Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

26082008

Et l’économique dans tout ça ! 

L’actuel  ministre des finances aurait demandé une audience avec le représentant de la Banque mondiale en Mauritanie. La réponse était  frappante : La World Bank   a suspendu toutes ses activités en  Mauritanie tout comme l’Union Européenne. Parmi ces activités  des financements touchant entre autre le système éducatif, notamment le système LMD qui devrait être appliqué à l’universitaire de Nouakchott  l’année prochaine.  On  l’a déjà dit,  la donne extérieure par le biais de l’image du pays sera tranchante. Car le pays traverse en plus de la crise politique, une crise sociale. Ce qui sous-entend, la nécessité de mettre en place un système politique fort afin de relancer l’économie. Bien que nous fussions  en situation économique chaotique, le  coup du  6 août 08 peut nous coûter cher. Le risque économique pour pays est élevé. D’autant que les putschs entraînent souvent des récessions économiques.  Des spéculations montrent  que le changement d’un régime par la force entraîne une récession économique durant les 10 ans qui suivent le renversement du même régime. 

Par ailleurs, la Mauritanie reçoit de la part des institutions de Bretton Woods des décaissements en devise étrangère.  Ces décaissements  sont mensuellement accordés  dans le cadre des projets financés par ces dernières.  Ces sommes permettent de renforcer  la position de change du pays. Cela stimule la balance commerciale à travers le maintient d’un taux d’échange  acceptable favorisant  l’achat des produits  alimentaires  en provenant de l’extérieur.  Toutefois, sur un portefeuille de  380 millions d’Euros,   la Banque mondiale devrait verser au pays une somme   ne dépassant pas les 150 millions d’Euros. Pourtant, la Mauritanie a déjà  absorbé plus de 200 millions de dollars de l’ensemble du portefeuille.   En outre, les sommes promises à la Mauritanie  au cours de la réunion de Paris de 2007 avoisine 2 milliards  et 600 millions de dollars. Ces montants n’ont pas encore  été injectés dans le circuit financier mauritanien.  Le ministre des finances Ould Taha a confirmé tout récemment que  60 % de  ces fonds sont sous forme des contrats tissés avec  des partenaires  économiques en dehors des accords de Cotonou.  Ce qui sous-entend que le prochain gouvernement pourrait penser  qu’une partie de ces sommes sera accordée au pays indépendamment des sanctions de l’Union européenne.      Ainsi, en suivant l’évolution des contrats en termes d’achat des produits alimentaires, nous pouvons dire que les prix de denrées de premières nécessités  seront revus à la  baisse. Cela peut être  une faveur pour le pays.  Mais ces contrats sont toujours payables en dollar.  Cette monnaie peut  subir une tendance à la hausse. Ce qui provoquerait à long terme une augmentation de ces produits alimentaires. 

 En tout état de cause, le pays doit faire face aux aléas externes. Les  investisseurs fuient le pays de par l’instabilité politique chronique.   Il est clair que  les dirigeants actuels  mettent l’accent sur une panoplie de mesures allant dans le sens de la lutte contre la gabegie et le rétablissement de l’Etat de droit. Mais le retour au mécanisme  démocratique demeure une  issue exigée par  les superpuissances occidentales.          

m_barrada@yahoo.fr  Source : La Tribune 414 




Politiquement chaud

26082008

Politiquement chaud  La mobilisation continue !   Le coup d’Etat du  6 août 2008 n’a pas encore pu avoir la bénédiction des pays étrangers.   Par contre  les partenaires de
la Mauritanie ont rejeté le coup à l’exception de
la Guinée et  la Gambie.  Les financements de la banque mondiale sont gelés. La coopération avec l’Union Européenne est suspendue.    Les généraux  et leurs alliés politiques multiplient  les interventions  afin que la communauté internationale reconnaisse   le nouvel ordre   tout en estimant que   la rectification démocratique par le coup du  6 août était  une nécessité.  De l’autre côté,  ceux qui prônent le retour  à l’ordre constitutionnel d’avant 6  août s’activent. 

La scène politique est caractérisée par une situation qui risque de dégénérer.   Deux courants ne partagent pas les mêmes convictions. Le courant des pros putsch  du 6 août  considère  que l’intervention des militaires  demeure incontestablement une rectification nécessaire. Leurs adversaires voient que sans le  retour à la légitimité rien ne marchera  en Mauritanie. Parmi ces derniers, des individus qui soulèvent  la question de la légitimité populaire. Pour eux n’importe quel dirigeant peut t être remplacé par un notre si la population  rejette ses actions. La base populaire reste en ce sens la seule référence  constitutionnelle. Un des hommes politiques annonce  que la mobilisation populaire du  Front Nationale pour la Défense de la  Démocratie (FNDD) est   une mobilisation sincère alors que  ses protagonistes de l’autre camp utilisent des moyens de mobilisation illégaux  à travers leur position de force au sein de l’appareil étatique (médias publics et administration).   Le pouvoir financier reste déterminant pour gagner toute bataille  politique. Les bases populaires n’ont pas les  moyens  pour subvenir aux besoins de leurs partis.   Des partis politiques  ont pu bénéficier de la période post  exception  du  trois août 2003, notamment l’APP.  Ce parti  a   pu avoir des  députés     tout en plaçant des cadres dans les administrations d’Etat (5 ministres et certainement d’autres fonctionnaires). Cela a permis l’alimentation des caisses de l’APP[1]. D’autres partis ont  leurs  propres ressources par le biais  de leurs députés,  cadres et  hommes d’affaires qui croient à certaines idéologies ou tendances tribales.   Dans le rouage du pouvoir en place, les  lobbies financiers   ont été déjà forts. Ils  peuvent mobiliser de gros moyens pour financer les campagnes politiques et électorales.   

Sur le terrain, les observateurs  et les opposants politiques  ne sont pas unanimes sur les récentes marches et meeting    qui se sont déroulés en Mauritanie   suite aux récents rebondissements politiques.    Dans les jours à venir la bataille  portera  sur la mobilisation des partis. Les militaires ont  déjà engagé de moyens pour  avoir l’appui populaire. Le FNDD  déclenche aussi des procédures  mobilisatrices afin de  contre-attaquer  leurs ennemis.   Notons que   l’ex première ministre qui reste toujours selon des hommes politiques du FNDD, le seul premier ministre légitime a été arrêté le 21 juin 2008 par des unités de la  police. Il est actuellement assigné à  résidence surveillée dans sa ville natale. Le   FNDD a déclaré au cours d’une conférence de presse tenue  le jour même de la deuxième détention  de  Yahya Ould El Waqf que «  cette démarche dénote  de l’incapacité  des putschistes à comprendre  les aspirations   du peuple mauritanien qui ont été exprimées de façon éclatante par la marche de défi à laquelle  ont participé le 20 août 08  des dizaines  de milliers  de personnes  en refus  au coup d’état et en attachant  à la  légalité  représentée par le Président  de la République élu Monsieur Sidi Mohamed  Ould  Cheikh Abdellahi. Cette marche  a montré  la véritable impasse  dans laquelle se trouve les putschistes au développement du refus  populaire catégorique sur le plan national et leur isolement au niveau régional et internationale ».   Les membres du FNDD dénoncent aussi  la  confiscation par la police politique   des photos  du président renversé Sidi Ould  Cheikh Abdellahi .  Ces photos ont été envoyées par un jeune militant à Nouadhibou  pour être utilisées dans le meeting organisé par  le  FNDD. « Le jeune en question et le chauffeur du véhicule qui  amenait  les photos     sont  en détention », soulignent des leaders des partis opposés au coup de force du  6 août 08.  Ainsi,   les membres du front n’excluent pas  le fait qu’ils peuvent  eux aussi  être  arrêtés dans les jours à venir.   

Toutefois, les indifférents  semblent être  nombreux.  Sur une population  nouakchottoise de 1 millions  de  personnes,  les  belligérants ont pu mobiliser un nombre qui ne dépasse même pas le dixième d’habitant de la capitale.    Certains politiques confirment, en ce sens, qu’il suffit  d’avoir mobilisé un nombre envoisinant les 20 000 personnes  pour disposer  d’un vrai appui  populaire.    De son côté, le chef de file de l’opposition s’est disposé à travailler avec le Haut Conseil d’Etat. Dans une conférence de presse tenue la semaine dernière, Ahmed Ould Daddah, n’a tout de même pas précisé la nature des propositions que son parti et ses partenaires de l’opposition ont faite aux militaires. Ont-ils donné l’engagement de ne pas se présenter à une future élection ? « A ce stade, je ne voudrais pas vous les révéler. Mais je peux vous dire que nous sommes attachés à la démocratie se traduisant par le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». A répondu Ould Daddah. Implicitement cela signifie que  « la place des militaires doit être dans les caserne.» comme il le dit non sans préciser que cette place est très honorable. Visiblement le chef de file de l’opposition ne tient pas à participer à un gouvernement où ne seraient pas impliqués ses partenaires. « Si nous devons entrer ou non dans le gouvernement, c’est avec nos partenaires de l’opposition », c’est-à-dire le Hatem, l’AJD/MR, etc. Cependant, le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) a décidé le  25 août 2008  de  renoncer à toute participation au gouvernement de Ould Mohamed Lagdhaf.  

 Le parti de Ibrahima Sarr a profité de son anniversaire vendredi 22 août 2008 pour rappeler que les militaires qui ont déposé Sidi Ould Cheikh Abdellahi, c’est eux qui l’avaient installé au pouvoir. Ils l’ont renversé parce qu’il ne jouait plus le rôle qu’ils attendaient de lui. Ils ont fait une très mauvaise transition. Pour nous, c’est toujours deux éléments d’un même système qui étaient en compétition pour le contrôle du pouvoir ». Toutefois derrière cette fustigation se cache une prédisposition à travailler en étroite collaboration avec un régime militaire dont l’AJD/MR dit avoir pris acte de l’opération.  Même si Ibrahima Sarr soutient qu’il s’agit toujours de deux éléments d’un même système qui étaient en compétition pour le contrôle du pouvoir. On retiendra que le souci principal de l’homme qui a eu 7% des voix à la présidentielle de 2007 se résume en trois points : identité de
la Mauritanie, problèmes culturels et partage du pouvoir politique…Reste à savoir si les prétextes d’ordre économiques avancés par les nouveaux dirigeants laisseront la place aux préoccupations on ne plus secondaires à côté des questions de survie : les prix, la santé, l’éducation, salaires, emploi, etc. 
Mohamed Fouad  Barrada Source : La Tribune N°414  



[1]  L’APP reçoit 37 millions d’ ouguiyas  accordés  annuellement par l’Etat dans le cadre de subventions attribuées aux partis politiques.  Plusieurs partis bénéficient également  de ces subventions, notamment RFD, UFP etc. Le montant de ces dernières  dépend du poids électoral.   




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

26082008

 

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

Des amis m’ont reproché d’avoir écrit la semaine dernière que certains «font semblant» de vouloir faire revenir Ould Cheikh Abdallahi. Ils voudraient bien que je croie à la sincérité de leur action. J’y crois. L’essentiel de la troupe étant composé de personnels ayant sacrifié quelque chose pour ce pays. Et même si les plus en vue de la troupe sont ceux-là mêmes que l’opinion prenait pour «les méchants», ceux qui ont sacrifié le pays. Aussi mon optimisme ‘naturel’ et inaltérable me dicte-t-il de considérer l’existence d’un front de refus comme un acquis de la démocratisation, une confirmation de ce qu’on disait à propos du changement en Mauritanie.

Le pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi est sans aucun doute le moins populaire de tous ceux qui ont fini par ‘tomber’ à la suite d’un coup d’Etat. A part quelques gesticulations au lendemain du 3 août 2005, on a eu l’impression que tout le monde disait «bon débarras» au lendemain de la chute de ces pouvoirs. Heureusement que nous sommes dans une situation différente. Légèrement différente. Jusqu’à présent différente. Des hommes et des femmes manifestent leur désapprobation, expriment leur opposition.

Parce que je crois à la sincérité du combat de gens comme ceux-là, je ne peux pas croire que le retour au pouvoir pur et simple de Ould Cheikh Abdallahi peut leur servir de cause. Il a certes été élu en 2007, il a certes été investi pour un mandat de cinq ans, mais ce n’est pas une raison pour ne pas réévaluer une crise qu’on a vu naître, se développer et aboutir à une issue – prévisible du reste.

Les Généraux étaient visiblement les seuls à ne pas avoir prévu un coup d’Etat. Le Président Ould Cheikh Abdallahi était le seul à ne pas avoir envisagé la démission des chefs militaires. Aucun d’eux n’a prévu l’après de son acte qui a fini par prendre l’allure d’un acte désespéré, suicidaire à la limite. Les problèmes étaient pourtant là, leur issue était fatale. Pourquoi personne n’a fait ce qui était nécessaire ? Faut-il croire que tout le personnel politique voulait en arriver là ? Peut-être…

Mais on ne peut pas continuer à différer le débat sur les vraies questions qui interpellent les Mauritaniens, particulièrement le personnel politique. On ne peut pas non plus attendre que les étrangers – UE ou UA, France ou Etats-Unis – trouvent pour nous les solutions à nos problèmes. On ne peut pas non plus nous perdre en conjectures pour savoir ce qui serait arrivé si… On ne peut pas continuer à perdre le temps.

Le personnel politique doit au pays d’imaginer une sortie de crise rapide, définitive et juste pour la Mauritanie.

Le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi au pouvoir ? Pour revivre les mêmes atermoiements, les mêmes insuffisances, les mêmes incertitudes, la même gestion, les mêmes hommes et femmes, les mêmes incompréhensions…? Il n’y a pas de quoi pleurer quinze mois qui ont avorté toutes les perspectives ouvertes au pays en dilapidant l’image ressource d’un pays qui renaissait.

Le maintien des militaires au pouvoir ? Pour revivre les mêmes incuries, les mêmes arbitraires, et remettre continuellement à plus tard la remise à niveau du pays…? Il n’y a pas non plus matière à tenir à cela.

Le seul combat qui mérite d’être mené et qui doit être mené, c’est celui du raffermissement de la démocratie, du sauvetage des acquis. L’exercice de la liberté d’expression, l’exigence d’implication de tous les acteurs, la culture du pluralisme au quotidien, le renforcement des outils de la transparence, l’affinement des institutions républicaines…

Ni l’un ni l’autre des protagonistes n’incarne véritablement ce combat.

Que la cacophonie s’arrête. Que ceux qui soutiennent et ceux qui dénoncent envisagent une Mauritanie apaisée et retrouvée. Je crois que l’une des grandes injustices commises par tous les maîtres du pays, nourrie aussi par sa classe politique, est l’exercice de la culture de l’exclusion.

Les gens du sud veulent le pouvoir à eux seuls, comme ceux de l’Est ou du Nord. Chaque communauté entend garder pour elle l’usufruit de l’effort national. On peut descendre au niveau des tribus et des clans. Mais là où cela devient grave, c’est que le même relent on le retrouve chez les groupuscules politiques. Et comme ils sont à la base de la création des partis, chacun imagine une Mauritanie sans l’autre. Jamais une Mauritanie pour tous, riche de toute cette diversité. Et c’est parce qu’aux yeux de la plupart des acteurs, l’exclusion équivaut à la notion de «tzangui» (mettre sous statut de tributaire), la réaction à cela est toujours violente. On comprend aisément que chacun réclame une place. Par contre, personne ne peut comprendre que chacun, se refusant d’être exclu, se bat pour exclure les autres. Le personnel politique manque d’équité. Et de tolérance.

 

 

Source :
La Tribune n°414




Post-Scriptum

26082008

Post-Scriptum 

A vos devoirs messieurs les généraux ! 

A quelle nouvelle consécration Ould Abdel Aziz et ses amis auront-ils droit une fois terminée sans accrocs, ni infarctus, la nouvelle transition dans laquelle ils ont plongé
la Mauritanie ? Après avoir été présentés comme les principaux artisans du putsch de 2005 que beaucoup se sont résolus à appeler ‘changement’, les colonels Ould Abdel Aziz, Ould Ghazwani et Négri on eu droit au grade de général. De la part de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. SVP ! 

Seront-ils tout simplement élevés au grade de Maréchal ? Au quel cas il va falloir inventer cette supériorité ‘Mobututienne’ dans une Mauritanie truffée de colonels tous ‘généralisables’ et peut-être même tous putschistes en puissance… 

Ou bien seront-ils érigés en monuments nationaux constitutionnellement dignes d’égards ? Le cas échéant leurs portraits garniront les bureaux de tous les établissements publics et puis on inscrira leur parcours dans les livres d’histoires… 

Devenus des héros pour une bonne partie de mauritaniens nos vaillant généraux ou futurs maréchaux seront comme les Bakkar Ould Soueid Ahmed, Sid Ould Moulaye Zeine, Mamadou Lamine, etc. les illustres personnages qui auront ‘fait’ l’histoire pour
la Mauritanie…Et malheur au mauvais élève qui n’aura pas retenu leurs noms aux côtés de ceux des résistants aux colons et aux impérialistes…. 

A propos d’établissements publics, à quoi peuvent bien rimer les limogeages et récompenses auxquels on assiste depuis l’avènement du HCE aux commandes du pays ? Entre le 06 août et le 23 août au moins cinq responsables ont perdu leurs places au profit d’autres  qui sont passés à la télévision pour parler dans le sens de ce que les généraux voulaient entendre… Et personne ne semble s’offusquer de ce monnayage des ‘fonctions publiques’. Pas même du gaspillage et de la perte de temps qu’occasionnent les marches et meetings de soutien organisés ça et là. Non seulement la période de la fronde qui a précédé le putsch a plongé le pays dans une paralysie complète, mais la phase d’hésitation qui suit et que nous vivons du fait du retard d’une ‘équipe transitoire’ nous plonge dans une paresse qui risque d’être fatale. D’abord, les sanctions économiques et l’isolement sont là. Ensuite, l’excessive présence des hommes en tenues aux côtés des manifestants pro ou anti- putschistes risque d’être distrayante au point que quelque chose d’inattendu peut se produire à l’improviste : attentat terroriste ou n’importe quoi. Il faut donc que nos généraux renvoient tout le monde au travail. Car l’autre jour, en préparant le meeting du stade olympique les responsables administratifs ont laissé plus d’un citoyen poireauter devant leurs bureaux alors qu’ils y étaient venus requérir une simple signature. 

Il faut en plus que tous ces policiers,  gardes et militaires qui surveillent les avenues se dispersent et partent travailler car la délinquance extra politique est latente…Les citoyens qui se font voler, les filles et jeunes femmes innocentes qui se vont violer, etc. ont besoin de se sentir protégés par nos vaillantes forces de sécurité. Ce ne sont pas seulement ceux qui gouvernent qui ont besoin d’être gardés… 

Kissima 

bentocka@yahoo.fr 

 

Source :
La Tribune 




Chronique Mansour

26082008

 

  

La question des limites des sciences déductives n’est pas innocente. C’est qu’en effet, elles ont, ces derniers siècles, tendu à définir « Le » Vrai, selon un même principe d’organisation – « La » Science –  tout à la fois totalisant et totalisé – c’est-à-dire : en grand danger de totalitarisme – reprenant, sous la bannière de la raison, vivifiée par le doute et l’expérimentation, un flambeau longtemps accaparé, en Occident – sinon fortement contrôlé, ailleurs – par les religieux et autres maîtres des traces [1]. Il est « prouvé, indéniable, irréfutable », selon « les experts, les spécialistes, les sommités scientifiques », que ceci est réel et cela ne l’est pas, parce que l’un est vrai, falsifiable ; l’autre, faux, illusoire. Dans cette discrimination, objectiviste mais fondée, paradoxalement, sur une vision idéaliste de l’Absolu, un certain nombre de savoirs sont disqualifiés ou marginalisés, en vertu d’une lecture en creux de la célèbre proposition de Hegel : « tout ce qui est rationnel est réel, tout ce qui est réel est rationnel [2] ».  Formidable enjeu de pouvoir. Qui « détient » –  car c’est bien d’emprisonnement ; plus exactement, d’encagement ; qu’il s’agit – « La » Science détiendrait « Le » Vrai et maîtriserait, donc, « Le » Réel… Or, s’il existe des réalités rationnelles, la plupart d’entre elles et, à fortiori, « Le » Réel ne le sont que variablement : saisissant raccourci de la nature paradoxale de celui-ci, la complexité ordonne l’entropie. Dès lors, la tentation du pouvoir consiste à substituer, au Réel immaîtrisable, un artefact, une contrefaçon suffisamment paramétrée pour correspondre à l’organisation du discours objectivé. De gré ou de force. Et au risque, exponentiel, d’être, à tout moment, dépassé, non seulement par ce qu’on prétend représenter, mais aussi par ses représentations artificielles, intégrées, très « naturellement », quant à elles, et à l’insu de ses producteurs, tout aussi naturellement bornés, dans la globalité des phénomènes interactifs. 

 

Depuis, disons, trois quarts de siècle – un sacré bail, assurément – un scientifique consciencieux ne peut plus dire : « C’est certain » ou « c’est impossible » ; ni ce qu’est, exactement, la réalité de ce qu’il observe. Il peut, par contre, affirmer, avec, au mieux, une marge rigoureusement définie d’erreurs : « c’est très probable ou très improbable, démontrable ou indémontrable, vérifiable ou non » ; et comment ce qu’il observe répond à ses questions. Ce n’est, tout de même, pas rien. Dans un ordre voisin d’idées, s’il sait, par exemple, que la loi de Newton est réfutée par un certain nombre de phénomènes limites, il n’en use pas moins pour décrire et argumenter, avec efficacité, la quasi-totalité de ses observations et de leurs applications techniques, dans le quotidien banal de nos existences. Plus précise mais pas « plus absolument » vraie, la théorie de la relativité générale d’Einstein permet de poser, aux confins de nos investigations physiques, une grille de lecture autrement affinée, sans épuiser, pour autant, ni le sens ni l’objet de notre quête. Il s’agit, tout simplement et humblement, de choisir l’outil adapté au besoin. On ne casse pas un béton avec un marteau d’orfèvre. La fécondité d’une théorie et l’ajustement de sa conduite – son « efficace », selon l’optique traditionnelle chinoise – ont détrôné le vrai et l’exactitude, au centre de la démarche scientifique. Plus précisément, les deux premiers termes apparaissent comme des indices probants, sinon les plus probables garants, des seconds. Ce faisant, la question du sens – que, comment, pourquoi et, surtout, à quel prix cherchons-nous à connaître ? – se redéploie, anxieusement, dans un contexte obnubilé par l’ambiguïté des effets des techno-sciences, qui apparaissent totalement asservies à l’ « ordre » politico-marchand [3], alors qu’on les voudrait fermement attachées, d’abord, à l’ordre de la biosphère et de l’humain, mieux ajusté, grâce à celles-là, au sein de celle-ci. 

 

La problématique contemporaine tient, beaucoup, à ce que le politique et, très largement, l’éducation [4], n’ont pas, encore, intégré les limites de la science. C’est que la légitimité même du pouvoir est, ici, en cause. De loi de force en loi [5] de raison, en passant par droit divin, celui-là n’a cessé, cependant, de s’appuyer sur des certitudes et l’intervention, épisodique, de l’opinion, fortement orientée par l’instruction de celles-ci, n’a jamais ébranlé que les formes du pouvoir ; exceptionnellement, de ses fondements mêmes. C’est suggérer tout ce que l’idéologie scientiste doit à la domination catholique et aux luttes des minorités religieuses, notamment juives et protestantes, en Occident. Mais qu’en est-il de ses rapports avec les pensées traditionnelles musulmane, chinoises ou hindoues, voire « primitives » ? Celles-ci n’auraient-elles pas, chacune selon son génie propre, des capacités singulières à assumer le dépassement de celle-là ? Soudain, des perspectives, planétaires, s’ouvrent…    




[1]  écrites, notamment. Et c’est cette maîtrise qui relie les lettrés chinois et les oulémas musulmans, par exemple…

[2]  Soit : « tout ce qui est irrationnel est irréel, tout ce qui est irréel est irrationnel ».  Dangerosité extrême que ces propositions – la première, surtout, qui « justifie » les pires errements totalitaires : extermination ou exclusion des hors-normes, notamment… On notera, au passage, que c’est la réciprocité même de la formule positive de Hegel  qui construit l’abus de son négatif… 

[3]  Cf. Olivier Rey, notamment en son ouvrage : « Itinéraire de l’égarement. Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine » – Seuil, Paris, 2003. 

[4]  jusque dans l’enseignement supérieur, et même en certains secteurs de recherche de pointe. Ainsi, en médecine et en biologie, on valide des résultats expérimentaux, acquis à l’aide de matériels ultrasophistiqués, tous issus de la physique quantique, sans tenir compte des incertitudes mises en évidence par celle-ci (comme, par exemple, l’impact de l’observation sur la chose observée).   

[5]  Il n’est pas, non plus, innocent que le terme de loi évoque, indifféremment, la légalité et la science…  




Défense de la Fondation KB

26082008

 

Défense de

la Fondation KB

Vivement une commission d’enquête internationale

 

Dans une conférence de presse tenue hier dans les locaux de la fondation KB appartenant à l’épouse du président renversé par un putsch le 06 août, Me Lô Gourmo Abdoul et Me Moulaye El Ghaly Ould Moulaye ont demandé la mise en place d’une commission d’enquête internationale qui serait supervisée par les nations unies, l’union africaine et la ligue arabe entre autres institutions internationales…. Pour ces avocats de la fondation cela permettra de lever toute équivoque sur les rumeurs concernant les fonds leurs client,

la Fondation KB, qui est dans le collimateur des parlementaires depuis plus de deux mois. Plusieurs semaines en effet avant la chute de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, des parlementaires frondeurs avaient requis l’ouverture d’une session extraordinaire à l’occasion de laquelle ils pourraient mettre en place une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les mode de financement de

la Fondation. Chose refusée par le président de

la République. Avec son renversement, les détracteurs de la fondation ont obtenu gain de cause car les nouvelles autorités ont permis l’ouverture de la session extraordinaire tant souhaitée. Parmi les points inscrits à l’ordre du jour la mise en place d’une commission d’enquête composée de sénateurs qui se chargeront de vérifier les fonds. « C’est la première fois dans l’histoire des sénats du monde qu’une commission d’enquête est mise en place pour enquête sur les fonds d’un établissement à caractère privé » fait remarquer Me Lô…Pour lui, face à la situation actuelle et en raison  de l’évolution politique des événements qui ont vu l’ouverture d’une session extraordinaire du parlement ; « convoquée entre autres raisons pour mettre sur pied une commission d’enquête sur la fondation KB,  la fondation et sa présidente tiennent à dire que compte tenu de cette situation rupture constitutionnelle, l’implication d’un certain nombre d’institutions internationales » est indispensable et qu’il faut que les nations mettent sur pied une « commission d’enquête pour faire toute la lumière sur la base d’un audit international avec des compétences qui ne sont pas forcément des sénateurs. » Et ce pour garantir une meilleure transparence car dira encore Me Lô, « la situation de rumeur crée une déstabilisation permanente non seulement pour la fondation et pour la personne de Khatou mais pour le pays tout entiers. » Il trouve qu’afin qu’il n’y ait pas « le moindre doute  sur la moindre ouguiya qui serait tombé dans les comptes de KB depuis sa création, toute autre approche qui donne la qualité de juge à une des parties ne pourrait que déboucher sur des éléments de contestation »…

Pour l’avocat Moulay El Ghaly, les accusateurs doivent préciser si c’est la personne de Khattou ou si c’est sa fondation qui est visée. « Quoiqu’il en soit elle est protégée par la constitution par le principe de la présomption d’innocence »…

Quant à savoir quelles actions les avocats vont prendre contre ceux qui ont écrit sur la fondation ou sur sa présidente, Me Ould Moulaye réponds que ce qui importe c’est surtout ce sont les éléments qui seront donnés par la commission qui sera mise sur pied.

Par ailleurs, les avocats estiment qu’aucun argent public ou fond de l’état  n’a été injecté dans la fondation KB…Ils estiment qu’en principe les parlementaires devaient accepter le principe de la mise sur pied d’une commission internationale si leurs intentions sont effectivement liées à la mise en lumière du mode de gestion et de financement de la fondation KB… «S’ils sont gentils, ils ne devraient pas avoir d’objection à cela. » a dit Me Lô Gourmo Abdoul…

 

Source :
La Tribune n°414

 




Chronique d’une fin de pouvoir annoncée

26082008

Chronique d’une fin de pouvoir annoncée

 

Quand, en ce petit matin du 6 août 2008, la nouvelle devient officielle, rares sont ceux qui n’imaginent pas la suite des événements. La seule inconnue pour eux restait le comportement au sein de l’Armée. la diffusion aux premières heures du matin d’un communiqué signé par le Président, va-t-elle suffire pour instaurer l’ordre nouveau ? comment sera la réaction de ceux qui ont été nommés en lieu et place des quatre chefs de corps : Armée, gendarmerie, garde et police, et du chef d’Etat Major particulier ?

Pour les plus avertis, la suite des événements allait de soi. Mais nous n’allons pas revenir sur une journée qui a changé la face de la Mauritanie. Nous nous contenterons de nous demander si tout cela était prévisible. Et pour mieux éclairer l’opinion, nous avons choisi de vous proposer une sorte de florilège de La Tribune des quatre dernières semaines qui ont précédé le coup du 6 août. Nous vous demandons un peu de patience pour lire jusqu’au bout, vous comprendrez alors que dès le départ, les tendances suicidaires l’ont emporté.

Du numéro 406 en date du 30 juin 2008 et dont le titre principal était «La guerre des clans peut causer un coup d’Etat…légal», au N°407 du 7 juillet avec titre principal : «Après les motions de soutien, les motions de censure ; l’escalade, la destitution du Président de la République est envisagée», au N°408 du 14 juillet qui avait pour manchette principale «les vacances» du pouvoir après le départ du Président en France, au N°409 du 21 juillet qui titrait au lendemain de la composition du nouveau gouvernement de Ould Ahmed Waghf «De quoi la montagne a-t-elle accouché ?», au N°410 du 28 juillet qui titrait sur un Sidi Ould Cheikh Abdallahi pensif «Un homme seul : le Président qui rassure va-t-il finir par inquiéter ?», enfin au dernier de la série N°411 du 4 août où on titrait : «La guerre des tranchées, en attendant l’assaut final» et l’on commémorait le 3 août en disant que «les vacances d’août sont toujours risquées»… Nous suivons ainsi ce qui pourrait être la chronique d’une fin de règne…

 

La Tribune N°408 du 07 juillet 2008 :

«Les vrais auteurs de cette orchestration – celle de 2005, NDLR – n’ont appartenu ni au CMRN, ni au CMSN. Les colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani appartiennent à une génération d’officiers qui sont venus à l’Armée pour le métier. Non pour le pouvoir. S’ils sont aux affaires, c’est bien pour sauver une situation qui a failli les entraîner eux-mêmes. 19 mois pour relancer l’espoir d’un ordre nouveau. Malgré les interférences du Conseil militaire.

Aujourd’hui le débat porte sur le rôle des uns et des autres dans l’exercice du pouvoir. Comme si les jeux n’étaient pas faits à l’avance.

Le malheur pour nous, c’est qu’on découvre l’ampleur de l’incompétence politique de l’Appareil qui nous dirige. Sinon comment comprendre la mésentente entre le Président et ses différents partenaires ? Comment comprendre le pourrissement d’une situation dont les faiblesses sont claires ? Comment comprendre d’abord l’absence de réaction du chef du gouvernement, chef du parti Adil, ensuite l’entrée en scène fracassante du Président, son recul et enfin sa tentative de relance ?

Les questions sont nombreuses. Les réponses sont inquiétantes. Les parades sont dangereuses.

En attendant, nous pouvons positiver et nous dire qu’il y a quelque chose de changé en Mauritanie. Les militaires n’interviennent pas directement. La démarche entreprise semble se conformer à la légalité. Ce sont les députés et les sénateurs qui font front. Au nom de leur légitimité. Quelqu’un me disait qu’il est heureux de voir se développer «la logique des urnes», plutôt que «la logique des armes». Je pensais aussi qu’il faille se féliciter d’entendre enfin plus parler de motion de censure que de motions de soutien.

La logique de la confrontation nous mène droit au blocage. L’essentiel c’est de ne pas reprendre la phrase de 1978, mais d’arriver à une solution politique et légale. «Les élus du peuple vous retirent leur confiance…», c’est ce que les frondeurs préparent visiblement. Vont-ils aller jusqu’au bout ? Nous verrons.» (408)

 

 

La Tribune N°409 du 14 juillet 2008 :

«Nous sommes sortis de l’époque militaire sans avoir apporté de correctifs profonds à la situation. Même sur le plan mental, nous sommes restés campés dans les donnes du passé. Le système – il faut un moment éviter de dire «le système de Ould Taya» – est resté aux commandes. Ne serait-ce que dans les têtes de notre élite. Nous en avons oublié que quelque chose de salvateur s’est passé.
Pour la deuxième fois de notre courte histoire, notre élite est en porte-à-faux avec notre société. La première, c’était au moment de l’indépendance quand elle a voulu imposer l’Etat moderne. A l’époque, la Mauritanie avait encore des hommes et des femmes pleins de ressources (morales, intellectuelles, physiques…). Ce qui avait aidé. Aujourd’hui, ceux que nous voyons envahir la scène sont plutôt avachis par la fausse opulence, la corruption des mœurs, la culture de la médiocrité…
D’abord positiver. Nous sommes dans une situation inédite. Des députés – désormais une majorité des élus du plus grand parti de la majorité – se sont rebellé contre un gouvernement dirigé par le président de leur parti. Qui mieux qu’eux, peut juger des prédispositions de cet homme et donc de son aptitude à choisir et à diriger un gouvernement ? Qui est mieux placé pour juger de l’opportunité de ce choix ?

On aurait dû en rester là. Le Président de la République s’en mêla et le conflit fut porté sur la voie publique. Après moult tractations, on crût arriver à un compromis avec l’élection d’un bureau de l’Assemblée nationale et la ferme promesse d’une redistribution des cartes.
C’est au président du parti Adil qui a fourni la majorité de la rébellion, à lui qui n’a pas su anticiper ni juguler la crise, à celui-là que fut confiée la mission de refaire l’unité et de soigner les plaies. Dès le montage du bureau de l’Assemblée, on devait comprendre que la retrouvaille avait un goût d’abdication. Indécis et «loyalistes» sont écartés. Blocages. On bute sur le choix des personnes. On en oublie l’essentiel : comment faire gagner la démocratie de cette crise ?
Au lieu de soutenir un camp contre l’autre, au lieu de sombrer sous le flot des rumeurs, au lieu de s’enfermer dans les logiques d’affrontements stériles, les politiques auraient mieux fait d’avancer sur le front du renforcement des institutions démocratiques. Trois lignes :
- Consolider le rôle du Parlement et principalement de l’Assemblée nationale par l’adoption de textes instituant un régime plus parlementaire, moins présidentiel. Nous savons désormais qu’un député peut bloquer l’exécutif. Penser à moyen terme à une profonde réforme du système institutionnel menant à la suppression du Sénat et à l’élargissement de l’Assemblée nationale (meilleure représentation du peuple).
- Encourager la naissance de nouveaux partis nés forcément de l’éclatement des partis existant – majorité et opposition. «Forces du Changement», «députés de la motion» et d’autres factions peuvent chacune créer sa propre formation. Le pouvoir traîne les avatars de la création du pacte national pour le développement et la démocratie (PNDD-Adil). Il refuse de tirer les conclusions de l’échec politique de l’entreprise et s’en prend à tous ceux qui élèvent la voix pour en parler. Imaginons un moment, plusieurs partis de la majorité, le jeu sera plus transparent et plus sain. Refonder pour l’occasion la loi sur les partis pour exiger d’eux une plus grande représentativité sur le terrain (les reconnaître en fonction du poids électoral).
- Ouvrir les médias publics au débat sur toutes ces questions. Il est à remarquer que pour suivre l’actualité en Mauritanie, le citoyen est obligé de se reporter sur la chaîne Al Jazeera dans son édition sur le Maghreb. Aucune allusion, aucune information, aucun débat. Comme au bon vieux temps de la dictature, silence total. Comme si ce que vivait le pays ne concernait en rien le public. L’ouverture de ces médias participera justement à «alléger» la crise. Peut-être à la dépasser. Si jamais il y a volonté de la dépasser.» (409)

 

 

La Tribune N°410 du 28 juillet 2008 :

 

«L’un des échecs de la transition aura été l’incapacité à normaliser le jeu politique, à le rendre plus lisible et plus cohérent. Nous en sommes sortis encore plus émiettés, plus inquiets et plus sectaires. Le rêve de changement qui aurait dû être le ciment de l’unité, a été perturbé par la volonté de statu quo. Le retour des déportés et le règlement des passifs humanitaires (récent et ancien), ont été noyés dans l’approche politicienne. La normalisation des rapports entre le pouvoir et l’opposition a échoué (…).

Plus le temps avance, plus l’espace de manœuvre se rétrécit devant le Président de la République. Plus la marge de manœuvre diminue, plus les solutions deviennent plus douloureuses et plus chères. Avant son discours de fin juin, toutes les portes étaient ouvertes : laisser la bataille se dérouler entre les députés et le chef de leur parti devenu Premier ministre ; faire plier les députés par une action en profondeur ; appeler tous les acteurs politiques à prendre leurs responsabilités ; se placer dans la position de la légitimité menacée… Avec le discours, le Président est devenu la première menace pour les institutions démocratiques. Après le discours, des actes forts étaient attendus parce qu’on avait compris qu’il avait choisi la confrontation. Recul le lendemain. Démission du gouvernement. Même à ce stade beaucoup de choses étaient possibles : nommer l’une des grosses pointures du gouvernement au Cabinet, balayer l’entourage et faire appel à un Premier ministre de consensus. Non ! le Président choisira la rebelote : c’est à Yahya Ould Ahmed Waghf qui n’a pas su préserver l’unité du parti, ni défendre ses choix, ni jouer l’interface avec les différents pans du pouvoir, c’est à lui que revient la mission de composer un gouvernement.

En voulant préserver un minimum, le Président a mis en danger son mandat. Il a montré une absence totale de détermination tout en se livrant à un exercice tactique de ‘courte échelle’. Plus grave pour lui, il a dû monter au créneau en l’absence d’avocats de la défense. Il est désormais dans l’arène. Il joue à se faire mal en nommant ici les ennemis des frondeurs, là ses amis les plus décriés. Il provoque sans en évaluer les conséquences.

Jusque-là il a joué son pouvoir et son autorité. Tout indique qu’il les a perdus, sinon qu’il est en train de les perdre. Il ne faut pas qu’on en arrive au point où le Président n’aura plus à jouer que l’existence du pays. C’est quand on n’a pas compris que la Mauritanie a besoin de paix et d’écoute qu’on perd le pouvoir. (…)»

 

La Tribune N°411 du 4 août 2008 :

 

«Nous avons besoin d’assurer l’avenir de notre pays, de préserver la paix sociale, de le reconstruire, de refaire son unité, de refonder son système éducatif, de renforcer son système sanitaire, de construire des routes, de produire des céréales, d’élever des animaux, d’éduquer nos enfants, de réhabiliter notre culture, de nous émanciper des pesanteurs du passé, de nous libérer de nos mauvais génies… nous avons été jusque-là oisifs. Ou presque. Il est temps de se mettre au travail. Le pays a perdu trop de temps «à coups de pourquoi», trop de temps pour savoir comment il va, comment il va aller…

Le plus choquant dans cette situation, c’est le fait de savoir qu’elle est l’occupation d’un millier de nouakchottois. «En général des ministres ou anciens ministres ou potentiellement ministrables, secrétaires généraux, directeurs, chefs de service, ou anciens ou potentiels… quelques thieb-thieba de la politique qui manigancent et qui occupent l’environnement».

Vous sortez de Nouakchott, vous oubliez qu’il y a la crise. Si dans la capitale on ne parle que de ça, à l’intérieur les gens sont occupés à préparer leurs lendemains, certainement moins fastes que le jour d’aujourd’hui.

Le problème : Nouakchott c’est l’Etat et l’Etat est à l’arrêt. Rien ne semble marcher maintenant qu’un millier d’activistes ont décidé de paralyser le pays. Ni administration, ni économie, ni sécurité, ni construction… ce qui ajoute à la gravité de la situation et à la fragilité du pays.»

 

… Après la composition du deuxième gouvernement de Ould Ahmed Waghf, nous écrivions : «Tout compte fait, le gouvernement issu de la crise qui a secoué le pays, ne reflète pas forcément le rapport de force réel des protagonistes – si jamais il y en a. Il est plus l’expression de manœuvres dont l’objectif est de donner le temps au temps. La culture dominante étant celle qui croit que tout problème a une durée de vie qu’il faut apprécier et supporter en attendant qu’il meurt de sa belle mort.» 

Mais on se trompait en écrivant au tout début de la crise : «La bataille n’est donc pas celle qui fait ravage dans les salons. La légitimité n’est pas en cause. La menace d’instabilité étant réduite. La bataille est celle de l’ancrage de la démocratie. Cela ne peut arriver sans le renforcement des institutions : Président, Parlement, Opposition, Armée, Justice, Administration…, sans aussi le renouveau des hommes et des méthodes. Ce n’est pas pour demain. Ceux qui se proposent étant ce qu’ils sont.

En attendant d’y voir clair, les acteurs politiques poussent vers la remise en cause de l’ordre démocratique sans se demander qui cela sert. Encore et toujours la médiocrité continue de régner sans partage. Et vogue le navire…»

On récolte fatalement ce qu’on a semé. C’est valable en politique aussi.

Source : La Tribune n°414

 




26082008

La Reconquista démocratique 

 

La tradition rapporte qu’à la mort de Hassan El Basri (713), les syriens avaient occulté une prière. Il faut croire qu’aux obsèques de la démocratie, nos concitoyens ont abdiqué la religion toute entière. Ce fut un déferlement de mecquois en fureur. Retrouvailles populaires avec les idoles militaires. Messes védiques où le sacre du tyran du jour procède de l’immolation du dieu d’hier. Festival de caudataires où viennent apostasier tous les fidèles d’hier et d’avant-hier. Imams flagorneurs qui rivalisent d’humeur avec les griottes sans pudeur. En boucle sur le même écran rétroviseur. Profanations plurielles à l’intérieur. Surenchères et excommunications à l’extérieur. L’isolement et/ou l’invasion comme ultimes gageures.     

 

Lapsus révélateur 

Près de trois semaines après leur coup de force, les putschistes ne sont pas au bout de leurs peines. Le conseil de sécurité les condamne. L’Europe et l’Amérique les sermonnent et les affament. Même en Libye voisine, le prince héritier les blâme. Il moque leur coup d’état comme son père raillait leur démocratie sans âme. Tous avis inconséquents qui n’en reflètent pas moins l’opinion générale : « nous vivions un avenir douloureux » dit le lapsus révélateur d’un tartuffe sanctifié par notre pieuse télévision. 

La surexposition médiatique a desservi le haut conseil de la nation. Enchaînant les interviews à tort et à travers, sans expertise ni préparation, son chef n’a pas su noyer le poisson. Sa rhétorique de souk en a ruiné le discours programmatique à la nation. D’aucuns y ont sous-entendu les pires intentions. Plus diffamatoire pour sa victime que justificateur de sa rébellion, tel commérage public n’a pas de précédent dans un pays où ses adeptes se comptent par millions. Ciblant sa propre cousine, le président général s’est illustré à contre-emploi dans un registre peu viril et mauvais genre : conjectures et diffamations (Tlahlih et assouqas). Ses supporters aggravent le trait en se lâchant sur la fille de leur ancien patron. 

Cette insoutenable légèreté de l’argument n’échappe pas aux observateurs. Et ils sont nombreux à l’heure de la mondialisation où des services entiers se consacrent à la récolte et l’analyse des informations. Loin d’un pays où l’opinion reste un produit de troc et de consommation qui, de bouche en bouche et de bouche à oreille, débouche et rebouche les réputations. 

 

Cinquième colonne 

L’opposition au coup d’état doit donner un sens à sa mission. Prendre conscience du poids de la parole publique sous la mondialisation. Méditer, concerter et calibrer son discours avant sa médiatisation. Ses composantes peuvent même susciter et alimenter un portail indépendant de débats et d’informations. Pas un site dont elles seraient commanditaires. Ni cet autre que leur marchandent leurs maîtres chanteurs sur tous les tons. 

En tout cas, il faut que l’opposition quitte les paillassons piégés, amateurs et mercenaires. Sans contenu ni déontologie autres que le recyclage de loosers militaires ou paramilitaires. Parachutés sans précaution sur un ring sociologique explosif dont ils ignorent les mécanismes profonds. La reconquista démocratique passe par la qualité stratégique de l’information. Car l’opinion nationale doit produire et défendre son propre idéal d’émancipation. Pour forcer la bonne foi de ses éventuels compagnons de libération : même si un putsch sans coup de feu mérite une leçon, la solution ne peut être plus brutale que la rébellion. A bon entendeur samaritain… 

Sur le front intérieur, les motions ne résisteront pas à l’embargo et son lot de pressions, et l’opposition pourra s’adonner à sa passion : collecter les « récupérations ». L’idéal étant de ne pas insulter l’avenir en rejetant les partis « amis » qui ne pouvaient bouder le retournement de situation. En dépit de leur ralliement, ces derniers peuvent encore figurer une cinquième colonne – voire un cheval de Troie- pour les soldats de la constitution. Il suffit que les « alliés d’hier » ne subissent pas trop leurs  ex-« ennemis » communs et de toujours…dont l’exception militaire fait désormais de précieux compagnons. Jusqu’ici, les deux clans de l’ex-opposition ont joué leur rôle sans concession. Les uns en corsant la rébellion. Les autres en défendant l’ouverture et la constitution. Il ne leur reste plus qu’à « civiliser » leurs divisions pour donner le coup de grâce à un système en décomposition. 

 

Cheikh Touré       

Source : La Tribune 414




La pression monte

26082008

La pression monte

 «On ne pouvait pas s’attendre à une autre position que celle-là de la part des partenaires du pays». C’est la conviction des soutiens de la nouvelle junte au pouvoir depuis le 6 août. D’abord associé à «une position de principe passagère», l’attitude des partenaires étrangers a fini par prendre l’allure d’une pression visant à imposer le retour à l’ordre constitutionnel.

Derrière cette expression, se cachent de nombreux sous-entendus.

Au début violente, la position française s’est quelque peu atténuer en laissant la place à une possibilité de dialogue ouverte par l’application de l’article 96 des accords de Cotonou. Cette fameuse disposition qui dicte aux pays ACP de se plier à un processus de dialogue qui déterminera l’ampleur et la nature des sanctions prises par l’Union Européenne au fur et à mesure que ces négociations avancent. C’est ce qui avait permis, en 2005 à la suite du 3 août, d’établir les 24 recommandations faites aux autorités de la transition. La situation a changé.

Le coup du 6 août, même si les auteurs ne sont autres que ceux du 3 août 2005, n’a encore éclairci de ses objectifs. Jusque-là, ses auteurs sont préoccupés par asseoir une légitimité locale à travers les marches de soutien. Le gouvernement tarde à être désigné, comme les conseillers du Chef de l’Etat. En fait le nouvel organigramme de la présidence prévoit quatre postes de conseillers principaux et un ministre secrétaire général adjoint à la présidence. Les ministres seront au nombre de 20. Le gouvernement comprendra en plus des frondeurs, Hatem, AJD/MR et très probablement le RFD de Ould Daddah. Ce dernier serait encore hésitant devant le refus de la junte de présenter un calendrier clair et des objectifs précis. Les trois partis plus la Démocratie Directe, ont déposé un mémorandum devant le chef du Haut Conseil d’Eta (HCE) pour présenter une série de propositions servant à baliser l’après 6 août. Trois points essentiels : une durée n’excédant pas un an, l’impossibilité pour les membres du HCE de se présenter aux futures élections et une plus grande neutralité de l’administration. Le président du HCE avait promis d’étudier avec diligence les propositions et d’y répondre le plus rapidement possible. C’est apparemment l’expression la plus usitée en ces temps d’incertitude. Et c’est bien elle qui empêche nos partenaires de dépasser le stade de la réprobation pure et simple.

Alain Joyandet, ministre français de la coopération, répondant aux questions de RFI la semaine dernière : «Je veux leur (militaires, NDLR) dire aussi que, sans doute, y’a-t-il des revendications des militaires qui ne sont pas toutes illégitimes, sans doute un certain nombre de chose peuvent être améliorées, mais en tout état de cause l’appel que la France lance, c’est d’abord et au préalable de toute discussion, il faut que le président qui a été démocratiquement élu, il y a un an et demi, soit libéré. Sans ce préalable, aucune discussion politique n’est possible». Toujours lui : «un président qui a été élu démocratiquement il y a un an et demi, ne peut pas être renversé aussi facilement par un pouvoir militaire sous prétexte qu’il ne conviendrait pas suffisamment à ces militaires». Mais de reconnaître que «le dialogue est toujours la meilleure chose et donc, ce dialogue nous pouvons l’encourager, nous pouvons aider les parties au dialogue, mais le préalable, c’est la libération du président. Je pense qu’il est important que l’ensemble de la communauté mauritanienne rétablisse le fonctionnement normal des institutions et, après, je le redis, à la marge, il y a sans doute certaines discussions politiques qui peuvent avoir lieu. La France est prête à y participer». Pour lui «l’important est d’essayer de rechercher un consensus. S’il faut que de nouvelles consultations soient organisées au plan législatif, puisqu’il y a crise politique ou à tout autre niveau et éventuellement, pourquoi pas, au niveau présidentiel, mais encore une fois ces élections viennent d’avoir lieu, il y a un an et demi à peine. En tout cas toute solution de consensus et démocratique qui permettra de rétablir un fonctionnement normal des institutions, sera soutenue par la France et nous sommes même prêts à participer à l’élaboration d’un tel plan». 

Jusque-là la France articule sa démarche autour de la libération sans condition de Ould Cheikh Abdallahi et de l’ancien Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf. Pour faire pression, elle a gelé toutes ses aides, y compris le document-cadre de partenariat qui s’élève sur la période 2008-2010, à 100 millions d’Euros.

La France qui assure la présidence de l’Union Européenne, a été suivie par la Commission européenne qui a demandé à geler sa coopération y compris l’accord de pêche. Mais quand les négociations seront engagées au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou, tout deviendra possible pour les nouvelles autorités. Dans un communiqué publié par la commission européenne, elle a exigé la libération immédiate de Ould Cheikh Abdallahi et de son Premier ministre. « Nous avons à maintes reprises demandé la libération du Président légitime Abdallahi et le retour à l’ordre constitutionnel. La récente arrestation du Premier Ministre est un nouveau signe négatif« , a commenté le commissaire au Développement et à l’aide humanitaire Louis Michel, cité dans le communiqué. « Néanmoins nous continuons à espérer un retour rapide de la démocratie, qui passe par un dialogue politique entre toutes les parties et pas par des arrestations arbitraires« , a-t-il ajouté.
Même position chez les Américains qui continuent à demander le rétablissement de Ould Cheikh Abdallahi dans ses fonctions. La semaine dernière, le Conseil de Sécurité avait fait une déclaration condamnant le coup de force et demandant le retour à l’ordre constitutionnel.

Plus proche de nous, la position algérienne semble être la plus nette. Après avoir refusé de recevoir en haut lieu l’émissaire de la junte, Abdelaziz Belkhadem, ministre d’Etat, représentant personnel du Président de la République, a reçu jeudi passé à Alger le vice-président du parti Tawassoul de Mauritanie, Mohamed Ghoulam Ould El-Hadj. « Je suis venu en qualité de délégué du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) et je suis très heureux d’avoir rencontré M. Belkhadem et de lui avoir expliqué la situation suite au coup d’Etat rejeté par le peuple mauritanien, position qu’il a exprimée à travers la marche organisée hier (mercredi)« , a déclaré à la presse, Ould El-Hadj, émissaire de son parti et du front de la défense de la démocratie. Selon la presse, l’émissaire n’a pas manqué de saluer « la compréhension exceptionnelle » de Belkhadem,

Sur le plan intérieur, le front a organisé une marche pour dénoncer le coup de force. S’exprimant à la faveur de cette marche, des responsables de partis politiques ont pressé les auteurs du coup d’Etat « à remettre le pouvoir au président démocratiquement élu et le rétablir immédiatement dans ses fonctions ». Le président de l’Union des forces du progrès (UFP), Mohamed Ould Mouloud, a déclaré devant la foule présente que « les militaires ont imposé au peuple mauritanien un régime anticonstitutionnel et confisqué les libertés et la démocratie« . Les manifestants ont brandi des pancartes et scandé des slogans glorifiant le président renversé. « Non à la remise en cause des acquis de l’unité nationale. Nous réclamons le retour à l’ordre constitutionnel par le rétablissement du président Sidi Ould Cheikh Abdellahi dans ses prérogatives« .

Comme des signes d’apaisement deux événements sont intervenus. Le premier a trait à la rencontre entre l’Ambassadeur de France à Nouakchott et le Président déchu. La rencontre a eu lieu alors que l’Ambassadeur s’apprêtait à aller à Paris pour ses vacances d’août. Il avait désespéré de voir sa demande aboutir. Il aurait trouvé un Sidi Ould Cheikh abdallahi bien portant physiquement et moralement. Qu’est-ce que les deux hommes se sont dits ? Des choses si l’on en croit la suite des événements. En effet on sait désormais que le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping est attendu à Nouakchott ce lundi pour une mission de médiation. Une mission fortement appuyée par la France et l’Union européenne.

Qu’est-ce qu’on peut en espérer ? Un avenir sans Ould Cheikh Abdallahi et sans les militaires ? Probablement…

 

Bechirou Wade

 Source : La Tribune n°414




FAITS DIVERS :

26082008

FAITS DIVERS : 

Quand  le rêve joue un sale tour 

Le réveil a été dur pour Issa. Cet apprenti maçon âgé de 28 ans a tout simplement violé son ami Yarba au moment où tous les deux dormaient sous un hangar sur un même matelas.

Après son arrestation par les parents de Yarba qui sont

 réveillés par les cris de leur fils , qui tentait de prendre la poudre d’escampette , le coupable a soutenu devant les parents de son ami médusés , qu’il rêvait lorsqu’il a pris son ami pour une femme avant de lui sauter dessus pour le violer.

Le père de Yarba , un fervent croyant, décide de passer l’affaire sous silence tout en demandant à Issa de ne plus passer la nuit dans sa maison.

Ne pouvait-il pas faire autrement pour  mettre fin à ce genre de rêve ? Issa n’est –il pas fou pour passer à ces actes de viol et de pédophilie ? Le rêve , cette suite d’images qui se présente à notre esprit pendant le sommeil peut bien nous jouer un mauvais tour.     Si vous n’êtes pas convaincus , allez tout simplement demander à Issa.

Toujouine 

Nafi pique un million d’ouguiya à son père et

disparaît : 

Une grande inquiétude règne depuis le jeudi 21 Août dans la fammile de Hadrami, ce grand commerçant résidant à Toujounine qui s’apprêtait à épouser une seconde femme. Son unique fille, touchée par la nouvelle qu’elle qualifie de mauvaise, s’est subitement volatilisée sans crier gare. Les parents de la fugueuse sont d’autant plus stupéfaits que cette dernière , qui semble avoir préparé son coup , a délesté son père de la somme d’un million d’ouguiya ; privant ainsi son père de l’argent avec lequel il envisageait des noces…

Hadrami accuse la mère de sa fille d’être à l’origine du coup, mais celle-ci n’était visiblement  pas au courant que son mari allait prendre une seconde femme. Quant à Nafi, elle aurait été informée par sa cousine qui est voisine à la femme que son père projetait d’épouser…

De nombreuses recherches, entreprises en vue de retrouver la fille en question , on été menées . Mais en vain . Nafi âgée de 26 ans , a délibérément mis son téléphone portable en boîte vocale pour éviter tout contact avec ses proches.

Ces copines et amies se demandent est-ce une solution pour empêcher ce riche commerçant de prendre une secon de …. ?

El Mina 

Un  polygame répudie sa deuxième femme à cause d’un piment 

Oumar ould D…, souffrant le martyr d’avoir croqué à belles dents un gros piment vert qu’il avait pris pour une aubergine , a répudié en plein repas sa seconde épouse coupable à ses yeux de ne pas l’avoir mis en garde contre sa douloureuse méprise.

Selon une source proche de Astou Sarr la femme répudiée , les faits ont eu lieu le vendredi dernier en présence deux amis de Oumar.

Il faut signaler qu’il s’agissait d’un plat de riz assaisonné d’une sauce que Oumar a  attaqué avec un appétit d’ogre et détectant au milieu de la sauce le piment qu’il prit pour une aubergine , un légume dont il raffole , Oumar l’incorpore dans une grosse  boulette de riz et met le tout dans sa bouche et réagit une minute après pour mettre fin à sa vie conjuguale avec Astou. Les femmes aux époux allergiques au piment méfiez vous de ce condiment qui  disloque les couples tout en laissant l’avenir des gamins à la merci du vent.

                                             Diakité Aboubecrine 







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