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LES Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

26062008

 Le carburant mauritanien est-il exporté vers les pays de la sous région ? 

Depuis les récentes   montées  des prix du pétrole, les sociétés de commercialisation du  carburant en Mauritanie  semblent  connaître  une nette augmentation de leurs ventes.  Une telle augmentation   se vérifierait   par le fait que   des produits destinés à  être consommés localement  seraient  exportés vers les pays voisins.   Paradoxalement, ces entreprises continuent à vendre leurs produits  à perte.  Sur chaque litre, il y a un manque à gagner de 150 voire 200ouguiyas. Petrodis compterait fermer ses portes en attendant une nouvelle restructuration des prix. Le  gouvernement évite tout révision  de ces derniers. Il espère  une baisse des cours du pétrole  afin  que les citoyens ne supportent pas une nouvelle flambée de prix.  Toutefois,  les professionnels du domaine de la commercialisation du carburant craignent le pire.  L’actuelle structure des prix ne les arrange point.

Des sociétés comme NAFTEC  souffrent   d’un déséquilibre financier frappant. L’Etat doit à   cette entreprise  des sommes colossales. On évoque que sa dette  vis-à-vis de la Nafetc  avoisine, depuis janvier 2008, les 800 millions d’ouguiyas. La logique financière  nous amène à revoir cette situation avec beaucoup de vigilance.  Soit l’Etat règle la   dette qu’il doit à cette société, soit  il  continue à la considérer comme une vache à lait.  Car la NAFTEC  risque de ne pas tenir  le coup de la contrainte financière qui s’impose et qui s’accentue avec la montée des prix à la pompe.

Il est  à préciser  que la Mauritanie  est actionnaire dans le capital de cette entreprise (34%). Il est aussi à noter  que les algériens détiennent 51 %  du capital de la Naftec. Sa. Le restant des actions est détenu par    des hommes d’affaires  mauritaniens.

En tout état de cause, si un gérant mauritanien  vend  son  produit à l’un des pays voisins, il peut gagner  le double. Nous n’avons pas les mêmes structures de prix.  L’interactivité commerciale et la question du contrôle douanier  sont  une  explication de  la progression de la vente du carburant  chez nous.

 Ainsi, la raison  économique des spéculateurs  domine-t-elle  le marché mauritanien.  Il est clair qu’une ‘ascension’ vertigineuse  du prix   provoquerait  de fortes instabilités dans le pays. Quelle est alors  la solution ?  Et si l’Etat procède  à l’augmentation  des prix du produit lubrifiant  sans pour autant  envisager la répercussion  d’une telle procédure sur le quotidien du simple citoyen ? 

Les finances publiques doivent  anticiper et  prévoir les retombées d’une  telle  situation. La douane doit  également faire son travail afin que les  produits  ‘subventionnés’   ne soient pas vendus  en dehors du pays.  Des spéculateurs  vont certainement conserver une partie du carburant en attendant une éventuelle  augmentation du prix de l’or noir. Que l’Etat fasse  preuve des mesures fermes.  Que le prix reste tel qu’il est. Que le citoyen arrive à  supporter  la cherté de la vie. 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune N°405




Musique : les cris des jeunes rappeurs

26062008

Musique : les cris des jeunes rappeurs 

Depuis des années 90,’’ le Hip-hop ‘’a fait son entrée dans la sphère de la musique mauritanienne.  Il s’agit d’un genre musical accueilli avec enthousiasme par la quasi-totalité des jeunes du pays. Par son rythme, le rap n’a pas toutefois emporté toutes les franges de la population malgré la richesse des messages contenus dans les paroles. 

Ces jeunes rappeurs talentueux travaillent d’arrache pieds, pour rendre leur musique agréable et surtout fournissent de plus en plus d’effort pour mettre leur texte  au service du développement du pays en particulier  et de l’Afrique en général. On les nomme’’ révoltés’’ ou ‘’engagés ‘’du fait de leur courage inégalable pour contribuer efficacement à la lutte contre l’ensemble des maux dont souffre le monde. Rien n’est tabou selon eux. 

Le rap mauritanien souffre cependant de plusieurs problèmes. Les jeunes sont souvent étiquetés sans que l’effort de les comprendre ne soit fait. « Être rappeur en Mauritanie est trop dur. C’est comme s’asseoir sans culotte  sur un porc-épic», lancent souvent ces jeunes. Pourquoi alors ? Selon certains,  rappeur est synonyme de délinquant, d’irresponsable ou de raté. Ce qui est une fausse impression. Le Rap c’est une musique comme les autres. Mettre fin aux préjugés. Voilà la préoccupation de ces jeunes qui ont choisi une nouvelle manière d’exprimer les choses, un autre mode d’expression des maux sociaux…Leur credo : rompre avec le complexe. Il ne faut pas  priver la jeunesse l’opportunité de s’identifier à leur génération. 

Beaucoup de groupes de rap déplorent leur marginalisation et la confiscation de leurs droits à l’occasion des grands concerts nationaux ou commerciaux. Certains ont même donné l’exemple de la soirée organisée par
la Société Mauritel au stade Olympique le mercredi dernier. A ce méga concert seul le groupe ‘’Aoulad Bled  a été invité. 

 « S’agissant des medias, le traitement est pire. Les rappeurs sont presque mis au coin (à l’écart).
La TVM ne diffuse aucune émission consacrée au Rap. Alors que la chaîne passe la majorité de son temps à défiler des images qui ne disent rien à ses téléspectateurs. » Proteste cet autre jeune musicien qui trouve que si une enquête minutieuse est menée auprès des citoyens, on se rendra compte que ¾ de la population ne regardent pas
la TVM, à cause de son programme. Evidement on voit toujours des clips de Rap se défiler sur l’écran de la seconde chaîne nationale .Mais « c’est une tactique pour nous faire taire », soutient Abou Fall du groupe Haboobe Baasl (ceux qui combattent la pauvreté).  Pour lui, en réalité c’est une télé qui n’émet ses ondes que dans le pays. « Nous avions un peu d’espoir sur la presse écrite avec la liberté de la presse acquise depuis ces dernières années. Mais c’est une entière désolation. 

‘’A l’intérieur du pays, nous rencontrons beaucoup de problèmes durant nos tournées dans les autres Wilayas du pays. Même avoir une simple autorisation de concert c’est difficile ou des fois les concerts est interrompus en pleine marche par les autorités .Nous n’avons aucun droit dans notre pays ? Pourtant au Sénégal voisin, on ne trouve aucun problème. Et d’ailleurs nous sommes très sollicités par les médias. Et alors qui nous essuiera nos larmes ?’’ 

‘’Au début tout enregistrement se faisait au Sénégal. A l’heure actuelle, notre pays dispose quatre studios d’enregistrement .A notre grande surprise, ces studios sont sous pression des grandes sociétés pour des fins publicitaires. De ce fait, parfois, les pauvres rappeurs sont les derniers à être servis après plusieurs rendez-vous. Mais c’est la loi du marché.’’ 

Pour la situation économique des rappeurs. Il est difficile de voir un rappeur qui gagne son pain par son art. La musique n’arrive même pas à couvrir les besoins de son fonctionnement. C’est ce contexte qui contraint les rappeurs à exercer d’autres métiers pour arrondir les difficultés de la vie. On en trouve des ouvriers, des commerçants, étudiants dans la classe du hip hop. 

L ‘ancienne maison des jeunes était un fief de soulagement pour les rappeurs désirant faire quelques sous en faisant des concerts. Maintenant sa location est majorée exponentiellement. Au point que les rappeurs deviennent impuissants à s’acquitter des sommes demandées. Les petites unités de centaines de tickets n’arrivent pas à couvrir les frais d’un concert. Les rappeurs tournent leurs clips à 80 000 UM alors que les télévisions ne rénumerent pas. Et alors ? 

 

Interview du chef du groupe Haboobe e baasal. 

 

-
La Tribune
 : Si vous étiez à la place du ministre de la culture, quel remède préconiseriez-vous pour améliorer sensiblement la vie du Rap en Mauritanie ? 

-Abou Fall : Je créerai une école de musique pour aider tous les jeunes désirant faire la musique. Je mettrai en place une maison de disques pour promouvoir la musique mauritanienne. J’inciterai les musiciens à monter une association pour qu’ils puissent travailler en étroite collaboration afin de réussir leur mission. 

-
La Tribune : Quels conseils avez-vous pour vos collègues rappeurs ? 

-Abou Fall : Bien travailler pour surmonter les obstacles afin de servir l’humanité .De savoir
la Mauritanie est pour nous tous Et chacun de nous doit se soucier de la paix, de la stabilité et du développement de notre pays. Et surtout ne pas inciter à la violence. 

   Recueillis par Adama Sy

Source : La Tribune n° 405 

     




La SENAF démarre

26062008


La SENAF démarre 

 

Les organisateurs de
la SENAF ont tenu un point de presse dimanche 22 juin à Nouakchott pour annoncer le lancement de la troisième édition de ce festival. Cette année c’est le thème de
la Migration qui se trouve au centre des festivités. Du 23 jusqu’au 29 juin 2008 les cinéphiles et les amateurs de la culture verront des projections de réalisations de jeunes mauritaniens et apprécieront les talents émergeants. Cette grande manifestation est organisée par
la Maison des Cinéastes en collaboration avec le ministère de
la Culture et de
la Communication et de

la Coopération Française. Placée sous la présidence de
la Primature,
la SENAF a pour objectif principal la promotion du cinéma et d’échanges de cultures. Cette année la communauté soninké est à l’honneur. Pour l’organisation de
la SENAF il a été  estimé cette année un budget de 62 millions.  Seulement 20 millions d’Ouguiya sont disponibles. Le président de
la SENAF a dit que c’est par l’avis du ministère de
la Culture et de
la Communication que
la Primature a débloqué 10 millions. Ces dix millions ont été réduits à 6 millions suite à des circuits auxquels ils ont été contraints du fait d’un manque de temps. Aussi, explique, Abderrahmane dit Ahmed Toutou, il arrive que l’on confie le circuit administratif qui est très long à un commerçant qui en contrepartie prend son pourcentage après avoir mis à disposition au préalable la somme.

 

Communiqué de la SENAF

« Sous le haut patronage de son excellence Monsieur le premier ministre, la troisième édition de
la Semaine Nationale du Film (SENAF) se déroule à Nouakchott du 23 au 29 juin 2008. Cette manifestation, désormais classique, est organisée par
la Maison des Cinéastes grâce aux précieux appuis du Ministère de
la Culture ainsi que de
la Communication ainsi que de

la Coopération Française.


La SENAF est une entreprise ambitieuse d’échanges. Autour de son objet central qui est le cinéma, cette manifestation cherche à mettre ensemble des femmes et des hommes venus de contrées différentes, d’écoles différentes pour exprimer avec des outilles différents leurs vécus différents et leurs visions différentes d’un problème qui tous comptes faits, les concerne et les interpelle tous.

Le thème de la présente édition se prête plus que tout à cet exercice. Acte fondateur de toute communauté humaine, lieu d’expression de toutes les symboliques de la réalisation, la migration (ou bien l’aventure ou encore plus simplement, le voyage…) a de tout temps fourni à l’artiste sa matière première (et souvent, malheureusement dernière…). De l’Odyssée d’Homère à l’Eneide de Virgile, du voyage dans le royaume des morts de
la Comédie divine de Dante au Bateau ivre de Rimbaud ; du radeau de la méduse aux différents Titanic, l’art, comme les sociétés humaines, s’est toujours nourri du « voyage » de l’autre, de l’ailleurs,… Mais l’art et le cinéma en particulier a également toujours alimenté les migrations. C’est une perception d’autres et d’ailleurs fantastiques tels que « produit » par les imaginaires artistiques et leur comparaison à des vécus réels souvent peu reluisants qui est la plupart du temps, à l’origine de l’ »obsession migration ».

Comme de tradition, des films d’auteurs catégories bordants divers aspects du thème seront présentés ; des essais de bénéficiaires du programme d’assistance de
la Maison des Cinéastes : » Parlez-vous la langue IMAGE ? » Seront en compétition. Autour de cet axe principal, d’autres activités à thèmes apparentés seront réalisés : expositions, portes ouvertes, conférences, hommages,…

Comme de tradition, également, l’une de nos communautés nationales sera (un peu plus que les autres) à l’honneur. En réalisation avec le thème, il s’agira des Soninkés ».

Compte rendu de Sy Mamadou 

Source : La Tribune n° 405




26062008

« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne… »

Ou quand l’année scolaire se termine en beauté à  Ryadh et à Sbkha

 

 

Les Inspection Départementales de l’Enseignement National ( Iden) de Riadh et de Sebkha ont tour à tour organisé la semaine passée leurs journées pédagogiques en présence d’élus locaux et d’autorités locales ainsi que des autorités de l’enseignement national à Nouakchott et de représentants de parents d’élèves des chacune des deux Moughataa.

L’inspecteur départemental de Riyadh qui, lundi passé, a réussi à mobiliser aussi bien les enseignants et élèves du secteur public que ceux du secteur privé de son département  a saisi la solennité du moment pour rappeler que sa circonscription pédagogique « a dans l’ensemble normalement fonctionné au cours de cette année scolaire.  Côté effectifs : l’enseignement fondamental public comptait cette année 9.256 élèves dont 51% de filles répartis dans 153 classes pour 155 divisons pédagogiques de 15 écoles ; tandis que les écoles fondamentales privées de Riyadh ont abrité 2.300 élèves répartis dans 103 divisons pédagogiques et pris en charge par 113 enseignants ».

Concernant le personnel d’encadrement, Diallo Mouhamadou   a rappelé qu’il se composait de 204 enseignants : 135 arabisants, 48 francisants et 21 bilingues. Environ 41% de taux de féminisation ont été enregistrés, a-t-il souligné.

Arguant que dans le cadre de son plan d’action « 400 visites d’encadrement et de formation » et  plus des 212 inspections pédagogiques et administratives ont été réalisées en fin d’année, Diallo Mouhamadou a souligné que des cours de soutien ont été organisés au profit des élèves de 6AF à raison de 10 heures en arabe par semaine depuis le début de l’année et 4 heures hebdomadairement en français depuis le début du mois de mai.

L’autre action que l’IDEN de Riyadh a inscrite à son actif est l’alphabétisation d’une cinquantaine de personnes qui ont suivi régulièrement des cours dans « deux classes de 25 bénéficiaires depuis la mi-mai au niveau des écoles Islah et Abou Oubeidetta ».

Concernant les activités de la journée, elles ont été caractérisées par des sketchs et autres représentations culturelles effectués par les élèves. Très inspirés ils ont joué devant les représentants de l’administration des rôles tournant en dérision les crises socio-économiques auxquelles sont confrontées les populations. C’est ainsi que la hausse des prix, la cherté de la vie, la pauvreté, l’analphabétisme ont été personnifiées et prises à partie par des enfants qui ont su captiver le public. Des thèmes plus positifs ont également été servis à l’assistance : unité nationale, agriculture, lutte contre le SIDA, ont fait l’objet de chants et de poésie. Les enfants ont fait une belle leçon de vie aux adultes présents à la journée pédagogique de Riyadh qui s’est terminée en beauté par la distribution de récompenses aux enseignants et aux apprenants qui se sont distingués durant l’année scolaire 2007-2008. 39 membres de l’IDEN et 28 élèves ont ainsi reçu des mains des personnalités venues à l’occasion des prix et des diplomes.

Quant à l’inspecteur départemental de Sebkha, Ndiaye Mansour, c’est le jeudi passé qu’il a organisé la journée pédagogique des écoles fondamentales relevant de sa circonscription pédagogique. Dans la cour spacieuse de l’école Cheikh Souleimane Ball, les élèves, venus très nombreux ont apprécié avec dynamisme et forces applaudissements les chants sur l’environnement, la femme dans la société entonnées dans toutes les langues nationales du pays par la troupe Diddal Jaalal venue égayer les invités. Entre autres paroles : « Ne coupez pas les arbres car les arbres sont la vie ». Chantée en arabe pis en Soninké, cette chanson est un véritable hymne à l’écologisme. Un réel conseil aux enfants qui dans les écoles ont aussi au programme les leçons de civisme. A ce propos, les élèves des écoles de Sebkha ont fait une belle démonstration de civisme devant les autorités présentes en chantant l’hymne National concomitamment à la cérémonie de levée du drapeau national effectuée par l’un d’entre eux. De quoi faire tenir debout toute l’assistance durant les deux minutes qu’a durée la chanson ‘koun lil ilahi naasiran’. Autres moments saisissants de la journée de Sebkha, les représentations théâtrales autour des thèmes préoccupants du moment : cherté de la vie, hausse des prix et surtout l’unité nationale. Très inspirés, les élèves ont présentés un dialogue sur l’unité nationale, sur le thème du Sida, sur la propreté, etc. Plus de dix écoles ont apporté leurs contributions culturelles à la journée pédagogique de Sebkha dont l’inspecteur départemental Niaye Mansour a dit qu’elle se traduit par « des festivités à l’endroit des élèves qui ont enduré le sacrifice, la motivation et même la psychose des évaluations ».

Rappelant que l’année scolaire qui s’achève a été marquée par les mouvements de directeurs et l’application stricte des 30 heures sans ménagement d’une part et par l’absence des enseignants entre autres tumultes d’autres part, l’inspecteur Ndiaye Mansour a souligné que le courage lui a permis lui et ses collègues de poursuivre la gestion humaine et pédagogique tout en, faisant prévaloir la décision de l’état de mettre en œuvre ses efforts engagés pour doter l’école de moyens destinés à favoriser la réussite scolaire des élèves.

L’inspecteur départemental de Sebkha a ensuite rappelé la contribution des ONG  et des autorités partenaires qui ont été d’une « aide généreuse » dans le cadre de l’action de son département.

La journée pédagogique de Sebkha s’est terminée en beauté par la remise des prix au plus méritants. De quoi donner envie aux autres de penser au rendez-vous fixé par l’IDEN de Sebkha : « Octobre 2008, incha’Allah !»

 

 

Compte rendu Kissima  

 

 

Source : La Tribune n° 405




Situation dans les sites des rapatriés

26062008

Situation dans les sites des rapatriés 

Le Forum des Organisations Nationales de Droits Humains sonne le tocsin !!! 

 

A l’occasion de la célébration de la journée internationale du réfugié, ce vendredi 20 mai, le Forum des Organisations Nationales de Droits Humains a alerté l’opinion nationale et les décideurs sur les conditions de précarité dans lesquelles sont installés les réfugiés rentrés au Trarza et au Brakna. 

 

Mamadou Moctar Sarr, Secrétaire Exécutif du FONADH, dans sa déclaration aux médias, a exigé le respect des engagements pris dans le cadre de l’accord triparti et des Journées Nationales de Concertation du 21 au 23 novembre 2007 ainsi que le respect des normes internationales protectrices des droits de l’homme.  En plus, il a exhorté l’accélération des programmes de l’ANAIR (Agence Nationale chargée de l’Accueil et de l’Insertion des Réfugiés) et l’engagement de toutes les forces vives du pays dans la réinsertion des réfugiés. 

 

Dans ce cadre, certaines associations de défense des intérêts des réfugiés avaient monté au créneau ces temps-ci pour dénoncer certains manquements relevés dans les opérations de retour des réfugiés vivant au Sénégal. Récemment, le comité directeur de la communauté des réfugiés mauritaniens au Sénégal, à la suite d’une visite effectuée au Brakna et au Trarza, avait constaté que des milliers de réfugiés sont réduits à vivre dans des tentes inhabitables ou déchirées. Une situation qui les expose, selon leur communiqué, à tous les risques. 

 

Depuis le début des opérations de retour des réfugiés vivant au Sénégal, 4138 personnes sont rapatriées par le H.C.R. avec l’appui de l’ALPD (Association de Lutte contre
la Pauvreté et le sous-Développement).  Le FONADH, par ses missions d’évaluation et de suivi, a décelé toute une palette de problèmes dont on peut citer : dysfonctionnements sérieux dans les opérations de retour ; lenteur du programme d’insertion d’urgence ; conditions de précarité qui augure le risque de crise humanitaire et violation des droits élémentaires de groupe vulnérable ; problèmes fonciers récurrents qui se posent(sur ce point, le FONADH constate que l’Etat n’a pas à ce jour affiché un engagement ferme de les résoudre) ; incertitude sur l’avenir : aucune allusion n’est faite dans le processus quant à la réparation et l’indemnisation des dommages découlant de 20 ans de déportation. 

 

Par rapport à cette question délicate, le Premier ministre Ould Waghef en déplacement dans la wilaya du Brakna a fait savoir que le gouvernement est en train de mener actuellement des concertations destinées à mettre en place une commission nationale chargée du règlement du passif humanitaire qui porte sur des tortures et exécutions extrajudiciaires perpétrées entre 1986 et 1991 sous la présidence de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya. 

 

Par rapport à tous ces problèmes, le Forum des Organisations Nationales de Droits Humains a recommandé au gouvernement mauritanien de doter
la Commission Nationale d’Identification de moyens matériels et financiers suffisants, de prendre des mesures diligentes afin d’assurer l’accès des enfants rapatriés à la santé et à l’éducation, d’adopter une procédure dans le cadre des problèmes fonciers, de faire bénéficier à toutes les victimes de la déportation des programmes de réinsertion et de réintégration dans la fonction publique et surtout de finaliser dans les plus brefs délais l’accord triparti avec le H.C.R.  et le gouvernement malien sans lequel le retour des déportés au Mali ne peut être effectué sous les auspices du H.C.R.   

 

Quant au H.C.R., le FONADH lui a recommandé principalement d’adopter une démarche inclusive, indispensable à la participation collective de tous les acteurs concernés par le retour et à la transparence dans les opérations de rapatriement comme l’ont souhaité les réfugiés, les ONGs, ainsi que le gouvernement. 

 

Le 20 juin n’est pas seulement l’occasion, pour le FONADH, de réaffirmer sa détermination à relever les défis du retour, de la réintégration, de la réconciliation, c’est aussi le moment pour lui de marquer son soutien inconditionnel aux milliers de citoyens mauritaniens injustement déportés, meurtris et dépouillés de leur citoyenneté et de leurs biens mais également de manifester sa compassion à ceux qui ont perdu leurs proches entre 1986 et 1991 notamment lors des événements de 1989 entre
la Mauritanie et le Sénégal. 

 

Au cours de cette journée, beaucoup de questions ont été soulevées. Du genre : qu’est-ce qui a été fait par le gouvernement pour ceux qui sont rentrés à partir de 1992 dont une partie est en majorité composée de fonctionnaires ? Sur ce point, le FONADH a déploré le manque de mesures effectives pour une réintégration des fonctionnaires radiés, une compassion juste pour les biens spoliés ou confisqués et une réparation pour les victimes de violations des droits humains. 

 

La léthargie de l’administration dans ce dossier de retour des déportés a été dénoncée par certains intervenants, comme Djigo Hountou Aliya, qui pense, malgré l’effort du gouvernement, beaucoup de problèmes et d’aspects relatifs au retour des déportés n’ont pas été véritablement abordés. D’autres, sont allés plus loin en proposant qu’on fasse des réflexions plus poussées et plus sérieuses sur cette question dont le manque de coordination a été aussi vertement décrié par le FONADH. D’autres encore, plus culottés,  ont stigmatisé l’hypocrisie de certains partis politiques qui n’ont pas bonnement relayé au niveau de leurs bases les recommandations prises lors des Journées Nationales de Concertation. A la fin de cette journée, on aura compris que les choses ne se passent pas comme sur des roulettes. 

 

Kréôn 

 

Source : La Tribune n°405 

 

 

 

 




Lutte contre la malnutrition

26062008

Lutte contre la malnutrition

L’approche par Déviance Positive

 


La Fondation Noura a ouvert mercredi 18 juin dans le quartier Haye Saada relevant du département de Toujounine un atelier de formation à l’intention d’une quinzaine de jeunes femmes. Celles-ci apprendront durant deux semaines une nouvelle approche en matière de nutrition. L’approche, appelée déviance positive (DP), consiste à mettre à profit des comportements déjà existants dans les foyers pauvres. Il s’agit de « partir du fait que dans chaque communauté il y a des individus dont les pratiques et comportements, spéciaux et rares, leur permettent de trouver des voies spéciales pour prévenir la malnutrition», a expliqué Oulimata Diagana, superviseur de

la Fondation. Elle a énuméré par la suite les neuf étapes à suivre pour l’approche/ déviance positive foyer (DP/F).  

Il faut dit-elle décider si l’approche de
la DP / Foyer est réalisable dans la communauté cible, par la suite commencer à mobiliser la communauté, sélectionner et former les personnes ressources de la communauté. Ainsi à l’issue de ces deux premières étapes, il importe rappelle encore Oulimata Diagana de faire une étude sur
la DP de mener une enquête sur
la DP et de concevoir les séances Foyer. Ce qui implique que la formation donnera lieu a des séances Foyer avec les enfants malnutris et leurs responsables, puis à des visites  suivies à la maison en appuyant les nouveaux comportements.

Une fois sensibilisées à l’approche DP, les femmes volontaires répercuteront à leur tour l’information en vue de permettre à chaque famille de pratiquer cette approche. La superviseur a rappelé aux participantes à l’atelier qu’il s’agit d’une session communautaire de préparation et d’alimentation à travers laquelle un repas additionnel destiné à réhabiliter un enfant mal nourri identifié au sein de la communauté sera confectionné.. L’objectif est alors de faire changer de comportements et de pratiques jugées négatives, de les transformer en attitudes positives et de prévenir les situations de malnutrition futures…

Les jeunes femmes participant à l’atelier avaient dans un premier temps procédé à une enquête sur le terrain qui leur a permis de repérer au niveau de la zone appelée Secteur Cinq du quartier Saada, 70% de cas de malnutrition chez des enfants dont elles ont effectuée la pesée. L’enquête a concerné les enfants âges de 6 mois à 3 ans.

La formation est faite en collaboration avec le Comité de santé de Haye Saada. Son secrétaire général, Mohamed Bilal Ould Ethmane, a rappelé que depuis 2006, un accord liait ce comité avec

la Fondation Noura en vue de l’ouverture d’un centre de formation. Lequel a vu le jour le 31 décembre 2007. En fait, cette collaboration s’inscrit dans le cadre d’un Projet de développement communautaire à Saada. Pour le coordinateur de
la Fondation, Andy Wagler, les principales cibles du projet sont les mères et les enfants. Dans une stratégie participative, précise-t-il, le projet vise l’éducation pour la santé et la réhabilitation des enfants mal nourris et ce dans le cadre d’une participation communautaire maximale.

Rappelant que la malnutrition est impliquée dans plus de la moitié des cas des décès à l’échelle mondiale, Andy Wagler a expliqué que les bénéfices immédiats de cette sensibilisation communautaire consisteront à réhabiliter rapidement les enfants mal nourris identifiés dans la communauté ; à faire en sorte que les familles soient elles-mêmes capables de soutenir la réhabilitation de ces enfants à domicile. « A long terme, la santé et les autres leçons de dispositions vitales renforceront les membres vulnérables de la communauté dans quatre domaines majeurs. » A-t-il ajouté. Ces domaines sont l’alimentation, les soins, l’hygiène et la recherche de santé. 

Par ailleurs, la fondation, dans le cadre d’un projet de réhabilitation nutritionnelle et éducationnelle  a suggéré un plan d’action issu d’une évaluation des besoins des populations défavorisées de la périphérie urbaine de Nouakchott. Ainsi à Saada, après analyse des résultats d’enquête la fondation a proposé la formation à l’identification  des ressources locales. C’est dans ce cadre que l’enquête de déviance positive, consistant en la recherche d’une communauté dotée de sagesse et de vitalité en matière de développement, vise l’identification d’alimentation réussie et la recherche de soins à travers certaines pratiques.

« La formation de ces quinze jeunes filles volontaires à devenir des agents de santé luttant contre la malnutrition nous sera d’une grande utilité car elles vont sensibiliser autour d’elles et nous-mêmes nous allons les suivre. » A dit l’auxiliaire d’Etat civil Mohamed Bilal Ould Ethmane, SG du comité de santé de Haye Saada et représentant de l’ONG Espoir.

Quant aux jeunes femmes ciblées par la formation, elles ont tenu à rappeler que d’après ce qu’elles ont compris, beaucoup de ressources existent déjà mais qu’elles n’en avaient pas conscience. « Cette formation nous permettra de comprendre mieux nos pratiques qui ne sont pas toutes négatives. Elle nous éclaire déjà sur des stratégies qui sont à notre portée alors que nous les ignorions. » A estimé l’une des jeunes femmes qui était à la tête d’une équipe d’enquête sur le terrain. Elle a identifié sur 42 enfants âgés de 6 mois à 3 ans que les cas de malnutrition ont atteint 45% tandis qu’une autre a identifié avec son équipe 60 % d’enfants mal nourris dans un échantillon de 35 enfants. « Même si les chiffres ne sont pas alarmants, il importe d’agir. D’où l’intérêt de cet atelier, rappelle Mme Adama Ndiaye de l’ONG Doulos, partenaire de la fondation Noura. « Le délai de récupération est de 12 jours. » Précise-t-elle tout en attirant l’attention sur le fait qu’une période de suivi de quinze jours est nécessaire à domicile pour la récupération totale de l’enfant.

 

Compte rendu Kissima

   

 

 

Pour mieux comprendre
la DP/F

 

La notion de déviance au sens sociologique et psychologique implique le fait d’aller à l’encontre des normes. Ainsi dévier c’est ‘virer’ des normes.

On peut distinguer une déviance Positive au sens de virer des normes mais positivement et une déviance Négative consistant à virer des normes mais négativement.

L’approche de
la DP part de l’hypothèse selon laquelle certains solutions aux problèmes d’une communauté existent déjà au sein de cette même communauté et qu’il faut juste les découvrir. Pour ce faire cinq démarches sont à suivre (définir, déterminer, découvrir, développer, discerner). Pour la première démarche il s’agit de comprendre le problème, ses causes et les comportements normaux de la communauté. Puis de définir aussi à quoi ressemblait une solution efficace (en termes de comportement et résultat désirés). La deuxième démarche permettra de déterminer la présence au sein de la communauté d’individus ou groupes, qui ont déjà adoptés les comportements bénéfiques ou obtenues les résultats désirés. La troisième étape équivaut à la découverte des moyens ou des comportements uniques ou peu communs utilisés par les déviants positifs (DP) et  qui leur permettent soit d’éviter le problème soit de mieux le surmonter et de le résoudre voire de le prévenir. Vient par la suite la démarche qui consistera à développer, autrement dit de concevoir et d’exécuter un projet qui permet aux autres membres de la communauté d’accepter et de pratiquer de nouveaux comportements dont ceux utilisés avec succès par les DP (en mettant l’accent sur ce qu’elle à enseigné). Ce qui permettra en quatrième étape de discerner à travers un exemple d’évaluation la malnutrition, de la prévenir et de la combattre. Vient ensuite la cinquième démarche consistant à diffuser. Il s’agit de l’approche type de stratégie de diffusion à grande échelle pour que le processus de déviance positive foyer (DP/F) puise dans la sagesse locale traiter et prévenir la malnutrition et être diffuée dans la communauté.

Selon ses initiateurs cette approche présente plusieurs avantages. Elle est rapide car elle fournit une solution qui peut répondre vite à un problème immédiat. Des enfants doivent être réhabilités maintenant, c’est la raison pour la quelle l’alimentation surveillée, est organisée pendant les séances Foyer, et que par la suite les mères ou responsables des enfants mettent en œuvre les mêmes pratiques à la maison et font part de leurs expériences lors des séances au Foyer DP. Elles sont appuyées par les visites à domicile. Elle est abordable parce que les familles ne dépendent pas des ressources extérieures, pour mettre en pratique de nouveaux comportements. Elle n’implique pas d’embauche du personnel d’un centre de réhabilitation nutritionnel, ou l’investissement d’un pavillon dans un hôpital. En plus, lorsque la malnutrition est éradiquée dans la communauté beaucoup d’enfants qui ne sont pas encore nés vont également bénéficier du foyer : le coût par bénéficiaire devient insignifiant si on considère le nombre de personnes en faveur desquelles la malnutrition, et souvent la mort, ont été épargnées. L’approche est également participative : la communauté joue un rôle important tout au long du processus DP/F en participant pour le peu qu’on a par les idées. Elle est durable dans la mesure où de nouveaux comportements sont enseignés, et assimilés pendant les séances foyers. Les mères ou les responsables ne sont pas formés seulement pour la réhabilitation de leurs enfants, mais aussi pour poursuivre à la maison les nouveaux comportements adoptés et les comportements à changer ou à améliorer qu’elles deviennent leurs habitudes et même pour les enfants futures. Elle est surtout adaptée à la culture car la solution est entre les mains des communautés et est locale.

 

Source : La Tribune n° 405

 

 




26062008

Interview  de Bâ Aliou Ibra  

 

Bâ Aliou Ibra à
La Tribune : « Le PRDS était un parti qu’un président de
la République issu d’un régime exceptionnel avait mis en place. »

 

-
La Tribune : Que se passe t-il dans le parti ADIL ?

Ba Aliou Ibra : Il y a des rumeurs de salon selon lesquelles certains députés de ADIL ne seraient pas contents. Nous avons fait une réunion où nous avions parlé de changements de bureau de l’assemblée. Il n’a pas été question de motion de censure  comme  le fait croire la rumeur. Nous sommes des députés de ADIL, le président de notre parti est le Premier ministre et nous avons un certain nombre de ministres ADIL au gouvernement…


La Tribune : N’empêche que  certains députés de  ADIL font des démarches pour introduire une motion de censure.

Bâ Aliou Ibra : Tout député a le droit de penser à faire des motions de censure. Mais traditionnellement la censure vient de l’opposition. Mais comme je vous l’ai dit c’est encore une rumeur.


La Tribune : Est-ce qu’il n’y a pas un conflit de personnes derrière les tractations de certains députés  ADIL pour censurer le gouvernement ?

Bâ Aliou Ibra : Tant que les procédures légales ne sont pas appliquées il faut attendre. Il faut d’abord que le 1/3 des signatures soit obtenu, et que la demande soit transmise au gouvernement 48 heures plus tôt  entre autres dispositions.

 


La Tribune : N’avez-vous pas tout de même l’impression qu’il y a un climat de crise qui s’installe ?

Bâ Aliou Ibra : Je pense qu’il n’y a pas de crise. La scène politique  s’est caractérisée par la création de ADIL. Ce parti  a les caractéristiques d’un grand parti avec les problèmes qui lui sont liés. On vient de faire un gouvernement politique avec l’entrée au gouvernement de deux partis importants de l’opposition…


La Tribune : Mais il y a des partis qui ont quitté la majorité comme l’ UDP.

Bâ Aliou Ibra  Oui j’ai lu le communiqué de ce parti. Mais je pense qu’il ne faut pas se presser. On va vers la création des groupes parlementaires. Et là on va savoir quelle est la lecture exacte de ce communiqué. D’ailleurs l’UDP n’a pas encore dit qu’elle va à l’opposition.


La Tribune : Faut-il percevoir ADIL comme le PRDS avant Août 2005 ?

Ba Aliou Ibra : Non, parce que je pense que ADIL ce n’est pas exactement le PRDS. Les élections passées (municipales et législatives de 2007, NDLR)  ont permis à certains de faire éruption sur la scène : des jeunes, des femmes, des techniciens etc.

Une des leçons des dernières élections c’est une aspiration à faire la politique autrement et ce que ADIL s’est engagé à faire. En plus le renouvellement de l’assemblée est effectué  à 80%. Autrement dit 80 % des députés de l’assemblée sont à leur premier mandat.

Le PRDS était un parti qu’un président de
la République issu d’un régime exceptionnel avait mis en place. Ici le président de
la République n’est issu ni d’un parti politique ni d’un régime d’exception. D’ailleurs parmi les trois premiers candidats venus en tête à l’élection présidentielle de 2007 ; deux sont indépendants. C’est dire donc que ADIL qui propose une nouvelle manière de gérer la politique ne saurait ressembler au PRDS….

Propos recueillis par Oumère et Kissima

 

 Source : La Tribune n° 405




Politique : Chronique d’une crise annoncée

26062008

Politique :

Chronique d’une crise annoncée

 

Trois semaines de rumeurs soutenues, d’informations et de contre-informations, trois semaines pour installer un climat de suspicions et de doute dans la scène politique, déjà appauvrie par l’absence de débats…politiques justement.

Tout commence par les tractations au sein de la majorité présidentielle au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement dirigé par Yahya Ould Ahmed Waghf. Le choix du Premier ministre ne semble pas déranger. C’est plutôt celui de l’équipe dans son ensemble. Qui cela dérange ?

En général des cadres, pour la plupart la quatrième génération du défunt PRDS si l’on excepte le Sénateur de Rosso, Mohamed el Hacen Ould Haj qui a, jusqu’au 3 août milité dans l’opposition à Ould Taya. Les contestataires partagent la caractéristique d’avoir été parmi la première vague de soutien du candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Alors ‘candidat des militaires’, seuls les proches des membres du CMJD ont ‘senti’ la suite des événements. Chacun de ces cadres se targuait – se targue encore – d’être l’émanation, sinon l’expression de l’officier untel ou untel. N’ayant jamais fait preuve ni de militantisme ni d’engagement propre – dans tous les sens -, l’opinion a voulu entendre, à travers chacun d’eux, la voix de celui qui est supposé être son maître.

«On ne peut pas croire que Mohsen Ould Haj ou Yahya Ould Abdel Qahar – deux Sénateurs frondeurs, NDLR – peuvent s’engager sans l’aval du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Est-ce que les députés de Boumdeid, Tamchekett, Tichitt… peuvent préparer quelque chose sans la bénédiction du Général Mohamed Ould Ghazwani ?». Combien de fois vous entendez cette assertion sous forme d’objection quand vous soutenez que rien de tout ça ne peut advenir. Des dizaines sans doute…

Une chose est sûre : des députés ont été contactés par l’un de leurs confrères – Mohamed Yahya Ould Kherchi, élu de Nouakchott – en vue de préparer une motion de censure dont l’objectif est de ‘faire tomber’ le gouvernement. Le scénario prévu est le suivant : rassembler un maximum de députés de la majorité, engager ceux de l’opposition et trouver une majorité pour le vote de défiance. Un premier vote peut permettre la remise en cause du gouvernement. Le deuxième, en cas d’entêtement, va enfoncer le clou, le troisième ouvrant une crise qui doit mener nécessairement à la dissolution de l’Assemblée. Mais qui a intérêt à en arriver là ? Sans doute pas la grande majorité des députés actuels. Ce qui ne laisse pas présager d’un tel aboutissement.

Pourquoi tout ce mic-mac ? Certains des gens de la majorité invoquent «la remise en cause des principes du 3 août». D’autres parlent de «retour à la case départ». Les moins virulents se contentent de parler de «mauvais choix».

En réalité, le 3 août n’a pas été une révolution parce qu’il n’en a pas eu l’ambition. Dès le départ, il a été dévoyé si l’on prend en compte les principes édictés dans la première interview de l’initiateur principal du putsch, le colonel Mohamed Ould Abdel Aziz. La première sortie sur la Voix de l’Amérique avait énuméré quelques-uns des objectifs de son mouvement : élections fiables, départ définitif des militaires, apaisement et normalisation de la scène politique, assainissement de la gestion… On pouvait alors résumer tous les propos en une locution : «changement de cap». Mais un changement qui doit nécessairement aboutir à la naissance d’un nouvel ordre garantissant plus de liberté, d’égalité, de justice, de bonne gestion des biens publics… En somme une mini-révolution. Très tôt avortée.

Il ne suffisait pas de changer Ould Taya, pour changer le système. Les serviteurs de ce système sont ceux-là mêmes qui seront aux commandes durant les 19 mois de la transition. A commencer par le Président que le Conseil militaire se choisit. Directeur général de la sûreté pendant 21 ans (moins trois jours), le colonel Eli Ould Mohamed Val a été l’un des piliers du régime honni. Il se fait immédiatement entouré par les hommes qui ont légitimé l’arbitraire du système. Si bien que la transition peut apparaître aujourd’hui comme une entreprise de réhabilitation du système qu’elle était sensée combattre. Elle n’a fait que reproduire finalement les mêmes réflexes.

L’offre de neutralité a été dévoyée pour laisser place à une interférence à ciel ouvert. Dès l’élection législative et municipale, le phénomène des «indépendants» est apparu comme une émanation du Conseil militaire. La concertation est apparue comme un leurre, parce que dans tous les textes élaborés d’un commun accord, des «articles 104» sont apparus plus tard. Les prédateurs ont été réhabilités après avoir été vilipendés publiquement. Et le comble est atteint avec l’appel au vote blanc. C’est donc dans la précipitation et l’urgence que la Mauritanie allait vivre les dernières semaines d’une transition qui n’a heureusement pas été négative dans tous ses états.

Nous en avons gagné des élections dont les résultats et le déroulement ont été acceptés et bénis par tous les acteurs politiques. C’est ainsi que la Mauritanie a gagné des institutions démocratiques qui marchent plutôt bien, un Président légitime, une opposition légale et un gouvernement politique dont la composition renforce la lisibilité du jeu politique. Alors la crise actuelle ne serait que pure invention. Même si cela a fini par convaincre, y compris les cercles les plus proches du pouvoir. «Mais qu’est-ce qui se passe ?»

Une première lecture fait état du «mécontentement des généraux». Cela suppose qu’entre eux et le Président rien ne va plus. On prétend ici que la composition du dernier gouvernement a été annoncée sans en référer aux généraux. Plus : les généraux n’auraient pas apprécié que le nouveau Premier ministre les convoque au moment de composer son gouvernement. Etait-ce une manière de laisser croire qu’ils avaient eu un mot dans la nouvelle configuration ou une façon de préciser la prééminence du politique sur le reste ? Dans les deux cas, ce fut un geste malencontreux tout au moins mal-à-propos.

Les tenants de la thèse du «mécontentement des généraux» veulent faire croire que tout a été prévu pour remettre en cause les dernières décisions du Président de la République. Sous prétexte qu’il s’agit d’un retour en arrière. Alors que sur le plan des choix des hommes, on n’a pas fait d’avancées significatives.

Une deuxième lecture met en jeu d’autres acteurs dont les anciens présidents Moawiya Ould Taya et Eli Ould Mohamed Val. Les intérêts de tous convergent en cette heure avec ceux de l’opposition dont le ton monte. Cela arrive à un moment où l’on s’attendait à un essoufflement consécutif au ralliement de l’UFP et de Tawasul – deux composantes essentielles de l’ancienne opposition. Le changement de ton du Président du RFD, Ahmed Ould Daddah, le chef de file de l’Opposition, entre dans le cadre de l’occupation d’un espace qui bouillonne. Comme pour dire que ce n’est pas aux ‘mécontents du moment’ appartenant à la Majorité, de tenir ‘le langage de l’opposition’ (klaam el mou’arada). Du coup on assiste à une situation qui va dans le sens d’une meilleure lisibilité de l’espace politique. L’opposition recouvrant la position qui est la sienne et avec elle ses réflexes et ses mots.

La bataille n’est donc pas celle qui fait ravage dans les salons. La légitimité n’est pas en cause. La menace d’instabilité étant réduite. La bataille est celle de l’ancrage de la démocratie. Cela ne peut arriver sans le renforcement des institutions : Président, Parlement, Opposition, Armée, Justice, Administration…, sans aussi le renouveau des hommes et des méthodes. Ce n’est pas pour demain. Ceux qui se proposent étant ce qu’ils sont.

En attendant d’y voir clair, les acteurs politiques poussent vers la remise en cause de l’ordre démocratique sans se demander qui cela sert. Encore et toujours la médiocrité continue de régner sans partage. Et vogue le navire…

 

MFO

 

Source : La Tribune n° 405 




Repères

26062008

 

Querelles d’organigrammes

 

C’est une véritable bataille qui a été livrée pour empêcher le nouveau ministère chargé du budget d’être une structure indépendante du ministère de l’économie et des finances. Une première mouture du décret portant statut et attribution du nouveau ministère avait été l’objet de supputations. De fausses informations ont circulé sur le projet, notamment l’interférence de certains milieux de la présidence. Il n’en est rien. Les deux décrets portant attributions de chacun des ministères sont signés.

Il en ressort que l’organigramme du ministère de Ould Hamma Vezzaz est réduit à une structure verticale qui commence par le ministre, passe par les conseillers, puis un directeur général qui coiffe les directeurs… Trop de décentralisation au moment où la concentration est décriée. Cela arrive au moment où certaines réformes financières sont reculées pour plusieurs mois.

 

Corruption encore

 

 

Selon l’Indice de perceptions de la corruption (IPC) publié ces semaines par Transparency International , organisation mondiale de la société civile menant la lutte contre la corruption, la Mauritanie se situe à la 123ème place, derrière le Mali, le Burkina, le Bénin, le Sénégal et le Cap Vert. En 2006, elle était à la 83ème place en compagnie de l’Algérie, de Madagascar, de Panama, de Roumanie et du Sri lanka.

«En dépit de quelques avancées, la corruption continue de siphonner de manière dramatique les ressources affectées à l’éducation, la santé et les infrastructures», estime Huguette Labelle, présidente de Transparency International citée par notre confrère Le Quotidien de Nouakchott. «Les pays dont les notes sont les plus basses en matière de corruption doivent prendre ces résultats avec le plus grand sérieux et agir dès maintenant pour renforcer la responsabilité des institutions publiques. Mais les pays les mieux notés doivent également agir, en particulier pour sévir contre les activités de corruption dans le secteur privé.» L’Indice de perceptions de la corruption 2007 analyse les perceptions du niveau de la corruption dans le secteur public de ces 180 pays.  L’IPC est un indice composite fondé sur 14 enquêtes et sondages différents réalisés par des organismes indépendants. Il classe les pays selon une échelle allant de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faibles degrés de corruption perçus). 

 

Commerçants mécontents 

 

Quelques 300 commerces près du dispensaire de Sebkha et une grande cour à Arafat (près du marché « Lekbeid« ) ont été démolis hier, lundi. L’opération, entreprise par la communauté urbaine de Nouakchott (CUN) intervient dans le cadre de la campagne menée par la CUN pour assainir la situation au niveau des avenues et places publiques de la capitale, objet d’occupation illégale de la part de certains citoyens. M. Ahmed Ould Hamza, maire de la commune de Nouakchott a déclaré que les constructions au niveau de ladite place publique de Arafat ont été démolies et le domaine public récupéré aussi bien à Arafat qu’au niveau de Sebkha. Le président de la CUN a, en outre, réaffirmé que toute manifestation de ce genre visant à occuper le domaine public sera contrée et que toute construction sans autorisation préalable sera démolie. Il s’agit, dit M. Ahmed Ould Hamza de réorganiser la ville de Nouakchott et de faire en sorte que l’image de cette cité soit constamment améliorée pour accompagner les aspirations de ses populations à plus de modernité et de mieux vivre.

M. Mohamed Lemine Ould Moulaye Zeine, wali de Nouakchott a souligné, pour sa part, que les actions que les autorités administratives et municipales sont en train d’entreprendre s’inscrivent dans le cadre de la mise en oeuvre du code de l’urbanisme que le conseil des ministres a approuvé et que le parlement a adopté ajoutant que ce texte sera scrupuleusement appliqué et qu’aucune contravention aux lois ne sera tolérée. Il convient de noter que les constructions démolies avoisinent les 300 commerces se trouvant dans la dernière phase alors qu’elles ont été construites sans autorisation. (AMI)

Source : La Tribune n°405




Inauguration de la «Radio Al Fayda» : Pour llustrer la tolérance en Islam

26062008

Inauguration de la «Radio Al Fayda» :
Pour llustrer la tolérance en Islam

Le ministre d’Etat sénégalais, Ministre de l’Artisanat et des Transports aériens, Farba Senghor, a supervisé mercredi dernier l’inauguration de la Radio Al Fayda. Cette radio est le fruit d’un partenariat entre l’Institut islamique afro américain (IIAA) et la Voix de l’Amérique (VOA). Ce partenariat permet à la radio de profiter des services de la VOA.
C’est «une radio d’éducation et d’information», selon son directeur. Mais aussi «une tribune pour la propagation de la paix, de l’amitié et de l’entraide entre les peuples». Une tribune où «seront adressés les problèmes de la survie et de la protection de l’enfant, de même que la promotion de la femme».
Le PDG de la radio est Cheikh Hassane Cissé, membre d’honneur n°1 de l’Association des Imams et Oulémas de la Mauritanie, Imam n°1 de la Grande mosquée de Médine Baye Niasse, Président de l’IIAA, Ambassadeur exclusif de Bonne volonté pour la Promotion de l’Enfant et de l’Allaitement maternel, Président du Réseau des Organisations islamiques et africaines pour la Population et le Développement…
S’il vient de s’engager dans le domaine médiatique, il s’est déjà impliqué amplement dans le domaine de l’éducation, de la santé et du social. C’est ainsi qu’il a créé l’«école AAII» et l’Université El Haj Ibrahime Niasse. Grâce à un partenariat avec l’Université de Boston. Il a, notamment, fondé, depuis quelques années, la «Clinique Shifaa Al Asqam». Laquelle reçoit quotidiennement des centaines de malades. Les malades bénéficient gratuitement des médicaments. Sinon à des prix ‘très’ abordables.
L’histoire de la création de cette radio a commencé avec la tenue de l’«Africare» à l’hôtel Hilton Washington en novembre 2005. L’Imam Hassane Cissé a, alors, fait une lumineuse allocution. Séduite par cet «orateur brillant», la Conseillère spéciale du Président Bush Chargée des Affaires Africaines, Dr Cindy Courtville, émet le vœu de le voir. Il est invité à la Maison Blanche. Et l’entretien s’est articulé sur l’islam et la paix.
En 2006, la réunion de l’AGOA s’est tenue au Méridien Président. Dr Cindy, membre de la délégation américaine, déclare que «parmi les 6000 invités, je ne tiens à m’entretenir qu’avec un seul : Cheikh Hassane Cissé». La rencontre est décidée. Dr Cindy lui demande «comment se fait-il que vous êtes en grande majorité musulmane et qu’il n’y a pas de terrorisme chez vous ?». Il lui répond que «l’islam n’a rien à voir avec le terrorisme. Il est une religion de tolérance, de paix, de justice et d’humanisme», en citant un chapelet de versets coraniques et de hadiths. Elle lui demande s’il disposait de médias, à travers lesquels il prêche ses pensées pacifistes. Et il a été décidé de mettre sur pied une radio qui couvre le monde entier, «dans le but de contribuer largement et efficacement à éduquer (…) les populations sur les problèmes de santé, de paix et de développement économique et social, tout en luttant contre toutes les formes de violence, principalement causée par l’ignorance».
L’imam a tenu, dans son mot de bienvenue, à remercier «le gouvernement, le Congrès et le peuple américains (…) pour (leur) appui moral, matériel et financier». Il a salué «la disponibilité totale de toute l’équipe de l’Ambassade des Etats-Unis à Dakar». En citant «l’Ambassadeur, Janice Jacobs qui, seulement quinze jours après son arrivée à Dakar, a fait le voyage à Kaolack pour (…) s’enquérir des problèmes que rencontrait le projet».
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de la représentante de l’Unicef à Dakar, de la responsable des relations publiques à l’Ambassade des Etats-Unis du Directeur de la Voix de l’Amérique à Washington, du directeur de son bureau à Accra, du premier conseiller à l’Ambassade du Maroc à Dakar. Du PDG de Nigeria Satellite Com, de délégations de l’Afrique du Sud, de la Namibie, du Mali, de la Gambie …
Quant à l’Ambassade de la Mauritanie à Dakar, elle n’a pas assisté. Dans moins d’un mois, un «Gamou Tayba» sera organisé à Kaolack. Il est généralement marqué par la présence des missions diplomatiques des pays limitrophes du Sénégal, accréditées à Dakar. Celle de la Mauritanie à Dakar y assistera-t- ?
On ne sait pas grand-chose sur ses lignes de conduite. Mais, on connaît l’importance qu’accordent les autorités sénégalaises aux familles religieuses. On connaît le rôle important que jouent ces familles dans le domaine politique, économique et social. On connaît, surtout, l’estime dont jouit la famille niassène chez les mauritaniens. Grâce au nombre considérable de ses disciples en Mauritanie. Mais également grâce à l’assistance qu’elle a apportée, en 1989, à une communauté mauritanienne en danger.
Envoyé spécial : Mechri Ould Rabbany

Source : La Tribune n°405







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