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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

7072008

 

 

 Le rêve mauritanien ? 

 

A en croire le discours  véhiculé par des hommes politiques, nous pouvons dire qu’il faut, désormais, composer avec  certains militaires afin d’avoir  la mainmise sur  les prochains   gouvernements.    Les officiers de l’armée   observent   avec beaucoup d’intérêt  l’actuelle effervescence politique.  Toutefois,  le président de
la République en brandissant la menace de la dissolution du parlement   a provoqué la  démission du PM et son équipe. Ould El Waghef  est, cependant,  reconduit   dans  son poste de  numéro deux de l’exécutif.  Sidi Ould  Cheikh Abdellahi  compte, dans cette perspective,   sur  Dieu et  une armée républicaine  pour  bien diriger le pays.  Ainsi, celle-ci, est-elle structurellement  unie pour qu’elle ne s’immisce pas dans les affaires politiques. 

 Il  devient, en ce sens, indispensable d’intégrer les meilleurs bacheliers  dans cette armée en leur accordant  des bourses à l’étranger loin de toute intervention.  Cette armée s’impose et s’imposera tant qu’il n’y a pas une vision claire sur le devenir de notre patrie.  Dans les années 60 Bourguiba avait eu l’intelligence d’anticiper les événements lorsqu’il a constaté la multiplication des coups d’Etat en Afrique.  Il a bien compris que l’effet  de contagion   allait toucher
la Tunisie. Il a  donc envoyé une grande partie des bacheliers de l’époque pour continuer leurs études ailleurs.   Sa clairvoyance était frappante. L’un des représentants de cette génération a en effet  pu par un coup d’Etat accéder à la magistrature suprême : Zeine  Abidine ben Ali. Ce dernier est un grand ingénieur. Dans l’esprit de Bourguiba, si les militaires arrivent  à prendre le pouvoir, ils doivent au moins être  bien formés pour que le pays ne tombe pas dans le chaos. 

En Mauritanie, l’effet de la contagion a apporté les coups d’Etat et la démocratie. La sous-région était secouée par une vague de démocratie qui reste en phase d’expérience.  Au Sénégal, pays qui a une longue expérience dans le domaine démocratique, les populations  souffrent  toujours des  méfaits de la conjoncture internationale. Le Mali se cherche. Quant à nous, nous sommes dans une période de  crise. Prévoir c’est en quelque sorte éviter les dérives de l’avenir. Les hommes  se succèdent aux divers postes puis disparaissent,  mais le pays et la nation restent. Qu’allons-nous faire pour les générations futures ?  Serons nous, militaires et civiles,  capables d’avoir un terrain d’entente loin des calculs qui peuvent  remettre en cause la raison de notre existence dans cette belle patrie qui est
La Mauritanie ? Et si l’armée se devise ? 

En tout état de cause, une  armée républicaine c’est celle qui cherche les intérêts du pays. Serons-nous alors aptes à créer cette armée loin de toute mésentente ? C’est un rêve, mais nous devons rêver même si  une grande partie de notre population  nous dit souvent qu’il ne faut pas être dupe. Car    il n’y a qu’un semblant de  démocratie  chez nous. Pour nous les rêveurs de cet idéal qui est la démocratie, qui permet le bien être de citoyens, nous disons oui, il y a une démocratie, même s’elle n’est que dans nos esprits. Nous nous cherchons,  certes, avec cette croyance qui nous ferme toutes les portes possibles et imaginables, mais nous continuons à rêver la venue d’un jour meilleur pour
la Mauritanie. Nous n’avons que
la Mauritanie et si nous ne la protégeons pas, nous allons être  des sans domiciles fixes. Loin de la politique et des  jeux de pouvoir, continuons à croire en cette  patrie.  C’est notre seul espoir mais c’est un devoir ! 

 m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°407 




La valse continue et le Premier ministre s’explique

7072008

 

 Le bras de fer entre le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi  et certains  députés de la majorité   qui aurait dû   déboucher  sur une dissolution du parlement ou sur une motion de censure, a fini  par donner un scénario inattendu.  Sans attendre que les députés frondeurs aient raison de lui et certainement pour éviter au président l’écartelant choix de dissoudre l’assemblée, Ould Waghef a démissionné. Du coup, il a mis fin à de longues chamailleries qui ont pratiquement grippé la machine politique du pays…Dans le même temps, il est reconduit. En attendant de connaître ses nouveaux coéquipiers, celui qui jouit désormais de la confiance du chef a pris la parole devant la presse… 

Le jeudi 3 juillet 2008, conférence de presse dans  les locaux de la primature.  L’acteur de cette conférence, le deuxièmement nouveau Premier Ministre veut  établir la confiance entre les antagonistes de la majorité.  Ould El Waghev a déclaré  que   « la démission de  son gouvernement  semble la meilleure solution  afin d’éviter la fracture entre les composantes de la majorité ».  Sur la question d’être capable de réussir un tel pari, il a répondu : «  je suis  déterminé à faire appel à  toutes les forces politiques de la majorité pour qu’elles  puissent  dépasser leurs mésententes ».  Le nouveau premier ministre fraîchement reconduit avait aussi annoncé  que  les récents événements politiques  ne sont qu’une confirmation du bon  fonctionnement démocratique. 

Soulignons que des parlementaires frondeurs du parti Adil  ont félicité l’actuel  PM.   L’actuel  PM  nie, par ailleurs, l’existence de la crise politique.   Il réitère qu’il s’agit de la démocratie.   «  Il faut  que nous  majorité, nous  nous mettions d’accord, car ni la motion de censure, ni   la dissolution du parlement  ne seront en notre  faveur  », précise-t-il.  Une  question  surgit alors c’est celle du consensus. Celui-ci  va-t-il exclure l’opposition traditionnelle qui a intégré  la formation  du gouvernement sortant ?  Tawassoul  et   l’UFP  seront-ils hors jeu ?  Quel est leur  part dans la composition de la   prochaine autorité de l’exécutif?  S’agissant du  délai accordé pour le PM pour  proposer sa nouvelle équipe ministérielle, il faut attendre la semaine prochaine.    « Ce week end, je  compte me  reposer », déclare-t-il. On dirait  qu’  il veut   prendre du recul pour  voir clairement ou ‘majoritairement’.  Son    ultime but    semble   barrer la route à l’opposition d’Ahmed  Ould  Daddah.  « Avec la motion de censure, les députés   seront obligés de composer avec le RFD » martèle-t-il en guise de réponse.   En effet, les  rebondissements  de cette crise montrent  que  le  consensus   entre les parties prenantes  est un choix essentiel.  En attendant  le gouvernement du  consensus, le  communiqué des  députés frondeurs déclare  que les futurs membres du gouvernement  doivent être propres, compétents et issus  d’une base parlementaire solide.  Ainsi, le Parti Adil /PNDD  a tenu une réunion, le samedi  5 juillet 2008 sous la présidence de Mohamed Yahya Ould  El Waghef.  Au cours de cette conférence, des adhérents de ce parti, rejettent  le fait qu’ils soient   traités par certains  hommes politiques  de  symboles   de la gabegie, en rétorquant  que si c’est le cas, tous les  autres  adhérents  influents  du parti  ne doivent pas être épargnés.  L’ensemble des forces  du parti  ont demandé, en outre, au  Premier ministre  de  leur  accorder   un délai  pour qu’ils  arrivent  à  se réorganiser   et se réconcilier.  D’autres membres ont soulevé la question d’immixtion de généraux dans les affaires politiques.  Il ressort de cette réunion qu’il faut attendre 7 jours,  voire plus,  pour avoir  une idée sur le  prochain gouvernement.   Notons que le mode de concertation, qui a donné naissance à  la dernière  composition gouvernementale démissionnaire,  était fait  sur la base de la représentativité au sein du parlement.   Chaque  groupement  de trois députés appartenant aux  formations partisanes  soutenant le programme de Sidi Ould Cheikh Abdellahi  avait  droit  à un poste ministériel.  Le nombre  de ministres  dépendait  alors du  nombre des  députés.  Mais cette règle  n’était pas respectée  à la rigueur.  Cela a provoqué des mécontentements au sein de  la majorité et l’éclatement de la crise    par  l’effet de la  bulle qui se matérialisait, entre autres, par  le retrait de l’UDP   de la majorité  et le dépôt de la motion de censure contre le  gouvernement du  chef du parti Adil.   Les organes  de ce dernier  semblaient   négliger le poids incontestable  de  certains parlementaires. Ce qui sous-entend que le parti lui-même doit  élire ses instances   selon la carte parlementaire, sinon la dissolution des deux chambres  serait la seule issue possible pour dépasser l’actuelle crise.   

Des observateurs affirment, par ailleurs,  que l’actuel président s’est   plié  aux pressions  internes  et externes  qui l’ont poussé à prendre une décision intermédiaire en  favorisant la démission du gouvernement.  Là,  les interprétations n’acquièrent pas l’unanimité.  Les analystes tergiversent entre  une optique allant dans le sens de l’apaisement de l’actuel   conflit  et une autre qui  confirme le fait que le prochain gouvernement  va difficilement  être efficace. 

Parallèlement à cette situation, des sénateurs  s’attaquent à la famille du Président  Ould Cheikh Abdellahi, notamment les  sources du financement de  la fondation de sa  femme  Khatou Mint  Al Boukhary. Ces sénateurs   comptent  déclencher une procédure  de contrôle à l’encontre de la fondation KB.  Pourquoi choisir ce moment pour déclencher une  telle procédure     ?  La crise politique  en est-elle pour quelque chose ?    

 Mohamed Fouad Barrada 

m_barrada@yahoo.fr 

Source: La Tribune n°407 




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

7072008

Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

 

Cette semaine, on aurait dû fêter… non pas fêter, disons ‘commémorer’ le trentième anniversaire du 10 juillet 1978… Mais les événements nous obligent à occulter cette date… Ou plutôt à ne pas s’étaler comme il se doit là-dessus.

Le 10 juillet 1978, Me Mokhtar Ould Daddah, Président depuis l’indépendance, est surpris par l’entrée du jeune lieutenant Moulaye Hachim qui lui dit : «Monsieur le Président, l’Armée a décidé de vous retirer sa confiance…» La guerre du Sahara est passée par là.

En arrivant au pouvoir l’Armée avait promis d’instaurer la démocratie en remettant le pouvoir aux civils, de redresser l’économie et surtout de sortir le pays de la guerre.

Il aura fallu 29 ans pour arriver à un régime civil légitimé par des élections dont la transparence et la régularité ont été saluées par tous les acteurs. L’économie nationale n’a jamais été redressée. Et le pays, même s’il n’est plus en guerre, continue d’en souffrir les affres.

Nous avons tous écrit sur cette période dont le moins qu’on puisse dire, est qu’elle constitué l’ère de la négation. De l’Etat, des valeurs, de la culture… de tout.

Il aura fallu l’avènement de jeunes officiers – officiers de seconde génération, ayant fait l’Armée après le 10 juillet – aux commandes pour voir les militaires s’engager sérieusement sur la voie de la réforme.

Le symbole, en avril 2007, était fort. Le 10 juillet 1978, Eli Ould Mohamed Val, était un jeune lieutenant en charge d’une unité sous les ordres du commandant Moulaye Ould Boukhreiss. Ce dernier avait fait bouger ses troupes en direction de Nouakchott. Si lui savait pourquoi, ses subordonnés ignoraient tout de l’action.

C’est ce jeune lieutenant qui passera le pouvoir à l’un des plus jeunes ministres du gouvernement civil renversé à l’époque. En effet Sidi Ould Cheikh Abdallahi était, avec Ahmed Ould Daddah (son cadet), des plus jeunes de l’équipe.

Les vrais auteurs de cette orchestration n’ont appartenu ni au CMRN, ni au CMSN. Les colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani appartiennent à une génération d’officiers qui sont venus à l’Armée pour le métier. Non pour le pouvoir. S’ils sont aux affaires, c’est bien pour sauver une situation qui a failli les entraîner eux-mêmes. 19 mois pour relancer l’espoir d’un ordre nouveau. Malgré les interférences du Conseil militaire.

Aujourd’hui le débat porte sur le rôle des uns et des autres dans l’exercice du pouvoir. Comme si les jeux n’étaient pas faits à l’avance.

Le malheur pour nous, c’est qu’on découvre l’ampleur de l’incompétence politique de l’Appareil qui nous dirige. Sinon comment comprendre la mésentente entre le Président et ses différents partenaires ? Comment comprendre le pourrissement d’une situation dont les faiblesses sont claires ? Comment comprendre d’abord l’absence de réaction du chef du gouvernement, chef du parti Adil, ensuite l’entrée en scène fracassante du Président, son recul et enfin sa tentative de relance ?

Les questions sont nombreuses. Les réponses sont inquiétantes. Les parades sont dangereuses.

En attendant, nous pouvons positiver et nous dire qu’il y a quelque chose de changé en Mauritanie. Les militaires n’interviennent pas directement. La démarche entreprise semble se conformer à la légalité. Ce sont les députés et les sénateurs qui font front. Au nom de leur légitimité. Quelqu’un me disait qu’il est heureux de voir se développer «le logique des urnes», plutôt que «la logique des armes». Je pensais aussi qu’il faille se féliciter d’entendre enfin plus parler de motion de censure que de motions de soutien.

La logique de la confrontation nous mène droit au blocage. L’essentiel c’est de ne pas reprendre la phrase de 1978, mais d’arriver à une solution politique et légale. «Les élus du peuple vous retirent leur confiance…», c’est ce que les frondeurs préparent visiblement. Vont-ils aller jusqu’au bout ? Nous verrons.

 

La Tribune n°407




Crise politique

7072008

Crise politique :

Après les motions de soutiens, les motions de censure

L’escalade, la destitution du Président de la République est envisagée

 

 

Quand il s’en va assister au sommet de Charm el Cheikh, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi donnait l’impression de quelqu’un qui avait réussi à juguler la crise qui menaçait son régime. Il aurait même rassuré certains de ses partisans et de ses proches sur cette crise. Indiquant que la rencontre – la veille – avec les Généraux avait permis de dépasser toutes les mésententes. La réunion qui aurait eu lieu entre les trois hommes se serait en fait terminée sans résultat précis. Le Président demandant aux Généraux de faire pression sur les députés pour surseoir à la motion de censure. Les Généraux refusant poliment de reconnaître leur rôle dans l’entreprise de déstabilisation du Gouvernement mis en place quarante jours avant. Ce qu’ils peuvent assurer, c’est bien leur loyalisme et leur respect des institutions. L’Armée qui a finalement remis le pouvoir aux civils, ne permettrait aucun viol des textes régissant la nouvelle République.

A Charm el Cheikh, le Président médite. Au lendemain de son départ, la motion de censure a été déposée. Il revient donc avec la ferme intention de descendre dans l’arène. C’est là-bas visiblement qu’il écrit son discours. Jusque-là, la bataille opposait des députés frondeurs à un gouvernement décrié. Avec ce discours, le Président Ould Cheikh Abdallahi se mêle aux lutteurs et porte le différend sur la scène publique. Mais le plus grave est sans doute dans le contenu du discours. D’abord l’absence de décision ou d’annonce ferme. Ensuite la lueur de menace proférée à l’encontre des députés. Du coup les rôles sont inversés. Le Président Ould Cheikh Abdallahi devient la principale source de menace pour les institutions démocratiques. Alors que jusque-là – dans cette bataille au moins – il incarnait la légitimité ‘démocratique’. Le voilà pris au piège de l’escalade.

Que contient ce discours ? Après avoir reconnu aux députés le droit et même le devoir de remettre en cause le gouvernement et son action, le Président se «pose la question sur les mobiles et les visées réelles qui sous-tendent, à ce moment et dans ces conditions précises, les actions visant la défiance à l’égard d’un gouvernement à peine installé». Il croit les camper : «certains d’entre eux, par exemple, relèvent d’ambitions personnelles; d’autres sont l’expression de reproches de militants à l’égard de leur formation politique alors qu’en partie aussi il y en a qui procèdent du refus de l’élargissement de la majorité présidentielle et dans certains autres cas, ces mobiles relèvent d’un désir de réformes et d’une crainte de retour vers des pratiques du passé. Toutes ces raisons invoquées, en dépit de l’importance de certaines d’entre elles, ne justifient pas la situation qui prévaut à l’heure actuelle». Même s’il rassure «ceux qui visent sincèrement la réalisation des réformes en leur disant que leur objectif est le mien et qu’il est le fondement du contrat qui me lie avec tous mes collaborateurs, quel que soit le niveau qu’ils occupent au sein de l’appareil étatique, abstraction faite de leur profil et des positions qui ont été les leurs par le passé». Le Président va jusqu’à parler des «rumeurs qui circulent au sujet de la relation entre le Président de la République et certains officiers supérieurs». Pour souligner « que ces officiers exercent pleinement les charges professionnelles qui leur sont imparties et méritent, de ce fait, ma confiance dont ils jouissent de façon entière. Je compte d’abord sur Allah, puis sur l’ensemble des éléments des nos forces armées et de sécurité pour la poursuite, dans les règles de l’art, des nobles missions assignées à ces corps». Il convie enfin les députés « à ne pas (le) laisser penser que la confiance dont (il) les crédite n’est pas au bon endroit et (le) conduire ainsi à assumer pleinement (ses) responsabilités constitutionnelles, y compris la possibilité de dissoudre l’assemblée nationale». 

Les réactions ne se font pas attendre. Les députés frondeurs se rassemblent et crient à la menace qui pèse sur la démocratie. Ils réitèrent leur volonté de continuer le processus de censure. Côté opposition, les partis RFD et Hatem renouvellent leur soutien à la motion de censure. Confrontation générale. C’est du moins ce qu’on croit.

La surprise est totale le lendemain quand le Premier ministre entre dans la salle du conseil des ministres pour annoncer sa démission. Certains applaudissent, d’autres protestent, la plupart se taisent. Le Président a-t-il plié finalement ? Non parce qu’il confie au même Yahya Ould Ahmed Waghf la mission de composer un nouveau gouvernement. Une façon de donner l’impression de ne pas perdre la bataille. Quelles lectures de ce geste ?

La première lecture voudrait voir dans la décision du Président la volonté de se donner le temps pour laisser le problème s’estomper de lui-même. Dans sa première réunion avec son bureau exécutif, le président de Adil, ancien nouveau Premier ministre Ould Ahmed Waghf a déclaré qu’il s’attellera d’abord à refaire l’unité du parti, et au-delà de la majorité, avant de commencer les concertations pour la formation du nouveau gouvernement. Vu l’état des divisions, cela devrait prendre du temps. D’ici là, le Parlement aura clos sa session (12/7). Le Président aura donc la latitude de désigner le gouvernement qu’il veut avec un moratoire de quatre mois sans possibilité de motion de censure.

La deuxième lecture voudrait y voir un signe de faiblesse du Président, obligé finalement de renoncer à ses choix en démettant le gouvernement qu’il avait pourtant défendu.

Une troisième lecture voit dans la nomination de Ould Ahmed Waghf, la main du Général Ould Abdel Aziz, l’une des parties prenantes. Selon les proches du PM, il aurait eu la bénédiction des généraux. Il serait aussi apte à régler le différend qui empoisonne le sommet de l’Etat. Le tact politique aidant.

Chacun y va de sa lecture. Quoi qu’il en soit, la reconduction de Ould Ahmed Waghf ne peut être comprise sans la prise en compte de l’amour propre du Président. Le Premier ministre, président de Adil supposé être le plus grand parti du pays, n’a pas pu faire face à la fronde des députés. La bataille aurait dû opposer les députés frondeurs et le gouvernement qui aurait pu mobiliser sa part de l’Assemblée. Surtout que le chef de l’Exécutif est le président du parti qui est supposé avoir le plus de députés. Pourquoi reconduire quelqu’un qui a échoué, quelqu’un qui a refusé de livrer la première bataille politique qui vaille pour le pays ? Autre (in)considération : si la raison du refus du gouvernement, est le passif – supposé ou réel – des uns et des autres, on voit mal Ould Ahmed Waghf ‘survivre’ dans un mouvement qui ‘sacrifie’ d’autres ministres loin des «salissements» du passé.

La (re)nomination de Ould Ahmed Waghf a donc été sentie comme une provocation. Provocation pour provocation, les frondeurs sont passés à un autre registre : attaquer la famille du Président à travers la remise en cause du fonctionnement de la Fondation qui porte le nom de la Première Dame, Khattou Mint el Boukhary.

En effet un groupe de sénateurs a fait savoir, lors d’un point presse tenu samedi au siège du sénat, qu’ils vont mettre sur pieds une commission d’enquête pour «mener les investigations nécessaires sur les sources de financement de cette fondation et de la vérification de ses comptes». Dans la déclaration rendue publique, les sénateurs disent «avoir reçu des informations de sources différentes signifiant que la fondation KB a bénéficié, grâce à la position et à l’influence de ses dirigeants de financement, d’attributions foncières, et d’équipements importants en provenance des différentes caisses de l’Etat et d’autres sources suspectes». Parmi les signataires : Mohamed El Hacen Ould Elhaj dit Mohcine, sénateur de Rosso et vice-président du Sénat, l’un des premiers soutiens de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, l’un aussi des principaux frondeurs ; Diop Abdoulaye Demba sénateur de M’bagne ; Moulaye cherif Ould Moulaye Driss sénateur de Oualata ; Mohamed Ould Evelwatt sénateur de Zouérate ; Cheikh Ould Zein, de Timbedra ; Cheriff Ahmed Ould Khatry de Djiguénni ; et  Cheikh Ould Mohamed Znagui sénateur d’Akjoujt et visiblement porte-parole du groupe.

Cette démarche plutôt singulière a plus d’un sens. D’abord mettre la pression sur le Président Ould Cheikh Abdallahi en s’attaquant à sa famille. Ensuite stigmatiser, celle que l’on croit être – à tort ou à raison – la première ‘inspiration’ du Président de la République. Et, last but not least, toute attaque contre l’épouse du Président aura des conséquences sur le Président lui-même. Surtout s’il s’agit de questions liées aux malversations. On n’hésite plus à parler de Haute Cour de Justice (qui n’est pas encore mise en place), de démission, d’éclaboussures menant à la destitution…

Quels schémas pour le futur proche ? Le Premier ministre nomme son Gouvernement après larges consultations. Les ‘contentés’ feront des mécontents. Le cycle des frondes ne pouvant plus s’arrêter. La situation continue de pourrir et le pire est à craindre.

Le pire ce serait de revenir au cycle des coups d’Etat. Parce qu’il faut se dire que toute tentative de recours à la force va ouvrir la porte à une série de coups de force. La Mauritanie – pays éclaté et affaibli par une trentaine d’années de mauvaise gestion – est un pays à risque. Toute rupture des équilibres existant lui sera fatale.

La raison profonde justement de la crise actuelle, est bien la rupture des équilibres. En passant outre l’avis de ses partenaires au pouvoir, en déséquilibrant l’exercice au profit de tels ou tels ensembles tribaux, en laissant le cercle du pouvoir investi par les groupuscules politiques, en choisissant de remplir son environnement par des novices en politique, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a joué gros. En choisissant l’escalade à travers son discours, en reconduisant le même Premier ministre et en jouant les atermoiements, le Président Ould Cheikh Abdallahi risque son pouvoir. Tout dépend désormais de la détermination de ses protagonistes. L’issue de la confrontation doit intervenir avant le 12 juillet. Ou les frondeurs accentuent la pression et obligent le Président à envisager son retrait des affaires. Ou le Président réussit à reprendre les choses en main en assainissant ses rapports avec ses partenaires – civils et militaires, auquel cas la crise sera apaisée. Le rôle ici d’une troisième force, conciliante et convergente, est prépondérant. On peut penser à une initiative qui réglerait tous les aspects du problème posé : aspect politique en ouvrant la voie à la participation d’un large éventail dans la recomposition du pouvoir ; aspect choix entre l’ancien et le moderne, avec volonté de créer une classe politique de relève ; et enfin aspect ‘social’ par le règlement des différends plutôt personnels qui empoisonnent l’entourage du Président et parasitent tout le reste. Mais la ressource humaine pour mener à bien cette entreprise existe-t-elle présentement ? On peut en douter quand on sait que tout ce qui arrive était prévisible… et que personne n’a pu l’anticiper.

 

MFO

 

Encadré :

Les sanctions qui tombent

 

A la présidence on n’entend pas laisser s’exprimer de voix discordantes. Le premier à en souffrir est l’ancien directeur adjoint du cabinet présidentiel. Mohamedou Ould Tijany a été limogé suite à une opinion qu’il aurait exprimée à propos du discours présidentiel. Il aurait jugé dangereux certains propos du discours. Hier c’est autour du chargé de mission, Ahmed Baba Ould Ahmed Miské de souffrir l’ire présidentielle. Il a été limogé au lendemain d’une rencontre organisée par les initiatives qui avaient été créées pendant l’élection présidentielle. Introduisant la réunion, Ould Ahmed Miské qui avait été l’un des promoteurs de la candidature de Ould Cheikh Abdallahi, a décrit la crise du parti Adil et appelé à refonder le parti sur des bases pouvant garantir la participation de tous les courants. Ould ahmed Miské avait écrit un article où il diagnostiquait la crise actuelle et où il dénonçait l’exclusion de certains courants par le parti Adil.

Au cours de cette réunion des propos véhéments ont été tenus par certains intervenants dont Mohcen Ould el Haj, vice-président du Sénat. Le Sénateur de Rosso, animateur principal de la fronde, a décrit la crise et exprimé son désespoir quant à l’avenir de Adil.

Par ailleurs, le président du parti Adil doit rencontrer dimanche soir, les députés de sa formation (frondeurs et non). Ils vont discuter de la formation du nouveau bureau de l’Assemblée. Pour la énième fois, la séance devant conduire à la formation du nouveau bureau a été reportée. Les frondeurs entendent en exclure ceux qui ne sont pas allés avec eux. L’Assemblée nationale doit clôturer sa session jeudi prochain sans avoir examiné un projet de loi. Une session blanche. Du jamais vu en Mauritanie.

 

Encadré :

Mme Béguin s’en mêle

J’ai eu le privilège et l’honneur de conduire, de 2006 à 2007, la mission d’observation européenne du processus des élections en Mauritanie ; après la fin de deux décennies d’autoritarisme sanglant, le pays s’est doté, en toute transparence, d’institutions démocratiques dont la vitalité fait modèle sur le continent africain.
Le déroulement pacifique et incontesté des scrutins a permis d’asseoir les fondements de la stabilité par le consensus.
Aujourd’hui, la Mauritanie traverse une crise au sommet de l’Etat, entre le Président de la République et son Premier Ministre d’une part et, de l’autre, une majorité de députés. Je tiens à témoigner que la loi fondamentale en vigueur permet la régulation de tels litiges sans atteinte à la séparation des pouvoirs ni convocation du collège électoral, démarche forcément onéreuse.

La communauté internationale ne comprendrait pas qu’une expérience de pluralisme, aussi neuve, exemplaire et prometteuse, sombre – déjà – dans l’instabilité. De facto, le dépôt d’une motion de censure contre le Gouvernement participe de la vitalité démocratique et de la force du droit. Elle offre, souvent, l’opportunité de renégocier un compromis qui sauvegarde la primauté de la paix civile sous l’empire de la loi.
J’appelle l’ensemble des acteurs de la politique en Mauritanie à savoir protéger et élever, plus haut encore, l’étendard emblématique de cette jeune démocratie.

Bruxelles, le 1er juillet 2008

Marie Anne Isler Béguin
Députée au Parlement européen
Groupe Verts/ALE 

 

 

Encadré :

Ould Daddah à RFI : «La démission du gouvernement ne suffit pas»


Ahmed Ould Daddah 

Dans un entretien diffusé sur les ondes de RFI, Ahmed Ould Daddah, chef de file de l’opposition a affirmé que «la démission du gouvernement ne suffit pas». Le leader du RFD a déclaré que «toute cette activité autour du gouvernement cache une autre réalité: le pays fait face à un risque de famine, à une hausse vertigineuse des prix. Il y a également un problème de sécurité dans les villes et de terrorisme à nos frontières. Par ailleurs, il y a une grande frustration en raison de l’espérance de changement caressée par les gens et qui ne s’est pas produite ni dans l’administration, ni dans la lutte contre la corruption et encore moins dans la bonne gestion et la répartition des ressources du pays.» Au sujet de vote de défiance qui devait avoir lieu jeudi dernier, Ahmed Ould Daddah dira: «la motion de censure devait bénéficier d’une grande majorité. La question est de savoir si c’est une façon de gagner du temps et pourquoi, ou c’est une façon de faire du nouveau avec l’ancien.»

 

Encadré :

Ce qu’attendent les députés

                     

«L’initiative des députés soutenant la motion de censure contre le gouvernement, tout en se réjouissant de cette démission, enregistre positivement ce geste, car la soumission à la volonté du peuple la volonté du peuple et celle de ses représentants, ne constitue pas une humiliation, ni une faiblesse, mais plutôt une garantie de la complémentarité des différentes institutions. Elle constitue aussi l’élément sécurisant de notre processus démocratique, le protégeant contre les déviations et le retour au passé. Dans la perspective de la constitution du nouveau gouvernement ;

Croyant aux valeurs de concertation et d’orientation mutuelle qui doivent présider aux relations entre la majorité et le Président de la République et en considération de la nécessité de la complémentarité entre l’institution de la Présidence de la République et le Parlement qui constitue un espace de transparence pour la pratique de la démocratie ; et,

Dans l’esprit de vouloir éviter la répétition des erreurs enregistrées au moment de la constitution de l’ancien gouvernement, nous soumettons au président de la république et à l’opinion publique ce qui suit :

1-Nous appelons à ce que la composition du prochain gouvernement émane de la majorité consacrée par les urnes. Cette même majorité dont le programme a constitué le choix du peuple mauritanien, lui confiant le soin de l’exécuter en sa qualité de seule dépositaire de sa confiance.

2- La composition de ce gouvernement doit traduire clairement l’option du changement et de la reforme et refléter les profondes préoccupations et espoirs du peuple, en particulier dans cette circonstance caractérisée par la crise économique, la cherté de la vie et le taux de chômage grandissant.

3-Nous appelons à ce que des personnes propres, compétentes, représentatives des voix du peuple puissent être choisies pou remplir le contrat existant entre le peuple et la majorité.

4-Croyant en la nécessité d’avoir des relations positives avec l’opposition démocratique, nous considérons qu’elle doit demeurer forte, riche et diversifiée pour donner un maximum de crédibilité à notre système démocratique, renforcer le rôle de surveillance du fonctionnement des institutions et réaliser les équilibres nécessaires de la vie politique nationale.

                      

                        Nouakchott le 04/07/2008

                                   Les députés

 

Encadré :

Extraits de la Constitution

 

Article 74 : Le Premier ministre est, solidairement avec les ministres, responsable devant l’Assemblée Nationale. La mise en jeu de la responsabilité politique résulte de la question de confiance ou de la motion de censure. 

Le Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, engage devant l’Assemblée Nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme et éventuellement sur une déclaration de politique générale. 

L’Assemblée Nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure. 

Une motion de censure déposée par un député doit porter expressément ce titre et la signature de son auteur. 

Une telle motion n’est recevable que si elle est signée par un tiers (1/3) au moins des membres de l’Assemblée Nationale. 

Le vote ne peut avoir lieu que quarante huit (48) heures après le dépôt de la question de confiance ou de la motion de censure. 

Article 75 : Le vote de défiance ou l’adoption de motion de censure entraîne la démission immédiate du Gouvernement. Ils ne peuvent être acquis qu’à la majorité des députés composant l’Assemblée Nationale, seuls sont recensés les votes de défiance ou les votes favorables à la motion de censure. 

Le Gouvernement démissionnaire continue à expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination par le Président de la République, d’un nouveau Premier ministre et d’un nouveau Gouvernement. 

Si une motion de censure est rejetée, ses signataires ne peuvent en proposer une nouvelle au cours de la même session, sauf dans le cas prévu à l’alinéa ci-dessous. 

Le Premier ministre après délibération du Conseil des ministres engage la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée Nationale sur le vote d’un texte. 

Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues au premier alinéa de cet article. 

Le Premier ministre a la faculté de demander au Sénat l’approbation d’une déclaration de politique générale. 

Article 76 : La clôture des sessions ordinaires ou extraordinaires est de droit retardée pour permettre, le cas échéant, l’application des dispositions de l’article 75 de la présente Constitution. 

Article 77 : Si, dans un intervalle de moins de trente six (36) mois sont intervenus deux changements de Gouvernement à la suite d’un vote de défiance ou d’une motion de censure, le Président de la République peut, après avis du Président de l’Assemblée Nationale, prononcer la dissolution de celle-ci. 

En ce cas, il sera procédé à de nouvelles élections dans un délai de quarante (40) jours au plus. La nouvelle Assemblée Nationale se réunit de plein droit trois (3) semaines après son élection. 

 

Source : La Tribune n°407




Post-Scriptum

7072008

Post-Scriptum 

Par Kissima 

 

 

« Peut-on prévoir le cours de l’histoire ?» Ainsi est libellé un des sujets de philosophie proposés aux candidats de la série lettres modernes du bac 2008. En attendant de savoir ce que cela va avoir comme résultat au bac, voyons ce que cela peut signifier dans ce contexte de tumulte politique pour
la Mauritanie. 

Pouvoir, c’est être capable. Ce n’est ni être obligé, ni devoir. Alors, nos parlementaires et nos généraux sont-ils capables de faire perdre à Sidi Ould Cheikh Abdallahi son pouvoir ? 

Le ‘cours de l’histoire’ laisse croire que derrière l’intention apparente de certains parlementaires à débarrasser le pays de ceux qu’ils qualifient de symboles de la gabegie se cache une volonté réelle de déstabilisation du pouvoir de ce septuagénaire adossé à sa foi de marabout pour diriger
la Mauritanie loin de laquelle il a géographiquement vécu presque vingt ans. 

En fait, la drôle de tournure qu’ont prise les événements entre la fameuse fronde de certains députés désireux de censurer le gouvernement de Ould Waghef et la démission puis la reconduction de celui-ci n’a apparemment rien de politiquement convaincant quand on sait qu’en principe une motion de censure est censée démontrer avant tout un désaccord des parlementaires avec un gouvernement et qu’en plus le dirigeant de ce gouvernement doit être la première cible d’une telle motion. 

Paradoxalement, les députés ne semblent pas s’offusquer outre mesure du fait que ce soit le même qui revienne pour avoir sélectionner ses collaborateurs de ministres. Sans doute y a-t-il  dans l’air cette sorte d’espoir, qu’on appelle ‘Tam’a’ en Hassaniyya, d’être recruté dans le gouvernement. En tous cas ce ne sera pas au seul prétexte que seront écartés ceux que l’on appelle Roumouz El Vassad ou Symboles de
la Gabegie que nos députés vont se calmer. D’ailleurs, si leur probité est tant qu’ils tiennent à ce que
la Mauritanie soit bien gouvernée pourquoi nos parlementaires n’exigeraient-ils pas qu’eux-mêmes soient l’objet d’audits, que tous ceux qui ont dirigé
la Mauritanie depuis la fin des années soixante dix soient l’objet d’enquêtes et que les déclarations de patrimoines exigées aux tous premiers débuts du mandat de Sidi Ould Cheikh Abdallahi soient effectives et visibles ? On nous dit que des sénateurs s’intéressent à savoir d’où viennent les fonds de Khattou Mint El Boukhary pour sa fondation. Cette sorte de « min ayna laki haadza » aurait pu être intéressante si elle n’était pas intervenue juste dans un contexte de crise politique aux relents d’un désir de destitution du président. On nous dit que les généraux estiment n’avoir pas fait leur putsch pour que
la Mauritanie retombe dans les mains des symboles de la gabegie. Pourquoi alors n’avaient-ils pas pu prévoir le cours de l’histoire en interdisant à ces « symboles » de participer à toutes les batilles ? 

C’est que prévoir, c’est déterminer ce qui va se passer, ce qui va advenir. Nos généraux ne s’attendaient sûrement pas à ce que les anciens amis de Taya reconquièrent aussi vite l’espace politique. Ils sont riches et ils ont les moyens de l’Etat depuis vingt ans. Ils ont habitué beaucoup de mauritaniens à dépendre de ce qu’ils ont amassé et d’espérer encore jouir de leurs faveurs. Alors, nos généraux peuvent-ils sérieusement les empêcher d’être là ? Eux aussi sont-ils prêts à se faire ‘auditer’ ? Des officiers supérieurs hyper riches c’est en Mauritanie que cela se voit ! 

bentocka@yahoo.fr 

source

La Tribune N° 407 du 07/0708 




Chronique Mansor

7072008

Pour des raisons techniques indépendantes de ma volonté, la chronique n’a pas paru au cours des cinq dernières livraisons de la Tribune . Veuillez nous en excuser. J’informe, à cette occasion, que l’ensemble déjà paru de la chronique est disponible par courriel, à mon adresse : manstaw@gmail.com 

 

3 

 

C’est en creusant un sillon délimitant l’espace de la cité que les fils de la louve [1] – Romulus et Remus – fondent Rome, dont le dieu [2] tutélaire, Saturne, grand-maître de l’agriculture et des forces chtoniennes, sera bientôt identifié au Chronos grec, grand-maître du temps et des rythmes célestes [3]. Un en-dehors, un en-dedans, un avant, un après : on peut, désormais, aller et venir entre des références. Productrice de sens, la cité est un en-clos – un espace réservé, un code, une mémoire – où se construit un à-venir : silos à grains, familles, assurances diverses d’abondance et de fécondité.  Il y faut donc des portes, des clés et des gardiens ; des lieux, des signes et des comptes d’échange. Le caractère sacré du sillon, la loi sociale qu’il définit, apparaissent, même, supérieurs au lien du sang et Remus, qui les enfreint, est exécuté par son frère. D’emblée, la confrontation entre la citoyenneté et la familiarité est posée : L’indivis de l’Etat – ce qui ordonne l’en-clos et son à-venir, leurs relations avec l’en-dehors – est distinct et supérieur à celui de l’individu. Dans le cas contraire, c’est, au mieux, le despotisme ; au pire, l’anarchie. La voie médiane de gouvernement, celle de la vertu, se situerait donc quelque part entre ces extrêmes. Oligarchie, démocratie ? 

 

Ainsi condensé et sans discuter ici de la validité historique du mythe, on pressent les pièges d’un tel raisonnement, qui fit et fait encore, cependant, l’ordinaire des pensées politiques, actives ou réactives, des civilisations antiques et moderne [4] de l’Occident. Le mythe – ce n’est qu’une facette de sa fonction – justifie, à posteriori, un mode d’existence. On se dispense, dès lors aisément, de creuser davantage. Ce serait pourtant fort utile, en matière de chose publique, surtout lorsqu’on prétend à l’universalité. Musulmans, essayons-nous donc à l’ouvrage. En deçà de la fondation de Rome, il s’est préalablement effectué, au sein d’une région assez densément peuplée de diverses tribus, de diverses origines spatiales, mais toutes sédentarisées, une rigoureuse hiérarchisation, distinguant des classes sociales, des droits et des devoirs héréditaires, invariablement issue – au-delà de modèles plus ou moins lointains dans le temps et l’espace – de discontinuité(s) dans la circulation des informations vitales, à l’intérieur de et entre des groupes peu différenciés. Mode dominant des sociétés de cueillette et de chasse, la gestion collective – c’est à dire : discutée jusqu’au consensus unanime, au recollement communautaire – des incertitudes nées de ces segmentations, varie en fonction de la nécessité : l’urgence de la réponse peut apparaître au plus fort, au plus vif, au plus réfléchi, supérieure à la cohésion continue du groupe. Il prend alors, de son propre chef, une décision, agit, pour le bien de tous ; sinon, d’une fraction ; et son initiative peut se révéler viable. Pour autant, l’exception ne fonde un ordre nouveau qu’en ce qu’elle se répète, éventuellement sollicitée par telle ou telle partie, signalant une discordance persistante entre le groupe et son milieu. Coercition ? Mandat ? Il semble bien, en tous cas, que la fixation du pouvoir, sa centration repérable, soit la marque d’une débilité. Béquille d’un discours communautaire morcelé, le chef est, au mieux, un médecin de société… 

 

« Le peuple uni ne sera jamais vaincu ». La parole éblouissante, peut-être trop, du chilien Sergio Ortega n’a cessé, depuis trente-cinq ans, d’enflammer les cœurs oppressés. Faut-il s’étonner que les musulmans iraniens s’en soient, si facilement, emparés, lors de la révolution de 1979, en composant leur hymne « Barpakhiz » (se lever) ? Certes, il y aurait beaucoup à dire sur l’idyllique peuple, « souverain » en pleine Terreur jacobine, accessoirement nantie, quant à elle, d’une déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, tout comme d’ailleurs, la république de Thiers, un siècle plus tard, aux prises avec le peuple parisien… Mais le propos n’est, évidemment, pas là. La formule d’Ortega touche les cœurs, profondément.  Après tant de millénaires écartelés, faut-il que la mémoire collective ait été à ce point marquée par l’innocente transcendance de son enfance, pour entretenir, à l’heure des mégapoles, une telle nostalgie ? Posons-nous la question : est-ce tant puéril ? 




[1]  Plus exactement, ses nourrissons. Les deux jumeaux, de sang royal et divin – leur géniteur n’est autre que Mars, le dieu de la guerre – ont été confiés, à leur naissance, aux flots du fleuve et recueillis par la bête sauvage, qui leur a donc transmis, par son lait généreux, quelque part, quelque chose de l’âge d’or…

[2]  Bien évidemment,  il ne s’agit pas de discuter de l’existence des divinités païennes : on en parle, en musulman convaincu, en ce qu’elles ont signifié, un temps, une référence fiable pour telle ou telle civilisation importante dans la genèse du monde moderne. Cette note vaut, particulièrement, pour ceux qui entendent combattre l’Occident : à défaut de le comprendre, étudiez, au moins, votre adversaire…

[3]  On verra plus loin  que cette assimilation ne se résume pas à un vulgaire syncrétisme approximatif. En y associant le dieu babylonien Baal dont le thème hante toute
la Méditerranée orientale et méridionale,  notamment en cette « Maurétanie » pétrie de culture judéo-phénicienne, elle réalise le trépied fondateur de la civilisation occidentale préchrétienne. 

[4]  L’actuelle, donc, apparue voici moins d’un millénaire, sur un modèle qu’on pourrait qualifier de «vénitien», tant l’empreinte de cette cité mercantile a marqué la naissance de notre modernité contemporaine. Voir, à ce sujet : Fernand Braudel –  « Civilisation matérielle, économie et capitalisme (XVe-XVIIIe siècles) » en 3 volumes – Armand Colin –  Paris, 1979. 




Rapatriés : essoufflement du processus ?

7072008

Rapatriés : essoufflement du processus ? 

Le premier contingent de rapatriés est arrivé le 29 janvier 2008. Autant les autorités et les bonnes volontés s’étaient penchées sur les premières vagues de rapatriés rentrées au pays autant les dernières sont accueillies dans l’indifférence. Après l’euphorie et la chaleur des premiers retours la machine s’est comme grippée et avec la routine, les derniers rapatriés ont le sentiment d’être abandonnés. Ils font face désormais à une situation des plus critiques : aucune couverture médicale, constructions arrêtées, pas de latrines pour beaucoup, une ration alimentaire maigre, peu d’activités génératrices de revenus et surtout avec l’hivernage qui s’installe,  une précarité qui s’accentue. Le désespoir et la désillusion, voila les sentiments qui animent les rapatriés.

Monsieur Mbodj que nous avons trouvé la semaine dernière au site d’accueil de Rosso-lycée, situé à la sortie est de Rosso, à environ deux kilomètres de l’ancien lycée est très déçu. Les 9 premières familles arrivées dans ce site avec la deuxième vague ont obtenu leurs permis d’occuper. Huit d’entre elles ont eu droit à une construction : une chambre de 5m sur 4, pas de latrines jusqu’à présent. La neuvième famille a eu droit à un hangar. Car désormais les constructions sont arrêtées, il n’y aura plus que des hangars et encore ! Pour avoir droit à un hangar il faut que la famille compte au moins quatre personnes. En d’autres termes, un couple qui n’aurait qu’un enfant sera condamné à rester dans les tentes données par le HCR. Des tentes qui ne protègent ni du soleil ni de la pluie.

En plus des neuf familles arrivées dans la deuxième vague, il y a quinze familles (53 personnes) qui attendent depuis leur arrivée. Aucun permis d’occuper n’a été signé depuis plusieurs semaines. On nous aurait dit que le wali doit aller en mission et qu’il ferait le nécessaire à son retour. En attendant, les rapatriés doivent endurer les dures conditions qui sont les leurs.

La maigre ration alimentaire distribuée par le Pam est épuisée depuis belle lurette et les rapatriés qui tirent le diable par la queue pour se nourrir ont du mal à nourrir les vaches laitières qu’ils ont reçues ; certains sont tentés de les vendre.

Il est vrai que le premier contingent a été bien traité : ils n’étaient pas nombreux et des bonnes volontés ont apporté leur aide ; mais cet élan de solidarité semble s’être essoufflé : l’arrivée des rapatriés est devenu un non évènement. Ce qui est inquiétant c’est que si les conditions des rapatriés ne sont pas améliorées dans l’immédiat, c’est tout le processus qui sera mis en péril. Après tout seul un quart environ des quelques 20 000 recensés est arrivé. Il ne faut surtout pas que les autres se découragent et choisissent de rester dans leur terre d’asile.

Djigo Aboubakry 

 

Source : La Tribune n° 407




Bac 2008

7072008

Bac 2008

Les élèves ont passé le bac, le SIPES réclame justice

 

 

Du 30  06 au 03 07 2008, les épreuves du baccalauréat se sont déroulées sur l’ensemble de l’étendu du territoire national  .Selon les sources du Ministère  de l’Enseignement Fondamental et Secondaire (MEFS), l’examen s’est déroulé dans les conditions les plus normales et la grève déclarée  par le SIPES n’a eu aucun effet sur la bonne marche du bac.

Aucun problème à signaler,  prétendent les présidents de certains centres d’examen. Ils ont affirmé que les conditions d’examen sont plutôt améliorées. Comme l’introduction des détecteurs pour faciliter la tache des surveillants. Et aussi les cahiers de 8 et de 10 pages respectivement pour les matières secondaires et les matières de base ont remplacé les feuilles d’examens traditionnels des candidats. Selon les autorités de l’éducation, cela a limité la triche. Les présidents des centres  ont aussi laissé entendre que l’équipe de surveillance n’était composée  que du corps professoral  du secondaire qui était  sur le terrain.

De  l’autre côté, Le SIPES dénonce l’injustice et fait appel à la conscience pédagogique. Selon  Sidati Mohamed Dicko délégué syndical  et membre de la commission chargée de l’information, le SIPES déplore avec fermeté  l’organisation de ce précieux examen dans une période aussi trouble marquée par le fait que la quasi-totalité des professeurs sont en grève. Il a ajoute que l’organisation  de ce bac « n’est qu’une continuité de la grande farce déjà entamée par le MEFS depuis la composition ». Le SIPES  ne reconnaît pas ce baccalauréat, affirme Dicko qui avance  que le Ministère  a montré son incapacité d’établir la liste exhaustive de la surveillance, que cette fois ci ils ont légué aux DREN une entière responsabilité de monter les staffs de surveillance .Le MEFS  a envoyé  des convocations signées et vierges, lesquelles sont remplies librement par les directeurs d’établissements. Les DRENont mobilisé leur personnel, les surveillants, instituteurs et autres pour boucher les trous. Le SIPES a donné le cas de Nouadhibou : dans les  2 centres, sur 61 surveillants seuls 13 sont des profs. A Akjoujt sur 6 surveillants 2 seulement sont profs. Au niveau de Toujounine, la majorité des surveillants était constitué  d’instituteurs et d’étudiants. Et au lycée Arabe,  le centre est surveillé par le personnel de l’ENI. Déclaare encore le SIPES.

Autres griefs : « Absence du secrétariat  au niveau de certains centres. Le personnel de supervision, y compris les vice-présidents sont impliqués dans la surveillance ce qui a crée parfois un climat de confusion et de laisser aller », remarque un professeur gréviste. Par ailleurs,  la distribution des épreuves dans la plupart des centres  de Nouakchott a été tardive, sans compter qu’une erreur a été décelée par les profs au niveau de l’exercice 4 de l’épreuve de  PC de la série SNA  et que le texte de l’arabe pour LMA  a fait l’objet d’une fuite 4 jours avant le bac. Pour conclure Monsieur Dicko a déclaré : « compte tenu de tout cela, le SIPES a pris l’engagement à porter plainte contre le MEFS dans son organisation illégale et inconsciente du baccalauréat .Et appelle les parents d’élèves et l’opinion publique à assumer leurs responsabilités.

Quant aux candidats,  certains trouvent que le bac s’est déroulé dans de bonnes conditions. .D’autres ont déploré les sujets du fait que certaines épreuves portent sur des questions de la fin de programme qui n’avait pas été achevé à cause de la grève.

Un groupe d’élèves issus du centre du collège des jeunes filles, a affirme qu’ils n’étaient pas bien préparés parce qu’ils pensaient que le bac n’aura pas lieu  au délai prévu.

Au collège de Tevragh Zeina, une quinzaine de candidats sont rentrés bredouille car ils n’ont pas pu avoir leurs convocations alors que leurs noms figurent sur la liste des candidats. Au dernier jour  du bac nous avons voulu prendre une photo d’une salle au centre de Sebkha pour illustrer l’article. Le président du jury nous a interdit d’accéder aux salles d’examen en disant que c’est un ordre du Ministère.

                                                                                                Adama Sy  le bajjo

 

 

Fin d’année en beauté à EL Haj Moktar Kelly

L’Ecole Privée El Hadj Moctar Kelly a organisé le samedi dernier une journée pédagogique  pour marquer la fin de l’année scolaire 2007-2008 du fondamental

Après la levée du drapeau national, Lam Abdoulaye, le directeur général de l’école a pris la parole. Dans son allocution, il a rappelé que son école a normalement fonctionné cette année qui est marquée par le dynamisme pédagogique et des animations. Il a aussi remercié les élèves de leur attitude respectable, de leur preuve d’abnégation et de l’effort déployé. Il a ajouté aussi un mot de remerciement  à l’APE (Association des Parents d’Elèves) de leur soutien sans faille pour la réussite de la scolarité des enfants. L’endurance et la motivation du personnel d’encadrement ont été aussi l’objet de remerciement.

Quant au directeur des études son mot a porté sur l’évolution  de l’établissement au cours de ces dernières années  et  le taux de réussite très  satisfaisant (98.57 pour cent) pour l’année scolaire qui vient de s’éclipser.

Le président de l’APE de sa part  a mis l’accent sur le soutien brillant qu’ont apporté les écoles privées à l’éducation  mauritanienne d’une manière générale et aussi l’effort déployé parle directeur de l’école pour le suivi ,la qualité et les résultats de son école.

Le porte parole des élèves s’est  adressé au public  pour manifester sa vive reconnaissance au directeur, au personnel d’encadrement et  à leurs parents pour la réussite de la mission ‘’.Notre gratitude va vers tout  celui qui de près ou de loin œuvre pour un meilleur avenir des enfants’’.

Apres ces différentes interventions, les élèves ont dévoilé leur talent de comédiens. Ils ont crée  encore une ambiance dans l’enceinte de l’école devant un public important, venu nombreux à cette cérémonie. .Les assistants ont dégusté avec gaieté des sketches et  des chants sur plusieurs thèmes : l’ environnent .le rôle de l’éducation ,le SIDA,l’utilisation des téléphones  portables,la citoyenneté….

La journée pédagogique s’est terminée par la remise des cadeaux aux plus méritants Le prix du meilleur enseignant est attribuée à monsieur Djigo Alassane.

L’année s’est terminée en beauté rendez-vous à l’année prochaine incha Alla

                                        Adama Sy le bajjo 

 

Source : La Tribune n°407




PROCAPEC aux Emirats

7072008

PROCAPEC aux Emirats :

Ouverture d’une Caisse

 

Les activités de la mission de la PROCAPEC se sont poursuivis aux Emirats Arabes Unis après la première soirée animée par Maalouma Mint el Meidah et le poète Mohamed Ould Taleb. Cette soirée avait permis aux Mauritaniens résidant dans ce pays frère de renouer avec leur patrie. Et à la PROCAPEC de faire passer son message.

Moins de deux jours après, la première Caisse populaire d’épargne et de crédit (CAPEC) de l’extérieur est née. C’est dans un hôtel de la place que les résidents se sont fait invités par l’un des leurs, Beden Ould Chi’a, promoteur de la place. Une centaine de présents ont élu un bureau et ont monté donc la première représentation. L’occasion pour le directeur des PROCAPEC, Ahmed Ould Khattri d’expliquer le principe de l’épargne et du crédit et d’en faire l’historique.

Le programme, devait-il expliquer, visait l’insertion des populations faibles et vulnérables dans les circuits de développement en leur facilitant l’accès aux ressources financières pour le développement d’activités économiques rentables. Le principal moyen d’action est la mise en place  de caisses Populaires d’Epargne et Crédit (CAPEC) capables d’offrir des services d’épargne et de crédit à des personnes (morales et physiques) productrices, jusque là exclues des circuits de financements. Dans le cas d’espèce, capable de répondre aux besoins des populations cibles, c’est-à-dire les résidents dans le Golf en général. Il s’agit principalement de résoudre deux problèmes posés à ces populations : le transfert d’argent et l’épargne logement en Mauritanie. 

En général, l’objectif principal du programme PROCAPEC introduit deux préoccupations des pouvoirs publics : combler le déficit de services financiers de proximité, pour faciliter l’accès au crédit ; appuyer les micros, petites et moyennes entreprises afin de favoriser l’emploi durable. 

Ce double objectif est une spécificité des réseaux mutualistes. Mais, dans le cas de l’Agence PROCAPEC, cette spécificité se double d’une vision plus précise qui s’articule autour de huit axes qui sont autant de missions spécifiques : mobiliser l’épargne et permettre l’accès au crédit de la population cible, appuyer la micro-entreprise et la génération de revenus, apporter une assistance technique et financière aux CAPEC, développer des outils et produits pour amplifier l’activité de crédit dans les meilleures conditions de sécurité, respecter les dispositions du cadre légal et réglementaire, organiser le refinancement des CAPEC, mobiliser des ressources et négocier des accords de partenariat, élaborer un programme de formation pour améliorer l’environnement des CAPEC et la gestion des Micro-entreprises. 

Le processus de création et de mise en œuvre d’une CAPEC, est régi par un protocole et des procédures qui s’articulent autour du schéma en trois étapes : (i) étude de milieu, (ii) mise en place des organes, (iii) agencement et opérationnalité de la caisse. Pour ce qui est de la communauté des Emirats, une mission de la PROCAPEC avait séjourné et étudié l’opportunité de la mise en place d’une CAPEC. 

C’est aujourd’hui chose faite. 

Une CAPEC, selon la loi, se définit comme un groupement de personnes, doté de la personnalité morale, sans but lucratif et à capital variable, fondé sur les principes d’union, de solidarité et d’entraide mutuelle, ayant principalement pour objet de collecter l’épargne sous forme de dépôts de ses membres et de leur consentir du crédit (loi n° 98-008, art. 1). 

Contractuellement,
la CAPEC doit assurer à ses membres (i) l’assistance conseil à la formulation des projets, (ii) les études de faisabilité des projets, (iii) mettre à la disposition des promoteurs des financements appropriés, (iv) assister les promoteurs dans la réalisation des projets, (v) assurer le suivi des projets, (vi) évaluer l’impact de ces projets sur la réduction de la pauvreté, (vii) procéder aux différents recouvrements, (viii) engager les litiges et contentieux et, dans le cadre de la politique de réduction de la pauvreté, mettre toute l’information disponible (performance, groupe cible, modes opératoires de la tutelle). 

Les membres d’une CAPEC sont à la fois des personnes morales (coopérative, micro, petite ou moyenne entreprise) ou physiques (individuel, ménage) n’ayant pas accès au crédit classique, en raison de revenus modestes ou d’absence de garantie. Ce soir-là, l’assemblée générale comptait une quinzaine de chefs d’entreprises travaillant dans le domaine du commerce et du courtage. 

Le directeur a aussi fait le bilan de la PROCAPEC dont les résultats sont probants. Avec une cinquantaine de caisses, le système assure une présence sur l’ensemble du territoire national. Il intervient efficacement dans le développement économique et social des populations et aide à alléger leurs souffrances. C’est ainsi qu’il a participé activement au Programme spécial d’intervention entrepris pour juguler les effets de la crise alimentaire et économique. 

 

MFO 

Envoyé spécial

Source : La Tribune n°407




Courrier

7072008

 

 

Diabète 

 

Le diabète est l’une des maladies non transmissibles qui, ces dernières années, sont devenues des problèmes de santé publique de dimension mondiale. Les proportions épidémiques que cette affection a prise sur la planète sont très inquiétantes et la Mauritanie, comme le reste de l’Afrique, n’est pas épargnée. 

Il existe dans notre pays un grand paradoxe : le diabète et l’obésité, issus entre autres causes des changements de mode alimentaires, y côtoient la dénutrition et la pauvreté. 

Sur ce registre, les spécialistes admettent qu’ne bonne perception des risque par les populations et les professionnel de la santé, ainsi que des mesures bien assises sur un engagement réel de tous, peuvent assurer durablement une prise en charge médicale de qualité et une prévention efficace. C’est en tout cas  le minimum à fournir pour barrer la route au diabète, chef de file de ces nouvelles épidémiques de maladies chroniques et non transmissibles du troisième millénaire. 

Les malades du diabète sont de toutes les catégories sociales et de tous les âges. 

Il y en a des nantis et de moins nantis. 

Le caractère onéreux du coût du traitement de la maladie nécessite un éventail de solidarité assez large entre diabétiques, entre les personnes aisées et moins aisées. C’est dans cette optique que l’association Mauritanienne de Lutte contre le Diabète(AMLD) a été créée en 2007, pour améliorer le sort des patients et en faire des personnes sans handicap. 

 

Alghassoum Wane Président AMLD 

Tel/fixe : 5247245 

Mobile : 6576005 

E-mail :amldiabete@yahoo.fr 

alghassoumwane@yahoo.fr 

Siège social Ilot L, en face Ilot B/Nouakchott 







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