Un risque-pays de plus en plus désastreux

12 08 2008

Coup d’État du 6 août 

 

Un risque-pays de plus en plus désastreux 

 

Celui-ci s’était légèrement amélioré en 2008, suite aux élections démocratiques de 2007. Le putsch de la semaine passée accroît la mauvaise réputation d’un pays qui a déjà du mal à attirer les investisseurs étrangers, de plus en plus pessimistes. 

 


La Mauritanie vit au ralenti depuis plus de deux mois que durait la crise institutionnelle, un bras de fer entre militaires et l’ex-président. La plupart des ministères ont mis en suspens un certain nombre de projets infrastructurels, se contentant de régler les affaires courantes. Et à l’assemblée nationale, aucun projet de loi n’a été présenté, «depuis plus de dix semaines» estime un juriste de la capitale. Les hauts-fonctionnaires, tous politisés, attendant de voir par où penche la balance du pouvoir, se sont mués en spectateurs, et ont réduit de façon drastique leur temps de travail réel. Au plus grand dam du service public. Ce marasme administratif a des conséquences incalculables sur la productivité nationale, déjà extrêmement mince. D’autant plus que la destination mauritanienne présente de moins en moins d’avantages aux yeux des investisseurs étrangers. Certains d’entre eux étaient en observation poussée de l’évolution des structures politiques, juridiques et économiques du pays. «Les investisseurs, particulièrement dans le secteur des services, faisaient à peine confiance à la justice mauritanienne. Ce putsch confirme que tout acquis démocratique peut s’effriter à tout moment, et mettre en péril d’éventuels intérêts.» explique un cadre d’une société étrangère récemment installée. Car en fin de compte, aucune raison valable, aucune faute lourde de l’ex président n’a été présentée de façon évidente. «Une des raisons du maintien des institutions, tient à la volonté du Conseil d’État, de rassurer les investisseurs potentiels: voyez! Voilà un changement en douceur qui n’affectera pas la stabilité du pays, donc qui n’affectera pas vos intérêts!.»

 

Reconquérir et convaincre les bailleurs de fonds 

 

Après les conclusions optimistes, et le succès du caucus africain à Nouakchott, il y a une semaine,
la Mauritanie continuait à affirmer sa crédibilité en tant que nouvelle référence sous-régionale, et même internationale. Dans le même temps, le nouveau directeur des opérations pour une partie de l’Afrique de l’ouest, dont
la Mauritanie, Madina Tall, présentait la confiance que
la Banque Mondiale plaçait dans l’évolution économique du pays. Ainsi, que le FMI qui a vu son directeur général, Dominique Strauss Khan, être présent lors du caucus.

Autant de signaux verts qui risquent de vite virer au rouge. «nous sommes dans la plus totale expectative. Nous regardons simplement l’évolution des choses. Pour l’instant rien ne rassure vraiment pour une application pérenne de projets; surtout de voir un pays changer en changer trois ans, trois fois de chefs de l’État!» s’inquiète un directeur départemental d’un des principaux bailleurs de fonds internationaux, à Nouakchott. Passées les conventionnelles condamnations plus ou moins sincères des états, et des entités régionales, que restera-t-il de la confiance des bailleurs accordées à
la Mauritanie? «Tout dépendra du discours, crédible et convaincant, ou non, que le général Aziz prononcera», confie le directeur.

 

Un putsch probablement sans conséquences majeures 

 


la Mauritanie est un pays dont l’essentiel du PIB provient de l’exportation de ses matières premières. De ce fait, l’essentiel des investisseurs qui viennent pour ces matières (fer, or, ressources halieutiques, pétrole…), se moquent totalement de la situation politique, juridique ou sociale, du moment qu’ils peuvent exporter en toute tranquillité. «Tant qu’ils sont adossés aux mauritaniens qu’il faut, les intérêts de ces investisseurs, qui sont les principaux, sont sains et saufs. Et cela seul leur importe.» opine un ancien employé de
la Société Élite, récemment rachetée par la société de sécurité G4S. Au contraire même: pour certaines sociétés pour qui l’opacité est un gage d’exploitation maximale de certaines richesses (notamment l’or), la pagaille ambiante est la bienvenue: «On ne sait rien de l’exploitation aurifère par exemple. Et certaines de nos démarches qui étaient en cours pour avoir une meilleure visibilité de l’exploitation des mines de Tasiast et Akjoujt, vont être retardées, voire stoppées.» affirme un responsable du comité national de l’initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

 

MLK 

 

Encadré: 

 

La directive 3.0 de la banque mondiale sera-t-elle appliquée? 

 

Cette directive de
la Banque Mondiale prévoit qu’en cas de manquement grave d’un pays à des conditions relatives aux droits humains ou à un coup d’État, l’institution financière internationale suspende ses relations avec celui-ci jusqu’au rétablissement des conditions déficientes. À
la Banque Mondiale de Nouakchott, on est en position d’attente. «Nous avons réduit nos effectifs au strict minimum pour les affaires courantes, et attendons, l’arrivée ce lundi du nouveau représentant, qui discutera avec les nouvelles autorités. Ce n’est qu’après cela qu’on pourra parler d’une application ou non de cette directive.» précise Taleb, le chargé de communication de
la Banque Mondiale.

 

 

Source :
La Tribune n°412

 

 


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