Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

30 06 2008

 La crise politique

Il est clair que les politiques dominent ce pays. Il est aussi évident qu’ils cherchent  leurs intérêts  personnels  et communautaristes.  La division au sein du parti Adil est une explication parmi tant d’autres. Après avoir écarté l’ex-premier ministre (Zéine Ould Zéidane),  victime de combinaisons politiques, les tacticiens de cette nouvelle République cherchent  un nouveau remaniement.  Leur  discours est frappant. 

Politiquement  parlant, le jeu est permis. Il n’y a pas une grande différence entre un politique américain, français ou mauritanien. Ils sont manipulateurs et ils maîtrisent  les techniques de la rhétorique déguisée.  Le coup du 3 août a juste mis en avant un nouveau système basé sur les  hommes de l’ancien système. Tout simplement, les chefs de file  du  Cmjd ont reconnu que c’était difficile pour quiconque d’éviter la gabegie passée. En somme, ils ont confirmé  à travers le discours de leur chef Ely Ould Mohamed Vall  que dans les vingt ans passés, les décideurs étaient de loin ou de près impliqués dans la prétendue gabegie. En effet, celle-ci  demeure le mot d’ordre qui permet aux acteurs de la classe politique mauritanienne d’écarter leurs ennemis.

Admettons qu’auparavant, en Mauritanie  la fonctionnalité décisionnelle exige une pagaille inévitable.  Admettons aussi que  le comportement au sein de la cellule familiale reste dominé par l’interventionnisme étroit.  Car, les mauritaniens se connaissent. Presque tous. Et comme on le sait  pour  disposer d’un poste ou bénéficier d’une nomination, il est souvent question d’activation du réseau relationnel.   

Partant, le dessein actuel n’est pas loin du marchandage des postes. Tel marchandage a poussé l’actuel président à revoir  sa méthode nominative.  Ould Cheikh Abdellahi a su jouer au fond la carte politique.  Ainsi, est-il vraiment faible comme le fait croire les uns et les autres. Adil est fragilisé, certes. Mais les chefs des troupes politiques sont en phase de confrontation qui les fragilise aussi. Les militaires en sont-ils pour quelque  chose ? Certes, trois d’entre eux sont propulsés au sommet de l’Armée en guise de récompense. Mais, cette récompense est-il empoisonnée ? Se sont-ils créés des ennemis ? Pourquoi le colonel Ely n’a pas eu sa récompense ?

En tout état de cause, les nouveaux chefs d’Armée ne sont pas à l’abri de toute affectation. Ils craignent le retour en force de leurs anciens ennemis politiques. Il semble, dans cette perspective,   que des militaires soutiennent indirectement des parlementaires. Cela affirme la théorie du jeu politique. A cet égard, plus les groupes de pression s’éclatent, plus leur faiblesse se confirme. Ceci renforce-t-il la position du  président ?  Qui vaincra alors : la  raison des braves officiers du 3 août ? Ou la sagesse de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ?

 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°405


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