4 08 2008

Nominations :

Provocations et placements

 

 

A quel jeu jouent les maîtres du pays ? La première année du règne du Président Ould Cheikh Abdallahi a été caractérisée entre autres, par une grande marge de manœuvre offerte au Premier ministre de l’époque pour faire les nominations qu’il entendait. Même si à la fin de sa première année, le Président a tenté de reprendre les choses en main en nommant des hommes à lui à des postes clés de l’économie.

On se souvient encore de l’issue de l’arbitrage opéré aux finances en plein conseil des ministres par le Président de la République. Le Premier ministre avait voulu placer des cadres sous prétexte de «technicité», le ministre des finances a voulu nommer d’autres sous prétexte de «parenté», le Président a choisi les siens sous prétexte de …«commodité». Trésorier général : Mohamed Chérif, frère de l’ami intime Mohamed Ali Cherif, directeur du budget Thiam Diombar, un «rompu» de la boîte utilement secondé par Zeini Ould Ahmed el Hadi, un fidèle du terroir…

Le premier gouvernement de Yahya Ould Ahmed Waghf est trop vite engagé dans la bataille de la contestation de sa légitimité. Pratiquement pas de nominations. Mais le second s’empresse de nommer les secrétaires généraux et les directeurs de cabinets.

Retour remarqué de Dane Ould Ethmane qui avait été démis à la suite de sa querelle avec son ministre, Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, à l’époque aux relations avec le Parlement. Il aurait protesté en plein conseil à l’occasion de cette nomination. «Dégringolade» non expliquée – et inexplicable – de Ikebrou Ould Mohamed qui est passé de secrétaire général du ministère chargé du Maghreb Arabe, à directeur de cabinet du secrétariat d’Etat chargé des Mauritaniens de l’étranger. Une dépréciation pour ce diplomate de formation et qui a accumulé une grande expérience durant les deux dernières décennies. Est-ce sa parenté avec le Général Ould Ghazwani qui lui vaut un tel (mauvais) traitement ? Probablement quand on sait que dans la plupart des dernières nominations, de nombreux observateurs lisent la provocation tantôt pour les Généraux, tantôt pour les députés frondeurs. Promotion de Mohamed Ould Baba, jusque-là chef de service aux finances et qui se retrouve comme par enchantement secrétaire général du Maghreb Arabe. Celle aussi de Mohamed Ould Ali au secrétariat général du Budget. Inconnu du sérail donc impossible d’en juger. A remarquer cependant qu’il vient de la BCM où il vient justement d’être promu directeur de la micro-finance. En quelques jours il a eu droit à deux grandes promotions. Une chance…

Même la nomination du président de la HAPA, en la personne de Idoumou Ould Mohamed Lemine a été lue à cet angle-là. En effet le conseiller principal du Président de la République est accusé par certains segments de la fronde d’être à l’origine des mésententes entre les ailes, militaire et civile, du pouvoir. Selon certaines sources d’informations, ce serait la cellule de communication de la présidence qui pousserait certains journaux à s’attaquer de front et de façon violente aux généraux. En le nommant président de la HAPA, le Président place un homme à lui à la tête de l’institution de régulation la plus déterminante dans le jeu politique. Ould Mohamed Lemine a appartenu à la première rédaction du journal Mauritanie-Demain (1988-1992). Il a ensuite créé son propre journal, Al Moustaqbal. Avant de le lâcher pour Al Joumhouriya, le journal du PRDS dont la rédaction était dirigée par Mohamed Abdallahi Bellil. Idoumou Ould Mohamed Lemine est professeur de littérature française à l’Université de Nouakchott. C’est aussi un grand poète (en Hassaniya et en Français).

Autres nominations, celles que le Président de la République a faites au cours du dernier conseil des ministres d’il y a deux semaines et qui concernent le conseil économique et social. Là aussi, le Président a tenu à nommer des hommes fidèles parmi les fidèles. Ahmed Ould Sidi Baba, l’inspirateur premier actuellement du Président, est désormais à la tête de ce conseil. Rappelons pour l’Histoire, que la désignation des membres et de la direction du conseil économique et social, a toujours été accompagnée de catastrophes pour les régimes en Mauritanie. Jamais on n’a vu la mise en place d’un tel conseil. En attendant de savoir comment conjurer le sort, le Président peut bien compter sur le soutien d’une telle institution au cas où les élus persévèrent dans leur rébellion. Encore faut-il qu’un Conseil économique et social valle une Assemblée nationale. Auquel cas, ceux parmi les membres qui n’ont pas pu se faire élire députés, trouveront bien une compensation dans cette heureuse nomination.

En attendant, nous avons comme l’impression que nos maîtres jouent à «je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira recevra…» quoi au juste ?

 

Bechirou Wade   

Source : La Tribune n°411


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