Ingrid Bétancourt libérée

7 07 2008

 

 Après six ans et cinq mois de captivité, Ingrid Bétancourt a été libérée il y a quelques jours. La franco colombienne a donné des explications sur sa libération en compagnie de trois otages étasuniens et onze otages colombiens (des militaires et des policiers). L’armée colombienne aurait infiltré les FARC avant de mener une parfaite opération d’exfiltration. Certains média parlent cependant d’un coup monté : une forte rançon aurait été versée aux FARC contre la libération d’Ingrid Bétancourt. 

Quoi qu’il en soit, la libération d’Ingrid intervient à un moment où les FARC sont affaiblies par la mort de deux de leurs chefs, le premier abattu il y a quelques semaines dans un pays voisin de la Colombie, le second mort de mort naturelle dans la jungle. La libération d’Ingrid met fin à un calvaire qui a duré trop longtemps. Certains des otages libérés avec elle étaient privés de liberté depuis dix ans. La question qui reste posée maintenant c’est de savoir quelles seront les conditions des otages qui restent entre les mains des FARC. Car s’il s’agit réellement d’une opération militaire, il est à craindre que l’étau ne se resserre davantage sur les derniers otages. 

 

Récit de la libération 

A sa descente de l’avion, accompagnée de sa maman, Ingrid Betancourt, les larmes aux yeux, insatiable, a expliqué sa libération dans un langage clair, précis, d’éternelle militante. Avant de s’agenouiller sur le tarmac pour prier.

« Je veux remercier Dieu, d’abord, mais aussi tous ceux qui ont pensé à moi, qui nous ont eu dans leur coeur, qui ont fait que nous étions vivants, à vous tous dans le monde qui nous avez soutenus, à ma patrie, à l’armée colombienne qui a fait de cette opération une opération parfaite. »

L’otage franco-colombienne, la sénatrice Ingrid Betancourt, candidate du parti Vert à l’élection présidentielle en Colombie, qui avait été capturée le 23 février 2002, mais aussi les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l’armée colombienne, avait annoncé dès mercredi soir, à Bogota, le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Ces ex-otages qui se sont posés en avion, jeudi matin vers minuit, heure française, à Bogota.
 » On m’a demandé de préparer nos paquetages. Et puis une heure après, des hélicoptères sont arrivés et on nous a dit qu’on allait tous monter dedans et qu’on allait voir un chef des Farc et qu’ils allaient nous emmener dans un autre endroit pour améliorer nos conditions de captivité. »

« J’avais mon coeur qui battait très fort. C’était des hélicoptères blancs et je me suis dit : Ils vont encore nous faire un cirque, j’en ai marre! On a traversé une rivière, on était encadré par un gardien. On nous a demandé de nous dévêtir, c’était humiliant, et nous étions frustrés car menottés. Les hélicoptères sont arrivés, quelques personnes en sont sorties. Ils disaient que c’étaient des délégués de je ne sais pas quoi, ils avaient des vêtements avec des logos. Je me suis dit « C’est qui, ces gens là? ».

On est monté et il fallait mettre des vestes blanches parce qu’on allait dans un climat froid. Ils ont fermé les portes et quand on a décollé, soudain, quelque chose d’important s’est passé. J’ai vu le commandant des Farc, qui a été tant de fois cruel avec nous. Je l’ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j’étais joyeuse. J’ai ressenti de la pitié pour lui.

Le chef de l’opération a alors dit ”Nous sommes l’armée nationale, vous êtes libres!”. L’hélico a failli tomber parce qu’on a tous sauté, on s’est embrassé, on a crié. Si les miracles existent, c’en est un. »

« Aujourd’hui, je pense à tous ceux qui ne reviendront jamais. Je pense à tous ceux qui sont morts dans les mains de la guérilla, des étrangers, des enfants, des femmes enceintes. A tous les kidnappés colombiens : on va les faire sortir de là. Il faut trouver une union nationale pour tous les colombiens pour nous aider à sortir de là. »

« Merci à vous tous, à ma douce France, de m’avoir pris la main, de ne m’avoir jamais laissée tomber, d’avoir toujours cru qu’en luttant pour moi, nous réussirions tous ensemble à faire la différence. Mon coeur est partagé entre la Colombie et la France. Je vous remercie du temps consacré, des prières, des luttes, de la protection et de l’amour donnés à mes enfants. Je rêve d’être en France, je veux remercier le Président Sarkozy, mais aussi Jacques Chirac et mon ami Dominique de Villepin que je porte dans mon coeur, avec sa femme, ils ont été là tout au long de ces années, avec moi, avec ma famille. Je suis à vous, merci la France. »

Selon Olivier Roubi, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt, sur LCI, « les otages n’ont pas été libérés par l’armée colombienne, mais par la réédition de deux commandants des Farc. »

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie retenaient 44 otages de premier plan comme monnaie d’échange contre des centaines de militants emprisonnés. Le gouvernement français qui travaille sur cette libération d’Ingrid Betancourt depuis des mois aurait obtenu l’assurance de cette issue heureuse, il y a déjà deux mois.
« On n’attend qu’une seule chose, c’est de serrer notre maman dans nos bras », a confié, depuis l’Elysée mercredi soir, la fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie.

« C’est juste le meilleur moment de ma vie, je n’arrive pas y croire », a indiqué pour sa part, Lorenzo Delloye, le fils d’Ingrid Betancourt. Tandis que sa soeur, Astrid, confiait au bord des larmes, « Je veux embrasser tout le monde de tout mon coeur. »
Quelques minutes plus tard, toute la famille d’Ingrid Betancourt prenait un avion privé afin de rejoindre la mère d’Ingrid Betancourt déjà sur place, à Bogota, et Ingrid Betancourt elle-même. Pour des retrouvailles, sept ans après…

DA

 


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