Le RNRD élit ses instances/la démocratie, version Tawassoul

29 07 2008

 Le RNRD  élit ses instances/ la démocratie, version Tawassoul

 

Bureau politique, Conseil national, Haute autorité d’orientation et de consultation. Telles sont les instances du parti Tawassoul qui ont été renouvelées samedi 26 juillet 2008.  Pas de surprise. Le président Jemil Mansour est reconduit.  Le statut du parti  nouvellement  adopté et  qui fait toujours l’objet de controverse prévoit que le président doit être choisi selon  les propositions de congressistes. Ces derniers doivent  proposer secrètement des noms.  Ensuite, 13 propositions de ces noms sont tirées au sort. Bizarrement, les noms figurant dans  les  13 propositions  de congressistes islamistes tirés  par hasard ne sont qu’une répétition de la figure emblématique du parti Jamil Mansour.  Bien que des noms, comme Ould Ghoulam, aient été choisis comme proposition dans le poste du président, celui-ci  n’a pas eu la chance d’être parmi  les candidats tirés au sort.  Le  président sortant de RNDR  a pu rafler 93% des votes.  La deuxième étape électorale  était celle du choix des organes du parti. Ainsi, les actuels  hommes forts du parti  sont respectivement  le président sortant  Ould Mansour,  Abdellahi Diakité Secrétaire général (précédemment membre du bureau politique). Mohamed Mahmoud Ould Syïdi (ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement démissionnaire de Ould El Wagef) coiffe le  conseil national. Ould Goulam  ancien vice président du conseil national est élu comme les autres membres des instances du parti selon une liste qui intègre l’ensemble des candidats. Ce dernier est  mandaté pour le   poste du vice président    du parti. Il n’est pas le seul. Ils sont sept.    

Les autres  candidats  des organes de Tawassoul sont  élus, eux aussi,  selon  des listes qui regroupent l’ensemble des postulants  pour chaque instance dirigeante. Certes, cette  formule  semble permettre des élections souples. Mais, elle renforce le mécanisme du clan. Pourtant, certains congressistes voulaient que les candidats soient élus un à un. Mais ils n’étaient  pas majoritaires pour que leurs visions soient adoptées.       

Il est à préciser que des militants du parti  étaient contre la personne de  Jemil Mansour, lui reprochant l’intégration au gouvernement démissionnaire  de  la majorité de Sidi Ould Cheikh Abdellahi.  Les innervations des  invités étrangers au congrès de RNDR  ont fait leurs effets psychiques en donnant un  supplément de poids  au président Jemil Mansour.    

Par ailleurs, un intervenant expliquait  que le conseil national  devrait être habilité à  modifier le statut. L’actuel statut   comporte des failles qui impliquent une rectification touchant la forme et non le fond  des dispositifs du statut. Un autre intervenant avance que «  le conseil national doit avoir le droit de changer une seule fois le statut. Et cela    selon un principe qui ne transgresse pas les propositions de l’assemblée générale ». 

Un représentant de la commission de l’élaboration du statut   rétorquait «  qu’un  changement radical touchant le fond  n’est pas  nécessaire ».  « Ce qui est indispensable c’est  de ne pas toucher les compositions des instances et les mécanismes des élections. En effet, 170 des sages  composant le conseil national, peuvent   à mon avis réviser  le statut». annonce l’animateur de la séance.  

Finalement, l’article 59 a été adopté. Celui-ci permet au conseil national de modifier le statut du parti à condition que le quorum  des 2/3 soit respecté.  Le changement doit intervenir dans la première séance du travail du conseil national.

Les orientations du parti  soulignent l’attachement au pluralisme comme une base d’enrichissement culturel. En fait,  la vision de Tawassoul  se focalise sur  «  une   mission de rénovation réunissant dans un équilibre parfait les principes et les besoins du temps ; s’éclairant par les directives des savants et le fruit de la jurisprudence  légués  par les savants et leurs  doctrines juridiques et comportementales, transcendant dans son optique médiane tout fanatisme, délaissant toute paresse ou laxisme intellectuel ou moral, reconnaissant le droit à la différence à la particularité. Cette vision considère  que l’Islam est une propriété commune entre  tous les mauritaniens, nul n’a le droit  de l’accaparer ou d’en priver quiconque. »

S’agissant  de la conception  démocratique, les idéologues islamistes soulignent leur alignement au multipartisme et au changement pacifique du pouvoir. Les dirigeants islamistes   refusent  à travers leurs orientations politiques  le totalitarisme  et ses justifications, le parti  unique et ses mobiles et ils considèrent  que la  démocratie  avec les champs de liberté, de concurrences de surveillances et de transparences est  une  clef pour le développement, le progrès et la rénovation .

Pour ce qui est des orientations  juridiques,  les islamistes mauritaniens suggèrent  une  révision de l’arsenal juridique  tout en mettant  en avant la référence constitutionnelle islamique. Celle-ci  devrait  garantir   les libertés et les devoirs  tout en cernant  l’évolution qui s’abreuve de  la pensée juridique et constitutionnelle répondant aux exigences socio-économiques du pays.  Ces exigences demandent   une politique  qui permet de profiter  des avantages de l’économie libre et de surpasser  les méfaits  du libéralisme.

S’agissant du domaine social, le RNDR  appel a l’éradication des séquelles de l’esclavage et l’incarnation des principes  qui honorent la femme en  lui donnant  la place qui lui sied.

L’éducation    requiert une vision spécifique à l’orientation générale de Tawassoul. Ceux que l’on appelle les islamistes modérés soulèvent  la nécessité de   révision des programmes  d’enseignement en mettant exergue les principes de l’arabité. Ce qui sous-entend que  l’arabe doit être la langue officielle et son choix  comme langue de travail et d’administration  reste inhérente à l’identité nationale. Ainsi, le renforcement des autres langues nationales et  l’ouverture sur les langues internationales  occupent, en outre,  une place dans les orientations stratégique du parti. Les imams et les subventions de mosquées et Mahadras  (medersa)  et leurs  développements par le biais  de la mise en disposition des moyens et outils nécessaires pour leur développement est un  aspect  essentiel de la vision politique de Tawassoul.

Enfin, la question diplomatique évoquait dans  les orientations politiques, met l’accent     sur le renforcement des liens avec le Maghreb arabe et
la CEDEAO.  Le parti demeure, cependant,   ferme sur la question de rupture de lien avec l’Etat Hébreu.

 

Compte rendu de Mohamed Fond Barrada  

 

Source : La Tribune n° 410 du 28/07/08


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