Une histoire de trois espoirs…

2 09 2008

Une histoire de trois espoirs…

Il n’y a qu’une seule voie qui vaille. Une seule et unique voie qui mène vers la paix sociale, la justice et une vie publique enfin apaisée. Mohamed Ould Abdel Aziz a une chance, il a un rendez-vous avec l’histoire, une belle histoire celle que bien des années plus tard nos descendants  entonneront  son hymne. Il s’agit de l’histoire, la vraie ! Authentique histoire, celle   de l’honneur et de la gloire, celle de la vérité écrite par l’encre indélébile de la justice. Ce rendez-vous est là à bout portant de celui qui, aujourd’hui, passe maître du pays. Un rendez-vous facilement négociable, il suffit de se donner la volonté, la ferme volonté de l’engager jusqu’au bout. Bien des prédécesseurs avant vous ont occupé qui pour longtemps, qui pour quelques années, qui pour quelques mois seulement, le fauteuil sur lequel vous siégez maintenant. Tous ont promis monts et merveilles à ce peuple. Tous ont raté le coche. Ils étaient tous à leur arrivée, se gargarisaient-ils, décidés à faire régner la justice, à combattre le tribalisme, le sectarisme, la corruption et tous les maux qui ont cantonné les populations dans l’arriération. Tous, ont failli chacun à leur mission. L’histoire ne retient pas d’eux de beaux souvenirs. Ils ne peuvent, aujourd’hui, se targuer de rien. A rien ils ne peuvent non plus prétendre. 

Pourtant, Monsieur le général vous n’êtes pas mieux que vos prédécesseurs, à leur arrivée. Vous seriez même pire qu’eux pour certains. Oui, pire,  pour ceux qui, à travers votre entourage immédiat, vos laudateurs, vos premières nominations à relents clientélistes, teintées d’un arome quelque peu népotiste, tirent la conclusion sur l’homme que vous serez demain, si vous ne l’êtes pas déjà. Pour ceux-là aussi, l’histoire qui sera  la vôtre ne sera pas des plus reluisantes, parce que tout simplement, ils vous jugent en fonction des organes de presse officielle. C’est compréhensible qu’ils soient choqués et révoltés du retour de la langue de bois faite sous la rythmique des cantiques dithyrambique chantées à l’honneur et à la gloire du chef que vous êtes. C’est  normal que naît le scepticisme et que d’aucuns voient en vous l’image de Maaouya Ould Sid’Ahmed Ould Taya. Les plus abjectes de ses images, monsieur le général, son faible pour les thuriféraires, et son incitation à la génuflexion, à l’acquiescement, en plus de l’aversion que celui-là éprouvait à l’égard de la contradiction. Vos premières mesures de nominations sont, pour ceux-là, qui nous vous accordent un répit, une prime pour la flatterie et la flagornerie. Mais, vous êtes pour d’autres, un espoir, une étoile lointaine que nous tentions depuis des lustres d’embrasser sa lumière, pour qu’elle nous éclaire, enfin le chemin ténébreux qui a toujours été, et qui le demeure encore. Ils sont optimistes, ceux-là, pour nous le peuple, pour la Mauritanie toute entière, mais aussi optimistes, le sont-ils, pour vous. Parce que
peut-être, ils vous connaissent habité par une certaine idée de ce pays. Ils jurent que vous êtes nourri de bonne volonté, si vous ne l’êtes pas, la bonne volonté. Que vous êtes, monsieur le général
épris de justice. Possible, monsieur le général.
Or, monsieur le général, encore une fois, faudra-t-il, qu’on vous le rappelle le Président démocratiquement élu que vous avez évincé, n’était pas connu des Mauritaniens. Il était un intrus à la scène politique. Vous avez rameuté la République, toute la République, les élus, les notabilités, les politiques, les hommes d’affaires pour qu’il devînt ce qu’il est devenu. Aujourd’hui, c’est vous-même qui le destitue. Aujourd’hui, on l’accable, lui sa femme, ses enfants, les siens de tous les pêchés d’Israël. Vous passez comme rectificateur.
C’est-à-dire que quelque part nous attendons à une vie publique meilleure, beaucoup meilleure que la précédente, que toutes les vies publiques antérieures, monsieur le général. C’est cela d’une certaine manière l’histoire qui vous attend. Qui nous attend, nous autres. Elle est  la vôtre. Belle histoire serait-elle, elle est la vôtre. Pire histoire serait-elle, elle est la vôtre ! A vous de choisir. Vous n’avez plus aucune excuse. Elles se sont épuisées, les excuses, pour vous en tout cas ! Pour vous, les alibis sont plombés, monsieur le général, plus que toute autre personnalité publique de ce pays. Pour vous, monsieur, les prétextes sont  inexistants, parce que vous êtes le tombeur de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya. Vous êtes, dit-on, celui qui a refusé le dévoiement  de la transition, par le président du CMJD Ely Ould Mohamed Vall. Vous êtes celui qui, vous le dites, vos soutiens le disent, également, le rectificateur du dérapage de la démocratie de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Donc, monsieur le général, nous ne saurions que nous attendre à mieux que Maaouya Ould Sid’Ahmed Ould Taya, parce que vous l’aviez délogé, en 2005, pour nous proposer mieux que lui. A mieux aussi, rêvons-nous, qu’à Ely Ould Mohamed Vall que vous avez sommé d’honorer ses engagements transitoires, parce que vous nous gardiez le meilleur ! A mieux,  encore aspirons-nous, qu’à Sidi Ould Cheikh Abdallahi que vous avez écarté parce que vous nous réservez, sans doute plus meilleur ! Le meilleur, mon général, nous vous le devons. Vous avez entretenu l’espoir en nous. Vous aviez insufflé l’âme de l’espoir en nous quand vous aviez renversé Ould Taya. Puis, vous aviez, en nous, réanimé ce même espoir quand le chef du CMJD a tenté de l’étouffer. Aujourd’hui, monsieur le général, vous venez, prétendiez-vous, au secours de l’espoir qu’une année d’exercice démocratique a fait volé en éclat ? Monsieur le général, nous sommes déjà, au troisième espoir ! C’est cela, monsieur le général, l’histoire qui vous donne rendez-vous, et à laquelle, vous aussi donné rendez-vous. Et que les Mauritaniens attendent ! C’est celle-là ! L’histoire de trois espoirs…monsieur le général…
hayane.beyane@gmail.com 

 

 

Source : La Tribune n° 415


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