ben Oumar au PK11. 

Cheikh  profitait depuis le début du Ramadan du moment  de la prière de Tarawih pour aller commettre ses forfaits dans les maisons où il n’y a que les enfants qui suivent les feuilletons à la  télévision. 

Cette nuit au moment  où la chèvre de D.O.M traînait entre sa maison et la mosquée, Cheikh pensait pouvoir l’amener sans être inquiété, mais par manque de chance, la chèvre  émettant des cris tandis que  D.O.M en pleine prière fut étonné par les cris anormaux de sa chèvre et il finit par interrompre sa prière et poursuit le malfrat. Après une longue ronde dans le quartier, le voleur s’infiltre dans la mosquée et s’assoit à côté de l’Imam. 

D.O.M, le propriétaire de la chèvre très frustré entre dans la mosquée et fait  sortir Cheikh et le passe à tabac .Ce soir, ce voleur a reçu une leçon qu’il n’oubliera jamais avant que sa tante qui le qualifie de fou et non de voleur ne vienne pour le récupérer. 

Signalons que zone a vécu durant les mois passés une série de vols et selon les habitants Cheikh est leur voleur. 

  

Vol au marché d’El Mina 

 

I.O.Mohamed et Y.O.Sidi deux voleurs respectivement nés en 1985 et 1986 à Nouakchott ont cambriolé l’une des boutiques du marché d’El Mina la semaine dernière et ont emporté des paquets de chemises et des grosses de parfum. 

Selon une source policière,
la BR du Commissariat de Police d’Arafat 1 les a arrêté deux jours après leur coup. Et  après être entendu
la PJ a constitué leur dossier pour être déférés au parquet et ils passeront devant le procureur puis le juge d’instruction du 1er cabinet avant d’aller en prison. 

  

Viols à Dar Naim  des récidivistes font surface : 

Des « Junks » qui ont  connu les affres de la prison sèment la terreur dans certains quartiers populaires de Nouakchott en ce mois béni au vu et  au su de tous. 

Selon des sources proches des victimes, hier aux environs de 2 heures précises, deux jeunes filles et leur maman revenaient d’une invitation qui était faite  à leur honneur à Teyjat . A peine arrivées au carrefour OULD BADDOU que S.M, N.D et A.B se sont présentés devant  elles, chacun couteau à la main et les ont  demandé de les remettre leurs téléphones et leurs sacs. Sans hésiter, elles exécutent les ordres. 

Sans aucune inquiétude le trio continu son chemin aisément. 

Dans la même nuit à Mellah ce même groupe a violé une jeune femme  en la menaçant avec une arme blanche puis son portable a été emporté. 

Selon la victime, les bandits étaient masqués et l’ont mise en garde si jamais elle informe la police.

 Aboubecrine Ould Sidi

Source : La Tribune n°416




actualités

16092008

 *Alerte à Nouakchott
Plusieurs éléments des forces de sécurité ont été déployées jeudi en différents endroits stratégiques de Nouakchott, la capitale de
la Mauritanie, à la suite d’une alerte aux attentats terroristes, selon des sources policières de Nouakchott.
L’alerte émane de milieux islamistes présumés proches de la branche maghrébine du réseau terroriste international al-Qaïda, indiquent les mêmes sources.
L’impressionnant dispositif sécuritaire était particulièrement visible dans le centre de la ville, près de la présidence de
la République, de
la Banque centrale et des édifices ministériels.
Le territoire mauritanien a, ces dernières années, été le théâtre de plusieurs attentats terroristes, dont celui qui a visé quatre touristes français assassinés le 24 décembre 2007 près de la ville d’Aleg, à 250 km au sud-est de Nouakchott.
Une quarantaine d’islamistes présumés terroristes, accusés d’être les instigateurs de ces attentats, ont été arrêtés en avril 2008 et sont détenus à titre préventif dans une prison de Nouakchott.

Source : Xinhuanet

 

*Fenton Brésil/Mauritanie

Du sucre et du lait en attendant
 

Mohamed Ould Mohamedou, commissaire à la sécurité alimentaire a réceptionné ce jeudi devant les magasins du Commissariat à la sécurité alimentaire à Nouakchott et en présence de Ba Houdou, commissaire chargé de la promotion des investissements une quantité de produits alimentaires de base présentée par le groupe commercial Fenton Brésil. Ce don qui a été remis, au nom du Groupe, par M. Marcos Santos, est constitué de 20 tonnes de sucre et de lait en poudre consenti à notre pays à l’occasion du mois béni du Ramadan.  Le Groupe commercial « Fenton Brésil » qui regroupe beaucoup  d’hommes d’affaire brésiliens et s’intéresse aux secteurs du tourisme, des transports, de la culture et les services sociaux  est à la recherche en Mauritanie d’ opportunités d’investissement offertes par ce pays. Il est attendu qu’il appuye les efforts de développement du gouvernement mauritanien. C’est ce qu’a déclaré le CSA.

Pour  Marcos Santos qui parlait au nom du groupe Fenton Brésil « la valeur de ce don ne réside pas seulement dans son aspect matériel », elle exprime une volonté réelle et sincère de soutenir un peuple sans pareil dans le monde en raison de ses valeurs, de sa générosité et de son ouverture ».  

(Avec AMI)

Arabie Saoudite/Mauritanie

Des dattes pour le Ramadan

*Mercredi matin à Nouakchott  l’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite Saoud Ben Abdel Aziz El Jabiri a remis aux autorités mauritaniennes 250 tonnes de dattes destiné aux personnes nécessiteuses au cours du moins de Ramadhan en Mauritanie.
A cette occasion, le commissaire à la sécurité alimentaire a indiqué que ce don généreux « s’inscrit dans le cadre du soutien constant de l’Arabie Saoudite pour les efforts du gouvernement mauritanien visant à mettre à disposition les produits alimentaires pour les populations nécessiteuses ajoutant que ce « don constitue un édifice qui s’ajoute à la coopération étroite et de longue date existant entre les deux pays liés par liens plus forts que tous les défis » (avec AMI)

 

 

 

*Coupure d’électricité

 

Dès la première semaine de ramadan  ces quartiers périphériques de la ville de Nouakchott ont été l’objet de plusieurs  coupures d’électricité. Ces coupures ont provoqué le bousillage   des appareils de certaines maisons. Cependant, les usagers  ne sont pas organisés pour défendre leurs intérêts.  Notons que dans cette période estivale, les machines de la  société mauritanienne d’électricité   souffrent souvent des arrêts dus à la montée de la vague de chaleur.  

 

 

*Baisse de prix de produits de première nécessité

 

Les nouvelles boutiques qui ont vu le jour pour aider les citoyens en cette période de ramadan sont considérées comme étant des bons actes de la part des actuels dirigeants. Le citoyen  encourage cette initiative mais une question centrale s’impose : jusqu’à quand ces prix seront acceptables  et acceptés  par les populations. Une autre nouvelle qui peut jouer en faveur de la baisse de prix. C’est celle de la baisse des prix du baril du pétrole. Mais les ventes du pétrole se base sur des contrats à terme. Ce qui sous-entend  que  le pays peut bénéficier  de cette baisse en trois mois. Le prix du baril est actuellement de 110 dollars. Mais la donne extérieure doit être analysée  avec beaucoup de vigilance.

 

*Office national du tourisme

 

 Un employé de l’office national du tourisme, nous a informé que le mois passé   les salariés n’ont pas eu leurs salaires à temps.  Ces derniers  n’ont reçu aucune justification de la part de leur direction. En gros, le  retard des salaires  n’a pas été justifié.   Il a précisé aussi  que l’ONT fonctionne suivant un ordre de  favoritisme et que l’actuel directeur ne traite pas les délégations du tourisme régionales selon les mêmes points d’égalité.  

 

*Salafistes

Les familles de détenus de salafistes se plaignent du fait que leurs frères et  fils sont maltraités. Elles  évoquent qu’ils ne mangent plus. Et qu’auparavant,  les gardiens de  la prison leur ramènent  le dîner de rupture du jeûne que tardivement. « Hier les gardiens nous ont ramené leurs dîners  complets. Il est   fort probable que nos fils et frères  entament  une grève contre la fin », précise l’une des parentes des détenus, avent d’ajouter que  «  Les détenus  doivent être jugés le plutôt possible ». « Plusieurs d’entre eux sont détenus sans que des accusations soient adressées contre eux. La police n’a trouvé chez eux  aucune trace prouvant leurs implications dans les attentes ou des actes terroristes », martèle-t-elle avec amertume.      

 

MFB

 

 

Recrudescence des cas de viols de mineures à Nouakchott 

 

Les chiffres des viols vont crescendo dans la capitale selon des responsables des O.N.G.s sur place. Ainsi, l’Association Mauritanienne pour
la Santé de
la Mére et de l’Enfant (A.M.S.M.E.) une o.n.g. qui travaille depuis 1999 sur le terrain tire la sonnette d’alarme en déclinant des chiffres qui donnent froid dans le dos. Ouhaîda Mint Mohamedou chargée des relations extérieures de ladite o.n.g. indique que son association a accueilli 64 cas de viols pour le seul mois de Juillet, chiffre inquiétant, selon elle. La responsable de l’A.M.S.M.E. a mis en exergue la tranche d’âge qui parfois varie de 2à 7 ans dont 30% des victimes subissent des séquelles souvent inguérissables : des déchirures, des fistules avant de préciser que tout récemment son organisation a envoyé une fillette de 4 ans au Maroc pour subir des opérations à la suite d’un viol. Aussi, le profil des violeurs est variable « nous avons souvent affaire à des actes incestueux : une fille violée par son père géniteur, d’autres violées par leurs pères adoptifs, une autre par son oncle ; une fille est tombée enceinte près être violée par son grand frère » ajoute Ouhaîda. Il y a aussi des actes de pédophilie inimaginables : des enseignants aussi bien à l’école moderne que coranique. Le cas de ce tunisien suppléant dans une Mahadra qui a abusé au total de 12 garçons. Le responsable des statistiques a fait le bilan des cas enregistrés depuis 2005 avec des chiffres effroyables : 2006 :55 cas, 2007 :77cas et à partir de Janvier 2008, 256 cas dont 20% de garçons. A noter que cette o.n.g.qui œuvre pour   la prise en charge des victimes de viol dispose d’un centre d’accueil  ( centre WAVA pour la prise en charge des enfants et filles victimes de viol) doté d’un personnel spécialisé dans ce domaine qui assure un suivi médical, social, juridique et psychologique. Elle travaille en étroite collaboration avec tous les commissariats de police de Nouakchott et particulièrement celui des mineurs. Ces commissariats sont presque l’interface entre l’ong et les victimes des viols qu’ils orientent. C’est en ce moment que commence la prise en charge médicale et psychologique, l’o.n.g. a pu obtenir auprès de tous les établissements sanitaires une priorité pour les soins urgents des violées car au-delà d’un certain temps les traces de viol risquent de disparaître mais laissant des séquelle indélébiles. A son tour, l’o.n.g. fait gratuitement des analyses sur les I.S.T./V.I.H. et l’hépatite.

 

Que de chemin parcouru

 

L’O.n.g qui avait comme vocation première la santé de la mère et de l’Enfant était tombée sur le phénomène du viol qui avait connu des proportions alarmantes mais qui malheureusement restait un sujet tabou à tous les niveaux : société, autorités administratives et police. Mais, avec la sensibilisation il y a eu une avancée non négligeable.

 

Sanctions pénales à durcir

 

« Même si le texte juridique mauritanien punit sévèrement le viol, il est difficile de prouver le viol à certaines autorités judiciaires, paradoxalement la victime passe souvent en accusée » déplore un responsable de l’A.M.S.M.E. qui ajoute « au départ de nos activités, quand une victime se présentait à la justice pour porte plainte, on l’accusait de fornication, et parfois elle est emprisonnée.

Ouhaîda a de son côté déploré le manque d’efficacité des sanctions pénales à l’encontre des violeurs car dit_elle 100.000 un et deux ans de prison ne sont pas proportionnés aux dégâts causés par les auteurs de viols. Pour cela elle interpelle les autorités judiciaires à corser la peine contre les agresseurs sexuels avant d’ajouter que le viol était un sujet tabou mais avec la sensibilisation cela commence à changer, « avant, nous ne pouvions pas parler à la justice ni aux Imams, maintenant nous avons une franche collaboration avec tous, surtout la police »

Djibril SY

 

 

 

Source :
La Tribune n°416







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