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Résultats du baccalauréat 2008 : Mieux que d’habitude

29072008

Résultats du baccalauréat 2008 : Mieux que d’habitude 

L’année scolaire qui vient de se terminer a failli être une année blanche pour le secondaire. Le syndicat de professeurs le plus ancien et certainement le plus puissant a déclenché une grève très longue juste avant les compositions du dernier trimestre et à quelques semaines des examens. Grève largement suivie à Nouakchott, Nouadhibou, Zouérate et Rosso. Les compositions dans beaucoup d’établissements ont été organisées de façon laborieuse. Elles ont eu lieu quand même. L’évaluation n’était pas des plus orthodoxes mais elle a permis de déterminer les passants, les redoublants et les exclus. On craignait pour le baccalauréat et le brevet. Là aussi tout s’est plutôt bien passé : il y a eu suffisamment de surveillants et suffisamment de correcteurs. Une innovation : la correction du baccalauréat ne s’est pas faite par série mais par discipline. Exemple le Français, l’Arabe et les Sciences Naturelles au collège des filles,
la Philosophie au lycée des garçons, etc.   Les résultats du baccalauréat 2008 sont tombés avec un peu de retard. L’innovation cette année c’est qu’ils ont été lus à la radio permettant à tous les candidats de les suivre en même temps alors que d’habitude les candidats qui sont à l’intérieur du pays tardaient à être fixés sur leur sort. Selon certains observateurs la publication des résultats à la radio est due au retard considérable pris pour les délibérations. Or il s’agissait de respecter le délai entre la proclamation des résultats et la session complémentaire dont la date est déjà fixée. 

Les résultats ne sont pas fameux si on les compare aux taux de réussite pour le passage en classe supérieure mais ils sont meilleurs que ceux des années précédentes. 

Cette année on compte 6,34 % d’admis et 8,72 % de sessionnaires en LMA (Lettes Modernes, option Arabe), 11,5 % d’admis et 16,6 % de sessionnaires en LMB (Lettes Modernes, option Bilingue), et 18,9 % d’admis et 12,77 % de sessionnaires en SNB (Sciences Naturelles, option Bilingue). 

C’est beaucoup mieux que l’année dernière. Comme si le ministère avait voulu discréditer le SIPES et montrer que la grève n’avait eu aucune incidence négative sur le déroulement des examens. Tout s’étant bien passé et les résultats cette année étant meilleurs que d’habitude, certains vont jusqu’à en déduire que des membres du SIPES corrigeaient mal ou en tout cas très sévèrement. 

Dans tous les cas cette année scolaire s’est achevée. Madame la ministre n’aura pas eu le temps de finir toutes les réformes qu’elle avait entreprises. Réformes dont les résultats sont à venir. L’ouverture se profile à l’horizon. Le nouveau ministre aura à gérer la situation mais d’ores et déjà il peut remercier Nebghouha qui lui a donné un atout considérable. Des négociations auront certainement lieu entre le syndicat gréviste et le ministère de tutelle. Le ministre pourra alors négocier en position de force car les syndicalistes pourront se contenter de la restitution des salaires confisqués. Et il y a fort à parier que dans l’avenir immédiat les professeurs ne se lanceront pas dans des grèves qui durent plus d’une semaine. 

D.A. 

 

Source : La Tribune n°410 du 28/07/08




BRAKNA/Les populations de M’Bagne n’a pas profité de l’année de l’agriculture

29072008

BRAKNA 

Les populations de M’Bagne n’a pas profité de l’année de l’agriculture 

 L’année 2008 placée sous le signe de la relance de l’agriculture à Rosso par le président de
la République était porteuse d’espoir. Elle a été accueillie avec enthousiasme par les citoyens. La population de
la Moughataa de M’ Bagne qui est majoritairement composée d agriculteurs d’éleveurs et de pécheurs n était pas en reste.

La sécheresse qui a frappe le pays dans les années 70 a été un cataclysme social  qui a rompu l’équilibre traditionnel, a oblige la population de laisser leurs houes et leurs dabas pour réfugier en ville à la recherche de quoi pour vivre. Depuis lors le milieu départemental jadis vivable par sa terre heureuse est devenu hostile. Les attachés à la houe ne profitent plus de leur agriculture.

Voilà une des causes qui a motivé la population départementale  à se hisser au rang des applaudisseurs pour soutenir le discours du Président de
la République. Ils attendaient  de cette année l’amélioration  sensible de leur condition du travail champêtre .Ils espéraient de refaire du bon miel .Assurer  l’autosuffisance alimentaire et barrer la route à la faim qui menace la population sont devenus le rêve de cette misérable bande d agriculteurs qui ne bénéficient pas  de grands  projets de l’état. La population qui attendait avec impatience le ‘’ngatamaré’’ (la première pluie) afin de recevoir de l’état des moyens qui leur permettront de surmonter les difficulté qui ont longtemps embourbé leur noble activité.

L’espoir de la population départementale voit leur espoir anéanti avec l’approche du Djéry. La tombée des  premières pluies a permis  à ces citoyens de comprendre qu’ils ne bénéficieront pas grand-chose de l’année agricole. Plusieurs paysans ont exprime leur déception.

« La seule intervention  qu’on nous a octroyée est la semence mise à la disposition par le FAO. Qui est de l’ordre des centaines de kilogramme par village. Et cet insignifiant don  a été tardif. »A dit un agriculteur de Ferallah.

‘’Notre village de M’Bahé a réceptionné 400 kg de semence pour un village comptant 350 foyers. A quoi va nous servir ce don ?’’ s’écrie Amadou Sy de M’Bahé.

Un jeune étudiant de Haimedatt ajoute ‘’Lorsque le gouvernement  a procédé le retour des déportés mauritaniens et le président a décrété  l’année de l’agriculture ,nous avions pensé que le soleil va bientôt se lever pour toute la Mauritanie .A notre grande surprise nous avons vu que notre département n’a rien bénéficié du programme .Les  cris de l’année agricole pour nous ce n’est qu’une continuité de la grande farce de l’ancien régime ou toute initiative est synonyme de danse et d applaudissement. En réalité ce ne sont que des projets fantômes ou des mirages  qui s’éclipsent.

Un vieux de Bagodine affirme que les chants de l’année de l’agriculture nous a tympanisés pour rien.

Selon Diop Samba l’inspecteur Départemental du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage l’intervention du Ministère est loin d’être suffisante pour la moughata. Pour  le moment  elle se limite à,

-la distribution  de 6 tonnes du mais ,3 tonnes du sorgho blanc ,2 tonnes du petit mil ,1,5 tonnes du sorgho rouge,1 tonne de haricot et des produits chimiques pour toute la Moughata est prévue .

_La clôture pour le périmètre  Doungal situe  au nord de Mbagne

_Attribution du matériel horticole pour seulement trois coopératives féminines (de M’Bahé  de Haimedat et de Mbotto)

Selon Mr Guisset technicien de l’agriculture au niveau de l’inspection affirme que l’année de l’agriculture est synonyme de chanson .Mais concrètement rien n’a été mis sur pied  au niveau de leur département. Et pourtant la population est reconnue par leur attachement  a la houe  au hilaire.

Selon M.  Dramé il déplore l’état de l’inspection départemental du MAE qui n’est même pas équipé.

Pourquoi a t-on laissé le département ? Peut être que les politiciens qui viennent toujours manipuler les populations ne s’occupent pas du département .Et pourtant ils on toujours manipulé de gauche à  droite les pauvres paysans du  département. Ils ne sont que des opportunistes qui ne pensent qu’à leurs gueules. Les élus du département n’ont-ils pas défendu la cause de leur population. Que doit être le rôle de la délégation régionale du MAE ?et le Ministre ou est-il ? Et pourtant il est reconduit deux fois par le gouvernement. Le gouvernement n’est-il objectif ?

S’il s’agissait concrètement d’aider la population, la revalorisation des périmètres rizicoles (du Dabbé du Winding et du Sorimalé, la maîtrise de l’eau,la protection des cultures,l’encadrement  technique des paysans et la mise en place des produits phytosanitaires pouvaient soulager les agriculteurs du département. A déclaré Mr Diop pour qui il est temps de prendre les choses au sérieux et de dépasser certaines pratiques

                                                                     Adama Sy 

 

 

Source : Tribune n°410 du 28/07/08 




Omar El Béchir inculpé pour crimes de génocide

29072008

Omar El Béchir inculpé pour crimes de génocide  

Quand le diable s’en mêle ! 

 

Le Procureur près
la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, a inculpé le 14 juillet dernier le président soudanais, Omar El Béchir pour «génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour». Il a demandé à
la Chambre préliminaire de
la Cour d’émettre un mandat d’arrêt contre El Béchir. Celui-ci est le troisième président frappé par une justice internationale désormais sans frontières. Après Charles Taylor du Liberia et Slobodan Milosevic de l’ex-Yougoslavie. 

 

Au sein des organisations des droits de l’homme, c’est le soulagement. Dorénavant, il y aura l’avant et l’après 14 juillet 2008. Et si ce genre d’inculpation est «frauduleux» pour les amis d’El Béchir, c’est «une rupture que tout le continent (africain, NDLR) à intérêt à creuser pour être en phase avec ce millénaire qui sera celui de la justice» pour Alioune Tine, Secrétaire exécutif de la Rencontre africaine Des Droits de l’homme (RADDHO).

Depuis 2003, les forces gouvernementales, appuyées par les milices arabes Janjawids, se sont prises à des mouvements rebelles du Darfour. Les Nations unies estiment le nombre des victimes de ce conflit à 1.300.000 personnes. De son côté, Khartoum ne comptabilise que quelque 10.000 victimes.

 

Le Médecin Malgré Lui 

Le 17 juillet 1998, le statut de la CPI est adopté. Le 14 juillet 2008, la première inculpation d’un Chef d’Etat en exercice. Il fallait 10 ans à cette Cour soumise, pourtant, au principe de la rétroactivité, pour envoyer un signal si fort. Pour que son Procureur soit si certain : «j’ai présenté aujourd’hui aux juges des éléments de preuve qui démontrent que le président du Soudan, Omar Hassan Ahmed El Béchir, a commis des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre au Darfour». Le geste est symbolique. Notamment, c’est la première fois que les juges de la CPI ont à se pencher sur le crime de génocide. Le crime le plus grave reconnu par le droit international. Et le plus difficile à prouver.

La veille, des manifestations ont été organisées à Khartoum. Et ce sont les mêmes slogans de toujours : «A bas les Etats-Unis», «Notre âme et notre sang pour El Béchir»… Le correspondant de France 24 à Khartoum, Latif Zouhaïr, témoigne que «la population soudanaise voit les accusations du Procureur comme une attaque des Etats-Unis et de l’Occident en général». C’est dans ce cadre qu’il faut mettre la participation massive de tous les partis politiques soudanais à cette manifestation. Y compris les partis de l’opposition.

Pour le ministre soudanais des Affaires étrangères, «il n’y a pas eu de crime de guerre au Darfour». Il parle de «raisons politiques» derrière tout cela. Il averti que toute mesure de la CPI contre El Béchir pourrait «détruire le processus de paix» au Darfour.

Quant à El Béchir, il s’est rendu à El Facher, la capitale du Darfour. Il s’est déplacé en convoi, entouré d’hélicoptères, de soldats, de policiers et de membres de la Sécurité nationale juchés sur des véhicules avec des mitraillettes. Il a été accueilli par près de 6.000 darfourois. Il a tenu à ce que des représentants de la population de Darfour s’expriment. Les allocutions témoignent que tout le peuple soudanais est derrière son président et le processus de paix qu’il entame depuis quelques temps. Pour El Béchir «ce qu’Ocampo a dit sur le Darfour, ce sont des mensonges (…). Nous devons trouver une solution au problème du Darfour (…). Je suis venu ici pour dire une seule chose : chaque personne déplacée doit retourner dans son village. Le gouvernement devra alors fournir les services sociaux».

C’est un message envoyé également à la force mixte (Minaud) dont le quartier général est à un jet de bâton de lui. Il se trouve que cette force avait «annoncé qu’un responsable de la sécurité de l’ONU était hospitalisé après avoir été battu par des soldats du gouvernement soudanais, qui l’avaient entraîné dans une base militaire», selon une dépêche de l’AFP. Et selon Le Monde «les hommes de la Minuad stockent des vivres, de l’eau et du carburant, et se préparent à interrompre leurs patrouilles et à regrouper leurs forces sur quelques positions plus faciles à défendre». Sept soldats de cette force sont tués les mêmes jours. C’est la plus grave attaque, jamais perpétrée contre elle. Des responsables de l’ONU accusent les milices Janjawids, proches du gouvernement. Le gouvernement accuse les rebelles. Pour l’instant, cette force ne dispose que d’environ 9 200 soldats. Sur 26 000 initialement prévus. Seuls les contingents africains sont effectivement sur le terrain. Parce que Khartoum s’oppose au déploiement des forces non africaines.

Auparavant, Khartoum a menacé d’une «réaction» si l’affaire était portée devant les Nations unies. Aussitôt, l’ONU a relevé le niveau d’alerte pour son personnel travaillant au Darfour. Ban Ki-moon a appelé le Soudan à coopérer avec la CPI. Mais, surtout «à garantir la sécurité des Casques bleus et du personnel de l’ONU». Les ambassades occidentales ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au Soudan. Et vendredi dernier, le Soudan a menacé, implicitement, «de chasser la force mixte si la Cour accuserait El Béchir».

 

Avocats du diable 

Le Soudan refuse catégoriquement l’inculpation d’El Béchir. Tantôt parce qu’il s’agit de «mensonges». Tantôt en se cachant derrière l’hypothétique immunité de celui-ci. Tantôt en évoquant l’incompétence de la Cour. Pourtant, le Statut de la Cour et les dispositions de la «Compétence universelle» font de la CPI la seule cour non soudanaise compétente de juger les auteurs des crimes de Darfour. Et ce en absence d’une cour soudanaise capable de juger ‘tous’ les auteurs de ces crimes. Quant à l’immunité d’El Béchir, l’article 27, aliéna II, du Statut de la Cour est claire : «les immunités ou règles de procédure spéciales qui peuvent s’attacher à la qualité officielle d’une personne, en vertu du droit interne ou du droit international, n’empêchent pas la Cour d’exercer sa compétence à l’égard de cette personne».

La position des pays arabes n’a pas tardé à venir. Leurs ministres des affaires étrangères se sont réunis en urgence au Caire. Ils ont «appelé à donner la priorité à une résolution politique (…) et à l`organisation d`un sommet international de haut niveau afin de faire progresser la situation politique au Darfour». Quand au chef du bureau du Secrétaire général de la Ligue arabe, HishamYoussef, il a sollicité la CPI de «ne pas politiser» son action et de «ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures soudanaises». Son patron, Amr Moussa, s’est rendu ensuite à Khartoum pour présenter «un plan de sortie de crise». Ce plan comprendra la constitution d’une Cour ad hoc soudanaise pour «poursuivre les auteurs des crimes, éventuellement commis à Darfour». On a du mal à croire qu’une telle juridiction pourrait servir à autre chose qu’à garantir l’impunité au grands responsables soudanais.

Simultanément, une réunion de la direction de l’Union africaine s’est tenue à Addis-Ababa. Le communiqué final de cette réunion a affirmé «la préoccupation de l’Union Africaine face à la mise en accusation abusive de dirigeants africains». Ces propos de l’UA n’étonnent pas. Car, ce «club de dictateurs» n’a jamais protesté contre les violations des droits de l’homme. Lesquelles devenues institutionnelles en Afrique. Par ailleurs, l’UA encourageait les initiatives de la CPI en Afrique à ses débuts. Mais, elle a aujourd’hui mille et une réserves face à cette instance judiciaire, qui commence à frissonner nos dirigeants. Et «le mémorandum de collaboration entre la CPI et l’Union Africaine, qui devait être finalisé depuis de nombreux mois, a été gelé» soulignent à Washington Post des diplomates africains à Washington.

A Washington, il existe toutes les sortes d’hypocrisies et d’avocats de diable. Tout le monde se souvient du Conseiller juridique du Département d’Etat américain, John Bellinger, envisager une aide américaine à la CPI pour enquêter, précisément, sur le Darfour. Comme si ce n’étaient pas les mêmes Etats-Unis qui refusent de signer le Statut de ladite CPI. Les mêmes qui mettent de bâtons dans les roues de cette Cour. Les mêmes dont les responsables traversent les quatre points de la planète pour empêcher une éventuelle poursuite de leurs soldats pour des crimes qui relèvent de la compétence de la Cour. Les mêmes qui ont une peur pathétique de cette justice internationale sans frontières.

 

Ni dieu, ni démon 

A première vue, il parait que rendre justice aux victimes n’est qu’une question de temps. Mais en relisant la requête d’Ocampo et la procédure qu’il faut pour la comparaison devant la CPI, on se rend compte que tout ce qui s’est passé ne vaut pas le prix de la chandelle.

D’abord, Ocampo ne prétend pas qu’El Béchir a commis en personne l’un des crimes. Mais qu’il les aurait commis par le principe de la responsabilité hiérarchique. Ce qui est un maillon faible dans l’acte d’accusation. Un autre maillon faible en est l’absence de contrôle par le gouvernement de Khartoum sur les milices tribales. L’autre maillon faible le plus important en est qu’Ocampo ne s’est pas déplacé au Darfour pour chercher lui-même la vérité. Malgré les trois années qu’il a passées à enquêter sur l’affaire.

Ensuite, les trois juges de la Chambre préliminaire de la Cour savent que leur pouvoir, en absence d’une force d’exécution à leur disposition, est très limité. Et c’est le realpolitik qui définit là où se situent les bornes qui les limitent. Ils savent que s’ils donnent une suite favorable à la demande d’Ocampo, El Béchir, qui n’est pas un grand promeneur, ne sera inquiété que dans l’un des 106 pays qui ont ratifié le Statut de la CPI. Ils savent qu’il sera difficile pour la plupart de ces pays de l’arrêter à cause des accords bilatéraux qu’ils ont avec le Soudan. Ils n’ont pas oublié également que la France, qui est la source de tous les droits humains, et qui a constitué une commission d’enquête parlementaire sur le génocide de Rwanda, a refusé à ses soldats le simple droit de témoigner devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha. Ils se souviennent certainement du sommet de la francophonie en septembre 1999, où certains Chefs d’Etats africains ont été rassurés par les autorités d’Ottawa qu’ils ne seraient pas inquiétés. Et finalement, ils ont retourné sains et saufs chez eux. En dépit de la compétence universelle qui venait d’être adoptée. Et dont la première victime aurait du être, n’était la vigilance de son ange gardien, un capitaine répondant au nom d’Ely Ould Dah.

Face au refus soudanais, et aux exigences des relations internationales sur le terrain, la Cour aurait à recourir au Conseil de Sécurité de l’ONU. Déjà, Ocampo a rappelé que «sans la coopération du Soudan, le Conseil de sécurité devra analyser comment appliquer son mandat». Mais, la transmission de ce dossier au Conseil de sécurité augure de sa transformation en une affaire à des fins politiques. Il ne serait pas exclu, dans ce cas, de voir un veto russe ou chinois mettre l’affaire dans l’eau, contre des pétrodollars soudanais dont ils en ont vraiment besoin. On pourrait également voir une volte-face spectaculaire de la part d’El Béchir, vis-à-vis des Etats-Unis, à l’instar du guide libyen Kadhafi. Et ceci le suffit largement pour qu’il soit racheté de tous les vices humains qu’il aurait commis.

Ce qui a poussé l’International Crisis Group à reconnaître que «la probabilité qu’un mandat d’arrêt soit vraiment appliqué, au moins à court terme, est faible». Pour la FIDH «symboliquement c’est très important, mais nous espérons également un impact sur place».

Pour Albert Camus «ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu’elle exige». Ainsi, soit-il.

 

 

Mechri Ould  Rabbany

 

 

 

Source : La Tribune n°410 du 28/ 07/08




MAURITANIE /FORMATION DES ENSEIGNANTS

29072008

FORMATION DES ENSEIGNANTS 

HALTE AU SAUPOUDRAGE 

Depuis la faillite de notre système éducatif, l’on n’a jamais cessé de parler de la baisse des niveaux des éduqués mais aussi souvent des éducateurs. Et, pourtant, personne n’a jamais songé à définir c’est quoi ce ‘niveau’.Aujourdh’ui, trouver une solution à cet épineux problème ne se fait pas avec un coup de baguette magique, il faut cogiter sur l’origine et l’évolution de la baisse des niveaux à travers le système éducatif. 

La solution la plus adéquate que l’on a trouvée chez nous pour résoudre ce problème c’est de faire subir à tous les enseignants du pays un test linguistique en vue d’évaluer leur niveau en langue (arabe et français). 

La première évaluation linguistique de tous les enseignants du fondamental a eu lieu en l’an 2000, son résultat fut entaché d’erreurs graves : certains enseignants reconnus localement  comme étant des enseignants modèles en arabe ou en français ont été déclarés faibles dans leur langue de formation. D’autres ne connaissant pas de seconde langue ont été déclarés bilingues d’office. Et la troisième catégorie concerne les enseignants qui vont subir la formation bilingue ‘formation faite dans la seconde langue’. Après les différentes sessions de formation, la majorité de ces enseignants bilingues ont renoncé  à appliquer le bilinguisme car ils ont trouvé leurs formations insuffisantes et incomplètes, d’autres ont été obligés à l’appliquer. Voila, après ces sessions de formation ces enseignants n’ont jamais connu de suivi de proximité, ils ont été laissés à eux mêmes. La réédition de ce test a eu lieu en Juillet 2007 dans le plus grand désordre, beaucoup d’enseignants n’ont pas pu faire l’épreuve de mathématiques car les exemplaires étaient en nombre insuffisant. Là aussi c’était un véritable fiasco. 

Quand au résultat attendu, il était plus médiocre que celui du premier test d’évaluation, il ne reflète pas du tout le niveau réel des enseignants. On a l’impression que c’est du sabotage. A Dakhlet Nouadhibou la liste des enseignants à former en français est composée d’enseignants arabophones et francophones. Parmi ces derniers se trouvent des enseignants expérimentés et respectés, des enseignants de relais, des formateurs en APC mais aussi des enseignants diplômés en lettres. On ne comprend pas comment on peut demander à un enseignant qui a étudié à l’université la linguistique, la sociolinguistique, la sémantique, la grammaire de texte, la littérature comparée … de revenir en classe pour réapprendre la langue ? Voila une absurdité qu’on ne rencontre que chez nous. On ne parle pas du recrutement des formateurs dont l’avis de recrutement était imprécis et flou. 

Ce n’est pas à travers ce genre de test qu’on pourra découvrir les difficultés que rencontrent l’enseignant, c’est dans le suivi en classe car inculquer le savoir à un élève n’est pas de la théorie, c’est une science, un art qui se  pratique en classe devant les élèves, c’est également où s’opère toute l’alchimie de la pratique pédagogique. 

On ne peut pas faire ici la liste des mille et une spécialités servies dans le saupoudrage en formation continue. Dans cette situation l’on a privilégié le quantitatif au détriment du qualitatif, le résultat sur l’amélioration de l’enseignement en classe. 

Compte tenu de l’expérience du test d’évaluation  précédent, tout le monde a constaté les effets de ces coûteuses campagnes où tout se résume au saupoudrage et poudre aux yeux car , cette formation continue pendant les grandes vacances ne représente qu’un faible pourcentage des enseignants en poste et que les contenus de cette ‘formation -information’  ne tenaient compte que d’une fraction des besoins et presque jamais des problèmes quotidiens des individus sur leur travail 

                        

                                       NECESSITE DES RELAIS 

Ces enseignants relais, qu’on les appelle animateurs pédagogiques  maîtres animateurs …sont sélectionnés parmi les meilleurs maîtres, doivent recevoir la formation la plus complète possible (pédagogie, mode d’emploi des manuels, pédagogie générale …) mais aussi l’expérience des relations avec le groupe, maîtrise de l’organisation… 

Ces relais deviendront alors les moteurs de la formation continue, animateurs des journées pédagogiques, coordinateurs des activités pratiques de leur secteur géographique, découvreurs et utilisateurs des personnes ‘ressources, promoteurs des formules d’auto ‘formation…. 

‘ A la fois entraînement et transmission, ils installeront cette dynamique que tous les maîtres attendent pour ne plus souffrir de leur isolement, pour s’organiser eux-mêmes en équipes pédagogique et obtenir des meilleurs résultats ‘ (P.VALLIES). 

Si le coût consacré à la coûteuse utopie était investi dans la formation initiale, l’encadrement pédagogique sur le terrain et la formation des cadres de haut niveau, la situation serait moins catastrophique. 

Une fois de plus, faisons le sérieux, regardons devant nous et agissons aujourd’hui sur la formation initiale et continue en profondeur et en continu. 

De surcroît, il est aisé de montrer (écrivait P.VALLIES) ‘que l’action véritable et efficiente coûte presque dix fois moins cher que le saupoudrage quasi stérile’. 

Il est inéluctable que rien ne sera sauvé, amélioré, rénové, si l’action des relais en formation continue ne participe pas d’une évolution systémique. 

Enfin tout l’édifice reposera sur les compétences de l’encadrement régional qui en pense l’architecture, en assure la conception et la gestion et de l’équipe des inspecteurs qui évaluent et dictent les aménagements nécessaires. 

Sidi Bâ 

Enseignant de français à Nouadhibou 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

22072008

Du laisser aller ou du laisser faire

J’ai été contacté, mercredi 16 juillet 2008, par un jeune qui s’appelle Mohamed Ould Sidaty. Ce jeune n’est qu’un simple vendeur de boissons rafraichissantes. Il se plaignait en dénonçant une malversation flagrante. En résumé, la société Soboma lui avait vendu une bouteille qui contenait deux mouches. Dans le même contexte, il avait averti une association de protection des consommateurs. Au début, Mohamed était prêt à aller loin dans l’investigation, mais le jeune vendeur, nous avait confirmé qu’il a eu l’impression qu’ils ont changé le ton en l’espace d’une journée. En guise de réaction, il avait informé la radio nationale sur les contours de cette affaire. Celle-ci a fait le jeudi 17 juillet 2008 un débat sur le sujet. Et cela d’une manière générale. Un débat passionnant, certes, mais il n’était pas suivi d’une réaction ferme à l’encontre de cette société Soboma.
Des individus évoquent, par ailleurs, qu’en Mauritanie il est possible d’avoir des produits périmés avec des dates qui prouvent qu’ils sont consommables sanitairement. Cela peut toucher les produits pharmaceutiques ou des boîtes de conserve. On parle aussi de l’incapacité de notre système sanitaire et administratif d’avoir les outils nécessaires pour lutter contre les malversations en termes hygiéniques.
En tout état de cause, la protection des consommateurs est un sujet qui préoccupe rarement les décideurs. Dans ce chapitre qui doit être creusé pour mieux connaitre et cibler la protection des citoyens, l’impunité reste le mot d’ordre. La protection des consommateurs intègre certainement le contrôle des produits consommables et la mise en place d’un barème de prix. Certains vont arguer que nous sommes dans un système libéral qui impose un laisser aller doublé d’un laisser faire. Ce qui sous-entend que chacun doit vendre selon sa guise. Qu’en est-il de la compétitivité qui permet la baisse de prix ? Hormis, le bien fait relatif de la compétitivité dans le domaine de la télécommunication, nous pouvons dire que nous importons presque la totalité de nos produits. Ce qui n’a aucune influence positive sur la politique des prix. En effet, le libéralisme appuie le pouvoir d’achat et la créativité. Ce qui se traduirait normalement par une croissance économique réelle et soutenable.
Indépendamment d’une telle croissance, nous devons nous méfier de l’impunité dans un domaine sensible comme la consommation. A titre d’illustration, si des boissons vendues dans le commerce comportent des bactéries qui nécessiteraient des microscopes pour bien protéger les consommateurs, nos vaillants dirigeants n’ont-ils pas l’impérieuse nécessité de nous en prémunir ?

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n° 409




Le 1er congrès ordinaire de Tawassoul

22072008

Le Rassemblement national pour la réforme et le développement (TAWASSOUL, islamistes) a débuté le samedi 19 juillet 2008 les travaux de son premier congrès national. La présidente du comité de préparation du congrès Zeinebou Mint Al Karchi a déclaré solennellement que « le statut du parti fraichement proposé par la commission d’organisation apporterait en cas de son adoption une innovation allant dans le sens de l’incarnation des principes démocratiques au sein du mécanisme décisionnel de Tawassoul ». « Le chef, le président du conseil national et le secrétaire général du parti auront, en ce sens, le droit d’avoir deux mandats non renouvelables » précise-t-elle. Les islamistes semblent s’organiser pour mieux maitriser et intégrer les adhérents dans le processus de la prise de décisions. Le nombre de congressiste est de 600. Choisis selon des élections basées sur une vision populaire qui varie entre 50 et 150 individus.
Pour Gleigame Ould Ahmedou, chargé de la communication du congrès, « cette nouvelle approche permet de renouveler la classe politique du Tawassoul ».
Notons que le statut élaboré par la commission centrale de la préparation du premier congrès du parti souligne que « les responsables du parti doivent être élus parmi et par les congressistes. Ce qui donne l’occasion à n’importe quel congressiste de se présenter aux élections du bureau exécutif qui compte 50 membres dont 16 permanents. En outre, les congressistes peuvent choisir leurs candidats sans condition ni influence ». Le statut indique aussi que « la nature du vote doit être secrète. »
Il est à préciser que Tawassoul malgré son exclusion de l’actuelle composition gouvernementale en Mauritanie, reste une partie prenante de la majorité. Des membres du parti affirment, dans cette perspective, que pour le moment, ils sont dans la majorité. Ils attendent l’action de l’actuelle équipe ministérielle afin qu’ils puissent se prononcer sur la situation du pays. Des organisateurs du congrès de RNRD confirment, en effet, que les organes du parti seront opérationnels en trois jours.
S’agissant du montant du financement du parti, le chargé de la communication du congrès reconnait ne pas avoir de précisions claires là-dessous. Il a déclaré, toutefois, que « les sources de financement du parti proviennent des adhérents et des contributeurs ». Ce qui sous -entend que la nouvelle formule électorale des instances du parti bien qu’orignal, demeure contestable si les poids financiers et claniques sont de mise.
Tawassoul compte, par ailleurs, sur des adhérents qui sont de plus en plus actifs tout en travaillant dans l’ombre. Ils sont dans les associations estudiantines et les syndicats de travailleurs, ils sont de plus incontournables dans les organes de presse privés.

Rappelons que le Secrétariat national des Jeunes du Rassemblement national pour la Réforme et le Développement (RNRD) et celui des femmes ont déjà organisé leur premier congrès. L’actuel congrès demeure l’étape nécessaire pour la mise en place de l’ensemble des instances organique de Tawassoul.
Rappelons, aussi, que les figures les plus emblématiques du parti sont entre autres Jamil Ould Mansour Cheikhani Ould Beybbé, président du Conseil national du parti, Aminata Sakira, vice-présidente du conseil national. Et que le courant islamiste remonte jusqu’à la période de cohabitation entre Haidela et certains leaders islamistes du pays. Ces leaders ne sont que les défunts Mohamed Aly Ould Zeïne, Mohamed Lemine Ould Limam, Mouhamdy Ould Khaïry, Sidi Mohamed Ould Nevis … Ces derniers semblent marqués la cohabitation islamistes-militaires durant les années 80.
En effet, « la première manifestation islamique aura lieu en 1978 à la veille du coup d’Etat au moment de l’appel à l’application de la Charia. Le gouvernement leur promet la satisfaction des revendications. Mais le putsch de 10 juillet brouillera toutes les cartes politiques. Un incident de parcours, donc, pour les islamistes qui n’ont pas encore de projet. Mais une revendication. L’attente des islamistes ne durera pas. Car avec sa prise de pouvoir en 1979, Ould Haidalla va vite les réhabiliter. Ils deviennent les fils adoptifs du régime ». (NDRL)
Après la chute du régime de ould Haidalla, les islamistes modérés ont été chassés du paysage politique mauritanien. Ils sont restés dans la clandestinité et ont intégré l’opposition en attendant une formule légale. Il leur a fallu attendre 32 ans pour avoir leur propre parti. C’est en Aout 2007 qu’ils sont finalement reconnus sous la nomination RNRD.
Compte rendu de Mohamed Fouad Barrada

Source : La Tribune n° 409




De A à Z Par Tabane

22072008

De A à Z Par Tabane
B comme Baccalauréat. Le bac, c’est l’examen qui couronne les études secondaires chez nous comme dans beaucoup de pays. Cette année il s’est déroulé en pleine grève d’un des syndicats de professeurs, mais il s’est déroulé quand même. Il s’est même bien déroulé selon le ministère et nombre d’observateurs. Comme si la tutelle avait tenu à démontrer que les grévistes étaient l’ivraie. Pour le bac il y a eu des innovations cette année : les candidats ont eu droit à des cahiers à la place des copies traditionnelles. Des cahiers avec un numéro caché qui est le numéro de l’anonymat. De sorte que chaque candidat aura 8 numéros fictifs (un pour chaque matière). Fini le marché juteux que certains exploitaient. C’était au bon vieux temps ; il suffisait de donner des signes à son ou ses candidats ; du genre ‘dissetration’ (à souligner de deux traits par exemple). Dès qu’on retrouvait la copie en français on passait le numéro aux braves collègues qui corrigeait les autres matières et le tour était joué.
Au chapitre des innovations, cette année la correction n’a pas été organisée par séries mais par matières : par exemple le français, les sciences naturelles et l’arabe toutes séries confondues au collège des filles, l’histoire au lycée des garçons 2, la philosophie au lycée des garçons 1.
Seulement malgré les innovations il y a des failles qu’il faut corriger vite. Le fameux numéro n’est pas aussi protégé que l’on croit. Avec un peu de soin on peut arriver à décoller le ruban pour lire le numéro de 7 chiffres et tout remettre en place. Certain prétendent qu’avec une source de lumière bien placée en dessous, le fameux numéro apparait.
En outre la commission de l’anonymat fera face à plusieurs problèmes : certains ont mis tellement de colle que ce sera difficile de découvrir le nom et le numéro du candidat.
A propos d’anonymat d’autres suggèrent pour améliorer le système, de porter quelque part à l’intérieur du cahier, le même numéro que sur la couverture. De sorte que le travail de la commission consistera à détacher les couvertures avant la correction et à faire les correspondances après la correction.
Avec cette volonté de toujours améliorer le système, peut être arrivera-t-on un jour à la décentralisation. Cela consistera à créer des jurys autonomes pour chaque grand centre.
aboubakry_d@yahoo.fr

Source : La Tribune n° 409




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

22072008

La crise a-t-elle été réglée ? oui… non… si… pas tout à fait… on est reparti pour une accalmie avant un nouvel orage… on est sorti du temps des manœuvres à ciel ouvert… on est entré dans la saison des manœuvres à terrains couverts… cessez-le-feu, le temps de récupérer les victimes de la première bataille…
Qu’est-ce que la Mauritanie a gagné de cette crise qui aurait pu causer l’instabilité ? Qu’est-ce que la démocratie a gagné ? Qu’est-ce que les protagonistes ont gagné ? Qu’est-ce que l’opposition a gagné ?
Le dispositif du pouvoir n’est pas sorti de la crise plus clair et mieux renforcé. Au contraire. Chacun des protagonistes a perdu des plumes. Mais l’Etat reste le grand perdant parce qu’il en sort encore fragilisé.
Le Président de la République, même s’il donne l’impression d’avoir manœuvré intelligemment, a perdu en laissant une partie de ses soutiens se rebeller contre lui. En entrant dans la bataille, il s’est exposé lui-même. Il est désormais dans l’arène. Mais il a révélé une faiblesse essentielle, celle de ne pas avoir été capable de préserver l’unité de ses soutiens autour de sa personne. En disant aux députés frondeurs qu’il a rencontrés samedi, que la formation est le résultat d’une concertation entre les Généraux et le Premier ministre, le Président tente de sortir de la bataille. S’il y a des ressentiments, c’est à l’encontre des auteurs du montage. Est-ce suffisant ?
Les Généraux sortent plus exposés que jamais. L’engagement de leurs proches, puis la nomination d’autres proches, sont autant d’éléments qui les projettent encore plus sous les projecteurs de la scène actuelle. Ils y perdent dans la mesure où ils concentrent sur eux tous les ressentiments – justifiés ou non.
Les députés frondeurs ont donné la preuve qu’ils sont mus par d’autres volontés que la leur. Ils ont ‘bougé’ officiellement pour dénoncer la composition du gouvernement pour la présence de ceux qu’ils appellent «les symboles de la gabegie». Vu le parcours de la plupart des frondeurs, on n’a pas vraiment cru à ce prétexte-là. Après la formation du nouveau gouvernement, les députés frondeurs se rendent compte – pour ceux d’entre eux qui ne le savaient pas – que l’agenda pour lequel ils ont roulé était autre. Ils doivent ruminer leurs ressentiments et avaler la pilule.
On a aujourd’hui l’impression que trois présences dérangeaient : celle de l’UFP, de Tawassoul et de quelques personnalités, notamment Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen à l’intérieur, Dahane Ould Ahmed Mahmoud dans le gouvernement, Kane Moustapha au pétrole et Sidney Sokhona aux relations avec le Parlement. Pour des raisons personnelles ou d’intérêt ou de conflits locaux. Pas plus. Que les députés avaient bataillé plus pour avoir une main-mise sur le bureau de l’Assemblée et exclure leurs vis-à-vis restés dans les rangs.
L’Opposition n’a pas su profiter de la discorde. Allant trop vite en besogne et croyant à la fin toute proche du régime de Ould Cheikh Abdallahi, certains partis se sont empressés d’apporter leur soutien à la fronde. Au lieu de rester dans l’expectative en se délectant de la déconfiture en face. Les problèmes de partage de pouvoir n’ont finalement pas été posés. Le débat sur les institutions démocratique a été ajourné. L’ouverture des medias publics n’a pas été discutée. Rien que l’alignement sur telle ou telle tendance…
De cette crise nous n’aurons rien gagné. Plutôt tout perdu. La confiance qui devait animer les rapports entre les différents partenaires du pouvoir, a été entamée. La recomposition du paysage politique a été remise à plus tard. La remise en cause des institutions démocratiques tout comme la discussion du rôle des différentes composantes de l’institution républicaine, n’a pas eu lieu.
…Dr Abdallahi Ould Ebnehmeida au lieu de Mohamed Yehdhih Ould Mokhtar el Hacen, Sidi Ould Tah au lieu de Bebbaha Ould Ahmed Youra, Camara Bakary Harouna au lieu de Sidney Sokhona, Baba Ahmed Ould Sidi Mohamed au lieu de Cheikh el Avia Ould Mohamed Khouna, Bal Amadou Tijane au lieu de Kane Moustapha, Lemrabott Ould Bennahi au lieu de Ould Hamma Vezaz… on peut continuer pour arriver toujours au même résultat : qui perd dans ces échanges ? Et qui gagne ? Pas forcément la Mauritanie…

Source : La Tribune n° 409




Nouveau Gouvernement : De quoi la montagne a-t-elle accouché ?

22072008

Nouveau Gouvernement :
De quoi la montagne a-t-elle accouché ?

Après une vacance de quinze jours environ et une crise sans précédent, Yahya Ould Ahmed Waghf (nous l’avons toujours transcrit comme ça) a enfin pu ‘monter’ une équipe. Elle n’est certes pas la sienne, mais elle peut former une classe dont il sera le chef.
Comment cette équipe a-t-elle été montée ? Qui a gagné dans le bras de fer dont elle est issue ? Est-ce un Gouvernement de sortie de crise ? Quels lendemains politiques ?

Après quinze jours de conciliabules, Ould Ahmed Waghf, l’ancien nouveau Premier ministre annonce son Gouvernement. On croyait impossible le montage, vue la contestation que provoque déjà la nomination du Premier ministre. Comme annoncé, c’est au lendemain du retour du Président Ould Cheikh Abdallahi de France que la nouvelle formation a été rendue publique. Ce qui donne l’impression que le montage a été fait en l’absence du Président. Mais à y voir de près on ne peut faire cette conclusion. Pour mieux comprendre, nous avons choisi de vous présenter les différentes grilles de lecture explicative aux choix des hommes.

Toute lecture est permise

D’abord dire que «ce gouvernement est le fruit d’un consensus entre les différents protagonistes de la crise qui a secoué le pays plus d’un mois durant». La composition de la formation «répond, selon les tenants de la thèse du compromis, aux exigences des uns et des autres, à la volonté du Président de sauver le maximum, à celle des généraux de nommer leurs hommes». C’est oublier que tous les hommes politiques qui sont allés soutenir le candidat Ould Cheikh Abdallahi, l’ont fait sous injonction des militaires. Ils sont donc «les hommes des militaires». Si l’objectif avait été de nommer leurs hommes, l’épreuve était gagnée d’avance.
Ensuite soutenir que les Généraux ont finalement imposé leur volonté et «fini par mettre sous leur coupe le gouvernement». Ceux qui soutiennent cette thèse sont souvent les mêmes qui disaient, il y a peu, que les militaires ont continué d’exercer le pouvoir. «Par procuration, parfois directement».
Certains disent que «ce sont les frondeurs qui ont remporté la première manche de la confrontation». Ils ont réussi à écarter quelques-uns des hommes dont ils ne voulaient pas (lesquels ?). Ils ont écarté les deux partis d’opposition (UFP et TAWASSOUL). Ils ont imposé de nouvelles têtes.
Pour d’autres, c’est par contre le Président Ould Cheikh Abdallahi qui a remporté la manche. Il a réussi à garder l’essentiel de la formation contestée. Il a renforcé ceux qui sont restés de cette formation. Il a manœuvré pour nommer des ministres contestés par les frondeurs tout en étant proches des Généraux sur le compte desquels on compte les «faiblesses du Gouvernement».

Satisfaction ‘mesurée’

Officiellement, les Généraux Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani, n’ont exprimé aucune attitude. On essaye de lire leurs positions à travers le comportement de ceux qui sont sensés être proches d’eux. On guette donc et on attend le positionnement des parlementaires frondeurs ou de certains d’entre eux. En attendant, c’est plutôt la satisfaction emprunte de réserve par-ci de dépit par-là, qui prévaut dans le camp de la Majorité.
«Satisfaction mesurée» des 39 députés de la majorité ayant dirigé la fronde pour «la prise en compte partielle» des doléances. Les députés ont en même temps souligné «qu’ils déplorent, cependant, le manque de concertation qui a prévalu lors de la formation de ce gouvernement malgré les promesses formelles faites dans ce sens». Ils ont notamment regretté «l’exclusion de certains partis et segments de la majorité de la nouvelle équipe gouvernementale. Avant de demander «au Président de la République et au Premier Ministre d’œuvrer à réparer le préjudice subi par certains partis et segments de la majorité car il y va de l’unité de celle-ci». Et d’engager «le gouvernement à asseoir rapidement les bases d’une gestion saine et transparente des affaires publiques, en rupture avec les pratiques du passé et à rendre compte au parlement, comme l’exige la loi, de l’exécution du budget et des programmes majeurs de l’Etat».
Pour donner l’impression de répondre à une demande populaire, les frondeurs avaient insisté sur «le départ des symboles de la gabegie». Même si la demande venait de Moustapha Ould Abdeiderrahmane, Mohamed el Mokhtar Ould Zamel, Louleid Ould Wedad, Sidi Mohamed Ould Mohamed Val, Kaba Ould Elewa, Me Yahya Ould Abdel Qahar… et j’en passe, l’expression fut galvaudée pour stigmatiser des personnalités données. Principalement visés : Yahya Ould Ahmed Waghf, Cheikh el Avia Ould Mohamed Khouna, Boydiel Ould Hoummoid, Bebbaha Ould Ahmed Youra, Kane Moustapha, Sidney Sokhona… pour ne citer que les plus en vue.
Yahya Ould Ahmed Waghf a été maintenu comme Premier ministre. Tout comme Ould Hoummoid. Cela ne dérange visiblement personne. Les autres ont été remerciés. Avec une sorte de compensation pour eux : le Président les a reçus un à un pour les rassurer sur leur avenir et leur a demandé de fournir des noms pour la nouvelle formation. A chacun fut choisi un alter ego. Tout cela pour faire avaler la pilule de la stigmatisation. Le passé ne pesant finalement pas, nous allons essayer d’avoir d’autres explications.

Pas si mauvais

Les analystes et observateurs sont vite allés en besogne. A chacun des protagonistes, un ensemble de portes-feuilles.
Le nouveau ministre de la Justice Ahmedou Tidjane Bal, jusque-là président de la Haute autorité de la presse et de l’audio-visuel (HAPA). Brillant avocat, son bilan à la tête de la nouvelle institution de régulation est plutôt mitigé. On lui reproche son positionnement politique qui l’a amené à assister, au grand jour, au congrès constitutif de Adil-PNDD. Sa nomination à la tête de la justice coïncide avec le changement de l’ordre protocolaire : le département de la Justice devenant le premier sur la liste des départements ministériels. Technicien du département, il pourra reprendre les «choses» là où Me Ould Bettah, ministre pendant la transition, les avait laissées. Après l’ancien Bâtonnier, les réformes introduites ont été abandonnées et/ou détournées. Limam Ould Teguedi, pourtant de la famille de la Justice, n’a rien fait. Yahya Ould Sid’el Moustaph n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit.
C’est Dr Abdallahi Ould Ebnehmeida qui remplace Cheikh el Avia Ould Mohamed Khouna au ministère des affaires étrangères. Ould Ebnehmeida compte parmi les intellectuels du pays avec une solide expérience dans l’administration. Il a été secrétaire général de ministère avant d’être ambassadeur en Libye. Même si certains le comptent sur «le quota du Général Ould Abdel Aziz» dont il est le cousin, sa nomination est d’abord due à ses relations avec le Président. Son caractère – «rugueux» pour certains, «droit» pour d’autres – présuppose une remise à niveau de notre diplomatie. Au lendemain de la transition, rien n’a été fait de profond pour repositionner la Mauritanie. Ould Mohamed Khouna qui avait l’expérience et le tempérament nécessaires n’a pas eu le temps de lancer les réformes qu’il faut.
Le Ministre de la Défense nationale n’est autre que Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine. Le même. On le compte sur le Général Mohamed Ould Ghazwani, chef d’Etat Major national. Un marabout-guerrier ou un guerrier-marabout, en tout cas sans histoires. Convenable donc pour le poste.
Pour le ministère de l’intérieur, le choix s’est porté sur Mohamed Ould R’Zeizim. Un administrateur chevronné, aussi un homme de consensus. Ancien Wali de Nouakchott, du Gorgol, de l’Adrar, de Nouadhibou…, Ould R’Zeizim s’est fait une belle image d’homme de principe et de dialogue. Jamais son action, en tant que Wali, n’a suscité de mécontentements dans le camp de l’opposition lors des élections de la première ère démocratique. Il a été victime de ce que nous avions appelé à l’époque «le délit de parenté». En prison au lendemain du 8 juin 2003, il fut destitué. Une traversée du désert qui prendra fin à la fin de la transition avec sa nomination à la tête de la SMCP. Il est nommé ministre de l’hydraulique et de l’énergie le 11 juin dernier. La réforme de l’administration et son assainissement commencent par une profonde remise en cause des choix de ses prédécesseurs. Et il y a urgence…
Le nouveau Ministre de l’Economie et des Finances est Sidi Ould Tah, jusque-là conseiller du Premier ministre. Il a la compétence, la rigueur morale et l’engagement nécessaires pour être là où il est. Il est vrai qu’il remplace un dinosaure : Abderrahmane Ould Hamma Vezaz, accusé par les amis de Zeine Ould Zeidane – ancien Premier ministre – mais aussi par ses collaborateurs, d’être «à l’origine des échecs des réformes financières entreprises sous la transition». Nommé pour avoir été au Niger au «bon moment», Ould Hamma Vezaz est resté le seul maître à bord de l’économie depuis l’accession au pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. On le dit partant pour le Cabinet présidentiel, une place qui lui sied mieux, lui le politique avéré.
Mohamed Ould Amar part pour l’éducation après avoir accompli son baptême de feu à la communication et à la culture. Jeune directeur de l’Ecole normale supérieure de Nouakchott, Ould Amar a été révélé au Président lors de la campagne électorale. Le défi est immense pour lui. Remplacer Nebghouha Mint Haba n’est pas chose aisée. Voilà une femme qui a pu «remuer la terre» d’un secteur pourri par des décennies de politiques hasardeuses et d’absence de volonté. Les réformes – maladroitement entreprises pour certaines – engagées par Mint Haba donneront des résultats dans quelques années. En attendant, on peut dire qu’elle aura déblayé le chemin devant ses successeurs. Sauront-ils en profiter ? Ce n’est qu’à l’issue des états généraux de l’éducation que nous le saurons.
Comme Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le choix s’est porté sur Hemida Ould Ahmed Taleb. Un inconnu auquel on trouve quand même une relation avec le Général Ould Ghazwani qu’on dit proche de lui. Il occupe l’un des postes qui avaient été confiés aux Islamistes de Tawassoul.
Au ministère des Affaires islamiques et de l’Enseignement original, on fait revenir Yahya Ould Sid’El Moustaph qui y a été lors de la transition. Sans doute plus à l’aise ici. Par la même occasion, on remercie Dahane Ould Ahmed Mahmoud sous prétexte (officiel) que son parti n’est pas représenté au Parlement. En réalité, c’est un ancien militaire qui ne plait visiblement pas aux cadets. Aussi s’est-il empressé d’apporter son soutien à la fronde, ce qui l’a éloigné de la présidence.
L’APP gagne un gros lot en ayant la gestion du ministère de l’Emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle. C’est Mohamed Lemine Ould Nati qui est choisi pour ce département. Ce professeur engagé, nassérien de la première heure, premier démissionnaire du PRDS et de son poste de directeur de cabinet en 1996, se retrouve à la tête d’un département central. Emploi et formation. Quelles visions pour son parti ?
Ministre de la Santé : Camara Bakary Harouna. Le DAF du ministère de la pêche aurait été nommé à ce poste en compensation du départ de Sidney Sokhona. Avec la formation du premier gouvernement de Ould Ahmed Waghf, le poste était revenu à l’UFP qui y avait placé Mohamed Ould Khlil, nassérien pur et dur, longtemps Wali de Nouakchott.
On les attendait au ministère du Pétrole et des mines, parce qu’on croyait que derrière cette crise se profilait la volonté de contrôler l’économie du pays. Le choix s’est porté sur Baba Ahmed Ould Sidi Mohamed, ancien président de la commission nationale des hydrocarbures. On se souvient qu’il avait été démis de ses fonctions à la suite de l’affaire de la raffinerie canadienne. Il aurait, à l’époque, reçu un ordre de Ould Ahmed Waghf, alors ministre secrétaire général de la présidence, pour octroyer l’agrément. Le Premier ministre Ould Zeidane aurait voulu «toucher», à travers son limogeage, celui qui sera son successeur. C’est une réhabilitation qu’il devrait à Ould Mohamed Khouna dont il aurait été le choix.
«Ce sera la parfaite voix de son maître, avec une note de droiture feinte». C’est le commentaire d’un connaisseur de Sy Adama choisi pour l’Union pour la démocratie et le progrès (UDP) à la pêche. Après moult tractations, l’UDP de Naha Mint Mouknass a dû se résoudre à accepter un seul porte-feuille. C’est à Sy Adama, ancien patron du projet Assaba, puis du micro-crédit, que revient ce poste. Député et Maire, il avait signé avec les frondeurs. Le défi pour lui ce sera de faire mieux que son prédécesseur. C’est déjà très bien pour le pays.
Pas grand-chose à dire de Selma Mint Teguedi, maintenue au ministère du Commerce et de l’industrie. Tout comme Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil maintenu lui comme Ministre de l’Artisanat et du tourisme. Assistera-t-il aux départs et aux arrivées du Président de la République pour autant ?
Yahya Ould Kebd ne quitte pas la Décentralisation et l’aménagement du territoire. Il y est bien. Ce n’est pas le cas de Corréra Ishaga, ministre APP de l’agriculture. Quand le Premier ministre se rend dans la Vallée du Fleuve, il était question de visiter le projet extension du Walo. Pourquoi cela n’a pas été fait ? Parce que plus de 300 millions d’ouguiyas ont été investis pour rien (nous y reviendrons dans nos prochaines éditions). L’année agricole lancée solennellement par le Président Ould Cheikh Abdallahi sera certainement un fiasco. Il n’y a pas que la mauvaise préparation qui est en cause, mais aussi et surtout des raisons techniques dont la moindre est la longue crue de la Vallée prévue cette année. Les maintiens qui ne souffrent point de remise en cause concernent Fatimetou Mint Khattri à la condition féminine, Moustapha Ould Hammoud à la fonction publique et à la modernisation de l’administration, Mohamed Ould Bilal à l’équipement, l’urbanisme et l’habitat, Sid’Ahmed Ould Raïss au Budget et Bâ Abdoulaye au secrétariat général du gouvernement. Mohamed Ould Mohamedou reste à la délégation des Mauritaniens de l’étranger.
Mission impossible pour Ely Ould Haimoud qui devra remplacer Bebbaha Ould Ahmed Youra aux Transports. Ould Ahmed Youra qui est un politique d’envergure nationale, a, en quelques semaines, annoncé la couleur en lançant des chantiers liés à la réforme du secteur des transports. L’élan peut-il continuer ? Le directeur régional de la NASR, au niveau de Nouadhibou, a fort à faire. Inconnu du sérail politique et administratif, il fait partie de ceux qu’on met sur le compte des Généraux. Tout comme Mohamed Ould Bahiya qui devient ministre de l’hydraulique et de l’énergie. Ancien directeur de la SOMELEC, sa gestion a été décriée durant la transition. Son prédécesseur, devenu ministre pendant la transition, a écrit un livre où il indique avoir trouvé la société avec un déficit de 3 milliards, déficit qu’il avait commencé à résorber, et quelques mois après son départ, elle sera à une dizaine de milliards. En fait quand Ould Bahiya quitte la société, elle est à 13 milliards de déficit. Au bas mot.
Pour une première, c’en est une : Abdallahi Salem Ould El Mou’alla, Ministre de la Culture et de la communication. Issu de l’un des plus grands ensembles maraboutiques du Trarza, sa nomination est le prélude à quelques bouleversements politiques dans la région qui a voté massivement le candidat Ahmed Ould Daddah. Selon certaines sources, le Président de la République aurait entrepris une OPA sur les députés RFD de R’Kiz, région de Ould Mou’alla. Grand poète, érudit, ce professeur a été consacré par l’émission «El Bedda’».
En remplacement de Sidney Sokhona, au ministère chargé des Relations avec le parlement et la société civile, c’est Lemrabott Ould Bennahi. Ancien conseiller du Premier ministre, il est resté un soutien indéfectible de Zeine Ould Zeidane qui l’a amené ici (voir «ministres qui provoquent»). Maintien pour l’APP au Ministère chargé de la Jeunesse et des sports de Mohamed Ould Borboss, ancien maire d’El Mina.
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Environnement : Abdellahi Ould Dahi. Il fait partie de ceux que les malicieux appellent «ministres par accident». Il s’agit de ministres nommés à la dernière minute. Lui a été nommé suite au désistement de son cousin Abdallahi Ould Bennane qui a refusé de rempiler jugeant que ce n’est pas la peine. De Mekfoula Mint Agatt nommée au Maghreb Arabe après le refus de Sow, président de la Cour des Comptes d’occuper le poste. Et de Aicha Mint Verges pour faire un peu plus dans le dosage.

Fin de crise ?

Finie donc la crise ? Pas forcément. La nouvelle formation va certainement créer de nouveaux mécontentements. Les parlementaires ayant découvert subitement un pouvoir sur le gouvernement, il n’est pas exclu de les voir engager bataille après bataille. Surtout que la nouvelle composition révèle des équilibres régionaux énormes. Comme elle utilise les contradictions locales dont elle est le reflet.
8 ministres issus du nord (Adrar, Tiris Zemmour et Inchiri), soit plus du quart du Gouvernement. Toutes ensembles ces régions ne comptent pas quatre vingt mille électeurs. Qu’est-ce qui justifie ce poids ? Si l’on ajoute les deux ministres ressortissants du Tagant – Ould Ahmed Waghf et Ould Hammoud – et Aicha Mint Michel Verges dont la promotion serait plutôt liée à son conjoint, le colonel Ahmed Ould Weiss, officier très en vue dans l’échiquier et originaire d’Akjoujt, on dépasse largement le tiers du gouvernement.
En matière de représentation, si l’on prend le Tagant, l’Adrar, le Tiris et l’Inchiri, on a un total de 13 députés pour 89.896 inscrits et 10 ministres (Ould Ebnehmeida, Ould Med Lemine, Ould Nati, Ould Brahim Khlil, Ould Hammoud, Ould Ahmed Waghf, Ould Raïss, Ould Haïmoud, Ould Bahiya, Ould Dahi et Mint Michel si l’on veut). Le Gorgol, le Guidimakha et l’Assaba totalisent environ 208.000 inscrits pour 16 députés et 9 ministres (Bal Amadou Tijane, Sy Adama, Mint Teguedi, Camara Bakary, Ould Amar, Ould Sid’el Moustaph, Ould Bennahi et Mint Michel Verges –la fille du grand Michel ne peut être comptabilisée ailleurs en fait). Nouakchott n’a que 11 députés pour une population électorale de 234.376 inscrits, et …aucun ministre. Au moment où les deux Hodhs ensembles totalisent 17 députés pour 209.049 inscrits avec 7 ministres (Ould Rzeizim, Mint Agatt, Ould Borboss, Mint Khattri, Ould Sidi Mohamed, Ould Ahmed Taleb et Ould Mohamedou), le Brakna et le Trarza ensembles 19 députés pour 233.310 inscrits avec 6 ministres (Ould Kebd, Ould Bilal, Bâ Abdoulaye, Ould Mou’alla et Ould Tah). Un député du nord a une assise électorale au moins deux fois moins importante qu’un député du Gorgol, du Hodh ou du Trarza. Des arrangements électoraux qui répondaient à certaines préoccupations de l’ère Taya. Il est temps de les revoir peut-être.
Il faudrait aussi clarifier le rôle de l’Assemblée nationale, peut-être étendre ses compétences dans la perspective de renforcer le régime parlementaire. En même revoir le rôle du Sénat et des sénateurs.
Tout compte fait, le gouvernement issu de la crise qui a secoué le pays, ne reflète pas forcément le rapport de force réel des protagonistes – si jamais il y en a. Il est plus l’expression de manœuvres dont l’objectif est de donner le temps au temps. La culture dominante étant celle qui croit que tout problème a une durée de vie qu’il faut apprécier et supporter en attendant qu’il meurt de sa belle mort.

MFO

Encadré :
Ministres provocateurs

Ils sont quelques ministres choisis sur la base de la provocation de certains ténors de la fronde. Il s’agit de Ely Ould Haïmoud (transports) dont le choix ne doit pas plaire au député Mohamed el Mokhtar Ould Zamel dont il est le concurrent direct dans la politique locale. De Lemrabott Ould Bennahi dont le choix est une provocation au député Kaba Ould Elewa qui a dû souffrir sa concurrence dans le département de Kankossa. Ould Elewa est le seul député qui peut se prévaloir d’une assise électorale forte chez lui. Passé au premier tour avec 52%, il a été essentiel dans l’important score de Ould Cheikh Abdallahi dans ce département (près de 87%). Il a été le dernier à signer la motion de censure alors qu’il était déjà agréé par le Maroc comme Ambassadeur. C’est un geste fort de dépit de la part de la présidence.
De Ould Ahmed Taleb dont la nomination est une sorte de promotion de concurrence à Khattar Ould Cheikh Ahmed au sein de l’ensemble auquel il appartient, mais aussi une nouvelle donne pour tout le parlement.
Le renforcement de Ould Rzeizim et sa promotion à l’intérieur – la place qui lui sied – est un geste provocateur aux députés du Hodh el Gharby ayant signé la motion et qui avaient pour revendication principale sa mise à l’écart. Aussi la promotion de Mint Agatt n’est-elle autre chose qu’un ‘coup’ contre le député de Tamchekett, pilier de la fronde, et qui doit voir là un renforcement de son camp adverse.
En fait et pour être bref, on dira que les députés restés dans les rangs ont été finalement récompensés à travers la promotion de leurs poulains. Que ceux qui ont porté haut et fort l’étendard de la fronde ont été sanctionnés. Avec l’impossibilité pour eux d’affronter à nouveau le Président, les parrains supposés ayant été satisfaits…

Encadré :
Conciliabules continus

Le Premier ministre Ould Ahmed Waghf a reçu, jeudi dans son bureau, une délégation des Nouvelles forces du changement (NFC). Au cours de la rencontre, sollicitée par le Premier ministre, le chef de file des NFC, Sidi Ould Ahmed Déya, a insisté sur les points suivants : «La situation grave du pays et la nécessité de trouver des solutions rapides aux problèmes posés, les positions de principes des NFC annoncées à plusieurs reprises durant la crise, l’attachement de la mouvance au principe du changement réel et responsable à travers les institutions légales, l’appartenance de la mouvance à la majorité présidentielle et la nécessité de la refonte de celle-ci sur des bases saines, démocratiques et dans le respect mutuel.» Sidi Ould Ahmed Déya a «déploré le fait que cette rencontre n’ait pu avoir lieu à l’occasion des concertations qui avaient précédé la formation du gouvernement.»
Le Premier ministre, lui, «a félicité les NFC pour les positions responsables qui se sont traduites durant la crise par des appelles constants au dialogue et au respect des institutions démocratiques, il a affirmé par ailleurs son attachement à éliminer les séquelles de la crise et les causes qui y ont conduit, il a réaffirmé sa volonté de regrouper toutes les composantes de la majorité présidentielle et de les réorganiser sur des bases solides à travers le dialogue et la concertation.» (source : Cridem)

Source : La Tribune n° 409




chronique Mansor

22072008

De toutes les structures possibles de la société civile – il y en a de toutes sortes : entreprises, sociétés anonymes, coopératives, syndicats, partis politiques, fondations, associations sportives, culturelles, cultuelles ou humanitaires – il en est une particulièrement intéressante pour la vie de la cité : les solidarités de proximité. Assez peu développées dans les pays industrialisés – du moins de manière formelle : les bandes de quartier, souvent mafieuses, en sont l’expression la plus banale – elles demeurent, ailleurs, un élément-clé de la vie populaire, pas forcément, non plus, déclarées auprès de l’Etat, mais toujours bien intégrées aux us et coutumes dont elles prolongent les liens au sein de la modernité. On trouve ainsi, à Nouakchott, des quartiers fortement marqués par des contingences tribales ou ethniques, influant visiblement sur la vie communautaire. Des systèmes traditionnels d’échanges localisés, de soutien médical, des organisations régulières d’assainissement, d’enseignement coranique, voire de distribution d’eau, se perpétuent ou s’initient, parfois en relation avec tel ou tel village de brousse dont sont originaires les habitants du secteur.

Ce n’est pourtant ni la règle, ni la tendance évolutive : les occupations extra-territoriales, les contingences budgétaires, les migrations intra-citadines, l’hétérogénéité progressive du peuplement, se combinent pour désagréger, peu à peu, ces solidarités de voisinage, abandonnant du temps et de l’espace à toutes sortes d’insécurité. C’est particulièrement évident dans les quartiers centraux, plus densément consacrés aux affaires, mais c’est aussi perceptible dans les zones à forte proportion de locataires ou dans celles peuplées de privilégiés, moins nécessiteux d’entraide quotidienne. Cette déliquescence sociale est profondément contraire à l’esprit de l’islam, pour qui les liens de voisinage sont, au moins, aussi importants que les liens familiaux . Toutes les cités musulmanes traditionnelles, notamment dans l’empire Ottoman, furent organisées sur des modèles de gestion très décentralisée des quartiers, tenant compte des spécificités locales, culturelles, cultuelles ou autres. Si ces modèles s’appuyaient, généralement, sur des hiérarchies sociales traditionnelles – corporations, tribus ou confréries, notamment – d’autres systèmes, plus démocratiques, n’étaient pas exclus. Ils signalaient, tous, l’importance de la concertation dans les décisions communautaires, magnifiée dans la Révélation Coranique (cf., notamment, 42 – 38).

On peut admettre, cependant, que certains choix, de portée nationale ou internationale, impliquant des dimensions techniques et scientifiques complexes, ne puissent faire l’objet de débats populaires élargis. On peut admettre, également, pour des raisons analogues de réduction, souvent cruciale, des temps de latence entre problème et solution, que les systèmes de contrôle de ces décisions soient basés sur des scrutins majoritaires, éventuellement nuancés par des représentations proportionnelles. Mais il faut aussi admettre les vices de ces formules, qui impliquent une coercition, plus ou moins grande, d’une partie, plus ou moins importante, de la population sur une autre. Si la quasi-totalité des conflits sociaux, des actes terroristes et autres rébellions irrédentistes découlent de cette débilité, d’autres conséquences, moins spectaculaires, sont plus profondément délétères de la vie sociale : repli sur soi, individualisme ou démission d’autorité, notamment parentale. Or, c’est essentiellement dans la relation de proximité que se jouent ces positionnements, autour de situations généralement simples, souvent triviales et quotidiennes. On est, de fait, au plus près des problématiques sociales primitives, dont on a vu qu’elles faisaient appel, banalement, à des concertations collectives, fondées sur la recherche du consensus unanime .

Il existe, en islam, un concept permettant d’envisager les limites physiques d’une association de proximité : le cercle des quarante maisons formant voisinage, selon un célèbre hadith du prophète Mohamed – P.B.L. Dans l’optique de décisions communautaires d’intérêt très localisé, discutées sur le mode du consensus unanime, on est, effectivement, dans un ordre viable de grandeur, autorisant des débats dynamiques sans imposer des sessions marathoniennes de travail. Dans quelle mesure ces structures de solidarité, appelées à gérer des systèmes localisés d’échanges, de soutien médical ou financier, d’assainissement, d’enseignement coranique ou de distribution d’eau, peuvent-elles être contrôlées, soutenues, intégrées, par l’organisation politico-administrative globale ? On parle ici d’articulations entre différents niveaux de complexité, gérés selon des processus spécifiques de décision, longtemps considérés comme inconciliables. A cet égard, on se rappellera la pénétrante distinction proposée par Hanna Arendt : le pouvoir se démarque de la coercition en ce qu’il se constitue collectivement. Les solidarités de proximité ne peuvent se construire que dans la non-violence, dans le respect intégral de la personne humaine, affirmant, en permanence, la valeur essentielle de chaque individu, lui reconnaissant un droit imprescriptible de parole et de décision, et demandent une relative distanciation des structures de l’Etat, potentiellement violent, quant à lui, « objectivement » autoritaire, notamment et paradoxalement, du fait de ses missions de cohésion et de régulation. Dès lors, la notion de contrat apparaît indispensable. On est, de fait, au cœur de la démocratie.

Source : La Tribune n° 409







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