Putsch du 6 août

12 08 2008

Putsch du 6 août 

 

L’espoir international avorté 

 

Les déceptions fusent du monde entier, notamment des sociétés civiles ouest-africaines, qui voyaient dans
la Mauritanie, une des figures de proue d’une (re)naissance démocratique en Afrique. 

 

Au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2007, le monde entier découvrait
la Mauritanie: un désert anonyme deux fois et demi plus grand que
la France. Cette première élection transparente du pays, et même une des premières de la sous-région, a projeté un faisceau d’espoir et de sympathie sur
la Mauritanie. Aujourd’hui, tout le château démocratique méticuleusement monté depuis trois ans, s’écroule lamentablement. «Je me sens trahi, comme doit l’être n’importe citoyen mauritanien démocrate. Tous les africains doivent se sentir mauritaniens aujourd’hui. Ce putsch est un coup de poignard dans le dos de l’avenir du pays. Un coup qui va considérablement retarder ses efforts de démocratisation.» confie Youssouf Traoré, directeur de publication de l’hebdomadaire ivoirien, l’intelligent d’Abidjan, joint au téléphone. Emana Djingo, un des membres influents de la société civile camerounaise, pointe du doigt  «un renversement d’un président chef des armées démocratiquement élu!». Et d’autres réactions de ce genre continuent de pleuvoir. Ce sont ces mêmes que monsieur Ould kettab a qualifié «d’ignorants des réalités mauritaniennes, vendredi soir à la télévision mauritanienne.» Selon ce dernier, on ne peut pas parler de «putsch», mais de «rectificatif». Il s’agirait donc d’un retour à la normale après «la violation des institutions démocratiques et, la tentative de renversement de l’armée» (dixit le Général Aziz).

 

La propagande en marche 

 

Les médias d’État se sont attelés à la tâche ingrate de justifier l’injustifiable. À
la TVM, des «petites foules en liesse» sensées représenter une opinion publique inexistante, brandissent des portraits imprimés à la va-vite de nouveau Rais du pays. «Ce sont les mêmes qui ont applaudi Taya, puis Ely et Sidi, aujourd’hui Aziz. Demain, si un Mohamed arrive, ils renieront Aziz, et applaudiront le nouveau.» confie un observateur averti de la scène mauritanienne. Les images qu’on ne verra pas à
la TVM, illustrant cette «vraie démocratie», proviennent de ces scènes de matraquage des manifestations pro-Sidi. Du coup la nouvelle règle est vite assimilée: «qui est pour le coup, manifeste en paix, et qui manifeste en paix contre le coup, sera matraqué.»

Dans l’Rkiz, le frère affairiste d’un des ministres actuellement sauvegardés, organise ce dimanche, une «marche spontanée» pour soutenir les militaires dans une localité du RFD. Pour cette famille influente dans cette localité les calculs sont simples: «c’est la première fois que leur famille a un poste important, du niveau d’un ministère, et ils ne veulent pas laisser filer la poule aux œufs d’or.» confie un élu du Trarza, appelé à participer à la marche. Après la molle condamnation, voire l’approbation du coup, par le parti historique de l’opposition, le RFD, cette propagande est d’autant plus facilement mise en branle. Et les pseudo justifications fusent plus aisément de part et d’autres. «Le pays était dans une impasse politique (laquelle si ce n’est celle dans laquelle les députés et les militaires l’ont poussé?). Au final, si Sidioca a commis des erreurs évidentes en termes de stratégie politique, on ne peut pas remettre en cause le bilan économique, ou celui lié à un début de règlement du passif humanitaire. La crise alimentaire mondiale rend toutes les économies du monde fragilisées, particulièrement celles de l’Afrique subsaharienne. Et rien de tout cela ne justifie un putsch.

 

MLK 

 

Source :
La Tribune n°412 


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