POUR QUELLE SORTIE DE CRISE ?

17 08 2008

POUR QUELLE SORTIE DE CRISE ? 

 

Exiger le rétablissement, par des voies pacifiques, du Président Sidi Mohamed O Cheikh Abdallah dans ses prérogatives est une revendication de prime abord légitime et louable mais qui ne pourrait être satisfaite que par l’assentiment des auteurs du « Mouvement Rectificatif » cédant à des fortes pressions intérieures et extérieures. Fort peu probable !

L’hypothèse d’un recours éventuel à des forces de l’intérieur ou de l’extérieur pour déloger le Général Mohamed O Abdel Aziz du Palais Ocre ne viendrait pas à l’esprit d’un véritable patriote s’il songe un  seul instant aux graves et multiples risques que cela ferait courir au pays et à ses habitants. 

Aucun de ces scénarios ne paraît donc plausible pour des raisons liées à nos réalités politico-sociales (voyez à quel rythme se succèdent les motions de soutien et les ralliements au Haut Conseil d’Etat ! !) et à la place qu’occupe notre pays dans les enjeux géostratégiques du monde, la Mauritanie n’étant ni l’Irak ni même l’île d’Anjouan.

D’ailleurs la guerre dans le Caucase est en train de reléguer la crise que nous vivons dans les dernières pages de l’actualité internationale.

QUE FAIRE ALORS ? 

Reprendre le processus de la Transition démocratique dévié de ses objectifs initiaux à partir du 25 juin 2006. Cette date cruciale dans l’histoire politique de notre pays marque  l’adoption par Référendum des amendements constitutionnels proposés par le Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD). Avec un taux de participation 76,51 % des inscrits, un OUI massif et sans ambigüité, l’avait emporté  par 96,97 % des suffrages exprimés.

Par leur vote, les mauritaniens avaient clamé haut et fort à la face du monde :

 Qu’ils entendaient en finir avec l’ingérence des militaires dans la vie politique  une fois pour toutes. 

 Qu’ils approuvaient sans ambages le principe d’une alternance pacifique et démocratique au pouvoir. 

 Qu’ils rejetaient enfin les pouvoirs personnels à durée indéterminée et les Coups d’Etat à répétition, avortés ou réussis. 

Dès ce moment, les partis politiques, en particulier ceux de la Coalition des Forces de Changement Démocratique (CFCD), auraient dû, quitte à boycotter le processus, s’opposer avec plus de fermeté aux manipulations et autres manœuvres d’un CMJD décidé à marquer de son empreinte le déroulement et les résultats des différentes compétitions électorales suivantes ; usant et abusant de toutes sortes de tripatouillages électoraux.  

Malheureusement il n’en fut rien, les principales formations politiques, à une exception près, obséquieuses, rivalisaient de salamecs au CMJD et la suite nous la connaissons.

 

Aujourd’hui encore, au lieu de s’engluer dans des divisions stériles ou de se laisser appâter par des juteux portefeuilles ministériels, toutes les forces politiques devraient constituer un bloc uni autour d’exigences minimales qui tiendraient compte à la fois de l’intérêt général du pays et du respect des principes fondamentaux de
la Démocratie.  

Que tous ceux qui avaient, librement et en toute connaissance de cause, voté le 25 juin 2006 en faveur de la Constitution, se mobilisent pour la reprise de l’expérience démocratique en acceptant, dans le cadre d’un vaste Débat National, toute « rectification » qui s’avérerait nécessaire à l’amélioration du fonctionnement de nos institutions. La Rectification une fois achevée, dans un délai n’excédant pas un an, le H.C.E. devra être dissous et ses membres remerciés avec les honneurs pour les éminents services rendus à la Nation.

 

                                                                                                     Issa Mamadou DIOP 

                                                                                       Professeur au Lycée de Nouadhibou

Source : www.barrada.unblog.fr 


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