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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

23062008

 

  

Le carburant mauritanien est-il exporté vers les pays de la sous région ? 

 

Depuis les récentes   montées  des prix du pétrole, les sociétés de commercialisation du  carburant en Mauritanie  semblent  connaître  une nette augmentation de leurs ventes.  Une telle augmentation   se vérifierait   par le fait que   des produits destinés à  être consommés localement  seraient  exportés vers les pays voisins.   Paradoxalement, ces entreprises continuent à vendre leurs produits  à perte.  Sur chaque litre, il y a un manque à gagner de 150 voire 200ouguiyas. Petrodis compterait fermer ses portes en attendant une nouvelle restructuration des prix. Le  gouvernement évite tout révision  de ces derniers. Il espère  une baisse des cours du pétrole  afin  que les citoyens ne supportent pas une nouvelle flambée de prix.  Toutefois,  les professionnels du domaine de la commercialisation du carburant craignent le pire.  L’actuelle structure des prix ne les arrange point.

Des sociétés comme NAFTEC  souffrent   d’un déséquilibre financier frappant. L’Etat doit à   cette entreprise  des sommes colossales. On évoque que sa dette  vis-à-vis de la Nafetc  avoisine, depuis janvier 2008, les 800 millions d’ouguiyas. La logique financière  nous amène à revoir cette situation avec beaucoup de vigilance.  Soit l’Etat règle la   dette qu’il doit à cette société, soit  il  continue à la considérer comme une vache à lait.  Car la NAFTEC  risque de ne pas tenir  le coup de la contrainte financière qui s’impose et qui s’accentue avec la montée des prix à la pompe.

Il est  à préciser  que la Mauritanie  est actionnaire dans le capital de cette entreprise (34%). Il est aussi à noter  que les algériens détiennent 51 %  du capital de la Naftec. Sa. Le restant des actions est détenu par    des hommes d’affaires  mauritaniens.

En tout état de cause, si un gérant mauritanien  vend  son  produit à l’un des pays voisins, il peut gagner  le double. Nous n’avons pas les mêmes structures de prix.  L’interactivité commerciale et la question du contrôle douanier  sont  une  explication de  la progression de la vente du carburant  chez nous.

 Ainsi, la raison  économique des spéculateurs  domine-t-elle  le marché mauritanien.  Il est clair qu’une ‘ascension’ vertigineuse  du prix   provoquerait  de fortes instabilités dans le pays. Quelle est alors  la solution ?  Et si l’Etat procède  à l’augmentation  des prix du produit lubrifiant  sans pour autant  envisager la répercussion  d’une telle procédure sur le quotidien du simple citoyen ? 

Les finances publiques doivent  anticiper et  prévoir les retombées d’une  telle  situation. La douane doit  également faire son travail afin que les  produits  ‘subventionnés’   ne soient pas vendus  en dehors du pays.  Des spéculateurs  vont certainement conserver une partie du carburant en attendant une éventuelle  augmentation du prix de l’or noir. Que l’Etat fasse  preuve des mesures fermes.  Que le prix reste tel qu’il est. Que le citoyen arrive à  supporter  la cherté de la vie. 

 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune N°405

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

23062008

 

…Et naturellement Abdallahi Salem Ould Ahmedoua fut élu fédéral du Trarza. Cette fois-ci pour le compte du Rassemblement des forces démocratiques. Qui ne connaît pas ce nom en Mauritanie ?

Je fais partie de ceux qui ont une grande admiration pour ce personnage de tous les temps. Il a commencé sa bataille politique à la fin des années quarante aux côtés de Senghor, contre Lamine Dia. Au Sénégal. Il deviendra plus tard le fédéral du Parti du Peuple Mauritanien (PPM), puis coordinateur régional des Structures d’éducation des masses (SEM,  embryon du premier parti des militaires), enfin fédéral du Parti républicain démocratique et social (PRDS), parti des militaires… Magnifique de se retrouver, après avoir été l’objet de tous les fantasmes, encore une fois fédéral de la même région.

Mais au-delà de l’impressionnant aspect du personnage, la question de son élection à la tête de la fédération du premier parti d’opposition, soulève quelques problématiques.

La première et qui est la plus simple et la plus évidente, consiste à se poser la question de savoir si le poids du PRDS n’est finalement pas ce qu’il était. Il faut quand même reconnaître que si l’on excepte une douzaine de députés, les autres étaient tous militants ou cadres du PRDS. Qu’ils soient aujourd’hui de l’opposition ou pas, ils ont fourbi leurs armes au sein de cette formation qu’ils n’ont quitté qu’à l’occasion de son démembrement au lendemain du 3 août. Ceux qui occupent la scène, de part et d’autre, sont pour la plupart de cette formation.

La deuxième problématique est celle-là : n’est pas «roumouz el vessad» (symbole de gabegie) n’importe qui a servi le régime ancien. Seuls ceux qui ont été incapables de retournements spectaculaires, de nouvelles positions, seuls ceux qui n’ont pas appartenu «au camp qu’il faut», seuls ceux-là sont marqués à jamais du sceau de l’infamie. Ceux qui ont fait un recyclage dans le sillage des militaires, de Zeine Ould Zeidane ou de l’Opposition (ancienne), ceux-là sont dignes et «nobles».

La troisième problématique est un peu plus sérieuse et plus fondamentale : la demande sociale de changement est faible. Vous avez beau offrir aux gens l’opportunité de changer de responsables et de méthodes, ils vous remettent les mêmes figures et reproduisent les mêmes réflexes. Nous sommes une société qui veut être rassurée sur son lendemain. «Illi trayaa lak, kharraç ragbit emraahu», regarde l’enclos (pour évaluer l’avoir en animaux) de celui qui te conseille. Le pragmatisme – appelé aussi la realpolitik – a toujours été l’une des caractéristiques de notre société. C’est lui qui nous dicte de nous en remettre à ceux qui ont l’expérience de nous gérer. Si ce ne sont les maîtres du moment, ce sont ceux du passé.

La quatrième problématique à laquelle je m’arrête, c’est la question de l’alternance. Même si elle est une demande constamment renouvelée de notre classe politique, elle n’est pas prise en compte dans l’exercice quotidien de l’action politique. Nous avons toujours les mêmes dirigeants de mouvements, de partis, de syndicats, de groupes… depuis leur création. Aucun parti n’organise de primaires pour désigner ses candidats. Aucun congrès n’est réellement destiné à renouveler la classe dirigeante. Et vous avez les mêmes noms qui occupent les devants de la scène.

J’appartiens à une génération qui est née avec des noms qui emplissent toujours son espace. Il est très probable que je mourrai sans avoir perdu de vue les chefs ‘historiques’ nassériens, baathistes, kadihines, nationalistes négro-africains… ils feront déferont encore et encore la vie politique. Comme ils l’ont fait dans les années 50, 60, 70, 80, 90 et 2000. Ils seront là quand nous serons partis. Ces gens-là ne meurent pas.

Les quelques consolations de ma génération viennent, pour la plupart d’ailleurs. Ayant vécu – par procuration il est vrai – la bataille des droits civiques, je suis heureux de voir aujourd’hui un noir candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Nous avons vu les forces américaines quitter le Vietnam, le Laos, le Cambodge. Nous avons vu les peuples latino-américains recouvrer leur liberté de choix et d’action.

Il est triste il est vrai de voir l’Irak occupé, la Palestine meurtrie, le Liban déchiré, le Soudan menacé, le Mozambique crouler sous la dictature d’un homme d’un autre temps… Mais les raisons d’espérer existent. Même en Mauritanie…  

…Dans notre édition du 20 mars 2007, j’écrivais ici même : «Même si nous devons reconnaître que de grands acquis sont là : CENI, liste électorale, statut de l’Opposition, ouverture des medias publics, libération de la conscience, quelque chose a gâché d’avance la fête qu’on se devait d’organiser à l’occasion de ce triomphe collectif. Ce quelque chose, c’est bien la reconstitution du PRDS et la probabilité de son retour aux commandes. Dans notre situation, il se passe quelque chose qui relève de l’administration de l’invisible – terme pour désigner toute l’irrationalité de notre société. Nous voilà, dix-neuf mois après avoir dit adieu à celui qui nous a dirigés plus de vingt ans et que nous avons fini par accuser de tous nos maux, nous voilà en train de le réhabiliter à travers la restauration de son système. Sans nous poser la question de savoir si la réhabilitation de son système n’équivaut pas à légitimer son pouvoir. Donc à délégitimer la transition».

C’était au moment où la transition s’achevait. Personne ne disait mot à l’époque. Les acteurs les plus en vue étaient enivrés par leur victoire certaine à leurs yeux… «akh egboyl»

 

Source : La Tribune n° 405




Réaction

23062008

 

Réaction 

Kissima, journaliste opposant ou professeur amnésique et  nihiliste ? 

 

Dans mes consultations quotidiennes du site c. r. i. d. e. m. org,  j’ai eu à lire deux articles de monsieur Kissima, alias bentocka. Le premier s’intitule<<.Exécutif : pour la soupe  ou  le gâteau, il faut du charbon >>(via

La Tribune N°402 du 03/06/08, NDLR). Quant au deuxième,  il a pour titre <> (via

La Tribune N°403 du 09/06/08, NDLR). 

Du  premier ?  . Parlons-en. . Trois idées majeures s’y dégagent. Idées que vous avez  si clairement formulées comme suit : <  appeler, les << symboles de la gabegie>> et le recrutement d’une opposition mauritanienne qui, en vérité, n’a jamais posé d’actes sérieux devant les décideurs >>. 

Vous posez- là de fausses questions quand on sait que leur formulation a un relent de parti pris et une absence flagrante d’analyse digne d’un grand  observateur de la scène politique mauritanienne,  journaliste de surcroît. D’ailleurs, sciemment, vous avez ajouté plus loin : <  Abdel Aziz se taille une place de choix aux cotés du chef. Lui et son ami Ould Ghazouani sont devenus les premier généraux d’une Mauritanie qui a presque leur age. Tant pis s’ils peuvent se faire des ennemis dans la vieille garde. On leur confie le contrôle du système. Et, c’est beaucoup. >> Propos sans ambiguïté du journaliste analyste ou de l’opposant ? Ce ne serait pas contraire à votre déontologie de rappeler ce que ces hommes ont représenté par le passé et surtout dans un passé récent. Disons- le nettement et sans fausse modestie, qu’ils ont aussi risqué leur vie et celles de leurs familles pour faire entrer
la Mauritanie dans l’Histoire. Réussissant ainsi là ou  beaucoup ont échoué. C’est cela faire l’Histoire. Le Général De Gaulle ne disait- il pas que <>. Et oui, monsieur Kissima, savoir dominer est une vertu bien politique. Dixit, Machiavel, théoricien invétéré et hors pair de la politique.       

Dans << Pour la soupe ou le   gâteau . . . il faut du charbon >>, vous parlez du <>. Je ne saurais vous l’enseigner, vous qui avez étudié, tout comme moi,  la philosophie à l’université, les enjeux de la bataille politique sont pluriels. Seuls les plus forts  s’en sortent. Les autres disparaissent de la scène pour finir dans les poubelles de l’Histoire. C’est dire que ne sort pas d’une  disgrâce politique n’importe qui. Ceux –là dont vous parlez savent bien ce que c’est que  gagner ou  perdre une bataille politique au cours de laquelle, pour parler comme Hobbes, l’homme devient un loup pour l’homme. Ceux dont vous parlez ont connu des hauts et des bas. .Mais aussi essuyé les tirs ciblés et intéressés des adversaires. Cependant, pour les grands hommes, la vie continue. Conformément à la volonté de Dieu, mais également conformément aux sillons qu’ils se sont tracés et qui ne laissent aucune place aux gesticulations des médiocres. Emile olivier, 1825 -1913, ne disait – il pas <  s’en occupe ? Il faut être ambitieux, non d’argent, c’est bas, non de vanité, c’est sot ; il faut être ambitieux du pouvoir. Il faut le rechercher, le conquérir, s’y cramponner, ne l’abandonner que lorsque les forces  épuisées, on ne peut plus le retenir par les mains, ni par les dents. >>.A dire vrai,  en politique, la fin de la traversée du désert d’un homme politique est salutaire. Ceux- là qui ont vécu cette situation le  savent mieux que vous et moi. Il  y a encore d’autres  explications à votre interrogation politique sur le retour politique de ceux que, selon vous <> Il serait aussi  possible,  pour vous et moi, de trouver un complément de réponse à travers cette  belle boutade : <>. Confucius.              

 

Un autre point de votre article « Pour la soupe ou le gâteau… , il faut du charbon » est digne d’intérêt. Vous l’avez formulé comme suit : « … et le recrutement d’une opposition mauritanienne qui, en toute vérité, n’a jamais posé d’actes sérieux devant les décideurs ». 

Vous ne passez pas  par quatre chemins : le parti de Jamil Mansour et TAWASSOUL ont changé de camp pour des considérations sinon de basse facture du moins mineures. Quand bien même Jamil Mansour a pu soutenir qu’il veut défendre la langue arabe, et que TAWASSOUL ait maille à partir avec le RFD, un président de la république ne saurait, pour ses dernières considérations, faire honneur à des citoyens en les associant à la gestion du pouvoir. Les arguments cités ne sauraient être l’objet d’un projet de société gouvernemental. Je demeure convaincu que le président de la république ne fera pas de cadeau à ceux qui ne sont pas porteurs d’un vrai projet gouvernemental. Et, ce dans l’intérêt de
la Mauritanie et de tous les mauritaniens. 

Dans l’exécutif : « pour la soupe ou le gâteau … il faut du charbon », vous écrivez : «on peut penser que le président de la république a voulu récompenser des soldats qui l’auraient aidé à accéder à une magistrature suprême que rien historiquement ne le prédisposait à briguer ». Puis, d’ajouter « cette rebelote  coûte cher… il ne reste au président de la république qu’à réfléchir sur les voies et moyens de se construire un système fort. Même s’il n’en est pas le concepteur, il donne sa bénédiction à la mise en place d’un parti politique ». Concédez vous un seul domaine d’action politique au président de la république. Y a-t-il de prédispositions historiques pour briguer la présidence de la république ? Si celles-ci existent, tout chef de parti deviendrait président de la république, dispositions historiques obligent. Pour ma part, je ne saurais ne pas reconnaître les prédispositions que Dieu met en tout homme. Et, surtout ceux qui ont la singulière et lourde mission de diriger un pays et des hommes. Cette tâche n’est pas de tout repos et sans risques. Feu l’ancien président Moktar Ould Daddah n’avait-il pas très tôt affirmé que le pouvoir n’et pas une sinécure ? A vrai dire, tous les changements sont des exercices destinés à s’entourer d’hommes forts à même d’apporter une dynamique à l’action politique gouvernementale pour la construction d’un Etat fort. A cet effet, il ne saurait y avoir de mal à faire venir ou à redéployer des hommes qui ont pu se distinguer. Cette démarche, qui pourrait être celle de tout président, rejoint bien celle de Léon Gambetta : « On gouverne avec son parti. On administre avec ses capacités ».    

 

Monsieur, puisque vous avez choisi  d’assaisonner votre soupe des hommes de l’exécutif, vous avez dans votre article ‘’la grève des vaincus’’ cridem.org (via

La Tribune N°403 du 09/06/08, NDLR), reconnu un fait. Même si vous refusez d’attribuer le mérite à certains militaires, et sa gestion par le président actuel. N’est ce pas vous qui dites : « là où avec Maouya, on se résignait à applaudir ou à marcher hypocritement, on se permet aujourd’hui de contester ouvertement et même de pousser à la pagaille. C’est le revers de la liberté ». Ces propos sentent bien le roussi du parti pris du professeur et non celui du journaliste. De la pagaille, non  monsieur,  surtout pas. Ces ‘’pères de famille’’ ne sont pas des anarchistes et ne le seront jamais. Leurs conditions de misère ne les pousseraient jamais à la pagaille. Ils estiment que la misère matérielle qu’ils incarnent ne saurait se substituer à leur force de caractère. Je ne crois pas à la théorie du  ‘’revers de la liberté’’ fruit de votre imagination. Ce que vous appelez ‘’revers de la liberté’’ n’est autre que la manifestation de la liberté. 

 

C’est aussi au non de la liberté que vous et moi exprimons nos opinions d’intellectuels. Comme aux bons vieux temps des 17eme, 18eme et 19eme  siècle.  Descartes, Leibniz, Rimbaud, Verlaine, Hugo, Musset, Baudelaire … s’étaient servis de correspondances pour éclairer l’opinion. Et oui, beaucoup de liberté ne tue pas la liberté. Pourquoi soutenez-vous  le contraire, aujourd’hui ? 

Vous l’avez si bien  dit : « le changement de régime intervenu en 2005 a fait corriger à plus d’un mauritanien sa manière de s’adresser aux autorités ». Rendons  grâce à Dieu. Par lui les hommes sont  ou  ne sont pas. Par lui
la Mauritanie sera ou ne sera pas. 

La prudence serait-elle de trop en politique ?  Bismarck : « dans la politique, je fais comme la chasse aux canards. Je ne mets  jamais un pied devant l’autre sans avoir auparavant éprouvé le terrain sûr, sur lequel je peux marcher ». Puis d’ajouter « plus je travaille dans la politique, moins j’ai foi dans les calculs de l’homme ». Comme quoi, l’exercice du pouvoir a bien ses raisons qui  échappent à celle du commun des mortels. A cet effet, le choix des collaborateurs apparaît comme un exercice périlleux où les nominés seraient ceux qui,  au prix de rudes batailles,  ont survécu. 

 

Venons-en enfin, monsieur à ce qui vous a le plus poussé à faire paraître deux articles coup sur coup. Il est flagrant de remarquer que le deuxième article « la grève des vaincus » est venu combler les insuffisances du premier. Les tirs destinés à vos collègues (déjà anciens ?) étaient moins futés et moins dirigés. Alors vous avez sorti  la grosse artillerie, les gros mots pour les grands maux. Car, soutiennent les sophistes, on peut faire la meilleure et la pire des choses. Vous avez choisi les mots pour le pire. En soutenant de tels propos,  sans sourire, devant l’opinion nationale et internationale, vous donnez un dernier coup de boutoir à vos collègues. Si ces derniers osent encore vous considérer  comme tel. Pire, vous les assommez délibérément. 

 

« L’année scolaire 2007-2008 se termine en queue de poisson. Les enseignants du secondaire l’ont prise en otage et demandent l’amélioration de leurs conditions de vie ». Y à t-il un titre plus évocateur et provocateur ? Dans le cas actuel où se trouvent les professeurs grévistes ou non, les parents d’élèves et les autorités de tutelles, il n’y a pas de place pour une prise en otage. Les responsabilités sont partagées. D’ailleurs, c’est surtout et fondamentalement du côté de  la tutelle qu’il faut aller chercher les clés du dénouement de la crise. Les professeurs aussi sont des parents d’élèves, plus que quiconque. Cependant, intéressons-nous aux parents d’élèves, je veux dire à ceux qui se targuent d’être les seuls parents d’élèves. Ceux là mêmes  qui s’arrogent le droit de parler au nom de tous les pères et de toutes les mères d’élèves. Ceux-là qui prennent parti. Ceux-là qui manquent de discernement et ignorent par un sentimentalisme intéressé qu’une négociation évacue d’emblée toute prise de position subjective. Il se pourrait même que ces prétendus parents d’élèves ne disposent  d’aucune légitimité. 

 

Monsieur, qui mieux que vous peut peindre le calvaire du professeur ? A ce que je sache, jusqu’à la date du 28 mai vous en  étiez un, d’ailleurs, c’est en imbu du calvaire des professeurs que vous avez trouvé des mots qu’il faut pour décrire le mal. Entre autres, vous écrivez : « certes là où il a été régulièrement remarqué que seuls ceux qui ont des besaces publiques à gérer peuvent s’enrichir et réaliser pour eux-mêmes une situation sociale et économique sécurisante » Vous ajoutez avec assurance et compassion pour son désormais ex-collègue : « car, c’est encore l’enseignant qui accepte de faire parti du lot de domestiques  dans les villas cossues de cette bourgeoisie mauritanienne lorsqu’il part y dispenser des cours aux enfants de quelques détourneurs   de derniers publics… ‘’Louer’’ un appartement, une voiture, etc. est devenue une pratique normale pour les VIP mauritaniens qui ont eux des indemnités de domestiques équivalents au salaire net mensuel d’un professeur de l’enseignement secondaire qui a fait dix ans de service ».Et oui, monsieur,  vous faites là une belle peinture du professeur. Picasso, et Van Gogh ne l’auraient mieux fait. De quoi faire couler des larmes et rugir de colère bien de mauritaniens qui croient encore aux vertus de la justice et de l’équité. Monsieur, il me semble que certains de vos propos vous trahissent. C’est là une preuve que l’intellectuel, philosophe cartésien que vous êtes n’a pu porter son nouvel habit. Vous avez soutenu, inconsciemment, une vérité en écrivant : «il (le prof) lui était impossible de compter sur un quelconque syndicat pour faire avancer sa cause ». Mais vous vous ressaisissez sans tarder en ajoutant   :<< le contexte politique des années 90 était à la récupération ou à la sanction sévère des dirigeants syndicaux de l’enseignement. Nul besoin d’entrer dans les détails à ce sujet >>. . Il y a des suggestions dans l’air, monsieur seriez-vous nostalgiques des années 90 ? Absolument pas car vous n’êtes pas et ne serez jamais de ceux-là qui sont portés  vers le mal. Quand bien même il arrive que, pour parler comme Sembène Ousmane, tout ‘’bout de bois de Dieu’’ connaisse des égarements provisoires. En écrivant  « Nul besoin d’entrer dans les détails à ce sujet » vous dites plus que vous n’écrivez. Car un grand penseur l’a si bien dit, il est des ‘’silences bavards’’. Entrez dans les détails de ce que vous escamotez, de ce que vous taisez. La censure ne doit pas être du côté des intellectuels. La liberté de pensée et la pensée libre, voila ce qui grandit et ennoblit l’homme         A la clé un prix à payer. Mais en plus de ce que vous taisez, mettez également dans le net et dans les colonnes de votre journal, les déambulations d’une franc-maçonnerie de professeurs qui a vu le jour à la veille du début de la grève des professeurs, qui ne se reconnaissent plus comme tels, ont tenu des réunions au nez et à la barbe de leurs collègues, jurant la main sur la poitrine (pour ne pas dire sur le coran) de travailler à faire échouer les revendications de leurs compères. Comme quoi,
la Rochefoucaud avait bien raison de dire que ‘’la raison est toujours la dupe du cœur’’. 

 

Veuillez s’il vous plaît, au prochain article donner une place de choix à la société civile et à Ceux-là que vous appelez les ‘décideurs’’, que j’appelle personnellement les faiseurs d’opinion. Ceux-là qui se sont distingués par leur silence et par leur indifférence face à la belligérance. Qu’ils n’oublient pas qu’il y a un silence coupable. En attendant, méditons ensemble sur ce conseil de Voltaire   « Adore Dieu, soit juste et chéris ta patrie ». 

          

 

         Dia Mamadou Lamine Ousmane,                

                                               Professeur, cadre du PRDR 

                                                         

          

 

Intéressant Monsieur Dia! En quelques mots, je me permets d’apporter ces précisions à ce que vous avez développé soigneusement en 14634 caractères, soit 2481 mots dont 80% sont des citations de philosophes, de politiciens, de poètes ; bref de toute une armée de penseurs que vous  dressez contre moi. 

D’abord, je suis toujours professeur. Je continue à gratter la craie sur les tableaux et à m’égosiller dans les classes pour gagner mon pain. 

Ensuite je me suis permis de me mêler de journalisme pour casser l’ennui de la vie de prof. Ayant cessé de croire au militantisme politique depuis un certain 1992 où j’ai failli me faire enrôler dans un de ces partis politiques, je ne pouvais pas trouver un canal plus adapté que la presse pour m’exprimer. 

Enfin, en fait de censure, je te rappelle qu’au lycée il m’avait une fois été donné de disserter sur une citation selon laquelle « les meilleurs livres sont ceux dont les lecteurs écrivent eux-mêmes la moitié. » Ce principe est valable pour mes chroniques et mes analyses. Quand j’écris, c’est pour que des lecteurs aussi vigilants que toi saisissent ce que je ne fais que suggérer. C’est mon style, ce n’est pas de la censure. Ou alors, toi aussi tu as fait de la censure en parlant des « déambulations d’une franc-maçonnerie de professeurs qui a vu le jour à la veille du début de la grève des professeurs, qui ne se reconnaissent plus comme tels, ont tenu des réunions au nez et à la barbe de leurs collègues, jurant la main sur la poitrine (pour ne pas dire sur le coran) de travailler à faire échouer les revendications de leurs compères. » Tu aurais dû préciser que ni toi ni moi n’avons été de ce groupe. Ç’aurait été intellectuellement honnête. Et même beaucoup plus si tu avais cité le nom de tous ceux dont tu parles. 

Pour le reste de ton commentaire sur mes articles, je ne répondrai pas. J’estime que tu as préféré choisir les coins des textes qui constituent pour toi des centres d’intérêts. Merci tout de même pour cette sortie ‘philosophico politique’. C’est  dommage que toi et moi soyons condamnés à nous taire car la philosophie dans deux ans ne parlera plus qu’arabe dans les classes ! Une façon de te dire que nous sommes des profs en voie de disparition. Entre-temps, peut-être que la ‘Grève des Vaincus’ sera devenue la ‘Gloire des Vainqueurs’ (ou bien la gloire des vingt cœurs). 

Kissima 

 

 

 Source : La Tribune n° 405

 

 

 

 

 







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