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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

4082008

Le présent

 Elle était devant moi, j’ai senti une envie inexplicable de lui dire un mot. D’ailleurs j’avais du mal à le prononcer. Elle a pris mon portable, elle voulait contacter quelqu’un (ou quelqu’une). Je n’ai pas cherché à savoir les contours de ses contacts. En effet, gaspiller nos sous en bavardant sur des sujets souvent inutiles, est notre spécificité. Il se trouve qu’un époux donne la somme de deux mille ouguiyas à sa femme pour qu’elle prépare le déjeuner. Bizarrement, en la contactant pour savoir l’heure du repas, il dépense une somme égale à la valeur du repas. Revenons à notre belle dame pour comprendre l’incompréhensible d’une relation d’amitié qui risque de mal tourner si je ne me plie pas à ses exigences capricieuses. Sur ce sujet de contact téléphonique et après avoir épuisé mon crédit, la belle demoiselle voulait que je lui donne de quoi acheter une carte de recharge. J’ai rétorqué par une réponse ambiguë que je ne veux pas lui donner cette somme bien qu’elle soit dérisoire. Par une remarque déplacée, elle a interprété mon acte comme étant un manque de générosité. Pourtant, je suis généreux avec elle. Plus que ça. Elle peut dans des circonstances normales me demander tout ce qu’elle veut. Mais dans cette normalité, se trouve une anomalie qui se matérialise par un refus catégorique de sa domination injustifiable. En se fiant au présent et au désir du moment, la fille en question développe souvent une hystérie qui la pousse à trouver ce qu’elle veut. C’est en quelque sorte l’emprise du moment sur le comportement individuel. Lorsque ce temps domine l’homme ou la femme et cela dans des circonstances contraignantes, la normalité de l’attitude comportementale devient en toute évidence l’attachement au présent. Cependant, vivre le présent reste une faveur exploitée par une grande partie des individus de l’actuelle civilisation moderne. Laisser le temps au temps, c’est la formule magique pour une frange importante de ceux qui croient au réalisme matériel. Ils vivent le présent en s’attachant au désir sous toutes ces formes. Les temps se succèdent, mais l’autorité du palpable s’impose de plus en plus. Il faut que des individus liés à l’activité palpable soient guidés par la consommation du temps. D’une manière ou d’une autre, en travaillant nous surmontons la machine du temps ; en se distrayant nous la dépassons aussi. Avec la nouvelle technologie qui s’impose nous suivons l’évolution des choses en nous ‘collant’ au présent. Quoi qu’on dise, il est difficile de trouver une formule qui nous permette de s’adapter avec le moment. Et cela d’une manière permanente. En somme il manque toujours au consommateur du présent quelque chose qui échappe à la subconscience spirituelle. Celle-ci dépend souvent du domaine de la métaphysique. m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°411




Edito de Mohamed Fall O Oumère

4082008

  

Edito de Mohamed Fall O  Oumère 

 

Quelqu’un que j’aime beaucoup et pour lequel j’ai un grand respecte me décrivait la situation telle que lui la voyait. J’ai retenu une histoire et une image. Je vous en fais part.

En août 1978, la pluie avait tardé à venir. Les nouvelles autorités étaient incapables de répondre aux doléances des populations. Surtout les plus reculées comme les éleveurs du Hodh. A Walata, tout le monde savait que le Président Mokhtar Ould Daddah avait été enfermé dans le fort qui est tout proche d’un vieux puits où les éleveurs de la région abreuvaient leurs troupeaux. Un jour, l’un de ces éleveurs alla vers le fort. Arrivé à portée de voix des gardes en faction, il cria : «dites au moins à celui qui a enfermé cet homme ici, de nous acheminer les biens que lui nous envoyait. Dites à celui qui a pris sa place que nous manquons de tout depuis son départ : du blé, du riz, des médicaments, de l’aliment de bétail…»

La fonction de Président de la République est ainsi : elle fait de son homme l’incarnation de l’Etat, de «eddawla». L’Etat, c’est lui. Du moins dans l’imaginaire populaire. S’il n’y a pas à manger, c’est sa faute. S’il n’y a pas d’école, c’est lui. Si les pâturages sont ‘maigres’, c’est à cause de lui. Si le lait manque, c’est encore lui. Si l’argent manque, c’est toujours lui. S’il y a l’insécurité, c’est lui… ça pour l’histoire racontée.

L’image : «les protagonistes dans la crise politique actuelle sont comme des tireurs qui sont face à face, chacun refusant de tirer avant que l’autre ne tire, chacun comptant sur le manque de précision de l’autre, oubliant dans ce cas qu’en laissant le vis-à-vis tirer le premier, vous n’êtes pas sûr qu’il vous rate». Et s’il ne vous rate pas ? Tant pis pour vous.

Mais le plus dangereux pour mon ami, c’est le risque de voir un troisième larron parler pendant que nos protagonistes se surveillent et s’épient. «Si c’est le peuple, il y a de gros risques d’atteindre au plus vite le stade où l’on devra choisir entre les deux protagonistes. Si c’est quelqu’un d’autre, il y a le risque de les voir tous les deux perdre la bataille».

On raconte que les rezzous de deux tribus se tiraient dessus pour prendre possession d’un troupeau de chameaux. A la fin de la journée, toutes les bêtes étaient mortes, ainsi que la plupart des hommes. Les survivants n’avaient rien gagnée, l’objet de la bataille ayant été détruit. N’est-ce pas ce qui risque d’arriver ici si l’on continue à ‘tirer sur la corde’ ?

Trêve de vanités ! Nous avons besoin d’assurer l’avenir de notre pays, de préserver la paix sociale, de le reconstruire, de refaire son unité, de refonder son système éducatif, de renforcer son système sanitaire, de construire des routes, de produire des céréales, d’élever des animaux, d’éduquer nos enfants, de réhabiliter notre culture, de nous émanciper des pesanteurs du passé, de nous libérer de nos mauvais génies… nous avons été jusque-là oisifs. Ou presque. Il est temps de se mettre au travail. Le pays a perdu trop de temps «à coups de pourquoi», trop de temps pour savoir comment il va, comment il va aller…

Le plus choquant dans cette situation, c’est le fait de savoir qu’elle est l’occupation d’un millier de nouakchottois. «En général des ministres ou anciens ministres ou potentiellement ministrables, secrétaires généraux, directeurs, chefs de service, ou anciens ou potentiels… quelques thieb-thieba de la politique qui manigancent et qui occupent l’environnement.

Vous sortez de Nouakchott, vous oubliez qu’il y a la crise. Si dans la capitale on ne parle que de ça, à l’intérieur les gens sont occupés à préparer leurs lendemains, certainement moins fastes que le jour d’aujourd’hui.

Le problème : Nouakchott c’est l’Etat et l’Etat est à l’arrêt. Rien ne semble marcher maintenant qu’un millier d’activistes ont décidé de paralyser le pays. Ni administration, ni économie, ni sécurité, ni construction… ce qui ajoute à la gravité de la situation et à la fragilité du pays.

Qu’advenait-il quand, dans notre société traditionnelle, on en arrivait à ce point ? Il y a toujours un groupe de sages qui entreprennent une sorte de régulation, de facilitation entre les différents protagonistes. Y a-t-il des sages parmi nous ? Y a-t-il encore des voix qui peuvent raisonner les plus belliqueux, pour rapprocher les points de vue, pour recoller les morceaux, pour éviter au pays la vacance de pouvoir qui peut être fatale ?

 

Source : La Tribune n°411

 




La Réunion du groupe des gouverneurs de banques centrales africaines

4082008

Economie
La Réunion du groupe des gouverneurs de banques centrales africaines

La capitale Nouakchott a abrité le vendredi 1er aout 2008 la réunion du groupe des gouverneurs des banques centrales africaines. Cette réunion intervient dans un contexte mondial caractérisé par la hausse de prix alimentaire et la montée des prix du carburant. D’où l’émergence des nouveaux pays qui peuvent contribuer au développement de l’économie des autres pays qui ont un manqué de ressource. Cette crise économique mondiale a donné aux pays producteurs du pétrole et certains pays émergents, notamment la Chine, la possibilité d’investir dans les économies à faible revenu.
La question qui se pose et s’impose tourne autour de la réduction de la pauvreté à travers la lutte contre le chômage et l’investissement dans le secteur agricole sans oublier les autres secteurs stratégiques tels que l’éducation et la santé.
Le projet de mémorandum des gouverneurs du groupe africain aux dirigeants des institutions de Bretton Woods tire la sonnette d’alarme en évoquant la gravité de la crise alimentaire et l’impact du renchérissement du pétrole. En effet, les gouverneurs des banques centrales africaines réunis à Nouakchott les 1 et 2 août, craignent les méfaits de la crise alimentaire. Cette crise peut provoquer selon les économistes une instabilité politique dangereuse. Notons que cette crise est accentuée par un déséquilibre financier touchant les plus grandes puissances économiques.
«Pleinement conscients du fait qu’il n’y pas de panacée à cette crise, nos dirigeants sont farouchement déterminés à prendre des mesures énergiques pour s’attaquer à ses retombées à court et à long termes. Aussi sommes –nous encouragés par la collaboration des diverses institutions en réaction au enrichissement du pétrole et des produits alimentaires, y compris par le soutien du FMI et de la Banque mondiale», ont déclaré les participants à l’African Caucus de Nouakchott dans le mémorandum final.
La ‘déclaration de Nouakchott’, rendue publique à l’issue des conclaves de deux jours, évoque clairement le rôle des bailleurs de fonds non traditionnels que sont les multilatéraux . En effet, la déclaration de Nouakchott met en évidence (i) la nécessité de stabiliser l’économie par le biais des politiques monétaire et budgétaire saines ; (ii) l’appropriation des projets et programmes de développement nationale et régionale (iii) une politique de développement permettant la mobilisation des ressources et le maintien de la viabilité à moyen terme de la dette ; (iii) la transparence quant aux négociations des accords et la symétrie de l’information dans le cadre des prêts et dons obtenus.
S’agissant des recommandations, la déclaration fait distinction entre trois types de bailleurs de fonds, notamment les traditionnels, les non traditionnels et les institutions de Bretton Woods.
Le groupe des gouverneurs et ministres africains préconise aux bailleurs de fonds traditionnels de tenir leurs engagements vis-à-vis des pays africains. Cela doit se traduire en flux réel et prévisible. Il suggère aussi l’accélération de la mise en pratique de la déclaration de Paris, notamment celle liée à l’alignement et l’harmonisation de l’aide publique au développement. Les africains proposent aussi des mesures fermes allant dans le sens d’atténuation des effets de la flambée des prix relatives à la hausse des produits énergétiques et l’utilisation des récoltes basées sur les biocarburants. Le groupe recommande également aux bailleurs de fonds de faciliter l’accès des produits africains à leurs marchés.
Pour ce qui est de bailleurs de fonds non traditionnels, le groupe des gouverneurs des banques centrales africains, souligne que l’implication de ces bailleurs reste essentielle surtout dans le cadre de la concessionalité de leurs prêts dans le but qu’ils s’impliquent de plus en plus dans les régions africaines à faible revenu ce qui leur permet de préserver la viabilité de leur dette. Le groupe met encore en exergue le rôle que ces bailleurs peuvent jouer dans le transfert des connaissances et l’investissement dans des projets à forte valeur ajoutée.
S’agissant des institutions de Bretton Woods, les gouverneurs des banques centrales proposent entre autres une série de mesures permettant d’éviter les chocs externes tout en tenant compte de la viabilité de la dette, des effets induits des projets des infrastructures et leurs impacts sur les recettes budgétaires, la croissance et les exportations..
Par ailleurs, le projet de mémorandum des gouverneurs du groupe africain aux dirigeants des institutions de Bretton Woods soulève la question de la représentation des pays africains dans ces organisations financières. «Nous réaffirmons que le renforcement de la voix et de la représentation des pays africains dans le processus décisionnel des institutions de Bretton Woods est fondamental et crucial. Cette démarche s’inscrit dans la logique de l’engagement mondial (consensus de Monterrey) à réformer l’architecture financière internationale pour assurer une participation et une représentation plus effective des pays en développement, et pour rétablir la légitimer des institutions de Bretton Woods.» (Sic)
Soulignons que le président du groupe de la BID, Ahmed Mohamed Aly, le directeur général du FMI, Dominique Strass Kahn et le gouverneur de la banque de développement de la République populaire de Chine, Chen Yuan ont affiché leur volonté de renforcer la coopération entre leurs institutions et ceux des pays africains. Ils envisagent également de mettre en œuvre des mécanismes permettant d’assurer les équilibres économiques dans les pays africains.
Il est à préciser que la Mauritanie a pu profiter au cours de la présence du président du groupe de la BID d’une dette financière à hauteur de 700 millions de dollars dont 300 millions rentrant dans le cadre de promesse de la réunion du groupe consultatif de Paris le 4 et 6 décembre 2007. De quoi oublier – momentanément du moins – la crise politique qui ronge le pouvoir.

Mohamed Fouad Barrada

Encadré

Sans précédent

A cause de la crise politique qui secoue le pays, la réunion de Nouakchott est presque passée inaperçue pour la grande masse. Pourtant elle a réuni 53 gouverneurs et ministres africains à Nouakchott. En plus du directeur général du FMI, le français Dominique Strauss-Kahn, du président du Groupe de la Banque Islamique pour le Développement et du Gouverneur de la Banque chinoise de développement.
Sur le plan de l’organisation, la session a été réussie. Parfaite maîtrise de tous les aspects, mise à disposition d’un personnel qualifié, on peut dire que BCM, Palais des Congrès n’ont ménagé aucun effort. Le clou de la manifestation reste cependant l’invitation de Tenweich, à la sortie est de Nouakchott. Là, les participants ont eu droit à apprécier l’hospitalité mauritanienne dans tous ses états.

Source : La Tribune n°411




La Banque Mondiale dévoile sa stratégie en Mauritanie

4082008

Economie :
La Banque Mondiale dévoile sa stratégie en Mauritanie

Relance économique à travers l’emploi et l’agriculture est visiblement la nouvelle approche des bailleurs de Fonds en Mauritanie. Au cours d’une conférence de presse tenue le mercredi 30 juillet dans le siège de la Banque mondiale à Nouakchott, Monsieur Madani Tall directeur des opérations de la World Bank pour la Mauritanie, la côte d’Ivoire, le Bénin, le Niger et le Togo a dévoilé les orientations stratégiques de son institution.
M. Tall a déclaré que le Président de la République Sidi Ould Cheikh Abdellahi affiche une volonté claire de renforcer la coopération entre la Mauritanie et la Banque Mondiale en vue de surmonter les difficultés socio-économiques auxquels le pays est confronté.
«Les entretiens de Tall et Sidi Ould Cheikh Abdellahi ont porté sur les aspects de la coopération existant entre la Mauritanie et la Banque Mondiale ainsi que sur les bonnes dispositions entreprises par l’organisation financière mondiale pour accompagner la Mauritanie et les enjeux stratégiques pour la Mauritanie dans le domaine de l’énergie, de l’agriculture et la question de l’emploi des jeunes qui est une préoccupation majeure pour le chef de l’Etat», note l’agence de presse mauritanienne

Dans cette perspective, le représentant de la Banque mondiale exhorte les acteurs politiques mauritaniens à participer à l’élaboration de la stratégie économique du pays en dépassant leurs malentendus. Il a confirmé, par ailleurs, qu’«en situation de crise les pays sont obligés de déclencher des plans d’urgence, car aucun pays ne peut surpasser les besoins quotidiens de ses populations». «Mais cela n’est pas suffisant. Il faut mettre en avant l’élaboration des axes stratégiques nécessaires pour le développement économique. Ces axes doivent mettre l’accent sur la question de la formation et le rôle du secteur privé dans le domaine de lutte contre le chômage». précise-t-il tout en ajoutant que «le pays doit s’attaquer à la thématique alimentaire et celle liée à la lutte contre le chômage des jeunes». «Je suis un homme du terrain et je veux faire des visites du terrain pour bien comprendre les problèmes de la société mauritanienne. J’aurai l’occasion de me rapprocher de la population mauritanienne au cours de mes prochaines visites», poursuit-il
Notons que la banque mondiale a accordé en cette occasion un don de 9 millions de dollars à la Mauritanie. Ce don doit aider le pays à faire face à la crise alimentaire.
Il est à noter, aussi que la Mauritanie a déjà affecté une enveloppe de 160 millions de dollars pour la mise en place de son plan d’urgence.
Ainsi, le Premier Ministre Ould Waghf a souligné que les montants que les bailleurs de fonds devraient débloquer dans les années à venir pour le financement des projets économiques en Mauritanie ne sont pas suffisants.

Compte rendu de Mohamed Fouad Barrada




Politique

4082008

Politique :

Quelle convergence politique ?

 

Lundi dernier, La Tribune donnait rendez-vous à quelques-unes des grandes figures de la politique nationale pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants de la crise actuelle. Débatteurs principaux : Me Sidi Mohamed Ould Maham, député d’Atar et porte-parole des frondeurs, Ahmed Baba Msiké, dirigeant des initiatives ancien Chargé de Mission à la présidence démis à la suite de ses déclarations, Pr Lô Gourmo Abdoul, juriste, Mohamedou Nagi Ould Mohamed Lahmed, vice-président de l’UFP et Boubacar Ould Alioun vice-président des Nouvelles forces du changement (NFC). Invités et participants : le PRDR, l’UFP, le RFD, Hatem, RD, Sawab, AJD/MR… en plus de personnalités anciens ministres, députés, activistes, journalistes et intellectuels.

C’est d’abord Me Ould Maham qui a expliqué le processus qui a mené à la crise actuelle. Il a estimé qu’il s’agit là d’une manifestation de bonne santé de la démocratie. Jusque-là nous avons connu une Assemblée dont les membres signaient leurs démissions au moment de leur élection (1960), puis une assemblée qui n’était rien d’autre qu’une chambre d’enregistrement et qu’enfin nous voyons un parlement qui apporte des amendements aux projets de loi qui lui sont proposés par le Gouvernement. Plus émancipée que par le passé, l’Assemblée nationale a vu l’arrivée de compétences plus ou moins indépendantes. Ce qui explique les convergences entre les députés malgré la différence d’appartenance. Toutes les lois ont jusque-là été votées plutôt dans le sens du consensus.

La crise qui est d’abord une crise de la Majorité en général, du parti Adil en particulier est le fruit d’une accumulation de frustrations des soutiens du candidat Sidioca. Ces soutiens ont vu se constituer deux gouvernements qui ne les représentaient pas forcément. Ils l’ont exprimé. Deuxième grief : l’entrée dans la formation du 11 juin, des partis de l’opposition traditionnelle. Au-delà de la nécessité de s’abstenir d’affaiblir l’opposition, ni le Président de la République ni le président du parti n’ont discuté avec les députés de cette ‘ouverture’ qui ne se justifie pas. Aussi les partis entrant ont-ils commis l’erreur de ne pas apprécier la situation qui prévalait au sein de la majorité.

Pr Lô s’est appesanti sur le point de vue du droit, soulignant la différence entre le régime de la motion de censure et celui de la motion d’investiture. Il a préféré camper sa réflexion sur ce que permet la loi fondamentale mauritanienne, et ce qu’elle ne permet pas. Signalant que le recours au Conseil Constitutionnel ici s’arrête aux questions liées aux élections et aux candidatures. En fait, toute cette réglementation est une pâle copie du régime français de la quatrième République. Avec toutes ses insuffisances et toutes se tares.

Ahmed Baba Miské est revenu sur la création du parti Adil la présentant comme la source première du cumul des frustrations. Si le Président avait choisi de constituer un gouvernement «technocratique», il aurait fallu laisser ses soutiens constituer les partis ou le parti qu’ils voulaient. Mais la constitution puis la désignation de la direction ont été dictées à partir de la présidence. Exclues certaines tendances fondamentales dans le dispositif du Président de la République. Une exclusion dont les effets seront accentués par les choix en matière de nominations.

Mohamedou Nagi devait quant à lui revenir sur la fronde pour en discuter les raisons et la remettre en cause. Surtout le refus de s’ouvrir sur l’opposition. Ould Alioun devait lui exprimer la position des NFC et expliquer que, sans avoir quitté la majorité, ils dénoncent certains comportements, notamment la redistribution des cartes qui s’est faite au profit des forces de l’immobilisme.

Suivirent les interventions des partis politiques qui n’ont fait qu’exprimer leurs positions. Tous les partis présents ont exprimé la nécessité d’établir un dialogue franc entre les différents acteurs et d’aller au fond des choses.

L’intervention la plus originale a été celle de l’ancien ministre Isselmou Ould Abdel Kader qui s’est réclamé «symbole de la gabegie pour avoir travaillé avec Ould Taya». Il a dit en substance : «je suis fier d’appartenir à cette classe-là. Nous n’avons pas encore vu de ministres meilleurs que nous, ni un président meilleur que notre président Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, ni une période meilleure que notre période…»

Nous reviendrons plus amplement sur les interventions et promettons de mettre à la disposition de tous un enregistrement de cette soirée.

 

Source : La Tribune n° 411




chronique Mansor

4082008

 

  

Les béotiens, encore associés, dans le langage courant, à la plus rude inculture, sont les gardiens, d’autant plus efficaces, d’un trésor culturel inestimable : la pierre que Saturne avait avalé, croyant dévorer son fils Jupiter, et qu’il dut vomir, au sommet du mont Hélicon, après une longue et difficile alchimie digestive, qui fit de la pierre ce qu’elle n’a cessé d’être depuis. Tertre de pouvoir ? Toujours est-il qu’à partir de cet étrange dépôt, la montagne, sacralisée, s’est mise à ruisseler de fontaines miraculeuses. Le peuple y vint recouvrer santé, en toute ingénuité[1], lorsque les philosophes, fouillant bien au-delà des sources, s’évertuaient à retrouver le très précieux subterfuge. Le bien-être suffit à celui-là : enivrante satiété, si facilement frelatée… Ceux-ci visent la maîtrise même de la métamorphose : périlleuse quête, si difficilement gratuite… On pouvait donc s’attendre à des dégradations et les âges successifs de notre humanité racontent cette fatale pente. Mais par quel sortilège le fer, au terme de la course folle de ses industries éblouissantes, se dilue-t-il, soudain, comme en un plomb coulant, effaçant, brusquement, jusqu’à la structure des plus majestueux édifices ? 

 

Au-delà des passe-passe politico-financiers du moment – et soyez bien certains que de grands esprits se sont, en ces somptueuses illusions, irrémédiablement perdus – l’écroulement des tours jumelles annonçaient-elles, paradoxalement, le retour de l’âge d’or ? On attend, de fait, les alchimistes. Mais, qui saurait aujourd’hui, dans la fumée des débris – et les plus troublants de ceux-ci ne sont, à l’évidence pas, de l’ordre du matériel – distinguer l’oeuvre au noir, ses indispensables composants, la pierre commandante ? Les clochers n’ont plus de sonneur, les minarets sont déserts : c’est si fatiguant, d’aller, interminablement, en colimaçon vers la pointe, quand un bouton suffit à porter, loin, le signe apparent de l’effort. Loin, peut-être ; profond, j’en doute. Tant de plomb assourdissant s’écoule dans nos oreilles qu’on se prend à espérer, parfois, une panne suffisamment durable pour rendre au muezzin son altitude. Non pas, bien sûr, que le repositionnement des émetteurs suffit à révéler le précieux métal des récepteurs, mais c’est une condition, probablement nécessaire, à l’éclaircissement des ondes… 

 

Mouvements divers de l’énergie, infinitésimales nuances dans la propagation ou l’emprisonnement de ses fluides, c’est, semble-t-il aujourd’hui, secret de polichinelle que ce qui distingue le plomb de l’or et, n’eût été le coût, rédhibitoire, de l’opération, physiciens et chimistes eussent tôt fait d’inverser la valeur marchande de ces traditionnels pôles métalliques. Va pour la réalité atomique, inféodée, grâce à Dieu, à des contraintes budgétaires… Qu’en est-il, cependant, de sa symbolique sociale ? De grands chercheurs en sciences inexactes – si l’on prend la peine de distinguer les sciences exactes, c’est que les autres ne le sont pas  [2] – ont cru pouvoir, disons depuis le siècle des Lumières – mais il y eut des précurseurs, et pas tous dans l’aire occidentale, tant s’en faut – affirmer des lendemains qui chantent, moyennant quelque révolution – re-évolution, fin d’involution – plus ou moins violente, c’est-à-dire : coûteuse en « énergie ». Guillemets en guise de pincettes : car c’est, très prosaïquement, en dizaines de millions de vies humaines – dix fois plus, probablement – que se chiffre le prix des tentatives, plus ou moins rapidement avortées, de réaliser les plus radicales de ces scintillantes mutations. Quant aux moins tranchantes, apparemment, où la notion de progrès technique libérateur tient une place centrale, elles se révèlent désormais, sous l’effet de flux cumulatifs, de plus en plus souvent associées à des risques catastrophiques majeurs, capables d’anéantir, non seulement l’espèce humaine, mais aussi la planète entière. En ce début de XXIème siècle, la question du sens est (re)devenue priorité vitale. 

 

Errant dans les brumes des crêtes, l’alchimiste reprend courage. L’endroit n’est plus si désert. On y côtoie toutes sortes de chercheurs : des scientifiques, bien sûr, même de ceux en sciences exactes, escaladant les pics vertigineux de leurs postulats ; beaucoup plus rarement, des politiques, soucieux du lendemain ; des religieux, de diverses religions ; des poètes, des sages et des fous ; des hommes et des femmes, des enfants, parfois : la qualité n’a pas d’âge. Tout comme l’intelligible n’a pas de lieu. Ainsi l’une et l’autre peuvent-ils être, partout, présents. A ce point de conscience, il reste peu à faire – peut-être, tout simplement, échanger un vrai regard – pour goûter, instantanément, la demeure éternelle de l’Un et Entier. Mais rien n’est moins sûr : l’ouverture de la porte, démunie de toute poignée,  ne se commande pas de l’extérieur…    




[1]  L’ingénuité, en son sens le plus ancien, est l’état d’une personne née libre. La guérison, pour le peuple assoiffé, est de s’en souvenir… 

[2] Et pourquoi donc, posez-vous la question, la mention de l’inexactitude dévaloriserait-elle la recherche ?




4082008

Nominations :

Provocations et placements

 

 

A quel jeu jouent les maîtres du pays ? La première année du règne du Président Ould Cheikh Abdallahi a été caractérisée entre autres, par une grande marge de manœuvre offerte au Premier ministre de l’époque pour faire les nominations qu’il entendait. Même si à la fin de sa première année, le Président a tenté de reprendre les choses en main en nommant des hommes à lui à des postes clés de l’économie.

On se souvient encore de l’issue de l’arbitrage opéré aux finances en plein conseil des ministres par le Président de la République. Le Premier ministre avait voulu placer des cadres sous prétexte de «technicité», le ministre des finances a voulu nommer d’autres sous prétexte de «parenté», le Président a choisi les siens sous prétexte de …«commodité». Trésorier général : Mohamed Chérif, frère de l’ami intime Mohamed Ali Cherif, directeur du budget Thiam Diombar, un «rompu» de la boîte utilement secondé par Zeini Ould Ahmed el Hadi, un fidèle du terroir…

Le premier gouvernement de Yahya Ould Ahmed Waghf est trop vite engagé dans la bataille de la contestation de sa légitimité. Pratiquement pas de nominations. Mais le second s’empresse de nommer les secrétaires généraux et les directeurs de cabinets.

Retour remarqué de Dane Ould Ethmane qui avait été démis à la suite de sa querelle avec son ministre, Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, à l’époque aux relations avec le Parlement. Il aurait protesté en plein conseil à l’occasion de cette nomination. «Dégringolade» non expliquée – et inexplicable – de Ikebrou Ould Mohamed qui est passé de secrétaire général du ministère chargé du Maghreb Arabe, à directeur de cabinet du secrétariat d’Etat chargé des Mauritaniens de l’étranger. Une dépréciation pour ce diplomate de formation et qui a accumulé une grande expérience durant les deux dernières décennies. Est-ce sa parenté avec le Général Ould Ghazwani qui lui vaut un tel (mauvais) traitement ? Probablement quand on sait que dans la plupart des dernières nominations, de nombreux observateurs lisent la provocation tantôt pour les Généraux, tantôt pour les députés frondeurs. Promotion de Mohamed Ould Baba, jusque-là chef de service aux finances et qui se retrouve comme par enchantement secrétaire général du Maghreb Arabe. Celle aussi de Mohamed Ould Ali au secrétariat général du Budget. Inconnu du sérail donc impossible d’en juger. A remarquer cependant qu’il vient de la BCM où il vient justement d’être promu directeur de la micro-finance. En quelques jours il a eu droit à deux grandes promotions. Une chance…

Même la nomination du président de la HAPA, en la personne de Idoumou Ould Mohamed Lemine a été lue à cet angle-là. En effet le conseiller principal du Président de la République est accusé par certains segments de la fronde d’être à l’origine des mésententes entre les ailes, militaire et civile, du pouvoir. Selon certaines sources d’informations, ce serait la cellule de communication de la présidence qui pousserait certains journaux à s’attaquer de front et de façon violente aux généraux. En le nommant président de la HAPA, le Président place un homme à lui à la tête de l’institution de régulation la plus déterminante dans le jeu politique. Ould Mohamed Lemine a appartenu à la première rédaction du journal Mauritanie-Demain (1988-1992). Il a ensuite créé son propre journal, Al Moustaqbal. Avant de le lâcher pour Al Joumhouriya, le journal du PRDS dont la rédaction était dirigée par Mohamed Abdallahi Bellil. Idoumou Ould Mohamed Lemine est professeur de littérature française à l’Université de Nouakchott. C’est aussi un grand poète (en Hassaniya et en Français).

Autres nominations, celles que le Président de la République a faites au cours du dernier conseil des ministres d’il y a deux semaines et qui concernent le conseil économique et social. Là aussi, le Président a tenu à nommer des hommes fidèles parmi les fidèles. Ahmed Ould Sidi Baba, l’inspirateur premier actuellement du Président, est désormais à la tête de ce conseil. Rappelons pour l’Histoire, que la désignation des membres et de la direction du conseil économique et social, a toujours été accompagnée de catastrophes pour les régimes en Mauritanie. Jamais on n’a vu la mise en place d’un tel conseil. En attendant de savoir comment conjurer le sort, le Président peut bien compter sur le soutien d’une telle institution au cas où les élus persévèrent dans leur rébellion. Encore faut-il qu’un Conseil économique et social valle une Assemblée nationale. Auquel cas, ceux parmi les membres qui n’ont pas pu se faire élire députés, trouveront bien une compensation dans cette heureuse nomination.

En attendant, nous avons comme l’impression que nos maîtres jouent à «je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira recevra…» quoi au juste ?

 

Bechirou Wade   

Source : La Tribune n°411




Crise politique

4082008

Crise politique : 

La guerre des tranchées, en attendant l’assaut final 

 

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, deux blocs s’affrontèrent. Il y eut «la guerre froide», caractérisée par des actions ‘guerrières’ (blocus de Berlin, par exemple), puis ce qu’on a appelé «l’équilibre des terreurs» – les puissances sachant leurs limites dans l’utilisation de l’arme fatale (nucléaire) – pour aboutir enfin, après la crise de Cuba, à l’ère de «la coexistence pacifique», caractérisée par l’établissement d’une ligne téléphonique entre la Maison Blanche et le Kremlin et sous-tendue par une lutte d’influence sans merci…

Où en sommes-nous en Mauritanie ?

 

Après les premiers uppercuts qui n’ont finalement eu raison d’aucun des protagonistes, voici venir le temps de l’équilibre des terreurs. On s’observe et on s’épie. Les tranchées sont creusées et on n’attend plus que l’un des protagonistes dégaine le premier. Comme dans un western. Qui gagne les premières manches ? Voyons voir.

 

Demande refusée

 

Comme nous l’avions prévue la semaine dernière, 51 députés ont déposé une demande pour la convocation d’une session extraordinaire du Parlement. Un nombre largement suffisant pour provoquer cette convocation. Dans ce cas, ce sont les députés qui fixent l’ordre du jour. Election des membres de la Haute cour de justice (HCJ) habilitée à juger les hautes autorités, création d’une commission de contrôle parlementaire sur le Programme spécial d’intervention (PSI) visant à faire face à l’insécurité alimentaire, d’une autre commission pour éplucher les comptes du fonds national des hydrocarbures, d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion financière et administrative du Sénat et pour faire la lumière sur le financement et la gestion de la Fondation Khattou Mint el Boukhary (KB), du nom de la Première dame du pays. les deux premières commissions répondent au souhait des députés du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), les secondes à ceux de la majorité en fronde. Les requérants rappellent l’absence «inhabituelle» de textes à examiner dans la dernière session, pour justifier la tenue d’une session extraordinaire. Ils justifient leur démarche par la mission naturellement «dévolue, dans le cadre des dispositions constitutionnelles, aux parlementaires, mission corollaire à un large pouvoir d’investigation relative aux actes et à la gestion des fonds publics» et par «l’importance des enjeux que revêt pour les populations, la bonne gestion des services et établissements publics visés par la présente requête». En conséquence, «les Députés, ci-dessous signataires de la présente requête conformément à l’article 53 de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie, demandent la réunion en session extraordinaire du parlement mauritanien le 10 Août 2008» (voir encadré, texte et signataires).

La demande a été déposée mercredi, au lendemain du retour précipité du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi de l’Espagne où il devait rester jusqu’à mercredi soir. Comme si la course était lancée entre les différents protagonistes.

Le même jour, c’est le ministre des relations avec le Parlement et de la société civile, Lerabott Ould Bennahi qui exprime une fin de non-recevoir à la demande. Il déclare avoir « renvoyé pour non conformité avec les procédures régissant le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, une correspondance qui lui est parvenu aujourd’hui et portant convocation d’une session extraordinaire de l’assemblée nationale ». Pour lui «l’article 53 du règlement de l’Assemblée Nationale dispose : « les communications de l’Assemblée Nationale au Président de la République et au gouvernement sont faites par le Président de l’Assemblée Nationale ». De plus, l’article 9 du même règlement prévoit : « En cas d’absence ou d’empêchement du Président, les vices présidents suppléent le président suivant l’ordre de l’élection. Les attributions du vice-président appelé à suppléer le Président sont limitées à la présidence de la séance et à la représentation de l’assemblée dans les cérémonies officielles ». Sur la base de ce qui précède, le vice-président n’est pas habilité à s’adresser au gouvernement au nom de l’assemblée nationale». Dont acte.

Le lendemain, venait la réponse du député Kane Hamidou Baba, 2ème vice-président de l’Assemblée auteur de la transmission. «L’article 53 de
la Constitution ne laisse planer aucune équivoque sur les modalités de convocation d’une session extraordinaire dont l’initiative appartient concurremment au Président de
la République et à la majorité  des membres de l’Assemblée Nationale sur un ordre du jour déterminé. Aucun texte ne soumet cette décision de convocation à une formalité particulière. Dès lors qu’il est établi qu’une majorité de Députés s’est exprimée dans ce sens, le Président de
la République est tenu de prendre, sans délai, le décret de convocation». Tout en soulignant qu’il n’a fait que «transmettre l’expression d’une volonté de la majorité des Députés». Le député Kane Hamidou Baba en profite pour rappeler  que «des Projets et Propositions de lois ont été communiqués au Gouvernement par un Vice-président dont précisément la proposition de loi portant abrogation de l’ordonnance sur l’opposition et son remplacement par une autre loi. Le Gouvernement s’était même empressé d’instruire le dossier !»

Pour sa part, le député Sidi Mohamed Ould Maham, porte-parole du groupe des frondeurs, a estimé que le rejet, par le gouvernement, de la demande de convocation d’une session extraordinaire, pour cause de non-conformité avec le règlement intérieur du parlement, est un « faux alibi« . Il a indiqué que le gouvernement refuse la formation et la mise en place de la haute cour de justice bien qu’elle soit prévue dans la constitution. Il a ajouté que le parlement entend encore interpeller le gouvernement sur la gestion du Programme d’intervention spéciale (PSI) et certaines institutions de l’Etat. Insistant sur la nécessité de laisser le parlement exercer librement ses pouvoirs, le député Ould Maham a demandé au président de sauvegarder les institutions constitutionnelles.

 

Querelles de juristes

 

Le Professeur Lô Gourmo Abdoul, spécialiste de la question, a écrit dans un article paru le matin même sur les sites internet, que «l’article 53 … réserve cette compétence de communication au seul Président de l’Assemblée Nationale et ne prévoit aucune dérogation ou exception». Il a indiqué que l’alinéa 1 de l’article 9 du règlement intérieur dit que «les attributions du Vice-Président appelé à suppléer le Président sont limitées à la Présidence de la séance et à la représentation de l’Assemblée dans les cérémonies officielles». Pour lui, la démarche «constituerait une preuve supplémentaire de la fébrilité maladroite de la «majorité parlementaire» hétéroclite et frondeuse, si ce n’est de sa volonté de fer de passer outre aux textes fondamentaux qui régissent la vie de la nation, en particulier notre constitution, ainsi que les textes de base de leur propre institution, pour parvenir à leur fin ultime : abattre politiquement le Président de la République et briser toute résistance républicaine démocratique dans le pays au profit d’une tutelle militaire ouverte sur la République». 

La réponse de l’autre camp a été immédiate. Pour eux il ya «confusion entre deux notions, pourtant élémentaires, en Droit parlementaire : les communications de l’Assemblée Nationale et les transmissions administratives des actes parlementaires proprement dits». L’article 53 du règlement de l’Assemblée Nationale dispose : « les communications de l’Assemblée Nationale au Président de la République et au Gouvernement sont faites par le Président de l’Assemblée Nationale ». Ce qui serait visé ici ce sont les «procédures d’informations destinées à permettre aux Parlementaires de mieux exercer leur contrôle sur l’action du Gouvernement. Relèvent directement de cette finalité les déclarations du Gouvernement ainsi que les questions des parlementaires et les commissions d’enquête. Mais l’information peut aussi être associée à l’activité législative, notamment celles des commissions permanentes». Ce seraient donc «ces communications qui engagent toute l’Assemblée Nationale qui doivent être portées à l’attention du Président de la République et du Gouvernement par le biais du Président de l’Assemblée Nationale». La demande de session ne doit pas être considérée comme une communication de l’Assemblée. «Il s’agit plutôt d’un acte parlementaire non législatif qui obéit aux règles générales du droit administratif. La transmission de cette demande au Président de la République peut être faite directement par les services administratifs de l’Assemblée Nationale, par le biais des services administratifs de la Présidence de la République ou ceux du ministère chargé des relations avec le Parlement. Cette transmission n’implique aucune décision administrative faisant appel à des compétences spécifiques».

 

Querelles politiques

 

Dans ses déclarations à la presse, le chef de file de l’opposition et président du RFD, Ahmed Ould Daddah, a appelé à un «sursaut national devenu nécessaire pour empêcher que le pays tombe dans un gouffre profond». A Al Jazeera, il n’a pas réfuté le droit du Président de la République à dissoudre l’Assemblée mais mis en garde contre les conséquences fâcheuses d’un tel acte. Il a lancé «un appel à toutes les bonnes intentions pour l’organisation d’un dialogue national sincère et sérieux entre toutes les forces politiques conscientes de la gravité du maintien des structures actuelles pour gouverner le pays». Il a estimé que «l’apparition spontanée des candidatures indépendantes pendant la période de transition (août 2005 – avril 2007) et les irrégularités ayant entaché les élections avaient conduit à un parlement non homogène et à un président de la république soutenu par une majorité manquant de vision et de ligne politiques communes». Une année après, le résultat est là : «il est désormais impossible de gouverner à travers les structures actuelles des institutions».

Il faut dire que les interventions des uns et des autres avaient été suscitées par les extraits faits par la chaîne qatariote de l’interview accordée par le Président Ould Cheikh Abdallahi pendant son voyage. Il dira notamment : «Je n’hésiterai pas à dissoudre le Parlement si je parviens à la conviction que je ne dispose pas d’une majorité suffisante me permettant de mettre en application le programme sur la base duquel j’ai été élu par le peuple mauritanien». Ce qui a reçu comme un acte d’escalade de la part du Président. Pourtant à entendre toute l’interview – diffusée jeudi soir seulement – on se rend compte que ses propos ont été arrachés de leurs contextes. Concernant le Parlement, le Président justifiait la menace proférée à l’occasion du fameux discours de fin juillet.

Cette sortie du Président de la République a été mal ressentie par le public. Sans s’expliquer sur la crise et sans justifier les attitudes des uns et des autres, il a mis le différent sur la voie publique. Nous savons maintenant que rien ne va plus entre le Président et les députés de la majorité d’une part, entre lui et les Généraux d’autre part. Reconnaissant ‘le soutien’ des membres du CMJD – particulièrement des deux Généraux qu’il a cités nommément -, le Président a déclaré avoir ‘promu’ les intéressés et placé sa confiance en eux. Il s’est longuement expliqué sur le dossier de la Fondation KB, alors que personne ne l’attendait là-dessus. Avouant qu’il donne un quart de son salaire à la Fondation, alors que le rôle de cette ONG n’est pas encore clarifié pour l’opinion. Grosse erreur de communication.

 

Quoi après ?

 

Personne ne semble s’est posé la question de savoir ce qui se passera après chaque niveau de confrontation.

Côté gouvernement, on va enfin à la contre-attaque. Après la réunion samedi de son Bureau Exécutif, le parti Adil a constitué un groupe de contact dirigé par le ministre des affaires islamiques, Yahya Ould Sid’el Moustaph, Sidney Sokhona et Mohamed Mahmoud Ould Dahmane, tous membres de la direction de Adil. Ce groupe est chargé d’expliquer aux vis-à-vis politiques la lecture de Adil des événements. Le président du parti et Premier ministre s’est adressé dimanche à l’opinion à travers une longue interview à la radio nationale. Après un silence inexpliqué, Adil décide de descendre dans l’arène. Cela pourrait servir à clarifier la situation. Au mieux, permettre au parti du Président de reprendre l’initiative. On parle déjà du retournement de quelques députés qui auraient quitté la fronde.

La démarche des députés et sénateurs frondeurs oriente vers une démission collective du Parti Adil. L’objectif étant de ‘descendre’ le Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, président de ce parti. Principal objet de la controverse, Ould Ahmed Waghf a été reconduit par le Président qui lui a renouvelé sa confiance. Quand les députés auront démissionné, ils créeront un parti qui sera donc le premier parti de la Majorité en termes de présence au Parlement – les deux Chambres. «Si le Président accepte, il démettra alors son Yahya Ould Ahmed Waghf et le remplacera par quelqu’un de notre choix. Dans le cas contraire, on pourra nous allier avec un parti comme le RFD et l’obliger à accepter une cohabitation avec cette formation». Est-ce là le pire des cas pour le Président Ould Cheikh Abdallahi ? Très probable quand on sait qu’à ses yeux, l’ennemi principal c’est Ould Daddah. Est-ce à ce moment qu’il se sentira dans l’obligation de dissoudre ? Très sûrement quand on sait que c’est à ce moment seulement que le Président Ould Cheikh Abdallahi verra qu’il a tout perdu. sa première réaction sera de faire payer aux parlementaires, au moins les députés, le prix de leur «forfaiture».

Mais la dissolution est-elle jouable ? Au-delà des ressources insuffisantes pour un pays qui ne peut se payer le luxe de dilapider ses biens à un moment aussi pesant que celui-là, il y a la question de savoir qui va participer à des élections organisées par un appareil totalement acquis à un parti donné. Sans une CENI en plus ! Aussi faudra-t-il se poser la question de savoir si le Président Ould Cheikh Abdallahi peut s’assurer une majorité au cas où il décide de renvoyer tout le monde devant le peuple. Trop de risques finalement pour peu de gains.

Il restera devant le Président Ould Cheikh Abdallahi la possibilité de laisser la contestation s’exprimer contre son gouvernement, de tenter avant l’issue de cette confrontation, de recoller les morceaux du puzzle qui s’est constitué pour l’amener au pouvoir et dont il a laissé les pièces se perdre en cours de route. Aura-t-il la ressource pour se faire et, surtout, le fera-t-il à temps ?

 

MFO

 

 

 

 

DEMANDE DE SESSION EXTRAORDINAIRE DU PARLEMENT

L’absence inhabituelle des textes à examiner et discuter à l’Assemblée Nationale, lors de la dernière session ordinaire pose avec acuité le problème de la nécessité d’une session extraordinaire du parlement.
 
- conformément à la mission générale dévolue, dans le cadre des dispositions constitutionnelles, aux parlementaires, mission corollaire à un large pouvoir d’investigation relative aux actes et à la gestion des fonds publics,
 
- conscients de l’importance des enjeux que revêt pour les populations, la bonne gestion des services et établissements publics visés par la présente requête,
 
- afin d’achever l’examen et la discussion de certains textes et projets de proposition de résolution pendant devant le parlement,
 
- conscients de la double exigence du respect, d’une part de la nécessité du contrôle plus effectif du parlement sur les comptes sociaux de la nation et d’autre part du respect d’un ordre du jour déterminé dans l’intérêt d’une bonne programmation des travaux parlementaire,
 
Les Députés, ci-dessous signataires de la présente requête conformément à l’article 53 de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie, demandent la réunion en session extraordinaire du parlement mauritanien le 10 Août 2008 sur l’ordre du jour suivant :
 
1 – Examen et discussion des règlements de l’Assemblée Nationale
2 – Election des membres de la Haute Cour de Justice
3 – Examen de la proposition de loi relative à la protection des consommateurs 
4 – Création d’une commission de contrôle parlementaire (par l’Assemblée Nationale) sur le PSI
5 – Création d’une commission d’enquête parlementaire (par le Sénat) tendant à faire la lumière sur la gestion et les modes de financement de la fondation KB 
6 – Création d’une commission de contrôle parlementaire (par le Sénat) de la gestion financière et administrative du Sénat
 
La présente demande a été signée par les Députés suivants, représentants la majorité des membres de l’Assemblée Nationale, condition requise par l’article 53 de la Constitution de la République Islamique de Mauritanie.

Les députés requérants :

-          Mohamed yahya Ould Elkharchi
- Bâ Houdou
- Naha Mint Moknass (par procuration)
- Lehbib Ould Djah
- El Ghaceme Ould Bellali
- El Arbi Ould Sidi Ali (par procuration)
- Moulay Ould Brahim
- Saleh Ould Hanenna
- El Houcein Ould Ahmed Elhadi
- Louleid Ould Weddad
- Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall
- Sid Mohamed Ould Maham
- Moustapha Ould Abeid Rahmane
- Sid’Ahmed Ould Ahmed
- Mohamed Ali Chérif
- Kamara Ali Galadio
- Kaba Ould Alewa
- Abderrahmane Ould Mini
- Ahmedou Ould Abdelkader
- Kane Hamidou Baba
- Mariem Mint Bilal
- Mohamed Ould Babana
- Mohamed Ould Beilil
- Mohamed Mahmoud Ould Lematt
- Nana Mint Cheikhna
- Yâghoub Ould Mein
- Abderrahamane Ould Tolba
- Abderrahmane Ould Cheine
- Mohamed Abdellahi Ould Guelay
- Vih Liman Ould Ghacha
- Ghlewa Mint Lehdhana
- Jemal Ould El Yedali
- Lalla Mint Hasni
- Alioune Ould Teyeb Oulmd Hbibi
- Mohamed Salem Ould Ben Hmeida
- Mohamed Abdellahi Ould Mohamed Lemine
- Brahim Camara
- Mohamed Lemine Ould Sidi Mohamed
- Taleb Ould Khlifa
- Aicha Mint Amar
- Mariem Mint Meimoune
- Mah Mint Semett
- Elbou Ould Khattouri
- Baba Ould Ahmed Babou
- Moctar Ould Teyeb Ould Elemine
- Bouya Ahmed Ould Cherif
- Ahmed Ould Hevedh Allah
- Cheikh Ould Hamdi
- Mohamed Lemine Ould Cheikh
- Mohamed Vall Ould Mohamed El Alem
- Cheikh Ahmed Ould Eleya 

 

Source : La Tribune n°411




Commémoration :

4082008

Commémoration :
Les vacances d’août sont-elles toujours risquées ?

«Pistes de réflexion pour des vacances peu méritées», tel est le titre d’un dossier politique réalisé par La Tribune, en août 2005 (N°266 du 1er août 2005). Nous proposions alors «quelques pistes», innocentes parce que «ne prêtant pas à conséquence» tout «comme les directives prodiguées par le Président de la République devant chaque conseil des ministres». Il fallait y penser…

D’abord l’exergue : «mashakilna min dûn had/mashakil willi shakil/mashakilna marâw had/ya’raf hall il mashakil» (nos problèmes infiniment/sont des problèmes mais le plus dur/ nos problèmes n’ont trouvé personne/qui sait résoudre les problèmes). Ce ‘gaav’ d’un poète anonyme de la région de M’Bout, résumait à lui seul la situation d’alors. Ce qui, comme aujourd’hui, n’empêchait pas la République d’aller en vacances. La Tribune entendait fixer le moment. Comme aujourd’hui.
«Dans la vie d’une Nation, il est des moments graves. Pour ce qu’ils comportent d’incertitudes, de risques et de dangers. Trois mots (maux) qui n’induisent pas forcément les mêmes conséquences, et qui, conjugués avec la fragilité, entraînent nécessairement la chute finale». C’était le constat général.
La guerre comme premier facteur d’instabilité. Après Lemghayti (juin 2005), le système est sérieusement secoué. Une unité est envoyée à l’aventure aux confins de la frontière nigéro-malienne. Poursuivre un ennemi insaisissable et hors normes. Les officiers de l’Etat Major sont humiliés, grondés, insultés par le chef suprême des forces armées. Et comme pour aggraver la situation, le pays donnait l’impression de tourner à vide.
A part les marchés de gré à gré, les seules activités qui faisaient vivre la société sont la gazra et le thieb-thib. «Les ministres qui n’ont rien fait toute l’année, ou qui ont juste fait le boulot qui rapporte en termes de commissions versées ici en ouguiyas ou à l’étranger en devises, sont en vacances». Exactement comme aujourd’hui.
«Le pays connaît de sérieuses difficultés financières». Pas de sous ou trop de sous ? c’est la question qu’on se posait le 1er août 2005. C’est la question qu’on se pose aujourd’hui. «L’actuelle équipe des finances a certes hérité d’une situation catastrophique, mais elle a été incapable d’opérer le redressement tout en suscitant la confiance. Alors que la Mauritanie est un pays dont l’économie fonctionne sur la base de la confiance : ‘itayarhum maa ‘and’hum shi’ (maudits soient-ils, ils n’ont rien). Cela suffit pour créer la pénurie, provoquer la hausse des prix et compromettre toutes les donnes économiques». Et ce n’est pas le «mirage du pétrole» qui tempérera la faim de tout et de tous. Pour les inconvénients, nous les avions déjà : «hausse des loyers, des prix en général sous prétexte que les revenus vont augmenter, immigration non contrôlée, guerres des tranchées entre groupes d’affaires, risques d’instabilité, appétits extérieurs, constitution de milices privées autour des sociétés de gardiennage…» Pour finir en disant que l’argent du pétrole a été «bouffé à l’avance».
Sur le plan politique, le pays semble faire du sur-place. Incapable d’avancer, il vit un blocage sans précédent. Comme aujourd’hui. Le Parti au pouvoir – à l’époque le PRDS – est la première source de dévalorisation des institutions publiques. «Pris en otage par une administration qui lui dispute le champ politique par ses engagements zélés, le PRDS a été incapable de donner un contenu politique à l’action du gouvernement qui est sensé être son émanation». Le PRDS a été incapable d’être un parti au pouvoir. Que dire de Adil dont la nomination du président comme Premier ministre a entraîné la déroute totale du parti ?
«Alors que la société est en profonde déstructuration, que les normes culturelles traditionnelles volent en éclat, que l’urgence et les aléas nous agressent, nous sommes incapables de nous repenser, de nous comprendre et de prendre en charge notre mutation». Et comble de malheur, il n’y a d’alternance que celle que les linguistes appellent «l’alternance consonantique» : un ‘S’ qui devient un ‘R’ par exemple. «L’alternance est un tabou ici. Chefs de tribus, de partis, ministres, directeurs, n’entendent pas céder leurs places. Ils n’ont pas la notion de générations successives». Le plus dangereux, c’est l’absence d’un dauphin pour le Président de l’époque : «ni dauphin, ni même système capable d’assumer la transition sereine. Ses soutiens ne pensent nullement aux lendemains, à l’après-Ould Taya».
Absence de la jeunesse des préoccupations publiques dans un pays où plus de 70% de la population ont moins de 30 ans. «Ces jeunes sont formés à l’école d’aujourd’hui. Celle qui n’offre ni savoir, ni morale, ni technicité. Celle qui forme les monstres du futur. C’est après tout au sein de cette jeunesse ignorante, désœuvrée et sans idéal que se recrute la plupart des candidats au suicide collectif». A situation a-t-elle changé depuis 2005 ?
Pour nous à l’époque, «le changement espéré» résidait dans la capacité du système à vaincre ses peurs et à innover. «Le changement espéré actuellement est celui que Ould Taya peut lui-même entreprendre en remettant en cause son système de gouvernement, sa méthodologie et surtout en vainquant ses peurs. Peurs des compétences politiques et techniques, de son appareil sécuritaire, de son entourage affairiste. Il a créé la plupart de ces hommes. Ils lui doivent tout et ne peuvent exister sans lui. Il est le seul à pouvoir en faire ce qu’il veut. Ce qui, soit dit en passant, ne veut pas dire qu’il ne peut compter que sur eux : ils sont les premiers à le lâcher le moment venu. Ils ont réussi à en faire un fusible. En nous libérant d’eux, il se libère d’eux lui-même».
Ce qui était craint. «Il y a 27 ans – on était le 1er août 2005, NDLR – l’Armée prenait le pouvoir pour ‘mettre fin au régime de la corruption’, nous sortir d’une guerre coûteuse, redresser l’économie et engager un processus démocratique réel. 27 ans après, la corruption est devenue la valeur première, nous entrons dans une guerre qui n’est pas forcément la nôtre, l’économie ‘nationale’ n’existe plus pour être redressée et la démocratie reste une utopie pour nous. C’est essentiellement pour cela que nous craignons un autre coup d’Etat, un autre retour de l’Armée aux devants, d’autres promesses de lendemains meilleurs». On était le 1er août 2005…
Le 3 août 2005, les officiers les plus proches du Président Ould Taya prennent le pouvoir. Ils promettent d’organiser des élections libres et transparentes. De doter le pays d’institutions démocratiques bénies par tous, de remettre l’économie sur les rails. Malgré les récentes déclarations du Président qui reconnaît avoir été boosté par des membres du CMJD, on peut considérer positifs les travaux accomplis par la transition. Si bien que la bataille aujourd’hui est une bataille entre les différentes institutions, les protagonistes se sentant obligés de respecter les textes et les formes. La Mauritanie a gagné quelque chose d’irréversible. Du moins, nous l’espérons.

Ould Oumeïr
Source : La Tribune n° 411




4082008

NOUADHIBOU
CULTURE TOUS AZIMUTS
Le mois de Juillet a été riche en événements culturels et sportifs.
Plusieurs associations ont rondement exécuté leurs activités culturelles : Anniversaires, semaines culturelles .Ces journées et soirées ont permis au public de Nouadhibou de découvrir ou de redécouvrir tout un pan de la culture mauritanienne que les jeunes citadins n’ont pas eu à vivre. Changement d’époques et mutations obligent.
Les associations villageoises ont été à l’origine de ces festivités.
C’est ainsi que l’association de la jeunesse de Mbagne a tenu en haleine le public ce jeudi 17 juillet au cinéma ZEM ZEM. Pendant plusieurs heures le public a savouré des sketches, théâtres, ballet, chants de tous les registres.
L’unité nationale était le thème le plus récurrent lors de cette soirée. Dans leur chorégraphie, les acteurs étaient habillés aux couleurs nationales, chantaient dans toutes les langues du pays. Au niveau du théâtre, une large place était faite à la bonne cohabitation entre les différentes composantes nationales.
D’autres associations ont abondé dans le même sens telles que la jeunesse de Djowol , Maghama et Kawtal pelle.
Il est à déplorer l’absence des autorités à ces activités, leur présence pourrait faire mieux passer le message. L’actuel wali du Brakna Mohamdi Ould Sabbary était de toutes les activités des associations du temps où il était wali mouçaid de Nouadhibou. Sa présence et son soutien n’avaient jamais fait défaut.
Les organisateurs sont également confrontés à la carence en lieu vraiment adapté. Ils sont obligés de se rabattre sur le cinéma vétuste de Zem zem qui n’offre aucune garantie de sécurité et qui n’est pas adapté à ce genre d’événements.
Autre événement qui suscite la passion des jeunes, les oscars des vacances. Les organisateurs ont cette année innovée. En plus des défilés de mode traditionnelle et moderne ils ont introduit des concours de danse au grand plaisir des jeunes. Ces défilés permettent, selon les organisateurs, d’encourager jeunes filles et jeunes garçons à’ s’habiller complet .’ La mode africaine a été déclinée sous toutes les couleurs et …coutures. La finale des oscars 2008 est prévue fin Août.
Athié Youssouf
CP.NOUADHIBOU

A PROPOS DES CRISES ACTUELLES…
La Mauritanie ne traverse pas une crise mais plusieurs. Il ne faut pas oublier qu’elles datent de longtemps. Mais avec l’installation des institutions démocratiques, tout le monde a fini par oublier qu’on revient de loin.
Laissons le passé. Commençons donc par le 19 avril et l’élection transparente d’un président de la république qui ‘rassure’.
Très vite le président cherche à imprimer sa marque : rupture avec les méthodes du passé, éloignement des ‘prédateurs ‘ou ‘roumouz el fassad’, concertation, dialogue, décontraction dans le style, ouverture du palais présidentiel au peuple, liberté des médias –même si les journalistes n’en font pas bon usage- rôle d’une première dame …
Mais le moment fondateur est le discours du 20 juin oû le président, dans un élan de courage inédit, parle sans tabou des réfugiés, du passif humanitaire, de l’esclavage.
Et aussitôt il joint le geste à la parole. Les premiers contingents de réfugiés foulent le sol national après prés d’une décennie d’exil. La loi de criminalisation de l’esclavage est voté.
Malheureusement pour le ‘vieux ‘ une série de crises ternit son début de mandat : crise humanitaire, manifestations avec mort d’homme, inondations…
Le président réagit comme il peut .Il crée le PSI. La première dame monte au front et apporte son soutien aux sinistrés de Tintane, du Gorgol, compatit à leur malheur, une première dans un pays où les premières dames sont plus promptes à faire leur shopping dans les capitales occidentales ou du golf).
Le chef de l’état tente d’associer tous les mauritaniens à la gestion de l’état. C’est l’ouverture politique. Fait rarissime, mais que beaucoup ont passé sous silence, il redonne leur ‘mauritanité’ à une frange importante de la population qui état marginalisée, en augmentant leur ‘quota’ au gouvernement. Il nomme un négro-africain ministre de l’intérieur (qui l’eut imaginé il y a trois ans, n’ayons pas peur des mots).
Les walis et hakems ont toutes les latitudes de mener leur mission. Et les moyens.
La réconciliation nationale est en marche, ‘ victimes’ et’ bourreaux ‘ sont prêts à se parler, à se pardonner. De grands chantiers sont ébauchés.
Et survint LA CRISE …
Les accusations les plus tendancieuses sont portées contre le président de la république, à tort ou à raison quelques fois : faiblesse, mollesse, sous influence de son épouse, marionnette des généraux, vieux, incapable, mal préparé à la fonction, indécis…
Mais le président laisse faire et venir. Dans sa ‘causerie ‘ du 06 Novembre 2007 à Nouadhibou, il répond aux questions du public. Il dit même être conscient de ces accusations mais qu’il préfère laisser les gens s’exprimer plutôt que de faire comme ses prédecesseurs. Tout est là. Dans le style. Mais à trop être dans les ténèbres on finit par craindre la lumière du jour.
Et les loups sortirent du bois. Ceux qui avaient mis le pays sous coupe réglée pendant des décennies, refusèrent leur mise à l’écart .C’est nous ou le chaos.
On chercha des poux sur le crâne du chauve et on en trouva plein.
La fondation KB de la première dame. Elle utiliserait des fond s publics, profiterait de sa position de première dame pour s’enrichir. Soit. Mais on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides. Si l’origine des fonds est ‘douteuse’, elle prend le soin de partager. C’est important.
Quelques uns – la majorité ?- de nos honorables députés et sénateurs de mandent une enquête pour déterminer l’origine des fons de la fondation. C’est légitime mais la manière n’y est pas. Manque de galanterie. Ils demandent par la même occasion une enquête sur le PSI – chapeauté par l’actuel premier ministre à l’époque. Une véritable arnaque. Un sabotage – , sur les revenus des hydrocarbures, l’ANAIR . Pourquoi pas une enquête sur la SNIM , la douane , les ports de Nouakchott et Nouadhibou , la SONIMEX … ?
Il faut à toute chose un commencement. D’accord. Le président défend maladroitement son épouse .Celle-ci se défoule sur les élus du peuple. Indécent. Mais c’est de bonne guerre.
L’armée, au lieu de se cantonner à sa position, entre dans l’arène – l’a-t-elle jamais quitté- et serait derrière les ‘frondeurs’. L’armée peut arbitrer, quand on le lui demande, le peuple, lui, doit le faire à tout temps. Et il l’a bien fait en se retrouvant majoritairement dans le programme de Sidi. L’unité nationale, la réconciliation, quoi de plus prioritaire. Tout le reste c’est du vent .De la digression.
A y regarder de plus prés, les intérêts individuels égoïstes sont le tenant et aboutissant de tout ce vacarme. L’ESSENTIEL est ailleurs. L’administration est la colonne vertébrale du pays. Si elle est pourrie et que chacun cherche à s’enrichir, elle disparaîtra, et l’état avec.
Quand incurie et incompétence se conjuguent au parlement, régionalisme, intégrisme et tribalisme sont enseignés à nos enfants, l’avenir de la Mauritanie est mis sous hypothèque. A
Moins que l’on se ressaisisse. L’opposition en premier. Elle devrait jouer son rôle de contre pouvoir. De contrepoids. Pourtant on lui laisse toute la latitude. Elle devrait d’abord faire le ménage. Quelle est la différence entre un chef de parti inamovible depuis des années et un dictateur qui a régné vingt ans ? Aucune, sauf que ce dernier n’est plus là pour se défendre.
Athié Youssouf
CP.Nouadhibou

Source : La Tribune n° 411







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