Post-Scriptum

7 07 2008

Post-Scriptum 

Par Kissima 

 

 

« Peut-on prévoir le cours de l’histoire ?» Ainsi est libellé un des sujets de philosophie proposés aux candidats de la série lettres modernes du bac 2008. En attendant de savoir ce que cela va avoir comme résultat au bac, voyons ce que cela peut signifier dans ce contexte de tumulte politique pour
la Mauritanie. 

Pouvoir, c’est être capable. Ce n’est ni être obligé, ni devoir. Alors, nos parlementaires et nos généraux sont-ils capables de faire perdre à Sidi Ould Cheikh Abdallahi son pouvoir ? 

Le ‘cours de l’histoire’ laisse croire que derrière l’intention apparente de certains parlementaires à débarrasser le pays de ceux qu’ils qualifient de symboles de la gabegie se cache une volonté réelle de déstabilisation du pouvoir de ce septuagénaire adossé à sa foi de marabout pour diriger
la Mauritanie loin de laquelle il a géographiquement vécu presque vingt ans. 

En fait, la drôle de tournure qu’ont prise les événements entre la fameuse fronde de certains députés désireux de censurer le gouvernement de Ould Waghef et la démission puis la reconduction de celui-ci n’a apparemment rien de politiquement convaincant quand on sait qu’en principe une motion de censure est censée démontrer avant tout un désaccord des parlementaires avec un gouvernement et qu’en plus le dirigeant de ce gouvernement doit être la première cible d’une telle motion. 

Paradoxalement, les députés ne semblent pas s’offusquer outre mesure du fait que ce soit le même qui revienne pour avoir sélectionner ses collaborateurs de ministres. Sans doute y a-t-il  dans l’air cette sorte d’espoir, qu’on appelle ‘Tam’a’ en Hassaniyya, d’être recruté dans le gouvernement. En tous cas ce ne sera pas au seul prétexte que seront écartés ceux que l’on appelle Roumouz El Vassad ou Symboles de
la Gabegie que nos députés vont se calmer. D’ailleurs, si leur probité est tant qu’ils tiennent à ce que
la Mauritanie soit bien gouvernée pourquoi nos parlementaires n’exigeraient-ils pas qu’eux-mêmes soient l’objet d’audits, que tous ceux qui ont dirigé
la Mauritanie depuis la fin des années soixante dix soient l’objet d’enquêtes et que les déclarations de patrimoines exigées aux tous premiers débuts du mandat de Sidi Ould Cheikh Abdallahi soient effectives et visibles ? On nous dit que des sénateurs s’intéressent à savoir d’où viennent les fonds de Khattou Mint El Boukhary pour sa fondation. Cette sorte de « min ayna laki haadza » aurait pu être intéressante si elle n’était pas intervenue juste dans un contexte de crise politique aux relents d’un désir de destitution du président. On nous dit que les généraux estiment n’avoir pas fait leur putsch pour que
la Mauritanie retombe dans les mains des symboles de la gabegie. Pourquoi alors n’avaient-ils pas pu prévoir le cours de l’histoire en interdisant à ces « symboles » de participer à toutes les batilles ? 

C’est que prévoir, c’est déterminer ce qui va se passer, ce qui va advenir. Nos généraux ne s’attendaient sûrement pas à ce que les anciens amis de Taya reconquièrent aussi vite l’espace politique. Ils sont riches et ils ont les moyens de l’Etat depuis vingt ans. Ils ont habitué beaucoup de mauritaniens à dépendre de ce qu’ils ont amassé et d’espérer encore jouir de leurs faveurs. Alors, nos généraux peuvent-ils sérieusement les empêcher d’être là ? Eux aussi sont-ils prêts à se faire ‘auditer’ ? Des officiers supérieurs hyper riches c’est en Mauritanie que cela se voit ! 

bentocka@yahoo.fr 

source

La Tribune N° 407 du 07/0708 


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