NOUADHIBOU

26082008

 

 POUR OU CONTRE LE PUTSCH ? 

       

Jeudi 07 Août  2008 ils étaient moins de deux cents à assister à la marche puis au meeting de soutien à ce que les nouvelles autorités et leurs alliés appellent le ‘mouvement rectificatif et salutaire du 06 août entrepris par le général Mohamed Ould Abdel Aziz et les membres du haut conseil d’état.’ 

Partie du parc du jardin d’enfants, la marche s’est terminée à la tribune ou l’attendaient le colonel Ahmed Bemba Ould Baya, le wali de Dakhlet Nouadhibou avec le Hakem  et quelques élus, dont le maire de la commune. 

Quelques dix personnes ont pris la parole pour exprimer leur soutien au HCE dont ils trouvent l’action salutaire. 

Hassan Ould Bakar, au nom du personnel de la commune, a rédigé et lu une motion pour « saluer le mouvement de redressement qui va sortir le pays de l’impasse où il était à cause des effets pervers d’une politique anarchique »… 

Bekrine, du réseau des ONG a loué l’action du 06 août 08. Une femme s’est fait porte parole des femmes de Nouadhibou pour remercier les militaires de leur « sens du devoir et du sacrifice. » 

Le maire de Nouadhibou, Vadel Ould Abou Bekrine, a rappelé combien était « opportun le mouvement de rectification du 06 août. » 

A la fin du meeting, le colonel Ahmed Bamba Ould Beya, membre du HCE et commandant de la 1ère région militaire, a lu  une déclaration dans laquelle il a rappelé que « l’armée restera toujours du côté du peuple »… 

La marche et le meeting étaient organisés par la commune de Nouadhibou, des établissements tels que l’EPBR –port artisanal-,
la SMCP , le LFTP , MANUPORT , des partis comme le RFD et le PRDR. Cruel attelage entre ces deux formations, ennemies jurées il n’y a pas longtemps. On a vu des cadres RFD protester parce que le représentant du PRDR a parlé avant eux. Comme s’ils voulaient dire : « c’est notre coup d’état, éloignez-vous. » 

Le constat général est que la marche n’a pas mobilisé beaucoup de personnes .Selon les organisateurs ceci est du à ‘sa spontanéité’. Mince quand on se rappelle que quelques heures après l’annonce de la chute de Ould Taya, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour crier leur joie. 

Alors pourquoi peu de monde ? Un observateur pense savoir que c’est de la faute de l’APP, principal réservoir de ‘marcheurs’ qui visiblement est contre. Quand on sait que ce parti est le premier de Nouadhibou, c’est convaincant. 

Ce qu’on peut dire c’est que même parmi les participants beaucoup semblaient peu enthousiastes. En effet on a vu des cadres ‘masqués’ (pour ne pas être reconnus au cas ou ) , il y en avait qui traînaient le pas , d’autres encore qui n’ont pas atteint la tribune , disparaissant en cours de route .    

La population est divisée entre pros et anti coup d’état. 

Les initiatives se sont multipliées pour soutenir le putsch. Des cadres de Nouadhibou, sous la présidence de Cheikh Bouya Ould Cheikhna, cadre à
la SMCP, disent apporter leur ‘ferme soutien  au mouvement du HCE présidé par le général Ould Abdel Aziz’. 

Selon eux, ce mouvement a fait sortir le pays  de l’impasse où il se trouvait à cause des politiques improvisées suivies par le président déchu’. L’initiative précise que la destitution du’ régime antidémocratique est l’ultime remède.’ 

Une autre initiative dénommée IPAZ (initiative pour le président Aziz) demande à la population de s’unir derrière le HCE. 

Un groupe d’une dizaine de personnes venues de Nouakchott est descendu sur le terrain à Nouadhibou pour renforcer le camp des pros coup d’état. Il semblerait qu’en haut lieu on ne serait pas content de Nouadhibou, ville de plus de 100.000 habitants où seulement deux cents personnes ont marché. Ce groupe serait envoyé par Mohcen le sénateur de Rosso. 

Ce groupe a entrepris des contacts tous azimuts  pour expliquer aux populations le sens du coup d’état.   

Curieusement ni les syndicats ni les ulémas n’ont participé aux marches et initiatives. 

Toujours est –il que les initiatives commencent à se multiplier comme si les gens avaient décidé d’attendre pour voir .On ne sait jamais. Après l’initiative des cadres de Nouadhibou , ce fut autour du député Elgassem Ould Bellali d’organiser une conférence -débat pour , dit-il, ‘expliquer aux citoyens les tenants et aboutissants de mouvement rectificatif du 06 août 2008′.Son meeting -conférence a rencontré un franc succès , si on s’en tient au nombre de personnes venues l’écouter. 

A son tour, le directeur de l’ENEMP a présidé une initiative de cadres ce 23 août. Les initiateurs ont commenté les événements qui ont conduit au mouvement rectificatif : Promesses non tenues, corruption, gabegie, pouvoir personnel, affaiblissement des forces armées. 

On remarque le nombre peu important de personnes qui participent à ces initiatives. La plupart du temps ce sont les mêmes qui craignent pour leurs postes ou qui croient leur heure venue. 

Le ‘peuple ‘ , lui , ne se dérange plus. Les bus partent et retournent vides. Comme si le peuple voulait dire ‘ on veut du pain. On ne peut plus applaudir’. 

Les échecs de ces marches et meeting s’expliqueraient par l’incapacité de la classe politique régionale à tenir un discours mobilisateur lisible. 

Même les anti-putschs n’ont guère fait mieux. Ce 22 août ils avaient tenu un meeting qui n’a pas rassemblé 1000 personnes. C’est peu pour ADIL, APP, Tawassoul , UFP ,PLEJ , UNAD ,PMRC ,ADEMA, DEKAALEM; PUCM et Bina. Pourtant les leaders de ces formations étaient sur place, excepté Ould Waghef (‘retourné ‘ à l’entrée de Nouadhibou par la police ) et Messaoud. 

Le public venu écouter le FNDD était composé en majorité des moins de 30 ans. Les orateurs qui se sont succédé ont appelé au retour du président légitime. On pouvait lire aussi ‘ Non à la remise en cause des acquis démocratiques’ ‘Non à l’immixtion de l’armée dans le jeu politique’. 

Selon les leaders du FNDD toutes les accusations contre le président déchu sont dénuées de tout fondement. Ils ont condamné avec énergie ce ‘coup d’état qui nous ramène 15 mois en arrière.’ ‘ Les militaires sont abonnés aux délices du pouvoir .Il est temps qu’ils retournent aux casernes’ a lancé un chef de parti. 

Autre remarque qui est sur toutes les lèvres. La quasi-absence des populations négro-africaines, cadres compris. Sont-elles pro ou anti-putsch ? Leur absence sur le terrain laisse songeur plus d’un. Un notable de cette communauté croit savoir que ce qui se passe ‘oppose deux visions étroites de
la Mauritanie. Nous n’avons rien à y faire. Cela nous dépasse. De toutes façons notre avis n’est pas demandé’. 

  

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

  

  

REACTIONS 

Le coup d’état du 06 août 08 est diversement apprécié à Nouadhibou. Il y a évidemment des pour et contre. 

‘ Je ne comprends pas mes compatriotes. Si le coup avait échoué les mêmes manifesteraient pour soutenir Sidi. Quels hypocrites’ lance ce cadre. 

‘ Sidi était sur une bonne voie dont le chantier de la réconciliation nationale. Les anti-patriotes ont gagné’ selon ce quinquagénaire.’ 

‘S’ils étaient sincères pourquoi n’ont –ils pas remis le pouvoir au président du sénat ? C’est le pouvoir qu’ils voulaient’ avance cette femme. 

‘ C’est bien fait pour Sidi .Depuis qu’il est au pouvoir tout va mal .’ Tance un cadre .Voyez-vous il n’a jamais fait de tournée à l’intérieur  pour s’enquérir des problèmes des citoyens. 

Un autre ajoute ; il a été naïf .Il aurait dû prendre des précautions avant de relever les généraux. 

B. pense que ‘ Sidi ne faisait l’affaire : Il nous faut un homme de poigne, dictateur s’il le faut, mais qui nous donne à manger. La démocratie ne remplit pas le ventre.’ 

Et si Aziz était l’oiseau rare ? 

 

 

Source :
La Tribune n°414




25082008

Politiquement chaud
La mobilisation continue !

Le coup d’Etat du 6 août 2008 n’a pas encore pu avoir la bénédiction des pays étrangers. Par contre les partenaires de la Mauritanie ont rejeté le coup à l’exception de la Guinée, la Gambie et la Libye. Les financements de la banque mondiale sont gelés. La coopération avec l’Union Européenne est suspendue. Les généraux et leurs alliés politiques multiplient les interventions afin que la communauté internationale reconnaisse le nouvel ordre tout en estimant que la rectification démocratique par le coup du 6 août était une nécessité. De l’autre côté, ceux qui prônent le retour à l’ordre constitutionnel d’avant 6 août s’activent.

La scène politique est caractérisée par une situation qui risque de dégénérer. Deux courants ne partagent pas les mêmes convictions. Le courant des pros putsch du 6 août considère que l’intervention des militaires demeure incontestablement une rectification nécessaire. Leurs adversaires voient que sans le retour à la légitimité rien ne marchera en Mauritanie. Parmi ces derniers, des individus qui soulèvent la question de la légitimité populaire. Pour eux n’importe quel dirigeant peut t être remplacé par un notre si la population rejette ses actions. La base populaire reste en ce sens la seule référence constitutionnelle.
Un des hommes politiques annoncent que la mobilisation populaire du Front Nationale pour la Défense de la Démocratie (FNDD) est une mobilisation sincère alors que ses protagonistes de l’autre camp utilisent des moyens de mobilisation illégaux à travers leur position de force au sein de l’appareil étatique (médias publics et administration).
Le pouvoir financier reste déterminant pour gagner toute bataille politique. Les bases populaires n’ont pas les moyens pour subvenir aux besoins de leurs partis. Des partis politiques ont pu bénéficier de la période post exception du trois août 2003, notamment l’APP. Ce parti a pu avoir des députés tout en plaçant des cadres dans les administrations d’Etat (5 ministres et certainement d’autres fonctionnaires). Cela a permis l’alimentation des caisses de l’APP. D’autres partis ont leurs propres ressources par le biais de leurs députés, cadres et hommes d’affaires qui croient à certaines idéologies ou tendances tribales. Dans le rouage du pouvoir en place, les lobbies financiers ont été déjà forts. Ils peuvent mobiliser de gros moyens pour financer les campagnes politiques et électorales.
Sur le terrain, les observateurs et les opposants politiques ne sont pas unanimes sur les récentes marches et meeting qui se sont déroulés en Mauritanie suite aux récents rebondissements politiques.
Dans les jours à venir la bataille portera sur la mobilisation des partis. Les militaires ont déjà engagé de moyens pour avoir l’appui populaire. Le FNDD déclenche aussi des procédures mobilisatrices afin de contre-attaquer leurs ennemis.
Notons que l’ex première ministre qui reste toujours selon des hommes politiques du FNDD, le seul premier ministre légitime a été arrêté le 21 juin 2008 par des unités de la police. Il est actuellement assigné à résidence surveillée dans sa ville natale.
Le FNDD a déclaré au cours d’une conférence de presse tenue le jour même de la deuxième détention de Yahya Ould El Waqf que « cette démarche dénote de l’incapacité des putschistes à comprendre les aspirations du peuple mauritanien qui ont été exprimées de façon éclatante par la marche de défi à laquelle ont participé le 20 août 08 des dizaines de milliers de personnes en refus au coup d’état et en attachant à la légalité représentée par le Président de la République élu Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi. Cette marche a montré la véritable impasse dans laquelle se trouve les putschistes au développement du refus populaire catégorique sur le plan national et leur isolement au niveau régional et internationale ». Les membres du FNDD dénoncent aussi la confiscation par la police politique des photos du président renversé Sidi Ould Cheikh Abdellahi . Ces photos ont été envoyées par un jeune militant à Nouadhibou pour être utilisées dans le meeting organisé par le FNDD. « Le jeune en question et le chauffeur du véhicule qui amenait les photos sont en détention », soulignent des leaders des partis opposés au coup de force du 6 août 08. Ainsi, les membres du front n’excluent pas le fait qu’ils peuvent eux aussi être arrêtés dans les jours à venir.
Toutefois, les indifférents semblent être nombreux. Sur une population nouakchottoise de 1 millions de personnes, les belligérants ont pu mobiliser un nombre qui ne dépasse même pas le dixième d’habitant de la capitale.
Certains politiques confirment, en ce sens, qu’il suffit d’avoir mobilisé un nombre envoisinant les 20 000 personnes pour disposer d’un vrai appui populaire.
De son côté, le chef de file de l’opposition s’est disposé à travailler avec le Haut Conseil d’Etat. Dans une conférence de presse tenue la semaine dernière, Ahmed Ould Daddah, n’a tout de même pas précisé la nature des propositions que son parti et ses partenaires de l’opposition ont faite aux militaires. Ont-ils donné l’engagement de ne pas se présenter à une future élection ? « A ce stade, je ne voudrais pas vous les révéler. Mais je peux vous dire que nous sommes attachés à la démocratie se traduisant par le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». A répondu Ould Daddah. Implicitement cela signifie que « la place des militaires doit être dans les caserne.» comme il le dit non sans préciser que cette place est très honorable. Visiblement le chef de file de l’opposition ne tient pas à participer à un gouvernement où ne seraient pas impliqués ses partenaires. « Si nous devons entrer ou non dans le gouvernement, c’est avec nos partenaires de l’opposition », c’est-à-dire le Hatem, l’AJD/MR, etc.
En tous cas, il ne fait aucun doute que la liste des membres du gouvernement qui sera publié lundi figureront des figures d’une opposition qui s’est pourtant montrée récalcitrante deux mois avant l putsch du 06 août. Ibrahima Sarr, Saleh Ould Hananna et Ahmed Ould Daddah n’avait pas accepté d’aller à ce que ce dernier avait appelé « la soupe » lorsqu’ils avaient été invités par Sidi Ould Cheikh Abdallahi à participer au gouvernement politique. Seuls l’UFP et le RNRD avaient répondu présent. D’où la justification d’un scénario politique où les premiers sont des ‘bénédicteurs’ d’un coup de force qu’ils préfèrent appeler mouvement de rectification et où les seconds se posent comme fustigateurs d’un ‘piétinement de la démocratie’. Le parti de Ibrahima Sarr a profité de son anniversaire vendredi 22 août 2008 pour rappeler que les militaires qui ont déposé Sidi Ould Cheikh Abdellahi, c’est eux qui l’avaient installé au pouvoir. Ils l’ont renversé parce qu’il ne jouait plus le rôle qu’ils attendaient de lui. Ils ont fait une très mauvaise transition. Pour nous, c’est toujours deux éléments d’un même système qui étaient en compétition pour le contrôle du pouvoir ». Toutefois derrière cette fustigation se cache une prédisposition à travailler en étroite collaboration avec un régime militaire dont l’AJD/MR dit avoir pris acte de l’opération. Même si Ibrahima Sarr soutient qu’il s’agit toujours de deux éléments d’un même système qui étaient en compétition pour le contrôle du pouvoir. On retiendra que le souci principal de l’homme qui a eu 7% des voix à la présidentielle de 2007 se résume en trois points : identité de la Mauritanie, problèmes culturels et partage du pouvoir politique…Reste à savoir si les prétextes d’ordre économiques avancés par les nouveaux dirigeants laisseront la place aux préoccupations on ne plus secondaires à côté des questions de survie : les prix, la santé, l’éducation, salaires, emploi, etc.
Mohamed Fouad Barrada
Source : La Tribune n°414




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

19082008

A quoi  sert toute cette pagaille …. Qu’est ce que nos  hommes politiques doivent  faire pour  être efficaces ?   

Quelqu’un me disait inconsciemment  que l’homme ne doit pas avoir en tête une finalité.  Pour bien argumenter ces propos, il avançait  une approche connue par l’approche CEFE.  Il croit tellement à cette approche qui intègre des dimensions  psychologiques afin de  pousser les hommes à être créatifs.  Si vous dites à cet ardant  défenseur de CEFE : «  qu’est ce que nos  hommes politiques doivent  faire pour  être efficaces ? », il vous répondra : « Qu’ils doivent apprendre l’approche CEFE ».  Bien que cette approche ait  ses bienfaits, elle  doit être envisagée avec  beaucoup de vigilance.  La psychologie elle-même a ses limites que  les psychologues n’arrêtent  pas à soulever. Aussi, du moment que l’approche se base sur la performance, elle reste limitée. En effet, il faut revenir à la sincérité de l’acte humain loin de cette prétendue  performance que  les uns et les autres  utilisent.   Tout ce que nous savons pour le moment c’est que la performance se base sur le palpable. C’est-à-dire le  matérialisme.  Celle-ci  a toujours  eu une connotation occidentale. Comment faire alors  pour créer un modèle  mauritanien loin de la vision de la performance à l’  occidental ?  En d’autres termes, comment peut-on avoir un modèle adapté et adaptable au comportement mauritanien ? C’est un peu difficile ! Car le monde est en interaction permanente. Et il faut s’abreuver d’expériences des autres civilisations.   D’ailleurs, nous continuons toujours à calquer les modèles des superpuissances. Alors  quel modèle pour
la Mauritanie? Les mathématiciens par leurs esprits abstraits peuvent-ils nous trouver une formule magique ? Plusieurs d’entre eux ont pu occuper des postes centraux dans le gouvernement passé, notamment   celui de Zeine. Ce dernier est un mathématicien qui n’a pas su s’en sortir   en se basant sur ses connaissances au  moment où il gouvernait
la République. La crise politique  a été   déclenchée à la suite  de  la contre performance  à l’occidental du Gouvernement ZZ.  Car il avançait des idées  tous azimuts pour dire que les chiffres reflètent la réalité. Certains vont nous dire qu’il faut donner le temps aux dirigeants  pour qu’ils puissent réaliser leurs politiques.  Ainsi, le successeur    de Zaine est un statisticien qui  a risqué sa place malgré ses connaissances en théorie de la probabilité. En résumé, il ne faut pas aller loin pour qu’un gouvernement soit efficace.  ‘Mauritaniennement’ parlant, les décideurs doivent, tout simplement,  commencer  par  des choses banales en se basant sur la sincérité et la volonté. Quelles  sincérités pour nos hommes politiques alors que le jeu politique lui-même est un jeu de cache-cache ?  Quelqu’un me dira, en ce sens,   que dans la politique il n’y a pas de franchise. Je lui rétorquerai : oui, certes ! Mais  nous devrions commencer par  des bases saines, sinon nous allons buter directement vers le point du non retour. Ce n’est pas  encore le cas. Loin  de là ?  En réalité, il y a beaucoup de choses à faire en Mauritanie. Cela nous donnera, nous les hommes du désert et de la rive nord du fleuve Sénégal, l’occasion de proposer un   modèle ajusté.   En effet, à quoi  sert l’inflation, la croissance  et autres concepts transposés du système politico-économique de l’occident sur un système  tribal mauritanien.  Si vous  me demandez  mon avis, je vous dirai, il faut bien les comprendre (ces concepts)   avant des les critiquer. Ensuite,  il faut voir s’ils seront appliqués en Mauritanie.  En outre, à quoi  sert l’Office National de Statistiques (ONS) si  ses chiffres n’aident pas les dirigeants à prendre de bonnes décisions ? A quoi   sert le ministère des finances si  les modèles économiques ne sont pas proches du simple citoyen ? En somme, à quoi   sert cette pagaille si elle ne crée pas un chaos constructif?     

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n° 413




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

19082008

Edito de Mohamed Fall O Oumère 

 

Pendant que tous font semblant de s’occuper, les uns à faire revenir Ould Cheikh Abdallahi, les autres à légitimer le retour des militaires au pouvoir, pendant ce temps revient la saison des reculs.

C’est ici la répression d’une manifestation hostile aux nouveaux maîtres du pays. C’est là (surtout) des moyens d’information publics totalement dévoués au pouvoir en place. Là aussi les ‘récompenses’ en terme de postes et de nominations. C’est partout la course au trésor… au trésor public. Chacun veut avoir sa part.

Nous sommes revenus brutalement à des époques qu’on croyait il y a peu à jamais révolues. Le temps qu’on disait irréversible est bien là. Il s’installe inexorablement. Comme si les forces de l’obscurantisme d’avant, celles qui résistaient au changement et qui refusaient le mouvement vers l’avant, comme si ces forces avaient fini par gagner la bataille engagée le 3 août 2005. Ironie du sort, ce sont les vrais auteurs du prodigieux saut en avant de la Transition, qui ‘couvrent’ – au sens opérationnel du terme – ce retour de la bête. Jugez-en par ce que nous souffrons ces deux premières semaines de pouvoir militaire.

Nominations et dénominations ont permis de récompenser le zèle des uns, de punir le manque de ferveur des autres. Aucun souci de savoir si, en choisissant celui-ci à la place de celui-là, on ne déprécie pas. Au contraire. Deux critères ont visiblement primé : l’allégeance et la médiocrité. En fait, on voit aisément que le nouveau pouvoir n’a qu’un souci : mettre au pas la société mauritanienne. Qui dit mise au pas, dit forcément chape de plomb, exclusion de l’espace public, fin de toute expression de pluralité, formatage des institutions…

Nous avons été tous d’accord pour constater que l’un des acquis de la Transition avait été la libération, l’émancipation de l’homme mauritanien. La relative ouverture des médias publics y avait beaucoup aidé. Comme elle avait favorisé la normalisation du jeu politique. Malgré les insuffisances, on avait fini par croire qu’on entendait toutes les voix. A telle enseigne que quand Radio Mauritanie a mis fin à une émission comme «le club de la presse» ou «Radio Citoyenne», la pression populaire a été si forte qu’ordre a été donné pour reprendre les émissions concernées. A TVM, la direction avait promu des débats contradictoires utiles. L’AMI qui a connu un net recul avec le départ de Moussa Ould Mohamed Amar, a continué quand même à faire semblant d’être un service public.

Depuis mercredi 6 août, nous sommes revenus à la période où ces médias ne sont rien d’autre que la voix du maître. Et comme le maître n’avait rien à dire immédiatement après l’arrivée au pouvoir, nous avons souffert les ‘chefs de classe’, les thuriféraires qui s’immergent dans un flot de mots vidés à force d’être rabâchés, et dont l’effet est finalement catastrophique pour la cause. Si cause il y a.

Marches de soutien, déclarations de soutien, initiatives de soutien… intellectuels, politiques, journalistes… rien à servir que ça. Une mauvaise cuisine qui dessert le nouveau régime parce qu’elle indique clairement que la dérive totalitaire est risquée, surtout que le projet est fait d’improvisations et d’approximations. Et parce qu’elle est la manifestation d’un recul immédiat. Samedi soir, TVM consacrait une phrase pour informer sur «une soi-disant initiative de parlementaires de défense de la démocratie» (sic). Une phrase et aucune image de la réunion des 19 parlementaires «défenseurs de la démocratie». Alors que la même TVM a consacré plus de trois minutes, en image et texte, à une sombre initiative dont les auteurs ne sont connus que dans leur univers social. Les élus du peuple ne méritent pas tant, parce qu’ils ne soutiennent pas. Qu’est-ce que cela coûte aux autorités de donner la parole aux contradicteurs de leurs soutiens ? Rien si ce n’est une embellie. Mais quand il y a recul en matière d’exercice des libertés et d’expression de la pluralité, c’est l’incommensurable bêtise qui dicte sa loi. Rien à faire, la devanture civile des militaires est ainsi faite. Elle les dessert.

Eviter la dérive en faisant les bons choix. C’est le défi auquel fait face le Haut Conseil d’Etat et particulièrement son chef, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz. On comprend aisément que les chefs militaires ont été «bousculés» ou «forcés» de passer le cap. Cela se voit : ils n’avaient pas programmé leur prise de pouvoir. Il faut faire vite. Si nous sommes obligés de souffrir un régime militaire de plus, faisons en sorte que ce soit dans le cadre d’une vision. Sans oublier que tous les fascismes sont nés de visions. Mais quand même…

Elaborer un projet pour la Mauritanie. Occuper le gouvernement à refaire l’image extérieure, à reconquérir la place qui revient à la Mauritanie dans le concert des Nations. Donner la tâche de la reconstruction intérieure à l’Armée. Le Génie à Tintane et aux côtés des réfugiés pour les aider à s’implanter. L’Armée au travail aux côtés des agriculteurs de la Vallée, construisant digues et barrages, forant les puits, traçant les routes… De quoi faire oublier tout le mal fait ces dernières décennies. De quoi réhabiliter le travail comme valeur première. Pourquoi ne pas décider immédiatement un service national de deux ans dans le cadre d’un sursaut national ?

Il n’y a pas de temps à perdre à pérorer. La quête de la légitimité est une vaine entreprise. La vacuité des discours des «souteneurs» fait courir d’énormes dangers à l’entreprise engagée par le Haut Conseil d’Etat, le pays est déjà fragilisé par l’aventurisme et l’irresponsabilité de son encadrement.

 

Source La Tribune n° 413




Savoir faire autre chose que des coups d’Etat…

19082008

Savoir faire autre chose que des coups d’Etat…

 

Le Comité militaire de redressement national avait été mis en place en 1978 par des Lieutenants Colonels. Ils se sont élevés au grande de Colonels avec le Comité militaire de salut national. Ils le sont restés après le 12/12/84. A l’époque c’était la restructuration de tout sauf des grades. Restructuration de la manière de gouverner après avoir fait croire au peuple que c’était Haidalla dont le régime était coupable de corruption et de tous les « maux (mots) en –isme »… La tribu était devenue la voie royale de l’accès au bien public. Le népotisme et toute sorte de clientélisme s’étaient installés avec la bénédiction de cadres véreux. Vingt et un ans durant ‘la clochardisation’ des fonctionnaires vivant à la touche de la chose publique s’est érigé en règle de survie….Vint ensuite le 03 août que tous les optimistes de l’époque ont voulu comme délivrance et promesse du bonheur…C’était à juste raison. Avec le CMJD, la liberté était devenue réalité. Chacun avait droit à la parole. Même les taximen avaient poussé un ouf de soulagement puisqu’ils n’avaient plus à jouer à cache-cache avec les policiers comme du temps de Taya…La presse était pratiquement dans le nuages tellement ses ailes lui permettaient de ‘voler à plein poumons’…Après le CMJD, il est vrai que les choses ont chancelé un peu avec quelques déboires que certains confrères ont commencé à avoir ça et là. Mais on n’en a vu qui n’hésitaient pas à se livrer à des diatribes contre qui ils voulaient…Et puis il y a eu ce fameux 06 août. La mémoire des mauritaniens en a subi un coup. Soudain Sidi est devenu le diable…On l’accuse de corruption. Durant les 19 mois de transition, les mêmes soldats qui viennent de confisquer son pouvoir avaient choisi sans consulter le peuple d’absoudre tous les corrompus qui, plus de vingt ans auparavant,  ont mis
la Mauritanie  à genoux. Le CMJD n’avait-il pas délibérément décidé d’esquiver le ‘passif économique’ sous prétexte que l’on entrerait dans un cercle vicieux incontrôlable ?

« Sidi avait fait une gestion patrimoniale du pays », l’accuse-t-on encore. Le problème c’est que n’importe quel président, ministre, SG, directeur, chef de service ou planton s’est toujours soucié de ses proches d’abord avant de penser à l’intérêt suprême de

la Mauritanie. Le système éducatif en a souffert, le secteur de la santé en a payé les pots cassés. L’armée aussi, au point que l’insécurité frappe souvent à nos murs parce que tout simplement ceux qui portent la tenue et les armes tiennent plus à leur propre vie qu’à la défense de
la Nation…

On s’en est pris à
la Première dame. On lui a cherché des poux dans la cagnotte. Mais personne parmi les détracteurs de Khattou n’avait eu l’audace d’exiger des dirigeants de la transition de clarifier la situation financière de
la BCM avant le départ de la famille de Maouya pour un exil doré au Qatar. A la fin de la transition, on nous a dit que les caisses de l’Etat étaient vides. Quel député ou sénateur a eu le courage d’exiger au cours de  quelque séance parlementaire que l’on audite le CMJD et les ministres de la transition? Personne.

Les soldats promettent de régler tous les problèmes. Pourront-ils nous garantir que plus aucun coup de feu ne nous inquiétera ? C’est un problème que de se réveiller et de voir dans les rues des hommes en tenues pointant vers soi une arme qui peut gronder à l’improviste. Nous sommes en insécurité messieurs les généraux. Nous avons même peur de cet état d’urgence dans une capitale aussi paisible que Nouakchott.  Et puis, on commence à voir dans la rue des policiers s’énerver sur des conducteurs. Pour rien. Messieurs les généraux, nous avons besoin d’une armée qui ne sait pas faire que des coups d’Etats…

Kissima

bentocka@yahoo.fr

La Tribune N°413 du 18 août 2008




Coup d’état : La Totale

19082008

Coup d’état :
La Totale 

 

Où trouver la force et l’envie de rabâcher une opinion personnelle sur cet «intolérable intolérablement toléré » (Edgar Morin) qui mine l’histoire et l’avenir de
la Mauritanie : encore ces bidasses putschistes qui y assassinent dans l’œuf son embryon de démocratie ? Sempiternel déluge d’étoiles sur bérets vides qui plastronnent du gros bide quand il faut montrer les épaules larges. Sans champ d’honneur ni victoires. Sans idéal ni mémoire. Leur seule et unique battue : terroriser leurs populations civiles.   

 

Coup d’état primitif 

Bien avant la solidarité internationale et son pesant de servitudes, ce coup d’état mérite une raclée nationale, militaire et civile. La totale. Primitif dans son fond et sa forme, il est commis pour embraser les résistances. Même les applaudisseurs professionnels ne s’accordent pas sur ses chances. Pour cause, c’est la seconde fois consécutive que le chef de la garde présidentielle renverse l’institution républicaine dont il est chargé d’assurer la défense. Putschiste récidiviste, il a déjà déchu un président (août 2005) et forcé la transition démocratique à lui «élire» un candidat à sa botte (avril 2007). Celui-là même qu’il dépose et kidnappe le 6 août 2008. 

Vissé à son poste stratégique, il fait valser l’armée- à trois temps et en un an- pour s’en adjuger la tête. Décrété premier général de l’histoire, il lance ses bataillons parlementaires à l’assaut des autres institutions. Ces mêmes «indépendants dépendants» qu’il fit élire aux enchères pendant les pseudo- scrutins de la transition (2006/7). Joyeuses commères de bazar qui usent et abusent du discours convenu de l’opposition, ces élus mercenaires paralysent les deux chambres du parlement et dynamitent trois gouvernements (dont un d’union quasi-nationale). Sous la tutelle insatiable de leur parrain putschiste, ils violent une constitution dont ils sont les garants. 

Inévitable, tardif et maladroit, le limogeage du général le condamne au coup de force. Il croit «le pays à feu et à sang». Son tableau de chasse lui explose à la face. Dans son dernier retranchement, il revoit la nuée de colonels qu’il a démis ou poussés à la retraite… et qui veulent sa peau et sa place. A la tête d’un conseil de complices pris au dépourvu, il s’autoproclame président «par accident»: «nous sommes dans un état de droit, il faut le respecter» répond-il simplement aux premiers manifestants qu’il venait de gazer avec violence (JA 2383-4). 

 

La fin d’une histoire 

Bien sûr, ce coup de force a obtenu le concours conditionnel du chef «statutaire» de l’opposition. Sans lequel cette farce n’était pas tout à fait jouable. L’échec du front démocratique, les défections et l’isolement l’empêchent de bouder une redistribution des cartes.  Mais l’opposition politique n’avait déjà plus son destin en main. Qu’elle applaudisse ou rejette ce coup de bluff, ses composantes se condamnent à des alliances indélicates. Pour ne pas dire que dans les deux cas, elles ne seront plus que les forces supplétives d’un clan, «frondeur» ou «légitimiste», de l’ancien régime. Or l’idéal de changement exige que les énergies rétrogrades s’annulent ou se délitent au profit de volontés progressistes. Afin que le marasme militaire et le mal être populaire puissent trouver des raisons agissantes pour précipiter la fin de ce système illégitime. 

L’erreur fatale serait de tout attendre de l’ingérence internationale. D’ailleurs, l’occident ne cache plus sa volonté de surestimer toute agitation en Mauritanie (Paris -Dakar) : un pays qui bouche l’atlantique et ouvre deux afriques tout en donnant sur l’orient et l’occident. Même si elle s’en défend, l’Amérique de Bush a une base militaire à placer. Quant à
la France actuelle et son Europe, elles se contentent d’en assurer la fin de mandat  controversé. Entre les deux, il y a toujours eu ces messes basses qui ravivent les expansionnismes voisins. La décolonisation est une chose, l’indépendance en est une autre : plus fière et jalouse de sa souveraineté nationale, l’Algérie a exprimé son soutien au peuple mauritanien. Mais c’est à ses propres enfants qu’il revient de lui forger un destin. 

En tout cas, cette énième sauterie militaire signe la mort clinique de l’état postcolonial. L’armée nationale d’Afrique devait y circonscrire la souveraineté et les pouvoirs. Elle en rejette les greffes démocratiques. C’est le début de la fin d’une histoire… Pour relancer la sienne,
la Mauritanie doit d’abord gagner sa première bataille pour la démocratie et la république. 

 

                                                                                                                                                                            Cheikh Touré 

La Tribune N°413 du 18 août 2008

 




Hausse du brut

19082008

Hausse du brut 

 

Maîtriser la consommation et sécuriser l’approvisionnement 

 

Face à la hausse du prix des produits pétroliers, le seul outil disponible aux mains des particuliers est de réduire leur consommation. Mais ceux qui sont prêts à le faire semblent bien peu nombreux… D’autant que les subventions de l’État mauritanien brident toute velléité d’économie d’énergie. 

 

Des subventions de plus en plus pesantes pour le budget des États- Depuis le début de l’année, l’agence Internationale de l’énergie revoit régulièrement à la baisse la progression de la demande pétrolière pour l’année 2008. Sans impressionner le marché. La dernière fois que l’agence a fait état d’une nouvelle correction à la baisse de ses prévisions de consommation, le cours du baril du brut a lorgné à New York du côté des 127 dollars. 

La plupart des pays émergents subventionnent l’essence afin que la hausse du brut reste indolore pour les populations à très faible pouvoir d’achat. Jusqu’à quand pourront-ils supporter une telle charge? Un changement d’attitude de leur part aurait un impact certain sur la demande. En Mauritanie, les subventions sont en constante augmentation et atteignent un niveau insupportable pour les finances publiques qui en dernier recours, devront les payer. Pour le moment, elles sont portées par les trésoreries des sociétés de distribution qui peinent à financer leurs importations. Ces dernières de plus en plus coûteuses pèsent lourdement sur la balance des paiements du pays. Cette situation est pratiquement la même dans tous les pays, mais chez nous, les financiers de l’État ne semblent pas admettre les risques qui la sous tendent. Or, «l’État a tort de continuer à subventionner les prix à la pompe à hauteur, quasiment, de 100% des augmentations du prix du brut, car cette tendance ne s’inversera pas de si tôt» analyse un distributeur de carburants local. Il faudrait selon lui répercuter une importante partie, sinon la totalité de ces hausses, pour faire souffler le Trésor mauritanien. Au Sénégal, depuis la crise de 2006, qui avait vu les stations non ravitaillées, le gouvernement a pris l’engagement d’appliquer la stricte réalité des prix. Elle s’est rendue compte de l’impasse financière dans laquelle la décision contraire allait menacer les sociétés et qu’il valait finalement mieux un produit cher, que pas de produit du tout! Ainsi, le prix du gasoil coûte l’équivalent de 432 UM à ce jour à Dakar. Au Mali, l’État a appliqué une politique de transparence. Il a réussi à contenir la hausse, mais au prix de la suppression totale des taxes pétrolières. Dans ce pays, le prix du gasoil équivaut à 330 UM, mais avec un effet désastreux sur les finances publiques. 

 

Les distributeurs fragilisés- Le système de «fonds de soutien» inauguré dans les années 80 a longtemps fonctionné. Ce système était fondé sur la fluctuation permanente, et cyclique, du prix du baril du brut. Quand le prix augmente, l’État paie le surplus, et quand il baisse en dessous du seuil dit «fixe», les distributeurs locaux casquent. A terme, les paiements s’équilibrent, car les cours montaient et descendaient en permanence. Aujourd’hui, tous les spécialistes s’accordent pour dire que le prix du brut ne baissera pas. De ce fait, l’état n’a objectivement plus les moyens de subventionner les hausses de prix permanentes. A terme, les sociétés distributrices risquent fortement d’être défaillantes, car en réalité, il est difficilement envisageable que le Trésor leur rembourse leurs dus dans des délais raisonnables, ce qui constitue pour elles un important manque à gagner. Pour des raisons politiques, les autorités publiques tardent à annoncer la réduction ou la fin des subventions, et on peut les comprendre. Mais ce n’est pas viable. Inévitablement on y arrivera. D’autant plus que de telles subventions déresponsabilisent les consommateurs qui ne sont pas incités à adopter des comportements pour consentir des économies en énergie. «Les Mauritaniens doivent mieux utiliser le carburant. Seulement, face aux subventions qui ne leur font pas ressentir le difficile contexte de l’approvisionnement en énergie, ils n’en voient pas l’utilité. La crise leur semble lointaine. C’est pour cette raison, par exemple, que le FMI et la Banque Mondiale ne soutiennent pas les subventions dans ce domaine» assure un distributeur local qui a requis l’anonymat. «Dans cette conjoncture de flambée des prix non répercutée localement, c’est déjà un drame pour les opérateurs et le sera bientôt pour les finances publiques et à terme pour l’économie du Pays donc pour le consommateur. Des perturbations graves, voire des ruptures pourraient se produire si une solution n’est pas trouvée dans les prochains jours» s’alarme un autre responsable de la distribution. 

 

Actualiser les prix à la pompe- Aujourd’hui, le prix à la pompe devrait se situer autour de 405 ouguiyas le litre de gasoil, au lieu des 303 en vigueur. Une différence de 102 ouguiyas qui constituent un manque à gagner pour les distributeurs. Un décret ministériel du 9 juin dernier a réajusté les éléments constitutifs de ce prix. Depuis novembre 2007, le prix pompe du gasoil est resté inchangé, quand au niveau mondial la hausse du brut reste vertigineuse passant de 800 dollars la tonne, à 1380 dollars aujourd’hui! «L’actualisation des prix est une priorité pour le gouvernement. Ce décret ministériel apporte un petit quelque chose, mais il faut aller au fonds du problème. Le manque à gagner par litre, représente pour les distributeurs comme nous, quelque chose comme 102 ouguiyas!» assure-t-on dans le milieu de la distribution. «Nous sommes confrontés à un déficit croissant. L’état doit augmenter le prix à la pompe et dans le même temps nous rembourser le manque à gagner accumulé» affirme-t-il. 

La crise du pétrole intervient dans un contexte global de hausse des prix, de crise alimentaire; et le pays ne semble pas préparé à cette crise multiforme. 

 

Quelles solutions à terme?- L’ère du pétrole bon marché est révolue. La mise à niveau des prix permettrait à l’État de réaliser des économies qui seraient bienvenues pour l’amélioration de nos systèmes sociaux au profit de tous les Mauritaniens et obligerait les consommateurs, notamment des automobilistes qui sont loin d’être parmi les plus défavorisés, à un changement radical de comportement. Elle inciterait l’État comme certaines industries du type de la génération électrique à envisager des alternatives au pétrole. Ce saut technologique et culturel est inévitable. Autant s’y préparer activement! 

 

MLK 

 

Encadré: 

 

Pétrole: des réserves pour 35 ans? 

 

Selon une étude de Arab Petroleum Investments Corporation (APICORP), l’espérance de vie des réserves en hydrocarbures de l’Algérie est d’environ 35 ans (à partir de 2008). Selon l’étude, des hausses inéluctables des coûts de production auront pour conséquence une baisse de la proportion des revenus fiscaux revenant à l’Etat. Cette décroissance atteindra les 55% en 2030, avertit l’institut arabe. 

 

Encadré 2: 

 

La production mondiale du pétrole va plafonner avant 2020 

 

La production mondiale de pétrole va plafonner avant 2020, pour des raisons essentiellement géopolitiques, a prédit lundi le groupe français Total, en avançant une date plus proche que celle généralement admise par les experts. Le groupe pétrolier estime que la production va atteindre un «plateau» de 100 millions de barils par jour (mbj) avant 2020. Cette prévision est plus pessimiste que celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui table sur une production de 103 mbj en 2030 voire 116 mbj, contre 87 mbj environ aujourd’hui. Côté demande, Total estime qu’elle va croître de 1,2% par an entre 2005 et 2030, tirée par les pays émergents, et qu’elle «sera contrainte par l’offre» si bien qu’il sera «nécessaire de faire des économies d’énergie». 




L’après-6 août : vers une nouvelle transition ?

19082008

L’après-6 août :

Vers une nouvelle transition ?

 

Malgré quelques réticences encore sensibles dans les discours des diplomates occidentaux, les rapports du nouveau régime avec l’extérieur se normalisent. Sur le front de l’intérieur, les tons baissent aussi. Dans les discours des contestataires du putsch du 6 août, l’exigence du retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi disparaît peu à peu. Les soutiens s’expriment comme par le passé. Nous essayons de suivre pour vous la chronique d’un pouvoir qui se normalise.

 

 

Moins de quinze jours après leur arrivée au pouvoir, les militaires sont toujours à la quête d’une reconnaissance internationale. A l’intérieur du pays, s’organisent les traditionnelles marches de soutien toujours encadrées par les mêmes qui ont soutenu le 19 avril 2007, le 3 août 2005, le 9 juin 2003, le 12/12/84, le 6/4/1979, le 10/7/1978… les marcheurs professionnels et…habituels. Malgré le tintamarre, le pouvoir s’organise et montre ses marques. Le discours du Président du Haut Conseil d’Etat, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, est sans doute un point de départ pour la page ouverte par cet énième coup de force. La scène n’a pas attendu ce discours pour bouger.

Signe d’apaisement : les prisonniers sont libérés le jour-même de la tenue du meeting du front national pour la défense de la démocratie. Meeting qui a été l’occasion pour l’ancien Premier ministre de Ould Cheikh Abdallahi de prendre la parole et de renouveler son appel à la «résistance». En vue du retour à la légalité constitutionnelle. Pour Ould Ahmed Waghf, l’issue ne peut être que le retour de Ould Cheikh Abdallahi au pouvoir. Il réitérera cet appel sur les ondes d’Al Jazeera dont il était l’invité samedi soir. Au registre des emprisonnements, à signaler l’interpellation pour quelques heures de l’ancien directeur de la Radio, Kaber Ould Hammoudi. L’ancien porte-parole de la Présidence, Abdoulaye Ba, est toujours dans la clandestinité après avoir fait une sortie ‘fracassante’ sur Al Jazeera. Il croit être recherché par la police, laquelle dément cela.

Signe de recul : les nominations pleuvent. Après la Radio qui est revenu à Mohamedou Salem Ould Bouka, longtemps adjoint à TVM, TVM revenant à Imam Cheikh et AMI à Moudir Ould Bouna, c’est le tour des grandes institutions : le port autonome de Nouakchott revient à Abdallahi Ould Ahmed Damou, CSA pendant la transition et grand activiste de la fronde, le port de Nouadhibou revient au colonel El Hady Ould Sidiq, ancien chef de la Garde nationale et victime d’une machination sous Ould Cheikh Abdallahi, l’agence chargée des réfugiés dont le directeur, Moussa Fall est démissionnaire, revient à Bâ Madine, ancien ministre du tourisme… Toutes ces nominations se sont faites dans la précipitation et hors normes. Comme si l’urgence était dans la démission de ceux qui étaient là. Cela a fini par rassembler à une chasse aux sorcières. Ce qui a contribué à ternir l’image du nouveau pouvoir. Bien sûr quand le conseil des ministres se réunira, la situation des promus sera régularisée.

Nominations plutôt de bonne augure : celle d’abord du colonel Mesqarou Ould Leghwayzi, adjoint à la Garde nationale et qui se retrouve comme le douzième membre du Haut Conseil d’Etat. Il manquait quelqu’un du corps de la Garde parmi les chefs de la junte. Aussi est-ce là une ouverture sur toute une frange d’officiers. Nomination aussi du colonel Ahmedou Bamba Ould Baye comme secrétaire général du HCE, une sorte de permanent qui fera l’interface avec la société. Le colonel Ould Baye peut largement jouer ce rôle. Autre nomination : celle de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf au poste de Premier ministre. Même s’il a été longtemps hors du pays, Ould Mohamed Laghdaf bénéficie d’un capital de sympathie et de confiance dans la rue mauritanienne. Tout en appartenant à l’un des plus grands ensembles tribaux, son exil lui a permis de se détribaliser relativement. Homme moderne, il convient à cette période où la recherche de la bienveillance européenne est la préoccupation première. Sa mission pourrait être celle de refaire l’image du pays à l’extérieur en activant les mécanismes de la bonne gouvernance. Et soigner l’image du nouveau pouvoir auprès des instances de l’UE. Il reviendra alors aux militaires de travailler sur le plan intérieur pour soigner l’image de l’Armée, coupable de trente ans d’atermoiements et de navigation à vue. Mettre le pays au travail en s’investissant dans son développement, voilà une mission pour le HCE.

Positions extérieures : les Etats-Unis d’Amérique ont, par la voix du sous-secrétaire d’Etat chargé des affaires africaines, Todd Moss, réitéré leur condamnation du coup d’Etat. Plus grave : la première puissance a exigé le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. L’annonce de la suspension de l’aide n’a pas ému à Nouakchott. «C’est quoi l’aide américaine à la Mauritanie ? Quelques milliers de dollars dépensés dans des histoires de défense et de lutte contre le terrorisme. Ces maigres fonds sont absorbés par les américains qui se déplacent au titre de séminaires aussi inutiles les uns que les autres». Cet avis est largement partagé par les Mauritaniens. «C’est d’autant plus vrai que la proximité avec les USA n’est pas forcément un facteur de sympathie du point de vue populaire».

Par contre, c’est la position européenne, arabe et africaine qui inquiète. D’ailleurs les premiers émissaires de la junte sont allés au Maghreb et en Afrique. Le Général Ould Ghazwani est allé prêcher au Maghreb, accompagné du ministre des affaires étrangères Ould Ebnehmeida. La mission n’a pas été reçue par le Président algérien, Abdel Aziz Bouteflika, mais par un ministre qui a fini par déclarer que son pays condamnait le putsch. Une première dans le registre des interventions inappropriées entre les deux pays. Par contre la délégation a été bien reçue par le colonel Libyen, Moammar Kadhafi qui se trouve être le président de l’Union du Maghreb Arabe.

Au registre des soutiens, on signale la conférence débat organisée par les initiatives populaires dirigées par Ahmed Baba Ould Ahmed Miské et « le Courant de la réforme et du Changement« . Introduisant le débat, Ould Ahmed Miské démis pour avoir exprimé un point de vue contraire à celui de la présidence, a indiqué que la raison véritable de l’intervention des militaires est le refus du pouvoir exécutif d’appliquer la constitution et de la considérer comme arbitre lorsqu’il y a eu divergence entre celui-ci et le pouvoir judiciaire et notamment son refus de tenir une session extraordinaire du parlement. C’est ce refus qui a bloqué les institutions démocratiques et ouvert la voie à toutes les éventualités. Il a expliqué que le mouvement de la rectification s’est engagé à respecter les libertés démocratiques et les droits de l’homme au cours de la période de transition actuelle. Il a souligné que ce qui s’est produit le 6 août n’est pas un putsch contre la démocratie mais une rectification de parcours et une protection contre un coup porté contre elle au cours des dernières semaines. Il a enfin indiqué que « l’intérêt de nos partenaires est que la Mauritanie reste stable et sûre garantissant beaucoup d’intérêts communs« .

Par ailleurs, 106 parlementaires mauritaniens ont déclaré leur soutien au mouvement de rectification. Il s’agit de 67 députés sur les 95 que compte l’assemblée nationale et 39 sénateurs sur les 56 que compte le Sénat. Les parlementaires ont invoqué «le contexte de crise politique et institutionnelle aigue ayant abouti à l’obstruction systématique au fonctionnement de l’institution parlementaire par des pratiques anti-constitutionnelles de l’ex-Président de
la République et de son Gouvernement». Avant de prendre acte «de la rectification visant le déblocage du fonctionnement normal des institutions constitutionnelles et soutenons le changement opéré dans l’intérêt du peuple mauritanien». Et d’inviter le HCE «à coopérer pleinement avec les institutions démocratiquement élues, au premier rang desquelles figure le Parlement».

Dans la même foulée, les députés ont demandé la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée en vue de mettre sur pieds une Haute Cour de Justice capable de juger les hauts responsables de la République, y compris  le Président. Par la même occasion, des commissions d’enquête seront créées en vue d’éplucher quelques-uns des comptes litigieux.

Pour leur part, les députés contre le coup d’Etat du 6 août ont de proclamer la naissance d’un nouveau groupe parlementaire dénommé «Parlementaires pour la Défense de la Démocratie». La naissance de ce groupe a été proclamée suite à la conférence de presse tenue dans les locaux de l’assemblée nationale par les parlementaires issus du FNDD qui s’est formé, depuis la destitution du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi.

L’opinion publique attend avec impatience la constitution du nouveau gouvernement qui sera une autre indication sur les velléités réelles des militaires. La grande question reste : «que veulent-ils ?»

Le 3 août 2005, les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani avaient mis leurs aînés devant le fait accompli. De nombreux observateurs leur attribuent la paternité du cours de la Transition, notamment le refus des dérives. Visant parfois la prolongation de la transition, parfois le vote blanc, parfois… Ce serait à eux que reviendrait le mérite – tout le mérite – de l’instauration d’une démocratie plutôt apaisée. Suffisant pour excuser les interférences qui ont entaché les élections, particulièrement la présidentielle.

Le 6 août 2008, ce sont les mêmes officiers, devenus généraux entretemps, qui prennent le pouvoir pour l’exercer directement, sans détour. Sont-ils toujours animés par les mêmes sentiments nobles ? Veulent-ils toujours doter la Mauritanie d’institutions démocratiquement élues et se retirer ensuite ? Ou vont-ils être gagnés par le virus de la politique et de la quête du pouvoir ?

Rien n’indique que les membres du HCE sont des assoiffés de pouvoir comme ceux de juillet 78 ou de décembre 84. Mais l’absence de projet pour la Mauritanie a de quoi inquiéter. Tout comme d’ailleurs l’existence d’un programme de gouvernement même si ce gouvernement se veut de large ouverture.

L’important pour eux est aujourd’hui de faire en sorte que le 6 août 2008 ne soit pas un recul par rapport au 3 août 2005. En termes d’exercice de pouvoir, d’ouverture, de perspectives, de libertés et de libération… Pour cela les généraux auront besoin de rectifier le tir.

 

Bechirou

 

Encadré :

 

Programme de gouvernement ?

 

Très attendu le premier discours du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, nouveau chef de l’Etat et président du HCE. « Je m’engage devant vous et devant Dieu le tout puissant à organiser dans les meilleur délais des élections présidentielles libres et transparentes« , a-t-il déclaré, sans préciser de date. Très vite la rumeur a parlé d’un possible maintien du pouvoir durant les trois années à venir, c’est-à-dire ce qui reste du mandat de Ould Cheikh Abdallahi. Il a promis « une lutte sans merci contre la corruption et le détournement des deniers publics« , accusant le président renversé de s’être « évertué à favoriser un climat propice à la corruption » tout en favorisant le népotisme et la gabegie. Le Général, nouvel homme fort de Nouakchott, s’est engagé à livrer une « lutte sans merci contre le terrorisme sous toutes ses formes et quelles que soient ses causes dans le cadre des obligations et des engagements internationaux en la matière« . Il a aussi promis de « lutter efficacement contre l’immigration clandestine, le trafic de drogue et le crime organisé » en Mauritanie. Une manière de s’attirer la sympathie de l’Occident dont ce sont là les priorités. Faisant le bilan de Ould Cheikh Abdallahi, le nouveau chef de l’Etat l’a jugé «nul», l’accusant d’avoir provoqué un appauvrissement des populations et une flambée des prix qui ont, selon lui, rendu insupportable la vie en Mauritanie. Il a indiqué que « le mouvement de rectification » entrepris par la junte propose aux Mauritaniens des réformes visant notamment à améliorer leurs conditions de vie, l’application stricte des règles de la bonne gouvernance, la réforme et l’assainissement de la justice, de l’éducation. De quoi inquiéter les politiques qui auraient bien voulu entendre le Général donner un échéancier précis. Ils doivent faire avec…

 

Encadré

 

Chronique de Jean-Baptiste Placca : L’élite qui va à la soupe

 

Il faut rendre justice aux dictateurs ! Présentez des excuses aux tyrans, grands et petits, aux autocrates et aux despotes, plus ou moins éclairés ! Ils ne sont pas, seuls, responsables des maux de l’Afrique. La plupart ne seraient d’ailleurs pas parvenus, pendant toutes ces décennies, à soumettre et à dominer tant de peuples sur le continent, s’ils n’avaient eu le soutien zélé d’un certain nombre de cadres et d’intellectuels, parfois parmi les plus brillants.
Accabler les despotes n’a donc de sens que si l’on sait rendre leur part à ceux qui, faisant commerce de leur matière grise, pensent pour eux. Combien de temps auraient tenu Bokassa, Eyadéma, Idi Amin, Macias Nguema, Mobutu, s’ils n’avaient pu s’appuyer sur la réflexion stratégique de cadres intellectuels qui, par calcul ou par naïveté, se sont mis d’emblée à leur disposition ?
A la fin de la conférence nationale du Bénin, en février 1990, le général Mathieu Kérékou, les larmes aux yeux, est allé courageusement s’excuser devant le peuple, pour les dix-sept ans d’abus de son régime marxiste.

A l’occasion, «le Caméléon» a confessé que lui, personnellement, ne connaissait rien au marxisme, et que ce sont les intellectuels qui l’avaient convaincu, à l’époque, que c’était là le remède qu’il fallait pour ce peuple frondeur.
Vous comprendrez donc l’appréhension que peuvent susciter les soutiens démonstratifs de quelque 150 ingénieurs, professeurs et fonctionnaires au général Abdel Aziz, en Mauritanie. Qu’ils s’inscrivent sur des listes pour proclamer leur soutien à l’interruption brutale d’un processus démocratique, si imparfait soit-il, laisse songeur. Le président Abdallahi n’était, certes, pas sans reproche. Mais ce n’est tout de même pas Ould Taya !
Le général putschiste promet de «résoudre» la faim, l’ignorance et la maladie. Tant mieux ! Mais la manœuvre qui consiste à faire croire que ce sont là des fléaux engendrés par le président déchu est une gymnastique intellectuelle dans laquelle excelle, justement, l’élite qui va à la soupe.
On ne saurait trop recommander aux Mauritaniens de rester vigilants. Car cette liste de partisans ressemble fort à une cour de prétendants, faisant la queue pour une place au bord de la mangeoire, afin d’investir les fauteuils dont auront été logiquement éjectés les inconditionnels du président déchu.
Le général Kérékou, encore lui, avait identifié, au sein de l’élite servile, une catégorie que, dans son sens désarmant de la formule, il appelait «les intellectuels tarés». Au fait, la soif de pouvoir et la rapacité ne sont-elles pas aussi des tares ?

(source : RFI www.rfi.fr)

 

Source : La Tribune n°413




La raison des armes plus forte que celle des urnes

19082008

La raison des armes plus forte que celle des urnes

 

 

Deux choses nous mettent mal à l’aise dans cette histoire de putsch dont nous vivons l’atmosphère et les conséquences.

D’abord le cas du président déchu. Il a été élu par 52% de mauritaniens. Au lieu de se glorifier et de faire de ce score une force, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est permis d’avouer à la face du monde qu’il a été soutenu par les soldats. Il a lui-même enlevé tout crédit à son statut de Président démocratiquement élu et il s’est enlevé toute légitimité. Serait-ce pour cette raison que nos généraux ont audacieusement choisi de l’enlever en réaction à sa décision de les démettre par un  geste hâtif et tremblant ?

La chose est d’autant plus gênante que c’est le général Ould Abdel Aziz lui-même qui va confirmer, sur les ondes de RFI, avoir soutenu « ouvertement » le désormais ancien président à qui il a sûrement enlevé toute envie de participer à une éventuelle vie politique future dans ce pays…Mais Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, dans sa manière de gouverner a fait preuve d’une douceur telle que ses premiers partenaires ont abusé…Avec lui tout devait être sujet à concertation, consensus, conciliabules, etc. Même pour une option diplomatique comme les relations avec Israël il était prêt à demander l’avis du peuple…Du moins en a-t-il fait la promesse. Pour faire plaisir il a ramené le week-end au Jeudi et Vendredi. Pour s’acquitter d’une ‘dette’, on ne peut morale, il a élevé ses tombeurs d’aujourd’hui au grade le plus élevé : Général.

Il en était à se monter si bon et si compréhensif avec tout le monde que des groupes terroristes, dressés sans doute par on ne sait qui pour lui mettre les bâtons dans les roues, ont pu sévir alors que les généraux étaient déjà là et censés sécuriser le pays et ses ‘hôtes’ ; ne serait-ce que par leur statut. Il s’est rendu spontanément à Tintane alors en proie à la noyade. Mais aujourd’hui, la misère des habitants de cette localité est utilisée contre lui. Tout comme l’est en ce moment celle des réfugiés mauritaniens dont le retour a été rendu possible grâce à sa volonté politique et du fait de son engagement électoral …

En quinze mois de règne, Ould Cheikh Abdallahi a joué le jeu de ses alliés et le jour où il a essayé de leur tenir tête, ce fut trop tard…Pour lui et pour

la Mauritanie. On est revenu en arrière et tout ce qui a été investi pour que notre démocratie tienne la route n’a été qu’un gâchis.

Ensuite, la manière avec laquelle le général Ould Abdel Aziz s’est emparé du pouvoir. Son argument le plus fort était en quelque sorte : pourquoi il m’a limogé ? Nous aurons tous compris qu’il ne fallait pas toucher aux généraux. Ils étaient devenus des édifices indéboulonnables. Pas même par le chef suprême des armées et gardien de la constitution. La vérité est que les militaires en ‘prêtant’ le pouvoir aux civils ont pris toutes les précautions. Ils ont apprivoisé une classe politique qui en réalité n’avait rien de féroce. Il a suffi de leur donner l’impression d’être les véritables faiseurs de lois pour qu’ils s‘en prennent tête baissés à un gouvernement d’abord, à travers une demande de motion de censure, à l’épouse du Président, sous le prétexte d’enquête parlementaire sur l’origine de ses fonds et aux lois elles mêmes enfin quand ils ont essayé de ruser en faisant signer par des adjoints des requêtes de sessions extraordinaires pour parvenir à leurs fins. Au final, quand, en haut lieu on s’est rendu compte que les lois et la voix des urnes pouvaient être très fortes, on a eu recours à la force des treillis et des armes. A présent, les parlementaires sont dans un engrenage qui les oblige à applaudir pour un geste commis par les militaires contre des institutions, dont ils auraient dû être les gardiens. Un geste qu’ils préfèrent appeler ‘rectification’ et non ‘putsch’. Et voilà que l’heure est à un jeu de ‘à malin, malin et demi’…En effet, entre ceux qui soutiennent de façon intéressée les auteurs du coup d’état, ceux qui ont choisi de se dresser contre eux en tapant fort par la réclamation d’un retour de Sidi au pouvoir et le Haut Conseil d’Etat, l’enjeu est si sérieux que la moindre erreur d’une des parties risque de lui être préjudiciable. Le jeu des intérêts est tel que le Front et l’initiative de défense de la démocratie ne sauraient s’arrêter sur une simple réclamation d’un retour à la légalité avec Sidi comme Président.   Il faut s’attendre à ce que des négociations poussent les défenseurs de la démocratie à se montrer plus flexibles.  Et sûrement, il sera possible de mettre en place un gouvernement qui se voudra à la face du monde l’expression d’un ‘compromis national’ entre les ‘maudisseurs’ et le ‘benisseurs’ du putsch du 06 août.

Seulement, une donne à ne pas négliger : les militaires ayant choisi un Premier ministre ailleurs que dans les rangs des frondeurs, sera-t-il facile de mijoter un gouvernement dont la saveur sera au goût des uns et des autres de leurs partisans ? Sûrement pas.

Déjà, le RFD veut des garanties. Et peut-être que la meilleure des garanties serait que les militaires se déclarent non partants pour une course à la magistrature qu’ils devront pourtant superviser du fait d’une réticence de la communauté internationale à leur égard ; et même qu’ils choisissent cette fois-ci comme ‘poulain’ Ahmed Ould Daddah. Aucune fonction, autre que celle de Président de
la République, ne semble seoir mieux au frère de feu Mokhtar Ould Daddah, le père de

la Nation. Alors, ira-t-il jusqu’à choisir un renoncement à une personnalité de fer qu’il s’est forgée quinze ans durant face à la dictature pour finir par accepter d’être pour les soldats ce que son adversaire Sidi a essayé de leur refuser ? Par ailleurs, les ambitions des parlementaires qui ont déclenché la fronde dont la conséquence escomptée a été l’éjection de Ould Cheikh Abdallahi de son fauteuil se limiteront-elles à de simples présences dans les sphères de décisions importantes ou à des récompenses matérielles sans une durée de vie satisfaisante. Qu’est-ce qui peut par exemple valoir pour un député le renoncement à son mandat en contrepartie d’un poste ministériel dans un gouvernement de transition à l’issue duquel rien n’est forcément assuré ? Une chose est sûre : le retour à la légalité se fera sur le dos de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Et l’issue de cette portion d’histoire que
la Mauritanie est en train de vivre dépendra de ce que les mauritaniens feront de ce que veut en faire le général Mohamed Ould Abdel Aziz…

Kissima

Source : La Tribune n°413




ACTUALITES POLITIQUES

19082008

CONTRE LE PUTSCH APRES LE FNDD L’IPDD

                                                                                             

En ce jour du 16  août 08, l’initiative pour la défense de la démocratie  était déclenchée par  certains  élus du peuple. C’est au cours d’une conférence de presse tenue à l’assemblée nationale que la déclaration de parlementaires pour
la Défense de
la Démocratie a été lue solennellement par le député de l’UFP Ould Bedredine et Ba Ibra du Parti ADIL. Les  initiateurs de la défense de la démocratie confirment qu’ils sont contre toute intervention militaire. Ils sont contre le coup d’Etat. Ils affirment, en outre,  leur attachement à la légalité constitutionnelle  à travers un retour formel du président déchu afin que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

Le nombre exact du groupement parlementaire pour
la Défense de la démocratie est encore inconnu.   Cependant,  les parlementaires qui étaient  présents à la conférence de presse  avoisinaient  les 20 élus.  L’un des députés a déclaré, que dans les jours à venir, les initiateurs de la défense de la démocratie vont donner la liste complète  de parlementaires adhérents à leur approche. Il a aussi précisé que  l’essentiel ce n’est pas d’avoir une majorité qui bafoue l’ordre constitutionnel, mais de défendre les principes les plus alimentaires de la démocratie. Il a annoncé, aussi,  que la liste des alliés de militaires n’est pas significative du moment que la constitution n’est pas respectée. Ainsi,  « des députés qui  ont été mentionnés dans la  liste de pros militaires, ne sont pas avec le putsch. Ce qui sous-entend que la liste de partisans du coup d’Etat est biaisée », a-t-il martelé.  

Par ailleurs, les  parlementaires  pour la défense de la démocratie ont  réitéré  qu’ils  refusent  le  coup d’Etat du 6 août 08 et tout ce qui en découle. Ils affirment  être  attachés au   retour du président légitime Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et ils font  appel à sa libération immédiate. Ils  saluent  également  l’importante prise de position du président Messoud Ould Boulkheir contre le coup d’Etat tout en faisant  appel aux forces vives du pays, en particulier les parlementaires et tous les élus, pour rejeter toutes les solutions anti-démocratiques de leurs différends politiques.   Ils sollicitent  enfin   un débat national en vue d’exiger le retour à la légalité.

Soulignons que les initiateurs de ladite déclaration ont dénoncé le fait que  les médias publics et indépendants   ont été conviés à cette conférence, alors que
la Télévision  nationale de Mauritanie (TVM) avait brillé  par son absence.  

 

Compte rendu de Mohamed Fouad Barrada    

  

La deuxième démonstration de force du FNDD

 

Le jeudi 15 août 2008, le Front National de défense de la démocratie a tenu une conférence de presse pour contrecarrer l’effet médiatique de la nomination par les  militaires de l’actuel premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf. Ba Bacar Moussa  a pris la parole en confirmant que son parti était honoré d’accueillir  cette conférence de presse, animé par Ould El Waghef. Il a ajouté que le FNDD  ne reconnait  pas le coup de force de militaire.  « Nous avons convenu  dans cette situation particulière d’organiser chaque semaine une activité médiatique pour un retour à l’ordre constitutionnel ». précise-t-il.  Mohamed Yahya Ould El Waghef quant à lui  avait souligné  que « le président est toujours en détention. Et qu’il ne reconnaît pas l’actuel  gouvernement ».

Il avait également confirmé « qu’il n’y avait pas de blocage des institutions puisqu’il y avait un processus démocratique qui marchait ».  Toutefois, il a annoncé que  «  la constitution est bafouée après le putsch de 6 août 08. Par conséquent « le gouvernement actuel n’a aucune légitimité » a-t-il martelé  avant de  préciser que « le seul gouvernement légal,  c’est le gouvernement désigné précédemment  sous le régime  légal  du  président Sidi Ould Cheikh Abdellahi. « la majorité n’a aucun sens dans la mesure où l’institution de la présidence n’est  plus fonctionnelle.  Le retour de président va permettre aux autres institutions de  fonctionner normalement. Sans cette condition cette majorité n’aura aucun sens ». a-t-il expliqué

Notons que le chef du gouvernement  déchu par les militaires a prôné la défense de la démocratie par les moyens pacifiques. Il a aussi indiqué avoir refusé la passation de service, car il ne reconnaît pas un gouvernement qui n’est pas issu d’un processus démocratique. Sur les moyens des attaques FNDD, Ould El Waghef  a mis  en plus de la lutte politique pacifique, l’accent sur  les contacts avec les puissances extérieures afin que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

« Il faut maintenir la pression pour que le pouvoir ne soit plus obtenu par la force. Les actions concrètes seront  des conférences de presse, des meetings et des  contacts  avec l’extérieur. Cela  dans le but de mener à bien le combat contre le recours à la force pour régler les différends politiques  », a-t-il affirmé en guise de réponse à un journaliste.

Il est à préciser que
la Mauritanie a fait  l’objet d’intenses visites diplomatiques, notamment celle de représentant du département d’Etat (Affaires étrangères) des Etats-Unis d’Amérique. Celui-ci exige un retour au droit mauritanien pour régler les différences en termes  politiques.  En outre, l’Union européenne demande   une libération immédiate du président déchu par les militaires pour qu’il puisse exercer ses fonctions légalement. Ainsi,  le conseil de sécurité doit siéger prochainement avec au menu : la résolution du cas Mauritanien.

Mohamed Fouad Barrada 

Le Trarza plébiscite le général 

 

Le Trarza comme toutes les wilayas du pays a tenu à organiser sa manifestation de soutien au nouveau régime dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. C’était dans l’après midi du samedi 16 août. Toutes les personnalités de la région on tenu à participer à la marche dominée incontestablement par le RFD. A noter cependant le retour des ‘démocrates indépendants’ avec les hommes de Ba Madine le tout nouveau patron de l’ANAIR et de l’incontournable Mohsen, un des vices présidents du sénat. La plupart des maires de la région ont tenu à participer à la manifestation. Même Mint Semat et Ould Moutaly les ‘députés fantômes’

– comme certains les appellent ici –  ont fait leur apparition à la tribune officielle devant le domicile du wali, là même où le désormais ancien président a été ovationné il y a un peu plus de trois mois, lors de sa visite à Rosso.

Les populations sont surtout venues des environs de Rosso (les Pk, Jdrel Mohguen, et autres localités) ; les rapatriés n’étaient pas en reste. Plusieurs orateurs se sont succédés pour féliciter le général Ould Abdel Aziz de son initiative salutaire pour le pays. Le maire de Rosso, Ba Madine, chef de file des démocrates indépendants, l’ancien sénateur Lehbib ont rappelé tous les espoirs que la population place au nouveau régime.

La veille une autre manifestation du même genre avait eu lieu à Mbalal dominée elle aussi par les militants du RFD, le parti le plus puissant du Trarza.

La marche de soutien du 16 août est la deuxième organisée à Rosso après celle du jeudi 7 dernier.

Les rapatriés r assurés.

Une mission parlementaire conduite par Kane Hamidou Baba,  deuxième vice président de l’Assemblée nationale est venue rendre visite aux rapatriés pour leur transmettre un message du général Ould Abdel Aziz et les rassurer quant à la continuité du processus de rapatriement. La mission a eu l’occasion de se renseigner sur les conditions des rapatriés et surtout de les écouter. Les rapatriés dont certains avaient émis des craintes par rapport à la nouvelle situation ont exprimé leur soutien au nouveau régime et réitéré leurs doléances.

D.A.

 

 

 

Source : La Tribune n° 413

 







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