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O Waghf, le nouveau PM ! Par Mohamed Fouad Barrada

12052008

 

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 O Waghf, le nouveau PM ! Par Mohamed Fouad Barrada

C’est fait, le remaniement a eu lieu.  Le premier Premier ministre de la période démocratique post- militaire a été remplacé. Officiellement, les raisons de ce changement ne sont pas expliquées! On évoque, cependant, que Zeine avait été  remercié.

En effet, Ould Waghf   vient de briguer  le poste du numéro deux    de ‘l’exécutif’. Après avoir été nommé ministre secrétaire général à la présidence, il fut  chargé de  la création du parti ADIL (parti de la mouvance présidentielle).  Ensuite, il était  chargé de mener et exécuter le plan d’urgence qui  est sensé surmonter les difficultés alimentaires auxquelles le pays est confronté.  Le nouveau chef du gouvernement est  politiquement  soutenu par  une majorité des élus qui sont   dans des coalitions  parfois diamétralement opposées (‘mithaq  et autres). Elles  sont, dominées  par la soumission au  régime présidentiel d’une part, et influents par leur  positionnement parlementaire, d’autre part. Cette influence est  une interprétation  logique du  changement du gouvernement du premier ministre sortant.

Quant au choix des futures ministres, la performance est recommandée par le président de
la République.   Dans cette lancée, Yahya Ould Mohamed waghf  a déclarée   au cours d’une récente conférence de presse que, Sidi Ould Cheikh Abdellahi insiste   sur le fait de faire participer l’ensemble des forces vives et politiques  du pays à condition d’avoir des individus efficaces et productifs. 

 « Le premier ministre a exprimé son respect pour les partis de l’opposition qui ont opté pour la non participation à ce gouvernement, précisant que leur position exprime leurs choix et leurs convictions politiques. Il a estimé que « le programme du Président de
la République qui a été approuvé par la majorité du peuple mauritanien jouit d’un consensus de la plupart des composantes de la classe politique nationale, ce qui fait qu’envisager un programme politique autre que celui-ci n’est pas logique
« .
En réponse à une question sur les priorités du gouvernement actuel, le premier ministre a indiqué « qu’il y a des priorités générales représentées par l’ancrage de l’unité nationale, l’édification de l’Etat de Droit et la réalisation du développement économique, et des priorités pour chaque étape dont les plus importantes sont le développement de l’agriculture et la réalisation d’un niveau plus important d’autosuffisance alimentaire«  ». (AMI)

Il est à  préciser  que la scène politique se  caractérise par la présence de deux tendances : une qualifiée de progressiste, l’autre jugée  de  ‘conservatiste    radicale’. Celle-ci voudrait  conserver un ordre inexplicable.   Ces  courants  commencent  à se décomposer  pour se recomposer au sein d’un  même « bloc ». Le cas le plus marquant, c’est l’effet-surprise de la proposition d’un gouvernement intégrant l’ensemble des acteurs politiques de l’actuelle majorité appuyée évidemment par une partie de l’opposition politique.   S’agit-il d’un gouvernement d’union nationale ?   

En tout état de cause, des partis comme le RFD et l’AJD ont décliné l’offre d’être associés à la gestion publique à travers des ministres.   Les partisans de  la   théorie du gouvernement d’union nationale  avancent, toutefois,  des arguments expliquant que  le peuple mauritanien a un mal naturel. Ce mal n’est que  la docilité aux dirigeants. Ce qui sous-entend que la meilleure manière de sauver le pays réside dans l’association de la totalité des forces politiques dans la gestion des affaires publiques.

Dans cette perspective, des partis doivent diriger ensemble le navire gouvernemental  et au moment des prochaines élections tout le monde peut être rassuré sur la neutralité pure et simple de l’Etat. Ainsi, faut-il que les belligérants politiques   se mettent  d’accord pour que
la Mauritanie puisse traverser sa  fameuse crise de  mauvaise gouvernance.  

« Le Président de l’UFP a particulièrement insisté sur la nécessité de la mise en place d’un gouvernement de large consensus en y associant l’ensemble des forces démocratiques qui y consentent, pour préserver le pays des menaces qui pèsent sur son existence, sur la base des axes prioritaires suivants : 1. le plan d’urgence, la sécurité et la souveraineté alimentaires ; 2. la sécurité publique, la sécurité nationale et l’assainissement des forces armées et de sécurité ;3. la réforme de l’administration publique, à travers une lutte énergique contre la corruption ; 4. la poursuite et le parachèvement du traitement des dossiers du retour des déportés, du passif humanitaire et de l’éradication de l’esclavage », note du  communiqué de presse de l’UFP du 8 mai 2008.

Le parti  islamiste Tawassoul adhère  lui  aussi à la nouvelle approche unioniste.En outre, le groupe  de Messoud avait  été le premier à prendre  l’initiative d’intégrer le  gouvernement de Zeine. Désormais,  une partie importante de l’opposition traditionnelle  est   représentée au sein de l’actuel gouvernement, notamment l’APP, l’UFP, Tawassoul.

« Néanmoins si le départ de l’UFP et de RNRD-Tawassoul vers
la Majorité politique va renforcer l’homogénéité au sein de l’Opposition et de sa structure, il va immanquablement la fragiliser (…) La nouvelle équipe  compte 30 membres dont 10 appartenaient à l’équipe démissionnaire tandis que  19 ont obtenu leur ticket d’entrée au nouveau Gouvernement à la faveur de sa formation. 17 ministres de l’ancienne équipe ont été remerciés. » (NDLR  DE THALIL Hebdo).
Cette alliance gouvernementale (ADIL-Mithagh-APP-UFP-RNRD) croit pouvoir   relever   les défis de la conjoncture  internationale   qui se manifeste par des crises alimentaires et une montée vertigineuse du prix du  baril de pétrole.

m_barrada@yahoo.fr

 

Source : barrada.unblog.fr

 

 




Concours Prix Habib Ould Mahfoud, édition 2008 :Bravo Mechry !

12052008

Concours Prix Habib Ould Mahfoud, édition 2008 :  Bravo Mechry ! 

C’était le jeudi 8 mai 2008 au soir que notre confrère Méchry Ould Rabany a été annoncé champion de la deuxième édition du Concours  Prix Habib Ould Mahfoud. Ce jeune homme de 27 ans du village Boubacar dans
la Moughata de R’kiz, descendant d’une famille maraboutique très respectée en Mauritanie et au Sénégal, a fait ses premiers pas dans la presse en 2004 au journal hebdomadaire
la Tribune. Très inspiré dans ses articles et surtout dans sa Chronique Tue-Tête, Mechry Ould Rabany n’a rien à envier aux journalistes qui ont eu la chance de faire leur formation à l’extérieur notamment dans des grandes écoles journalistiques.

La valeur humaine réside dans les compétences de chacun, et non dans les diplômes.  D’ailleurs lui, Mechry est presque un homme comblé. Il a eu ses diplômes et possède une compétence exceptionnelle. Il n’est pas un diplômé sans qualité comme ce fut le cas de plusieurs personnes. Ce Prix qu’il a gagné en arabe confirme qu’il a de l’avenir dans ce métier très dur à exercer. Il écrit en français comme il le fait en arabe.

Un premier prix pour une première participation devant beaucoup de journalistes mauritaniens, Mechry Ould Rabany inscrit son nom au panthéon de la presse mauritanienne. Grâce à ce prix, il fera ses vacances en Allemagne cette année deux semaines durant.

Rappelons que  la première édition du Concours Habib Ould Mahfoud a été remportée l’année dernière par Khalilou Binet Diagana, incontestablement l’un des grands journalistes mauritaniens. Il occupe cette fois la troisième place.

Sy Mamadou     




Redéploiement des troupes

12052008

Redéploiement des troupes

 

La liste tant attendue des nouveaux promus est tombée en fin d’après-midi ce dimanche. Il s’agit d’un mélange d’ancien et de nouveau. Parmi le gouvernement sortant, on peut compter : Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine est maintenu à la défense, Nebghouha Mint Haba reste à l’éducation mais perd la partie enseignement supérieur et recherche scientifique, Fatimetou Mint Khattri reste à la condition féminine, Coréra Ishaga à l’agriculture (APP), Mohamed Abderrahmane Ould Hamma Vezaz aux finances, Yahya Ould Kebd à la décentralisation et Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil qui reste aux relations avec le Parlement. Parmi les nouveaux, il y a surtout les figures emblématiques de partis. Mohamed Yehdhih Ould Moktar el Hacen, président de Alternative, va à l’intérieur. L’ancien patron du PRDS qui avait été humilié par Ould Taya au lendemain des élections de 2001 pour avoir ‘laissé’ l’opposition gagner quelques miettes, a été l’artisan du Mithaq. Organisateur, Ould Moctar el Hacen aura fort à faire dans un département qui a souffert de mauvais choix dans l’administration territoriale. Si l’on excepte deux ou trois Walis, un ou deux préfets, on peut considérer incapables ceux qui sont en fonction actuellement. Même défi pour le ministre des affaires étrangères, Cheikh el Avia Ould Mohamed Khouna. L’ancien Premier ministre de Ould Taya, a occupé ce poste pendant un certain temps. Grosse pointure du Hodh, Ould Mohamed Khouna est resté un homme clé du microcosme politique local. Il a appartenu au groupe qui a récemment exprimé quelques appréhensions à l’égard du gouvernement de Ould Zeidane. Il est crédité – côté superstitieux – de ‘bonne augure’ (aghdhaf). Pour être le ministre du changement dans le domaine, il lui faudra entreprendre une profonde réforme de notre diplomatie et un redéploiement de son personnel. Yahya Ould Sidi el Moustaph est un ancien ministre de la transition. Cet administrateur qui aurait dû être un grand intellectuel sans histoires, est épris de politique. Membre du directoire du PNDD (Adil), il est naturellement propulsé par son parti. Dahane Ould Ahmed Mahmoud est un ancien – et brillant – officier de la Marine nationale. Ancien permanent du CMSN du temps de Ould Haidalla, Ould Ahmed Mahmoud fut l’intellectuel des militaires. Caractère qu’il cultiva pendant sa disgrâce après le 12/12/84. L’ancien candidat à la présidentielle de 2007 hérite des affaires islamiques. Selma Mint Teguedi, avocate, prend la place de son frère, Limam qui quitte le gouvernement. Kane Moustapha, ancien ministre sous Ould Taya, revient aux mines et pétrole. Mohamed Ould Amar, directeur jusque-là de l’ENS, ancien directeur de campagne de Ould Cheikh Abdallahi au Hodh el Gharby, fait son entrée au gouvernement. Moustapha Ould Hammoud, Sidney Sokhona font leur entrée aussi au nom de Adil. Bebbaha Ould Ahmed Youra va au transport. Un domaine qu’il connaît très bien pour avoir été directeur du port de Nouadhibou qu’il a redressé. Il a été avant cela un membre fondateur du premier parti d’opposition – UFD – et principal animateur de la revendication de changement exprimée depuis 1990. Bénéficiant d’une grande expérience en matière administrative, Ould Ahmed Youra possède un solide ancrage social et politique. Comme lui Mohamed Ould Rzeizim qui est un administrateur avéré. Wali de plusieurs régions dont Nouakchott et Nouadhibou, il a su s’en sortir sans se faire d’ennemis parmi les administrés. Victime du délit de parenté, il est démis et emprisonné au lendemain du 8 juin 2003. Une traversée du désert qui prend fin à la fin de la transition avec sa nomination à la tête de la SMCP. Il va à l’hydraulique, l’énergie et les TIC’s où il aura fort à faire. Ba Abdoulaye va au secrétariat général du gouvernement. Ancien directeur de l’ENER, le maire de Bababé vient de la SOMIR. Sidi Mohamed Ould Amajar quitte le cabinet présidentiel pour la délégation à l’investissement. Moustapha Ould Hammoud va à la Fonction publique et à la modernisation de l’administration. Dahmoud Ould Merzoug va à l’environnement. Ancien cadre du département, il a été son secrétaire général.

Les ministres des autres formations autres que Adil et affiliés sont : Mohamed Ould Bourbouss, ancien maire d’El Mina qui va à la jeunesse et aux sports pour l’APP ; Mohamed Lemine Ould Naty qui vient au Maghreb Arabe (APP) ; en plus de Coréra Ishaga qui reste à l’agriculture (APP) ; Assane Soumaré reste à la pêche pour l’UFP, Mohamed Ould Khlil va à la santé (UFP) ; Mohamed Lemine Ould Seyidi va à l’enseignement supérieur et la recherche scientifique pour Tawasul (islamistes), Habib Ould Hemdeit va à l’emploi et à l’insertion (Tawasul).

Par ailleurs, la présidence a nommé un nouveau ministre secrétaire en la personne de Boydiel Ould Hoummoid. Ancien ministre de Ould Taya, Ould Hoummoid a brillé par ses positions tranchés, ne reniant rien de son passé politique contrairement à tous ses compagnons politiques. Syndicaliste de première heure, il est membre fondateur d’El Horr, la première organisation revendiquant la lutte contre l’esclavage. Plusieurs fois ministre, ce financier était jusque-là directeur de la CNAM. Il est aussi l’une des figures de proue du parti au pouvoir Adil. Au cabinet présidentiel, c’est Cheyakh Ould Eli qui a été désigné en remplacement de Ould Amajar. Trois ministres conseillers à la présidence : Ahmed Ould Sidi Baba, Mohamed Ould Maouloud et Jemil Mansour.

Composition et recomposition. Peut-on espérer un remodèlement de la carte politique ? Les jours qui viennent seront instructifs.

 

 

Source :
La Tribune 399 




12052008

Ould Waghef joue et gagne, l’opposition s’effrite 

 

 Les consultations entreprises par le nouveau Premier ministre avec certains leaders politiques à quelques jours de la formation de son gouvernement, auront eu comme résultat l’effritement de l’opposition…Si les uns ont trouvé dans les propos de Ould Waghef à leur égard une expression de mauvaise volonté, les autres y ont perçu une réelle volonté d’ouverture. Tandis que le RFD d’Ahmed Ould Daddah et l’AJD/MR de Ibrahima Sarr ont rejeté ce qu’ils ont rapporté comme l’expression par le Premier ministre de la disponibilité du Pouvoir à (ne) travailler (qu’) avec «ceux qui seraient convaincus par le programme du Président de
la République, accepteraient de le mettre en œuvre »
, l’UFP de Mohamed Ould Maouloud et le RNRD de Jemil Ould Mansour ont décidé faire partie de l’équipe qui va gouverner. 

 

« Le RFD n’ira pas à la soupe », a dit Ahmed Ould Daddah. Et pour cause, le tableau général  est très sombre, a-t-il avancé. 

« Il n’y a pas de clarté dans les programmes, les relations entre le pouvoir et  la classe politique manquent de vitalité. La question de la sécurité demeure préoccupante. Rien de neuf n’a été noté dans la relation avec le citoyen… » Ainsi le chef de file de l’opposition démocratique reproche-t-il au pouvoir de n’avoir pas su prendre ses responsabilités par rapport à la hausse des prix ; à l’administration, à l’instar du ministère du commerce, de manquer de transparence. Pourquoi ne pas avoir exigé un audit de l’équipe sortante de Zeine Oulde Zeidane ? Ould Daddah répond qu’il ne lui appartient pas de le demander « Si le Président veut assumer la responsabilité, c’est lui qui encaisse. »    

Il a en outre estimé que la question de l’esclavage n’a pas fait l’objet de suffisamment d’attention en termes d’insertion ; ni de prise en charge en termes de mise à disposition de terres aux victimes dans le cadre de la relance de l’agriculture. 

A propos des réfugiés, il a trouvé que leur dossier n’est pas suffisamment géré. 

Au-delà de cet exposé, ce qui a visiblement constitué un frein pour le RFD, c’est l’exigence de renoncer à son programme politique pour appliquer celui de son adversaire à
la Présidentielle de 2007 Sidi Ould Cheikh Abdallahi. « Le Premier ministre nous a répondu que le gouvernement est celui du Président, il nous a dit qu’il nous informait tout simplement de leur disponibilité et qu’il y a même au sein de la majorité un courant qui ne veut pas de notre présence au gouvernement. » Suffisant alors que pour que le RFD constate qu’il n’y a pas de place pour lui au sein d’une telle équipe gouvernante.  Même son de cloche à l’AJD/MR qui après une première réunion de son bureau politique avait « dit oui à une participation » mais a fini par réfuter une telle option pour la bonne raison que « le Premier ministre a dit que le programme de Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable ». Ibrahima Sarr qui rapporte avoir répondu que son parti ne lui a pas donné mandat d’entrer au gouvernement estime que les questions de l’identité de
la Mauritanie, celle du statut des langues nationales, le passif humanitaires sont entre autres blocages, les écueils qui l’avaient retenu de soutenir l’actuel président de la république entre les deux tours de l’élection de 2007. A présent affirme-t-il nous voulons que Sid Ould Cheikh Abdallahi tienne sa promesse de soumettre la question des relations avec Israël au peuple mauritanien. « Nous voulons que l’Etat donne des moyens aux propriétaires terriens et cesse de donner des capitaux à des spéculateurs… Nous ne voulons pas que les mauritaniens qui ne parlent pas l’arabe soient gênés dans leur contribution positive au développement du pays…» Le rejet de ‘l’invitation’ du Premier ministre par l’AJD/MR pourrait se résumer dans l’adage que Ibrahima Sarr a rappelé : «  Celui qui cherche un endoit où passer la nuit et celui qui cherche quelqu’un avec qui passer la nuit ne doivent pas s’opposer sur le principe de ‘fermons la porte’ ». Et pour conclure : « Nous n’avons pas sommeil pour avoir envie de dormir. » 

Du côté de Tawassoul, la décision de travailler aux côtés du pouvoir est basée selon les propos de son dirigeant Jemil Ould Mansour sur le principe de la définition des principes Islamiques du pays, le renforcement des acquis de la langue arabe ainsi que sa défense, l’unité nationale à travers la solution des problèmes de réfugiés et des victimes de l’esclavage ainsi que sur la nécessité de l’élargissement et du renforcement de la sphère des réformes, la dimension arabe islamique et africaine de
la Mauritanie et le problème de la sécurité… 

Quant à savoir si le RNRD a posé des conditions ou a fait des propositions concrètes par rapport à la question de la sécurité, Ould Mansour a affirmé qu’il y a lieu de penser la question sous tous ses aspects allant du terrorisme à la question de la drogue en passant par toutes les formes de violences…L’autre ralliement attendu était celui de l’UFP. C’était presque annoncé dans les propos d’Ahmed Ould Daddah conseillant à ses militants  à la faveur d’un point de presse de ne pas en vouloir à quiconque choisirait d’aller dans le camp du pouvoir. En effet après avoir fait le compte rendu des différentes réunions avec Ould Waghef, Ahlmed Ould Daddah avait dit respecter le choix des autres et que son parti à lui n’avait pas de place aux côtés du pouvoir. La précaution de conseiller ses militants et partisans devait prévenir une éventuelle réaction négative à l’endroit de l’UFP qui avait réussi  à faire changer par les textes le statut du chef de file de l’opposition. D’ailleurs Ould Maouloud s’est défendu d’avoir voulu par préméditation affaiblir l’opposition avant d’aller au gouvernement. « Au contraire nous la renforçons en ayant fait changer un statut issu de la transition ; que nous n’avons pas choisi et qui était militaire et n’avait rien de démocratique. Ould Mouloud estime en plus qu’en allant à la majorité son parti perdait : « nous sommes en train de nous sacrifier et je ne suis pas sûr si nous allons avoir des postes plus intéressants que ce à quoi nous renonçons mais nous n’avions pas l’intentions de rester à l’opposition ». A-t-il dit. Il ne s’agit surtout pas d’une volonté de partager un gâteau ou un butin mais d’une volonté d’aller « au charbon », autrement de faire face aux défis… 

Kissima 

 

Source :
La Tribune n°399 




Ould Waghef joue et gagne, l’opposition s’effrite

12052008

Ould Waghef joue et gagne, l’opposition s’effrite 

 

 Les consultations entreprises par le nouveau Premier ministre avec certains leaders politiques à quelques jours de la formation de son gouvernement, auront eu comme résultat l’effritement de l’opposition…Si les uns ont trouvé dans les propos de Ould Waghef à leur égard une expression de mauvaise volonté, les autres y ont perçu une réelle volonté d’ouverture. Tandis que le RFD d’Ahmed Ould Daddah et l’AJD/MR de Ibrahima Sarr ont rejeté ce qu’ils ont rapporté comme l’expression par le Premier ministre de la disponibilité du Pouvoir à (ne) travailler (qu’) avec «ceux qui seraient convaincus par le programme du Président de
la République, accepteraient de le mettre en œuvre »
, l’UFP de Mohamed Ould Maouloud et le RNRD de Jemil Ould Mansour ont décidé faire partie de l’équipe qui va gouverner. 

 

« Le RFD n’ira pas à la soupe », a dit Ahmed Ould Daddah. Et pour cause, le tableau général  est très sombre, a-t-il avancé. 

« Il n’y a pas de clarté dans les programmes, les relations entre le pouvoir et  la classe politique manquent de vitalité. La question de la sécurité demeure préoccupante. Rien de neuf n’a été noté dans la relation avec le citoyen… » Ainsi le chef de file de l’opposition démocratique reproche-t-il au pouvoir de n’avoir pas su prendre ses responsabilités par rapport à la hausse des prix ; à l’administration, à l’instar du ministère du commerce, de manquer de transparence. Pourquoi ne pas avoir exigé un audit de l’équipe sortante de Zeine Oulde Zeidane ? Ould Daddah répond qu’il ne lui appartient pas de le demander « Si le Président veut assumer la responsabilité, c’est lui qui encaisse. »    

Il a en outre estimé que la question de l’esclavage n’a pas fait l’objet de suffisamment d’attention en termes d’insertion ; ni de prise en charge en termes de mise à disposition de terres aux victimes dans le cadre de la relance de l’agriculture. 

A propos des réfugiés, il a trouvé que leur dossier n’est pas suffisamment géré. 

Au-delà de cet exposé, ce qui a visiblement constitué un frein pour le RFD, c’est l’exigence de renoncer à son programme politique pour appliquer celui de son adversaire à
la Présidentielle de 2007 Sidi Ould Cheikh Abdallahi. « Le Premier ministre nous a répondu que le gouvernement est celui du Président, il nous a dit qu’il nous informait tout simplement de leur disponibilité et qu’il y a même au sein de la majorité un courant qui ne veut pas de notre présence au gouvernement. » Suffisant alors que pour que le RFD constate qu’il n’y a pas de place pour lui au sein d’une telle équipe gouvernante.  Même son de cloche à l’AJD/MR qui après une première réunion de son bureau politique avait « dit oui à une participation » mais a fini par réfuter une telle option pour la bonne raison que « le Premier ministre a dit que le programme de Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’est pas négociable ». Ibrahima Sarr qui rapporte avoir répondu que son parti ne lui a pas donné mandat d’entrer au gouvernement estime que les questions de l’identité de
la Mauritanie, celle du statut des langues nationales, le passif humanitaires sont entre autres blocages, les écueils qui l’avaient retenu de soutenir l’actuel président de la république entre les deux tours de l’élection de 2007. A présent affirme-t-il nous voulons que Sid Ould Cheikh Abdallahi tienne sa promesse de soumettre la question des relations avec Israël au peuple mauritanien. « Nous voulons que l’Etat donne des moyens aux propriétaires terriens et cesse de donner des capitaux à des spéculateurs… Nous ne voulons pas que les mauritaniens qui ne parlent pas l’arabe soient gênés dans leur contribution positive au développement du pays…» Le rejet de ‘l’invitation’ du Premier ministre par l’AJD/MR pourrait se résumer dans l’adage que Ibrahima Sarr a rappelé : «  Celui qui cherche un endoit où passer la nuit et celui qui cherche quelqu’un avec qui passer la nuit ne doivent pas s’opposer sur le principe de ‘fermons la porte’ ». Et pour conclure : « Nous n’avons pas sommeil pour avoir envie de dormir. » 

Du côté de Tawassoul, la décision de travailler aux côtés du pouvoir est basée selon les propos de son dirigeant Jemil Ould Mansour sur le principe de la définition des principes Islamiques du pays, le renforcement des acquis de la langue arabe ainsi que sa défense, l’unité nationale à travers la solution des problèmes de réfugiés et des victimes de l’esclavage ainsi que sur la nécessité de l’élargissement et du renforcement de la sphère des réformes, la dimension arabe islamique et africaine de
la Mauritanie et le problème de la sécurité… 

Quant à savoir si le RNRD a posé des conditions ou a fait des propositions concrètes par rapport à la question de la sécurité, Ould Mansour a affirmé qu’il y a lieu de penser la question sous tous ses aspects allant du terrorisme à la question de la drogue en passant par toutes les formes de violences…L’autre ralliement attendu était celui de l’UFP. C’était presque annoncé dans les propos d’Ahmed Ould Daddah conseillant à ses militants  à la faveur d’un point de presse de ne pas en vouloir à quiconque choisirait d’aller dans le camp du pouvoir. En effet après avoir fait le compte rendu des différentes réunions avec Ould Waghef, Ahlmed Ould Daddah avait dit respecter le choix des autres et que son parti à lui n’avait pas de place aux côtés du pouvoir. La précaution de conseiller ses militants et partisans devait prévenir une éventuelle réaction négative à l’endroit de l’UFP qui avait réussi  à faire changer par les textes le statut du chef de file de l’opposition. D’ailleurs Ould Maouloud s’est défendu d’avoir voulu par préméditation affaiblir l’opposition avant d’aller au gouvernement. « Au contraire nous la renforçons en ayant fait changer un statut issu de la transition ; que nous n’avons pas choisi et qui était militaire et n’avait rien de démocratique. Ould Mouloud estime en plus qu’en allant à la majorité son parti perdait : « nous sommes en train de nous sacrifier et je ne suis pas sûr si nous allons avoir des postes plus intéressants que ce à quoi nous renonçons mais nous n’avions pas l’intentions de rester à l’opposition ». A-t-il dit. Il ne s’agit surtout pas d’une volonté de partager un gâteau ou un butin mais d’une volonté d’aller « au charbon », autrement de faire face aux défis… 

Kissima 

 

Source :
La Tribune n°399 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

12052008

 

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

Il faut retenir ce qui est à notre avis positif dans ce qui vient de se passer. Je retiendrai ce qui suit :

1. La manière que le Président a choisie pour démettre son Premier ministre Zeine Ould Zeidane est avant tout un message fort de la part d’un homme accusé de ne pas avoir de personnalité pour exercer entièrement la réalité du pouvoir. Cet homme, c’est Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont les détracteurs soutiennent qu’il est plus un prétexte. Contre vents et marées, il a imposé Zeine Ould Zeidane comme Premier ministre, en lui donnant les attributs d’un véritable chef de gouvernement. On avait par croire à un schéma de cohabitation. Il est vrai que l’homme offrait d’énormes avantages au nouveau Président. Tout en lui évitant d’avoir à opérer un arbitrage au sein de ses soutiens ‘trop gourmands’, il permettait de sortir du choix lié à l’appartenance régionaliste. En plus du fait qu’il s’agit d’un jeune de quarante et un ans ayant une notoriété de technicien avéré.

Une pièce qui pouvait servir en attendant de mettre de l’ordre dans la demeure, en créant un parti notamment. Contre ce Premier ministre, tout le venin de la classe politique – prédateurs, bouffons, opposants de première et de dernière heures, intellectuels organiques, journaleux…- s’est déversé. L’occasion de laisser la plèbe s’entredéchirer, et les loups se manger entre eux. La première année de son régime, le Président Ould Cheikh Abdallahi l’a passée à laisser la scène évoluer d’elle-même. Espérant peut-être ramener la classe politique à opérer son lifting. Elle a tourné en rond.

2. Le choix indique un changement dans les pratiques politiques. Fini le temps des changements de gouvernements qui ne voulaient rien dire. On prétend au moins à présent vouloir monter un gouvernement politique. Le Premier ministre est désormais le président du parti qui a le plus de députés à l’Assemblée. C’est à lui d’engager les discussions avec les autres partis. La nouvelle majorité démontre comme l’a dit le nouveau PM que ‘le concept de majorité n’est pas statique mais dynamique’. Sans précédent en Mauritanie, quelque soit par ailleurs le choix qui est fait par les uns et les autres.

3. Autre nouveauté à inscrire dans le registre du changement : la concertation. Pour la première fois en Mauritanie, un gouvernement fait l’objet de tractations. Tous les acteurs politiques ont communiqué là-dessus. Ce qui ajoute à l’exceptionnelle solennité du moment.

4. La couverture médiatique officielle est aussi une nouveauté. En effet la radio et la télévision ont suivi, heure par heure, l’évolution des choses. Jusqu’à l’annonce de la composition du gouvernement, RM et TVM ont donné l’information.

…Nonobstant tout ce qu’on peut dire de certains choix, des pratiques politiques nouvelles sont nées. Et c’est déjà ça de gagné.

Maintenant quelles fautes ont entraîné la chute de Ould Zeidane ? Même si son limogeage était prévu depuis longtemps, il a surpris. Le jeune troisième d’une élection présidentielle qui a été plus un baptême de feu politique pour lui, a gagné le gros lot au lendemain de l’avènement de la nouvelle République. A-t-il su gérer sa chance ? Non, répondent en cœur ses détracteurs. Contre lui, il a réussi à liguer toutes les forces politiques du pays. Il a été incapable de communiquer assez sur les performances de son gouvernement. Si bien qu’aujourd’hui il lui sera difficile de convaincre l’opinion d’avoir été l’auteur de réformes profondes et décisives.

Le gouvernement d’aujourd’hui est, selon le nouveau Premier ministre, le prolongement de l’autre. L’homogénéité a manqué au premier. Elle est donc le premier défi de la nouvelle formation. Un défi qui est loin d’être gagné.

Tous les défis à relever peuvent se résumer en la réhabilitation de l’idéal de changement et de rupture. L’équipe choisie peut-elle incarner cela ? Les avis divergent.

 

Source :
La Tribune n° 399     




Le dernier des Maures,portrait d’un Géant d’un autre Temps

12052008

Le dernier des Maures, 

Portrait d’un Géant d’un autre Temps 

 

El Karkar, c’est ce piton rocheux qui est à quelques kilomètres avant l’entrée de Timbédra. La maison de Cheikh Mohamed Lemine Ould Sid M’Hammad se trouve à l’entrée de la ville. Il y a foule depuis une semaine. Son fils Eli qui a quelque chose de lui, accueille les visiteurs à la porte. Imperturbable. Son père, Cheikh Mohamed Lemine est finalement mort. Depuis le temps qu’il devait l’être. Cheikh Mohamed Lemine Ould Sid M’Hammad – c’est comme ça qu’on doit prononcer son nom – s’est éteint mardi dernier (6/5) dans son fief de Timbédra (lire ‘Tembedgha’). Comme meurent les Grands : en silence et sans faiblesse. 

Tout en lui était légende. Son pays, sa terre natale. Une terre qui a vu prospérer le premier empire noir de l’Histoire – l’Empire du Ghana avec comme capitale Koumbi Saleh dont les vestiges se trouvent dans le département de Timbédra. Une terre qui a vu partir l’avant-garde des conquérants almoravides. Qui a accueilli la conquête Hassane. Qui a donné tant d’Histoire et …d’histoires. 

Sa personne a fini par être une légende vivante. C’est comme ça que je titrais un portrait que je lui faisais pendant la transition, à un moment où il ne faisait plus de mal de parler des Grands de ce pays. Une race très rare. Très perdue. 

«eddarrja moujibet rafa 

yaghayr eddarrja girbit viil 

mayegder had ihashlafa 

wila viltit yidrig visseyl» (la grandeur est objet de désir/mais elle est une outre ayant la forme de l’éléphant/personne ne peut la porter avec aisance/et si elle est lâchée, il sera noyé) 

Un poète de cet espace fixait ainsi les règles de la vie bédouine. Une vie où la recherche de la grandeur est le moteur de l’histoire individuelle. Cela passe par le respect de préceptes moraux compliqués, à la compréhension de tous les symboles dits et non-dits, à l’adoption de comportements strictes dictés par la franchise, le sens de l’honneur, la quête de la dignité, le courage et, chose extraordinaire dans une société fondamentalement inégalitaire, le respect de l’autre. C’est ce tout qui faisait Cheikh Mohamed Lemine. Il y ajoutait la touche du poète. Du génie poète.    

René Descartes disait, lui qui ne peut  être soupçonné d’indulgence vis-à-vis des poètes : «on pourrait s’étonner  que les pensées  profondes se trouvent dans les écrits  des poètes plutôt que des philosophes. La raison en est que les poètes écrivent par les moyens de l’enthousiasme et de la force  de l’imagination : il y a en nous des semences de science, comme dans le silex, que les poètes extraient par les moyens de l’imagination, les font jaillir et davantage étinceler». 

Cheikh Mohamed Lemine Ould Lemine Ould Sid M’Hammed appartenait à cette classe-là. Celle forgée au moule originel. Guerrier et poète, il était aussi et surtout administrateur moderne, député dans les deux  législatures : celle de  1960 qui accordait à l’élu toute sa respectabilité et qui lui donnait toute sa responsabilité, celle des années 90 dont il dit que vue d’ici, de loin seulement c’était un parlement. La première législature donnait  plus de poids au député, les travaux de l’Assemblée étaient l’occasion de débats réels, suivis et consignés, «la rédaction était aussi très bonne». De la bouche d’un connaisseur, c’est en dire assez. 

Quand vous demandez à Cheikh Mohamed Lemine ce qu’il regrette le plus pour nous, ce qu’il regrette  du monde qu’il a connu, il vous répond sans hésiter : «il y a trois valeurs cardinales de la société traditionnelle qui s’en vont : l’attention accordée aux plus faibles, la tolérance et le code d’honneur».  Jusqu’à sa mort, l’homme n’a rien perdu de sa lucidité et même si la discussion avec lui n’est pas souvent facile, elle est toujours agréable et pleine d’enseignements. 

Le cursus qui cache le don 

Né en 1925, Cheikh Mohamed Lemine fut envoyé à l’école moderne en 1934. Cette année-là, l’administration coloniale avait décidé  d’encourager les chefs  à envoyer leurs fils à l’école en créant  une école à Timbédra même. ‘Timbédra’, est un peu la capitale de ‘Elhl Lemhaymid’, prestigieuse famille qui a la chefferie de la grande tribu des Mechdouf, ensemble dont l’autorité a fini par s’exercer sur tout le territoire du Hodh dont Tenbedgha est un peu le ‘nombril’. Tenbedgha occupe une place particulière dans le cœur de ses habitants qui la surnomment affectueusement ‘Tneyba’. Avant d’être une capitale politique, elle est d’abord un centre culturel où se développe une symbiose entre les exigences du monde traditionnel – valeurs, éducation de base, repères…- et les nouveautés (langue, ouverture sur l’Autre, technologies…). 

C’est un monde qui allie l’enseignement moderne et l’éducation traditionnelle.  Rang, ‘repos, fixe’, ‘au tableau’, ordre, pendant les heures de cours. Course de chevaux, tire à la cible pour cultiver l’adresse, école coranique avec ‘Talebna’ (Marabout), pendant les heures de repos. Avec les jeunes de son âge ou presque – Hammoud Ould Ahmedou, le plus proche d’entre eux est son aîné d’un an, une différence qui  n’affecte en rien l’intimité entre les deux jeunes cousins – Cheikh Mohamed Lemine évolue dans une insouciance totale. Il aime, lui, dire : «nous étions gâtés et sans conscience du monde  qui nous entoure». Un peu comme tous les jeunes du monde qui vivent modérément la conscience de leurs mutations. Quand il a eu le fameux CEPE en 1943, Cheikh Mohamed Lemine a tout de suite pensé à quitter les bancs. Le sens de la quête de liberté devait l’emporter chez lui. Mais très vite, il vainquit cette tentation et commença à se cultiver lui-même. Avec quelques livres dont un précieux dictionnaire, il apprit la langue française.   

«Quant je me suis senti satisfait, j’ai décidé  de me lancer dans la carrière administrative». C’est en 1957 qu’il obtient son premier poste : expéditionnaire de rédaction. A peine une année et c’est le retour à Tenbedgha pour raisons politiques. On est à la veille du référendum de 1958, de l’élection d’une assemblée territoriale pour la Mauritanie. En 1959, il est  élu député, en même temps que celui dont il parle comme d’un alter ego, Hammoud Ould Ahmedou. Les deux amis et cousins vont souffrir  une rude concurrence de la part de certaines chefferies dont le cousinage. Ils passent allègrement cependant les primaires. «Les populations nous choisissent sans ambages». Puis le scrutin lui-même. Les premières divisions au sein du microcosme politique local apparaissent. Plusieurs grandes familles préfèrent quitter la Mauritanie naissante pour le Soudan (Mali). C’est le phénomène ‘tmowli’- d’une construction verbale hassane voulant dire ‘devenir malien’ – qui menace le Hodh et au-delà l’unité de la Mauritanie. Moktar Ould Daddah réussira néanmoins à contenir le mouvement qui occasionnera quand même une production littéraire d’une valeur inestimable. 

Cheikh Mohamed Lemine est député à l’Assemblée nationale jusqu’en 1964. Il quitte après le Congrès de Kaédi dont les décisions irritent une frange des mauritaniens. Cheikh Mohamed Lemine refuse de parler des raisons qui lui ont fait quitter l’Assemblé. Avec le sourire de celui qui vous fait comprendre qu’il n’a y rien à faire pour l’amener à dire ce qu’il ne veut pas dire. 

Le commandement   

Il revient à la carrière administrative et est envoyé à Kiffa comme commis. Son premier poste de commandement, il l’obtient une année après : chef de poste à El Gharba qui était à l’époque le chef de lieu de l’arrondissement de Barkéol actuel. Pour la petite histoire, il remplace ici un certain Ahmed Ould Taya. La carrière le mène comme préfet de Le’gueylat (Mounguel actuel) pendant un an, puis  Maghama et M’Bout. En 1968 survient la régionalisation du pays (découpage du pays en régions numérotées). Nouvelles affectations : Boumdeid, Kiffa comme adjoint-gouverneur, Magta Lahjar comme préfet, Tijikja… 

C’est en 1974, alors qu’il était à Tijikja qu’il subit son premier recyclage, décidé en fait pour tous les préfets de Mauritanie. Six mois, après lesquels, il est envoyé à Sélibaby comme préfet central, puis à Wul Yengé pour quelque mois. 

C’est à Magta Lahjar qu’il procède à la distribution gratuite de tout le stock de vivres et sans attendre  le feu vert de l’administration. A l’époque, la sécheresse faisait rage (1973) et le préfet avait demandé  à sa tutelle l’autorisation de vivres sous forme d’aide d’urgence. 

La bureaucratie aidant, la réponse s’est fait  attendre. C’est alors que le préfet  a appris qu’une famille  des environs avait mangé un âne. Il décida de réquisitionner les voitures de service – trois : une  de l’élevage, une de l’agriculture et une de l’administration – pour distribuer les vivres. Les magasins  furent ouverts et toutes et toutes les familles nécessiteuses du département furent servies ce soir-là.  Ce qui devrait irriter en haut-lieu a fini par plaire. 

C’est à Boumdeid qu’il eut grand mal. Quant il est affecté dans ce coin perdu, les conflits d’intérêt sont  à leur comble. Entre les segments de confrériques et tribaux. Il réussit néanmoins à rassembler  les différents acteurs du conflit et à leur faire accepter une sorte de paix des braves. Ce qui lui vaut les félicitations de son ministre Ahmed Ould Mohamed Saleh qui passe même des vacances avec lui pour entériner l’accord. 

Cheikh  Mohamed  Lemine est promu Gouverneur de la 5ème région qui correspond aujourd’hui au Guidimakha. Puis il est envoyé à Dakhla comme gouverneur de Tiris El Gharbiya qui correspond au Rio de Oro récupéré par la Mauritanie en 1975. Poste qu’il occupe jusqu’en 1978, quelques mois seulement avant le coup d’Etat. 

«Quand je suis revenu de là-bas et malgré tout le bon temps que j’ai passé, j’ai décidé qu’il me fallait me reposer. C’est pourquoi j’ai décidé de rentrer chez moi après le coup d’Etat». L’expérience et la stature de l’homme auraient pu en faire un élément essentiel du nouvel appareil politique qui se cherchait encore. «Ma conscience et mon souci de l’intérêt général m’ont dicté une conduite particulière qui consiste à se dérober quand il le faut».  Comprenez par là que toute action des autorités jugée ‘inadéquate’ est habilement rejetée. 

Le politique 

 C’est en 1986, à l’occasion des élections municipales, premières du genre au niveau régional, que Cheikh Mohamed Lemine revient sur scène. Mais c’est en 1987 qu’il est vraiment à la une. Quand Tenbegha est le théâtre d’un affrontement  fratricide entre deux factions dirigées une par Hammoud Ould  Ahmedou et l’autre par  Cheikh Mohamed Lemine. Ce dernier est le porte-drapeau de la contestation de l’autorité traditionnelle locale, même s’il en  est un représentant. Il est l’allié des couches  qui s’estiment marginalisées, les haratines notamment. D’où le nom ‘Sawdaa’, ‘La noire’, donné par leurs contradicteurs. Quand il parle de cette période, c’est à peine si les larmes ne coulent pas. On sent que tout ce qui peut le séparer de Hammoud est pour lui douloureux. Pourtant… l’affrontement est très fort. L’administration choisit son camp. Celui des forces traditionnelles. 

«Le gouverneur Aïnina Ould Eyih avait fait pression sur le préfet Mohamed Ould Khlil, ce qui a compromis notre victoire évidente. Rajel Ould Mokhtar est élu maire de la ville». Pas  pour longtemps parce que le renouvellement est décidé en 1989. C’est l’occasion pour Cheikh Mohamed Lemine de prendre sa revanche. Il est le maître incontesté des lieux à partir de cette date-là. 

Il n’aime pas parler des moments de friction entre lui et Hammoud même s’il explique le début du différent par l’opposition de Hammoud, alors vice-président de l’Assemblée et qui a dirigé une (presque) rébellion contre Moktar Ould Daddah. Cheikh Mohamed Lemine passe allègrement tous les différents et toutes les manifestations du conflit. 

«Aujourd’hui, tout est fini et nous sommes revenus à notre situation initiale. Des frères et même un peu plus». D’ailleurs le mouvement de rapprochement a commencé en 1992 quand, grâce à l’entremise de feu Sidi  Mohamed Ould Abbass, les deux hommes ont été présentés sur la même liste de députation. 

Ce que Cheikh Mohamed Lemine garde de ce cursus  politique : «la satisfaction d’avoir agi selon les préceptes moraux qui m’ont façonné, le souci de toujours combattre l’arbitraire et d’être du côté du faible, la capacité d’avoir réglé de grands problèmes pour les populations». Sa nature de ‘fils de grande tente’ y  est-elle pour quelque chose ? «Certainement parce que j’ai profité parfois de l’aura de cette famille à laquelle j’appartiens et toujours de l’éducation qui a été la mienne». 

Le poète, génie du verbe 

Pour louer les qualités de quelqu’un d’extraordinaire, ceux de l’Iguidi vous disent : ‘Vlaane maastshiku’ (untel, tu ne peux le soupçonner). Un peu pour dire qu’un Maure est souvent le reflet de sa terre. Aussi est-il rugueux, austère, répulsif par certains aspects, mais toujours surprenant. On peut rater Cheikh Mohamed Lemine parce qu’on ne sera pas douté qu’on passe à côté d’un monument. Monument de poésie et de culture. 

«hadha eddahr vshi kaan/imn etrab lazawaan/wutlahiig ishuban/laahi viih eski biih/u hadha akhiru ezzaman/laahi ‘idt innawiih/inra’iviih iban/shmaadha yatra viih/min teqlaab ivlayam/u dhaak ilyaana tembiih/’lannu billi gaam/maahu lahi tam biih» (Par ce temps qui a commencé par l’harmonie, la musique et l’insouciante jeunesse, à la fin est en train de faire faux bond, les jours changent pour me rappeler qu’il ne restera pas comme il a commencé). 

Quand il vous parle, vous avez du mal à croire que c’est cet homme dont les poèmes sont déclamés partout  dans l’espace  Maure et le nom connu par deux maures sur trois. «Il n’existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier et le poète. Savoir, tuer et créer» (Baudelaire). Cheikh Mohamed Lemine est un guerrier poète. Il est l’héritier d’une tradition qui a donné Eli Ould Mohamed el Mokhtar Ould Taroumba, ou  Mohamed Mahmoud Ould Lebatt connu sous le nom de N’Dioubnâne, mais aussi Eli Ould Sid M’Hammed, son propre  père. Cette tradition qui fait du maniement du Verbe, une qualité cardinale du guerrier, au même titre que le maniement des armes. Cheikh Mohamed Lemine a commencé à composer à l’âge de 20 ans. Il ne se souvient pas de ses ‘premiers pas’. Il n’en a pas eu. Ou presque quand on sait que sa première ‘tal’a est celle-là : 

«Yamiss ’and il karkaar /Jaaw ‘lina Khittaar/ Ahlu ‘aadu bEggely/ Wu’lim biiha Bakaar/ Ilyan il ‘aad illayl/ Emmaana yalma ‘buudd/ Lukint’ Limt gbayl Egeyl» (hier à Il Karkaar/ des étranges sont venus dire que ceux de Billihbaar/ sont désormais à Egeyl/ et Bakar l’a appris/il l’a caché  par malice/je n’ai  appris  la nouvelle/que tard dans la nuit/mais  moi par Dieu/si j’avais su plus tôt/qu’ils sont à Egeyl j’aurais été/dans la journée à Egeyl plutôt). 

Et quand vous demandez à Cheikh Mohamed Lemine ce qu’il aime dans la poésie ? «La capacité de dire l’ineffable dans peu de mots, sans extravagance et sans vulgarité». Le modèle pour lui ? «Yawgi, haadha miraad/ lawlaad ntasha’it/ saahil tinyarg mgaad/ miraad ilhum vaayit» (aïe, c’est là un chemin/ des awlad Ntechayit/ à l’ouest de Tignarg aux confins/ d’un vieux  chemin à eux). Un quatrain du poète émérite Sidi Mohamed Ould Gaçri, un autre génie de son temps. 

«il baarih yaljawad/wa’ayt aghla laghyad/viblad maahu mu’taad/yakhla’ biih tlaahig/viih ennass irrigaad/mistahrav biih idhiig/messu ‘anni teglaab.wu’gebt erva’t irgiig/ubit en’aawi laklaab/u bit n’aawi li’tiig». Une mésaventure qui ne diminue en rien l’attachement du poète à sa dulcinée. 

«Où les historiens s’arrêtent, ne sachant plus rien, les poètes apparaissent et devinent» (Barbey d’Aurevilly). Il faut entendre Cheikh Mohamed Lemine consacrer ses positions politiques, sa vision  du monde, pour  lui la poésie est «un  don de Dieu». Tout  simplement, ‘Wikhlaaç’, dirait Wul ‘awa, un géant parti en silence il y a quelque années. 

«Ecrivain qui pratique la poésie», c’est en ces termes que la plupart des dictionnaires définissent le poète. Même s’ils ajoutent : «personne sensible à ce qui est beau, émouvant (familièrement) ; ou Rêveur, idéaliste». Tout cela est bien pour dire ce «prince des nuées». 

Cheikh Mohamed Lemine, le prénom résonnera dans les mémoires des habitants de l’espace Maure (le traab et bidhâne) comme celui d’un poète des temps perdus, d’un personnage mythique dont les idylles sont mille fois ressassées par les groupes de jeunes qui se retrouvent les après-midi aux abords de campements ou à la sortie des villages. Moment unique, éternel prétexte pour déclamer quelques poésies amoureuses, romantiques par-ci, fougueuses par-là, toujours passionnées. Il n’est pas une assemblée de gentlemen – selon  l’acceptation partagée dans cet espace – qui  ne récite quelques vers de celui-ci qui restera l’un des plus grands poètes de la culture Hassâne. 

Cheikh Mohamed  Lemine Ould Sid M’Hammed, un nom dont l’évocation renvoie à toute l’histoire  politique de la Mauritanie indépendante. Un concentré d’une Mauritanie qui disparaît lentement et inexorablement. D’une Mauritanie qu’on pleure déjà et qu’on n’arrive pas à regarder avec le recul qu’il faut, qu’on tend à traiter avec mépris, sans le respect qui sied. 

…En attendant d’entretenir la flamme qui vacille déjà, il faut consoler El Karkar qui pleure son compagnon de toujours. Le consoler en consacrant le poète-guerrier. 

 

Mohamed Fall Ould Oumeïr 

 

Source :
La Tribune n° 399 




Trois questions à… Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine

12052008

Trois questions à… 

Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine 

Dans le cadre du rebondissement du scandale de films pornographique, révélé en 2005 par le journal Points Chauds, Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine son directeur Général, s’exprime sur sa les circonstances de sa convocation par le parquet… 

 


La Tribune : Où en êtes vous avec la justice ? 

 

Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine : Nous en sommes là où a commencé l’affaire un certain 20 octobre 2005. Ce jour là j’ai été harcelé, intimidé, emprisonné arbitrairement sous le chef d’accusation de « n’avoir pas informé les autorités » avant publication de l’enquête sur la production de films pornographiques à la prison civile de Nouakchott. Ce chef d’accusation n’existe ni dans l’ordonnance 91 qui régissait à l’époque la profession de journaliste ni dans la loi 017 2006 organisant la profession de journaliste. Aussi je suis surpris qu’on me rappelle aujourd’hui d’une manière qui n’obéit pas aux règles de la procédure judiciaire ni aux clauses constitutionnelles. Le substitut du procureur m’a convoqué la nuit du 22 avril 2008 par téléphone me faisant savoir que le parquet avait besoin de moi. Il ne m’a même pas signifié le motif de cette convocation. Le lendemain matin à 9 heures, je me présente. On me fait signer une convocation et immédiatement on m’envoie en audience. J’ai eu l’impression d’être devant une cour martiale. J’ai dit au procureur qu’il aurait dû me prévenir car cela m’aurait permis de prendre mes dispositions, comme venir avec mes avocats. Il devait d’ailleurs appeler ces trois avocats dont il dispose de l’adresse…En principe la procédure pénale dispose que tout prévenu doit être convoqué trois jour avant l’ouverture de son procès. Je trouve que l’on me prive de mes droits les plus élémentaires.  A savoir me présenter devant une cour avec mes avocats. En réalité tout ceci découle d’un article que j’ai publié dans la livraison N°97 du 20 avril 2008 du Journal Points Chauds. Dans cet article je me livrais à une analyse comparative. J’ai fait un rapprochement entre le Président mauritanien et le président algérien. J’y soutenais que si Bouteflika a réduit l’influence de l’armée en Algérie, Sidi Ould Cheikh ABdallahi a renforcé celle de l’armée en Mauritanie et que par conséquent on est devant un régime équivalent à celui de

la Turquie. Je crois bien que c’est ce qui a provoqué le courroux des autorités au point que l’on me convoque deux jours après et dans la nuit. C’est pourquoi je ne peux pas croire que ma convocation pour une affaire relative à la publication d’une enquête il y a plus de deux ans ait un sens. D’autant plus que j’étais tout seul à la barre d’accusation alors qu’il y avait beaucoup d’autres personnes qui y étaient mêlées même des policiers. C’est dire que, malgré ce que dira les rapports de RSF, il y a toujours des lignes rouges face à la liberté d’expression chez nous. 

 


La Tribune : Comment à réagi
la Presse  Mauritanienne? 

Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine : J’ai été déçu par le comportement de certains de nos confrères. Car la solidarité de façon générale n’est pas un choix quand un confrère est menacé d’emprisonnement. Elle devient un devoir. A plus forte raison si ce confrère n’a fait que son boulot et qu’il n’a fait qu’exposer des faits qui ont été vérifiés. Le 03 mai j’ai été blessé quand j’ai entendu mes confrères lire une déclaration de soutien tout en se réjouissant de la libération de Sami El Haj. J’étais à 0 mètre d’eux et je vivais tout seul ma persécution. Eux m’ont ignoré en cette journée commémorative de la liberté de Presse. C’est regrettable et c’est décevant … c’est désappointant. Personnellement je suis solidaire de notre confrère Sami El Hadj qui avait été emprisonné à Guantanamo sept ans durant. Il mérite d’ailleurs que tous les journalistes du monde entier le soutiennent. Seulement je ne peux pas comprendre que localement on ignore un confrère qui plus est a eu le courage d’aborder un sujet tabou et avec preuves à l’appui. Ceci d’ailleurs est un honneur pour la presse mauritanienne qui manque toujours du professionnalisme dans l’exercice de sa noble mission. 


La Tribune : Que comptez vous faire ? 

Moulaye Najem Ould Moulaye Zeine : Je suis à la disposition de la justice qui devrait trancher entre moi et le parquet et que j’attends de savoir ce qu’elle fera de moi. Elle doit rendre son délibéré demain le 13 mai. Mais quel que soit le résultat, je ne baisserai pas les bras dans un combat que je considère comme celui de presse. Je continuerai à lutter pour que triomphe la liberté d’expression et l’image d’un Etat de droit garant des libertés. Alors la seule chose que je demanderai en profitant de cette interview c’est que les lois ne soient pas uniquement des armes qu’on sort pour abattre les journalistes mais plutôt des outils garantissant leur droit et leur devoir d’informer.  Et si on doit les juger que ce soit sur la base de ces lois qui régissent leur profession. 

 

Source :
La Tribune n° 399 




Chronique Mansour

12052008

Une souris pénètre dans une ruche. Aussitôt, des dizaines d’abeilles l’assaillent, la piquent de leur dard, meurent tour à tour, jusqu’à ce que l’intruse succombe. Au final, la défense de « l’unité de vie » peut coûter celle de centaines d’ouvrières, sans hésitation, semble-t-il, d’aucune d’entre elles. De même, un microbe pathogène pénètre votre organisme et voici vos globules blancs engageant une lutte sans débat ni tergiversation, au prix de leur éventuelle hécatombe. Un sens supérieur de « l’unité de vie »  transcende les existences séparées,  annihile leur probable instinct de conservation, sans qu’aucun commandement extérieur à celles-ci ne commande ni même organise ce sacrifice apparemment suprême. Sens non seulement transcendant, mais aussi fort discriminant : des myriades de microbes et autres « parasites » sont ainsi tolérés – parfois favorisés, en des circonstances et limites variées – par le système immunitaire « décentralisé » – ou plutôt : indéfiniment centralisé – qui assure chaque unité de vie. La compétition des besoins se résout banalement en des processus plus ou moins complexes d’équilibre(s), négociant des intervalles interactifs d’entraide… L’apiculteur zélé, à force de familiarité, entretient, avec ses ruches, des signes de reconnaissance qui le dispensent des protections indispensables à celui qui n’en connaît pas les arcanes. 

 

Que l’on parle de transcendance, de conflits ou de négociations, de mouvements de part et d’autre de limites, on est toujours dans le domaine de la communication.  On y viendra, encore et toujours. Cependant, on ne peut éluder la question, en amont, de la hiérarchie qui situe, tôt ou tard et plus ou moins spontanément, les termes du mouvement. Il ne s’agit pas seulement d’une différence : un ordre se révèle ou est sommé d’apparaître. L’attitude de l’abeille envers sa ruche témoigne, au minimum, d’une hiérarchie des instincts, et nous sommes, peut-être, au plus près de la source du « commandement sacré [1] ».  Coïncidence remarquable : celui-ci est à ce point intégré à l’énergie vitale de chacun que l’ordre du discours fondant le groupe n’a besoin d’aucune direction externe pour assurer sa cohésion : il circule, au gré des circonstances et des besoins ; et à ce titre, la ruche, comme beaucoup de sociétés d’insectes, est un système anarchiste, fermement cadré par une rigoureuse division du travail. 

 

Il n’est pas sans saveur que le mythe de l’âge d’or, que partagent bien des cultures de notre planète, se nourrisse d’une même affirmation d’unité : « à l’origine, les gens ne formaient qu’une seule communauté [2] » ; d’équité et d’abondance naturelle : « les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort, […] en cet éternel printemps, […] la terre, sans le secours de la charrue, produisait d’elle-même d’abondantes moissons [3] » ; de l’inutilité de la propriété individuelle : « aucun d’eux ne possédait rien en propre […] usant, à l’instant même, juste du nécessaire à son besoin [4] » ; d’égalité, enfin, et de nescience ingénue : « tous les êtres naissaient et habitaient en commun […] l’homme vivait en frère avec les animaux, sur le pied d’égalité avec tous les êtres […] dépourvus de science, les hommes agissaient tous selon leur nature [5] ».  Sans présumer du lyrisme de ces nostalgies, notons qu’elles s’apparentent, plus ou moins, à la description des sociétés de chasse et de cueillette [6], comme les Pygmées, les Inuits ou les Santals,  avec des variantes, significatives, concernant, notamment, la perception de l’abondance et du savoir. 

 

Dans ces ensembles cohérents, où tous les aspects de la vie, y compris la mort, se conjuguent spontanément, privilégiant la concordance plutôt que le conflit – loi du moindre effort ? – un lien se rompt, sous l’effet de contraintes imprévues, et ne peut être restauré ; sinon, au prix d’un autre, situé, plus ou moins consciemment, dans un ordre second de priorités : selon quel(s) critère(s) ? Il a fallu, en tous cas, que quelque chose se distancie. Un sillon se creuse, un avant, un après, un ici, un ailleurs : science naît, probablement ainsi, de scission, et pouvoir, et bientôt, politique…



[1]  Traduction quasiment littérale du grec : Hiéros : sacré et Arqué : puissance, commandement… 

[2]   Saint Coran – 2, 213 

[3]  « Les métamorphoses », – Ovide – livre I –  90 et suivants

[4]  « Critias »– Platon 

[5]  « Œuvres complètes » – Tchouang Tseu – chapitre 9 

[6]  Voir, notamment, A.Testart : « les chasseurs-cueilleurs ou l’origine des inégalités » (1982)  et  les objections, souvent, pertinentes,  de B. Arcand : « Il n’y a jamais eu de société de chasseurs-cueilleurs » (1988) 




Actualités régionales

12052008

 

  

NOUADHIBOU
LES DÉBUTS DU RÊVE
L’hôtel El Jezeera a abrité les 8 et 9 mai les travaux de la commission interministérielle chargée du développement de la baie de Nouadhibou.
Cet atelier a permis la restitution du rapport sur l’état des lieux -phase 1 de l’étude du schéma directeur de la baie. C’était en présence du comité technique élargi, les chefs de service régionaux, la société civile, les promoteurs du privé, les élus locaux…
Le wali de la région avait présidé les travaux, le modérateur en était Hacen O. Zein, conseiller du premier ministre et les rapporteurs étaient Marieme Bekaye et Hamady, de la délégation générale pour la promotion de l’investissement privé (DGPIP), côté consultants il y avait MM.Torchon et Cheiguer de

la CATRAM.
Les participants ont abordé différents volets du programme :contexte de l’étude , rappel de la plate-forme de Nouadhibou , présentation du rapport d’orientation , présentation de l’état des lieux de l’occupation de l’espace et des résultats préliminaires de l’enquête cadastrale.
Ainsi s’en est suivi un échange de discussions générales sur les différents points : Impact environnemental , problèmes d’énergie , financements , formation …
Les animateurs ont promis que ces remarques seraient prises en compte lors de l’élaboration du document final.
A la fin des travaux deux communications ont été adoptées :
-Formulation d’une vision partagée du développement de la ville à l’horizon 20- 30 ans;
-Repérages des besoins de planification et d’aménagement et des mesures d’accompagnement qui en découlent.
Rappelons que cette phase 1 du projet n’est que théorique ; d’autres ateliers auront lieu pour peaufiner le plan qui sera soumis aux bailleurs de fonds pour son financement.
D’ores et déjà quelques idées maîtresses se dessinent. Extension du port artisanal vers l’aéroport, extension du port autonome, délocalisation de l’aéroport de Nouadhibou vers le sud.
L’idée de créer un autre port en eau profonde est écartée, le port de Nouadhibou offrant un tirant 13 aux normes.
L’autre idée qui serait à retenir est la construction d’un port d’éclatement tirant 18 sur le modèle de celui de Tanger au Maroc. Ce cas de figure impliquerait d’aller au cap blanc -endroit idéal- mais le projet devrait buter sur l’intransigeance Marocaine qui a des postes avancés non loin de l’endroit. Des négociations politiques voire des concessions ne seraient pas de trop pour débloquer le problème.
On le voit donc, l’idée de faire de Nouadhibou un ‘Dubaï de l’Afrique’ n’est qu’à l’état de rêve.
La deuxième phase des travaux prévue en octobre prochain devrait rendre les choses plus limpides. Les hôtels 5 étoiles , le tourisme de masse , les parcs d’attraction , ce n’est pas pour bientôt.
Mais il n’est pas interdit de rêver.
Athié Youssouf
CP/NOUADHIBOU 

Hodh El Gharbi 

Campagne de vulgarisation sur les droits des femmes 

     

‘’La femme n’est pas un objet et ne doit pas être privée de ses droits .Vulgariser ses droits s’avère obligatoire’’ 

 


La Coordination régionale  de
la Composante Genre de
la GTZ (Coopération allemande) de
la Wilaya du Hodh El Gharbi, a tenu une campagne de sensibilisation autour du code de statut personnel .Cette campagne allant du 15-04-2008 au 10-05 -2008 a couvert neuf communes de la wilaya : Aioun, Bouneman, Akjert, Douweyrara, Minten Hamann, Saveni, Oumoul Lehyadh, Hassi et Timzin. Correspondant à la deuxième phase de la campagne  de sensibilisation sur les droits civils des femmes, cette vague de sensibilisation a pour thème ‘’Dissolution du mariage et ses conséquences‘’.

L’équipe composée de sensibilisateurs et de personnes relais sous la supervision de  Mohamed   El Moctar O/ Mohamed Ahmed  coordinateur de ladite  coordination a sillonné a travers toutes les communes ciblées. Et a tenu trois meetings populaires à l’intérieur de chaque commune au niveau des sites les plus peuplés Cette grandiose campagne vise comme objectif de réitérer aux citoyens les droits civils de femmes qui jadis n’étaient pas appréciés a leur juste valeur. Sur le terrain en passant par le mariage les sensibilisateurs ont élucidé plusieurs thèmes notamment la répudiation, le divorce, les effets de la dissolution du mariage le divorce et les formalités administratives de la dissolution du mariage. Sans oublier aussi le Navagha (entretien).Ces thèmes ont été appuies  par les lois du code personnel de
la Mauritanie Islamique.

Ces meetings ont été jumelés à des causeries de type focus group. Pourquoi cette stratégie? Il est unanime au milieu que ce sujet (mariage et divorce) demeure toujours un tabou .Ces  manifestations ne peuvent pas englober toutes les franges d’ages de la population. C’est dans ce contexte que ces focus  groups ont été mis en œuvre au niveau d’Aioun, des communes rurales et au niveau des  certains établissements scolaires.

Cette campagne a mis à la disposition des bénéficiaires toutes les informations nécessaires  et les lois relatives  à la dissolution du mariage et ses conséquences. .

A  partir du 24  de ce mois une autre campagne de sensibilisation sur les MGF (Mutilations Génitales Féminines) sera mise à pied par la même  institution.

 

                                                                                             Adama Sy cp Hodh El Gharbi 

Commune d’Aioun : Bilan annuel 

 

Monsieur  Abdel Aziz, conseiller municipal chargé des affaires financières et porte parole du maire  nous a dévoilé le premier bilan annuel de la commune

Arrivée à la tête du commun monsieur le Maire Sadna Ould Hamady avait comme premiers défis à relever la  réorganisation de la commune et regagner la confiance des bailleurs de fonds. Je cite ’’la commune avait les maux sur tous les plans (arrière de cinq mois de salaire pour les travailleurs absence d’archives un siége non digne pour une grande commune urbaine et fuite des bailleurs ‘’.

Dans un délai  de trois ces plaies se sont cicatrisées .Avec l’appui de KFW de
la GTZ (Coopération Allemande) la commune a pu, reconstituer les archives, réhabiliter et équiper le siège et payer les arriérés de salaires

Cette première sortie a permis à la commune de regagner la confiance des bailleurs qui jadis avaient coupé le’’ robinet’ ’et  de le remettre en marche après avoir s’assurer de la crédibilité de la nouvelle plaque tournante..

Sur le plan infrastructures .la commune a réalise un radier, une berge, construit 74 boutiques au niveau du marché centra let réhabilité l’abattoir au niveau de la capitale de
la Wilaya .es projets ont été financés par
la Banque mondiale en collaboration avec KFW.

Parallèlement a cela la construction d’un tronçon de liaison  de 600 m de route en pavé (pierres locales), une gare routière et un marché de bétail  (marbat) sont en cours d’exécution. Sur le plan social la commune a toujours été à coté de la population pour donner un appui aux mosquées et au ‘’mahadara’’ et  soulagé les sinistrés.

La jeunesse aussi n’est pas épargnée .Le maire a, octroyé une enveloppe de 850 000 um pour l’équipe communale de football, organisé une coupe de maire et pris en charge l’équipe régionale  de foot lors des déplacements pour Kiffa, Nouakchott et Néma .

S’agissant de l’environnement. La  commune a organisé 3 campagnes d’assainissement de la ville d’Aioun.

               Adama Sy cp Hodh El gharbi 

                                                         

 

Source:
La Tribune n°399
 

  

 

 







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