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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

2062008

L’aide extérieure au développement !
Par Mohamed Fouad Barrada

Les Japonais ont promis de multiplier leurs aides au développement destinées à l’Afrique par cinq. Soit 1,6 milliards d’euro d’ici 2012. Cette aide doit passer pour le moment par le canal de la Banque Mondiale. Ainsi, la part accordée par les nippons à la Mauritanie, les trente années passées, avoisine les 350 millions d’Euros.
Le continent africain intéresse les asiatiques, notamment les chinois et les japonais. Ce qui laisse croire que l’aide cache autre chose qu’une philanthropique envie de soutenir ces pays africains très souvent aux prises avec la pauvreté. Aussi, les intérêts à gagner en termes de relations économiques sont-ils à soupçonner dans la spontanéité des asiatiques à l’endroit des pays du continent noir. La France ancien colonisateur d’une grande partie de ce continent ((l’Afrique subsaharienne et le Maghreb) doit faire désormais avec des concurrents asiatiques dans ses anciennes zones d’influence.
Dans certaines circonstances, la proximité de la France avec l’Afrique joue en sa faveur. Néanmoins, les problèmes d’immigration peuvent aveugler les français et les autres pays de l’Union européenne. L’immigration choisie, et l’exigence que la France essaye d’exercer à travers son poids dans l’UE afin que les pays africains stoppent l’afflux des leurs populations qui veulent rejoindre l’eldorado européen, sont des illustrations frappantes. Les européens comptent sur l’effet de la tion. En outre, l’attachement et la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des pays du vieux continent fait basculer souvent les rapports de forces.
La coopération euro méditerranéenne et l’initiative 5+5 représentent, d’ailleurs, des cas éloquents. Les intérêts à gagner des pays de la rive gauche de la méditerranée dépassent de loin ceux de la rive droite. Car, tout simplement, ceux de la rive gauche ne sont pas encore unis. L’Union Maghrébine et le manque de la volonté politiques et économique pour la concrétiser en est un autre exemple qui n’échappe à personne.
S’agissant de l’Afrique subsaharienne, elle souffre de difficultés économiques énormes, notamment de l’insuffisance alimentaire et de l’échec des politiques de lutte contre le chômage. A cet égard, les crises économiques risquent de provoquer de fortes instabilités politiques dans la sous-région, voire sur tout le continent. L’aide extérieure au développement est-elle alors le seul remède ?
« Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), près des trois quarts de l’Aide Publique au Développement (APD) bilatérale sont constitués de fonds « à objectif spécial », comme la coopération technique, les remises de dette, l’aide d’urgence et les coûts administratifs. La Banque mondiale ajoute : « Bien que les dons à objectif spécial soient un élément essentiel du processus de développement et aient un impact budgétaire sur les pays donateurs, ils ne fournissent pas de ressources financières additionnelles pour atteindre les objectifs du millénaire. En effet, une part importante des sommes déclarées est dépensée dans le pays « donateur » (achat d’aliments, de médicaments, d’équipements, fret, missions d’experts, etc.), ou y repart, comme l’a reconnu M. Robert McNamara, président de la Banque mondiale entre 1968 et 1981 (…) Qui plus est, cette aide ne se concentre pas en priorité sur les pays qui en auraient le plus besoin. En 2002-2003, 41 % seulement des aides se sont dirigés vers les 50 pays les moins avancés (PMA). A contrario, la part de l’Afghanistan, de la Colombie, de l’Irak, de la Jordanie et du Pakistan dans l’APD bilatérale totale a été multipliée par 3,5 entre 2000 et 2003, confirmant que les facteurs stratégiques continuent de jouer un rôle majeur dans l’allocation de ressources envers les pays récipiendaires » . ( Damien Millet et Eric Toussaint, Le monde diplomatique, juillet 2005)
En tout état de cause, le développement n’a jamais été lié à l’aide extérieure. Dans une relation basée sur la dialectique « dominant – dominé », ou « aidant aidée », le perdant était souvent le récepteur de l’aide.
D’après un récent rapport sur l’Aide Publique au Développement « les membres du Comité d’aide au développement (CAD), c’est-à-dire les principaux donateurs dans le monde, ont fourni 48 milliards de dollars américains environ en APD nette (0,22 p. 100 du Revenu National Brut (RNB) des membres du CAD). En 2005, l’aide avait augmenté considérablement, autant en valeur absolue qu’en pourcentage du RNB : l’APD totale a atteint le « chiffre sans précédent de 106,8 milliards de dollars américains » (0,33 p. 100 du RNB du CAD). En 2006, l’APD des pays du CAD a affiché « un recul de 5,1 p. 100 […] à 103,9 milliards de dollars américains » (0,30 p. 100 du RNB du CAD). Comme l’OCDE le fait remarquer, « cette contraction avait été anticipée. En 2005, l’APD avait en effet atteint un niveau exceptionnellement élevé en raison de l’ampleur des opérations d’allégement de la dette […] (en faveur de l’Irak et du Nigeria, en particulier). »
Certes, en cas de catastrophe majeure, l’aide demeure une nécessité, mais si l’aide est inhérente au développement, les rapports seront évidement déséquilibrés. Par où commencer alors ? Par l’aide, le développement ou sa durabilité ? Enfin de compte que représente cette aide si l’on l’apporte au PIB des pays donateurs ?

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

2062008

Dimanche dernier, c’est-à-dire le 25/5, j’étais au bureau en train de demander à notre coursier de préparer une lettre de résiliation de notre abonnement à l’ADSL, version Mauritel. Depuis le temps qu’on est abonné et qu’on se retrouve dans l’obligation de faire recours au cyber du coin. Ce qui n’empêchait jamais les factures de tomber. Des factures qui incluaient des consommations qui n’ont jamais existé. On nous avait dit au départ qu’on aura juste à payer l’abonnement et jamais nous n’avons reçu de facture de moins de 25.000 UM.
Débit lent même avec le fameux 512, facture non conforme à l’accord initial, mauvais service quand on va pour protester… l’exaspération m’avait décidé à demander à annuler l’abonnement.
Un jeune homme est entré au moment où je donnais l’ordre. «Nous sommes de Mauritel et nous venons vous proposer quelques nouveaux services : le wifi et l’ADSL à un prix forfaitaire de 25.000 UM». Je souris et racontai ce qui se passait juste avant. «Vous n’allez plus avoir ce genre de problèmes. La Mauritel a engagé des techniciens du Sénégal et ils viendront demain régler toutes ces questions». Il réussit à me convaincre à prendre l’option Wifi contre un paiement de 25.000 UM et promit l’arrivée des techniciens et le montage le lendemain. Une semaine après, le ‘truc’ wifi est toujours à sa place et personne n’est venu de Mauritel. J’ai appelé personnellement les numéros sur le contrat : le portable ne répond plus, le fixe m’a permis d’entrer en contact avec quelqu’un qui m’a répondu sèchement qu’ils viendront «quand ils auront du temps».
Mattel n’offrant pas les mêmes services internet, je me suis rabattu sur Chinguitel cette semaine. Les téléphones vendus n’ont pas de câbles et pour avoir les clés USB il faut une autorisation spéciale du directeur général… alors que faire ?
Si je raconte cela, c’est pour témoigner des mauvaises prestations de nos opérateurs en matière de téléphonie. C’est aussi pour attirer l’attention de l’Autorité de Régulation sur cette arnaque à ciel ouvert dont nous sommes l’objet. Espérant que quelque chose sera fait pour corriger cela.
Parce que je me rends compte que quelque chose a changé dans la perception de ce que la presse publie. Les autorités sont plutôt promptes à réagir. La semaine dernière, je soulevai ici le problème de la sécurité routière et, tout en exprimant ma confiance quant à la disponibilité désormais évidente du ministère, demandait que des mesures urgentes soient prises. Le lendemain – c’était visiblement prévu depuis une semaine – les autorités lançaient une campagne de sensibilisation sur la question. Elles introduisaient de nouvelles mesures pour faire respecter les réglementations en vigueur.
Plus évident, l’annulation de la ratification de l’accord qui devait être passé entre la Mauritanie et la MCM. Quand notre confrère Le Quotidien de Nouakchott a révélé l’affaire, elle a été annulée. Chaque fois qu’on pose une question sur le PSI, on a la réponse tout de suite. Tout ça est nouveau. Et nous avons tous à apprendre cette nouveauté. Le temps est à la transparence. Et la transparence commence par la fin de la rétention de l’information.

Source : La Tribune n°402




Ould Aloueimnatt et Mint El Jili Amer Amour ou crime de lèse majesté ?

2062008

L’affaire de Mohamed Ould Ahmed Ould Aloueimnat et Mrayème Mint Mohamed Mohmoud Ould Jily prend une nouvelle tournure. Didi OULD Bounaama ancien responsable de l’Etat explique que son nom était utilisé pour l’accuser à tort de féodalisme. « Je suis intervenu dans cette affaire en tant qu’avocat ». Précise-t-il.
Pour rappel, le mercredi 29 mai 2008, le couple Ould Aloueimnat et Mint Jili sont présentés devant la presse. Mohamed et Mrayen se sont dits persécutés par les autorités de l’Assaba pour s’être mariés contre la volonté du père de la jeune femme. Selon Aminetou mint El Mokhtar de l’AFCF , il s’agit d’une injustice dont est victime le couple du fait de l’appartenance sociale du jeune homme. Accusant le père de la jeune femme d’avoir refusé la main de sa fille à Mohamed Ould Aloueimnat sous prétexte qu’il est d’une caste forgeronne, elle a dénoncé la « féodalité dont ont été victimes les deux jeunes gens ». Elle s’est dite choquée de voir de telles pratiques perdurer encore dans un Etat de droit, dans une société qui se proclame démocratique et se voudrait respectueuse des droits de l’homme. Selon la présidente de l’association des chefs de famille, la volonté prise par les parents de Mrayème Mint El Jili de la séparer de Mohamed Ould Ahmed Aloueimnat « est une violation de la constitution et un mépris du Code de Statut Personne »l. Elle a aussi dénoncé « les pressions exercées sur la personne de Mohamed Ould Ahmed par la gendarmerie et le procureur de la République de Guerrou ». Aminétou Mint Ely Moctar a appelé les autorités à prendre leurs responsabilités sur cette affaire qui pourrait avoir un impact négatif sur la santé de la femme qui est en état de grossesse de 8 mois. Elle voit dans cette affaire une possibilité à d’autres personnes de tenter la même chose.
Quant à l’avocat du couple maître Ahmed Bezid Ould Mohamed El Mamy, il estime que cela est contraire à la religion, à la chariia et pire encore c’est attentatoire aux libertés humaines et à la bienséance. De son côté Didi Ould Bounama, se présentant comme l’avocat de Mohamed Mahmoud Ould Jili, le père de Mrayème, soutient que « le contentieux est d’ordre purement juridique, car le premier cadi de kiffa a donné une autorisation de mariage après avoir été contacté plusieurs fois par la fille qui voulait se marier contre la volonté de son père avec Ould Aloueimnat ». Selon lui, ce cadi pouvait les marier mais il a juste donné son autorisation. « Après la vérification des faits par un autre Cadi (celui de Guerrou), le mariage a été annulé après une plainte déposée par le père de la fille. Le PV du mariage avait été signé le 17/03/ 2008. En outre, le jugement du cadi est rentré en vigueur depuis sa signature », a-t-il poursuivi non sans montrer les documents.
Malgré ces résolutions, Ould Ahmed Ould Alwenat n’a pas respecté le verdict, déclare encore Ould Bounama pour qui le jeune homme a voulu prendre la fille par la force. Ce qui aurait poussé les autorités à intervenir. Bien que l’affaire fût en appel, il a signé un autre compromis avec le juge d’instruction. Dans ce deuxième PV daté du 09 avril 2008, il a reconnu qu’il a répudié la fille et qu’il va arrêter définitivement de la poursuivre. Quant au père de la fille il a déclaré dans le PV qu’il renonçait à toute poursuite contre Aloueimnat. La jurisprudence islamique est claire, martèle Didi Ould Bounama. « Pour que le mariage soit légal, il faut l’accord du père, le tuteur principal. N’importe quel théologien va vous dire la même chose », affirme-t-il. « Il y a une seule exception. Celle-ci n’a pas été respectée. Il s’agit du veto du père de la fille en question à trois demandes successives en mariage de sa fille à trois hommes différents (avec six témoins, c’est-à-dire deux témoins pour chaque mariage). Ces hommes doivent être en mesure d’assurer la survie de la fille voulant le mariage. Dans le cas de Mohamed Ould Ahmed, l’affaire est différente. Il s’agit du premier homme. En outre, l’islam est formel dans ce cas. Il faut l’accord du père et de la fille qui veut s’épouser », a poursuivi Ould Bounama.
Toujours est-il que le jeudi 29, le jeune homme a été renvoyé devant le juge d’instruction de Kiffa. Etant déjà l’objet d’un mandat d’arrêt parce qu’accusé d’avoir enlevé la jeune femme, Ould Aloueimnat est entendu par le juge d’instruction. Une situation qui selon son avocat rend caduque le mandat d’arrêt dont il faisait l’objet. C’est ainsi que le juge d’instruction, concluant visiblement que rien ne pouvait justifier la détention du prévenu a décidé de le libérer avec l’assurance que la jeune fille qu’on l’accuse d’avoir enlevée soit elle aussi entendue. C’était apparemment sans compter avec le procureur de Kiffa. Celui-ci a ordonné au juge d’instruction, d’après Ahmed Bezid Ould Mohamed El Mamy, l’avocat du couple, de faire arrêter le jeune homme. Lequel juge refuse évidemment et dit au procureur de le faire lui-même en prenant ses responsabilités. Et selon l’AFCF et l’avocat du couple « le procureur de Kiffa a appelé les gendarmes pour leur ordonner d’aller mettre Ould Aloueimnat en prison. » Chose qui a été faite. Et Me Ahmed Bezeid de dénoncer « une mauvaise interprétation et une mal compréhension des textes de la part du juge d’instruction. » Il envisage de porter dès aujourd’hui « l’affaire devant la chambre d’accusation pour faire cesser cette séquestration que rien ne justifie ».

Source : La Tribune n°402




Exécutif : pour ‘la soupe’ ou ‘le gâteau’…il faut du ‘charbon’ !

2062008

A quoi doivent bien rimer l’inédite présence de généraux dans l’armée mauritanienne, le ‘retour en force’ de ceux que d’aucuns se sont plu à appeler ‘les symboles de la gabegie’ et le recrutement d’une opposition mauritanienne qui en toute vérité n’a jamais posé d’acte dissuasif sérieux devant les décideurs ?

En envoyant des membres de son parti à la majorité qui gouverne, Mohamed Ould Maouloud avait dit qu’il ne s’agissait pas d’aller prendre un morceau de « gâteau » mais plutôt d’aller « au charbon ». Pour Ahmed Ould Daddah il n’était pas question d’aller « à la soupe ». Les chemins se sont décroisés à l’ex opposition. Mais la vision du pouvoir est quelque peut la même : ‘soupe’ ou ‘charbon’, l’exercice du pouvoir est quelque peu délicat, voire amer. Le désir et la volonté de le pratiquer sont tout de même différents : il faut y aller pour se confronter aux défis, selon l’UFP ; il vaut mieux s’abstenir pour ne pas avoir à assumer le versant négatif d’un programme qui n’est pas le nôtre semble-t-on dire au RFD. Côté exécutif, un gouvernement a démissionné. Personne ne lui a demandé des comptes. Pas le moindre audit. Un autre est mis en place, avec plus de portefeuilles. Et donc d’autres gros salaires à payer, notamment aux nouveaux ministres venus de l’opposition.
‘Les devoirs du chef’ messieurs les généraux !
On peut penser que le Président de la République a voulu récompenser des soldats qui l’auraient aidé à accéder à une magistrature suprême que rien historiquement ne le prédisposait à briguer. Sachant que les grands tiraillements qui ont été observés ces dix-sept dernières années ont mis principalement Messaoud Ould Boulkheir, Ahmed Ould Daddah, d’une part, face à Maouya Ould Sid’Ahmed Taya et tous ceux qui ont gravité autour de sa personne et de son pouvoir, d’autre part, il n’y avait apparemment pas de logique historique qui justifiât qu’en moins d’une année de présence sur le ‘champ de bataille politique’ Sidi Ould Cheikh Abdellahi se fût montré plus convaincant aux yeux de la majorité des mauritaniens et plus digne à prendre leurs destinées en main. Certes, c’était à un changement par voie d’urnes que l’on s’attendait malgré les multiples compétitions souvent contestées entre les leaders de l’opposition et leur adversaire Ould Taya. Mais celui-ci avait si bien verrouillé le système qu’il était devenu mystérieusement inaccessible. Aussi, les tentatives souvent audacieuses de renversement sont venues pour fragiliser son pouvoir. Elles ont fini par déboucher sur le coup de force du 3 août 2005. Jusqu’alors tous les protagonistes présents sur le terrain ont cru que le moment était venu pour eux d’occuper le fauteuil présidentiel tant convoité. C’est ce qui a donné dans un premier temps ‘le chèque en blanc’ concédé par la plupart des hommes politiques de la scène mauritanienne pour le CMJD d’Eli Ould Mohamed Vall ; lequel avait promis de rendre le ‘navire’ au bout d’un maximum de deux ans à un pouvoir civil. Un délai somme toute écourté pour dix-neuf mois et qui verra finalement une pléthore de candidatures à la présidence de la République. On pouvait imaginer l’effet de morcellement qu’une telle ruée vers le sommet allait avoir sur une opposition qui s’est jusque-là voulue la dépositaire de la contestation du pouvoir totalitaire dont les militaires venaient de la débarrasser… Entre-temps, la neutralité des ces ‘sauveurs’ est mise en doute : on raconte qu’ils ont un penchant pour Sidi Ould Cheikh Abdallahi nouvellement rentré au pays. L’homme a été très vite entouré par les anciens ténors du régime déchu qui ont très tôt compris les enjeux d’un jeu dont ils semblaient être les seuls à détenir les secrets. Chose qui aurait dû le rendre impopulaire. Mais en même temps le soupçon de la ‘baraka’ de Mohamed Ould Abdel Aziz, alors colonel et présenté comme le principal acteur discret du coup d’Etat d’août 2005 s’avère d’une publicité très positive pour Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Que va-t-il se passer ? De maladroites interventions de celui qui allait devenir son principal adversaire, Ahmed Ould Daddah. Celui-ci, dès les tous premiers jours de la transition militaire avait tenté de se rendre fréquentable aux yeux d’un CMJD dont les membres sont les produits d’un système qu’il a combattu quinze ans durant. Il n’hésitait pas à faire des interventions controversées sur la manière d’expier les torts du régime fraîchement déchu. Des torts auxquels visiblement les militaires ne sont pas tous étrangers. Les ‘raisons du cœur des militaires que sa raison à lui ne pouvait connaître font déchanter le chef du RFD’. Résultat : une perte de confiance aussi bien dans les milieux de l’opposition que dans le reste de l’opinion mauritanienne. Sa denrée électorale s’est amenuisée. Même les soutiens dont Ould Daddah va bénéficier au second tour de la présidentielle de 2007, notamment celle de l’UFP de Mohamed Ould Maouloud et celle du MRN de Sarr Ibrahima, ont procédé de longues tergiversations…C’est pratiquement la mort dans l’âme que les électeurs de ces candidats ont fini pas lui accorder leurs votes. L’APP de Messaoud Ould Boulkhier, son premier compagnon de lutte, n’a pas hésité à choisir le camp du vainqueur. Cette rebelote coûte cher : les compromis entre Sidi et ses nouveaux alliés commencent à porter leurs fruits. Il ne reste au président de la République qu’à réfléchir sur les voies et moyens de se construire un système fort. Même s’il n’en est pas le concepteur, il donne sa bénédiction à la mise en place d’un parti politique. En plus de ce cadre, il faut mettre les militaires en confiance. Ould Abdel Aziz que l’opinion a essayé de diaboliser se taille aux côtés du chef une place de choix. Il dirige sa sécurité. Le couronnement : le mettre au sommet des officiers. Lui et son ami Ould Ghazwani sont devenus les premiers généraux d’une Mauritanie qui a presque leur âge. Tant pis s’ils peuvent se faire des ennemis dans la vieille garde. On leur confie le contrôle du système. Et c’est beaucoup.
A présent, avec un général à la tête de la sécurité présidentielle, un autre aux commandes de l’Etat major de l’armée nationale et un colonel futur général trônant sur l’état major de la garde nationale, tous issus du CMJD, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est fait des alliés sûrs mais en même temps il s’est placé dans un cercle vicieux qui donne l’occasion à ses détracteurs de le présenter comme une marionnette, qui en plus risque d’être poussée à la porte sous forme de démission prématurée pour incapacité à diriger.
De là à envisager un retour d’une nouvelle force militaire, il y a le temps de réfléchir au statut constitutionnel à conférer aux nouveaux généraux. C’est-à-dire en faire une sorte d’autorité transcendantale que personne n’ose nommer ni pointer du doigt et dont les photos vont faire partie des décors des édifices officiels de l’Etat…
‘Tous pour l’un’
On peut d’autre part supposer que le Président de la République s’est résolu à recourir à ‘l’expertise’ des ‘sortants’ du système Taya pour gérer la Mauritanie alors qu’elle est en proie à toutes sortes de secousses. Hausse des prix, menace de disette, mécontentements des enseignants, terrorisme, insécurité civile, pauvreté, cas d’Israël, etc.
La première équipe de ministres qu’il avait à ses côté s’est attelée aux tâches les plus compliquées et que certains parmi les ministres actuels étaient très mal placés à exécuter : retour des déportés, réformes de l’éducation, confiance des bailleurs de fonds (club de Paris !), etc.
Ainsi la mission de Zeine Ould Zeidane (Dieu sait quel type de contrat l’avait lié au Président entre les deux tours) n’a pas résisté au passage à la vitesse supérieure des Boidiel Ould Houmeid, Cheikh El Avia, Kane Moustapha, Sidney Sokhna, entre autres personnages clefs du Tayaïsme : après le mithaq pour se renforcer au parlement, la création d’un parti politique puis la constitution d’un bloc de la majorité vont finir par imposer le retour de ces soutiens des premières heures que Sidi Ould Chaikh Abdallahi avait paraît-il évité de mettre au devant de la scène pour ne pas frustrer… Mais, l’effort débouchant très souvent sur le succès, les fameux ‘roumouz el fassad’ ou symboles de la gabegie, ont fini par reconquérir l’espace politique. Ce ne sera pas certainement la timide entrée dans leur gouvernement de cadres de partis idéologiquement assez importants comme l’UFP ou le RNRD qui va inhiber l’ardeur de ces animaux politiques. Le programme spécial d’intervention, les états généraux de l’éducation, la poursuite de la résolution du passif humanitaire, la relance économique, la lutte contre la pauvreté, etc. seront-ils réussis avec eux ?
Déjà on observe une crise dans le secteur de l’enseignement secondaire. Laquelle semble découler d’une réaction négative aussi bien contre la ministre et son équipe que contre le redressement auquel ils s’attèlent. En effet, à voir la configuration du Syndicat indépendant des professeurs, principal instigateur des grèves aux relents de chantage, on peut soupçonner une résistance à la poursuite de la réforme de 1999 qui, en toute vérité, a eu pour résultats de remettre tous les enfants mauritaniens dans une même école au sens où ceux-ci avaient été séparés, ‘apartheidisés’ par un système bicaméral qui a duré plus de vingt ans. En plus le SIPES, constitué essentiellement d’enseignants appartenant à la mouvance islamiste donne l’impression de chercher à faire appliquer l’idée d’une restitution à la langue arabe sa valeur constitutionnelle. Or l’équipe dirigeante du ministère de l’enseignement fondamental et secondaire ne parait pas à ses yeux être représentative d’une telle option, eu égard aux formations de ‘francisant’ de la ministre, du Secrétaire général et du Directeur général du ministère de l’enseignement secondaire et fondamental. Donc en mettant, comme on dit dans un jargon terre-à-terre, les bâtons dans les roues de la ministre et de ses collaborateurs, ils pensent pouvoir finir par les pousser à la porte. Ironie du sort, à la veille de la constitution du gouvernement actuel, il a fallu scinder le ministère de l’Education Nationale en deux pour faire participer les islamistes à sa gestion. La poire coupée en deux, sa partie comportant l’enseignement supérieur est désormais entre les mains d’un ministre du RNRD (Tawassoul). On se rappelle que parmi les raisons de l’entrée de ce parti dans les rangs de la majorité, Jemil Ould Mansour a invoqué « le renforcement et la défense de la langue arabe »…Par-delà, faut-il croire que la direction par un parti islamiste du ministère de l’emploi et de l’insertion se caractérise par une meilleure transparence et une plus grande équité ?
‘…tous contre l’autre’
Enfin, l’opposition, certainement à court d’idées et inapte à dissuader de l’extérieur, a choisi de s’essayer à la pratique du pouvoir aux côtés de ceux qu’elle combattait par le passé. Histoire de rattraper le temps perdu à skier sur le désert politique. Ayant remarqué que la présence par exemple de Messaoud Ould Boulkheir aux côtés de Sidi Ould Cheikh Abdallahi a beaucoup contribué à la prise en charge de questions qui les préoccupaient certainement tous, les autres leaders de l’opposition n’ont pas pu y rester. Pas même le statut constitutionnel de l’opposition représentée par un chef de file ne les a consolés. Bien au contraire, certains, l’UFP notamment, sont parvenus à réformer légalement ce statut. Et comme s’il s’était agi de prendre un revanche sur ce chef de file qui aurait cherché faire de l’institution son propre royaume, les députés de l’UFP ont réussi à faire réviser le texte avant de claquer subtilement la porte de cette opposition. Quand aux partisans du Tawassoul, ils ne pouvaient plus continuer à cheminer aux côtés d’un parti comme le RFD qu’ils tiennent pour responsable de la destitution de la Maire de Tevragh issue de leurs rangs. Resté pratiquement seul, quel cheval va enfourcher le RFD d’Ahmed Ould Daddah pour surveiller l’action du gouvernement constitué désormais de ses anciens partenaires et de ses adversaires de toujours ? La première intervention publique d’Ahmed Ould Daddah après la constitution de l’équipe de Ould Waghef avait été consacrée « uniquement » aux accords de Doha sur le Liban. Kissima

Source : La Tribune n°402




Actu- Rosso

2062008

 Election du bureau local du croissant rouge

L’élection du bureau départemental du Croissant Rouge a eu lieu le 28 mai dernier à la Maison des Jeunes de Rosso en présence du Hakem, du chef d’arrondissement de Jidrel Mohguen et de Sid’Ahmed Ould Henoune superviseur du Croissant Rouge. C’est ce dernier qui a rappelé les conditions pour l’élection et départager les trois candidats en lice. En compétition, le président sortant Sidi Baba Ould Saheb, Oumoukelthoum Camara et Meye Diop.
A l’issue des élections, Sidi Baba a obtenu 733 voix et a devancé Oumekelthoum (108) et Meye Diop (65). Un taux de participation de 43,72 % sur 2072 électeurs inscrits.
Le président sortant a bénéficié de l’appui des élus qui ont fait des pressions sur certains candidats qui ont fini par désister.
Avec son expérience et ses relations, Oumkelthoum Camara était la mieux placée pour diriger le bureau local mais la politique s’est invitée dans les élections.
Le président du bureau local pour être un homme respectable n’en est pas moins un ‘illettré’ incapable d’apporter grand-chose au croissant rouge local.
Malgré l’exonération les prix flambent.
Dans le cadre du programme du plan d’urgence, l’état encourage les importateurs mauritaniens à importer du riz en exonérant les taxes et des droits de douane. Des dizaines de camions transportant du riz thaïlandais transitent quotidiennement par le terre-plein du bureau des douanes de Rosso en provenance de Dakar.
Ce stock ajouté à la production locale devait mettre les populations à l’abri. Mais les spéculateurs sont actifs et les prix flambent. Le sac de 50 kg qui coûtait de 8500 à 9000 UM se vend aujourd’hui à 11000 UM.
Sipes : grève largement suivie
Les professeurs ont largement suivi le mouvement de grève du SIPES à Rosso. Des trois établissements secondaires de la ville, seul le collège 2 enregistre quelques défaillances. Au lycée et au collège 1 les deux écoles les plus importantes le mouvement est suivi à plus de
80 % . Quelques amis du directeur du lycée sont allés à l’école sous prétexte qu’ils sont du même terroir que le directeur. Au collège 1, des professeurs frileux connus pour leur opportunisme vont à l’école où ils ne trouvent qu’une poignée d’élèves. A Boutilimit jeudi c’était le 100 % et on espère que la tendance sera suivie. Pourtant malgré le succès du mouvement, le syndicat doit faire attention : la plupart des grévistes ne sont pas affiliés et désertent les classe pour d’autres considérations que la seule lutte syndicale. Certains disent n’avoir aucune envie de militer dans un mouvement inféodé à la mouvance des islamistes réformateurs tandis que d’autres déplorent l’amateurisme des dirigeants du SIPES.
A Rosso les professeurs se réunissent au siège du syndicat à Sattara non loin de ‘Dar Hanena’ (la maison où lfut capturé l’homme du 8 juin 2003).
D.A.

Source : La Tribune n°402




Port artisanal de Nouadhibou : préparer l’avenir

2062008

Port artisanal de Nouadhibou :
Préparer l’avenir

Il est 12 heures passées de quelques minutes. Les quais du port artisanal de Nouadhibou grouillent d’activités. Même à cette heure. Alors que les bateaux de pêche ne sont prévus de retour qu’en fin d’après-midi. Alors que ceux devaient s’en aller pêcher sont déjà loin. Mais c’est le moment des transactions. Ici et là on s’active.
Le lieu est propre. C’est nouveau. Des équipements ont été mis en place pour permettre d’offrir de meilleurs services. Tout pour faire du port artisanal, un élément moteur de l’économie locale puis nationale.
C’est en 1996 (décret N°96-071) que l’Etablissement Portuaire de la Baie du Repos a été créé. L’idée était d’en faire le centre d’un grand projet qui entrait dans le cadre de l’aménagement de cette belle baie, la plus clémente de la côte mauritanienne. Mais on s’est arrêté aux premières fonctions de l’établissement : entretient, exploitation, amélioration, extension des installations du port lui-même. Il devient rapidement un géant avec la possibilité d’offrir près de 30.000 emplois liés à l’activité et son impact sur l’économie nationale. Mais c’est un géant aux pieds d’argile. Il va rapidement souffrir de mauvaise gestion. Il devient une entreprise sociale moins portée sur le développement de l’outil, raison de son existence.
Quand arrive la nouvelle direction (novembre 2006), le découvert bancaire est à 88 millions générant des frais financiers très lourds : 4 millions par trimestre. Le poids du personnel est à 50% des charges de l’établissement. Au moment où ce personnel est absentéiste, peu performant et, pour la plupart, sans qualification. Aussi était-il vain de parler d’actif quand il s’agit de matériel de transport à l’arrêt, un matériel de bureau usé et des machines désuètes. Si les recettes sont faibles, les coûts d’entretien sont exorbitants. Le tout est aggravé par la faiblesse des revenus des intervenants que sont les pêcheurs artisanaux et le poids d’une lourde dette fiscale. Si le déficit structurel se chiffrait à près de 8 millions, l’établissement était dans l’incapacité de subvenir à ses besoins d’autofinancement pour l’amélioration de son état.
Justement les installations de l’établissement étaient dans un état de délabrement avancé : ensablement, manque d’entretien, déficience sur des postes essentiels (absence de matériel contre les incendies par exemple), absence de sécurité, non respect des normes d’hygiène et de salubrité, insuffisance notoire des infrastructures d’accueil.
Sur le plan institutionnel et organisationnel, l’espace de l’établissement était mal défini. Il manquait d’organigramme fonctionnel, de manuel de procédures, de système d’information fiable et souffrait du poids d’un personnel pléthorique et inutile.

Redressement

La stratégie de la nouvelle direction a suivi deux axes : maîtrise des charges et amélioration des recouvrements d’une part, renouvellement des outils, réhabilitation des infrastructures et introduction de nouvelles méthodes en vue d’une gestion saine des ressources et du personnel de l’établissement. Les résultats n’ont pas attendu : augmentation des produits de 15%, baisse des consommations intermédiaires de 9%, allègement des dettes de 5% pour les dettes à long et moyen termes et 49% pour celles du court terme, résorption totale du découvert bancaire… Résultat pour la communauté nationale : paiement de 37,8 millions en impôts au titre de 2007. Résultat immédiat pour l’établissement : augmentation de 123% de la capacité d’autofinancement. Il faut signaler que ces résultats ont été accompagnés de la régularisation de postes quasi-fictifs pour 40 millions et de passifs autres pour 20 millions.
Sur le plan technique, le redressement a permis de procéder au dragage du bassin et du chenal pour 185 millions. Cette action était un préalable à la relance de la coopération avec le Japon qui entend mobiliser 4 milliards en vue de l’extension du port artisanal. Il y a eu aussi le carénage des pieux des douze pontons ainsi que la réfection des quatre pontons d’amarrage. Sans compter le revêtement en planches de quatre pontons financés sur coopération avec l’Algérie, le dallage de l’entrée du port et la confection de la protection des quais et de la hale au poisson. Mais le plus urgent était d’assurer un minimum de sécurisation des installations ainsi que la réalisation de normes hygiéniques et sanitaires. Un matériel de lutte contre les incendies est en cours d’acquisition (financement mobilisé, marché adjugé). La construction de latrines, de poubelles, est en cours. La sensibilisation sur la question de la salubrité et la mise aux normes globale est lancée.
Sur le plan de l’organisation, on peut noter l’élaboration d’un manuel de procédures et d’un organigramme adapté aux réalités de l’établissement. Avec notamment l’introduction de fiches de postes et l’engagement d’un audit du personnel afin de déterminer les besoins et les qualifications demandées. Le domaine portuaire est en cours de délimitation par décret dont le projet est élaboré et doit être présenté au conseil des ministres bientôt. En vue d’une amélioration des outils de gestion, l’établissement a acquis des logiciels pour la comptabilité, la paie et la facturation. Aussi a-t-il été adopté une politique de communication alliant l’interne à l’externe dans la perspective d’une meilleure transparence.
La politique visant à baisser les charges continuera. Les mesures prises depuis novembre 2006 seront affinées en vue d’avoir de meilleurs résultats surtout d’accumulation de possibilités financières permettant de prendre en charge, en partie ou en totalité, le financement de son développement. Déjà, la coopération japonaise va démarrer les travaux d’extension en 2008. Des conventions et jumelages ont été signés avec d’autres autorités portuaires (Las Palmas, Tunis et bientôt Agadir). Le renouvellement de la confiance des partenaires extérieurs, est doublé de la réhabilitation de l’image du port qui ne s’est jamais aussi mieux portée.

Cp/ Athié

Source : La Tribune 402




JE ME SUIS REVEILLE CE MATIN

2062008

Il m’arrive de bien commencer une journée, rarement mais cela arrive. Le réveil matinal quotidien ne me dérangeant plus, Dieu merci, ce sont les premiers actes qui sont pour moi les prémisses du reste. Avec le temps j’ai appris à prendre plaisir en faisant une corvée qu’il n’est pas donnée à n’importe qui d’accomplir chaque matin : réveiller deux charmantes jumelles de huit ans – quelqu’un ajoutera ‘chacune’.
Le matin, la vie commence par la routine : prière à l’aube, réveil à partir de 7 heures des plus jeunes, Al Jazeera puis Medi1sat… Justement, l’un de ces jours ‘fastes’, la station satellitaire émettant depuis Tanger recevait un éminent poète mauritanien : Dy Ould Adouba. Pour parler de ses recherches sur la poésie andalouse, particulièrement ce genre appelé «Maqamaat». Une sorte de révolution en son époque par rapport à la métrique traditionnelle qui impose une composition quasi-mathématique à la poésie.
De tout temps s’est imposé aux hommes le débat sur la métrique. Doit-on assujettir l’expression du sentiment au respect de la règle ? Doit-on la libérer de toutes les pesanteurs ? Autrement dit la parole doit-elle rester prisonnière d’un système métrique créé pour dompter – justement – la spontanéité et l’émotivité ?
Même chez nous, en milieu Bidhâne, pourtant très conservateur sur ces questions, le débat a été ouvert. Il a donné une chose de très peu élaborée comme ce que quelqu’un a appelé «tfeytfiit», un mélange de «seje’» (prose rimée et/ou rythmée). Une école, celle de feu Mohamed Ould Bagah, un génie de notre temps, avait cependant trouvé la parade en introduisant la notion de la ponctuation dans la poésie. Si bien qu’on a d’abord l’impression que quelqu’un parle en rimant de temps en temps. C’est devenu une colle pour les débutants : il fallait ‘réorganiser’ les vers, hémistiche par hémistiche (tvelwi).
Maloumaa Mint el Meydah a introduit elle la suprématie de la composition musicale. Elle compose la musique de la chanson, fait la distribution tout en ayant déjà l’idée du thème. Les mots n’arriveront que pour épouser le rythme qu’elle s’est choisie.
Aujourd’hui, un jeune poète, qui perce incontestablement, innove en faisant la synthèse de tout cela. Sans toutefois tomber dans le piège de l’abandon de la métrique à proprement parlé. Vous avez certainement suivi ce jeune du nom d’Ahmed Ould Waled qui a introduit la mise en scène dans la déclamation poétique. Ce qui n’est pas peu. Professeur de mathématiques de son état, Ould Waled est à la poésie hassaniya – certains diront populaire – ce que Mohamed Ould Taleb est à la poésie classique arabe de chez nous : une sorte de nouveau souffle, un renouveau certain.
En parlant de Ould Taleb justement, on ne peut que revenir sur la performance de ce jeune poète. Arrivé deuxième dans un concours international, il a eu le temps tout au long du processus de faire revenir la Mauritanie sur une scène qu’elle a désertée depuis très longtemps. Je l’ai vu récemment sur Al Jazeera parler de la poésie au Maghreb face aux souffrances du Machreq. Il était tout simplement épatant. Il expliquait les relations entre les deux parties du monde arabe. Les répliques des uns aux autres : ‘el ‘iqd el variid’ à ‘kitaab el aghany’, ‘Ziryab’ à ‘El Mawçili’, ‘Ruçavat al Andalus’ à ‘Ruçavat Baghdad’…
Dans son entretien avec Médi1sat, Ould Adouba avait dit que la production culturelle de la période andalouse faste a été occultée par les chercheurs de l’est musulman. En fait le Machreq a toujours regardé le Maghreb avec beaucoup de condescendance. Le comportement normal du centre par rapport à la périphérie, expliquerait Ould Taleb.
Pour en revenir à cette matinée, je peux dire qu’elle ne pouvait pas mieux commencer. Avec Dy Ould Adouba, côté intellect mais aussi côté ‘administration de l’invisible’ – terminologie utilisée par le sociologue Abdel Wedoud Ould Cheikh, ce grand nom que la Mauritanie n’a pas su retenir, et qui désigne ainsi tous les attributs du pan ‘maraboutique’ de la société maure (lehjaab, ettazouba et tout le reste).
Autre bon présage : quelqu’un avait glissé une vieille cassette dans la voiture et laissé l’appareil en marche. Pour une vieille cassette, c’en était une. Il s’agit d’un résidu d’un enregistrement fait au début des années 50 sur une bande et qui avait été transféré sur cassette. Personne ne sait qui est l’auteur de l’enregistrement. De fins connaisseurs m’avaient dit qu’il pourrait s’agir de ‘Aale Ould Dendenni, peut-être l’oncle du grand Sidi Ould Dendenni, encore vivant. Depuis que je l’écoute je rêve d’écrire un truc genre ‘le monde vu par ‘Aale Ould Dendenni’.
Quand il parle des Awlad M’Barek, cette tribu guerrière qui a fini par fonder une mythologie Hassane dans l’espace Bidhâne, le vieux griot donne l’impression de vivre avec eux, de goûter aux plaisirs de leur quotidien, de partager leur courage. Il se prend pour le témoin direct des événements qu’il ressasse. Il précise lui-même, «nous les Hsasne, nous sommes les griots de Ehl Bouceif Ould Ahmed, les Ehl Agmoutal sont ceux d’Ehl Bohdel…» Il n’y a que deux grandes familles de ce point de vue. Le griot est là pour en chanter les gestes, perpétuer l’histoire et conserver le patrimoine.
«Un jour, dit-il, Khattri, Sultâne Awlad M’Barek, s’adressa à Eli Nbeyt Ould Hayballa, son griot attitré en ces termes : «Boyt – c’est comme ça qu’il l’appelait – tu es en train de casser la fougue de ton beau cheval, allez, accepte de le vendre, voilà venir à toi l’opportunité de faire de belles affaires. Prends ma jument, Kreykiba, et vas au-devant du bétail, choisis deux troupeaux de moutons et de chèvres. Si tu acceptes, laisse le cheval ici et va prendre ton bien».
Sentant la bonne affaire, Eli Nbeyt n’hésite pas. Il s’en va récupérer ses nouveaux biens. Les esclaves, bergers surveillant les troupeaux, ont les bras pleins de petites bêtes qui n’ont pas encore la force de marcher aux côtés de leurs mères. De partout fusent les bêlements. La belle ambiance pour les nomades du désert. Mais Eli Nbeyt n’est pas heureux. Il rebrousse chemin.
Le voyant venir, Khattri comprit. Il dit à son entourage : «voyez-vous, Boyt revient pour demander l’annulation du marché…» «Il ne peut pas, lui répondit-on en cœur» «Par Allah, Boyt qui revient là va demander la résiliation de l’accord, on ne perd rien à attendre».
Quand Eli Nbeyt arrive l’assistance retient son souffle. «Khattri bouya, je me suis rappelé deux choses : brebis et chèvres ont toutes mis bas, je vais salir les palanquins de mes filles qui serviront à transporter cabris et agneaux ; je me suis rappelé ensuite que la jument Kreykiba va mettre bas bientôt, libérée de son fardeau elle sera toujours prête à aller à l’avant-garde de l’attaque croyant que c’est toi son cavalier… je ne suis pas habitué à aller là où Kreykiba sait aller… je ne peux pas Khattri bouya…»
«Va prendre ton cheval, prends avec la jument et les troupeaux. Mais je te jure par la mémoire de mon frère Khou, qu’on ne fera plus d’affaires ensemble». C’est alors qu’il déclama son célèbre ‘bet’ : ‘essultâne elghâly/hadha illi wassali/gassi wughliidh uzayn…’»
En entendant ce griot, on comprend aisément pourquoi cette tribu a été tant consacrée par la littérature populaire largement inspirée par la lecture des griots, véritables mémoires des groupements humains de l’espace bidhâne.
La culture de la geste est une symbiose entre les héritages, sanhajien, mandingue et hilalien. L’assimilation a été si forte que l’héritage hilalien a plus ou moins disparu. Si bien qu’au lieu de reprendre à son compte la célèbre Geste Hilalienne, la culture Hassane, née de la rencontre berbère, négro-africaine et arabe sur cet espace de convergence, a préféré puiser chez les Mandingues. Si bien qu’aujourd’hui, on peut aisément confondre les épopées de part et d’autre. Il est quand même utile de voir ‘la parenté’ évidente entre Soundiata Keita et n’importe lequel des chefs Awlad M’Bareck. Les noms des différents modes de la musique bidhâne portent souvent les noms des lieutenants du célèbre chef mandingue, fondateur de l’Empire du Mali.
La force de cette peuplade qu’on appelle ‘bidhâne’, c’est d’avoir su créer une identité qui n’a d’autre référentiel que celui de vibrer aux mêmes sonorités, de cultiver les mêmes valeurs et de parler le même dialecte. Rien de vraiment ‘génétique’. C’est essentiellement pourquoi la mobilité sociale est un trait de caractère fondamental de cette société. La ‘généalogie’ est ‘libéralisée’ – comme disent nos sociologues – parce qu’elle n’a jamais déterminé l’appartenance au groupe en général. La tribalisation excessive qu’on voit aujourd’hui est un prétexte de saison, une sorte d’instrumentalisation de la structure sociale par l’appareil politique en mal d’idéal et de projet.
Si je suis bien réveillé par un matin pareil, je vais nécessairement mal dormir. A Nouakchott on ne peut jamais être tranquille 24 heures durant. C’est la particularité de cette mégalopole qui n’arrive pas à être une ville au vrai sens du terme. Ses habitants n’arrivent pas à être autre chose que des ‘visiteurs’ temporaires d’un lieu qui a reproduit la ruralité par plusieurs de ses aspects.
TVM reçoit ce soir-là Mohamed Ould Bowbe Jidou, un virtuose de la tidinitt, héritier d’une école dont son père, Ahmed, a été l’incarnation vivante. Cosmopolitisme, précision et génie. Mais tout, en ce qui concerne l’art, dépend de l’interlocuteur… Chez moi TVM est sur le canal 1, le 2 c’est le Maroc, le 3 Al Jazeera… Donc il était tentant de changer de chaîne.
La chaîne marocaine émettait déjà à partir de son antenne régionale de Laayoune. Comme chaque soir à partir de 21 heures. Ce soir-là, il y avait aussi sur cette chaîne une émission spécialisée dans la musique et la poésie Hassane. Ici, c’est un griot du nom de Abba Ould Badou qui jouait une très belle tidinitt. Ici présentateur et intervenants parlaient hassaniya. ‘El Hawl’, ‘azawane’, ‘leshwaar’, ‘el vet’h’… pas de ‘el mussiqa’, ‘aalit ittidiniit’, ‘el ma’zouf’, ‘el ‘azf’… Pas d’ordinateur non plus, pas de cachet ‘moderne’ qui enlève toute spiritualité à l’atmosphère d’un ‘majliss bidhâne’ – comme dirait la grande Khadi Mint Cheikhna. Et parce que je parle d’elle, je voudrai saluer ici d’abord son rôle dans la réussite de l’édition 2008 du festival des musiques nomades, ensuite sa prestation à la nouvelle – et déjà réussie – émission de TVM, ‘El Bedaa’ (le créateur – dans sa dimension artistique). C’est une émission qui est dans sa deuxième semaine et qui fait déjà des émules. Mint Cheikhna a parlé du ‘majliss il bidhâne’ – assemblée des bidhânes – et de sa disparition comme signe de la décadence de la culture de ce peuple. Cette première édition de l’émission produite et réalisée par Intaaj Production (Isselmou Ould Tajedine), présentée par le jeune talent Mohamed Ould Haye, a vu aussi la participation de ténors comme Mohamed Ould Hadar qui a présenté une joute poétique qui l’avait opposée à son ami Hassane Ould Sid Brahim, fils de feu Mohameden connu au-delà de l’espace bidhâne, Brahim Ould Kleib, grand poète qui en a profité pour rappeler que la poésie n’a jamais été une spécialité de caste, Brahim Ould Abdallahi, incarnation vivante du génie, était là aussi…
El Bedaa’ a, en deux émissions, révélé de grands talents. Bien sûr, il y a ce jeune Ddou Ould Begnoug, élément central de la commission d’évaluation. Avec lui et Ould Mou’alla – autorité en matière de création poétique – on sent la naissance de la première école critique formelle dans notre espace. L’émission a aussi permis de redécouvrir la splendeur du ‘Fetaa’ de notre société traditionnelle. La finesse et la pertinence de Ahmed Baba Ould Ahmed Miské dans son intervention au cours de la deuxième édition, en ont été l’incarnation. Il a rappelé que les attributs de l’humain dans notre entendement sont d’abord ceux-là : sa capacité à traduire le monde qui l’entoure, à dire sa souffrance tout en l’acceptant, son plaisir sans extravagance, à composer, à réciter, à rester humble… La personnalité de l’auteur de «na’raf ba’daane khaaça/’an bidhâni bidhâni/hayatu diima naaqça/yakuun evmuritâni», nous oblige à revenir sur la notion du Fetaa dans notre culture. Cette notion d’el fetaa correspond à celle de ‘l’honnête gentilhomme’ de l’époque médiévale avec cette différence près : il devait allier la vivacité, la tête bien pleine et l’opportunisme dans l’occupation du terrain. Cela nécessite maîtrise de la langue, connaissance des préceptes de l’Islam, compétence dans la prise de parole, art de manier le Verbe, connaissance encyclopédique des Ulum (sciences : religion, rhétorique, astronomie…), connaissance poussée de la musique… On avait pas besoin de faire une université particulière, les campements étaient pour la plupart des écoles de savoirs ambulantes. C’est ce qui distingue d’ailleurs les nomades que nous sommes de tous les autres nomades : ici l’écriture occupe la première place.
Nous avons bien sûr perdu ces notions de fetaa qui sont remplacées par les vertus du ‘sou’louk’, cette espèce d’anti-héros qui possède certains attributs de la grandeur mais qui reste un guerrier ne croyant que la violence comme mode d’expression et voie de règlement de ses problèmes. Mais le sou’louk de nos temps doit acquérir les attributs du fourbe. Il doit être capable de batailler, tromper, tricher… Gazra et thiebthiib sont ses maîtres-mots. L’échelle de contre-valeurs est ainsi fixée : ‘etfegrish’ pour dire ‘vol’, ‘ed’ayv’ pour désigner l’honnête. La société avançant les pieds en haut. La puissance s’exprime avec vulgarité évidente : imposantes bâtisses mobilisant béton armé et porte d’aluminium, rutilants 4×4 aux moteurs vrombissant, grands boubous raidis par la gomme… oubliées finesse et humilité jusque-là valeurs cardinales d’une société simple et fière.
J’ai toujours cru que l’entreprise du changement – si elle est réellement le souhait de la majorité – commence par là : la remise sur pieds de l’échelle des valeurs. C’est elle qui inspirait la conduite des affaires de l’Etat, la Mauritanie devenant l’incarnation d’une âme qui reflétait cette société dans sa diversité, son humilité, son enracinement…
La journée qui avait commencé plutôt bien, se termine dans la morosité. Me voilà gagné par l’insomnie due aux questionnements sur l’état d’une société à laquelle je reste attaché malgré tout. Qui s’occupe de cet aspect des choses ?

Ould Oumeïr

Source : La Tribune n°402




PSI : des hauts et des bas

2062008

C’est au cours d’une conférence de presse tenue par le comité technique de pilotage dirigé par Khalil Ould Enahwi, conseiller principal du Président, que nous apprenons que 22.000 tonnes de vivres ont été effectivement livrées dans les différentes régions du pays. Sur un total prévu de 58.000 tonnes, soit moins de la moitié et ce moins de deux mois environ après le démarrage du programme spécial d’intervention (PSI). Précisément entre le 5 avril et le 31 mai 2008. Selon le premier responsable du comité, les 38.000 tonnes restantes seront distribuées au cours des 2 prochains mois.
Le PSI est un programme initié par le Président de la République pour juguler les effets négatifs de la crise alimentaire dont les répercussions ont été catastrophiques pour les Mauritaniens. C’est ainsi qu’une enveloppe de 36 milliards d’ouguiya a été dégagée pour financer le PSI qui comporte plusieurs volets : alimentation, agriculture, formation –insertion, Activités génératrices de revenus (AGR) et hydraulique.
Dans le cadre des activités génératrices de revenus, la PROCAPEC a ouvert des boutiques où les produits alimentaires sont vendus à des prix défiant toute concurrence. A Nouadhibou, par exemple, six boutiques fournissent effectivement les populations. Situées dans les quartiers les plus démunis, elles proposent le blé à 100 UM le kilo, le riz à 185, le sucre à 150… L’affluence est assez forte : dans l’une des boutiques, on vend en moyenne 200 kg de blé par jour et 500 de riz. Le capital de 4 millions par boutique est fourni par la PROCAPEC qui engage trois personnes : un gérant, un vendeur et un gardien. Le produit des ventes est versé quotidiennement dans un compte ouvert à cet effet seulement. Pas de possibilité de retrait. Les six boutiques emploient 18 personnes recrutées localement.
C’est le contraire à Néma où la PROCAPEC n’intervient pas encore et où trois boutiques sur les cinq prévues ont été ouvertes dans le cadre du PSI, on emploie des gens venus d’ailleurs. Ici le sac de ‘Rakel’ (aliment de bétail) est à 3600 UM quand il est local. Mais il est boudé par les éleveurs qui lui préfèrent la production malienne dont le sac de 50 kg coûte 5000 UM. Ici le sac de blé de 50 kg est à 7500. Sensiblement le même prix qu’à Timbédra où aucune boutique n’a été ouverte à ce dimanche, Djiguenni et plus loin à Kobenni. A Wul Yengé au Guidimakha, 851 tonnes ont été acheminées pour fournir tout le département. Il existe 72 banques de céréales dont 59 qui étaient là. Les anciennes banques de céréales ont été alimentées à hauteur de 272 t. 10 banques nouvelles ont été appuyées à hauteur de 25,5 t. Ici la PROCAPEC a ouvert une boutique qui contribue à réguler le marché. Le riz local est à 10500 UM pour le sac de 50 kg. Le riz en provenance du Sénégal à 11500 UM. Le blé est à 8000 UM pour le sac de 50 kg et l’aliment de bétail à 5000 UM. Dans la ville de Wul Yengé, il n’y a pas de banques de céréales. Non loin de Nouakchott, les gens de Boutilimitt sont surpris d’entendre que chaque campement aura deux tonnes. «On nous avait d’abord annoncé 15, puis 8 et enfin 2. Sans clarifier les critères». Deux boutiques à Rosso où le riz local est acheté 8500 UM et le riz importé à 10.000. «Le problème ici, c’est la denrée qui n’existe plus».
Par ailleurs, le volet forage du Programme Spécial d’Intervention (PSI) est achevé au niveau de la wilaya du Brakna. C’est ce qu’a déclaré Mohamed Ould R’Zeizim, nouveau ministre de l’Hydraulique et de l’Energie à l’issue d’une visite d’information effectuée au niveau de deux forages à Elb Ejmel et Boutweichtiya dans la wilaya du Brakna. L’’exploration et le forage de points d’eau dans les zones d’élevage situées sur l’ensemble du territoire national et leur mise en œuvre, sont confiés au ministère de l’Hydraulique dans le cadre du PSI. Le ministre de l’Hydraulique a noté que le Brakna bénéficie de 5 points d’eau sur un total de dix forages programmés par le PSI. « Dans ce cadre, tous les points d’eau programmés ont été réalisés sauf ceux du Tagant, où les équipements de forage ont été acheminés pour le démarrage des travaux », a-t-il dit.
Le ministère de l’Hydraulique et de l’Energie est chargé, dans le cadre du PSI, de la réalisation des objectifs suivants: – la stabilisation des prix de l’eau, de l’électricité et du gaz domestique au cours de l’année 2008 à son niveau de 2007, – l’amélioration de l’accès universel des populations à l’eau potable, – la facilitation de la recherche des pâturages, surtout pendant la période de chaleur.
Concernant la stabilisation des prix, une aide de 10 milliards d’ouguiyas a été consentie (dont 5 milliards pour la SOMAGAZ, 4,5 milliards pour la SOMELEC et 400.000 UM pour la SNDE).
S’agissant du volet de l’hydraulique villageoise et pastorale, des études hydrauliques et géophysiques, la construction de 60 forages de prospection, dont 20 sont exploitables ont été réalisées pour un montant de 20 millions d’ouguiyas ainsi que l’équipement de 8 stations de pompages sur les 22 prévues.
Le département a, dans ce cadre, signé avec l’ANEPA une convention par laquelle, il lui délègue la maîtrise d’ouvrage pour le montage des stations motorisées au niveau pastoral.
Un délai de quatre mois a été retenu avec l’ANEPA pour la mise en oeuvre et l’achèvement de la première partie des travaux de ces stations qui seront achevés d’ici la fin du mois de juillet.

Source / La Tribune 402




Nouvelle page de Kissima Diagana

2062008

Meurs ô noblesse, « le cœur a ses raisons… »

Un jeune couple nous a été présenté mercredi 22 mai au soir par des défenseurs de droits de l’homme. Le problème de ce couple était visiblement d’avoir ‘commis un crime de lèse majesté’ dans un pays où la noblesse est loin d’être en agonie. Mohamaed Ould Aloueimnatt aime Mrayem Mint El Jili depuis longtemps. Mais les traditions qui nous enchaînent encore interdisent qu’un ‘forgeron’ épouse une ‘fille de rang supérieur’…Ould Aloueimnatt et sa bien aimée ont, contre la volonté du père de celle-ci, eu recours à la clairvoyance d’un cadi qui, non sans avoir vainement convoqué le père de la fille, a fini par sceller leur mariage…Il leur a remis un acte de mariage pour servir et valoir ce que de droit. Mais…
Au lieu du bonheur, Ould Aloueimnatt et Mint El Jilli, aujourd’hui en état avancé de grossesse, vivent l’enfer…Ils subissent convocations et auditions de la justice qui manifestement est sous influence de notables réfractaires aux changements de mentalités….
Sans entrer dans les détails de cette affaire, on peut constater qu’en plus de l’esclavagisme, la Mauritanie souffre d’un autre féodalisme : le mépris de l’autre. Est-il alors besoin de rappeler que ce que l’on peut appeler principe de parité, tel que nous l’avons adopté, n’est nullement inscrit dans nos textes sacrés ? Le ‘passiraagal’ des halpulaaren, le ‘khawanthiaakhou’ des soninko, le ‘nawlé’ des wolofs ou encore la notion de ‘kouf’u’ des arabes placés comme conditions aux relations matrimoniales et à établissement des liens de mariage entre deux individus ne sont prescrits nulle part dans le coran et dans la sunna. Tout juste nous dit-on dans le coran de ‘ne pas épouser les mécréants ou les idolâtres –même s’ils nous charment ou séduisent- auxquels il faut préférer les esclaves’…
Alors combien de bonheurs ont été inhibés à cause de ces coutumes rétrogrades ? Combien de jeunes gens ont tué leur amour dans l’œuf parce que tout simplement la famille est contre ? Combien sont devenus fous et combien se sont suicidés à cause de leur noblesse ou du fait de leur soi-disant infériorité sociale ? Combien de déviances ont été rendues possibles parce que tout simplement les familles ont opposé leur veto à une union qui aurait pu être licite ?
Le cas de Ould Aloueimnatt et de Mint El Jili révèle s’il en est besoin la dictature phallocratique de la société Maure et partant de toutes les communautés mauritaniennes. Le second rang de la femme la cloisonne dans l’obéissance totale à l’homme. Chez les maures s’il est permis aux ‘chefs’ d’épouser les griottes, les forgeronnes, ou de jouir de leurs esclaves, les ‘cheftaines’ n’ont nul droit de convoler en justes noces avec un griot, un forgeron ou un ‘esclave’. Voilà le hic.
A force de s’opposer aux raisons du cœur, c’est la société qui pousse au pêché. Les frères Guissé, un groupe de chanteurs sénégalais ont fredonné en wolof un morceau intitulé ‘ciré’ dont voici la traduction de quelques paroles : « Laissez-moi me marier avec Ciré. Moi, je n’aime personne d’autre que Ciré… mais la famille a refusé de donner la main de la fille à Ciré et ce qui s’est passé entre la fille et Ciré ne plait pas à Dieu…»
bentocka@yahoo.fr

Source : La Tribune 402







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