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Pêche artisanale

17062008

Pêche artisanale :   

 Armateurs  et marins   de la pêche côtière   en furie   

 

Après avoir été  en  contact avec  le président du Sénat et   le ministre de l’intérieur, des armateurs et  marins pêcheurs   venant de Nouadhibou   ont été  reçus   en audience, le lundi 9 juin,    par le ministre de la pêche.  Ils se disent tous déterminés à   outrepasser  ce qu’ils  appellent  l’obligation d’acheter une batterie de balisage.  Cette batterie permet de détecter le positionnement du bateau de pêche. C’est une batterie qui coûte 1.200.000 ouguiyas.   Son achat exige  le paiement  d’une redevance annuelle de 600 mille reconverties en euro et  verser  à l’Etat.   Ils se plaignent encore de normes qui ont été mis en place   par les autorités de transirons sans être  appliquées, pourtant.  L’actuel ministre semble être ferme pour l’application de certaines normes, surtout celles relatives  au balisage.

Il est à préciser que le balisage est une condition liée  à la protection du banc d’Argun.  Une protection qui a poussé  l’Union européenne à  débloquer, dans le cadre des accords de pêche avec
la Mauritanie,  une somme  avoisinant un million d’Euro annuel.  Les   armateurs et capitaines  de bateaux   estiment que leurs revenus sont  insignifiants pour supporter une charge  aussi lourde que l’achat de la nouvelle batterie.  Ils expliquent  que l’Etat leur  impose   des contraintes insupportables. «  D’une part, celui-ci essaye de lutter contre le chômage  et tente de faire un plan d’urgence  pour soutenir les populations vulnérables. Et d’autre part, il bloque les activités de la pêche qui font  vivre   30 mille mauritaniens  », déclarent-ils, amèrement.

Ils  se demandent  le pourquoi de cette attitude, « au lieu que l’Etat nous aide par des subventions, ils nous mettent des obstacles partout.   La pêche est notre seule source de survie et si l’Etat continue  avec ses complications réglementaires qui n’ont aucun effet sur la productivité du travail, il  risque de  créer de chômeurs de plus » précisent-ils.

Le Directeur de
la Section artisanat de 
la Fédération Nationale de 
la Pêche  affirme que « la pêche côtière   à travers les bateaux  n’est pas différente de celle des pirogues  de l’artisanat. Ces derniers  ne subissent  pas  des normes contraignantes.   La seule différence c’est qu’il y a des bateaux menus des barques  vétustes  alors que  les pirogues n’ont pas cette  prétendue barque ». 

Le doyen des capitaines  de la pêche « côtière  » explique, quant à lui,  que «  généralement,  les armateurs ‘côtiers’  ne réalisent pas de bénéficies.  Ils  arrivent juste à satisfaire leurs besoins les plus alimentaires et qui n’ont aucune idée sur les charges ou les recettes de leurs activités.  Par contre,  ils assurent   l’alimentation  du  marché locale par le poisson, toute en  contribuant  à la création   des activités génératrices de revenus  dérisoires, mais nécessaires pour des pauvres gens ». 

S’agissant de la  batterie de balisage, il nous a affirmé que le bateau de simple armateurs  n’ont jamais étaient dans les zones interdite de banc d’Argun et que les marins pêcheurs  ne sont pas contre le contrôle, mais à   condition que l’Etat achète ces batteries  tout  en supprimant la nouvelle redevance annuelle  qui est de 600 mille ouguiyas.

Pour ce qui est d’évaluation de tonnage de leurs bateaux, ils demandent aux autorités compétentes d’organiser avec eux   des ateliers de réflexion afin que ces  dernières élaborent des normes logiques.

Notons qu’après la fin de  l’arrêt biologique, et  avec la mise en vigueur de normes du ministère de pêche, des   bateaux ont transgressé  les lois, en pêchant sans  avoir  l’autorisation de la délégation de pêche. Une autorisation qui devient, depuis l’ouverture de la nouvelle saison de pêche, indispensable.   

Soulyamane l’un des armateurs a confirmé, en ce sens, que la délégation de contrôle, lui a confisqué une valeur de six  millions d’ouguiyas sans qu’il puisse avoir un papier de saisi.  « Cette saisie  doit rentrer dans le budget de l’Etat, alors que la délégation de contrôle l’avait distribuée entre les gardiens de la prison de Nouadhibou  et ses propres  travailleurs.  Cela est contradictoire avec   les textes en vigueur »,  ajoute-t-il. Car,  d’après  lui, «  la délégation doit  prendre 10%  seulement de la valeur saisie et verser  le reliquat pour le trésor ».  « Ce qui n’était pas le cas », martèle-t-il.

Par ailleurs « le ministre des Pêches, Assane Soumaré, qui a animé une conférence de presse à ce sujet, a souligné que le département a accordé à ces opérateurs un délai d’un mois, à l’issue duquel la ‘mauritanisation’ de leurs navires devait obligatoirement être effective. Il a précisé que «plus de cent navires exercent sans licence dans nos eaux, donc en toute illégalité et ne disposaient pas de documents pouvant faciliter l’obtention de ces licences, expliquant cette situation par des instructions verbales qui ont été données en 2005 pour permettre à ces navires de pêcher en attendant la régularisation de leur situation. «Le problème qui se pose est que certains de ces opérateurs ne disposent pas des pièces nécessaires à la légalisation des documents de leurs navires dont certains sont enregistrés sous pavillon étranger», a dit le ministre qui a souligné que le ministère serait disposé à ouvrir des enquêtes pour déterminer l’origine et la nature des pavillons de ces bateaux et à procéder à leur ‘mauritanisation’, selon les dispositions prévues par la loi. S’agissant du problème des sorties, le ministre a indiqué que dans tous les ports du monde, toutes les sorties de navire doivent être déterminées. Il a ajouté que
la Délégation de
la Surveillance de Pêche et du Contrôle en mer se met à la disposition des opérateurs de la pêche côtière pour toutes les facilités dont ils ont besoin.  Assane Soumaré a noté que des contrôles plus rigoureux devaient être en vigueur pour quantifier, de manière régulière et précise, le tonnage et
la Jauge Brute (TJB) », note l’ami dans une récente dépêche.

   Mohamed Fouad Barrada

m_barrada@yahoo.fr

 

 

            




Pétrole et énergie en Mauritanie-

17062008

Auteur du livre «Pétrole et énergie en Mauritanie- Bilan et perspectives», l’ancien ministre du pétrole et de l’énergie, Mohamed Aly Ould Sidi Mohamed nous déclare : 

«Mon souhait  est que chaque Ministre ou haut responsable ayant eu à exercer à un moment donné des charges publiques, présente son bilan contribuant ainsi à construire une mémoire commune à notre administration pour lui éviter de toujours repartir du néant» 

 

La Tribune : Vous avez été Ministre du Pétrole pendant la transition. Vous êtes le premier à rompre le silence depuis la fin de la mission de votre gouvernement. Pourquoi ce livre et pourquoi maintenant ?

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Plus d’une année après la mise en place des institutions démocratiques et la démission du Gouvernement dont je faisais partie, j’ai jugé que les conditions sont enfin réunies pour évoquer cette période de notre Histoire contemporaine afin de consigner le témoignage du Ministre que je fus  et particulièrement dans ces domaines hautement sensibles que sont  le Pétrole et l’Energie. 

Je veux aussi par cette initiative donner l’occasion à l’ancien Ministre que je suis de se justifier auprès de l’opinion publique nationale qui n’est pas toujours bien informée des actions des gouvernements et des comportements des administrations, et faire bénéficier de son expérience les responsables et cadres qui travaillent dans ces secteurs ou auront à le faire : je veux qu’ils évitent ses erreurs et capitalisent son expérience. 

Mon souhait  est que chaque Ministre ou haut responsable ayant eu à exercer à un moment donné des charges publiques, présente son bilan contribuant ainsi à construire une mémoire commune à notre administration pour lui éviter de toujours repartir du néant.   

Voila les raisons, sans doute très disparates, qui m’ont conduit à écrire cet essai qui n’engage que ma personne et dont j’assume, seul, l’entière et pleine responsabilité. 


La Tribune : Vous semblez ignorer que votre gestion du département n’a pas été exempte de critiques. Des personnes vous reprochent cette série d’affaires dont d’ailleurs vous parlez dans votre livre. Que répondez-vous à vos détracteurs? 

 

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Non, je ne l’ignore pas mais je n’ai pas à répondre à des détracteurs. Je dirai seulement que je ne prétends pas à la perfection et aucun système de gouvernement quel qu’il soit n’est infaillible. Je peux seulement assurer que pendant dix neuf mois, j’ai essayé de faire avancer mon pays vers un avenir meilleur. C’était le seul et unique objectif que j’avais en ligne de mire. J’ai travaillé d’arrache pied, et je pense que j’ai atteint ce but, en toute responsabilité et dans l’intérêt de mon peuple. 

La Tribune : Prenons les affaires une à une. N’avez-vous pas fait courir beaucoup de risques au pays, en remettant en cause le contrat avec Woodside au moment où vous n’avez pas touché le contrat de Sterling?

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Je veux tout d’abord faire remarquer que ce n’était pas moi ni le Gouvernement de transition qui avons lancé le contrôle qui a conduit à l’affaire de Woodside. Cet audit avait été initié par nos prédécesseurs et a commencé bien avant la date de la formation de notre Gouvernement. Nous n’avons fait que prendre le train en marche. Il est vrai que je n’ai pas arrêté ce contrôle ni tu ses conclusions.

Quant au contrat de Sterling, je ne l’ai pas négligé, bien au contraire. Je développe cette affaire dans le livre.

Le traitement de ce dernier dossier m’a pris beaucoup de temps. Je l’ai fait étudier minutieusement, malgré le peu d’éléments que j’avais trouvé à ma prise de fonction. J’ai tenu à éviter toute improvisation et à ne considérer que le Droit et l’intérêt supérieur de mon Pays. 

A fin avril 2007,  nous étions déjà bien avancés dans le traitement de ce dossier «difficile».

En lisant le livre, vous comprendrez que je n’ai fait courir aucun risque pour le Pays dans l’affaire de Woodside et que je n’ai pas ignoré celle de Sterling. 

La Tribune : Deux contrats Vitol: le premier comme trader, le second comme fournisseur. Dans chaque cas il y a eu tergiversation, pourquoi?

 

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Non, il n’y a pas eu tergiversation.  Il y a eu respect de la loi et des procédures administratives, et transparence. 

            Dans un pays comme le notre, la volonté de transparence rime parfois dans les esprits de certains avec hésitation, faiblesse et manque de confiance en soi. Je n’ai aucun complexe à ce sujet. 

            Je me rappelle bien lors d’une conférence de presse, que j’ai donné dans mon bureau et à laquelle je vous avais convié, Monsieur Mohamed Fall, vous m’avez posé la question : «Et si Vitol ne disponobilise pas le stock de sécurité en produits pétroliers le 2 janvier 2006 à minuit, annulerez-vous, Monsieur le Ministre, son contrat ?», je vous ai répondu sans hésiter que «oui, je le ferai». Vous savez bien que j’ai annulé le contrat en question quand Vitol n’a pas mis en place ce stock de sécurité dans les délais réglementaires. Il a fallu alors relancer le dossier d’appel d’offres. 

Ce n’était donc pas une tergiversation mais une application stricte de la réglementation. 

En ce qui concerne le contrat de commercialisation du Pétrole de Chinguetti, ce n’était pas une «affaire» mais plutôt une précipitation administrative. J’avoue que nous aurions dû gérer, du point de vue forme, ce dossier autrement. 

J’explique tout cela dans le livre. 

La Tribune : Avant d’être Ministre du Pétrole, vous avez été Directeur de
la Somelec. Certains vous accusent d’avoir mal géré cette société à cause de l’énorme déficit de la société. Est-ce que vous répondez à cela dans votre livre et comment?

 

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Je parle dans le livre de
la Somelec avant ma nomination en tant que Directeur Général de cette société, pendant la période que j’ai eu à la gérer et quand je suis devenu son Ministre de tutelle. 

            Une précision : deux semaines avant ma nomination comme Directeur Général de cette société, elle était déjà engagée financièrement à plus de 3,8 milliards d’Ouguiya. Les interruptions de l’électricité étaient très courantes dans les villes particulièrement à Nouakchott, l’outil de production était en difficulté et surtout le processus de privatisation  n’était ni abandonné ni mené à terme. C’était mi-juillet 2004. 

            Une année après, je quitte
la Somelec en laissant derrière moi une société, certes encore en difficulté (douze mois sont très courts pour redresser définitivement
la Somelec), mais dont les groupes électrogènes sont opérationnels et sécurisés. Les interruptions de l’électricité sont devenues très rares. Elle dispose d’un stock en pièces de rechange d’une valeur de 1,2 milliards d’Ouguiya. L’effectif du personnel est stabilisé (de 816 agents permanents à mon arrivée, je l’ai ramené à 805 à mon départ). Elle est solvable auprès des banques car globalement non engagée vis-à-vis de celles-ci (elle possède plus de 480 millions d’Ouguiya en dépôt dans ces institutions). Le processus de privatisation a été abandonné.

            J’explique tout cela dans le livre.

La Tribune : Comment jugez-vous l’action de vos successeurs, surtout en ce qui concerne la gestion du département du pétrole?

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Je n’ai pas à les juger.

La Tribune : Doit-on considérer votre livre comme un pavé dans la marre ou comme une contribution à l’institution de la transparence?

 

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : A mon avis, l’avènement d’un Etat de droit est le cadre adéquat dans lequel tous les mauritaniens vont s’épanouir, croire les uns aux autres et re-croire en leur pays. 

Le processus démocratique sanctionné par l’élection libre et transparente d’un Président de
la République, constitue le premier exercice réussi dans la voie de l’institution de cet Etat de droit. 

Le sens de la responsabilité des dirigeants du pays contribuera fortement dans cet objectif et une gestion transparente des ressources nationales fera le reste. 

Je pense qu’en ce qui concerne le Pétrole, la thérapie a commencé mais je ne m’y trompe pas : le Pétrole ne peut pas tout résoudre quand bien même il jaillira en grandes quantités et sera bien géré… 

Je veux que ce livre soit une contribution à la consolidation de cet Etat de Droit, lequel ne peut exister qu’au sein d’un environnement de Transparence et de Justice.

 

La Tribune : Comment croyez-vous que vos anciens chefs (Président du CMJD, Premier Ministre) vont-ils accueillir ce livre?

 

MOHAMED ALY OULD SIDI MOHAMED : Vous pouvez leur poser la question quand ils l’auront lu.

Propos recueillis par MFO

Source: La Tribune n°404




Repères

17062008

Maroc-Mauritanie :

Plutôt bien

 

Le Maroc et la Mauritanie ont exprimé jeudi à Rabat, à l’occasion de la visite du chef de la diplomatie mauritanienne, leur détermination à donner «une nouvelle impulsion» à leur coopération. Dans une déclaration à la presse, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Cheikh El Afia Ould Mohamed Khouna, a qualifié de «solides» et «fraternelles» les relations entre les deux pays, qui, a-t-il dit, connaîtront une «nouvelle impulsion».

Le responsable mauritanien a, par ailleurs, émis le souhait de voir la question du Sahara, vieille de 33 ans, parvenir à «un règlement qui garantisse la paix et la stabilité» dans la région du Maghreb. Le chef de la diplomatie marocaine, Taib Fassi Fihri, a évoqué la volonté des deux pays maghrébins de tisser «des partenariats solides» dans les différents domaines de coopération, selon la même source.

Le ministre mauritanien a également été reçu par le Premier ministre marocain, Abbas El Fassi, qui a souligné «la détermination» du Roi Mohammed VI de «renforcer» les relations avec Nouakchott, indique-t-on à Rabat.

Rappelons que le recul de la visite du Roi Mohamed VI avait été mal perçu en Mauritanie. Du coup la presse n’a pas manqué de parler de mésententes entre les deux pays. il n’en est rien si l’on en croit les résultats de cette visite.

 

Un journaliste sous les verrous

 

Mohamed Nema Oumar directeur de publication de l’hebdomadaire arabophone «Al Houriya» a été interpellé l’après-midi du 12 juin 2008 à son retour d’un voyage qui l’avait mené en Libye, où il était accrédité pour couvrir la récente visite du président de la République à Tripoli ainsi que les travaux de la Grande Commission mixte Mauritano-Libyenne. La police l’attendait visiblement à la sortie du salon d’honneur. Cette arrestation fait suite à une plainte déposée par le Sénateur de Rosso, Mohamd el Hacen Ould Haj qui avait été l’objet d’articles plutôt malveillants dans la presse à la suite de sa participation à la célébration de l’anniversaire de création de l’association juive mondiale aux Etats-Unis. En se plaignant, le Sénateur a jugé que notre confrère a dépassé les limites et l’a diffamé. Il se dit prêt à discuter avec la presse pour démontrer le bien-fondé de sa démarche. «Je ne veux pas limiter la liberté d’expression mais je crois que la liberté a des limites que seule la loi peut définir».

En attendant, les confrères de Nema Oumar ont organisé un sit in devant le commissariat spécial pour demander sa libération. La détention préventive ne devant pas s’appliquer automatiquement, surtout en matière de délit de presse, Nema Oumar a été libéré. Il a comparu devant le Procureur dimanche matin. En réaction à ces faits, le Rassemblement de la Presse Mauritanienne (RPM) a rendu public un communiqué dans lequel il a dénoncé toute tentative d’emprisonnement des journalistes et demandé que la justice reste au dessus de la politique et des pressions. «Le Rassemblement des journalistes mauritaniens s’étonne et proteste contre cette mesure contraire à la loi et qui entrave la liberté de la presse. La détention préventive s’explique quand le prévenu risque de se soustraire à la loi. Ce qui est loin d’être le cas de notre confrère. Il dénonce toute tentative d’emprisonnement des journalistes et demande que la justice reste au dessus de la politique et des pressions».

 

Un tireur isolé

 

C’est aux environs de neuf heures du matin que les habitants du quartier où se situe l’Ambassade d’Israël ont été pris de panique en entendant des tirs d’armes légères. Tout le monde a pensé à une nouvelle attaque contre l’Ambassade ou le domicile de l’Ambassadeur, situé à quelques mètres de là. Il s’agissait en fait d’un jeune en état d’ébriété. Armé d’un kalachnikov et d’un pistolet automatique, il était monté au-dessus d’une maison et s’est mis à tirer en l’air. A l’arrivée de la police, le jeune avait été extrait par l’un de ses amis à bord d’une toyota Land cruiser. Il s’agirait du même personnage qui a brûlé, deux nuits auparavant, des postes de contrôle sur la route de Nouadhibou. Le jeune, bien que connu par la police, n’a pas encore été arrêté. Intéressant à lire l’information telle que publiée par l’AMI : «Un jeune, ayant perdu la raison, a tiré en l’air ce samedi matin des rafales d’une arme automatique à partir du toit d’une maison dans le quartier des ambassades de la capitale. Des sources sécuritaires ayant contacté l’Agence Mauritanienne d’Information, indiquent que l’incident est banal, le jeune ayant perdu la raison suite à un quelconque évènement et s’est mis à tirer en l’air du toit d’une maison utilisant une arme automatique. Des témoins oculaires du voisinage ont indiqué que le jeune est sorti rapidement après l’incident accompagné d’un ami et tous les deux ont pris la fuite en empruntant une voiture 4×4. Ils ont ajouté que l’intéressé est connu pour ses agissements bizarres. Un des ses proches a précisé avoir constaté ces derniers jours qu’il se comporte de façon inhabituelle».  

 

  

Coordination aérienne 

 

La capitale a abrité samedi dernier, les travaux de la réunion consacrée à la coordination entre le centre de contrôle de la navigation aérienne de Nouakchott et les centres d’Algérie, du Maroc, du Mali, du Sénégal et d’Espagne fournisseurs des services de la circulation aérienne des Etats voisins. Les participants ont rendu public un communiqué de presse dans lequel ils ont indiqué que les discussions ont permis de valider et de signer deux lettres d’accord de transfert de trafic entre les centres de Nouakchott et ceux de Bamako et d’Alger. « La lettre d’entente actuelle Alger-Dakar reste valide », poursuit le communiqué qui ajoute que « la mise en vigueur de la lettre d’entente avec Nouakchott est conditionnée par l’ouverture officielle du centre de contrôle conformément aux procédures règlementaires ». S’agissant des lettres d’accord avec les centres de Casablanca et de Dakar, « des compléments d’information restent à fournir par les différentes parties afin de procéder à la signature définitive de ces documents dans un avenir proche ». Toutefois, les procès verbaux relatant les éléments à fournir sont déjà produits et paraphés par lesdits centres.  

La directrice adjointe de l’aviation civile a souligné à cette occasion, « l’importance et la nécessité de la coordination entre les différents centres de contrôle aérien pour garantir la sécurité des vols dans notre espace aérien ». Elle a réaffirmé la disponibilité de la Mauritanie d’oeuvrer en étroite coordination avec les autres centres voisins pour faire en sorte que notre espace aérien soit sécurisé. Pour sa part, M. Hamoud Ould Lekhdeyim, représentant de l’Asecna dans notre pays a mis en exergue l’esprit de responsabilité et de compréhension qui a prévalu le long des travaux ainsi que le souci des participants de faire de cette rencontre un succès. (AMI)  




Les jeunes islamistes organisent leur premier congrès

17062008

 

  

Le Secrétariat national des Jeunes du Rassemblement national pour
la Réforme et le Développement (RNRD) a organisé son premier congrès. Le congrès dure deux jours. Il s’est ouvert samedi dernier à l’ancienne Maison des Jeunes. Il porte sur le thème : «pour une jeunesse efficace qui défend les principes et construit l’avenir». Il a connu la présence des leaders du parti. Ainsi que d’autres leaders d’autres partis politiques. Notamment du Pacte national pour
la Démocratie et le Développement (ADIL), du Parti de l’Union et le Changement en Mauritanie (HATEM), le parti du Mouvement Démocratie directe…

Le Président de la cellule des jeunes au sein du parti, Mohamed Ould Mohamed M’bareck, a rappelé le gouvernement à rompre «ses relations condamnées avec l’entité sioniste». Il a renouvelé le soutien de son parti «au combat du peuple palestinien jusqu’à ce qu’il obtienne sa liberté». Il a pleuré «le niveau très bas au sein des élèves et étudiants mauritaniens». Il a déploré «le taux très élevé du chômage au sein des jeunes». Il a appelé les responsables politiques à intégrer les jeunes dans le microcosme politique.

Dans son discours d’inauguration, le Président du parti, Jemil Mansour, avait dit que le timing de ce congrès est particulier. Il se tient alors que le pays vit un changement démocratique «dans lequel les libertés et les droits se sont élargis et garantis». Ajoutant que le citoyen mauritanien «malgré les pas positifs qui ont été affranchis, reste encore assoiffé à une véritable réforme qu’il voudrait sentir dans son administration». Ould Mansour a apprécié «les décisions que le Président de
la République a prises à travers le PSI qui vise à secourir les citoyens dans ces moments délicats». Il a déploré «les quelques irrégularités ici et là qui limitent les profits du citoyen de ce programme».

Ould Mansour a dit que «la décision de son parti de participer au Gouvernement se justifie par l’intention réformiste du Président de
la République». Ajoutant que «le RNRD au sein du gouvernement est le même RNRD en dehors du gouvernement, avec sa référence islamiste, son adhésion nationale et son choix démocratique». Il a dit que son parti va œuvrer, à partir de sa position au sein du Gouvernement, «pour la réforme et la lutte contre la gabegie».

Ould Mansour a refusé toute présence des forces américaine sur le sol mauritanien. Pour lui, «
la Mauritanie n’a pas besoin de cette présence, temporaire ou permanente soit-elle, sur son sol». Il a dévoilé le refus de son parti de l’Union Pour
la Méditerranée, le projet cher au Président français, Nicolas Sarkozy. Il a mis en doute «les objectifs ultimes du projet».

 

Compte-rendu : Mechri Rabbany.

 

Source : La Tribune 




Affaire de la radiation des militaires en 2004

17062008

 

 Le verdict attendu le 07 juillet. 

 

Les militaires radiés en 2004 viennent de renouer avec l’espoir. Depuis lundi dernier, ils ont les pensées braquées sur le 07 juillet prochain.
La Chambre administrative de
la Cour suprême vient de mettre leur dossier en délibéré. Ils espèrent l’annulation pure et simple de leur radiation. 

Ils sont au nombre de dix-huit. Ils sont en majorité des officiers et sous-officiers. Ils étaient radiés de l’Armée nationale en 2004. Pour «atteinte à l’ordre constitutionnel». La radiation a été décidée par le Chef d’Etat-major d’alors. Et ce, suite à l’avortement de la tentative de putsch du 8 août. Issus pour la plupart des régions de l’Est, certains ont estimés avoir été victimes  de «rafle tribale». Ils ont écrit à l’ex-Président de
la République, Ould Taya, lui demandant d’annuler la décision, en sa qualité de chef suprême des Armées. En vain.

Après l’éviction de Ould Taya, ils ont saisi la justice pour annuler la décision du Chef d’Etat-major. Parce que «la décision de radiation d’un officier de l’Armée ne peut se faire que sur décret du Chef de l’Etat. Comme il n’y a pas eu de décret, la radiation des 18 militaires est nulle». Un recours en annulation de la décision a été introduit devant
la Chambre administrative de
la Cour suprême. Pourquoi la saisie de la plus haute instance judiciaire en Mauritanie ? «Pace que les huissiers de justice ont refusé de transmettre notre recours. Notre avocat a du envoyer le recours via la poste, après quatre mois. Sans aucune suite favorable», selon un des armés radiés. Ce qui l’a obligé, poursuit-il, à saisir
la Chambre administrative de
la Cour suprême.

Le 10 juillet 2006,
la Chambre a tenu sa première audience pour examiner le dossier. Au cours de cette audience, l’affaire est mise en délibéré pour le 14 août 2006. Un rendez-vous manqué. Parce que
la Cour n’a pas statué sur le dossier, le 14 août, «mais, il l’a laissé aux soins du futur gouvernement, comme le CMJD et le Gouvernement de transition n’ont pas voulu ouvrir un dossier sensible comme celui-ci», affirme une source proche des militaires radiés.

Lundi 09 juin, une audience de
la Chambre administrative de
la Cour suprême s’est tenue pour réexaminer leur dossier. En absence de l’avocat du Ministère de

la Défense. La Chambre a décidé la mise du dossier en délibéré pour le 07 juillet prochain.

Si
la Chambre décidera l’annulation de la radiation, les militaires feront le retour à leurs postes et grades. Un combat commencera ensuite avec l’Etat-major pour appliquer l’éventuelle décision judiciaire. Si elle décidera autrement, les militaires doivent changer leurs fusils d’épaules.

 

Mechri Ould Rabbany.

 

Source : La Tribune 

  

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

17062008

 

Encore une fois, l’élite mauritanienne s’adonne à son sport favori : la rumeur et l’intox. C’est un mal qui nous vient des pratiques récentes. En effet, la politique sous l’ancien régime – qui est encore là dans bien des aspects – était un jeu de faux et de manigances. La corruption du système de renseignements y aidait beaucoup. A telle enseigne que le renseignement s’intéressait à ce qui n’a pas eu lieu, plutôt que de suivre, analyser et prévenir ce qui se passe. C’est comme ça que la DSE de l’époque, les 2ème Bureaux des autres corps, le BED, la FNT, le CSA, le ministère de la communication, les chefs de cercles de renseignements parallèles… que tous ont raté le 8 juin 2003. et plus tard le 3 août 2005.

Ce n’est pas par hasard que le système s’en est pris à la parentèle immédiate de celui qui était supposé diriger le groupe des putschistes du 8 juin. En fait tous les segments du renseignement ont convaincu le Président qu’il s’agissait d’une affaire de famille. C’est pourquoi il était impossible de la prévoir.

La politique était donc réduite à ça : une guerre de clans.

Ni les clans, ni les méthodes n’ont disparu. La transition s’est occupé de plus important selon l’avis de ceux qui l’ont dirigée. Pourtant c’est par là qu’il fallait commencer.

Un ami m’a dit l’autre jour, au détour d’une phrase, qu’avec les dernières nominations nous trahissons l’esprit du 3 août. Je l’ai longuement regardé avant de lui rétorquer : «sais-tu que si le 3 août n’avait pas été dévoyé dès le 5 août, tu serais aujourd’hui en prison et sans le sou ?» Il a compris et préféré se réfugier dans son silence.

La plupart des détracteurs du régime actuel font partie de ceux qui étaient bons pour être les victimes de l’épuration si elle avait été de mise à l’époque. Et c’est ce qui est révoltant.

Il y en a qui ont vendu leurs âmes, renseigné sur les autres, volé les biens publics, détourné les efforts de développement, manipulé la police, instrumentalisé l’administration pour avoir des passe-droits… et qui n’hésitent pas aujourd’hui à vouloir nous imposer de les regarder de manière neuve.

Ils comptent sur la courte mémoire des gens, sur la convivialité qui a caractérisé cette société, sur le principe de l’impunité qui a marqué la transition… Ils veulent faire semblant d’ignorer que le mal qu’ils nous ont fait 10, 15, 20 ans durant, nous ne sommes pas prêts à l’oublier. Ils oublient que leur comportement d’aujourd’hui nous le ressentons comme une provocation.

Ils auraient bien gagné en se faisant oublier. La seule chose qui m’est restée de tout ce que l’ancien président du CMJD a dit durant les 19 mois, c’est le conseil qu’il avait donné à ceux-là : il vaut mieux pour vous de raser les murs pour vous faire oublier. Il faut dire que cela ne l’a pas empêché lui de leur serrer la main et de les réhabiliter. Tout a commencé par là. Et rares sont ceux qui ont osé dire un mot.

Aujourd’hui que l’on semble retrouver l’usage de la parole, il est insupportable de continuer à souffrir le discours indécent de ceux pour lesquels les mots sont comme les idéaux, comme les valeurs, comme les principes… qui ne sont utiles que quand ils rapportent en terme de revenus.

Nous perdons trop de temps à pérorer sur les intentions des uns et des autres. A savoir si les Généraux sont d’accord avec le Président, si celui-ci est libre de ses choix, si le Premier ministre s’entend avec son Président, si en tant que président de Adil, il est écouté par ses parlementaires… On n’hésite pas à appeler à des coups de force, à envisager la déstabilisation du pays comme si cela pouvait servir quelqu’un. On se refuse à croire qu’on est un pays en voie de normalisation. Et on fantasme.

Il y a là une approche de pervers. Derrière tout cela se cache le refus du changement. La volonté de faire de l’obstruction au changement qui est en marche. Nous ne pouvons pas tout avoir. Mais nous avons des syndicats qui font grève – on peut être d’accord avec le fait, mais on ne peut que saluer l’usage du droit (les libertés ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas). Nous avons des partis qui s’impliquent dans le jeu politique et même dans la gestion de certains programmes.

Quand on nous dit par exemple que le PSI est mal géré, nous ne devons pas conclure à la seule responsabilité de l’autorité. Les partis ont été associés à cette gestion, tout comme la presse, les ONG’s… Ils n’ont qu’à user de leur droit de regard. S’asseoir chez soi, boire le thé et dire gauchement que «le programme a été dilapidé», c’est certes facile, mais ça relève de l’irresponsabilité.

La médiocrité est toujours là. Et c’est elle qui nous impose de nous occuper de rumeurs et d’intoxications. Ses adeptes – et ils sont nombreux – ne savent faire que ça.

 

Source : La Tribune n°404




Majorité : Tractations, rumeurs, manip et menaces d’implosions…

17062008

 

 

 

Samedi soir, l’hôtel Emira, situé sur la route de Nouadhibou, connaît une activité inhabituelle. Beaucoup de voitures et de va-et-vient. C’est là que le président du parti Adil (PNDD, Pacte national pour le développement et la démocratie), recevait les députés affiliés à son parti. Une quarantaine de députés présents.

«Les absents sont en mission à l’intérieur du pays», expliquera un proche du parti. Parmi les présents, ceux qui ont exprimé le plus de mécontentements ces dernières semaines. Donnant libre cours à l’imagination du public.

On a alors parlé de divisions au sein de l’équipe dirigeante. Entre les généraux et le Président Ould Cheikh Abdallahi, rien ne va plus. Les parlementaires de Adil sont en train de travailler pour une motion de censure pour faire tomber le gouvernement. Même que dans certains milieux on n’a pas hésité à parler de «crise sans précédent nécessitant l’intervention des forces armées».

Si d’aucuns ont appelé à un renversement du régime, d’autres se sont contentés de manifester leurs désaccord en multipliant déclarations intempestives et prises de position extravagantes. Ceux qui dénoncent le gouvernement et qui cherchent à le déstabiliser sont pour la plupart issus du même moule qui a fabriqué ceux qu’ils appellent aujourd’hui «les symboles de la gabegie».

En fait, pour de nombreux observateurs, «il s’agit là d’une guerre de clans qui ramène aux devants les querelles du défunt PRDS, chacun essayant de diaboliser son vis-à-vis pour avoir sa part du gâteau».

La scène politique est loin d’être assainie. On utilise encore les mêmes armes pour ne pas rester à l’écart du jeu. Manipulations, rumeurs, instrumentalisation du renseignement, de la presse, investissement des salons… tout y est comme à l’ancienne. Une preuve de plus que le 3 août n’a finalement pas permis de mettre aux normes une scène politique appauvrie par l’absence de débats et de réels engagements.

La réunion de samedi soir accréditait un peu les thèses de ceux qui soutenaient que le malaise était réel au sein de l’équipe dirigeante. En fait elle n’a pas porté sur cette question. Aucun député n’a soulevé la question de la menace de censure. Aucun n’a posé la question de savoir si la cohésion du pouvoir est bonne. Rien que des griefs qui relèvent plus de soucis sectaires sinon personnels.

Les députés de Kiffa, Boumdeid et Tamchekett, qui appartiennent au même ensemble tribal, ont posé, chacun selon ses mots, la question de leur participation «à ce qui s’est fait». Autre mécontentement exprimé, celui de la députée de Tijikja qui a été élue sous la bannière UFP mais n’a pas suivi ce parti dans son choix du second tour.

Elle a estimé que son groupe, qui s’est détaché de son parti, n’a pas été récompensé pour sa prise de position. Autre intervention notoire, celle de la députée d’Aïoun el Atrouss, Ezza Mint Hammam. Parce que certains ont posé des problèmes particuliers, elle a rappelé que sa région, le Hodh el Gharby ne peut se suffire d’une seul ministère, fusse-t-il attribué à Mohamed Ould Rzeizim.

Nonobstant cela, elle a rappelé que la constitution d’un gouvernement politique était une revendication largement partagée par les députés de son groupe. Pour elle, il n’y a pas plus représentatif sur le plan politique que le gouvernement actuel. Derrière l’élection de la plupart des députés, les membres coptés par Adil ont contribué fondamentalement à la réussite du président Ould Cheikh Abdallahi. Il n’y a donc pas lieu des les contester à son avis.

D’autres voix s’élèveront pour regretter l’entrée de l’opposition au gouvernement et critiquer la mise en œuvre du PSI. Ce à quoi, Yahya Ould Ahmed Waghf, président du parti et Premier ministre, a répondu en disant qu’il avait engagé une concertation sur la question. Il est clair aujourd’hui qu’il s’agissait d’une nécessité, la Mauritanie ayant besoin de la conjugaison des efforts de tous. C’est d’autant plus vrai que Adil ne doit pas se sentir lésé ayant récupéré ses quatre postes – octroyés aux deux partis UFP et Tawasul – à travers la création de quatre nouveaux départements pourvus par des cadres de Adil.

L’objet de la réunion n’était pas celui-là. Mais plutôt la concertation sur la composition du nouveau bureau de l’Assemblée qui doit être renouvelé ces jours-ci. Le président du parti a soutenu qu’il lui était impossible de procéder à une nouvelle redistribution des cartes parce que chacun veut sa part.

Il a préconisé le maintien de l’ancienne configuration tout en rappelant que deux places ont été libérées avec le départ de Sidney Sokhona et de Kane Moustapha aux postes de ministres, tous deux présidents de commissions. A la place de Kane Moustapha, Ould Ahmed Waghf a proposé le député de Moudjéria, un transfuge du RFD. A la place de Sokhona, les députés doivent faire leur proposition. En plus, les femmes doivent choisir une représentante pour être au poste de vice-président.

Pas question donc de ce qui remplit les salons et les colonnes de journaux ces jours-ci. Pourtant, on note ces derniers jours une grande frilosité dans les milieux de Adil. La semaine dernière (dimanche, 8 juin), une initiative promue par Ahmed Baba Ould Ahmed Miské, chargé de mission, une sorte de conseiller spécial du Président de la République, réunissait certains représentants de partis et beaucoup de cadres de Adil à l’hôtel Halima.

L’occasion de lancer un dialogue entre différentes forces politiques mais aussi au sein de la formation majoritaire au parlement. Ont parlé : le représentant de Al Fadila, UFP, Hatem, AJD/MR… le représentant de APP, Ladji Traoré, s’abstiendra de parler. Les uns ont justifié leur participation au pouvoir, les autres ont plutôt regretté en exprimant leur disponibilité à participer à ce qui est en train d’être entrepris.

C’est enfin le maître des céans, Ahmed Baba Miské, qui prend la parole pour situer l’événement qui est d’abord une tentative d’établir des passerelles entre les acteurs politiques de différents horizons. Il fallait ravir la vedette à l’événement du jour, le ralliement au RFD du groupe dirigé par le député Abderrahmane Ould Mini, membre fondateur de Hatem, élément central du putsch du 8 juin 2003, véritable commandant des Cavaliers du Changement. La réunion a aussi permis d’amortir le mécontentement qui risquait de ‘gâcher’ la réunion de Adil prévue le soir-même.

Ould Ahmed Miské a loué la période d’ouverture actuelle et donné la preuve qu’elle a permis de libérer le génie mauritanien. C’est, explique-t-il, pourquoi nous devons être fiers d’avoir donné Mohamed Ould Taleb à la fameuse compétition du ‘Prince des poètes’ (Emir Chou’ara), et d’avoir aujourd’hui quatre concitoyens dans la course. Signe, pour lui, que quelque chose a changé. Il a ensuite appelé au maintien du dialogue pour normaliser la scène politique.

De nombreux cadres ont pris la parole. Certains ont exprimé leur dépit par rapport à la composition du nouveau gouvernement. D’autres ont été moins critiques et plus conciliants. Les discussions, à huis-clos cette fois-ci, entre les cadres de Adil furent plus vives et plus incisives.

Tout cela intervient au moment où des voix s’élèvent de l’intérieur de la citadelle, pour dénoncer ce qu’ils appellent le retour des dinosaures. Il y a d’abord cette déclaration virulente du groupe appelé ‘Initiative des cadres pour le changement démocratique’ et qui a exprimé «sa profonde préoccupation face à la situation critique du pays» dont elle dit qu’elle «s’embourbe davantage».

La déclaration exige :
«1. La démission immédiate du gouvernement actuel ;
2. A défaut, il incombe aux parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis, non seulement du peuple qui les a élus, mais également face à ce revirement préjudiciable en procédant au retrait de confiance au gouvernement ;

3. la formation d’un gouvernement d’union national autour d’un programme de développement pour une durée déterminée».

La déclaration poursuit : «après un dévoiement systématique du processus de changement défendu dans le programme du président de la République, un dévoiement qui a fortement entamé les grands principes qui font l’ossature de ce programme notamment :

- La protection des libertés publiques, l’égalité des chances et la dépolitisation de l’Administration ;
- La lutte contre l’exclusion politique ;
- La lutte contre la corruption, le clientélisme.

Nous constatons hélas un retour à l’esprit qui a prévalu avant le 3 août 2005. Cet esprit qui a cultivé les tares du népotisme, régionalisme, du clanisme et du sectarisme qui ont conduit le pays à la banqueroute».

L’autre «remise en cause» – pour parler le langage de ses principaux animateurs – est plus sérieuse. Parce qu’elle émane de sénateurs jusque-là très proches, et même crédités de faire partie du régime.

Cette contestation est encore au stade de l’expression orale. Mohamed el Hacen Ould Haj, dit Mohsen, sénateur de Rosso, préfère parler d’une «remise en cause» des choix récents. Il entend réunir le maximum de parlementaires pour provoquer une motion de censure contre le gouvernement. Comment ça va se faire ? «On verra». Dimanche soir, ce sera autour des sénateurs de se réunir avec le Premier ministre, président de Adil. Il est très probable que tous les malentendus seront aplanis.

En attendant, on ne se lassera pas de parler des divisions qui rongeraient les cercles du pouvoir, de diffuser les mauvaises informations pour accréditer l’idée et de maintenir la pression. Ceux qui se sentent floués et qui veulent avoir une part sont nombreux. Ils ont une longueur d’avance sur tout le monde. Parce qu’ils ont les moyens et sont rompus aux anciennes méthodes du renseignement.

On peut alors se demander quelle sera la capacité de résistance du Gouvernement dirigé par Yahya Ould Ahmed Waghf, lequel cristallise tous les ressentiments depuis sa nomination. C’est de cette capacité de résistance que dépend sa longévité.

MFO







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