Politique

4 08 2008

Politique :

Quelle convergence politique ?

 

Lundi dernier, La Tribune donnait rendez-vous à quelques-unes des grandes figures de la politique nationale pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants de la crise actuelle. Débatteurs principaux : Me Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar et porte-parole des frondeurs, Ahmed Baba Msiké, dirigeant des initiatives ancien Chargé de Mission à la présidence démis à la suite de ses déclarations, Pr Lô Gourmo Abdoul, juriste, Mohamedou Nagi Ould Mohamed Lahmed, vice-président de l’UFP et Boubacar Ould Alioun vice-président des Nouvelles forces du changement (NFC). Invités et participants : le PRDR, l’UFP, le RFD, Hatem, RD, Sawab, AJD/MR… en plus de personnalités anciens ministres, députés, activistes, journalistes et intellectuels.

C’est d’abord Me Ould Maham qui a expliqué le processus qui a mené à la crise actuelle. Il a estimé qu’il s’agit là d’une manifestation de bonne santé de la démocratie. Jusque-là nous avons connu une Assemblée dont les membres signaient leurs démissions au moment de leur élection (1960), puis une assemblée qui n’était rien d’autre qu’une chambre d’enregistrement et qu’enfin nous voyons un parlement qui apporte des amendements aux projets de loi qui lui sont proposés par le Gouvernement. Plus émancipée que par le passé, l’Assemblée nationale a vu l’arrivée de compétences plus ou moins indépendantes. Ce qui explique les convergences entre les députés malgré la différence d’appartenance. Toutes les lois ont jusque-là été votées plutôt dans le sens du consensus.

La crise qui est d’abord une crise de la Majorité en général, du parti Adil en particulier est le fruit d’une accumulation de frustrations des soutiens du candidat Sidioca. Ces soutiens ont vu se constituer deux gouvernements qui ne les représentaient pas forcément. Ils l’ont exprimé. Deuxième grief : l’entrée dans la formation du 11 juin, des partis de l’opposition traditionnelle. Au-delà de la nécessité de s’abstenir d’affaiblir l’opposition, ni le Président de la République ni le président du parti n’ont discuté avec les députés de cette ‘ouverture’ qui ne se justifie pas. Aussi les partis entrant ont-ils commis l’erreur de ne pas apprécier la situation qui prévalait au sein de la majorité.

Pr Lô s’est appesanti sur le point de vue du droit, soulignant la différence entre le régime de la motion de censure et celui de la motion d’investiture. Il a préféré camper sa réflexion sur ce que permet la loi fondamentale mauritanienne, et ce qu’elle ne permet pas. Signalant que le recours au Conseil Constitutionnel ici s’arrête aux questions liées aux élections et aux candidatures. En fait, toute cette réglementation est une pâle copie du régime français de la quatrième République. Avec toutes ses insuffisances et toutes se tares.

Ahmed Baba Miské est revenu sur la création du parti Adil la présentant comme la source première du cumul des frustrations. Si le Président avait choisi de constituer un gouvernement «technocratique», il aurait fallu laisser ses soutiens constituer les partis ou le parti qu’ils voulaient. Mais la constitution puis la désignation de la direction ont été dictées à partir de la présidence. Exclues certaines tendances fondamentales dans le dispositif du Président de la République. Une exclusion dont les effets seront accentués par les choix en matière de nominations.

Mohamedou Nagi devait quant à lui revenir sur la fronde pour en discuter les raisons et la remettre en cause. Surtout le refus de s’ouvrir sur l’opposition. Ould Alioun devait lui exprimer la position des NFC et expliquer que, sans avoir quitté la majorité, ils dénoncent certains comportements, notamment la redistribution des cartes qui s’est faite au profit des forces de l’immobilisme.

Suivirent les interventions des partis politiques qui n’ont fait qu’exprimer leurs positions. Tous les partis présents ont exprimé la nécessité d’établir un dialogue franc entre les différents acteurs et d’aller au fond des choses.

L’intervention la plus originale a été celle de l’ancien ministre Isselmou Ould Abdel Kader qui s’est réclamé «symbole de la gabegie pour avoir travaillé avec Ould Taya». Il a dit en substance : «je suis fier d’appartenir à cette classe-là. Nous n’avons pas encore vu de ministres meilleurs que nous, ni un président meilleur que notre président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, ni une période meilleure que notre période…»

Nous reviendrons plus amplement sur les interventions et promettons de mettre à la disposition de tous un enregistrement de cette soirée.

 

Source : La Tribune n° 411


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