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Les échos Par Mohamed Fouad Barrada

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Les échos Par Mohamed Fouad Barrada 

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                                                                                          L’après évasion ? 

 

Les évasions spectaculaires des salafistes dans deux pays du Maghreb, notamment
la Mauritanie et le Maroc, ont marqué les esprits. Dans le premier cas, il s’agit de Sidi Ould Sidina qui a terminé sa cavale, tout récemment, pour être déféré à  la prison. Dans l’autre cas, il est question de la fuite des 9 présumés coupables et accusés d’avoir  préparés des attaques terroristes à l’encontre des intérêts des occidentaux au  Royaume Chérifien. Ces salafistes   sont impliqués dans les attentats terroristes qui ont frappé Casablanca, le 16 mai 2003.

S’agissant de riposte, les services de sécurité marocains ont reçu l’ordre de tirer sur les évadés.  Précisons que  cette évasion n’a pas laissé le palais au Maroc indifférent. Des affectations de juges et des enquêtes sur les raisons de cette faille sécuritaire sont en cours.

Ainsi,  nous décelons des liens entre   les salafistes mauritaniens et marocains. Car  des incarcérations des salafistes  marocains ont suivi l’emprisonnement de Sidi O Sidina et O Chabarnoux.

Bien que le gouvernement mauritanien  ait procédé  lui aussi à des sanctions touchant le système judiciaire et carcéral, l’efficacité de la justice du pays  semble  faire  défaut. Quant à l’effet médiatique, il doit jouer un rôle primordial en vue de sensibiliser et éduquer les mauritaniens dans une perspective de rejet de la violence dans toute ses formes. 

Virtuellement, un nouveau site vient de diffuser un communiqué expliquant qu’une grande partie des dirigeants et membres de l’armée nationale sont mécréants et qu’ils méritent la mort. Ce qui s’interprète par le déclenchement d’une guerre médiatique qui serait évidemment suivi, si des mesures draconiennes  ne sont pas prises, par  des actes terroristes néfastes.

Reconnaissons, par ailleurs, que les failles sécuritaires  ne sont pas une spécificité inhérente au  nouveau régime. La période de Maaouiya,  avait  son lot. Soulignons,  dans cette lancée, des évasions à  connotation politique et  parfois idéologique. Celle-ci s’interprète par le fait  que le système des valeurs qui prévalait  dans le pays   n’avait  pas la même vision sécuritaire. Des hommes trouvent, en ce sens, normal d’aider leurs semblants à fuir les injustices ou les règlements de comptes politiques.

La troisième République vient, toutefois, de réparer une erreur sécuritaire en retrouvant et emprisonnant des éléments salafistes  jugés dangereux.   Ce nouvel acte rassure, certes. Mais,  il reste beaucoup à faire. Il est souhaitable  de donner un diagnostic clair et net sur les causes réelles du dysfonctionnement  pénitentiaire  qui a provoqué indirectement  la mort (d’un inspecteur) et la blessure de certains braves policiers.  Les dirigeants du pays  doivent être vigilants pour que le pays  puisse jouir de la sécurité recherchée.

En effet, si le simple mauritanien considère que le système étatique fait des sacrifices pour la population, il sera plus vigilant et plus citoyen qu’auparavant.

 

 m_barrada@yahoo.f




Rencontre avec le nouveau Premier Ministre

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Intenses tractations politiques pour la composition du gouvernement 

Des tractations politiques intenses sont menées en vue de désigner un nouveau gouvernement à Nouakchott où l’ancienne équipe, dirigée par Zeine Ould Zeidane, a présenté sa démission mardi en fin de journée.

Le nouveau premier ministre mauritanien, Yahya Ould Ahmed El Waghef, multiplie les contacts et semble ratisser large pour constituer un gouvernement le plus consensuel possible.

M. Waghef a ainsi reçu mercredi soir dans son bureau de la Primature à Nouakchott le bureau exécutif du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADIL) dont il est le président et des représentants de la coordination du Mithaq Al Wihda (Charte de l’Union) constituée de partis de la Majorité présidentielle.

Il a également reçu les présidents des 5 formations de l’opposition, notamment le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah, l’Union des forces du progrès (UFP), le parti HATEM, l’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD) d’Ibrahima Sarr et le parti TAWASSOUL (mouvance islamiste).

Les dirigeants de l’opposition ont été reçus collectivement mais les chefs de l’UFP et de TAWASSOUL ont bénéficié par la suite d’audiences individuelles avec le premier ministre.

Cela augure, selon des observateurs, d’une probable entrée au gouvernement de ces deux partis, déjà réputés plus proches du Palais présidentiel, même si pour les islamistes, la question du maintien des relations diplomatiques entre Nouakchott et Tel Aviv demeure un handicap de taille devant un tel partenariat.

A leur sortie de l’entretien avec M. Waghef, certains dirigeants de partis de l’opposition ont confirmé à la presse que l’objet de la rencontre était la composition du futur gouvernement, sans donner de détails précis sur leur éventuelle participation.

Nous allons soumettre la question à nos instances dirigeantes avant de prendre la décision convenable, ont ils laconiquement déclaré à la presse.

Les deux partis de l’opposition reçus individuellement par le chef de l’exécutif et dont la participation au gouvernement paraît plus plausible que les autres, ont en commun d’avoir eu des différents avec le RFD de Ould Daddah.

Pour l’UFP, le litige a porté sur l’institution constitutionnelle de l’Opposition démocratique, dirigée par Ahmed Ould Daddah en sa qualité de chef du plus grand parti et dont l’UFP réclamait le poste de secrétaire général dès lors qu’il occupe la deuxième position du point de vue nombre de députés à l’Assemblée nationale.

Le RFD soutenait, lui, que ce poste doit être attribué à l’AJD dont le président avait obtenu 10% des suffrages universels lors de la présidentielle de mars 2007, loin devant le candidat de l’UFP, Mohamed Ould Mawloud. N’arrivant pas à trouver une solution consensuelle, les deux formations ont eu recours à l’arbitrage de l’Assemblée nationale qui a tranché en faveur de l’UFP.

Quant au parti TAWASSOUL, il reproche au RFD d’avoir « fomenté un coup bas » qui a conduit, il y a quelques semaines, à la destitution de sa maire (chef de municipalité) de la moughataa (département de Tevragh Zeina), le plus important de Nouakchott.

L’UFP et TAWASSOUL se sont donc éloignés de leur allié au sein de l’Opposition, ce qui les rapproche automatiquement de la majorité, bien que n’en faisant pas partie.

APA (Agence de presse Africaine)
 

UFP / Communiqué de presse

Mercredi 7 mai 2008, à 17:00 TU, le Premier Ministre, Monsieur Yahya Ould Ahmed Waghef, a rencontré les partis de l’opposition démocratique : AJD/MR, Hatem, RFD, Tawassoul, UFP.

Monsieur le Premier Ministre les a informés de l’évolution de la situation et de son désir d’associer les partis politiques à la recherche de solutions aux questions majeures qui se posent au pays. Les différents partis ont exprimé leurs opinions et propositions.

Étant donné la gravité de la situation du pays qui exige le renoncement à la pratique de la confrontation, le Président de l’UFP a particulièrement insisté sur la nécessité de la mise en place d’un gouvernement de large consensus en y associant l’ensemble des forces démocratiques qui y consentent, pour préserver le pays des menaces qui pèsent sur son existence, sur la base des axes prioritaires suivants :

1. le plan d’urgence, la sécurité et la souveraineté alimentaires ;
2. la sécurité publique, la sécurité nationale et l’assainissement des forces armées et de sécurité ;
3. la réforme de l’administration publique, à travers une lutte énergique contre la corruption ;
4. la poursuite et le parachèvement du traitement des dossiers du retour des déportés, du passif humanitaire et de l’éradication de l’esclavage.

Répondant aux réactions des représentants de l’opposition démocratique, le Premier Ministre a confirmé son engagement pour un programme minimal fondé sur les axes prioritaires précités, et son souhait de voir y contribuer le maximum possible d’acteurs.

Nouakchott, le 8 mai 2008

Commission Communication




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

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Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

A chaque chose malheur est bon, serait-on tenté de dire à la suite des événements qui ont fait trembler le pays tout le mois d’avril. En effet si l’on pense au résultat et à la conclusion finale, on peut dire que sans la fuite de Sidi Ould Sidina le démantèlement de ‘l’Emirat’ mauritanien de l’AQMI n’aurait pas été possible.

Pire, le pays aurait été mis à feu et à sang probablement. En effet, c’est la fuite de Ould Sidina qui a fait que la police a commencé à chercher dans les milieux terroristes. Il suffit de se remémorer le film des événements. Ould Semane était là. Tout comme Ould Haiba et les autres. Ils avaient disponibilisé armes et explosifs. Les hommes étaient prêts à passer à l’action. Il a fallu l’évasion spectaculaire de Ould Sidina pour découvrir ce qui se préparait…

La procédure d’arrestation qui n’a occasionné aucun coup de feu, aucun mort, aucun blessé, a permis d’éviter de ‘magnifier’ les présumés terroristes. Ce qui n’est pas peu.

On devait en effet éviter de faire de Ould Sidina, Ould Semane, Ould Haiba et les autres, des héros ou des martyres. Il est clair à présent que ces individus n’avaient aucun ancrage social même s’ils ont bénéficié de complicités dans leurs milieux familiaux. Il est clair qu’ils n’ont aucun autre ancrage – ni religieux, ni idéologique – que celui qui les lie à un commanditaire extérieur se prétendant d’essence violente universelle.

La sociologie des membres montre bien qu’il s’agit de jeunes de moins de 43 ans, issus de tous les milieux – aisés, pauvres, origines sociales modestes et non, de toutes ethnies… Quelques-uns – pas tous, pas même la plupart – sont passés par la délinquance. Tous sont passés par des mahadras connues par le prosélytisme wahhabiste de ces dernières années. Sans pour autant en avoir gagné une éducation rigoureuse, sérieuse et complète.

Si certains sont connus par la police pour avoir été en prison et/ou jugés, les autres ont été recrutés seulement au lendemain du procès qui a vu la libération de la grande majorité des anciens prisonniers accusés de préparer des actes terroristes. Donc c’est depuis que la pression sécuritaire n’est plus exercée sur les milieux concernés.

Ce n’est pas que je crois à la solution sécuritaire, du moins pas à elle seule. En fait, et nous l’avons toujours dit, la question du Jihad et de tout ce qui en découle, doit nécessairement être l’objet d’un grand débat national. Il s’agira non seulement de fonder une vision islamique proprement mauritanienne, mais aussi d’isoler politiquement, socialement et culturellement, tous ceux qui seraient tentés par l’utilisation de la violence au nom de la seule chose qui nous unit : l’Islam. La criminalisation des actes de violence et de leurs auteurs doit être systématique. Et on ne peut comprendre à présent, l’indulgence dont font preuve autorité et opinion publique vis-à-vis de ces actes et de leurs auteurs. Comment comprendre autrement le refus de communiquer à fond sur la question ?

Cela ne se passe pas en Irak ou en Afghanistan, cela se passe à Nouakchott, Nouadhibou… Les policiers qui meurent ou qui sont blessés sont nos frères, nos fils… Ceux qui portent les armes contre le pays et donc contre la société sont aussi des enfants de cette terre. Ils n’ont pas appris à être méchants ailleurs. Mais sont partis ailleurs pour légitimer leurs relents violents. L’Islam leur sert de couverture. Pas plus.

La réponse sécuritaire passe par l’amélioration des conditions de travail des forces de l’ordre. Unité d’élite, cellule anti-terroriste, formation de juges spécialistes en la matière, de policiers (cadres et agents) spécialistes dans l’infiltration, réhabilitation du renseignement, assainissement des corps… Une sérieuse réforme doit être engagée. Et au plus vite.

La réponse ‘culturelle’ doit être plus globale et plus déterminée. Elle doit couvrir la concertation avec les Erudits, les Cheikhs idéologues ou non de
la Salafiya, les partis politiques, la presse… tout ce qui fait l’opinion dans le pays. Engager dans la foulée une politique de concorde nationale, prôner le pardon pour permettre à quelques dizaines de jeunes mauritaniens perdus dans le tumulte des années passées de regagner leur pays pour le repentir.

Nous n’avons pas le droit de laisser passer l’occasion heureuse d’avoir finalement payé un prix relativement bas, l’égarement d’une jeunesse désoeuvrée, perdue pour elle-même et pour son pays, désespérée, en mal de tout. En les arrêtant sans déplorer de victimes dans le rang des forces de l’ordre, ni de ‘martyres’ au sein du groupe de présumés terroristes, l’autorité publique regagne une partie de l’état de grâce dont elle aurait pu profiter durant cette première année d’exercice de pouvoir. Il ne faut pas dilapider cette ‘grâce’ en refusant d’agir. Il faut agir et vite.

 

La Tribune n° 398




Terrorisme : La moisson d’avril ou la fin de la cavale

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Terrorisme :

La moisson d’avril ou

La fin de la cavale

 

 

 

Mercredi 2 avril, Sidi Ould Sidina réussit à s’évader. Le 3 avril, un premier accrochage dans la rue. Le 7 avril, un accrochage à Tevraq Zeina. Le 8 avril, l’erreur fatale qui entraîne la mort d’un innocent. Le 10 avril, Maarouf Ould Haiba est arrêté. Le 29 avril, Ould Sidina est arrêté. Le 30 avril Khadim Ould Semane est arrêté… Le démantèlement des cellules commence… et avec cela la moisson d’avril pour la police.

Tenants et aboutissants.

 

Mardi soir, il est vingt-trois heures, quelques minutes peut-être de plus. Sidi Ould Sidina est tranquillement installé dans une maison qu’il croit se trouver aux confins du Ksar Nord. Il y est venu 2 jours avant, les yeux bandés. C’est un cousin de Khadim Ould Semane, cerveau présumé du groupe, qui l’y aurait hébergé. Ils ne sont que deux dans la maison. Ould Sidina est armé. Avant d’ouvrir la porte principale, il prend chaque fois la précaution de préparer son arme et ses quatre chargeurs garnis. Il ne veut pas être pris comme un vulgaire bandit, sans opposer de résistance. Pourtant…

Ce soir-là, l’hôte était parti ramener le dîner. Mais contrairement à son habitude, il n’avait pas fermé la porte à son retour. Il est entré dans la chambre le plus normalement possible et avait demandé à Ould Sidina d’aller au lavabo pour se laver les mains. La salle de bain dans la véranda. Le jeune Ould Sidina, en cavale depuis 27 jours, n’a pas le temps de rejouer le film dans son esprit. Des éléments de la police le maîtrisent rapidement. Juste le temps pour lui de voir que son hôte restait indifférent à ce qui se passait.

Sidi Ould Sidina ne se fait pas prier. En bon perdant, il parle. Ses amis sont chez Salem Ould Hommodt, résidant dans le quartier de Arafat. Il y a là au moins Khadim Ould Semane, l’Emir du groupe, Yacoubi Ould Louly et Ould Hommodt lui-même. Trois des sept personnes qui avaient opposé une féroce résistance à la police dans une maison de Tevraq Zeina, le 7 avril dernier.

En fait 7 personnes se trouvaient ce jour-là dans cette maison : Khadim Ould Semane, Maarouf Ould Haiba, Salem Ould Hommdt, Sidi Ould Sidina, Yacoubi Ould Louly, Ahmed Ould Radhy et Mohamed Ould Moussa Ould Ndeye. Ould Semane revenait de la ville quand un ami-cousin l’a averti d’un mouvement de la police vers le quartier. Quelqu’un lui aurait parlé un peu avant de la présence d’un ‘naçrani’ aux abords de la maison. Il était vite entré et avait demandé à l’homme qui l’avait déposé de contrôler à son retour s’il y avait effectivement la police.

Quand les éléments de la compagnie d’intervention arrivent devant la maison pour encercler le quartier et le fouiller maison par maison, la police ne savait pas où se trouvaient exactement les hommes armés. Alors que le groupe se préparait à riposter et à forcer le passage. C’est au moment de prendre position que les policiers essuient un tir nourri et subissent les premières pertes. Côté terroristes, Ould Ndeye, âgé d’à peine 22 ans meurt en couvrant ses amis qui foncent à bord d’une voiture volée quelques semaines plutôt à un officiel. Ils sortent en tirant de toutes les portières. Ils ne sont pas indemnes. Pneus crevés, ils sont obligés d’abandonner la voiture moins de deux kilomètres plus loin. Ils ne sont pas suivis. Ils braquent un passant et lui prennent sa voiture. Ils abandonnent l’un des leurs blessé. Il s’agit de Ahmed Ould Radhy, l’artificier du groupe, mais aussi le ‘transporteur’ (voir plus loin). C’est lui qui meurt quelques jours plus tard à l’hôpital militaire sans avoir repris connaissance.

Bénéficiant immédiatement de complicités, les cinq autres hommes n’ont aucun mal à gagner la zone du Ksar Nord. Ould Semane a déjà essayé de faire appel à un cousin qui aurait décliné. Un deuxième appel est plus fructueux. Ils sont pris en charge par un certain Mohamed Khouna, puis dispatchés sur différents quartiers.

Ould Semane et Ould Louly vont avec Salem Ould Hommodt, un fervent prédicateur, arrêté en 2005 pour un prêche violent après la répression des milieux islamistes. Ould Haiba et Ould Sidina vont chez un chef de cellule appelé Boybe Ould Navé. Ils ne peuvent rester chez lui à cause d’une présence féminine massive. Il faut trouver une solution. Ould Haiba enfile une ‘abaya’ et s’en va chercher une maison à louer. Il est arrêté dans la rue.

Sidi Ould Sidina reçoit l’ordre d’aller chez Cheikh Ba, un autre chef de cellule. Il y reste deux jours avant de recevoir l’ordre d’aller vers une autre maison : quelqu’un viendra le prendre et lui bandera les yeux. C’est là que les policiers viendront l’arrêter mardi soir vers 23 heures.

Les aveux de Ould Sidina permettent à la commission d’enquête de la police de situer précisément Ould Semane et ses compagnons. Depuis l’arrestation de Ould Haiba, la direction générale de la sûreté choisit de travailler dans la discrétion la plus complète. Le général Mohamed Ould Ghazwani, directeur général, Mohamed Abdallahi Ould Taleb Abeidi, directeur de la police judiciaire et Mohamed Lemine Ould Ahmed, directeur de la sûreté d’Etat, sont les seuls au fait de ce qui se passe. Rien ne filtre de l’information. Ce qui garantit le succès de la suite des opérations.

Quand le lieu des fugitifs est défini, le travail de terrain peut commencer. Seul le groupement d’intervention de

la Gendarmerie Nationale (GIGN) possède les moyens de faire l’assaut. Il n’y a aussi que
la Gendarmerie pour assurer la meilleure garde et le meilleur couvert pour l’enquête.

Les éléments du GIGN investissent le toit de la maison. Et attendent. Vers 4 heures, Ould Semane qui monte la garde va prendre une douche, pour rester probablement éveillé. La douche est à l’autre extrémité de la cour. Dehors, les gendarmes s’activent à enlever la porte. Un travail de professionnel qui produit quand même du bruit. Alerté, Ould Semane sort précipitamment pour gagner la véranda où il avait disposé armes et munitions. Il est vite cueilli par les gendarmes ayant pris position sur le toit. Dans la maison, on retrouvera des armes individuelles, une mitrailleuse et des explosifs (TNT). Les sept personnes se trouvant là (et dont au moins une femme) étaient visiblement prêtes à résister. Il n’en sera rien. Les autorités peuvent annoncer la moisson. Ce sera fait par le Procureur dans la journée. Laconique.

Parallèlement, le démantèlement des structures terroristes commence. Comme Ould Sidina, Ould Semane et les autres parlent et disent tout ce qu’ils savent. Jeudi, vendredi et samedi, une vingtaine de personnes sont arrêtées. Elles appartiendraient toutes à des cellules terroristes dont les différents éléments ont déjà fait allégeance à l’Emir du groupe.

Khadim Ould Semane serait l’envoyé du nommé Khaled alias Belaouar, un dirigeant du GSPC, devenu Al Qaeda pour un Maghreb Islamique (AQMI). Il est l’Emir des jihadistes mauritaniens. Il a affaire d’abord aux chefs de cellules en qui il a toute confiance. Ils sont recrutés parmi les jeunes ayant fréquenté – souvent sommairement – les mahadras où le Wahabisme a fait foi ces dernières décennies. Chaque chef de cellule recrute trois à huit personnes. Après une formation idéologique et un endoctrinement intense sur le Jihad, les recrues sont envoyées dans les camps d’entraînement du GSPC (AQMI) sous la houlette de Ould Radhy. Ils vont dans le nord du Mali. D’abord dans un camp appelé Khalil où ils changent de noms et où ils commencent véritablement une nouvelle vie. Ils vont ensuite sur le terrain des entraînements et apprennent à manier explosifs et armes automatiques. De retour des camps et donc prêts à passer à l’action, ils sont présentés à l’Emir à qui ils prêtent allégeance. On estime à une cinquantaine le nombre des combattants ayant fait allégeance jusqu’à présent. Ils seraient répartis entre 7 cellules de trois à huit éléments chacune.

La plus dangereuse de ces cellules a été démantelée samedi matin. Son chef Teyeb Ould Mohamd el Mokhtar n’était pas connu de la police. Il était donc difficile de l’identifier. Trois de ses hommes ont été arrêtés. La cellule de Sidi Ould Sidina, composée de cinq personnes n’a pas elle été démantelée. Seul un de ses éléments, un nommé Namoury, a été arrêté. Par contre le groupe dépendant de Ould Hommodt a été arrêté. Certains appartiendraient déjà à la cellule de Cheikh Ba, un ancien gendarme. Le négro-africain du groupe dirigerait une cellule de 8 personnes. La cinquième cellule démantelée est celle dirigée par Yacoubi Ould Louly.

Parmi les figures jugées ‘dangereuses’, six sont encore en cavale : Teyeb Ould Sidi Aly, Boybe Ould Navé, Taki Ould Youssouf, Abderrahmane Ould Youssouf qui serait localisé dans le Sahara, un nommé Dahoud et un certain ‘Brahim’. Il s’agirait d’un nom de combat et son porteur n’est pas encore identifié.

Si l’on estime à 45-50 membres, les cellules mauritaniennes de l’AQMI, une bonne quinzaine serait encore en fuite. Les plus connus par la police seraient activement recherchés à Nouakchott. Deux à trois d’entre eux auraient déjà traversé la frontière, un vers le nord-ouest, deux vers le Mali.

On ne peut comprendre que ces gens qui ont eu du mal à acheter un kalachnikov pour opérer le 24 décembre dernier, possèdent un arsenal aussi varié trois mois après. Assez d’explosifs pour faire sauter la moitié de la ville, des dizaines de kalachnikovs, des mitrailleuses, des détonateurs sophistiqués… Autre question, celle des moyens. Ils avaient loué une dizaine de maisons dont trois à Tevraq Zeina, en faisant des avances de trois mois au moins. Toutes leurs voitures sont volées. Peut-on penser à de fortes complicités dans les milieux aisés ? Peut-on imaginer une main ‘occulte’, un service de renseignement étranger par exemple ? Peut-on croire à des complicités y compris au sein de l’Armée et de
la Police ?

L’enquête de la police nous en dira certainement plus. En attendant, il est temps de mettre sur pied une structure apte à faire face à la nouvelle criminalité. Une cellule anti-terroriste, multidisciplinaire, et une unité d’élite devraient rapidement être constituées. Il est temps que les politiques acceptent de payer le prix de la sécurité du pays…

 

MFO

 

Article écrit en mai 2006 :

 

Terrorisme :

La menace est-elle réelle ?

 

Quand
la Mauritanie est tirée de son sommeil le 5 juin 2005, il est lui est difficile de se rendre à l’évidence : elle devient un objectif du terrorisme. L’attaque de la caserne de Lemghayti en est l’illustration. Bilan : 15 morts côté mauritanien, 6 côté agresseurs. Sans attendre, le ministre de la défense de l’époque monte au créneau pour accuser le GSPC algérien (groupe salafiste de prédication et de combat) qui serait commandité par le groupe de Zarkawi en Irak. Une aubaine pour le régime de Ould Taya qui a tout fait pour inscrire son action dans le sillage de la lutte contre le terrorisme dont l’Amérique de Georges W. Bush a fait une religion. L’attaque de Lemghayti est-elle une conséquence de la guerre menée par le régime à l’époque contre les mouvements radicaux ? Est-elle un prétexte pour le pouvoir pour durcir ses positions ? Signe-t-elle la fin de la stabilité d’un pays dont l’Armée a toujours refusé la guerre ?

Autant de questions qui restent posées. Pour mieux comprendre, il y a lieu de dire qu’entre Ould Taya et le radicalisme religieux, il ne s’est jamais agi d’une histoire d’amour. En 1995, une première rafle permet au régime de l’époque et à son ministre de l’intérieur de porter un premier coup à la mouvance en phase d’autonomisation. En effet pendant la période de constitution, la mouvance était bien ‘encadrée’ par des hommes proches du régime. Abdou Maham, Ould Gaguih et bien d’autres furent une sorte de ‘parrains’ pour cette mouvance. La défendant auprès des autorités, la manipulant parfois au profit de ces mêmes autorités. Au début des années 90, de jeunes ‘loups’ arrivent. Les financements venant de l’extérieur quittent les circuits traditionnels. La relation avec les maîtres wahabbites deviennent directes. Le mouvement se structure. Une nouvelle direction voit le jour. Suffisant pour irriter la direction traditionnelle. La police s’en mêle. Les activistes islamistes passent aux aveux télévisés. On croit avoir maté toute velléité chez eux. Plus grave, on croit désormais pouvoir jouer à ce jeu-là avec eux. Rafles de dirigeants, accusations sans fondements, obtention de compromis, et libérations sans autre forme de procès. Le tout sans grand danger. On arrive ainsi à 2003. En avril précisément. La police politique s’en prend avec violence à la mouvance. Sans discernement. Campagne contre les Imams et les prédicateurs. Des plus humbles aux plus prestigieux. Cheikh Mohamed el Hacen Ould Dedew y passe. La télévision nationale et la radio sont mises à contribution. Campagne sans précédent. La passante la plus insignifiante prend le micro pour fustiger les Erudits les plus reconnus. Amertume générale. Un peu comme si toutes les limites sont dépassées. Le 8 juin 2003. Le putsch des amis nationalistes tombe immédiatement dans le chapitre des activités ‘islamistes’. Dans son discours de Zouératt – sa première sortie après le putsch – le Président Ould Taya n’hésite pas à faire le lien. Il va très loin en soutenant que les putschistes avaient été induits en erreur : les chefs mutins leur auraient dit qu’il y avait une attaque terroriste. A verser dans le dossier de la défense plus tard. Pas de répit. Surtout que la mouvance apporte son soutien au candidat Mohamed Khouna Ould Haidalla. Un candidat qu’on estime avoir toutes les chances de l’emporter, sinon de pouvoir mettre le feu aux poudres s’il est ‘triché’. Ould Taya comprend que pour une fois c’est la politique qui est ‘la continuation de la guerre par d’autres moyens’.

Une chose est aujourd’hui attestée : l’interférence des milieux islamistes dans le putsch de 2003. Prenant visiblement le train en marche, ce sont des jeunes affiliés à la mouvance qui prennent en charge la fuite des chefs mutins. Puis constituent avec eux le groupe des Cavaliers du Changement. Avant de revenir ici essayer de prendre le pouvoir par la force. Ces ‘interférences’, supposées par le pouvoir, l’excitent. La répression s’intensifie. Le radicalisme en face aussi. Si bien que la ‘bienveillance’ du GSPC prend fin.

Un premier groupe d’activistes est arrêté. Ils reconnaissent devant la police avoir été au Sahara central, pour se former dans les rangs du GSPC en perspective du voyage vers l’Irak. Les services de la police politique, habitués à la pratique de la torture, maltraitent les prisonniers. On en parle. Premiers avertissements du GSPC. Puis passage à l’acte. L’attaque de Lemghayti est un acte de guerre qui signe la fin d’un régime. Ulcéré et effrayé, le Président Ould Taya ne s’en remet pas. Il envoie un millier de mauritaniens se battre dans les déserts malien et nigérien. Contre des fantômes. Il fait subir aux officiers supérieurs de l’Armée restés à Nouakchott, un régime infernal. Cause directe du 3 août. Nous l’avions dit : l’Armée mauritanienne n’est pas faite pour faire la guerre. Mais au lieu de signifier une nouvelle page dans l’attitude vis-à-vis de la mouvance islamiste – toutes tendances confondues -, la transition a renforcé le radicalisme à l’égard du pays. Le président du CMJD, dans ses discours, n’a pas manqué de fustiger le courant, de condamner la vision. Il est allé plus loin en défendant le principe des relations avec Israël et en refusant de juger les prisonniers accusés d’entreprise terroriste.

Les enquêtes de la police mènent à des groupes autonomes. Le plus important de ces groupes est celui dont les éléments auraient participé à l’attaque de Lemghayti, selon les P-V de la police. D’autres groupes s’apprêtaient, toujours selon leurs déclarations à la police, à organiser des attentats contre des intérêts occidentaux en Mauritanie. Ce serait en réponse aux appels pressants des chefs d’Al Qaeda. Mais il faut attendre la naissance de ‘Al Qaeda pour le Maghreb Islamique’ (AQMI) et la série d’attentats perpétrés au Maroc et en Algérie pour se rendre à l’évidence : il s’agit bien d’un réseau trans-maghrébin qui est en perspective. Ce qui fait dire que seule une action commune des Etats concernés peut aboutir à un résultat. Aussi faudrait-il trouver des solutions propres à nous. Prenant en compte les causes du radicalisme et l’environnement dans lequel évoluent ses adeptes. Loin surtout de la démarche américaine faite de violences et d’arrogance. Autrement dit, la solution sécuritaire ne peut être envisagée à elle seule. Ce qu’il faut c’est extirper le mal à sa racine.

Pour en revenir à
la Mauritanie, les nouvelles autorités peuvent envisager d’ouvrir un débat avec les tenants des thèses radicales. Récupérer ceux qui peuvent l’être et les insérer dans la vie active. Tout cela dans le cadre d’une vision globale de la réconciliation nationale. Bien sûr seulement après le verdict de la justice. Car nous devons apprendre que nous avons tous à répondre de nos actes. Autant le pouvoir jouait avec le feu, autant ces jeunes mauritaniens croient avoir à faire à un jeu de cache-cache.

Source :  La Tribune n°398




Situation économique et sociale du pays : Vue par le bas

8052008

Situation économique et sociale du pays :

Vue par le bas

 

Voilà un an et seulement quelques jours que les mauritaniens confiaient leur destin et les rênes du pouvoir à Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la suite d’élections libres et transparentes. Jeudi dernier, les travailleurs du pays ont célébré la fête du travail. Leur description de la situation économique et sociale donnait des sueurs froides. Cherté de la vie, chômage, sous-emploi…la situation est loin d’être rassurante même si le gouvernement a débloqué plus de 28 milliards d’ouguiyas pour faire face aux coûts élevés de la vie.

 

 

Un an après l’accession de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à la magistrature suprême du pays, les populations en général, les travailleurs, les chômeurs et les fonctionnaires en particulier attendent et avec impatience les grandes réformes sociales et économiques tant promises durant la campagne présidentielle de février et mars 2007. Face aux supplications et exigences sociales trop pressantes, le gouvernement de Zéine Ould Zéidane semblent avoir du pain sur la planche. Cherté de la vie, chômage, privatisations avec son lot de conséquences…Le gouvernement pourra-t-il rassurer les mauritaniens qui commencent déjà à désespérer ?

Jeudi dernier, jour de la fête du travail, les travailleurs ont appelé l’Etat mauritanien à sécuriser davantage leur pouvoir d’achat. Cet appel sonne comme un cri de désespoir et de peur. Rares, aujourd’hui, sont les chefs de famille qui ne sont pas en proie à la cherté des denrées de premières nécessités. Et ce n’est pas donné à n’importe qui d’assurer la dépense quotidienne qui est devenu un véritable casse-tête. Se nourrir donc devient pour les mauritaniens une véritable préoccupation. Les denrées de premières nécessités sont onéreuses et les prix ne cessent de grimper. La plupart des femmes rencontrées au marché estiment que la vie à Nouakchott est trop dure. C’est le cas de Fatimata Demba Anne, mère de quatre enfants, demeurant à
la Médina 3. «C’est très difficile, commente-t-elle. Mais bon que faire ? C’est toujours les pauvres qui en pâtissent. Mon mari, lui, est un mécanicien, parfois, il rentre bredouille. La situation, actuellement, est pénible pour tout le monde notamment pour nous les pauvres.» C’est aussi le sentiment de cette dame, Aïssata Wane, qui pense qu’il faudrait diminuer les denrées de premières nécessités puisque les chefs de famille ne tiennent plus la barre haute.

A la place ”Khar Yalla” (en français, lieu où on attend patiemment Dieu) située à quelques mètres du carrefour clinique, nous y avons trouvé des ouvriers désoeuvrés sans travail, assis sur des emmarchements ou sous des arbres, à l’attente d’une clientèle providentielle. Ils viennent en partie des quartiers défavorisés de Nouakchott. Fuyant la mouise et la pauvreté, ils viennent ici monnayer leur expertise contre des sommes dérisoires. Ici, les avis sont unanimes : le train de vie est cher et l’emploi introuvable ! Pour avoir du bon poisson ou de la bonne viande, il faut décaisser 2400 UM sans parler de l’huile, du riz, du lait, du sucre. Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles et tracassantes. Les ménages souffrent du fait de la cherté des denrées de premières nécessités. El Hadj Hassan Bâ et Cheikh Tidiane Sarr, tous deux ouvriers de leur état, font partie de ceux-là. «Pour assurer la dépense quotidienne, il faut au moins 2000 UM sans compter le transport, le loyer, l’eau. Et, pire encore, on peut rester des jours sans trouver de clientèle. La concurrence est devenue rude. Le métier de journalier est très difficile et ne permet pas de satisfaire entièrement nos besoins », confient-ils.

Ce n’est pas seulement les ouvriers qui se plaignent de la cherté des prix des denrées de premières nécessités. Il y a aussi les fonctionnaires de l’Etat. C’est le cas de Mohamed Ould  Salem, père de famille et fonctionnaire au Ministère de l’Education nationale qui pense qu’il faut augmenter les salaires, diminuer les prix des denrées de premières nécessités et d’ajouter : «Nous attendons du gouvernement la prise en charge des préoccupations des citoyens.»


La Mauritanie traverse-t-elle une crise sans précédent ? Dans des communiqués de presse, certains partis politiques de l’opposition ont fait part de leurs inquiétudes sur la situation actuelle que traverse
la Mauritanie caractérisée par une crise sociale et économique aiguë en raison de la cherté de la vie et de la flambée incontrôlable des prix, le chômage grandissant qui frappe la jeunesse en particulier les diplômés chômeurs. A l’occasion de la fête du travail, certaines centrales syndicales comme
la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie ont demandé aux autorités l’institutionnalisation d’une prime de chômage pour les diplômes en chômage. Elles ont par ailleurs porté aux autorités la responsabilité des conséquences négatives de l’anarchie qui prévaut dans le domaine de l’emploi : intervention, népotisme, discrimination et exclusion. Afin d’éradiquer le chômage, les autorités devraient adopter une politique capable de développer des projets générateurs de revenus et d’emplois particulièrement dans le secteur de la pêche, de l’agriculture, de l’industrie, du commerce et dans bien d’autres secteurs d’activités générateurs de revenus conséquents.

Les roublards de
la République- de la transition et des régimes précédents- ont emporté avec eux comme un Tsunami les tirelires de l’Etat laissant derrière eux une Mauritanie chauffant au bain-marie. L’économie, la politique, la collectivité…aucun pan de la vie nationale n’est épargné par les soubresauts d’une situation délétère consécutive à un marasme économique qui frise des interrogations. Dans ce tohu-bohu socio-politico-économique où c’est le sauve-qui-peut, le cauchemar de la marmite turlupine les chefs de famille de plus en plus pris entre l’enclume et le marteau.

Récemment, dans une interview accordée à un hebdomadaire de la place, l’éveil-hebdo, Ibrahima Moctar Sarr affirmait que «la situation économique et sociale du pays est réellement préoccupante, beaucoup d’entreprises semble-t-il risquent de déposer leur bilan, certaines sociétés ont été rétrocédées à des privés étrangers, on parle de
la SNIM pour au moins 20%, Air Mauritanie n’est plus gérable,
la Somelec et
la SNDE traînent des assiettes, le marasme existe dans nos bidonvilles et dans la campagne, il est aggravé par les catastrophes naturelles. Nous devons tous nous préoccuper de cette grave situation et être inventifs pour trouver des solutions salvatrices».

Les solutions ? Pour faire face à une situation économique et sociale très délicate, le gouvernement a annoncé, au début du mois d’Avril, un programme d’urgence pour atténuer les effets de la hausse des prix des denrées de premières nécessités. C’est ainsi qu’une enveloppe de 28 milliards d’ouguiyas fut dégagée par les autorités pour assurer une aide supplémentaire aux plus démunis et garantir un meilleur approvisionnement en denrées de premières nécessités et créer davantage d’opportunités d’emploi. Un supplément aux 8 milliards d’ouguiyas qui ont été débloqués au mois de novembre dernier pour alléger la pression causée par la montée en flèche des prix du riz, du blé et d’autres produits de première nécessité.

Kréôn

 

Source : La Tribune 

 







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