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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

29072008

‘Le coup de grâce’ !

 

 Ce qui se trame sur la scène politique est loin d’être gracieux. La composition de l’équipe ministérielle fraichement nommée  montre que la guerre est déjà déclarée.  C’est une première. Le parlement vient d’avoir une position de force. Pas de grâce.  Cela a poussé le sénat à se positionner. Fini le temps de la trêve ! C’est l’époque de la guerre. En toute évidence, les enjeux sont tels que les clans se renforcent pour obtenir gain de cause. La scène politique est, désormais, agitée. Voire trop agitée. 

 

Les prochaines séances parlementaires (ordinaires) seront cruciales pour le pays. Déjà des élus du peuple qui avoisinent la trentaine veulent se retirer du parti de la majorité Adil. Si ce n’est pas déjà fait.  Les attaques et les contre attaques au sein de la majorité ne sont plus un secret. Le président semble avouer que sa femme est dans la ligne de mire de ses amis d’entant devenus ennemis. Bizarrement, la majorité adhère toujours au programme de ce dernier.

Parallèlement, le discours des députés à l’origine de la  motion de censure  est clair: si une dissolution  du parlement a lieu, nos alliés du sénat vont faire le nécessaire pour mettre à genoux le chef de l’exécutif. L’homme de la majorité le plus opposé au  président n’est autre que Mouhcine, le fameux sénateur de Rosso qui sait visiblement faire parler de lui. Il  est appuyé par le député d’Atar Ould Maham (rival de  Ould Sidi Baba, ami de Sidi O Cheikh Abdellahi) et d’autres parlementaires de la majorité.  En plus de ce groupe issu de la majorité  se trouvent des hommes qui ne sont pas du même courant.  D’où la question centrale : le clan Mohcen et Ould  Mahame a-t-il les mêmes intérêts que  Lewleid, O Zamel, Kaba ould Alewa etc. ?

En tout état de cause, les derniers rebondissements de conflits au sein du parti Adil  nous orientent vers la constitution d’un nouveau parti indépendant de l’influence du président Sidi Oud Cheikh Abdallahi.   Comment  apaiser la situation. ‘Un coup de grâce’ ?  Ou un limogeage de Ould El Waghf ?

Tawassoul à travers son nouveau statut essaye, par ailleurs,  de s’imposer avec une nouvelle mentalité guidée bien sûr  par le jeu du pouvoir.  Le mandat du président du RNDA  sera renouvelable  une seule fois. Le RFD de Ahmed Oud Dadad et l’UFP de Ould Mouloud, quant eux  ils   n’ont  pas pu durant leurs précédents     congrès procéder  à la même innovation. La seule avancée  de RFD  demeure, néanmoins,  la tenue, tout récemment,  de son premier congrès depuis sa création. Ainsi, l’AJID, jeune parti, né de divergence d’opinion entre les dirigeants de l’APP,  veut une dissolution du parlement. Le président de ce parti réclame un renforcement des acquis.

En effet,  et  jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas un fonctionnement étatique  en dehors du règlement des malentendus  politiques. Espérons le dépassement  d’Etat de guerre afin de concrétiser le ‘coup de  grâce’.         

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°410 du 28/07/08




Le RNRD élit ses instances/la démocratie, version Tawassoul

29072008

 Le RNRD  élit ses instances/ la démocratie, version Tawassoul

 

Bureau politique, Conseil national, Haute autorité d’orientation et de consultation. Telles sont les instances du parti Tawassoul qui ont été renouvelées samedi 26 juillet 2008.  Pas de surprise. Le président Jemil Mansour est reconduit.  Le statut du parti  nouvellement  adopté et  qui fait toujours l’objet de controverse prévoit que le président doit être choisi selon  les propositions de congressistes. Ces derniers doivent  proposer secrètement des noms.  Ensuite, 13 propositions de ces noms sont tirées au sort. Bizarrement, les noms figurant dans  les  13 propositions  de congressistes islamistes tirés  par hasard ne sont qu’une répétition de la figure emblématique du parti Jamil Mansour.  Bien que des noms, comme Ould Ghoulam, aient été choisis comme proposition dans le poste du président, celui-ci  n’a pas eu la chance d’être parmi  les candidats tirés au sort.  Le  président sortant de RNDR  a pu rafler 93% des votes.  La deuxième étape électorale  était celle du choix des organes du parti. Ainsi, les actuels  hommes forts du parti  sont respectivement  le président sortant  Ould Mansour,  Abdellahi Diakité Secrétaire général (précédemment membre du bureau politique). Mohamed Mahmoud Ould Syïdi (ministre de l’enseignement supérieur du gouvernement démissionnaire de Ould El Wagef) coiffe le  conseil national. Ould Goulam  ancien vice président du conseil national est élu comme les autres membres des instances du parti selon une liste qui intègre l’ensemble des candidats. Ce dernier est  mandaté pour le   poste du vice président    du parti. Il n’est pas le seul. Ils sont sept.    

Les autres  candidats  des organes de Tawassoul sont  élus, eux aussi,  selon  des listes qui regroupent l’ensemble des postulants  pour chaque instance dirigeante. Certes, cette  formule  semble permettre des élections souples. Mais, elle renforce le mécanisme du clan. Pourtant, certains congressistes voulaient que les candidats soient élus un à un. Mais ils n’étaient  pas majoritaires pour que leurs visions soient adoptées.       

Il est à préciser que des militants du parti  étaient contre la personne de  Jemil Mansour, lui reprochant l’intégration au gouvernement démissionnaire  de  la majorité de Sidi Ould Cheikh Abdellahi.  Les innervations des  invités étrangers au congrès de RNDR  ont fait leurs effets psychiques en donnant un  supplément de poids  au président Jemil Mansour.    

Par ailleurs, un intervenant expliquait  que le conseil national  devrait être habilité à  modifier le statut. L’actuel statut   comporte des failles qui impliquent une rectification touchant la forme et non le fond  des dispositifs du statut. Un autre intervenant avance que «  le conseil national doit avoir le droit de changer une seule fois le statut. Et cela    selon un principe qui ne transgresse pas les propositions de l’assemblée générale ». 

Un représentant de la commission de l’élaboration du statut   rétorquait «  qu’un  changement radical touchant le fond  n’est pas  nécessaire ».  « Ce qui est indispensable c’est  de ne pas toucher les compositions des instances et les mécanismes des élections. En effet, 170 des sages  composant le conseil national, peuvent   à mon avis réviser  le statut». annonce l’animateur de la séance.  

Finalement, l’article 59 a été adopté. Celui-ci permet au conseil national de modifier le statut du parti à condition que le quorum  des 2/3 soit respecté.  Le changement doit intervenir dans la première séance du travail du conseil national.

Les orientations du parti  soulignent l’attachement au pluralisme comme une base d’enrichissement culturel. En fait,  la vision de Tawassoul  se focalise sur  «  une   mission de rénovation réunissant dans un équilibre parfait les principes et les besoins du temps ; s’éclairant par les directives des savants et le fruit de la jurisprudence  légués  par les savants et leurs  doctrines juridiques et comportementales, transcendant dans son optique médiane tout fanatisme, délaissant toute paresse ou laxisme intellectuel ou moral, reconnaissant le droit à la différence à la particularité. Cette vision considère  que l’Islam est une propriété commune entre  tous les mauritaniens, nul n’a le droit  de l’accaparer ou d’en priver quiconque. »

S’agissant  de la conception  démocratique, les idéologues islamistes soulignent leur alignement au multipartisme et au changement pacifique du pouvoir. Les dirigeants islamistes   refusent  à travers leurs orientations politiques  le totalitarisme  et ses justifications, le parti  unique et ses mobiles et ils considèrent  que la  démocratie  avec les champs de liberté, de concurrences de surveillances et de transparences est  une  clef pour le développement, le progrès et la rénovation .

Pour ce qui est des orientations  juridiques,  les islamistes mauritaniens suggèrent  une  révision de l’arsenal juridique  tout en mettant  en avant la référence constitutionnelle islamique. Celle-ci  devrait  garantir   les libertés et les devoirs  tout en cernant  l’évolution qui s’abreuve de  la pensée juridique et constitutionnelle répondant aux exigences socio-économiques du pays.  Ces exigences demandent   une politique  qui permet de profiter  des avantages de l’économie libre et de surpasser  les méfaits  du libéralisme.

S’agissant du domaine social, le RNDR  appel a l’éradication des séquelles de l’esclavage et l’incarnation des principes  qui honorent la femme en  lui donnant  la place qui lui sied.

L’éducation    requiert une vision spécifique à l’orientation générale de Tawassoul. Ceux que l’on appelle les islamistes modérés soulèvent  la nécessité de   révision des programmes  d’enseignement en mettant exergue les principes de l’arabité. Ce qui sous-entend que  l’arabe doit être la langue officielle et son choix  comme langue de travail et d’administration  reste inhérente à l’identité nationale. Ainsi, le renforcement des autres langues nationales et  l’ouverture sur les langues internationales  occupent, en outre,  une place dans les orientations stratégique du parti. Les imams et les subventions de mosquées et Mahadras  (medersa)  et leurs  développements par le biais  de la mise en disposition des moyens et outils nécessaires pour leur développement est un  aspect  essentiel de la vision politique de Tawassoul.

Enfin, la question diplomatique évoquait dans  les orientations politiques, met l’accent     sur le renforcement des liens avec le Maghreb arabe et
la CEDEAO.  Le parti demeure, cependant,   ferme sur la question de rupture de lien avec l’Etat Hébreu.

 

Compte rendu de Mohamed Fond Barrada  

 

Source : La Tribune n° 410 du 28/07/08




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

29072008

Edito de La Tribune  Par Mohamed Fall Ould Oumère

 

La semaine dernière a été marquée, entre autres manifestations du retour en arrière, par une invitation grandiose organisée en l’honneur du nouveau ministre de la culture et de la communication. Invitation qui a finalement été une occasion pour les ministres ressortissants de la région du Trarza de parader au milieu d’une assemblée tribalo-régionaliste, et pour des transfuges du RFD d’annoncer leur défection. On se croirait du temps – finalement très proche – du puissant PRDS. Quand l’Appareil d’Etat n’avait d’autre préoccupation que le débauchage des opposants.

Ce qui choque dans l’initiative et dans le processus de débauchage, c’est que tout est fait avec la bénédiction du Président de la République. Depuis quelques temps le processus a commencé. Considérant Ahmed Ould Daddah comme son principal ennemi, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a entrepris le lancement d’une OPA sur les acteurs politiques de la région. Celui qui devait être le fédéral du Trarza a été longuement reçu par le Président. Les députés de R’Kiz eurent droit à une longue entrevue, juste au début de la crise. D’ailleurs ils hésiteront à s’engager à voter la motion de censure suivant les directives de leur parti. Puis vint la nomination qui accélérera la chose. Voilà donc revenu le temps du débauchage qui n’est que l’annonce de la chasse à l’opposition.

Deux semaines avant, on remarquait la fermeture d’une porte qui avait été ouverte dans le mur de la présidence au niveau de la toute nouvelle mosquée. Même si elle ne servait pas à grand-chose, les passants l’avaient assimilée à une sorte de réouverture – même symbolique – de la présidence sur la ville et sur le pays. Un signe qui donnait espoir que quelque chose changeait. Cette porte a été refermée. Des briques et du béton. En pleine crise politique. Ce qui est un signe.

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est terriblement seul. Désormais. Il tente de reprendre les choses en main. Sans se demander s’il en a les moyens. Il manœuvre ici – pour ne pas dire il ruse ici. Il voyage là. Manière de donner «le temps au temps», pour emprunter la fameuse réflexion d’un grand président français. Qui avait lui la marge de manœuvre, l’assise et finalement la force de faire du temps un allié. Et un pays qui avait suffisamment de traditions républicaines et étatiques pour fonctionner malgré les déboires des politiciens.

Mais pour la Mauritanie ? Ce n’est pas le cas. Le Président a malheureusement dilapidé toutes ses ressources. D’abord en mettant en jeu sa légitimité qu’il doit à ceux qui l’ont amené au pouvoir en «rassurant» les 52% de Mauritaniens qui on voté pour lui. Ensuite en refusant le changement et la nette rupture avec les pratiques du passé. Enfin en devenant le principal obstacle à l’enracinement de la démocratie à travers l’exercice réel de la règle du contrôle de l’Exécutif par le Législatif.

Ce n’est pas le cas aussi parce que la Mauritanie est un pays fragile. L’un des échecs de la transition aura été l’incapacité à normaliser le jeu politique, à le rendre plus lisible et plus cohérent. Nous en sommes sortis encore plus émiettés, plus inquiets et plus sectaires. Le rêve de changement qui aurait dû être le ciment de l’unité, a été perturbé par la volonté de statu quo. Le retour des déportés et le règlement des passifs humanitaires (récent et ancien), ont été noyés dans l’approche politicienne. La normalisation des rapports entre le pouvoir et l’opposition a échoué : depuis quand le Président n’a pas reçu le leader de l’opposition ? La loi prévoit une rencontre tous les trois mois.  

Plus le temps avance, plus l’espace de manœuvre se rétrécit devant le Président de la République. Plus la marge de manœuvre diminue, plus les solutions deviennent plus douloureuses et plus chères. Avant son discours de fin juin, toutes les portes étaient ouvertes : laisser la bataille se dérouler entre les députés et le chef de leur parti devenu Premier ministre ; faire plier les députés par une action en profondeur ; appeler tous les acteurs politiques à prendre leurs responsabilités ; se placer dans la position de la légitimité menacée… Avec le discours, le Président est devenu la première menace pour les institutions démocratiques. Après le discours, des actes forts étaient attendus parce qu’on avait compris qu’il avait choisi la confrontation. Recul le lendemain. Démission du gouvernement. Même à ce stade beaucoup de choses étaient possibles : nommer l’une des grosses pointures du gouvernement au Cabinet, balayer l’entourage et faire appel à un Premier ministre de consensus. Non ! le Président choisira la rebelote : c’est à Yahya Ould Ahmed Waghf qui n’a pas su préserver l’unité du parti, ni défendre ses choix, ni jouer l’interface avec les différents pans du pouvoir, c’est à lui que revient la mission de composer un gouvernement.

En voulant préserver un minimum de pouvoir personnel, le Président a mis en danger son mandat. Il a montré une absence totale de détermination tout en se livrant à un exercice tactique de ‘courte échelle’. Plus grave pour lui, il a dû monter au créneau en l’absence d’avocats de la défense. Il est désormais dans l’arène. Il joue à se faire mal en nommant ici les ennemis des frondeurs, là ses amis les plus décriés. Il provoque sans en évaluer les conséquences.

Jusque-là il a joué son pouvoir et son autorité. Tout indique qu’il les a perdus, sinon qu’il est en train de les perdre. Il ne faut pas qu’on en arrive au point où le Président n’aura plus à jouer que l’existence du pays. C’est quand on n’a pas compris que la Mauritanie a besoin de paix et d’écoute qu’on perd le pouvoir. L’une des forces de la transition, c’est d’avoir imposé à son chef militaire, à son gouvernement le devoir d’écoute. Ce qui a empêché les manigances visant à jouer des prolongations dangereuses pour l’avenir.

Monsieur le Président, écoutez ce que vous disent les Mauritaniens… même à travers ces élus que vous jugez… mal élus (?).

 

Source : La Tribune n° 410 du 28/07/08




Abdellahi Ibrahima Diakité, SG du RNRD

29072008

Abdellahi Ibrahima Diakité, SG du RNRD

L’enfant de Boghé au minaret de Tawassoul

A quarante ans, Abdellahi Diakaté, l’enfant de la vallée continue son petit bout de chemin en politique. Un chemin qui a débuté très tôt vers 1986 alors qu’il était le témoin impuissant d’exactions dont se rendait coupable le pouvoir d’exception des militaires contre des mauritaniens qui avaient eu pour seul tort d’avoir revendiqué plus d’égalité… 

C’est ce sentiment de militantisme politique né très tôt qui le conduira à intégrer l’UFD aux tous premiers débuts de la bouffée de multipartiste en Mauritanie. Là il s’est donné comme à son habitude « avec force conviction ». Il était alors étudiant à l’université pour passer une maîtrise en Gestion à la faculté d’économie en pleine période tumultueuse marquée par les grèves. Ce diplôme obtenu en 1997 ne sera pas la clef immédiate pour l’emploi. Mais Diakité ne baissera pas les mains devant le cruel chômage. En bon économiste il songe à voler de ses propres ailes. Il s’adonne alors à la vente de la menthe de Boghé.  Il n’y a pas de sot métier ! « C’est à ce prix qu’il fallait être indépendant…»

Cet essai se solde par une insertion dans le programme du Commissariat aux droits de l’homme. Abdellahi Diakité est envoyé dans un projet avec pour mission la gestion de l’usine de décorticage de SITAG dans
la Chemama au Trarza. C’était entre 1999 et 2000. Toujours dans le cadre de l’insertion des diplômés chômeurs, il fait un stage au ministère du développement rural entre 2000 et 2001. Par la suite il réussit avec brio au concours de recrutement d’un  agent  de crédit pour le compte de

la World Vision à Nouakchott. En août 2003, il est promu comptable à l’issu d’un test qu’il réussit dans la boite. Poste qu’il occupera jusqu’en mai 2008 lorsque sa passion pour la politique le tire vers l’opposition où il travaillera comme chef de bureau chargé des relations avec les parlementaires. C’est qu’Abdoulaye Diakité qui s’était détaché du monde ‘sensible’ avait trouvé chez les islamistes son cadre idéal. Musulman convaincu et honnête, il a compris que son action politique ne trouverait d’écho que dans un cadre où « les gens sont sincères », dit-il en parlant de ses camarades de Tawassoul.  

Quand le parti décide d’intégrer le gouvernement un certain 11 mai 2008, Abdellahi Diakité savait que sa place au sein de l’institution de l’opposition devenait anachronique. « Natawakkal ala Allah » dit-il. Autrement dit nous nous en remettons à Dieu. Aussi s’est il retrouvé tout juste après, assistant administratif et financier au programme de promotion de la pierre taillée, projet relevant du ministère de l’emploi, de la réinsertion et de la formation professionnelle. 

Couronnement d’un cheminement politique qui a presque son âge ou début d’une carrière véritablement politique née d’un amour pour Dieu avant tout, le destin d’Abdellahi Ibrahima Diakité a été façonné entre deux écoles. L’une est celle de l’Union des forces du progrès, un parti politique dont les grandes figures, Bedredine, Maouloud, Gourmo, ont derrière eux 40 ans de militantisme politique. Un activisme qui a donc son âge. L’autre, celle du RNRD, un parti politique qui n’est autre que le fruit d’une longue et patiente lutte pour la reconnaissance entreprise par les Réformateurs Centristes traqués par le pouvoir déchu. L’enfant de la vallée s’est attelé ces derniers mois à un travail de terrain soutenu pour son parti. Il a effectué notamment la mise en place des structures de son parti dans la vallée et à Elmina. Le nouveau secrétaire général de Tawassoul « est un politicien dans l’âme ! Son seul défaut c’est qu’il ne parle pas arabe » avait commenté une militante. Pourtant, Abdellahi est sur la bonne voie car depuis quelques années, il s’est mis au rattrapage. Il parle couramment l’arabe depuis qu’il a rejoint « l’assemblée des barbus », commente un de ses amis du Fouta.

 

Source : La Tribune n° 410




De A à Z Par Tabane

29072008

De A à Z Par Tabane

C comme Catastrophique. Comme chaque année, les résultats du bac sont plutôt catastrophiques. Rien d’étonnant. Nos élèves passent de classe en classe sans avoir fait la moitié du programme. Pour plusieurs raisons. Dans les établissements, les directeurs des études ‘parachutés’ se contentent de temps en temps, de mettre un cachet et une signature dans le cahier de textes ; ils n’ont le plus souvent aucune idée des programmes ; les coordinateurs de chaque discipline ne remplissent pas leur mission ; les inspecteurs ‘nommés’ on ne sait trop sur quelle base, moisissent à Nouakchott et ne descendent dans les régions que très rarement. Le plus souvent, ils évitent les classes tenues par leurs camarades de promotion, leurs ‘aînés’ ou leurs anciens professeurs. Les chefs d’établissement donnent des notes arbitraires qui favorisent les médiocres et découragent les bons. Résultat : l’école devient tout sauf un lieu où l’on s’instruit. Juste une garderie d’adolescents. Dans ces conditions, c’est normal qu’en terminale les enfants nous sortent des bêtises du genre : ‘la commerce, la cultivateur et la bergation’ (ce dernier mot est de la même famille que berger). Et il ne s’agit pas d’arabisants !  ‘C’est comme un  immeuble de 250 étages, tu peux arriver en haut en prenant les escaliers, mais si tu prends l’essensseur c’est plus rapide, et l’école c’est l’essensseur’, voici ce qu’on a trouvé dans la dissertation d’un élève de la série SNB. La question était de savoir si la maîtrise de la science et de la technique passe par l’école.

C comme Compétence. Il est temps, grand temps de valoriser les compétences au niveau des écoles. Cette année les candidats au brevet ont eu de sérieux problèmes en français et en anglais. Ce n’est pas parce que les sujets étaient particulièrement difficiles. Simplement il y avait une situation et une consigne. C’est ce qu’exige l’approche par les compétences. Malheureusement nombre de professeurs continuent à enseigner suivant d’autres méthodes sans tenir compte des critères d’évaluation auxquels les candidats seront soumis. Cela remet en cause la compétence même de ces illustres professeurs au grand malheur de leurs élèves. Il faut trouver une solution à cela. Et au plus vite.

aboubakry_d@yahoo.fr

 

Source : La Tribune n°410




Un homme seul /Le Président qui rassure va-t-il finir par inquiéter ?

29072008

Un homme seul

Le Président qui rassure va-t-il finir par inquiéter ?

 

Elu pour cinq ans, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est aujourd’hui un homme seul. Tous ses soutiens semblent lui faire défaut. Retour sur un parcours. 

 

Au début était un technocrate légèrement ‘travaillé’ par l’âge. Un homme qui avait été ‘choisi’ parce qu’il pouvait jouer le parfait pendant à Ahmed Ould Daddah, figure emblématique de l’opposition à Ould Taya, et incarnant naturellement le rêve de changement et de rupture. Seul Sidi Ould Cheikh Abdallahi pouvait jouer à égalité avec Ould Daddah. Encore qu’il lui fallait être sérieusement boosté. A ciel ouvert, la campagne a été menée par les plus influents des membres du Conseil militaire pour la Justice et la démocratie (CMJD). Finalement, à force de pressions et d’appâts, un rassemblement fédéra autour du candidat Sidioca. Un sobriquet qu’on hésite encore à utiliser, même si c’est sous cette appellation que ‘ses’ hommes le désignaient. Révélateur de la fragilité du rapport d’estime qui doit lier le futur Président de la République à ses soutiens.

 

Promesses de changement

 

Au premier tour, Ould Cheikh Abdallahi obtient moins de 25% des suffrages. Les paris sont ouverts. Deux ‘grands’ candidats vont le rallier : Messaoud Ould Boulkheir et Zeine Ould Zeidane. Le premier n’apporte pas seulement ses 10% (environ), mais plutôt une ‘onction’ qui permettra de légitimer toute défaite du leader historique de l’opposition mauritanienne, Ahmed Ould Daddah resté en course pour le second tour. Le second apporte un plus, lui qui bénéficie d’un préjugé favorable auprès des jeunes, des intellectuels et des inconditionnels de Ould Taya. Les jeux sont faits avant même le fameux face à face qui révèle un Sidioca relativement à l’aise. Contre mauvaise fortune bon cœur.

Le candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi gagne les élections. Il commence immédiatement ses contacts et reçoit dans sa maison en attendant d’aller à la Présidence encore occupée par le colonel Eli Ould Mohamed Val. Ce qui filtre des rencontres avec ses soutiens, c’est plutôt la volonté de faire appel à des figures nouvelles à défaut d’être neuves.

«…Pour répondre aux aspirations légitimes de notre peuple, nos efforts seront concentrés sur la réalisation d’un vaste programme de réformes dont nous avons présenté les grandes lignes au cours de la campagne électorale», déclare le Président élu lors de son investiture. Ce programme s’articule selon lui autour de la «consolidation de l’unité nationale de manière à réaliser la concorde entre les composantes de notre peuple, à effacer les séquelles négatives héritées du passé et à ouvrir, à tous les mauritaniens où qu’ils se trouvent, de larges perspectives de participation à l’édification de leur pays;  Refondation de l’Etat par une réforme radicale de ses structures et de son mode de fonctionnement, sous l’empire de la justice et de l’équité, de la séparation des pouvoirs et du respect de la loi; Ancrage d’une culture démocratique moderne, marquée du sceau de la tolérance, de l’acceptation de la différence et du respect du rôle de l’opposition politique; Réalisation d’une croissance économique de nature à élever le niveau de vie des citoyens, à combattre la pauvreté, à diminuer le chômage, à réduire les disparités sociales, à développer les infrastructures et à permettre aux citoyens de bénéficier des services de base tels que la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et aux autres prestations essentielles; Promotion des ressources humaines à travers une réforme de l’Education répondant à nos besoins de développement, garantissant l’avenir de nos générations montantes et faisant de l’Ecole un creuset d’enracinement des valeurs citoyennes et de propagation de l’esprit de solidarité et de tolérance propre à consolider notre unité nationale; Moralisation de la vie publique par l’éradication des pratiques de corruption et de mauvaise gestion administrative et financière, par l’instauration d’un contrôle juste et efficace et par la prise en considération dans le choix des responsables publics, des critères de mérite, d’intégrité et de compétence».

Le Président qui rassure veut visiblement incarner le changement doux. Cela plaît. Le jour de l’investiture est un grand jour de retrouvailles, une seconde naissance pour la Mauritanie après le 28 novembre 1960. L’état de grâce est réel. L’image que reflète le pays est si positive qu’elle peut être une ressource aussi prometteuse que le pétrole. L’échange de place entre le Président sortant et l’entrant, est un moment historique. Sans précédent dans l’Histoire du pays en matière de dévolution du pouvoir.

 

Hésitations et déconvenues

 

Les premiers actes n’entament en rien les espoirs : nomination du Premier ministre en la personne de Zeine Ould Zeidane arrivé troisième avec ses 15%. Jeune technocrate gagné par le virus de la politique, il possède des atouts pour participer à l’ancrage des valeurs du changement. A l’Assemblée nationale, c’est Messaoud Ould Boulkheir, président de APP, incarnation de la lutte des esclaves pour l’émancipation, c’est ce symbole qui devient président malgré sa faible présence (5 députés/95). L’unanimité qu’il suscite exprime bien l’état d’esprit de tous les acteurs. Tout le monde veut aller de l’avant.

Premier revers : le choix des membres du gouvernement. Un assemblage de seconds couteaux politiques et de technocrates peu ou pas confirmés. Lisibilité : chaque segment a eu sa part. La part du lion revenant au Premier ministre qui a visiblement bénéficié d’une large marge de manœuvre dans ses choix. L’impression globale est plutôt à un désenchantement.

Sans expérience des affaires de l’Etat, les plus techniciens de la formation se comportent en «consultants». Les autres apprennent à reproduire la gestuelle d’avant le 3 août.

Première crise : Nouakchott et Nouadhibou ont soif, l’électricité manque aussi. Première sortie publique du Président. Interview dans les jardins de la Présidence. Une sorte de provocation au moment où eau, énergie et pâturages manquent cruellement. Surtout que le Président parle le langage de la vérité : il n’y a rien à faire avant quelques années.

Une grande partie de l’opinion préfère garder en mémoire le seul côté «franc» de l’intervention. On veut croire à un Président qui joue la franchise. C’est déjà une rupture avec le passé. Peu épaulé par son gouvernement, le Président descend dans l’arène et semble bien se comporter.

Signe de force : le Président surprend avec son discours du 29 juin où il tente de fixer les règles de la réconciliation nationale. Sans aller au fonds des problèmes, sans en expliquer les tenants et aboutissants et sans demander pardon, il annonce le retour prochain des réfugiés, le vote d’une loi pour l’éradication de l’esclavage et le lancement d’un processus de règlement du passif humanitaire. Ce qui aurait dû être ressenti comme une fuite en avant, est plutôt bien accueilli par la frange de l’opinion pour laquelle ces questions ont été au centre de son combat (opposition intérieure et extérieure, société civile…). Oublié pour le moment les effets catastrophiques de la politique d’assèchement monétaire dont le ralentissement de l’activité économique, la baisse du pouvoir d’achat et la hausse vertigineuse des prix.

Signe d’apaisement : le statut de l’opposition entre en vigueur. Le Président rencontre fréquemment les chefs des partis d’opposition et surtout le leader de celle-ci Ahmed Ould Daddah. Apaisement qui signifie normalisation. L’adhésion aux choix du Président est si évidente qu’on commence à discuter seulement de la part qui doit revenir à l’opposition dans les nominations.

Premier accroc : le Président tient à créer un parti constitué de ses soutiens. Parti-Etat ? Comment faire pour ne pas assister à un retour du PRDS et de ses méthodes ? Le Président donne ses garanties. Il ne sera pas le président de ce parti et refusera que les moyens de l’Etat lui soient mobilisés. Mais c’est le ministre secrétaire général de la présidence, la personne la plus proche de Ould Cheikh Abdallahi, qui pilote le processus de création du parti. Tous les cadres sont sollicités soit pour y adhérer, soit pour participer matériellement. Plus tard un impôt sera prélevé sur leurs salaires. La constitution de ce qui deviendra le pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-Adil), suivra exactement la tradition PRDSienne. C’est à terme le Président de la République qui impose son président de parti et ses membres du bureau exécutif. Exclues du jeu, toutes les sensibilités ayant fédéré autour de sa candidature. Y compris ses premiers soutiens.

Premier échec : après les malheureux événements d’octobre 2007, événements qui ont entraîné la mort d’un adolescent à Kankossa, le Président reconnaît la nécessité de répondre aux doléances des populations. Position saluée. Il engage un programme d’urgence de quelques milliards. «Programme d’urgence», on a encore en tête le fameux programme d’urgence qui a coûté au pays l’enveloppe de 20 milliards et qui a servi à engraisser les dignitaires du régime de 2003. Le Président s’empresse de donner des garanties. Pourtant, ce programme est détourné et/ou ne servira pas aux populations cibles. On imputera cela à son ministre des finances qui est «son» homme dans la formation. En réalité, le gouvernement était trop occupé par la politique à Nouakchott pour mettre en œuvre ce programme.

Première faiblesse : le Président fonctionne de façon …anachronique. Nous avons comme l’impression qu’il réagit et entreprend ses actions dans une Mauritanie des années 70. Oubliant – ou faisant semblant d’oublier – l’héritage de plus de deux décennies d’errements. S’il accepte d’incarner la continuité dans le choix des hommes et dans la gestion quotidienne des affaires, il refuse de composer avec certains segments de ses soutiens sous prétexte de «connivence avec l’ancien régime». Une image sublime de son désarroi cornélien : le Président adore parler de deux «boîtes à outils», l’une contenant de quoi exercer l’autocratie, l’autre contenant les instruments d’une démocratie apaisée. «J’ai choisi de faire recours à la seconde». Malgré les pressions des uns et des autres, n’hésite-t-il pas à confier.

Premier électrochoc : c’est de retour de Rosso où il a présidé le lancement de la campagne de «l’année agricole», alors que rien ne le prévoyait, que le Président convoque son Premier ministre Ould Zeidane et le remercie. Il nomme sitôt Yahya Ould Ahmed Waghf. Tout semble normal : Ould Ahmed Waghf a piloté les principaux chantiers du Président (réfugiés, plan d’urgence et parti), prenant de l’envergure avec ça. Malgré son parcours, il n’est pas tant décrié que d’autres qui ont certainement moins sévi que lui. C’est surtout son action au parti qui lui vaut l’animosité des siens.

 

A droite toute !

 

Ould Ahmed Waghf joue la transparence et annonce la création d’un gouvernement politique. Même s’il refuse l’appellation de «gouvernement d’ouverture», il est rejoint par ceux de l’UFP et de Tawassoul, deux composantes essentielles de l’opposition traditionnelle. Tawassoul gagne deux portefeuilles et UFP trois. Pour le reste, l’essentiel est octroyé au bureau exécutif de Adil, avec un portefeuille au PRDR, un à Badil et un à Al Vadila. Au même moment le président de Adil refuse de plier à la demande de quelques députés qui entendaient recomposer le bureau de l’Assemblée nationale. La fronde commence.

Prétextes avancés : le retour des «symboles de la gabegie» aux affaires, l’investissement des lieux par des forces liées soit aux groupuscules politiques soit à des tribus. Le Président Ould Cheikh Abdallahi a laissé faire son Premier ministre qui n’a pas pris en compte les équilibres préexistants. En naissaient des déséquilibres que les autres segments du pouvoir ne pouvaient supporter. La suite vous la connaissez.

Des semaines de conciliabules, de déclarations et d’hésitations. Le mal s’intensifie. Le Président refuse de jouer aux arbitres. Il commet le seul acte qu’il ne fallait pas : le discours où il menace de dissoudre l’Assemblée nationale. Il réitère sa confiance aux généraux tout en créditant l’existence d’un différend avec eux. La bataille se déroule à ciel ouvert. L’escalade est de courte durée. A peine 24 heures. Recul du Président avec démission de son Premier ministre. Rebelote avec le même. Le Président essaye de gagner du temps. Il manœuvre et nomme un gouvernement qu’il espère allier l’utile et l’agréable : répondre aux attentes des Généraux et frapper les députés frondeurs. Personne n’est content de la nouvelle formation.

Les ministres remerciés, même si le Président a voulu les rassurer, lui en veulent pour les avoir stigmatisés comme des «symboles de la gabegie». Cheikh el Avia Ould Mohamed Khouna, Sidney Sokhona, Kane Moustapha, Bebbaha Ould Ahmed Youra… sont de vrais poids lourds de la politique locale. Les malmener – ou même faire semblant – équivaut à se mettre sur le dos une partie importante de l’opinion. Surtout que les frondeurs se défendent d’avoir voulu la stigmatisation de tel ou tel acteur. A la suite de la nomination de certains de leurs ennemis locaux, les animateurs de la fronde ne manqueront pas d’accélérer le processus d’affaiblissement du pouvoir de Ould Cheikh Abdallahi. L’UFP et Tawassoul doivent se sentir floués. Ces deux partis – qui sont à l’origine de la terminologie «symbole de la gabegie» – se retrouvent embarqués dans un combat qui n’est pas le leur. Puis jetés en pâture à l’opinion. Ceux enfin qui auraient dû être les alliés de Ould Cheikh Abdallahi, sous prétexte de la légitimité démocratique, se retournent contre celui qui aurai dû être le maître d’œuvre d’un changement possible et d’une rupture nécessaire.

 

Terriblement seul

 

Lisons la relation de la crise faite par le Président devant nos ressortissants résidents en Espagne : «Le Chef de l’Etat a fait mention du fait que certains députés de la majorité n’étaient pas satisfaits de la formation du dernier gouvernement qualifiant certains de ses membres de symboles de la gabegie, ces députés estimant que la majorité n’a pas besoin d’eux en raison du fait qu’elle dispose d’une confortable majorité ou peut être du fait que le dernier gouvernement ne répondait à l’attente de certains autres d’entre eux. Il a ajouté que ces députés ont présenté une motion de censure contre cette formation gouvernementale ce qui a conduit à la démission du Premier ministre qui fut chargé de former un nouveau gouvernement auquel est confiée la mission de tenir compte de certaines remarques. Ceci est de nature à orienter vers ce qui est plus important à savoir la préservation des acquis démocratiques et des libertés existantes permettant à tous de se consacrer aux questions liées à l’ancrage de la justice et à promouvoir les efforts de développement» (dixit AMI).

Qu’est-ce qui reste devant le Président ? Chaque jour qui passe réduit la marge de manœuvre du Président refermant sur lui le piège. Si bien qu’on voit mal aujourd’hui ce qui peut être fait pour sortir le régime de la crise.

On parle beaucoup de son intention de dissoudre l’Assemblée. L’opinion publique intérieure ainsi que les partenaires du pays verront cela d’un très mauvais œil. Il faudra trouver des sources de financement non seulement pour organiser des élections, mais aussi pour se permettre de copter des candidats et de les faire élire. Adil, s’il en restera encore quelque chose après la défection des 35 députés de la fronde, ne pourra pas assurer le minimum requis pour peser à l’Assemblée. La dissolution consistera en l’ouverture d’un couloir devant l’opposition que représente le RFD, AJD/MR, Hatem et éventuellement le parti que créeront les frondeurs.

Côté frondeurs, on estime que la réflexion à la création d’un parti devra aboutir. Le président de Adil et Premier ministre n’étant pas capable de remettre en cause et de partager. Un processus de création d’un ou de plusieurs partis est lancé. D’une part les Nouvelles forces du changement, anciens soutiens de Ould Zeidane, travaillent en vue de cela. D’autre part députés et sénateurs frondeurs envisagent de plus en plus la perspective. Elle est pour eux l’ultime recours de déstabilisation du deuxième gouvernement de Ould Ahmed Waghf.

Si la création du parti a lieu dans les jours qui viennent, il faut s’attendre à l’un ou l’autre des choix suivants : le(s) nouveau(x) parti(s) aura une majorité de députés, alors le Président acceptera de démettre son Premier ministre pour le remplacer par celui que la nouvelle structure aura choisi ; le Président n’accepte pas, alors la nouvelle structure s’alliera avec le RFD et obligera le Président à accepter une cohabitation.

Autre possibilité que personne n’ose envisager pour l’instant pour ce qu’elle comporte de risques pour le pays : le limogeage des Généraux que le Président considère comme la source d’inspiration première du mouvement de fronde. Comme lui ont dit les ambassadeurs occidentaux, l’Armée reste la seule garante de la cohésion du pays et de la préservation de la paix civile, y toucher ce serait remettre en cause l’ordre et la stabilité du pays. En substance, c’est ce que les Ambassadeurs des pays amis lui ont répété quand il les recevait après avoir fait le fameux discours de fin juin.

Reste la possibilité pour lui de donner un grand coup de balai dans son entourage immédiat : changer son cabinet, rapprocher ses soutiens – s’il en a encore – et rompre avec ses inspirateurs actuels qui ne lui ont servi finalement qu’à susciter contre lui la colère unanime des acteurs politiques. Pendant quelques temps, il s’occupera de son entourage immédiat, laissant la bataille et l’arène aux vrais acteurs : gouvernement et opposition, Adil et frondeurs…

Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi reviendra mercredi soir d’une longue visite en Espagne. Visite officielle, visite privée, vacances. Aura-t-il assez médité la situation de son pays et sera-t-il capables de trouver le moyen de rebondir ? Nous le saurons dès son retour.

 

MFO

La Tribune N°410 du 28 juillet 2008




Ce que sont devenus ces élèves, nos enfants

29072008

Ce que sont devenus ces élèves, nos enfants

A moins d’avoir un bazooka sous le bras et un collier de grenades dégoupillées autour du cou, on ne peut plus se faire respecter dans une salle de classe. La loi du plus fort y est maîtresse. La loi de la jungle. En effet, on n’y craint plus ni Dieu, ni diable. Ni remontrances aussi vertes soient-elles, ni punitions. Les premières fournissent matière à s’amuser, les deuxièmes sont un exploit à accomplir. Les élèves, ou plus exactement les bipèdes qui sont devant vous quand vous êtes par malheur un professeur et que vous vous trouvez dans une salle de classe, n’ont plus aucune considération pour le professeur, ce minable, ce cul-terreux, ce va-nu-pieds. S’il leur colle un zéro, tant pis, s’il les fiche à la porte, tant mieux.
S’ils comparaissent devant l’administration ensemble, le professeur a toujours tort. « Vous êtes trop susceptible, lui dit-on, trop nerveux, trop impatient, trop ceci, trop cela… » Mais vous n’avez jamais, même un peu, raison.
Le lendemain, les parents s’amènent, crachant le feu et la mort et s’insurgent violemment contre ce sadique, ce buveur de sang innocent, qui torture leur pauvre petit chérubin, parce que, tenez-vous bien et je n’invente rien, le petit ange incompris peut s’acheter des boubous et des chaussures auxquels ce misérable envieux n’ose même pas rêver.
Ces ‘’doux cœurs’’ qui sentent au mieux le cafard se vautrant dans son lieu de prédilection et la salive stagnante et pourrissante ne respectent plus que la taille de vos biceps. Adieu, mesdames ! Vous n’êtes plus à la hauteur !
On vous tient tête comme si vous étiez la dernière personne à respecter. L’outrecuidance, l’insolence, l’effronterie et l’impudence n’ont plus de limites et on va même jusqu’à vous menacer quand vous êtes le prof d’une autre classe.
Vous avez le choix entre grincer des dents jusqu’à se fracasser les dents de sagesse (ce qui minimise les risques si vous n’en avez plus comme moi), trépigner sur place en risquant de vous ridiculiser à mort (ça tue maintenant, on en est si mal protégé) ou vous arracher les cheveux et vous êtes bon pour la calvitie irréversible (si vous êtes un homme, c’est cette solution-là que je vous propose.)
Surtout, ne faites appel ni à l’administration ni aux parents, car ça vous tuera mieux que ne le ferait la pire des fièvres malignes. Faites tout simplement celui qui n’a rien vu, rien entendu, même si vous êtes le seul à le penser et prenez votre mal en patience, en attendant des jours meilleurs.
Vous n’avez pas le SIDA (Dieu merci, ce n’est pas une maladie susceptible d’atteindre un professeur, c’est évident) et c’est toujours ça de gagné. Ce qu’il y a, c’est juste le cancer des valeurs, dans le corps des new generations. Cela se soigne, même si ça ne guérit pas. Hélas, on n’en a qu’après les professeurs. «La viande du cou, critiquée et pourtant bien mangée.»
Sur ces charmantes perspectives, je vous laisse messieurs les professeurs, profiter de la fin de vos vacances, avant de vous jeter de nouveau dans la gueule du loup. Surtout, n’oubliez pas de renforcer votre arsenal au cas où le bazooka et les grenades seraient devenus insuffisants. (Et entre nous, un petit magnum 57, qu’est-ce que vous en pensez, hein ?)

Aichetou

Source : La Tribune n° 410




chronique Mansor

29072008

 

  

AGRC : Activités Génératrices de Revenus Communautaires. On connaît bien, en Mauritanie, les trois premiers termes de cette dénomination, banalisés par les bailleurs en développement qui semblent avoir, enfin, compris que le dynamisme de celui-ci dépend, fortement, de la densité et de la diversité des échanges, à tous les niveaux de la complexité en cause, entre des systèmes tout à la fois autonomes et solidaires, et que sa durabilité tient à l’étendue territoriale et la qualité de l’enchâssement dans la biosphère de cet ensemble relationnel. En cette perspective, la valeur d’une activité humaine tient, d’abord, aux revenus écologiques qu’elle génère. Il viendra un temps – prochain, on l’espère – où l’humain aura à évaluer le ratio entre rentabilités écologique, sociale et financière de la moindre de ses activités, en amont et en aval de son déroulement, afin d’établir ses réels coûts de production et marges de bénéfices. Il aura, alors, des surprises… 

 

En accolant le terme « communautaire » au désormais célèbre acronyme, on introduit l’idée qu’une entreprise, aussi modeste soit-elle, peut, à la fois, motiver une gérance privée et financer, à sa mesure, une œuvre d’intérêt public. Le concept, augmenté d’une dimension de pérennité par immobilisation volontaire de la propriété – formidable notion, dont le potentiel, considérable, de régulation économique devrait attirer particulièrement l’attention des partisans d’une économie « moins monétaire » – a un nom dans la civilisation islamique : le waqf ; et fait actuellement l’objet d’études internationales, visant à en mondialiser le principe, moyennant quelques aménagements techniques, notamment en matière de droit. Dans l’optique qui nous intéresse ici, la claire distinction entre la gestion de l’AGRC et celle de l’œuvre communautaire, que tout ou partie des bénéfices nets de celle-là financent, fonde un lieu extrêmement fécond d’articulations entre différents acteurs de développement et strates de complexité sociale. L’idée est simple. Pour fonder une AGRC, il faut, à l’ordinaire, un lieu ; et l’Etat mauritanien, fort d’une richesse foncière conséquente, s’annonce, d’emblée, en partenaire incontournable [1]. Cette participation à moindre frais pose, en toute simplicité, un lien concret, fort mais sans empiètement, entre la moindre structure de la société civile et l’administration publique. Il faut, ensuite, mettre en place des équipements, meubles et immeubles, et les bailleurs, publics ou privés, de développement sont appelés à la rescousse. Enfin, l’organisme bénéficiaire des fruits de l’AGRC constitue la troisième composante du nécessaire conseil d’administration de  celle-ci, dont l’exécutif gestionnaire des forces de travail – les compétences en action –  est coopté et responsabilisé par le triumvirat ainsi constitué. 

 

C’est en appliquant le concept au bénéfice de sa plus petite unité possible – la solidarité de proximité ou association d’une cinquantaine de ménages voisins, dont on a évoqué précédemment l’importance sociale – que le dynamisme d’une telle structure apparaît dans sa plus totale envergure. On voit, tout de suite, les intérêts très localisés, variables d’un lieu à l’autre, les articulations spontanées entre différents modes d’organisation et la nécessité de plans globaux, «interpensés» et raffinés entre les divers échelons de la complexité sociétale, enchâssant la diversité des AGRC dans le tissu économique de la nation. Imaginons Nouakchott quadrillée par un tel réseau de solidarités. C’est, à tout le moins, trois mille associations de proximité, nécessitant deux à trois fois plus d’AGRC, pour assurer les missions communautaires de celles-là. Vaste chantier, susceptible de pallier à un certain nombre d’incohérences et de lacunes générées par une urbanisation ; approximative, disons ; en tous cas, sous la coupe ordinaire d’intérêts particuliers. Un investissement de deux cent millions d’euros, dont plus de quatre-vingt pour cent en équipements réels d’AGRC ? Deux cent mille euros de frais annuels de gestion – la représentation de l’Etat et des bailleurs en chaque conseil d’administration ; leur concertation mutuelle au niveau global ? Un pari impossible à mener entre ceux-ci et celui-là ? Mais s’aperçoivent-ils, ces beaux messieurs et dames, que l’impossible devient, inexorablement, le nécessaire ? Partout, tant au quart-Nord « avancé » qu’au reste du Monde « retardé », la rupture entre gouvernants et gouvernés ne cesse de s’élargir ; les menées spéculatives d’une infime oligarchie se traduisent, désormais au grand jour, en famines et pénuries orchestrées ; les risques modernes des coutumières dérivations guerrières, généralisées ou localisées, se révèlent démesurés… La survie de l’espèce humaine passe, dorénavant, par une intelligence – j’allais écrire : une économie – de la solidarité. L’Homme n’a plus les moyens, ni le temps, d’être un loup pour l’Homme. Soyons, enfin, lucides… 

Source: La Tribune n° 410


[1]  et d’autant plus efficace que sa représentation peut être exactement adaptée, non seulement à la nature  et à la dimension de l’AGRC, mais aussi, à celles de l’organisme bénéficiaire… 




Le regard des occidentaux sur l’Afrique

29072008

Le regard des occidentaux sur l’Afrique par Benjamin Augé (Institut Français de Géopolitique)

Ce point de vu n’a pas vocation à faire la morale à quiconque mais plutôt à donner une vision moins vulgarisée de l’Afrique. Un certain discours lénifiant sur ce continent basé sur une uniformisation du fonctionnement, des pratiques et des résultats de ses 53 acteurs perdure. Or, il me semble qu’il y a autant de pertinence à comparer la Tunisie et le Niger que le Luxembourg et la Roumanie. Entendons nous bien, les pays d’Afrique ont quelques points communs, évidemment, mais pas nécessairement plus qu’entre les membres de l’Union Européenne ou de l’Asie ou de l’Amérique Latine. Prenons deux exemples pour illustrer notre propos. L’un sur la gouvernance politique et l’autre sur la gouvernance économique.

Commençons par cette gouvernance politique dont on aime à se gargariser en occident en déclamant cette phrase lourde de sens : « l’Afrique est dirigée par des dictateurs depuis les indépendances ». Assassinons l’idée reçue. L’Afrique a en effet des vrais dictateurs qui sont en place depuis plusieurs décennies. Le record va évidemment à l’ami Bongo du Gabon qui a l’immense privilège (j’aime à le rappeler le plus souvent possible) d’être président depuis 1967! Il est suivi de très près par le guide de Libye Kadhafi, « choisi » en 1969. Cependant, il existe des pays où les dirigeants s’en vont. C’est le cas du Ghana où les prochaines élections à la fin de cette année verront s’affronter deux hommes nouveaux. Des cas similaires d’alternances réussies sont observables au Benin, Mauritanie, Mali, Afrique du Sud, Botswana. Leurs présidents sont en charge depuis moins de dix ans et certains autres s’apprêtent à s’en aller comme Thabo Mbeki en Afrique du Sud. Comment l’Europe peut donner des leçons alors que la plupart de ses dirigeants parviennent à la plus haute marche après avoir fait un cursus honorum politique de près de trente ans et comptent rester le plus possible au poste suprême (14 ans pour Mitterrand, 12 pour Chirac, 10 pour Blair, troisième mandat (non consécutifs) pour Berlusconi, près de 10 ans pour Schröeder etc…)? Les occidentaux ont une classe politique « professionnelle » connaissant très peu le travail dans le privé et parfois très mal les réalités des citoyens. Cela rend anachroniques les leçons de morale trop hâtives en direction des pays africains qui ont un renouvellement très limitée de leurs dirigeants. De plus, les expériences Tunisienne et Chinoise, toujours très intéressantes à disséquer, rendent l’exercice de la supériorité démocratique occidentale totalement inopérante. La démocratie à l’européenne n’est pas LE modèle, c’est UN modèle. En quoi nos élections actuelles sont de réels débats de fond? Presque rien, on vote soit pour des questions très superficielles comme « c’est une femme ou il est jeune », soit pour des questions d’idéologie pure, « je vote toujours pour ce parti », soit pour du ressenti par rapport à un discours qui nous plaît, mais en RIEN pour les programmes. Nos élections sont désormais menées par des machines à fric, les partis, qui tentent par des moyens marketings de frapper l’opinion par des méthodes complètement stupides (les élections américaines actuelles ne nous donnent pas une bonne image de ce point de vu). Nous ne choisissons plus depuis la fin des idéologies en France (1983 et le tournant de la rigueur mettant à mal l’idée d’une autre voie socialiste pour l’économie) entre deux philosophies opposées. Les frontières sont ouvertes et les remèdes originaux échouent le plus souvent. Gouverner, c’est désormais affaire de pragmatisme et de cycle économique que l’on ne décrète pas mais que l’on peut ai mieux accentuer (Jospin 1997-2002).

Parlons maintenant de la gouvernance économique. Selon les occidentaux, « L’Afrique est un continent où la corruption est présente pour toute opération, les plus simples comme les papiers d’Etat civil ainsi que pour les plus lourdes comme les marchés publics de construction d’infrastructures ». Déjà, il est évident que cette corruption est fort variable selon les Etats. Si l’on regarde les rapports de l’ONG spécialiste de l’étude de la corruption dans le monde « International Transparency », l’Afrique n’est pas dans la même tonalité de rouge (représentant la plus importante corruption) de façon uniforme et les pays d’Afrique Australe sont en orange (meilleurs résultats). De plus, entendons nous bien. Comment pouvons-nous dignement comparer notre corruption occidentale avec celle de l’Afrique. Certains pays comme au Congo-K payent les fonctionnaires une misère, 25 dollars par mois avec du retard pour les soldats de l’armée nationale par exemple. Lorsque vous connaissez le coût de la vie à Kinshasa, bien supérieure à une ville comme Paris, vous vous doutez bien qu’il est impossible que les agents de l’Etat n’aient pas recours à ces « expédients illégaux » pour nourrir leur famille. Les corruptions sont tout simplement incomparables de ce point de vu. Nos fonctionnaires sont correctement payés, leurs salaires revalorisés selon des barèmes et des fréquences que les syndicats décident avec le ministre du budget. Là bas, rien de tout ça.

Enfin, parlons du mimétisme négatif. L’Afrique a parfois de mauvais dirigeants. Prenons mauvais dans le sens de pratique politique et économique douteuse. Leur unique but est de rester au pouvoir par tous les moyens. La façon la plus simple pour ça est de payer les opposants et les chefs des composantes sociales pour qu’ils ne réclament pas le pouvoir. Bongo le fait de façon admirable depuis 41 ans. Le débat n’existe pas au Gabon car toute personne ayant les moyens médiatiques et intellectuels de se faire entendre est phagocytée en étant nommée à un poste de prestige (ministre, député, sénateur, président de compagnie Etatique etc…). Pour calmer la population encore récalcitrante, il faut distribuer de l’argent. Cela IMPOSE la corruption car le salaire d’un président, députés etc…n’est pas suffisant. Le mode de gouvernance est donc différent de l’occident où cette corruption népotique est punie. Pour distribuer cet argent, les gouvernements africains (Bongo, Sassou Nguesso, Nguema, Kabila, Déby ect…) doivent prendre dans les caisses de l’Etat. D’ailleurs, International Transparency dans un rapport publié en mai 2008 remarquait que les Etats producteurs de brut étaient les plus corrompus en Afrique. C’est simple, ils peuvent se permettre de prendre une partie de cette manne sans que cela ne se voit trop. Cela ne veut pas dire que le Tandja au Niger ou Compaoré au Burkina, pays dépourvus de pétrole en production, ne sont pas corrompus, mais ils ne jouent pas dans la même cours.

L’image de cette corruption venue d’en haut, c’est à dire des chefs d’Etat entraîne une cassure de tout sens civique pour les « citoyens classiques » qui ne se privent pas de part la difficulté du quotidien à avoir recours à toutes les solutions pour manger. La corruption est donc un cercle. Les chefs politiques donnent comme un quitus à la population du fait de leurs pratiques népotiques et le citoyen rentre dans un cercle où ce que les occidentaux appellent la corruption est juste la façon normale et quasi unique de vivre dans certains pays d’Afrique noire.

Soyons justes, les différences entre les Etats de part leur histoire politique et économique sont considérables en Afrique. Ne jugeons pas ce continent comme cohérent c’est à dire avec un seul modèle de fonctionnement politique et économique ainsi qu’avec nos codes et morales, complètement inopérantes en dehors de nos frontières bourgeoises.

www.uneformedegeopolitqueouverte.blogspot.com

Source : La Tribune n° 410




Repères de La Tribune

29072008

Repères de La Tribune 

 

Le Général de Brigade Ould Ghazwani à Néma 

 

Le Général de Brigade, Mohamed Ould Ghazwani, chef d’état-major de l’Armée nationale, a supervisé, jeudi dernier à Néma, la sortie de la 31ème promotion de sous-officiers de l’Armée nationale. Cette 8ème promotion, formée au sein de l’Ecole Nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Néma, est composée de 38 sous-officiers ayant subi une instruction de 9 mois dans des domaines aussi importants que variés que les techniques de combat, la transmission, la topographie et l’assistance humanitaire, entre autres.

Les nouveaux sous-officiers, recrutés à l’issue d’un concours direct et préparés pour intégrer la vie militaire, renforceront désormais les rangs de l’armée nationale et contribueront à la réalisation de la noble mission confiée à ce corps. La cérémonie organisée pour la circonstance a comporté une levée des couleurs, une prise d’armes, un défilé militaire et une présence sensible du public venu partager avec les militaires la joie de cet événement.

Le général de brigade s’est dit honoré de superviser, au nom du Président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, chef suprême des Forces Armées, la sortie de cette promotion. Il a transmis aux officiers, sous-officiers et soldats les salutations du Président de la République, sa confiance et ses instructions visant à améliorer le niveau de formation des cadres des forces armées nationales et la promotion du corps afin d’accompagner l’évolution technologique et d’être en mesure de faire face aux dangers de l’avenir et de ses défis.

Le chef d’état-major national a souligné l’importance de la formation des sous-officiers, eu égard à leur rôle dans l’intégration et la cohésion au sein des rangs de l’Armée. Il a exhorté les membres de la promotion, baptisée feu Yahya Bandjougou, à persévérer dans le sens du renforcement de leurs compétences techniques, de leur condition physique et de conserver le bon moral pour assurer un meilleur rendement des soldats.

Le Général Ould Ghazwani a également évoqué l’importance du recyclage assuré par l’école avant d’inviter les sortants à œuvrer pour devenir un exemple à suivre en matière de responsabilité et de loyauté, indispensables dans le service militaire. Il a enfin remercié la direction de l’école et le personnel d’encadrement pour leurs efforts qui ont permis la sortie de cette promotion.

Dans le mot qu’il a prononcé à cette occasion, le colonel Abass Alassane, commandant de l’école, a indiqué que la présence du chef d’état-major de l’armée à cette cérémonie atteste de l’intérêt qu’accorde les plus hautes autorités militaires du pays à la formation des cadres de l’Armée nationale. Il a ajouté que les éléments de cette promotion ont acquis les compétences requises pour intégrer la vie militaire avant de remercier tous ceux qui ont contribué à la formation de la promotion.

L’ENSOA a assuré, par ailleurs, cette année la formation de 114 stagiaires de niveaux différents, brevet d’aptitude n° 2 (bac) pour passer du grade d’adjudant à celui d’adjudant-chef, certificat interarmes (CIA) pour passer de sergent à sergent-chef et de certificat d’aptitude n°2 permettant aux caporaux de passer au grade de sergent.

L’Ecole est opérationnelle depuis 1999. Elle a pour mission de dispenser une formation générale destinée à favoriser l’adaptation des futurs cadres au milieu militaire et de préparer l’élève sous-officier à son premier emploi au plan moral, physique, technique et tactique. Elle assure également la formation et le perfectionnement des sous-officiers du cadre général au moyen de différents stages à raison de deux sessions par an.

Malgré la qualité des services assurés par cette institution, l’école, est confrontée à des difficultés liées à l’insuffisance du personnel d’encadrement et à l’état des infrastructures.  (avec AMI)

 

Internet dans l’Administration mauritanienne

 

Le ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Moutapha Ould Hamoud a indiqué que les technologies nouvelles sont devenues aujourd’hui un moyen efficace de progrès économique et d’amélioration des compétences des personnes en plus de la possibilité qu’elles offrent pour tirer profit des expériences des autres.

Le ministre qui parlait à l’occasion de la clôture des festivités marquant le 10eme anniversaire de l’introduction de l’Internet dans l’administration mauritanienne a insisté sur la nécessité de changer de mentalité et de conduite en vue de tirer profit au maximum de ces technologies.

Dans leurs recommandations, les participants à la célébration ont appelé à la mise en place d’un cadre juridique pour la formation dans le domaine de l’Internet, à disponibiliser des statistiques précises des fonctionnaires capables d’utiliser le réseau de l’Internet et à encourager ceux qui ont de grandes capacités en la matière à travailler dans le secteur public.

Les deux derniers jours avaient connu, dans les locaux de l’ENA à Nouakchott, diverses activités commémorant le 10eme anniversaire de l’introduction de l’Internet dans l’administration mauritanienne sur le thème: » l’Internet, un outil de modernisation au service du citoyen ».

Ces festivités ont comporté l’organisation d’une exposition dans laquelle ont participé des établissements nationaux et étrangers et qui a mis en relief le rôle joué par le département concerné dans l’exploitation de l’Internet dans les domaines de la formation à distance, la gestion des correspondances par e-mail, l’équivalence des diplômes, l’organisation des concours et certaines mesures administratives.

La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du ministre de l’équipement, de l’habitat et de l’urbanisme, des conseillers à la primature, de secrétaires généraux de plusieurs départements ministériels et d’autres personnalités nationales et internationales. (AMI)

 

A propos du Sahara

 

Une délégation marocaine a remis jeudi au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, un message du Roi Mohamed VI sur l’évolution de la question du Sahara, a-t-on appris de source officielle à Rabat. La délégation chérifienne était composée notamment du chef de la diplomatie marocaine, Taieb Fassi Fihri et Mohamed Yassine Mansouri, Directeur général des Etudes et de la Documentation (renseignements généraux), a indiqué la presse marocaine. Aucun détail n’a été fourni sur le contenu du message royal, qui intervient une semaine après la décision de maintenir en poste, le médiateur onusien au Sahara, le néerlandais Peter Van Walsun.

L’Algérie, l’Afrique du Sud et le front Polisario, avaient émis des réserves sur la question, après que M Van Walsun avait affirmé, en avril dernier, que l’option indépendantiste au Sahara était «irréaliste».

La délégation de Rabat a, pour sa part, rappelé les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur «l’approfondissement des négociations, de manière substantielle sur la base du sens du compromis et du réalisme, principes sur lesquels a été construite l’initiative marocaine d’autonomie dans le cadre de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Maroc», a ajouté la même source. Le Maroc avait proposé en avril 2007 un plan d’autonomie au Sahara (250 000km 2) pour trouver une issue au conflit l’opposant au front séparatiste du Polisario depuis fin 1975, date du retrait du colonisateur espagnol. Le territoire se trouve, depuis, sous la souveraineté chérifienne, effective. Le Polisario, basé en Algérie, réclame un référendum «d’autodétermination» jugé «inapplicable» par Rabat, qui se trouve désormais conforté dans sa proposition d’autonomie, considérée comme «unique solution envisageable» pour sortir de «l’impasse» qui dure depuis 33 ans. Arrivées à leur quatrième round, en mars dernier, les négociations de Manhasset (à la banlieue New yorkaise) sous l’égide de l’ONU, achoppent sur les positions opposées des protagonistes.

Outre le Maroc et le Polisario, les pourparlers sur le Sahara, entamés depuis juin 2007, se

tiennent en présence de l’Algérie et de la Mauritanie, en leur qualité d’observateurs. (APA)

 







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