Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

30062008

 La crise politique

Il est clair que les politiques dominent ce pays. Il est aussi évident qu’ils cherchent  leurs intérêts  personnels  et communautaristes.  La division au sein du parti Adil est une explication parmi tant d’autres. Après avoir écarté l’ex-premier ministre (Zéine Ould Zéidane),  victime de combinaisons politiques, les tacticiens de cette nouvelle République cherchent  un nouveau remaniement.  Leur  discours est frappant. 

Politiquement  parlant, le jeu est permis. Il n’y a pas une grande différence entre un politique américain, français ou mauritanien. Ils sont manipulateurs et ils maîtrisent  les techniques de la rhétorique déguisée.  Le coup du 3 août a juste mis en avant un nouveau système basé sur les  hommes de l’ancien système. Tout simplement, les chefs de file  du  Cmjd ont reconnu que c’était difficile pour quiconque d’éviter la gabegie passée. En somme, ils ont confirmé  à travers le discours de leur chef Ely Ould Mohamed Vall  que dans les vingt ans passés, les décideurs étaient de loin ou de près impliqués dans la prétendue gabegie. En effet, celle-ci  demeure le mot d’ordre qui permet aux acteurs de la classe politique mauritanienne d’écarter leurs ennemis.

Admettons qu’auparavant, en Mauritanie  la fonctionnalité décisionnelle exige une pagaille inévitable.  Admettons aussi que  le comportement au sein de la cellule familiale reste dominé par l’interventionnisme étroit.  Car, les mauritaniens se connaissent. Presque tous. Et comme on le sait  pour  disposer d’un poste ou bénéficier d’une nomination, il est souvent question d’activation du réseau relationnel.   

Partant, le dessein actuel n’est pas loin du marchandage des postes. Tel marchandage a poussé l’actuel président à revoir  sa méthode nominative.  Ould Cheikh Abdellahi a su jouer au fond la carte politique.  Ainsi, est-il vraiment faible comme le fait croire les uns et les autres. Adil est fragilisé, certes. Mais les chefs des troupes politiques sont en phase de confrontation qui les fragilise aussi. Les militaires en sont-ils pour quelque  chose ? Certes, trois d’entre eux sont propulsés au sommet de l’Armée en guise de récompense. Mais, cette récompense est-il empoisonnée ? Se sont-ils créés des ennemis ? Pourquoi le colonel Ely n’a pas eu sa récompense ?

En tout état de cause, les nouveaux chefs d’Armée ne sont pas à l’abri de toute affectation. Ils craignent le retour en force de leurs anciens ennemis politiques. Il semble, dans cette perspective,   que des militaires soutiennent indirectement des parlementaires. Cela affirme la théorie du jeu politique. A cet égard, plus les groupes de pression s’éclatent, plus leur faiblesse se confirme. Ceci renforce-t-il la position du  président ?  Qui vaincra alors : la  raison des braves officiers du 3 août ? Ou la sagesse de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ?

 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°405




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

30062008

 

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

La crise politique est réelle. Occultons un moment le rôle des Généraux et du Président de la République. Il s’agit alors d’une configuration qui met en face deux camps d’un pouvoir que nous avons voulu fini depuis le 3 août. On ne le dira jamais assez.

Aucun des camps ne peut prétendre incarner le changement, ni même le renouveau. Mais on peut, avec toute la diligence requise, croire que les acteurs politiques qui qu’ils soient ont compris que la Mauritanie n’est plus ce qu’elle était. Quelque chose a profondément changé chez nous. Grâce justement au changement du 3 août. Reconnaissons donc à ses auteurs le mérite de nous avoir apporté l’espoir de changer notre situation.

Ils nous ont permis de recouvrer la volonté d’agir, la liberté de juger, la possibilité de choisir en toute âme et conscience.

J’ai encore les déclarations enflammées de nos hommes politiques – toutes tendances confondues – à propos de ce mouvement du 3 août et de ses auteurs. Je crois que tous les acteurs étaient d’accord pour dire que le pays avait besoin – pour éviter les pièges d’une libéralisation forcée – de cet élément de cohésion qu’est l’Armée. Qui mieux que ceux qui ont voulu – et pu en quelque sorte – mettre fin au régime militaire, pour ‘veiller au grain’ ?

L’un des arguments développés par la campagne de Ould Cheikh Abdallahi était la garantie donnée à l’Armée de ne pas être l’objet de quelconques ‘inquisitions’. Il fut suivi en cela par les acteurs politiques les plus significatifs qui ont voulu exprimer toutes leurs bonnes prédispositions vis-à-vis de l’Armée, à travers la promesse de réserver les meilleurs traitements des membres du CMJD. C’est une sorte de consensus qui s’était établi bien avant l’élection présidentielle. D’ailleurs l’interférence pendant les élections législatives et municipales n’entamera en rien cette reconnaissance du devoir accompli (enfin !).

Pour l’opinion, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi devait rester à l’écoute de ces officiers. C’est pourquoi on n’hésitait pas à les voir derrière son action et ses choix.

Je crois quant à moi que le péché originel de toute la classe politique et des leaders d’opinion, c’est d’avoir voulu faire pression sur l’Armée et sur les officiers en leur faisant jouer des rôles qui ne sont pas les leurs et qu’ils ne voulaient pas jouer. Une entreprise de sape des relations fut engagée pour détruire les relations entre les différents segments du pouvoir.

C’est ici le Premier ministre à qui on donne des ambitions qui empiètent sur celles du Président. Ici aussi, la famille du Président qui est mise en avant dans des affaires qui ne plaisent à personne et irritent tout le monde. Là ce sont les généraux qui sont accusés de tous les maux par des médias qui bénéficient souvent des ‘bienveillances’ de l’administration.

Cette zizanie a été accentuée par l’arrivée, dans le cercle politique restreint du pouvoir, de dinosaures politiques capables de toutes les manipulations.

A un moment ‘on’ a fait croire à «une nouvelle alliance entre les victimes de l’Armée». Comprenez, ceux du 10 juillet représentés par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et ceux du 3 août incarnés par les anciens collaborateurs de Ould Taya.

De l’autre côté, on a fait passer l’idée de «Généraux ayant la réalité du pouvoir et essayant de faire leur politique, imposant leurs hommes et dictant leurs volontés».

Même s’ils inspirent la fronde, les deux jeunes généraux ne semblent pas opter pour un recours à la force. De son côté le Président Ould Cheikh Abdallahi préfère ignorer l’origine du mouvement. Tant mieux.

Nous avons besoin d’un sursaut national sincère. Pas celui décrédibilisé pas ses auteurs. La mission sera celle de trouver un terrain d’entente et de recoller les morceaux d’abord. Eviter au Président tout ce qui peut remettre en cause son aura et son statut de président élu, donc légitime. Pour cela envisager une démission du gouvernement qui refuse de se lancer dans la bataille. Donner les garanties nécessaires à l’Armée – à travers ses chefs – que l’équilibre du pouvoir est rétabli. Aux hommes politiques d’inventer les solutions. Sinon personne ne gagne dans la confrontation. Et c’est la Mauritanie qui en pâtira.

Le Président de la République n’avait pas le droit de ne pas s’engager sur la voie de la réforme et du changement. En choisissant la pléthore de conseillers qui emplissent inutilement les couloirs de la présidence, puis son cabinet et enfin son gouvernement, il s’est condamné à ne compter que sur ses propres compétences. Elles existent mais ne peuvent être suffisantes pour inventer un monde nouveau. Rien qu’à penser que le Président n’a pas de système après plus d’un an d’exercice, on se fait aisément une idée de l’état de son pouvoir…

Les partis politiques n’avaient pas le droit d’empoisonner la vie politique en nous maintenant dans les atmosphères d’avant le 3 août. Déjà qu’ils avaient donné un chèque en blanc aux militaires et refusé de débattre de la vraie question : quelle gouvernance pour la Mauritanie ?

Les généraux, en interférant, ont fait accéder un pouvoir légitimé par l’assentiment général. Ils nous doivent d’assurer la transition vers un régime civil de pleins pouvoirs, une démocratie apaisée où l’Armée, tout restant le catalyseur de la cohésion nationale et le garant de la pérennité des institutions, sort peu à peu du champ politique. Ce sont là les termes du contrat qui comprend nécessairement un volet «services après vente».

 

La Tribune n°405




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

30062008

 

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

La crise politique est réelle. Occultons un moment le rôle des Généraux et du Président de la République. Il s’agit alors d’une configuration qui met en face deux camps d’un pouvoir que nous avons voulu fini depuis le 3 août. On ne le dira jamais assez.

Aucun des camps ne peut prétendre incarner le changement, ni même le renouveau. Mais on peut, avec toute la diligence requise, croire que les acteurs politiques qui qu’ils soient ont compris que la Mauritanie n’est plus ce qu’elle était. Quelque chose a profondément changé chez nous. Grâce justement au changement du 3 août. Reconnaissons donc à ses auteurs le mérite de nous avoir apporté l’espoir de changer notre situation.

Ils nous ont permis de recouvrer la volonté d’agir, la liberté de juger, la possibilité de choisir en toute âme et conscience.

J’ai encore les déclarations enflammées de nos hommes politiques – toutes tendances confondues – à propos de ce mouvement du 3 août et de ses auteurs. Je crois que tous les acteurs étaient d’accord pour dire que le pays avait besoin – pour éviter les pièges d’une libéralisation forcée – de cet élément de cohésion qu’est l’Armée. Qui mieux que ceux qui ont voulu – et pu en quelque sorte – mettre fin au régime militaire, pour ‘veiller au grain’ ?

L’un des arguments développés par la campagne de Ould Cheikh Abdallahi était la garantie donnée à l’Armée de ne pas être l’objet de quelconques ‘inquisitions’. Il fut suivi en cela par les acteurs politiques les plus significatifs qui ont voulu exprimer toutes leurs bonnes prédispositions vis-à-vis de l’Armée, à travers la promesse de réserver les meilleurs traitements des membres du CMJD. C’est une sorte de consensus qui s’était établi bien avant l’élection présidentielle. D’ailleurs l’interférence pendant les élections législatives et municipales n’entamera en rien cette reconnaissance du devoir accompli (enfin !).

Pour l’opinion, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi devait rester à l’écoute de ces officiers. C’est pourquoi on n’hésitait pas à les voir derrière son action et ses choix.

Je crois quant à moi que le péché originel de toute la classe politique et des leaders d’opinion, c’est d’avoir voulu faire pression sur l’Armée et sur les officiers en leur faisant jouer des rôles qui ne sont pas les leurs et qu’ils ne voulaient pas jouer. Une entreprise de sape des relations fut engagée pour détruire les relations entre les différents segments du pouvoir.

C’est ici le Premier ministre à qui on donne des ambitions qui empiètent sur celles du Président. Ici aussi, la famille du Président qui est mise en avant dans des affaires qui ne plaisent à personne et irritent tout le monde. Là ce sont les généraux qui sont accusés de tous les maux par des médias qui bénéficient souvent des ‘bienveillances’ de l’administration.

Cette zizanie a été accentuée par l’arrivée, dans le cercle politique restreint du pouvoir, de dinosaures politiques capables de toutes les manipulations.

A un moment ‘on’ a fait croire à «une nouvelle alliance entre les victimes de l’Armée». Comprenez, ceux du 10 juillet représentés par le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et ceux du 3 août incarnés par les anciens collaborateurs de Ould Taya.

De l’autre côté, on a fait passer l’idée de «Généraux ayant la réalité du pouvoir et essayant de faire leur politique, imposant leurs hommes et dictant leurs volontés».

Même s’ils inspirent la fronde, les deux jeunes généraux ne semblent pas opter pour un recours à la force. De son côté le Président Ould Cheikh Abdallahi préfère ignorer l’origine du mouvement. Tant mieux.

Nous avons besoin d’un sursaut national sincère. Pas celui décrédibilisé pas ses auteurs. La mission sera celle de trouver un terrain d’entente et de recoller les morceaux d’abord. Eviter au Président tout ce qui peut remettre en cause son aura et son statut de président élu, donc légitime. Pour cela envisager une démission du gouvernement qui refuse de se lancer dans la bataille. Donner les garanties nécessaires à l’Armée – à travers ses chefs – que l’équilibre du pouvoir est rétabli. Aux hommes politiques d’inventer les solutions. Sinon personne ne gagne dans la confrontation. Et c’est la Mauritanie qui en pâtira.

Le Président de la République n’avait pas le droit de ne pas s’engager sur la voie de la réforme et du changement. En choisissant la pléthore de conseillers qui emplissent inutilement les couloirs de la présidence, puis son cabinet et enfin son gouvernement, il s’est condamné à ne compter que sur ses propres compétences. Elles existent mais ne peuvent être suffisantes pour inventer un monde nouveau. Rien qu’à penser que le Président n’a pas de système après plus d’un an d’exercice, on se fait aisément une idée de l’état de son pouvoir…

Les partis politiques n’avaient pas le droit d’empoisonner la vie politique en nous maintenant dans les atmosphères d’avant le 3 août. Déjà qu’ils avaient donné un chèque en blanc aux militaires et refusé de débattre de la vraie question : quelle gouvernance pour la Mauritanie ?

Les généraux, en interférant, ont fait accéder un pouvoir légitimé par l’assentiment général. Ils nous doivent d’assurer la transition vers un régime civil de pleins pouvoirs, une démocratie apaisée où l’Armée, tout restant le catalyseur de la cohésion nationale et le garant de la pérennité des institutions, sort peu à peu du champ politique. Ce sont là les termes du contrat qui comprend nécessairement un volet «services après vente».

 

La Tribune n°405




Conférence de presse de l’UFP

30062008

 

Conférence de presse de l’UFP

Mohamed Ould Maouloud  se prononce sur la crise politique actuelle

 

La Crise politique se confirme de plus en plus à travers les déclarations de chefs des partis en Mauritanie.  Mohamed  Ould Maould  accuse,  au cours d’une conférence de presse tenue dans les locaux du siège de l’UFP, le 28 JUIN 2008,  des militaires  d’être politisés et impliqués dans cette crise politique, notamment les deux fameux généraux Ould Abdel Aziz et Ould  Gazouani.   « Cette situation est alarmante, laisse penser le leader de L’UFP.  La question de la motion ne doit pas  être une priorité, car le gouvernement n’a pas encore déclaré  sa politique générale ».  «  Est-il alors  logique d’entraver l’action d’un gouvernement qui vient de prendre ses fonctions ? » s’interroge-t-il avant de poursuivre : «  Je tiens à cette occasion à adresser un message solennel à l’égard de l’ensemble des acteurs politiques  pour qu’ils s’engagent à  défendre  nos institutions », a-t-il martelé.

 Pour ce qui est de la gabegie, Mohamed Ould O Mouloud indique qu’il faut définir  ce  mot avec beaucoup de nuance. « Il est aberrant de dire  que 4 ministres de  la nouvelle formation gouvernementale  vont  avoir un poids incontestable  sur le reste de l’équipe dirigeante », s’exclame-t-il.

S’agissant des  membres du gouvernement  dont la nomination n’a pas fait  l’unanimité au sein de la majorité, le chef de l’UFP a déclaré que le Cmjd lui-même a nommé des éléments forts de l’ancien système, notamment le Premier ministre Ould Bobacar.  Et que l’utilisation de prétexte de gabegie  n’est qu’un jeu politique clair et net.  « Il faut ouvrir le dossier  passé afin de déterminer qui  sont  les vrais fautifs de la période passée sinon laissons les choses comme elles sont. En outre, c’est ces  militaires qui ont combiné avec  les anciens hommes forts du système en excluant certains parmi eux.  Le nouveau raisonnement ne tient pas » annonce-t-il.

Toutefois, Ahmed Ould Daddah a déclaré au cours de la clôture du premier congrès de son parti, « qu’il est pour une motion de censure. Et que cette dernière n’est  qu’une forme d’exercice du pouvoir parlementaire. Il a ajouté aussi  que «  celle-ci  est une procédure démocratique et légale ».

Il est à préciser que des membres du parti Adil   se sont retirés du parti. Et que d’autres partis de  la majorité  essayent d’avoir le quorum nécessaire pour voter la motion de censure. 

Pour ce qui est des  spéculations tournant autour de l’augmentation du nombre de parlementaires qui   veulent  voter cette motion, Ould Maouloud  confirme que  « personne ne peut avoir une idée claire sur ce que ces députés  vont faire ».    « Il faut attendre le moment de l’ouverture de la cession parlementaire pour se prononcer sur un tel acte. Tout ce que je sais c’est que les parlementaires  semblent être pour le moment indécis »,  a-t-il ajouté.

Mohamed Fouad Barrada    

 

Source : La Tribune n°405    

 




Politique : La guerre des clans peut causer le coup d’Etat… légal

30062008

Politique :

La guerre des clans peut causer le coup d’Etat… légal

 

 

Nous vous le disions la semaine dernière : la crise annoncée a finalement éclaté. Démissions de cadres du parti au pouvoir. Conciliabules. Retrait d’élus. Préparation d’une motion de censure par les députés.

 

Lundi 23 juin, les partis de la majorité, c’est-à-dire ceux représentés au gouvernement, expliquent devant la presse la donne politique nouvelle. Ceux qui sont entrés dans la salle de réunions de l’hôtel El Khater, sans être convaincus qu’il y a crise politique, en sortent avec la certitude que la crise est bien installée.

C’est ici Ahmed Ould Sidi Baba, président du défunt RDU, qui parle de «bruits de bottes», là Moustapha Ould Bedredine, député UFP, qui invoque le danger du retour des militaires au pouvoir. En aparté, chacun essaye de comprendre et de communiquer son inquiétude. Mais quand viennent les chefs des partis, on occulte la crise.

La déclaration lue est d’abord une réponse aux propos du président du Rassemblement des forces démocratiques, Ahmed Ould Daddah qui est aussi le chef de file de l’Opposition démocratique. Ses propos sur la chaîne qatariote de la semaine d’avant ne semblent guère plaire. La veille, il y avait eu cette réponse ‘véhémente’ sur l’aspect concernant les chiffres du fonds national des hydrocarbures. Place maintenant à la réponse politique. On ne comprend pas ici pourquoi ‘on’ demande la démission d’un gouvernement qui a été nommé il y a un mois. Et pourquoi surtout on lui demande des comptes. Prétexte pour expliquer les raisons du dernier montage qui a vu l’entrée au gouvernement d’éléments de deux partis de l’opposition traditionnelle à Ould Taya : ceux de l’Union des forces du Progrès (UFP) au nombre de trois, et ceux de Tawasul au nombre de deux. Avec eux le retour aux devants de quelques grandes figures de l’ère Ould Taya : anciens ministres, anciens proches collaborateurs, anciens soutiens. Et c’est justement ce retour qui constitue l’argument principal des frondeurs.

D’abord diffus, le mouvement de fronde a pris de l’ampleur avec la démission collective de quelques vingt cadres tous membres du Conseil national du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD, Adil pour les intimes). Le mouvement est dirigé par le secrétaire général du parti qui organisait la veille la réunion des partis de la majorité à l’hôtel El Khater. C’est dans la même salle que, mardi 24 juin, il a annoncé en grande pompe la démission collective de son groupe.

Ancien ministre de l’environnement sous Ould Taya, Mohamed Lemine Ould Aboye, a été copté secrétaire général de Adil après le refus de son cousin, Dr Abdi Salem Ould Cheikh Saadbouh, d’occuper le poste. Comme à l’ancienne, on a fait appel au cousin pour signifier que le poste est réservé à telle ou telle communauté. Parmi les démissionnaires figurent d’autres ministres de Ould Taya dont le plus flamboyant ce jour-là était Hammoud Ould Abdi. Ministre de la communication au moment du coup d’Etat qui a emporté Ould Taya, il avait violemment réagi sur la chaîne Al Jazeera et fortement condamné l’action du 3 août. Il est vrai qu’à ce moment-là on avait parlé de l’échec de la tentative… Il y avait aussi des ministres de la transition et des dignitaires du régime de l’avant-transition. Une simple lecture des signatures décrédibilise complètement les raisons annoncées de la fronde. Qui a pourtant ses raisons plutôt légitimes…

On veut bien voir derrière cette fronde, la main – ou les mains – des deux jeunes généraux, Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani. On leur prête la volonté de barrer la route au retour des caciques du régime dont ils sont les tombeurs. C’est légitime quand on se dit que préparer, mettre en œuvre un coup d’Etat et ouvrir la voie pour un nouvel ordre politique n’est pas chose aisée. Et c’est ce que les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani ont fait. Ce n’est pas parce qu’ils sont devenus entre-temps Généraux qu’il faille les classer avant de les pousser à la porte. C’est d’autant plus risqué qu’ils ne sont pas hommes à se laisser faire (cf. article plus loin).

Le temps a été très court pour permettre le passage d’un système hyper-dirigé – si l’on peut parler ainsi – à un système complètement émancipé. Sans trop de heurts. La pédagogie permettant un changement ‘doux’ des mentalités par l’assimilation des responsabilités individuelles et collectives dans une société plutôt libérée des contraintes, cette pédagogie a été absente. Les grèves intempestives, l’impression de déliquescence, l’absence de repères sont autant de manifestations à travers lesquelles nous voudrons bien lire la faiblesse du pouvoir et son incapacité. Alors qu’elles sont la conséquence de l’apprentissage démocratique en cours…

L’esprit ayant horreur de l’inexpliqué, l’opinion a vite voulu voir dans tous les agissements du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, la dictée des deux généraux qui ont été une sorte de parrains pour lui. Personne en effet ne conteste le rôle joué par les deux jeunes colonels de l’époque dans la candidature puis l’élection de Ould Cheikh Abdallahi. D’ailleurs on expliquait bien ce choix par la nécessité de trouver la personne qui ne peut opérer de rupture violente. D’une part parce que la société supporterait mal toute démarche de nature à perturber l’équilibre du pays. D’autre part parce que l’Armée, élément de cohésion et pilier jusque-là du pouvoir, accepterait mal cette perturbation.

Prétextes ? Peut-être. Seulement, tous les hommes politiques – du moins les plus significatifs – et tous les analystes étaient d’accord là-dessus. Cela supposait la recherche d’une voie médiane qui consisterait à laisser accéder au pouvoir le candidat «qui rassure». L’autonomie du pouvoir civile – légitimé par une élection reconnue par tous – devait s’exercer le plus doucement possible.

Contrairement à ce qui se disait, les grands choix de la première année d’exercice ont été ceux du Président et de son Premier ministre Zeine Ould Zeidane. Même si on ne peut imaginer l’exercice du pouvoir sans intervention des hommes forts du régime – les généraux – l’essentiel des choix se faisait sans eux.

C’est ainsi qu’ils auraient appris en même temps que nous, toutes les grandes décisions du Président. Cela va de l’annonce du retour des réfugiés le 29 juin 2007 au limogeage de Ould Zeidane le 11 mai 2008. Visiblement, le pouvoir civil s’émancipait ‘trop vite’. Deux manifestations de cette émancipation ‘prématurée’.

La convocation par le nouveau Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, des deux généraux sitôt nommé à son poste. Cette convocation malencontreuse a sonné le tocsin de la mauvaise humeur – pour ne pas dire autre chose. Certains diront que les généraux étaient venus intervenir pour tel ou tel. La vérité est que la démarche – singulière dans sa forme, équivoque dans son fonds – visait à laisser entendre que les généraux étaient redevenus ce qu’ils doivent être : des subalternes du pouvoir civil. Banalisation qui n’a pas sa raison. Dangereuse du reste.

Plus significative, la campagne de presse engagée contre eux, particulièrement contre le général Ould Abdel Aziz. Si l’on fait la somme des articles écrits pour dénoncer ‘son influence’ tantôt, ‘ses alliances’ tantôt, toujours sa personne et son statut, on est surpris par l’ampleur et la violence des attaques. Derrière chacun des articles écrits, les généraux et leurs proches voyaient une main proche du cercle présidentiel. Le ressentiment devenait intense à cause de cette action inconsidérée.

Dans l’entourage professionnel du Président, les hommes politiques d’envergure manquent. Ni anticipation, ni esprit de rassemblement. La faiblesse du cabinet présidentiel – pris dans son sens large – est pour beaucoup dans l’échec de la gestion des relations entre les différents segments du pouvoir. Segments qui ont été incapables de devenir des partenaires.

Quand il est élu, le Président Ould Cheikh Abdallahi doit faire face à de multiples problèmes nés du lourd héritage du mauvais exercice de ses prédécesseurs. La Mauritanie a besoin d’hommes neufs et imaginatifs, capables de redonner confiance et d’engager le pays sur la voie du travail et de l’efficacité. On en attend aussi de bien piloter la véritable transition qui comprend la remise à niveau de l’économie nationale, la normalisation de la vie politique et l’ancrage du pouvoir démocratique.

Comme Premier ministre, il choisit Zeine Ould Zeidane qui était arrivé troisième à l’élection présidentielle. Pour la plupart des observateurs, le choix est amplement justifié. Le technocrate a une ambition politique qui doit l’amener d’une part à avoir un actif à travers des réalisations concrètes, d’autre part à comprendre l’intérêt pour lui d’évoluer à l’ombre d’un chef comme Ould Cheikh Abdallahi. Détracteurs et échecs réels dans la traduction de ses efforts ainsi que la conjoncture subitement difficile, vont avoir raison de lui. Des voix s’élèvent du camp présidentiel pour demander sa tête. Le Président Ould Cheikh Abdallahi tient avant de plier subitement.

Il nomme sitôt son plus proche collaborateur, président du Pacte national pour le développement et la démocratie, parti du Président. ‘On’ avait revendiqué un gouvernement ‘politique’, on l’a. Yahya Ould Ahmed Waghf fait une OPA sur deux formations de l’Opposition : l’UFP de Ould Maouloud dont il n’a jamais été loin et Tawasul de Jemil Mansour. Les autres partis sont habilement écartés. Le montage est ainsi fait, chacun des partis donnant la ‘crème’ de sa direction politique. Dans ce cas Adil ne pouvait donner que les noms proposés. Si bien qu’à terme nous avons un mélange de nouveau et d’ancien. Avec nette faveur pour l’ancien.

Ce sont d’abord les voix qui avaient dénoncé le gouvernement de Ould Zeidane – pour l’essentiel ses anciens soutiens – qui s’élèvent. Suivies par les soutiens de Ould Cheikh Abdallahi qui s’estiment lésés. Plus la cacophonie grandissait, plus le ressentiment s’intensifiait. Ni le gouvernement, ni l’entourage immédiat du Président n’anticipent le mouvement d’humeur, préférant croire à un ‘nuage de passage’.

Ultime aboutissement de la crise, l’appel à la motion de censure lancé par 27 députés de l’Assemblée national. Dont : Hbibi Ould Djah, député APP à l’origine et qui a rejoint le camp de la contestation sans attendre la position de son parti ; Mohamed Mahmoud Ould Ghazwani député Adil de Boumdeid, ancien député PRDS ; Ghleiwa Mint Hadhana, député transfuge UFP vers Adil et épouse de l’ancien ministre de la communication de Ould Taya, Hamoud Ould Abdi ; Mohamed Vadel Ould Tiyib député Adil ; Sidi Mohamed Ould Maham député Adil d’Atar, brillant avocat de son état et visiblement porte-parole du groupe ; Bouya Ahmed Ould Chrif député Adil de Tichitt, l’un des principaux animateurs de la fronde ; Taleb Ould Khlifa député Adil d’Aïoun ; Sidi Ould Cheikh député Adil ; Mohamed Abdallahi Ould Guelaye député Adil de Maghama, ancien député PRDS ; El Qassem Ould Bellali député Adil (venant du Renouveau démocratique), ancien maire de Nouadhibou, élu avec majorité aux dernières élections mais privé de la mairie ; Mohamed Yahya Ould Kherchi député Adil l’un des principaux animateurs de la fronde ; Louleid Ould Wedad député Adil, 20 ans directeur de cabinet de Ould Taya, ancien ministre sous Ould Taya, ancien député PRDS et tout le reste ; Moustapha Ould Abeiderrahmane député Renouveau démocratique, ancien ministre, ancien gouverneur de la BCM, ancien directeur de campagne de Ould Taya et tout le reste ; Mohamed Ali Cherif député Adil, ami personnel du Président Ould Cheikh Abdallahi ; Khattri Ould Eli député Adil de Néma ; Fatimetou Mint Mohamed Yarba député Adil ; Ba Houdou le seul élu du Centre démocratique ; Mohamed Lemine Ould Sidi Mohamed député Adil de Tamchekett ; Mohamd el Mokhtar Ould Zamel député Adil, ancien ministre de Ould Taya ; Niang Mamadou député Adil ; Mokhtar Ould Elemine député UDP, ancien député PRDS ; Sy Adama député UDP. Dans certaines listes, d’autres noms apparaissent. Mais ce sont là les plus ‘officiels’. 

Il est clair que le prétexte du «retour des apparatchiks» est un leurre. Mais le mal est là. Le choix depuis la transition n’a pas été celui de la rupture. Et si les Mauritaniens ont plutôt accepté le lifting du système qui a justifié le coup du 3 août, c’est bien en espérant qu’il découle d’une philosophie qui prône la douceur dans le changement voulu. Certains allant jusqu’à croire que les militaires dits «influents» sont à l’origine du maintien des dignitaires de l’ancien régime. La présente bataille prouve s’il le faut que les généraux sont restés hors du champ politique. Volontairement visiblement parce que personne ne semble avoir planifié leur mise à l’écart. En tout cas pas Ould Cheikh Abdallahi qui refuse de croire à leur implication selon les propos de ceux qui l’ont rencontré. 

Moustapha Ould Bedredine a récemment déclaré à l’agence ‘saharamédia’ que le Président «est faible et ne sait pas ce qui se passe autour de lui». Ce sont à peu près les mots utilisés par Ahmed Ould Daddah qui avait, il y a quelques jours, demandé la démission du gouvernement. Même le PRDR a jugé que c’est la fin pour le parti Adil. L’UFP revient et réaffirme son engagement aux côtés du Président et demande le retrait des militaires du pouvoir. Ou presque. Jusqu’où ira cette cabale ? 

Le Président semble laisser faire les députés voulant faire la motion. Préférant probablement jouer le rôle d’arbitre entre deux courants : les députés frondeurs et le gouvernement. Ce dernier semble plutôt tétanisé par la démarche. Chaque ministre voulant se garder une marge de manœuvre et évitant d’apparaître comme l’ennemi de ce qui est supposé être la volonté des généraux.

En face, l’Opposition se délecte. Seul le RFD de Ould Daddah peut renverser la vapeur. Les députés frondeurs croient que la logique voudrait voir ce parti à fonds engagé avec eux. Mais à l’intérieur du RFD, des voix s’élèvent pour rappeler que «l’élection présidentielle a été perdue à cause de l’interférence ouverte des commanditaires de la fronde – généraux, NDLR – et qu’il n’y a pas lieu de leur venir en aide». «Ni d’ailleurs de sauver les autres», précisent certains. L’intérêt pour les uns et pour les autres, c’est de rester à l’écart de cette bataille «qui n’implique pas le parti». L’objectif étant d’affaiblir le camp du pouvoir. Le RFD qui vient de tenir son congrès peut aisément se présenter en alternative.

Côté généraux, on se refuse à tout commentaire. On note cependant les sorties de plus en plus fréquentes du Général Mohamed Ould Abdel Aziz à la télévision aux côtés du Président de la République. Une façon de normaliser la relation et de rappeler le rôle central. Probablement. Il est à peu près sûr que ceux qui ont intervenu pour mettre fin au régime anti-démocratique et instaurer un nouvel ordre ne permettront pas le retour en arrière. Ni en terme de restauration du système d’avant, ni en terme de reprise du pouvoir par l’Armée.

Les jours qui viennent nous éclaireront. Espérons pour le pays une issue raisonnée et apaisée.

 

MFO

 

Source : La Tribune n° 405




La Nouvelle Page Par Kissima Diagana

30062008

La Nouvelle Page Par Kissima Diagana

Pouvoir : ne pas dépasser la dose prescrite par le peuple !

 

‘La soupe’ a refroidi sous le nez des nouveaux alliés et le gâteau sent le roussi…

On pourrait user de cette image pour qualifier ce qui se trame au moment où les anciens partis de l’opposition nouvellement embarqués dans l’exécutif font leurs premiers pas aux côtés des ‘vieux loups’ de la pratique du pouvoir en Mauritanie. L’UFP et le RNRD ont cosigné avec l’APP, le PNDD-ADIL et d’autres partis affiliés à la majorité une déclaration dite politique. C’était le 23 juin, un jour avant la démission d’un groupe dit important de partisans de ADIL. 

Cette déclaration, sonnant comme la première sortie publique de ‘l’opposition alignée’ contre ‘l’opposition persévérante’ ressemblait à un discours conçu la mort dans l’âme. Au vu des confusions, des fâcheries, des soi-disant frondes, on peut tout juste croire que le débat ne concerne guère les nouveaux alliés du pouvoir venus eux de l’extérieur d’un système qu’ils avaient par le passé relativement combattu. On nous dit que les secousses viendraient des généraux qui ne seraient pas contents de la présence des anciens barons du Tayaisme. Si tel est le cas, il faut dire que la démocratie n’a donc pas encore dressé sa tente chez nous. Comment en effet permettre à des gens de participer à tous les jeux démocratiques et vouloir les écarter des victoires qu’ils ont remportées ? Car tout compte fait ceux que l’on présente ici comme les symboles d’une gabegie à laquelle très peu de gens sont en réalité loin d’être étrangers ont joué et gagné de la façon la plus intelligente. Dès les lendemains du 3 août, ils se sont attelés à récupérer le pouvoir perdu par leur patron Maouya. On les a vus à l’œuvre lorsqu’ils ont mis leur attelage pour Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la veille des candidatures pour la présidentielles. Avaient-ils alors mieux compris que tout autre mauritanien que c’était le bon cheval ? Oui, bien sûr ! Car pendant que du côté de l’opposition on cherchait à l’instar du leader du RFD à choisir les discours qui rassureraient les militaires et une partie des mauritaniens par rapport aux questions alors délicates et taboue comme la passif humanitaires et les déportés, les anciens ami d’Ould Taya ont préféré travailler silencieusement et se sont mêlés de toutes les élections : législatives, municipales ; puis ils ont formé les coalitions : Mithaq. A l’assemblée, ils se sont même montrés plus dispo quand il s’est agi de réprimer l’esclavage et de le criminaliser. Il ne leur restait plus qu’à circonscrire leur ‘nouveau patron’ Ould Cheikh Abdallahi, dans un parti politique. Ni les protestations de l’opposition, ni le grincement de dents de l’APP alliée ne dissuaderont le nouveau président de
la République à céder à la tentation du parti.
La Naissance de Adil, va donc bouleverser la donne. On s’en prend à Zeine Ould Zeidane. On parvient à en faire une sorte de ‘persona non grata’ dont les sorties sont à peine couvertes à

la TVM. On menace son gouvernement de motion de censure, faute d’avoir pu le faire démettre. Il se résout à démissionner. Son remplaçant, Ould Waghef ramène beaucoup de rescapés du Tayaisme dans l’équipe qui dirige

la Mauritanie. C’est dit-on, là que le bât blesse. Mais ce qui est surprenant dans tout ça, c’est le fait que ce soient les gens de ADIL et non ceux de l’opposition alliée qui essayent de bouter dehors ‘Les Symboles de la gabegie’. Si la crise est telle que des partisans du chef sont prêts à démissionner, faut-il attendre qu’une motion de censure vienne renvoyer tout les ministres y compris ceux qui viennent à peine de goûter au plaisir d’être dans les ‘commodités des conforts’ et accessoires ? 

bentocka@yahoo.fr 

 

Source : La  Tribune n°405 

                            




Mauritaniens à l’étranger : La Procapec à la conquête des Mauritaniens aux Emirats

30062008

Mauritaniens à l’étranger :

La Procapec à la conquête des Mauritaniens aux Emirats

 

Belle ambiance que celle organisée par la Procapec au Théâtre de la ville d’Abou Dhabi, capitale des Emirats Unis. C’était samedi soir en plein cœur de cette ville, Mecque des Mauritaniens établis dans les autres Emirats. L’appât était de taille : Maalouma Mint Meidah et sa troupe et le grand poète Mohamed Ould Taleb, fierté nationale depuis sa brillante participation au concours «Emir Chou’araa», le Prince des poètes, concours organisé par la télévision émiratie. Arrivé deuxième, Mohamed Ould Taleb n’a pas trouvé pied à terre dans son pays natal qu’il a pourtant servi en le faisant connaître par une digne représentation. Comme d’autres il a été contraint à l’exil pour une meilleure exploitation de ses compétences…

Ce soir Mohamed Ould Taleb est invité du Qatar où il réside désormais pour émerveiller notre communauté des Emirats. Tout comme l’inégalable Maalouma. Soirée exceptionnelle quand on sait que rarement le pays s’occupe de ses fils à l’extérieur. L’approche de la Procapec n’est pas seulement commerciale. La preuve, cette merveilleuse soirée qui permet à nos compatriotes de renouer avec une partie de leur Mauritanie dont ils n’entendent ces jours que nouvelles alarmantes. C’est une Mauritanie qui gagne et qui promet de gagner qui évolue ce samedi soir dans la grande salle du Théâtre d’Abu Dhabi.

Sur les relations des deux pays, sur la présence mauritanienne ici, sur l’importance de la communauté, sur la grandeur du pays et son rayonnement dans cet autre pan versant du Monde arabe, le présentateur vedette Babbah Sidi Abdalla excelle. Pour le Verbe, le rythme et le chant, Maalouma et Ould Taleb font le reste. C’est dire l’émerveillement des membres présents de la communauté.

L’idée était de joindre l’utile à l’agréable. La Procapec allait dans ces contrées vendre son nouveau produit qui concerne l’épargne logement. Elle permet en même temps à la communauté de rencontrer le tout nouveau secrétaire d’Etat chargé des Mauritaniens à l’étranger qui a fait le déplacement. En somme une retrouvaille mauritanienne et une démarche commerciale.

Grâce à l’entremise de l’Ambassade de Mauritanie aux Emirats, le lien est vite fait avec la toute jeune association des Mauritaniens résidents. C’est cette association qui pilote la première réunion tenue dans l’une des salles de réunion du club des officiers de police. L’occasion pour les différents partenaires de s’expliquer et de présenter leurs problèmes.

«Nous avons toujours espéré cette réunion pour poser nos problèmes», déclare le président de l’association, Ahmedou Ould Seyid. C’est une sorte d’amicale que viennent de monter les ressortissants mauritaniens, premier pas vers leur organisation. Même si elle n’est pas encore reconnue, l’association a commencé à exercer ses activités grâce, disent-ils à «la bienveillance de l’Ambassadeur». Avant le président de l’association, c’est l’Ambassadeur qui a pris la parole. Il indique que la communauté s’élève à environ 4000 individus «présents dans la justice, l’enseignement, la sécurité, la culture…» Anticipant sur les problèmes de la communauté, il les résume à deux questions essentielles : le transfert d’argent dans les meilleures conditions et le logement dans la patrie.

Deux problèmes que la Procapec se propose de résoudre. D’abord en mettant à disposition des ressortissants la possibilité de créer leur propre agence Capec, une mutuelle d’épargne et de crédit. L’individu ouvre un compte à 2000 UM. Il fait ensuite les versements qu’il veut. Pour accéder au crédit de logement, un premier versement de 400.000 UM, puis 80.000 UM par mois pour un apport de cinq millions deux cents. La Procapec va bientôt construire des modèles de 200, 250 et 300 m2.

Dans un premier temps, la Procapec installe un représentant à l’Ambassade. Elle a signé un contrat avec un bureau de change pour faciliter et généraliser le transfert d’argent. Il est désormais possible pour l’utilisateur d’utiliser les caisses installées dans chaque département de Mauritanie pour faire les transferts qu’il veut. Plus question de cette obligation pour lui de passer par Nouakchott, puis de faire acheminer ses avoirs vers sa région natale.

Jusque-là, les procédures d’ouverture de compte étaient longues et compliquées. Elles sont donc simplifiées par la présence. Le système de crédit et d’épargne n’est pas forcément compris et accepté. Il fallait donc aborder la question en utilisant tout le talent pédagogique du directeur des Procapec, Ahmed Ould Khattri. Appuyée par des fatwas du grand Erudit Hamden Ould Tah et de Mohamed Vadel Ould Mohamed Lemine, la démonstration a permis de faire le bilan d’une Procapec en pleine expansion. Rien que cette année, elle a offert pour 1000 emplois environ. La confiance est établie. C’est ainsi qu’elle a pu déjà drainer un investissement saoudien pour la construction de 1000 logements. C’est la première opération du genre qui sera suivie par celle qui concerne l’offre de logements à nos ressortissants établis à l’étranger.

Présents à cette réunion d’explication, les représentants de deux institutions nouvelles : la FCI, société financière qui opère depuis près de deux ans et I’maar, une société de promotion immobilière développant un produit de FCI. C’est le directeur de I’maar, Hamada Ould Didi qui a expliqué les activités et le rôle de sa société, promettant un partenariat poussé avec la Procapec.

Signalons que la réunion a été présidée par le secrétaire d’Etat chargé des Mauritaniens de l’étranger, Mohamed Ould Mohamedou. L’occasion pour lui d’enregistrer les doléances de la communauté. (Nous y reviendrons)

 

Ould Oumeïr

Envoyé spécial

 

 

Source : La Tribune n°405




Premier Congrès National du RFD

30062008

Premier Congrès National du RFD

 

Ahmed Ould Daddah passe en revue la situation sociale et économique du pays                               

 

Du 27 au 29 juin dernier, le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) a tenu son premier Congrès national ordinaire sous le signe de la fidélité et de la persévérance. Devant des centaines de congressistes venus de partout, Ahmed Ould Daddah, très en verve ces derniers temps, a passé en revue la situation sociale et économique du pays sans complaisance.

 

 

Apres son mot de bienvenue et de remerciement aux congressistes,  Ahmed Ould Dada a fait un rappel historique de son parti de 2000 à 20007 et de son niveau d’implantation sur l’ensemble du territoire national.

«Pendant cinq années (de 2000  au coup d’état de 2005), le fonctionnement du parti RFD a toujours été entravé par les agressions répétées  parce que tout simplement le parti s’est battu pour défendre ‘une certaine idée de la Mauritanie’ face aux violations graves et répétées contre l’unité nationale » a déclaré le Président du parti.

M.Ould Daddah a souligné en plus de la fidélité de son parti aux valeurs et principes fondamentaux de la Republique, leur attachement  à la résorption du passif humanitaire, l’organisation  d’un retour digne et équitable des déportés et rapatriés, l’éradication des pratiques et séquelles de l’esclavage comme la réalisation de l’aspiration du peuple mauritanien à la liberté et au bien être social.

Le président du parti  a aussi déploré dans son discours, la situation  critique dans laquelle était immergée profondément la Mauritanie depuis 2000 jusqu’au coup d’état du 03 août 2005,qui a été accueilli avec immense joie par l’ensemble du peuple mauritanien. Et il aussi dévoilé le rôle crucial qu’ont joué  son parti et celui  des autres formations politiques dans la phase transitoire du CMJD.  

Après avoir dit son devoir de reconnaissance à la transparence des élections  passées, le Président du parti a souligné en plus dans son discours, les pressions  et le trafic d’influence exercé par les hautes autorités militaires et civiles de la transition, la diabolisation des partis politiques, l’encouragement des candidatures indépendantes aux élections municipales, parlementaires et présidentielles, l’utilisation de fonds publics pour financer frauduleusement  des campagnes des candidats indépendants..

S’agissant du premier défit que doit relever  le régime en place est «les graves détériorations du pouvoir  d’achat des ménages et les risques d’apparition d’une crise alimentaire qui sévit le pays dont les partis  d’opposition démocratiques faisaient la mise en garde et que le gouvernement faisait fi. Et maintenant de timides efforts mal étudiés sont mis en place », a affirmé Ould Daddah

Il a aussi souligné l’ensemble des voies et moyens pour que l’unité nationale, la justice sociale, l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire national règnent dans notre nation. Et aussi les reformes économiques que doit entreprendre l’état pour que la prospérité économique du pays s’opère.

Le Président du Rassemblent des Forces Démocratiques (RFD) Ahmed Ould Daddah n’a pas oublié dans son discours de proposer des reformes sur le système éducatif  pour assurer un avenir meilleur à notre jeunesse et à notre pays. Il a prôné parallèlement aussi la revalorisation du corps enseignant.

L’accent sur le rôle que jouent la femme, la jeunesse et l’armée nationale sur le développement du pays a été aussi mis en exergue par le Président du parti.

Pour terminer, le leader du parti RFD  à avancer des propositions sur la politique étrangère que doit mener notre pays.

Source : La Tribune n°405

 

 

 

 




La SENAF clôture !

30062008

La  SENAF clôture   ! 

 

 

La troisième édition de
la Semaine nationale du film (SENAF)  s’est déroulée à l’ancienne maison des jeunes du 23 au 29 juin 2008 sous le haut patronage du  premier ministre Yahya Ould Ahmed El Waghf en présence de plusieurs personnalités du monde de la culture. Les cinéphiles et les amateurs de la culture ont vu des projections de réalisations de jeunes mauritaniens et ont apprécié les talents émergeants.  Pour mettre en facette d’une culture mauritanienne, cette année la culture soninké était à l’honneur. Les teinturières soninkés étaient mises aux devant de la scène une semaine durant.  Dans l’histoire de l’art textile africain  les teinturières soninkés occupent une place de choix par leur savoir faire ancestral et leur créativité sans cesse renouvelée. Ainsi, une exposition sur cette facette de la culture  mauritanienne  a été organisée à
la Fondation Moctar Ould DADDAH le vendredi 27 juin 2008  en collaboration avec le Centre Culturel Français avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade de France en Mauritanie pour mettre en lumière ce patrimoine culturel et de rendre hommage au talent  de ces femmes du pays des  mille et un  poètes. Au cours de la dernière édition les Imraguen étaient à l’honneur. Cela a permit aux mauritaniens de découvrir que les Imraguen n’étaient pas seulement des « mools » en langue wolof (pêcheurs) mais aussi  caractéristiques d’une  culture très riche. «  Le cinéma cherche à mettre  ensemble des femmes et des hommes venus de contrées différentes, d’écoles différentes, pour exprimer  avec des outils différents et leurs visions différentes d’un problème qui tout compte fait, les concerne et les interpelle  tous ». La  tâche  principale de
la SENAF c’est  la promotion du cinéma et d’échanges de cultures. L’ancienne ministre de
la Culture, de
la Jeunesse et des Sports Melha Mint Ahmed avait dit en avril 2006 lors de la première édition de
la SENAF que  notre espoir est que
la SENAF  soit institutionnalisée annuellement dans les traditions du département de la culture où le septième art trouve ses lettres  de noblesses, par sa valorisation dans notre pays, à travers sa présentation comme moyen de renforcement  des échanges et du rapprochement des cultures.

 

Film d’ouverture 

 

Le film d’ouverture de
la SENAF cette année 2008 est celui de notre compatriote Abdarahmane Sissakho : En Attendant le Bonheur.

 Son film Bamako a été projeté. 

Melé  est Chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire… Dans la cour de la maison qu’ils partagent avec d’autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque  mondiale  et le FMI qu’ils jugent responsables du drame qui secoue l’Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chacka semble indifférent à cette volonté inédite de l’Afrique de réclamer ses droits…

Dans la deuxième journée de la SENAF, le film d’Ousmane Diagana le Rêve Brisé a été également découvert par le public. Dans ce film Ousmane, jeune étudiant, est à la veille des examens de fin d’année. Sa cousine revient d’Espagne. Comme tous les immigrés de retour au pays, elle distribue des cadeaux  à ses parents et amis. Impressionnée et jalouse, la mère d’Ousmane demande à son fils de renoncer à ses études pour aller faire fortune en Europe.

Le film de Moussa M’Bow Amanda qui montre  la misère, le manque de perspectives, le chômage… conduisent beaucoup de jeunes africains vers la recherche d’un  ailleurs meilleur. Ils sont prêts à tout pour billet d’avion ou de… pirogue.

Le Destin d’Oumar Bâ a mis  également en exergue  tragédie de  Kadiata, la petite amie de Hamidou.  Le couple fait impasse à  la contraception. Kadiata tombe enceinte. Hamidou se dérobe…

 

 Prix Saharamedia pour la création  

 

Dans le cadre du projet « parlez-vous la langue image » initié par la maison des cinéastes dont l’objectif est d’encadrer des jeunes mauritaniens à réaliser des films de qualité, douze court métrages sont soumis à l’approbation d’un jury qui doit trancher selon la pertinence du  sujet du film, la qualité de l’image, le professionnalisme du montage et la maîtrise des techniques de réalisation. Les films en compétition sont : Amanda de Moussa M’bow, ERROR 404 d’Alioune Ahmed Salem, COUMENE de Demba Oumar Kane, IMMIGRE de Zeinabou Alassane Gaye, le Destin de Oumar Bâ,
La VOIX vers
la DROGUE DE Mohame Chagrane, LA-BAS DANS
LA CAPITALE d’Ahmed Taleb Khiare, Le REVE de Ousmane Diagana, Les FRONTIERES de Mahmoud Alfhadi, QUAND
LA MERE NOUS PARLERA de Boubou N’diaye, TERRE DE REVE de Moustapha ELBane et VOYAGEURS EGARES de Jean Luis Chambon. Parmi ces quatre  films seront primés :

 Le premier pour la création, le second pour la meilleur réalisation, le troisième pour le meilleur montage et le quatrième gagnant pour le film le plus engagé.

Au moment où  nous mettons sous presse, la cérémonie de clôture de la SENAF se déroule à l’ancienne maison des jeunes

Nous y reviendrons la semaine prochaine.

 Sy Mamadou   

 

 

Source : La Tribune n°405 




LES Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

26062008

 Le carburant mauritanien est-il exporté vers les pays de la sous région ? 

Depuis les récentes   montées  des prix du pétrole, les sociétés de commercialisation du  carburant en Mauritanie  semblent  connaître  une nette augmentation de leurs ventes.  Une telle augmentation   se vérifierait   par le fait que   des produits destinés à  être consommés localement  seraient  exportés vers les pays voisins.   Paradoxalement, ces entreprises continuent à vendre leurs produits  à perte.  Sur chaque litre, il y a un manque à gagner de 150 voire 200ouguiyas. Petrodis compterait fermer ses portes en attendant une nouvelle restructuration des prix. Le  gouvernement évite tout révision  de ces derniers. Il espère  une baisse des cours du pétrole  afin  que les citoyens ne supportent pas une nouvelle flambée de prix.  Toutefois,  les professionnels du domaine de la commercialisation du carburant craignent le pire.  L’actuelle structure des prix ne les arrange point.

Des sociétés comme NAFTEC  souffrent   d’un déséquilibre financier frappant. L’Etat doit à   cette entreprise  des sommes colossales. On évoque que sa dette  vis-à-vis de la Nafetc  avoisine, depuis janvier 2008, les 800 millions d’ouguiyas. La logique financière  nous amène à revoir cette situation avec beaucoup de vigilance.  Soit l’Etat règle la   dette qu’il doit à cette société, soit  il  continue à la considérer comme une vache à lait.  Car la NAFTEC  risque de ne pas tenir  le coup de la contrainte financière qui s’impose et qui s’accentue avec la montée des prix à la pompe.

Il est  à préciser  que la Mauritanie  est actionnaire dans le capital de cette entreprise (34%). Il est aussi à noter  que les algériens détiennent 51 %  du capital de la Naftec. Sa. Le restant des actions est détenu par    des hommes d’affaires  mauritaniens.

En tout état de cause, si un gérant mauritanien  vend  son  produit à l’un des pays voisins, il peut gagner  le double. Nous n’avons pas les mêmes structures de prix.  L’interactivité commerciale et la question du contrôle douanier  sont  une  explication de  la progression de la vente du carburant  chez nous.

 Ainsi, la raison  économique des spéculateurs  domine-t-elle  le marché mauritanien.  Il est clair qu’une ‘ascension’ vertigineuse  du prix   provoquerait  de fortes instabilités dans le pays. Quelle est alors  la solution ?  Et si l’Etat procède  à l’augmentation  des prix du produit lubrifiant  sans pour autant  envisager la répercussion  d’une telle procédure sur le quotidien du simple citoyen ? 

Les finances publiques doivent  anticiper et  prévoir les retombées d’une  telle  situation. La douane doit  également faire son travail afin que les  produits  ‘subventionnés’   ne soient pas vendus  en dehors du pays.  Des spéculateurs  vont certainement conserver une partie du carburant en attendant une éventuelle  augmentation du prix de l’or noir. Que l’Etat fasse  preuve des mesures fermes.  Que le prix reste tel qu’il est. Que le citoyen arrive à  supporter  la cherté de la vie. 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune N°405







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