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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

14072008

 

  

 Gouvernement de consensus ? 

La Mauritanie est officiellement sans gouvernement depuis le 3 juillet 2008. La récente motion de censure ou  la mention d’investiture comme   l’avait rectifié Me Lô Gourmo  a déclenché un dessein qui reste pour le moment flou.  Nous pouvons dire qu’au delà des apparences le pays est en berne,  car les hommes qui ont soutenu  Sidi Ould Cheikh Abdellahi ne cachent pas leurs intentions d’être récompensés. Sinon, ils chercheront leurs intérêts ailleurs.  La démission de Ould El Waghef  et sa reconduite a été perçue  comme un retour à la normalité.    

Certes,  des responsables du parti  Adil disaient qu’ils laissent  le choix au PM pour la proposition du prochain exécutif. Mais ce choix est guidé par des critères un peu difficiles à respecter, notamment  l’honnêteté.  Paradoxalement, le PM  avait précisé qu’il attend la proposition de la majorité afin de mettre en place son équipe.  Notons que le parti Adil fait actuellement l’objet des rencontres et des réunions intenses.   Parmi les omniprésents  au siège du parti un de la majorité, il y a Ould Soukna   et  le  secrétaire général  adjoint  du même parti. La présence de Bodiel  Ministre secrétaire général à la présidence et Bâ Mamadou, dit M’Baré  président du sénat était constatée ces   jours ci.  Ce dernier  est  attaqué  par ses confrères du sénat suite aux procédures du contrôle à l’encontre de la fondation Khatou Mint Al Boukhary.  Il est, implicitement, accusé de prendre partie  dans cette crise qui divise toujours la majorité.   Il est,  aussi,  accusé d’avoir  deux  nationalités, alors que la loi mauritanienne interdit la double nationalité. Pourtant, il n’est pas  le seul. 

Par ailleurs, des disputes entre des parlementaires de la majorité, à l’origine de la motion de censure notamment Ould Belali et Cheikh Ahmed Ould Khalifa peuvent provoquer une fracture au sein d’Adil. En outre, il semblerait que des députés de l’UCD et de l’Alternative ont rejoint le PRDR. Ce qui va certainement renforcer la position de l’ancien parti au pouvoir. Toutefois, cette nouvelle donne confirme-t-elle l’affaiblissement de Adil ? 

En tout état de cause, après la conférence de presse de  la réconciliation entre les acteurs de la majorité, tout le monde s’attendait à l’annonce du gouvernement,  le jeudi 10 juillet 2008, mais  cela n’était pas le cas. 

Parallèlement,   les deux partis exclus  du gouvernement observe nt toujours  en affirmant qu’ils ne veulent  pas se prononcer  sur la situation tant qu’ils ne seront pas  au courant de la composition du troisième gouvernement post transition. Ainsi, une fracture au sein de l’opposition serait  visible.  D’une part, le statut des partis comme Tawassoul et l’UFP  n’est pas encore clair. Et les divisions entre  Hatem et le RFD  suite à l’élection des  chefs des  commissions parlementaires  sont aussi une autre source de division, d’autre part. Une autre faille serait une résultante de cette crise.  Déjà des  jeunes  cadres  du  parti  Adil réclament  des postes en confirmant qu’il est temps de renouveler et de réformer la classe politique. Le jeu du poste s’impose, en ce sens,  dans ce pays. Personne ne parle du programme au vrai sens du mot. Sidi est élu depuis  une année  et trois mois  alors que son programme est fortement entravé par des alliances  contre nature et  des conflits sur des postes ministériels.  L’équilibre consensuel et politique au sein de la majorité était pénible et il continue de l’être.   Car les parties prenantes de cette crise politique essayent de tirer profit de ce qui se trame sur la scène  nationale.   Il  est vraisemblable  que des mécontents peuvent se réunir pour composer avec le Rfd afin de constituer une majorité solide.  Dans ce cas la dissolution du parlement serait une solution pour le président et sa démission serait aussi une optique pour ses adversaires.  Que Dieu aide la Mauritanie.    

M_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°408 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

14072008

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

La Mauritanie risque-t-elle de mériter enfin l’appellation de «bilaad esseyba»? Deux semaines sans gouvernement, un mois de crises, de rumeurs, d’indécisions. Une cinquantaine de partis qui éclatent les uns après les autres. Une société qui s’atomise. Un pouvoir qui éclate. On aura tout vu ces dernières semaines. Et si l’on ajoute les quelques mille titres de journaux, les centaines d’ONG’s, les dizaines de pharmacies, de stations de services (essenceries), on a une idée du devenir du «mankib al barzakhi», pour reprendre la terminologie de Cheikh Mohamd el Mamy, notre Erudit phare.
Comment faire pour ne pas échouer sur des rivages incertains ? Je ne suis pas un politicien, mais j’avais toujours cru que la politique servait justement à imaginer des solutions à ce genre de problèmes, problèmes d’organisation de la communauté, de partage de pouvoir, des richesses, de gestation de projets de société… Je me rends compte qu’en Mauritanie, notre élite politique refuse de nous sortir du carcan hérité de la mauvaise gestion du passé. La politique est réduite à la bataille des nominations. Pourtant nous savons tous que les personnes ne valent que par les programmes qu’elles mettent en œuvre. Aujourd’hui le débat porte sur la part de chaque faction plutôt que sur le fond.
Il y a deux semaines on s’invitait- vous et moi – à occulter le rôle des Généraux, pour voir enfin la crise dans sa dimension qui aurait dû être la sienne. Une crise de croissance de la démocratie. Cela fait partie de l’apprentissage ‘démocratique’ et va fatalement aider au raffermissement de la démocratie. En l’absence d’une mise à niveau de la société en général, de la société politique en particulier, le résultat ne peut être que celui-là.
Nous sommes sortis de l’époque militaire sans avoir apporté de correctifs profonds à la situation. Même sur le plan mental, nous sommes restés campés dans les donnes du passé. Le système – il faut un moment éviter de dire «le système de Ould Taya» – est resté aux commandes. Ne serait-ce que dans les têtes de notre élite. Nous en avons oublié que quelque chose de salvateur s’est passé.
Pour la deuxième fois de notre courte histoire, notre élite est en porte-à-faux avec notre société. La première, c’était au moment de l’indépendance quand elle a voulu imposer l’Etat moderne. A l’époque,
la Mauritanie avait encore des hommes et des femmes pleins de ressources (morales, intellectuelles, physiques…). Ce qui avait aidé. Aujourd’hui, ceux que nous voyons envahir la scène sont plutôt avachis par la fausse opulence, la corruption des mœurs, la culture de la médiocrité…
D’abord positiver. Nous sommes dans une situation inédite. Des députés – désormais une majorité des élus du plus grand parti de la majorité – se sont rebellé contre un gouvernement dirigé par le président de leur parti. Qui mieux qu’eux, peut juger des prédispositions de cet homme et donc de son aptitude à choisir et à diriger un gouvernement ? Qui est mieux placé pour juger de l’opportunité de ce choix ?

On aurait dû en rester là. Le Président de la République s’en mêla et le conflit fut porté sur la voie publique. Après moult tractations, on crût arriver à un compromis avec l’élection d’un bureau de l’Assemblée nationale et la ferme promesse d’une redistribution des cartes.
C’est au président du parti Adil qui a fourni la majorité de la rébellion, à lui qui n’a pas su anticiper ni juguler la crise, à celui-là que fut confiée la mission de refaire l’unité et de soigner les plaies. Dès le montage du bureau de l’Assemblée, on devait comprendre que la retrouvaille avait un goût d’abdication. Indécis et «loyalistes» sont écartés. Blocages. On bute sur le choix des personnes. On en oublie l’essentiel : comment faire gagner la démocratie de cette crise ?
Au lieu de soutenir un camp contre l’autre, au lieu de sombrer sous le flot des rumeurs, au lieu de s’enfermer dans les logiques d’affrontements stériles, les politiques auraient mieux fait d’avancer sur le front du renforcement des institutions démocratiques. Trois lignes :
- Consolider le rôle du Parlement et principalement de l’Assemblée nationale par l’adoption de textes instituant un régime plus parlementaire, moins présidentiel. Nous savons désormais qu’un député peut bloquer l’exécutif. Penser à moyen terme à une profonde réforme du système institutionnel menant à la suppression du Sénat et à l’élargissement de l’Assemblée nationale (meilleure représentation du peuple).
- Encourager la naissance de nouveaux partis nés forcément de l’éclatement des partis existant – majorité et opposition. «Forces du Changement», «députés de la motion» et d’autres factions peuvent chacune créer sa propre formation. Le pouvoir traîne les avatars de la création du pacte national pour le développement et la démocratie (PNDD-Adil). Il refuse de tirer les conclusions de l’échec politique de l’entreprise et s’en prend à tous ceux qui élèvent la voix pour en parler. Imaginons un moment, plusieurs partis de la majorité, le jeu sera plus transparent et plus sain. Refonder pour l’occasion la loi sur les partis pour exiger d’eux une plus grande représentativité sur le terrain (les reconnaître en fonction du poids électoral).
- Ouvrir les médias publics au débat sur toutes ces questions. Il est à remarquer que pour suivre l’actualité en Mauritanie, le citoyen est obligé de se reporter sur la chaîne Al Jazeera dans son édition sur le Maghreb. Aucune allusion, aucune information, aucun débat. Comme au bon vieux temps de la dictature, silence total. Comme si ce que vivait le pays ne concernait en rien le public. L’ouverture de ces médias participera justement à «alléger» la crise. Peut-être à la dépasser. Si jamais il y a volonté de la dépasser.

 

Source : La Tribune n° 408




Post-scriptum

14072008

 

  

Le problème, c’était donc des symboles autres… 

 

Allons-nous finir par décevoir le monde après nous être présentés comme un exemple de démocratie ? Pour le monde arabe, comme ont voulu certains. Pour l’Afrique comme ont pensé d’autres. 

Des militaires qui ont restitué le pouvoir après l’avoir ‘confisqué’ dix-neuf mois durant, nous avions vraiment voulu y croire. Mais voilà que contre toute attente on nous rappelle que notre ‘direction nationale’ porte encore des treillis et des galons. Bien ‘nouveaux’, ceux-là ! Car au sommet de la hiérarchie militaire,
la Mauritanie commence à dresser des généraux. Des généraux à qui pour le moment seul le président semble dire : « mes devoirs !» Du moins c’est ce que laisse croire cette fameuse crise imposée aux mauritaniens jusque-là aux prises avec leur quotidien, loin des préoccupations des politiques. Ils se sont rendus aux urnes pour choisir un président de

la République. Ils se sont également choisi des représentants auprès de l’exécutif : des députés et des sénateurs. Recrutés ceux-là, aussi bien dans les rangs de l’opposition que parmi les indépendants et les alliés du pouvoir. Les premières scènes du parlement ont donné l’impression d’un véritable jeu de démocratie où tous les tabous étaient levés. Le pouvoir législatif était démystifié et le peuple pouvait des fins fonds de la brousse voir au petit écran que ses députés évoquent ses problèmes…Tout ça avait l’air sérieux jusqu’à ce que l’on vienne dire que les généraux ne sont pas contents de la présence de soi-disant symboles de la gabegie. Avant cela, c’était le gouvernement de Zeine qui avait été dans le collimateur d’on ne sait quel zélé. L’homme n’a pas voulu attendre que l’ultime tentative de l’éjecter soit une motion de censure. Il a cédé la place à Yahya Ould Waghef qui avait l’air d’avoir rendu ‘de fidèles et loyaux services’ : il a été très présent dans le processus de préparation du retour des déportés, il a travaillé à la mise en place d’un parti politique. Il était donc l’homme ‘indispensable’.  Seulement quand il met son équipe en place, on avait l’impression qu’il avait été forcé à y sélectionner certaines personnes : des ministres venus de l’opposition. Par qui ? Sans doute par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a la conciliation à fleur de coeur. L’entrée de l’UFP et du RNRD est vivement critiquée mais en silence. On choisit un autre prétexte pour servir l’opinion : des députés sont contre ce gouvernement sous prétexte que des symboles de la gabegie y sont recrutés, les généraux tirent les ficelles ; voilà ce qui a été dit. Contre toute attente, après la démission de son gouvernement, Ould Waghef, reconduit, informe l’opinion à travers la presse  que « la majorité de la majorité » (dixit Jemil Mansour) souhaiterait gouverner sans s’ouvrir à des partis qui n’ont apporté leur soutien au président que tardivement. Et c’est là que la crise a dit sa vérité. Le problème ce n’était pas les symboles de la gabegie mais les symboles de la droiture, suis-je tenté de dire. Car, à mon humble avis, exclure le RNRD et l’UFP du gouvernement, ce n’est rien d’autre que mettre à l’écart ceux qui dans une large mesure auraient eu un regard contradictoire s’ils avaient été confrontés à une gestion malsaine du pays. Et pour cause, ces deux partis politiques de par leur histoire étaient partis avec le bénéfice du doute. Ce que l’on pourrait leur reprocher toutefois, c’est d’avoir attendu qu’on les boute dehors. Ils auraient pu saisir le moment de la crise et démissionner en synergie pour signifier leur désaccord avec ce qui se tramait dans leur dos. Ils ne l’ont pas fait. Et pire, ils en sont, du moins pour le RNRD, à étudier la position à adopter maintenant qu’ils ne sont ni dans le camp du pouvoir ni dans les rangs de l’opposition…. 

Kissima 

bentocka@yahoo.fr 


La Tribune N° 408 du 14 juillet 2008 




De A à Z

14072008

De A à Z

Par Tabane

A comme addition. L’addition c’est l’une des premières opérations que l’on apprend en arithmétique. C’est une opération plutôt simple, même quand il y a des retenues. Mais l’addition cela peut également être une alchimie politique sous nos cieux. C’est ainsi qu’après les élections présidentielles qui ont porté Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la tête du pays, les indépendants ont voulu se donner une majorité pour pouvoir gouverner en toute tranquillité. Aussi ont-il pensé à cette opération magique qu’est l’addition.

Indépendants de gauche, indépendants de droite, indépendants du centre, de l’avant-garde, de l’arrière garde, indépendants libéraux, indépendants conservateurs, ultra indépendants ont pensé que l’addition de leurs forces leur donnerait une majorité confortable.

Il est vrai que la somme de tous les indépendants forme une majorité dans le microcosme politique de notre pays,  mais cette majorité n’est pas forcément cohérente. Et voila que quelques mois après la formation du ‘parti du président’, la machine se grippe et la première crise apparaît au sein de la majorité. Une crise qui paralyse nos institutions.

Cette majorité composée par l’addition des forces de toute nature : forces du changement, forces d’inertie, forces conservatrices et tout ce que l’on veut est incapable de répondre aux aspirations du peuple. Elle est d’ailleurs la première manifestation de la crise que nous traversons. Et cette crise n’est pas comme certains veulent le croire une crise de croissance.

Il y a comme un jeu de cache-cache entre des généraux à l’ombre, un président par défaut, des députés frondeurs ; un jeu qui ne présage rien de bon.

L’addition des contraires donne lieu à un fourre tout d’où il ne peut sortir qu’une cacophonie. Il est temps, grand temps de rectifier le tir. Et rectifier le tir cela pourrait commencer par organiser des élections anticipées quel qu’en soit le prix.

aboubakry_d@yahoo.fr 

 

Source : La Tribune n°408 




Chronique Mansor

14072008

 

 

Sans langage, l’Etat disparaît illico. Entièrement construit sur des images et des sons convenus – de gré ou de force – il n’atteint au Réel qu’en ce qu’il entretient une représentation cohérente de celui-ci. Dangereux paradoxe, inhérent, cependant, à pratiquement toutes les structures sociales. A part, probablement, l’individu, qui en est – il n’est pas vain de s’en rappeler, de temps en temps – le fondement [1]. Outre la variété, autrement plurielle, de ses moyens de perception – il dispose, lui, ordinairement de cinq sens ; peut-être plus – l’individu possède, dans sa relation au Réel, une qualité objectivement inappréciable, sinon de lui-même : il peut en jouir, directement, sans en référer à personne, sans discours ni raison. Qualité d’autant plus prégnante qu’elle naquit des plus secrètes profondeurs utérines : Al Bâtine… Pour autant, c’est bien en pleine lumière, dans la relation à autrui, que l’individu apparaît, se construit, prend conscience : Azzahir… Le lien entre l’Un et l’Autre, l’individu et la société, n’est pas un choix, une simple convention, du moins dans leur genèse respective : c’est une nécessité d’existence ; pour le meilleur et pour le pire…    

 

Tant que la société fonctionne sur un mode de jouissance, elle aussi, directe – et c’est le cas ordinaire des sociétés de cueillette et de chasse – elle entretient des rapports de connivence avec son milieu et entre ses membres. Cette notion de proximité est capitale dans les processus de régulation des besoins – j’allais dire : de l’offre et de la demande – et rejoint des considérations biologiques sur l’économie des phénomènes d’osmose, évoqués, voici plusieurs mois déjà, en cette même chronique. Y verra-t-on, bientôt, de plus contemporains prolongements politiques ? Car, à contrario, le mode de jouissance différée, sinon décalée, voire compensée ou sublimée, qui caractérise la civilisation, débouche, inexorablement, sur une violence sociale généralisée, obsédante. Tout d’abord, et fondamentalement, verbale. L’écart grandissant entre le désir et son assouvissement correspond à celui entre le Réel et sa représentation. Représentations, devrait-on dire. Sitôt ressentis le décalage, la force du manque, l’angoisse de la rupture, les réponses affluent spontanément pour les combler, chacun au pas de sa porte. On se bat pour telle ou telle image, tel ou tel concept, tel ou tel parti, d’autant plus violemment qu’on n’a plus de référent commun, qu’on navigue dans un décor apprêté, un artefact de conditions vitales, échafaudage de signes artificiels, éventuellement modifiables, qu’on pourrait, qu’on doit donc modifier, puisqu’ils ne conviennent pas. 

 

Très relative déconvenue. Il y a plusieurs mondes dans le monde, des peuples, des classes sociales, des Etats, des religions, des cultures – des familles de signes, donc – et les sentiments de frustration sont très diversement répartis, tant à la surface de la planète, qu’en chacun de ces sous-ensembles. Un pays peut avoir la chance d’être conduit par un chef intègre, véritablement soucieux du bien-être de ses compatriotes, l’action de celui-ci n’en sera pas moins contrainte par des protocoles administratifs, des contingences statistiques, des plans comptables, des aléas internationaux, sans parler du train de vie, des intrigues et des courbettes de cour, si sujettes à enfermer un brave homme dans une cage d’or, à mille milles des trivialités quotidiennes de ses pairs ; bientôt ses gens, ou ses sujets. L’alternative classique à cet isolement joue, essentiellement, sur le caractère limité de la fonction, tant sur le plan de la durée, que sur celui de ses prérogatives. Cependant, le caractère électif des mandats, la séparation des pouvoirs, le scrutin majoritaire, la promotion des compétences objectives et autres procédés « démocratiques », ne parviennent pas à conjurer la violence des insatisfactions populaires, si aisément manipulés par des intérêts fort éloignées de celles-ci. Quelle que soit l’efficacité, à priori douteuse, de l’option sécuritaire, dont la croissance et le coût exponentiels signent, pourtant, la modernité, il manque, à la base de l’édifice social, une structure de pouvoir où puissent se négocier, directement entre tous les citoyens, une part grandissante des problématiques quotidiennes. 

 

Le développement de la société civile, en particulier en sa dimension associative, constitue une réponse à cette carence. Dotée d’une autonomie juridique certaine – ou d’une certaine autonomie : c’est selon les régimes politiques – elle bute, invariablement, sur des contraintes budgétaires qui en réduisent considérablement la portée. En France, après avoir constaté, au cours des années Mitterrand, le rôle éminemment apaisant des associations de quartiers, dans la « difficile gestion » des banlieues, on a pu voir, ainsi, combien la réduction drastique des subventions de l’Etat à ces organisations non-gouvernementales pouvait déstabiliser de telles situations critiques. Ailleurs – en Egypte, par exemple – la présence incertaine de l’Etat aura laissé se développer, parfois jusqu’à l’enracinement d’un conflit de société [2], de puissants pouvoirs parallèles, tels les Frères Musulmans. En Mauritanie, comme dans la plupart des pays en voie de développement, la présence de bailleurs institutionnels non-gouvernementaux ou de coopération internationale devrait autoriser des démarches novatrices dans le domaine : on les attend encore. C’est que, partout, on n’a pas pensé ; et surtout : pas assuré ; le statut social d’une personne morale, au sens juridique du terme ; et tout particulièrement, d’une personne morale à but(s) non-lucratif(s). Ce peut être, certes, une personne fictive et l’on comprend bien que ce cas de figure ne pose que le problème de son identification. Mais c’est, plus souvent, une personne vivante, qui a des droits et des devoirs en conséquence. Il s’agit au minimum d’assurer sa survie et son intégration environnementale. L’a-t-on suffisamment suggéré en cette page ? Il en va, en définitive, de celles de l’Etat…   

 

 

Source : La Tribune n°408 




[1]  A cette nuance près que l’individu n’est pas son propre fondement… S’ils n’ont pas de géniteur, Jésus – P.B.L. – naît d’une mère et, cas limite, Adam – P.B.L. – d’argile humide, dont la fertile plasticité est l’exacte équivalence de la piété mariale : l’individu est, fondamentalement, une relation …  

[2]  dont on n’a jamais fini de mesurer les conséquences, parfois mondiales, de l’approche sécuritaire…

 

 




Crise politique :Vacances…

14072008

Crise politique :

Vacances…

 

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est finalement parti en France où il doit assister au sommet sur la création de l’union pour la Méditerranée (UPM). Il est parti sans régler les problèmes en suspens.

La semaine dernière, Yahya Ould Ahmed el Waghf, Premier ministre sortant et rentrant et président du parti Adil, a bien rencontré les mécontents de son parti. Après le groupe des députés, il a reçu les sénateurs. Le cadre choisi pour ces derniers était le siège de son parti. Juste avant une réunion du bureau exécutif du parti. Les députés eux seront reçus individuellement au Premier ministère (?).

Avec tous il a discuté de la crise. Certains ont été très véhéments, d’autres moins. La première discorde avait éclaté à la suite de la composition du bureau de l’Assemblée nationale. Adil a donc tenu à régler ce problème d’abord. Les députés frondeurs ont tout simplement accaparé tous les postes à part un qui est revenu au député de Guérou (loyaliste). Ils ont voulu exclure, sous forme de punition, tous ceux qui ne les ont pas suivis dans leur mouvement de rébellion. Au parti cela a été ressenti comme une humiliation de la direction. Pourtant le bureau exécutif avait à l’unanimité – ou presque – recommandé moins d’aplatissement devant les frondeurs. Ses membres sont même allés jusqu’à exiger le refus de plier devant la demande de renvoi des partenaires fraichement associés (UFP et Tawassul). Il ne sera pas tenu compte de leur avis.

Au lendemain de ces conciliabules, le Premier ministre avait annoncé le futur gouvernement pour les 48 heures qui suivent. Jeudi, à l’expiration du délai, les journalistes en faction devant l’immeuble du gouvernement, sont surpris par Ould Ahmed el Waghf qui leur dit que rien ne peut être annoncé avant la semaine prochaine.

Du coup de folles rumeurs ont fait le tour de la ville. On annonce ici la reprise des ‘hostilités’ après l’accalmie de fin de semaine dernière. On parle là de réticences de certains partis. De source proche du Premier ministre on parle surtout du refus de l’UDP et du PRD, peut-être l’APP, de se satisfaire de leur part. En fait le Premier ministre semble avoir opté pour répartition suivant le nombre des députés : à chaque trois députés revient un poste de ministre, les partis ayant cinq députés auront deux ministres, ceux ayant moins de trois députés devront se regrouper pour avoir une place.

Selon ce compte Adil devrait avoir 15 ministres environ, APP et le PRDR deux chacun, l’UDP un, le reste sera comblé soit par des regroupements, soit par la cooptation de techniciens plus ou moins apolitiques.

Logiquement, Adil gardera la plupart de ses ministres actuels. En réalité le parti est supposé avoir choisi sa crème lors du montage précédent. Pourquoi les changerait-il ? Certains diront que si les ‘symboles du passé’ ne sont pas changés, on aura l’impression que toute cette crise ne rime à rien. On peut objecter que quand on a retenu Ould Ahmed el Waghf, on n’a plus voulu tenir compte du passé. Ni du passif.

Au plus tôt mardi, au plus tard mercredi, le gouvernement sera connu. Mais d’ores et déjà on peut se demander à quoi servira un gouvernement né d’un tumulte pas encore calmé. Ce qui est reproché au Président Ould Cheikh Abdallahi, c’est surtout son discours par lequel il a révélé la crise au grand public. Tout en reconnaissant aux députés le droit – et même le devoir – de contester la légitimité du gouvernement, le Président n’a pas hésité à proférer la grande menace de dissoudre l’Assemblée. Il a oublié – l’espace d’un discours – que les députés étaient là quand il a été élu et qu’en conséquence ils peuvent ne pas croire lui devoir grand-chose. C’est d’ailleurs, l’une des approches ayant excité l’ire des élus.

Les éléments de la crise sont donc ceux-là. Une majorité divisée. D’abord Adil qui a connu sa première sérieuse secousse. Nombreux sont ceux qui appellent à la matérialisation de la rupture. Deux choix s’offrent aux mécontents.

Le premier choix consiste à regrouper députés et cadres politiques dans une même formation. Il s’agira alors de «laisser Adil à sa direction actuelle». Soit alors de laisser créer une deuxième formation où se retrouveront les anciens soutiens de Zeine Ould Zeidane aujourd’hui regroupés sous le label des «Forces du Changement».

Il faut donc envisager le retour à l’avant Adil. Quand la discussion portait sur l’opportunité de la création d’une formation pour les soutiens de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Beaucoup d’activistes avaient préconisé la création de plusieurs formations, quitte à se retrouver après dans le cadre d’une alliance générale. Le «péché originel» de Adil aura été d’avoir voulu être l’héritier du PRDS. Sans en avoir ni les ressources, ni l’assise.

C’est ce péché qui poursuit encore le Président Ould Cheikh Abdallahi qui n’a pas pu – après plus d’un an – mettre en place son propre système. Le poids est si lourd qu’il y a lieu de se poser la question de savoir si le gouvernement pourra être annoncé la semaine prochaine.

Il est probable que la crise continue d’être alimentée par différentes. Elle prendra visiblement une dimension nouvelle mettant de plus en plus en avant la remise en cause directe du Président de la République.

Aucun montage ne pouvant satisfaire, nous risquons de passer d’un mécontentement à l’autre. Cela peut mener le pays vers l’inconnu. Toutes les perspectives restant ouvertes.

 

MFO

 

Encadré :

 

Tractations

 

Les députés Ba Houdou, maire de Bagodine et unique député UCD (M’Bagne) et Moustapha Ould AbdelAziz, unique député de l’Alternative (Akjoujt) ont décidé d’adhérer au PRDR. Selon le Secrétaire Général du PRDR, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, cité par l’ANI, «ce geste montre encore une fois que le PRDR est sur la bonne voie et nous renforcera dans notre combat politique qui est pour une cause juste menée par la majorité silencieuse aux côtés des autres pour construire cette Mauritanie nouvelle unie, démocratique et prospère». L’arrivée des deux députés renforce la position du PRDR qui peut désormais prétendre à avoir le même quota que l’APP. Il prive en même temps l’Alternative à laquelle revenait le poste de ministre de l’intérieur et l’UCD qui n’a pas été représentée lors de la formation du dernier gouvernement. 

Parallèlement, une délégation des Nouvelles Forces du Changement a rendu visite aux députés promoteurs de la motion de censure dans leur siège sis à Tevragh-Zeina pour discuter des derniers développements de la scène politique. Selon l’ANI, la délégation des Nouvelles Forces du Changement était composée de son président, Sidi Ould Ahmed Deya, entouré de Boubacar Ould Aly (vice-président), Cheikhna Ould Nenni (secrétaire général), Mohamed Lemine Ould Kettab (membre du Conseil d’orientation), Sidi Ould Sakkeda (président de la commission Politique).  

De son côté, le groupe des parlementaires frondeurs était constitué du député ADIL, Mohamed El Moctar Ould Zamel, président de la commission Coordination et Communication dudit groupe, Khattri Ould Ely, député ADIL, Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini, député PRDR, Moctar Ould Elemine, député UDP, Moustapha Ould Abeiderrahmane, député RD, Ba Houdou, député UCD et Moustapha Ould Abdel Aziz, député Alternative. 

Prenant la parole le premier, Sidi Ould Ahmed Deya, président du courant des Nouvelles Forces du Changement devait longuement revenir sur le parcours du courant, mentionnant au passage l’objet de cette visite qu’il a résumé en un contact en vue de la coordination entre les forces prônant le changement pour déterminer leurs objectifs stratégiques. Il soulignera la nécessité pour les députés d’associer ces différentes forces non parlementaires qui prônent le changement, tout en exprimant leur satisfaction par rapport à l’initiative de la motion de censure contre le gouvernement qui vient de démissionner, et cela afin que le Parlement puisse préserver son pouvoir et rester indépendant de l’Exécutif. 

Quant au député Mohamed El Moctar Ould Zamel, il a parlé de la situation actuelle dans ses débuts, précisant que le Président de la République leur avait, à son investiture, exprimé sa volonté de constituer un gouvernement d’union nationale et qu’ils ont rejeté, indiquant qu’il y a un programme qui a suscité l’adhésion des masses populaires qui l’ont voté et que l’occasion doit être donnée pour ceux qui l’ont soutenu de le réaliser. Cela d’autant plus qu’il y avait un programme électoral de l’opposition qui mérite d’être préservé pour le bien de la démocratie. Pourtant, dira Ould Zamel, le Président avait désigné un gouvernement «étrange» qui a détruit l’administration et sapé les compétences et les capacités de celle-ci. 

Il ajoutera que le parti ADIL a vu le jour sur des bases qui n’étaient pas saines et ce qui en est advenu était prévisible, car le départ était raté. 

De même, poursuit-il, nous n’avons pas été associés à la constitution du gouvernement démissionnaire, déniant que les députés soient animés par des intérêts personnels dans la participation au futur gouvernement. Mais plutôt cherchent un gouvernement représentatif, compétent avec des personnes propres. 

Et Ould Zamel de dire: «Le Président doit comprendre que feu le Président Mokhtar Ould Daddah et le PPM représentaient une époque donnée et que lui et les forces qui soutiennent son programme électoral en représentent une autre». 

Dans son propos, le député Mohamed El Moctar Ould Zamel n’a pas hésité à critiquer les dépenses énormes et non justifiées de l’Etat ainsi que l’achat de véhicules de prestige abandonnés aux caprices des enfants au moment où les citoyens souffrent de faim et de misère. 

De son côté le député Moustapha Ould Abeiderrahmane notera que le pays traverse une véritable période de transition et que chacun commence à comprendre l’impérieuse nécessité du changement qui est un choix irréversible. 

Il soulignera son étonnement par rapport au fait que le gouvernement démissionnaire était à majorité composé de forces ayant essuyé des échecs électoraux lors des dernières joutes municipales et législatives. Ould Abeiderrahmane fera remarquer que le Président de la République avait commis une erreur en voulant constituer un gouvernement en dehors des forces qui l’ont soutenu et porté au pouvoir, tout en critiquant ce qu’il a qualifié de main mise des partis de l’opposition entrés au gouvernement démissionnaire sur les grandes orientations de l’Etat. 

Pour sa part, le député Moctar Ould Elemine, il a déclaré que le problème ne se situe pas au niveau des parlementaires et du Premier Ministre, mais plutôt entre les députés et le peuple d’une part et le Président de la République d’autre part et qu’il revient à ce dernier de lui trouver la solution idoine. 

Enfin, le député Moustapha Ould Abdel Aziz a souligné qu’il convient de reconnaître aux Nouvelles Forces du Changement le mérite d’avoir été les premiers à attirer l’attention sur ce qui s’est passé maintenant, à s’être très tôt manifestées, avant d’appeler à lutte contre ce qu’il a appelé les tentatives de marginalisation des forces non parlementaires dans le cadre des concertations actuelles. (avec ANI) 

 Source : La Tribune n°408




IL FAUT SAUVER LA DEMOCRATIE

14072008


 

 La crise au sommet qui secoue
la Mauritanie n’a pas débuté avec le gouvernement Ould Waghev 1.Les causes sont à chercher ailleurs. Les députés frondeurs n’ont pas avoué leurs desseins .Que l’UFP et Tawassoul quittent le gouvernement ne réglera pas nos problèmes. 

Nous nous proposons ici de faire une genèse de la crise existentielle. 

D’abord le peuple. Il s’est singularisé pendant un demi siècle par son inertie et sa capacité à consommer tout ce qu’on lui mijote. On l’a affamé, divisé, exploité, corrompu moralement et on lui a fait tout avalé. 

Ensuite les députés qui se disent émanation de la volonté de ce même peuple. Depuis quand se soucient-ils des conditions de vie de ce peuple ? 

Le premier ‘grand combat ‘ de nos élus fut de demander et d’obtenir des améliorations dans leurs salaires. Pendant que le peuple souffrait, nos élus n’ont rien trouvé de mieux que d’assurer leur avenir. Aujourd’hui ils disent s’insurger contre le retour au devant de la scène des symboles de la gabegie. Cela prêterait à sourire si le moment n’était pas si grave.En effet, parmi ces députés frondeurs, combien peuvent être considérés comme propres, intègres ? Combien parmi eux ont été élus régulièrement grâce à un programme lisible ? Peu. 

Il n’est un secret pour personne que les hôtes de notre assemblée nationale ont été majoritairement élus sous le label indépendant. Tout un symbole. On peut les en excuser, fermer les yeux sur leur passé si et seulement si, leur action n’était dicté par d’autres considérations  dont entre autres l’égoïsme, les ambitions personnelles. Leur action est dictée par la paire des généraux qui, en réalité détiennent la réalité du pouvoir, disons le nettement. Ces ont eux qui sont à l’origine de cette fronde, eux qui reçoivent les députés après chaque ‘victoire’. Devant cette mise sous tutelle, il serait plus honnête et plus glorieux pour nos députés de remettre leur démission au peuple si tant est il est vrai qu’ils sont émanation de l’expression de ce peuple. 

Les militaires, venons en. Ou plus simplement nos deux généraux. La paternité du coup d’état leur revient. Mais pas celle de la démocratie. Ils auraient, dit –on risqué leur vie pour nous débarrasser du régime d’exception, mais il ne faut pas exagérer leur mérite. Ils ont fait un coup d’état contre eux –mêmes. Leur chance de réussite était presque à 100% .N’importe qu aurait réussi. , tant ils détenaient tous les rouages et sont comptables, au même titre que Ould Taya, de tant de gâchis, d’injustice. 

Dans toute démocratie digne de ce nom ils seraient mis en retraite ou au mieux envoyés en villégiature dans une ambassade sous les tropiques. Mais comme ils détiennent tous les attributs du pouvoir il faut faire avec quitte à se plier à leurs desiderata. Le président s’en est rendu compte, trop tard. 

Le président. Elu démocratiquement avec la bénédiction des militaires, il est convaincu d leur devoir tout. Il les récompense en les élevant au rang de généraux. Il s’offre à eux poings et pieds liés. Quand il s’aperçoit de l’impair c’est trop tard, ils prennent le devant et montent les députés. C’est un coup d’état constitutionnel .Première erreur d’une longue  série  de la part du président qui ‘rassure’.Deuxiéme erreur il s’entoure de conseillers peu voyants, peu politiques. Il se fait déborder par les lobbies pro Taya , qui le noyautent. Sidi renie ses engagements. Il avait promis que les cadres ayant occupé des responsabilités sous Ould Taya seront bannis du pouvoir. Qu’un élu doit siéger au parlement et ne sera pas nommé à des fonctions importantes. Toutes ces bonnes résolutions, le président les foule aux pieds.En quelques mois on se retrouve avec le système tant honni .Il ne reste que Ould Taya.Le chef de l’état donne l’impression d’être un incapable, un complexé. 

Pendant ce temps la famine et l’insécurité s’installent. Des milliards sont destinés à soulager la population dans le cadre du PSI.38 milliards détournés purement et simplement. La première dame, à travers sa fondation KB, donne l’impression d’être la mère de la nation , l’origine des fonds qu’elle utilise parait suspecte , nul ne s’en inquiète avant la fronde. Le retour des déportés, la loi sur l’esclavage s’arrête au rang de bonnes résolutions. L e président voyage beaucoup .Cela coûte cher, le peuple n’en voit pas les retombées. Le pays donne l’impression d’un bateau ivre. L e chef de l’état qui avait tout pour réussir – légitimité des urnes , bonne moralité – dilapide tout son capital confiance. Il semble indécis , comme incapable de décider , avance , recule , gesticule , renonce. 

Le sénat reste ce qu’il a toujours été, une chambre inutile   à l’existence injustifiée. 


La Mauritanie a obtenu la démocratie et semble ne pas savoir qu’en faire. L’opposition cherche le pouvoir pour le pouvoir. Prête à s’allier au diable. Les intellectuels observent en attendant quel camp choisir. 

Une dissolution du parlement, une reprise en mains du pouvoir exécutif sont quelques unes des solutions de sortie de crise. A moins que les militaires ne sifflent la récréation et reprennent ce qu’ils avaient donné. Cette solution serait un suicide .Mieux vaut une démocratie imparfaite à une dictature militaire déguisée en semblant de démocratie. 

Athié Youssouf 

CP NDB 

 Source: La Tribune n°408




Jardin Penda Kane Djowol : Après un an de labeur, le temps des récompenses méritées!

14072008

 

 

Crée seulement cette année, le jardin d’enfants Penda Kane a organisé une cérémonie de fin d’année scolaire le vendredi 11 juillet 2008 à son siège  près de  l’hôtel Ikrama à SEBKHA dans notre capitale en présence de grandes personnalités du monde de l’Education et d’un public venu très nombreux. Après le mot de bienvenue de Mme Ami Diop la directrice, les parents d’élèves ont tenu à la remercier pour l’efficacité, le sérieux et le sens de  responsabilité dans  le travail énorme réalisés par les encadreurs de son Jardin d’Enfants une année durant. Ensuite les élèves habillés dans les tenus traditionnels, des cure-dents à la bouche pour les fillettes, des chapelets autour du cou pour certains garçons, tous joliment maquillés par leurs parents joyeux ce jour-là, ont chanté des chansons accompagnées des pas de danses   en arabe, français, pulaar et wolof. Ils ont enfin, répondu aux questions de leur directrice dans ces mêmes langues avant de recevoir leurs cadeaux  des  mains de leurs parents.

 « Nous sommes très contents de leur encadrement. Ce jardin d’enfants est pour nous le meilleur gage pour l’avenir de  nos enfants », martèle un parent d’élèves devant mon micro. Un autre parent d’élève visiblement surpris des notes et du bon niveau de son enfant,  debout devant sa voiture, embrasse  fortement ses deux enfants, les larmes aux yeux. « Ecoutez, je suis énormément comblé aujourd’hui par ce que j’ai vu et entendu. J’ai  trouvé que  mes enfants ont bien travaillé et qu’ils ont été bien encadrés cette année. Mes enfants parlent maintenant très bien wolof, arabe, français et pulaar leur langue maternelle par rapport à leur niveau. Maintenant je peux dormir tranquille, emmener mes enfants en vacances chez leur grand-mère au village. La plus grande douleur c’est de payer pendant neuf mois à une école ou un jardin d’enfants et à la fin de l’année scolaire, trouver  tes enfants médiocres. C’est vraiment écœurant »,  a dit ce parent d’élève.

Après la cérémonie de remise de prix, les parents d’élèves ont été invités à prendre un cocktail avec la directrice dans l’enceinte du jardin d’enfants. Madame  Ami Diop a enfin appelé les mauritaniens à venir inscrire leurs enfants à son école pour une meilleure éducation.

Rappelons que Ami Diop a été formée au Sénégal.

Sy Mamma 

Source : La Tribune n°408 




Le boom de l’immobilier s’empare de Nouakchott

14072008

Habitat

 

 

 

 

Le quartier de Tévragh-Zéina est sans doute un emblème de la frénésie immobilière qui s’est emparée de Nouakchott depuis quelques années. Un tour dans les différentes artères du quartier le montre. Ce qui attire l’attention du premier venu, ce sont des tas de sable, du ciment et des ouvriers au travail pour faire sortir de terre leur énième immeuble. Ces bâtisses, modernes et imposantes, dédaignent désormais les demeures avoisinantes.

 

Il est treize heures. Nous sommes à Tévragh-Zéina sur la route de Nouadhibou, à quelques mètres de l’auberge Sahara. Il fait chaud. Une chaleur de plomb. Défiant la canicule, une vingtaine d’hommes participent à la construction de l’immeuble qui, désormais, s’impose aux passants. Juste en face de l’immeuble où opèrent ces braves maçons, assis sur un amas de coquillages, portant des lunettes de soleil, Abdoulaye Diallo se présente comme le responsable des lieux. Notre interlocuteur nous rencarde sur les raisons qui pourraient expliquer cette ruée vers l’immobilier notée dans ce quartier chic de Nouakchott.

 

Selon M. Diallo, l’aspect mercantiliste prévaut sur toutes les autres motivations. En effet, explique-t-il, la crise étant aiguë et complexe pour les mauritaniens, ils cherchent à sécuriser l’argent durement acquis. Il leur est difficile de trouver meilleur placement que le secteur immobilier, confie M. Diallo. Une tendance qui fait le bonheur des ouvriers qui échappent ainsi aux affres du chômage technique. Venus le plus souvent d’horizons différents (principalement des sénégalais, des maliens, des mauritaniens…) ces ouvriers apprécient à sa juste valeur cette croissance dans l’immobilier tout en déplorant la modicité de leurs revenus, comparés à la débauche d’énergie qu’exige leur travail.

 

Direction, Las Palmas, non loin du 1ier carrefour de la route de Nouadhibou en quittant l’hôpital national de Nouakchott. Un quartier assez tranquille. La chaleur y est sûrement pour quelque chose. Au bord de la route, se dresse un immeuble où des ouvriers, plus d’une dizaine, s’affairent autour d’une œuvre en fer, ciment et béton.

 

Ibrahima Tall, maçon de son état, de prime abord hésitant à se prêter à nos questions, finit par avoir confiance. La discussion est engagée. Notre interlocuteur fait sien le même argument que ses collègues nous ont servi auparavant : ce sont uniquement les aspects commerciaux qui expliquent cette course vers le secteur immobilier. M. Tall s’est surtout voulu le porte-voix de tous les travailleurs, acteurs d’un secteur qui rapporte, mais qui, malheureusement, en sont les parents pauvres. Certains jeunes mauritaniens ne sont pas insensibles à cette effervescence occasionnée par le boom immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott.

 

Notre reportage sur l’immobilier dans les quartiers chics de Nouakchott serait inintéressant si nous n’avions pas pris le soin de faire un tour chez ceux qui assurent la gestion des immeubles : les agences immobilières. Un tenancier de l’une de ces agences, très répandues au centre ville, constate comme tout le monde l’essor du secteur immobilier à Nouakchott. Pour ce monsieur qui n’a pas voulu décliner son identité, cette ruée vers l’immobilier n’est pas près de s’estomper car de plus en plus la population augmente et il y a une forte demande en termes de logements. Face à ce développement «fou » du secteur de l’immobilier, un marché lucratif s’est installé. De plus en plus de mauritaniens provenant de l’extérieur investissent beaucoup d’argent dans ce secteur en plein boom à Nouakchott. En plus, les populations font de plus en plus confiance à ces agences immobilières qui ont pignon sur rue dans les grandes artères du centre ville de Nouakchott. La demande est de plus en plus forte, nous explique-t-il.

 

En l’espace de quelques années, le boom immobilier s’est emparé furtivement de Nouakchott. Des immeubles de toute hauteur commencent à sortir de terre et surplombent les petites villas qui se trouvent à côté. De Ksar à Tévragh-Zéina en passant par le centre-ville de Nouakchott, la frénésie immobilière fait fureur. A Ksar, les nouvelles constructions commencent à sortir de terre. On casse, on reconstruit. Ce premier quartier de Nouakchott n’échappe pas à cette frénésie immobilière. Ces nouvelles bâtisses sont souvent le propriétaire d’hommes d’affaires ou de politiciens ayant détourné d’importantes sommes d’argent qu’ils réinvestissent dans le secteur de l’immobilier qui rapporte beaucoup d’argent. Outre cela, ils rachètent encore à coup de millions certaines maisons délabrées pour y reconstruire d’imposants immeubles. Même les banlieues comme Premier n’échappent pas à cette folie immobilière.

 

Cependant, l’implosion du secteur immobilier dissimule une autre réalité plus impitoyable. Succombant à la tentation de ce business de l’immobilier, des familles cèdent leurs habitations à des personnes plus nanties qui ont malignement investi ce secteur. Ainsi donc, certaines familles se voient obligées de revendre leurs maisons à la suite du décès du père pour aller habiter dans la banlieue en achetant une maison moins chère. Ces familles, la mort dans l’âme, s’établissent dans d’autres quartiers de la banlieue.

Ces immeubles donnent un aspect de modernité à la ville de Nouakchott qui compte plus d’un million d’habitants. Au-delà de cet aspect décoratif et moderne, un véritable problème se pose : celui du respect des normes de construction. Ces nouvelles constructions sont en train de changer le visage de la ville de Nouakchott. Bien que modernes, elles sont confrontées au non respect des normes urbanistiques en vigueur en Mauritanie. Cette ruée vers l’immobilier explique sans nul doute que ce secteur est extrêmement rentable pour les promoteurs immobiliers. Il l’est également pour les banques, le fisc, les notaires et l’administration des droits de timbre et d’enregistrement. Grâce au développement que connait le secteur, les activités liées aux matériaux de construction suivent forcément  le rythme et génèrent des profits importants : ce sont les professionnels du ciment, les tenanciers des quincailleries et entre autres activités florissantes.

 

Certainement qu’un jour, à la place de ces kebbas, baraques ou taudis qui décorent la ville de Nouakchott, d’imposants immeubles ou bâtisses y  seront construits. La course à l’immobilier ne fait que commencer. Les collectivités locales doivent être vigilantes pour que la construction tous azimuts de ces immeubles respectent les normes urbanistiques.

 

 

Kréôn

 

 

Source : La Tribune n°408




Education : ‘Qui trop embrasse mal étreint’

14072008

 

 Par Yacoub Ould Abdallahi, professeur d’Anglais, 

collège  de Zouerate. 

 

Chaque saison apporte ses fleurs. Mais, en Mauritanie généralement les fleurs s’effanent avant la fleur de l’age. Quelques années consécutives, chacun vient de loin ou de près assoiffé de pouvoir. Et nous dit, en un mot, et tout court, que  nous sommes tous dans  nos petits souliers. Par conséquent, il promet de nous faire incessamment des avantages miracles introuvables nulle part ailleurs, même à l’au -delà. Ainsi, tout le monde fut plongé  dans de pleins espoirs qui le font penser à oublier facilement les défauts du récent passé. Mais, finalement, ces espoirs vite fait devenaient des promesses démagogiques, des horizons presque dénués de tout réalisme. Autrement, ce chacun désireux, au début, de trop et bien faire devient un revers de fortune au lieu d’un libérateur. L’héritage n’est  rien qu’un ensemble de maladresses solidement tissées, difficile à réparer même à court, à  moyen ou à long termes. 

Nous avons toujours vu un président choisir un premier ministre, des ministres,  des  secrétaires généraux,  des conseillers, des walis, des préfets, des directeurs, des chefs de service. Parfois,  Ils venaient à force de fusée. Quelquefois, ils s’échangeaient  à leur souhait ou au gré d’une dame de nuit. Et, sûrement, ils ne s’en allaient qu’à pas de tortue, même s’ils ont  commis les plus graves bêtises du monde. Tout à coup,  ils apparaissaient en boubou, disparaissaient nus et re-apparaissaient en costume sur  les ondes de la radio Nationale ou sur les plateaux  de
la TVM.  Ainsi, ils parlaient, encore parlaient. Ils disaient, encore disaient. Ils nous racontaient infatigablement et sans cesse  des belles histoires, des bla bla, des patati patata. La seule raison  qui reste en est qu’ils  ont voulu  préoccuper les population  un bon moment pour se  bien positionner ; tout en détournant davantage les biens publics. Néanmoins, ces  responsabilisés  l’ont toujours été à travers l’histoire, sans tenir compte de leur échec constant d’apporter une pierre à l’édification du pays. Et, à tout bout de champ, ils continuaient à parler, encore parler n’importe comment et n’ importe où, dire, encore dire  n’importe quoi. A leurs yeux, l’Etat  n’existait  nullement pas. C’est bien vrai. S’il l’était, il aurait pu prendre des sanctions correctives à l’ encontre de ce type de responsables, représentants de l’imbécillité, de la dégénérescence et de  la nullité sur la planète terre. Par contre, ils ont été laissés  agir comme si rien de mauvais ne se passe. 

Tout cet imbroglio est resté aux risques et périls de l’ancien pouvoir. Il n’a pas été bien vaillant ;  mais toujours insoucieux, insouciant et négligeant vis-à-vis de la gestion  des  biens. Il aurait pu intervenir à temps afin que l’action soit privilégiée plutôt que la parole stérile. En  effet, il aurait pu mettre en place un véritable  système de surveillance et de contrôle stricts. Autrement dit, il aurait pu créer  des comités dont les membres entièrement importés.  Leur mission aurait pu être seulement de  procéder à des enquêtes réelles, immédiates, régulières et rapides partout ailleurs pour assurer et conserver la longévité des décisions. De cette manière,  le contrôle et l’inspection  auraient pu  être un quotidien. En telle pratique, chacun  sera toujours  menacé, dans son for intérieur, par l’inconnu ou l’improviste.  Ce qui, sans doute,  mettra fin  aux violations sérieuses des lois. Mais, le cas a  été autrement.  C’est ainsi que mourra subitement  l’ancienne génération de gouvernants. Apparemment, l’histoire nous conserve le même sort.  La situation est typiquement pareille. Malgré, les remaniements ministériels et les plans d’urgences décriés partout, le pouvoir en place  n‘ arrive pas à s’en sortir. Cette fois ci, les secousses du  séisme seront plus fortes. Il n’ y aura pas de survivants pour raconter ce qui s’est passé aux autres. 

En l’occurrence, nombreux sont ceux  parmi nos ministres, nos directeurs, nos walis, nos préfets, en bref, de nos responsables, qui ont échoué à développer et à bien gérer les services qui leur ont été confiés. Bien, au contraire, chacun, à son tour et dans sa sphère  géographique, reste une belle fourchette, mange, encore mange, poliment,  à
la Suisse. En  parallèle, il parle, toujours parle dans l’air. Il  dit, toujours dit n’ importe quoi. Il  explique et s’explique, encore explique et s’explique,  à tort ou à raison.  Il promet, encore promet des futilités. Il envisage, toujours envisage un futur impossible. Il démentit, encore démentit même ses propres déclarations.  Le temps passe très rapidement. ça reste toujours des mots, juste des mots, pas plus. Ils s’en fichent de  nous .Seulement,  parce qu’ils sont entourés par la tendresse d’une Patronnesse ou d’un Hercule en tout.   

 

Nous savons bien que tous les responsables du Ministère de l’ Education Nationale de
la Mauritanie sont des gens jeunes ou vieux, nouveaux ou anciens,  diplômés et expérimentés en tout, particulièrement intelligents, méticuleux, exigeants, rigoureux, et bien pointilleux, tout ça, pour dire, excellents par la nature.  Mais, nous savons aussi parfaitement que les bonnes qualités ne suffisent  pas elles-mêmes seules à  moins qu’elles soient manifestées dans la civilité, la franchise et la célérité dans ce qu’on fait et dans ce qu’on dit. La fidélité dans ce qu’on gère. Et, finalement,  la volonté réelle  de bien garder et d’inspecter strictement ce qu’on surveille. Je ne dirais pas que ces qualités n’en existent plus. Mais, pour le moment, nous ne pouvons en déduire que le contraire. Présentement, ces  messieurs, si excellents, ont échoué à nous prouver leurs compétences. Et, s’ils le pourront, ce ne serait pas sans doute bien avant l’année 2070. Excusez moi, nous sommes tous inspirés du positivisme d’Auguste Comte. Pourtant, nous avons les phares d’un camion dumper ou des yeux d’aigles. Mais, ce que nous voyons, c’est que nous ne voyons rien, rien, rien de palpable ; toujours des mots, justes des phraséologies bidons, pas plus. Et, ça, nous  le répéterons toujours sans cesse, à moins que nous remarquions des choses palpables  se réaliser à la satisfaction des élèves, leurs parents, les enseignants aussi bien que les bailleurs de fond. En bref,  le ministère est bien là, toujours vieux et blanc, saturé presque des mêmes personnes. En fait, l’année scolaire  est terminée. Elle n’est pas trop  différente des autres.  En effet, Les indicateurs de performances  ne sont pas du tout prometteurs. Le tonnerre de la colère  gronde  dans tous les cieux. La décentralisation de l’éducation contient toujours des imperfections. Les dispositions prises, pour une meilleure éducation de base, impliquant réellement la question de la qualité, semblent être insuffisantes, par manque d’une véritable volonté de suivi constant. La subvention de l’Etat  sont toujours mangées à

la Mauritanienne  La formation encore la formation, c’est toujours des mots. Les commissions de contrôle de budgets de fonctionnement, augmentés cette année pour rien, n’ont  pas été dépêchées sur les lieux. Les gros registres multi couleurs, apparemment la chose la plus importante  pour assurer la réforme éducative de 2008,  n’ont pas eu la chance d’être inspectés. Les professeurs ne l’ont pas été aussi. Ce qui laisse impossible l’application  du principe de la récompense et de la sanction pour cette année.  

 

 

A mon avis, l’ampleur du changement dont on parle, encore parle reste très insignifiant par rapport aux réalités sur le terrain. C’est toujours, la même routine. « A beau mentir qui vient de loin ». N’empêche qu’on  relève des échantillons, sinon,  on effectue des inspections à l’improviste sur tous les terrains pour goûter la sauce de toutes les vieilles marmites. Sûrement, la véracité de nos propos sera sans doute prouvée. A chaque occasion, Madame, 
la  Ministre de l’ Education, l’un de ses conseillers, ou de ses directeurs apparaissent, disparaissent puis re- reparaissent. Ils parlent,  toujours parlent à leur manière. Ils disent, encore disent ce qu’ils veulent, juste des mots.  A telle enseigne que, Les régions rurales sélectionnées n’ont pas vues les cantines scolaires ouvertes, surtout que nos petits enfants pleurent à chaudes larmes par manque de vitamines. Les professeurs, crédules, n’ont  pas encore reçu les indemnités de craie et d’éloignement pour l’année en cours. Les rumeurs courent même pour dire que cette dernière est en voie de modification dans le sens négatif : pour ‘plaire à certains et faire le malheur aux autres’. Rien  toujours, rien de l’histoire de  la révision des cycles objet de plusieurs discours. Les élèves des établissements scolaires  sont tout à fait découragés surtout en cette fin d’année. Les manuels scolaires ont été vendus quelque part avant d’être distribués tardivement aux concernés. Tout de même, ils n’ont pas encore reçu les équipements scolaires dont on leur a parlé en début d’année. La commande  est  toujours restée lettre morte. L’année a presque touché à sa fin, il  est vraiment temps de s’excuser auprès du fondamental. Est- il aussi important de le faire auprès du secondaire pour l’avoir ignoré, dégradé, rabaissé, intimidé et affaibli économiquement. Il faut le faire, dés à présent, on ne sait pas qui viendra ou ne viendra pas demain. 

Ici, au Ministère de l’Education, vraiment, nous  avons  tous été impressionnés au début par les différents brillants exposés. Aujourd’ hui, peut être, nous le sommes toujours sans exception mais  à notre manière. Autrement, nous sommes complètement déçus du fait que nous sommes  revenus au même point de départ. C’est un véritable COME BACK aux bras de fer déséquilibres, des promesses irréalisables des règlements de comptes irrationnels, et des maffias injustifiées. En bref,  c’est le retour au monde de tromperie continuelle et réciproque : tu me dupes et tu ris, Je te dupe et je ris. Donc, on se trahit  l’un l’autre pour préserver  certains intérêts subjectifs. 

Dans ce cas- la, les parents d’élèves trahissent leurs enfants en leur disant qu’ils ont déjà fait l’école, que Ellif,  c’est de la langue arabe, que le A,  c’est du Français et qu’ils savent la différence entre parâtre et père, marâtre et mère. Et, qu’ils connaissent le rôle qui leur est dévolu.  Les élèves trahissent les professeurs en disant qu’ils comprennent ce qu’ils disent, révisent à la maison, ce qu’ils ne comprennent pas et font eux même les exercices qu’ils ne comprennent pas. Les professeurs trompent les élèves en leur demandant de faire forcement les cours du soir sinon ils ne passeront pas en classe supérieure. Aussi, ils trompent les directeurs des établissements soit disant qu’ils remplissent les cahiers  de texte correctement, les élèves sont complètement satisfaits des cours dispensés et sont traités sans aucune discrimination. Le planton trompe le directeur de l’établissement soit disant qu’il balaie les salles  de classes et  sonne la cloche  toujours à l’heure, chaque jour. Les surveillants généraux et les directeurs des études trahissent les directeurs en leur disant qu’ils assurent le suivi des absents, les élèves ne fument pas, ne dansent pas, ne se baladent pas, et ne font pas des mariages imaginés devant les salles de classes. Les directeurs  des établissements et les inspecteurs départementaux trompent Les directeurs régionaux en leur disant que le suivi à proximité est au quotidien, Les enseignants sont tous présents, viennent et descendent à l’heure, enseignent le programme conformément à l’APC, préparent exceptionnellement leurs leçons, donnent les notes administratives selon les critères du ministère et  qu’ils font de leur mieux pour éduquer véritablement les enfants pour en faire des vrais citoyens. Les activités socio- éducatives battent leur plein partout pour motiver davantage et créer un climat d’émulation positive entre les différents acteurs du système éducatif. Oh, Tout ça, ce n’est que des mots, juste des mots, il faut le prendre complètement  à l’envers. 

Les DREN, dupent, tout le monde, particulièrement, Madame,
la Ministre, en lui dispatchant des chiffres, des taux, des informations, sur lesquels on doute, et qu’ils  n’ont même  pas vérifiés. Du fait qu’ils sont complètement préoccupés par la recherche de bonnes voies afin d’accumuler le maximum possible des richesse avant la retraite proche. Ceci en détournant ce qu’ils peuvent ou veulent des budgets de fonctionnement, en falsifiant des factures. En bref, le taux de réussite de la grève est à  40% dans telle région, sans compter les malades et les congés de maternité. Les classes ne sont plus pléthoriques cette année. Le niveau des élèves a connu une grande amélioration. Les réunions se font chaque semaine au niveau des directions régionales aussi bien qu’au niveau des établissements, et les PV sont bien archivés et gardés. Les locaux des directions régionales ne  ressemblent pas à des cimetières : le personnel, qui a vraiment beaucoup de chose à faire, monte et descend à l’heure. Les élèves de nos établissements ne sont pas nés hors du mariage. Ils ont bien  une Mère et un Père qui les suivent régulièrement. La sélection des professeurs pour la correction du Bac ou du Brevet ne se fait que sur des critères de compétence. En effet, la culture de tricherie n’a jamais été  encouragée. Les fautes même les plus graves, les insultes d’une hiérarchie,  ne sont jamais pardonnées, sous pression tribale. Les professeurs ne partent et ne reviennent pas à leur gré, sans qu’ils soient sanctionnés. Les notes administratives sont livrées dans un climat de responsabilité, d’honnêteté, de transparence et d’objectivité et ne peuvent être réajustées au gré et au caprice de n’importe qui. Un professeur, hautement apprécié, ne pourrait pas être affecté ou intimidé malgré lui tout simplement parce qu’il n’a pas accepté  de tourner le dos contre ses amis en grève, légalement autorisée.  Nous ne ménagerons aucun effort pour restaurer le respect des profs. Ce que nous attendons n’existe que dans l’air. Ce que  nous voyons  n’existe que sur les papiers. C’est sûrement du bla bla,  des patati patata, justes des mots, encore des mots, jusqu’à présent. 

Les compositions en cours sont rares de leurs genres. Elles ont été toutes rédigées, surveillées et corrigées par des professeurs  même d’ un dixième cycle, experts en APC.  La presse a été laissée de voir ce qui est au fond des classes. ,Tout ça, ce n’est que des cliquettements, des mots, juste des mots, Que vous le vouliez où que  vous le refusiez, ce n’est que des mots, juste  des mots. En bref, les compositions sont toutes bâclées. Elles ont été corrigées en vitesse croisière par des surveillants généraux, des directeurs des études des directeurs d’établissements, des chefs services : je roule vite très vite pour corriger plus de copies pour avoir plus de 30 UN. Soyons véridique, c’est une véritable comédie et une véritable mascarade. Elles n’augureront point une évaluation objective et transparente. L’appui a été sur les employés non permanents et même des inconnus importés d’ailleurs dans la surveillance des épreuves. Ainsi, la tenue des compositions pareilles ne prouvera que l’incapacité et l’incompétence de l’Administration à maîtriser la situation (suppression du bac et brevet blancs). Cependant, pour renverser la situation Et, pour le faire, la hiérarchie doit obligatoirement se métamorphoser de A à Z.  Et, ne doit se contenter que de 3 % seulement de  ce que disent les chefs d’établissements, les inspecteurs départementaux et les directeurs régionaux à majorité flegmatiques pour préserver leurs places déméritées. 

Les conseillers et les directeurs des départements du ministère trahissent madame
la Ministre en la faisant comprendre qu’ils conseillent  et dirigent bien et à temps. C’est juste des mots, pas plus que  des mots. Sans doute, ils le font mais, selon leurs propres intérêts. Madame, La ministre trompe tout le monde, du plus petit au plus grand sans exception. En bref, Elle nous laisse entendre que la priorité est accordée à la formation encore la formation en vue d’acquérir et développer des compétences et planifier le système pour une meilleure éducation de base. Elle nous laisse entendre que la sélection des DREN et des IDEN etc. a été essentiellement faite sur des critères de compétence. C’est des mots, justes des mots. En bref, ce qui est sûr c’est qu’ils sont très anciens et très expérimentés en tout. Mais, quoi encore ?  Pourtant, la majorité a été décriée par des enseignants qui leur reprochaient l’infidélité, l’incompétence, la gestion scandaleuse, le manque de volonté et de responsabilité. Cependant,  comme à l’accoutumée, on s’en fiche du monde des enseignants. 

L’Administration a été désinfectée mais purement à
la Mauritanienne : nombreux sont les médiocres étaient maintenus à leurs places respectives ou détachés pour être camouflés ailleurs, sans tenir compte de la réglementation en vigueur. 

En résumé,  au Ministère de l’Education, les choses marchent clopin – clopant. Des problèmes graves et réels émergèrent et semblent perdurer. Tout le monde prend les professeurs comme ignares, des cons, des égoïstes et fous pour avoir revendiqué légalement leurs droits. En telle situation, ainsi, sûrement, ils commencent à dégoûter leur noble mais ingrate mission : l’enseignement en Mauritanie. Autrement, la hiérarchie refuse le dialogue. Peut être, elle a perdu le Nord, ou veut travailler toute seule debout ébahie, comme nous le sommes tous. En attendant qu’elle se retrouve d’ici je ne sais pas en combien de temps, le professeur n’a pas raison d’exister pour le moment. Ainsi, chacun  doit creuser son propre trou et entrer en hibernation. D’ici là, elle saura que « qui embrasse mal étreint », «  il y’a pas de péril en la demeure », et que  les  mathématiques  ne sont pas de la philosophie 

 

Sur ce, je vais vous quitter. Et, J’espère que, cette fois-ci  encore, je ne serais  pas de nouveau sanctionné, là- bas tapé fortement à la tête ,  ici pincé cruellement aux jambes. Tant mieux. Au revoir et à bientôt. Madame,
la Ministre,  En Mauritanie, on peut  toujours trouver de une hospitalité de quelques jours, quelques années  ou même pour toute la vie. 

 

Source : La Tribune n°408 

 







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