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19 avril 2007-19 avril 2008 :

Un an après, le système reste à inventer

Ce n’est pas le changement annoncé de Gouvernement qui assure au Président Ould Cheikh Abdallahi d’asseoir son propre système. 

 

* «Je ne comprends pas pourquoi on parle de faiblesse du pouvoir, alors que nous sommes légitimement élus»

* «Quand vous dites que vous n’intervenez pas dans le cours de la justice, très vite on vous accuse de faiblesse, de laxisme…»

* «Je crois qu’il est temps d’arriver au stade où les leaders d’opinion deviennent capables de juger avec équité, ce qu’il y a et ce qui est possible»

* «Le grand problème, c’est de trouver l’équilibre entre la gestion de possibilités limitées avec des gens qui veulent, chacun, avoir la part la plus grande»

* «Les Mauritaniens parlent et exigent le changement, mais dans leurs comportements quotidiens, tout indique qu’ils tiennent au statu quo»

 

 

Ce n’était pas la première fois pour moi d’entrer dans l’enceinte de la présidence. Dans les années 70, nous étions quelques enfants de Nouakchott à faire paître les chèvres de nos parents dans les seuls jardins de la capitale. L’atmosphère bon-enfant de l’époque donnait une image tranquille de

la République. Puis vint la longue période de ‘l’isolement’ de la présidence qui a continué de s’éloigner de la ville. Pour finir par devenir un îlot au milieu de cette métropole mal formée. Arriva la ‘saison des murs’. L’isolement de la maison brune a reflété l’attitude des dirigeants qui s’enfermaient peu à peu dans leurs petits espaces. Des espaces qui avaient pour frontières, les seules limites de leurs esprits.

Le 8 juin, le seul réflexe populaire a été une ruée vers la présidence. On se souvient encore des images de la foule qui a envahi les jardins, comme si l’essentiel était de violer cet espace interdit. C’est dans ces conditions que j’y suis rentré. Cela m’avait inspiré un papier où je disais que je comprenais ceux qui, présents ou ayant séjourné ici, ne veulent plus partir ou cherchent à revenir. Avec des jardins pareils, un espace pareil, une tranquillité pareille, on ne peut envisager le retour parmi les simples gens.

«Ce n’est pas convenable de dire que je me sens en prison ici», répond le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui reçoit un groupe de journalistes à l’occasion du premier anniversaire de son accession au pouvoir. «J’ai le mal de la brousse, des gens simples, de la vie normale…»

Contrairement à ses prédécesseurs, Ould Cheikh Abdallahi a été régulièrement élu. Ce qui fonde la légitimité de son pouvoir. «Je ne comprends pas pourquoi on parle de faiblesse du pouvoir, alors que nous sommes légitimement élus».

Quand on arrive, l’équipe de la cellule de communication de la présidence est déjà là. On est installé sous de grands arbres à l’ouest de la résidence. A peine installés, le Président arrive. Il prend place et entame la conversation. D’abord avec Sy Mamoudou de l’Eveil dont il veut évaluer le niveau de Hassaniya. Puis avec Tah Ould Ahmed de ‘El Vejr’ et surtout ‘Echtary’, le premier journal satirique du pays. «J’adore lire Echtary. Tout le temps que j’ai fait à l’extérieur, je tenais à avoir ce journal». Une façon de ‘normaliser’ la relation avec le plus incisif de tous les journaux présents vis-à-vis de sa personne et de son régime. A la manière des Bidhânes, dans la pure des traditions. C’est certainement ce qui frappe chez l’homme : la simplicité qui fait que l’interlocuteur est vite ‘mis en condition’. On finit par se comporter comme en famille. Avec ce que cela demande de pudeur, de circonspection, de retenue, mais aussi d’aisance et de sérénité. Des atmosphères ayant fait le ciment et la nature de la société traditionnelle. Des atmosphères qu’on ne retrouve plus dans les villes…

La discussion est vite engagée. Doyen d’âge et de profession, Sy Mamoudou donne le ton. Il présente le groupe. Et m’invite à poser les premières questions. En écoutant Radio Mauritanie, j’avais suivi tout ce que le Président avait dit sur la situation : son bilan, la sécurité, les relations avec Israël, le programme spécial, les relations avec l’opposition… J’avais l’impression que beaucoup de sujets d’actualité pouvaient être dépassés dans l’immédiat. «Un an de pouvoir, un an de pratiques démocratiques, est-ce suffisant pour répondre à des questions genre : la démocratie règle-t-elle les problèmes posés ? est-ce qu’elle est une demande sociale ? assure-t-elle le changement ?»

Le Président veut résumer son sentiment en une image. Celle d’un artisan qui a deux boites d’outils, l’une à sa gauche l’autre à sa droite. La première contient les outils de ‘répression’ qui font le despote, la seconde les outils qui font la démocratie (concertation, participation…). «Nos compatriotes veulent que les deux boîtes soient utilisées pour qu’on y puise à tour de rôle selon les problèmes qui se posent. Ils tiennent beaucoup à la liberté, à la justice. Mais avec des pratiques, des comportements qui semblent rejeter qu’il faille payer le prix de la démocratie». Exemples : «quand vous dites que vous n’intervenez pas dans le cours de la justice, très vite on vous accuse de faiblesse, de laxisme… D’un autre côté, chaque fois qu’on porte atteinte à l’ordre public et que la police cherche à assurer l’ordre, tout le monde est scandalisé». La réflexion amène loin parfois dans ces conditions. «Pendant la campagne, j’avais pensé poser le problème de savoir si dans nos sociétés, la meilleure manière d’exercer la démocratie était la constitution de partis politiques. Mais j’avais craint qu’on ne me taxe de candidat indépendant qui voulait semer la confusion. Je crois cependant qu’il y a une réflexion qui n’a pas été faite de façon générale et qui demande peut-être une période de sérénité éloignée de tout enjeu politique, pour savoir comment le citoyen lambda peut se sentir le plus à l’aise, le plus présent dans la décision, avoir le sentiment de participer, de donner son avis».

Tah Ould Ahmed s’intéresse au programme spécial qui a intervenu sans qu’on évalue le précédent qui a, selon lui, échoué.

«Je voudrai savoir si nous tous – pouvoir, opposition, presse – sommes sûrs aujourd’hui de savoir les ressources de notre pays, ses possibilités, les mentalités qui y pèsent… où est le critère qui nous permet de juger si progrès il y a dans un domaine ou un autre ? est-ce que nous avons une vision claire et globale de nous-mêmes ? Beaucoup de gens savent ce qui leur manque, ce qu’ils veulent, c’est clair. Mais les hommes aiment souvent avoir ce qu’ils savent relever de l’impossible. Je crois qu’il est temps d’arriver au stade où les leaders d’opinion deviennent capables de juger avec équité, ce qu’il y a et ce qui est possible. Que pouvions-nous espérer réaliser l’année passée en prenant compte de ce que nous avions, ce que nous pouvions ? Pour moi, je ne suis pas sûr qu’on a une vision claire de cela. Quels pouvaient être les chiffres de la croissance, de l’inflation… si nous avions choisi telle ou telle politique ? (…) Tout cela ne doit pas influer sur notre orientation fondamentale qui est celle de la démocratie. Le choix démocratique est notre gri-gri protecteur, pour parler le langage des Zawayas… Les conditions circonstancielles ne doivent pas nous amener à utiliser les outils de la boite de gauche. Tout en proposant, et de la meilleure manière, ce que nous pouvons faire pour parvenir au meilleur niveau de développement possible pour le pays. (…) Le grand problème, c’est de trouver l’équilibre entre la gestion de possibilités limitées avec des gens qui veulent, chacun, avoir la part la plus grande. La solution ici est de trouver les voies les meilleures pour un développement sérieux et efficient. D’ailleurs, les premiers mois ont été consacrés à faire ce qui pouvait l’être. Nous n’avons conclu à l’utilité d’un programme d’intervention qu’à la fin de l’année. Il faut être clair, pour éviter les amalgames qui nous empêchent toujours d’avancer.

A la fin de l’année, il était nécessaire d’élaborer ce programme : distribution de vivres, approvisionnement du pays à travers le renforcement des capacités de
la SONIMEX pour éviter les spéculations… Nous avons notamment réussi à stabiliser les prix du pain et de certaines denrées essentielles. En plus des activités génératrices de revenus qui ont été mise en œuvre grâce au concours des organismes spécialisés. Ce qui n’a pas eu lieu, c’est que les fonds qui étaient destinés à
la SONIMEX, n’ont pas été mobilisés à temps. Nos partenaires comme le FMI nous imposaient de nous concerter avec eux dans ce genre d’opération. Le programme était limité et tout n’a pas été fait. J’ai souvent reçu des gens qui dénonçaient çà et là des aspects de gestion, mais sans jamais apporter de preuves. (…)

Quand je suis venu à Tintane, j’ai découvert l’ampleur de déficit de confiance entre les populations et l’administration. C’était comme quelqu’un qui, en ouvrant une porte, recevait en pleine figure une forte chaleur. Aujourd’hui, le citoyen reproche à l’administration ce qu’elle fait de mal et ce qu’elle refuse de leur faire de mal.

J’espère que les processus mis en œuvre pour le présent programme serviront à réhabiliter cette confiance. Ce sera l’une de ses réussites souhaitées. (…) Un problème cependant, c’est de faire comprendre qu’il s’agit d’une opération ponctuelle».

Quand Abdallahi Ould Mohamdy d’Al Akhbar, pose la question sur «les trois têtes du pouvoir», le Président répond : «qui sont les trois têtes du pouvoir ?» Devant l’hésitation du journaliste, le Président repose le problème des appréhensions, des préjugés et des à-peu-après. Il reconnaît avoir été obligé de ne pas composer «un gouvernement politique sauf avec les gens de l’opposition». Il a défini des critères. «Je ne connaissais que deux des ministres proposés. Même si je dois reconnaître que j’ai dû faire quelques réaménagements à la fin : pour équilibrer au profit des femmes ou de certaines régions». (…)

Pour ce qui est de l’action du gouvernement, le Président semble satisfait. Surtout que malgré les retards pris dans la mise en place des nouveaux organigrammes, le gouvernement a remporté une victoire comme celle du Groupe Consultatif de Paris. «Il y a cependant un déficit de communication». Sur le changement, «les Mauritaniens parlent et exigent le changement, mais dans leurs comportements quotidiens, tout indique qu’ils tiennent au statu quo». En fait, «quand quelqu’un vient vous dire qu’il ne faut pas changer ce qui a toujours été comme ça, c’est bien parce qu’il n’aime pas le changement. C’est l’argument principal de beaucoup de gens».

Le Président Ould Cheikh Abdallahi est amer quand il parle quand il parle de l’image que
la Mauritanie a eue cette année. «Parce qu’elle n’est pas réelle». On revient toujours au déficit de communication. Il reconnaît cependant qu’il n’a pas été «très gâté». «Je suis critiqué par mes adversaires, mais aussi par mes amis». Comment expliquer ? «C’est parce que je n’ai pas dévié de ce que j’ai dit au départ. Ce n’est pas forcément ce qui convient ici et là».

C’est à une question de Ba Adama de Biladi, que le Président répond : «Du fait de la pauvreté, l’administration reste le seul grand pourvoyeur d’emplois. Il y a donc une demande extrêmement forte en termes d’embauches, de promotions… Du coup le débat politique est occulté par des préoccupations plus immédiates et plus personnelles». Concernant l’attitude négative de ses partisans, «les partis de la majorité doivent apprendre à se comporter comme des partis au pouvoir».

Pour ce qui est de l’opposition, «mes premières audiences étaient réservées à ceux de l’opposition. Je faisais des choses que je considérais comme normatives dans notre système. C’était pour dire et montrer que le nouveau système était ouvert pour discuter avec toute partie. J’ai parlé franchement et naturellement. Malheureusement, quand mes interlocuteurs rendaient compte, ils s’évertuaient à ne pas faire allusion aux échanges qu’on a eus, et à donner l’impression qu’ils ont parlé à un pauvre Monsieur qui ne savait rien de la réalité».

Sur les questions sécuritaires, le Président estime qu’«il n’y a pas d’insuffisances sécuritaires : s’il y a des évasions, il y en a partout, si c’est la traque, il y en a partout. (…) En Mauritanie on adore minimiser ce qu’on fait et disqualifier les nôtres». Il le dit en répondant à la question sur la promotion des Généraux à un moment où l’appareil sécuritaire échoue. Le Président précise que la promotion relève du pouvoir discrétionnaire du commandant suprême des forces armées.

Dans le futur immédiat, le programme de développement du pays passe par la délocalisation des activités économiques. «Nous pensons créer des régions à vocation : le Hodh Echargui sera le pôle de l’élevage, le Guidimakha sera celui de la santé, le Gorgol, celui de l’Agriculture… Nous pourrons alors déplacer toutes les structures liées à ces secteurs vers ces pôles. C’est comme ça que l’équilibre dans le développement peut être trouvé».

Arrive le sujet de la communication. «Il n’y a pas encore eu de stratégie de communication, mais nous n’avons pas voulu faire de
la Radio et de
la TVM les voix de leurs maîtres. Cela a été difficile à cause des réflexes du passé, mais nous avons encouragé le choix d’une information responsable et libre. Vous devez nous aider à élaborer et à faire accepter un code de déontologie. Il faut dire que certains ont d’abord pensé que la liberté ne pouvait s’exercer que dans l’expression de l’opposition. Cela a occasionné quelques excès… Mais je rappelle que nous tenons à rejeter tout ce qui relève de louanges à la personne du Président».

Quand il parle du front social, il se déclare «personnellement déçu par les dernières grèves parce que je n’ai pas senti une prise en considération de l’intérêt général ni des possibilités offertes». Il croit que la ministre a fait beaucoup d’efforts. «Les salaires ont augmenté pour les professeurs du supérieur de plus de 60.000 UM depuis janvier».

Avec l’Emir du Qatar, avez-vous discuté du sort de Ould Taya ? «Il n’a pas été question de lui à aucun moment».

Quand on quitte un peu après 19 heures, j’ai l’impression d’avoir passé un moment avec un Président tranquillement installé dans la réalité d’un pouvoir difficile à exercer parce qu’il demande la rééducation de toute une société. Une rééducation qui doit faire perdre les réflexes contractés des décennies durant. Absence de responsabilité au sein de l’Appareil, pouvoir personnel du chef, diktat, suivisme, système patrimonial… Manque de pot ou de marge de manœuvre, le choix des hommes devant mettre en œuvre le programme de Ould Cheikh Abdallahi, n’a pas toujours été judicieux. Les résistances arrivent de partout. Et surtout de là où on les attendait le moins : de la proximité. Pour se donner toutes les chances de repartir à une vitesse meilleure, le Président Ould Cheikh Abdallahi ne doit pas seulement redorer son Gouvernement, mais tout son Appareil. Car il a à créer un système. Le sien.

 

Compte-rendu Ould Oumeïr

Source :  La Tribune n°396

 

Pourquoi ces journaux ?

 

La cellule de communication de la présidence a reçu quelques demandes d’interview à l’occasion du premier anniversaire de l’investiture du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Au lieu de donner une interview à l’un des journaux, elle a proposé une rencontre collective. Une sorte de discussion à bâtons rompus. El Vejr, Biladi, l’Eveil, Al Akhbar et
La Tribune ont accepté le principe. C’est vendredi 18 avril en fin d’après-midi (17 heures) que la rencontre a eu lieu. Elle avait pour cadre, les jardins de la présidence. Après les salutations d’usage, les journalistes ont vite détourné la causerie en une conférence de presse qui n’a cependant rien perdu de sa convivialité. C’était en présence des quatre membres de la cellule de communication : Idoumou Ould Mohamed Lemine, Conseiller Principal du Président, Abdoulaye Mamadou Ba, Porte-parole de
la Présidence, Mohamed Lemine Ould Bah, Conseiller et Amal Mint Cheikh Abdallahi, Attachée.

 

Renouer avec la fête

 

Occasion d’anniversaire, une soirée a été organisée par la ville de Nouakchott pour célébrer un an de démocratie. Des artistes ont été invités d’Algérie (Cheb Khaled), du Sénégal (Viviane N’Dour) et de
la Mauritanie (Ewlad Leblad, Tahra Mint Hembara, TR, Sala, Ould Lebyadh…). Environ 20.000 personnes ont envahi les tribunes et les abords du stade olympique. Toute la nuit la ville aux rythmes du Rap, du hip-hop, du Rai, du M’Balakh, de l’inédit, du dit et du non-dit…

On dit souvent que
la Mauritanie a d’abord souffert du recul de la joie. C’est pourquoi l’organisation de telles soirées ne peut qu’être saluée. Cela permet à une jeunesse désoeuvrée de s’amuser, de se libérer des contingences quotidiennes, l’espace d’une soirée.

A l’occasion, le premier Magistrat de la ville, le président de

la Commune Urbaine, l’inégalable Ahmed Ould Hamza a prononcé un discours où il a remercié les présents, artistes et public. Il a situé la manifestation dans la perspective de l’ouverture des scènes en vue d’une plus grande émancipation de la jeunesse, de l’enrichissement de l’espace culturel et de la promotion des idéaux de liberté, d’égalité, de justice et d’unité. Très applaudi, le Maire RFD de Nouakchott, était visiblement fier de la fête que sa ville offrait à ses habitants.

La séance des feux d’artifice – auxquels les Mauritaniens ne sont toujours pas habitués – a été le clou de la soirée.

 

Ould Cheikh Abdallahi à Radio Mauritanie 

 

A Radio Mauritanie à laquelle il a accordé une interview exclusive, le Président de
la République, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a réaffirmé que les conditions dans les pays ont connu une nette amélioration d’une manière générale. Il a, dans ce sens, évoqué l’autorisation pour certains partis politiques afin de permettre à tous les mauritaniens d’exercer l’action politique contrairement à ce qui existait par le passé. Au plan des réalisations dans les droits de l’homme, le président de la république a fait état des progrès, notamment à travers la mise sur pied d’un comité interministériel chargé d’organiser le retour des réfugiés mauritaniens au Sénégal et au Mali dans l’honneur et la dignité et dans un cadre concerté. Ce comité, dit-il, a réalisé son travail dans d’excellentes conditions et avec succès dans l’intérêt de toutes les parties concernées. Le Chef de l’Etat a rappelé dans ce cadre l’adoption de la loi incriminant l’esclavage et les pratiques esclavagistes dans le but de réduire les disparités entre les différentes franges de la société et de consolider l’unité nationale, réaffirmant la détermination de l’Etat à trouver des solutions adéquates aux questions ayant trait au passif humanitaire.

Au sujet des conditions difficiles que vivent les populations, le Président de
la République a précisé qu’un plan d’intervention spécial permettant de faire profiter seulement de l’aide alimentaire les nécessiteux, a été mis en place. « Les autorités compétentes ont été tenues d’assurer un contrôle rigoureux de ce plan pour garantir une meilleure exécution de ce plan », ajoute le président de
la République qui invite les populations à faire preuve de responsabilité et d’honnêteté en s’abstenant de toute action pouvant entraver l’application dudit plan.

Evoquant l’aspect sécurité, le président de
la République a indiqué que la police assume pleinement sa mission en veillant sur la sécurité des citoyens contrairement à des rumeurs que certains ne cessent de véhiculer, qualifiant les actes terroristes qui se sont produits ces derniers temps « d’actes limités » en comparaison avec ce qui se produit dans d’autres pays du monde.

Il a aussi insisté sur la nécessité de bannir certaines mentalités qui dominent chez nos citoyens afin qu’ils soient informés de ce qui se déroule atour d’eux, ajoutant que l’Etat veille sur la séparation des pouvoirs et les mesures que cela impose ont été prises.

Au plan diplomatique, le Chef de l’Etat s’est félicité des excellentes relations qui unissent
la Mauritanie aux différents pays du monde et en particulier les pays voisins, indiquant que par sa position géographique, notre pays contribue à la résolution des problèmes de la région et oeuvre pour la rapprochement des peuples.

Le Président de
la République a également évoqué les relations de notre pays avec l’Etat d’Israël, précisant que des concertations seront engagées sur la question au moment opportun et en fonction des priorités.

Il a réaffirmé que sa position par rapport de cette question n’a pas changée et qu’il a déjà exprimé dans plusieurs occasions et que certains organes de presse ont interprété ses derniers propos sur la question de façon erronée.

Ould Cheikh Abdallahi a ajouté que l’Etat a réalisé des progrès significatifs dans un laps de temps, ces réalisations se manifestent dans les multiples projets réalisés et des financements obtenus, relevant les multiples potentialités que disposes le pays et la nécessité de les exploiter pour alléger la pression sur les fonctions publiques et répondre aux besoins grandissant de nos citoyens. (avec AMI)

 




BOULET DE PLOMB DANS LE GOSIER D’UN MOURANT

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BOULET DE PLOMB DANS LE GOSIER D’UN MOURANT 

Posologie de la désillusion 

Ce jour de fin novembre 2006, à la sortie de l’aéroport de Ouagadougou, une impression de gêne et de culpabilité conjointes lestait mon pas. Mon inhospitalité fruste me procurait une sensation de mal-être, aux confins imprécis de la honte. 

J’ai trop dit, sans retenue et le regrettais. Par la patience et un fonds sans doute immémorial de courtoisie, l’interlocuteur m’avait confondu. Il écoutait mes griefs acerbes, opinant du chef si quelque note moins véhémente du propos convenait à son univers de sens d’où semblait aboli le vocable de la rupture, credo de ma verve lors de ces 40 minutes d’un entretien improvisé sur le fil de la frontière, en contrée d’exil.   

J’achevais un échange – disons un monologue alternatif – avec le futur candidat à
la Présidence de
la Mauritanie. Sans accompagnateur, sandale de cuir sous le pied,  le boubou l’enveloppant dans le péril aigu de la gravitation, cet homme chenu me semblait bien seul avec sa serviette entre deux gris et un cuir d’outre-tombe, une carte d’accès au salon d’honneur qu’il tenait, de l’autre main, un peu à la façon d’un écolier honnête qui respecte sa position dans la file d’attente du dispensaire et s’en sert comme d’un viatique. Les verres épais comme une loupe à reflets, accentuaient, de sa personne, le sérieux, l’absence intrinsèque de la plus infinitésimale aptitude à la fantaisie ; ce lui seyait assez, en devais-je convenir. 

La surprise, parfois un soupçon de frayeur, me sollicitait, le long de l’entretien d’où un début d’empathie envers la ténacité immobile du voyageur. Comment – m’indignais-je in petto – pouvait-on laisser le futur président de mon pays, battre campagne diplomatique, d’aéronef en hôtel, selon ses facultés propres, dépourvu du moindre concours et de la plus indispensable des apparences, celle du collaborateur qualifié, à la fois protocole, déchiffreur de vadémécum et béquille élégante au besoin! Loin d’éprouver l’obstacle, il argumentait sur le ton d’une certitude paisible, soucieux – car inquiet- de me convaincre qu’il portait un projet, en était l’auteur et n’obéissait à l’instruction de quiconque. Je lui rétorquais la tutelle ontologique des militaires et rappelait la part du bloc de la notabilité prédatrice maure dans sa victoire alors acquise ; je lui en exposais les preuves, alors  profuses mais peu visibles du quidam puis l’assurait de ma détermination à lui barrer la route et compliquer l’élection. «Monsieur, lui asséné-je, vous êtes le candidat du statu quo et de l’impunité et ce nous est devoir de vous combattre, mes amis et moi, néanmoins dans le respect et selon les standards de bienséance». Il se félicita de l’assurance et risqua une question dont l’humilité et la perspective trahissaient le désir, sinon l’ardeur, d’accéder à la magistrature suprême ; dubitatif, quasiment sur la défensive avant que ma réponse ne le soulageât de je ne sais quelle appréhension, il osa, sur le mode allusif – à sa culture si familier-  un timide entrebâillement de la porte, en dépit de la violence avec quoi je la refermais, au terme de notre dissentiment : «et si votre perception de mon ambition évoluait en toute objectivité, changeriez-vous d’avis ?» «Bien sûr, Monsieur, puisque  seule la conviction nous guide» rétorquai-je, par l’imprudence de l’orgueil. Il me prenait au mot. 

Le surlendemain, 30 novembre 2006, je recevais de l’hôte, à son retour au bercail, un message de remerciement, pour la «franchise» et le vœu «de nous retrouver bientôt dans une Mauritanie plus apaisée et plus égalitaire».   

Des semaines plus tard, nous nous revoyions, en tête-à-tête, au domicile d’un ami, compagnon de route, à qui je devais survie et pugnacité durant ma traversée de misère le long de ces années d’effort ingrat. Mon protecteur, entre-temps devenu favorable à l’hôte, souhaitait notre rapprochement mais affectait une dose d’indifférence pour ne sembler me contraindre au soutien par procuration.  Le remords d’avoir froissé un vieux inoffensif, modeste et sincère, m’obligeait à adoucir l’abord et, en conséquence, abdiquer quelques préventions. Aussi, d’emblée, nous discutions, au sens pacifique du terme, enfin à l’abri du préjugé. Evasif sur la lute contre les crimes économiques, il plaida, finalement, le danger de faire «rendre gorge» aux voleurs, voire même de les exclure de la conduite de l’Etat. A son regard d’une inexcusable ingénuité, il suffisait que la loi se dressât raide dans la solennité de sa détermination, pour que les vicieux «cleptopathes» se rendissent à l’évidence de la vertu et y trouvassent matière à régénérescence  éthique, sous le contrôle des représentants du peuple, et la menace du glaive dissuasif de la foi en dieu. Il n’effleurait l’esprit du prochain premier magistrat que nos populations accorderaient leurs suffrages à des parfaits gredins, par ailleurs assidus en fréquentation de mosquées, le bras droit habile au larcin quand la main se repose d’égrener le rosaire du faux semblant. Non, sur le défi du gouvernement intègre, l’interlocuteur ne parvenait à nous tenir un prône enthousiasmant et j’atténue l’euphémisme. Nous le sentîmes vulnérable en ce chapitre ; je perçus le désenchantement, par anticipation, dans le silence obstiné de mon ami ; ses yeux cherchant un peu de réconfort dans la pilosité chétive de la moquette fuyaient les miens qui fuyaient les siens. Nous nous demandions, de concert mais sans coordination pour l’Instant, pourquoi donc, notre vieux tenait-il tant à ménager cette classe de parasites tribalistes au lieu d’en arrêter la nuisance, d’un coup de chômage technique. 

Le contexte de la compétition nous offrait un alibi et nous nous en satisfaisions. Une fois élu, le Président allait sévir, oui, il ne saurait différer l’arrêt fatal de la réforme ni décevoir l’aspiration légitime à la purge. En somme, il n’avait d’autre choix que d’aller dans le sens mécanique de l’histoire. Ainsi, du moins, nous encouragions nous, d’autant plus enclins à l’exercice que sur des dossiers autrement plus ardus des discriminations ethniques et de l’esclavage, son propos coulait de source, concis et jamais à court d’audace. Oui, là, il emportait l’adhésion ; il fallait bien une rançon à notre optimisme : nous foncions tête baissée, confiant la pertinence de notre engagement à la mansuétude de la providence ; après tout, avec un chef d’Etat d’une trempe aussi sobre, la mise ne nous appauvrirait ; le jeu a priori aisé, valait la chandelle au prix modique. Nous allions franchir une étape, certes mesurée, sur la voix du meilleur. 

A la fin de l’entretien, j’abdiquais devant le cumul du calme, de la bonne foi et des atours de la sagesse: «Monsieur, selon les Français, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis ; aujourd’hui, je veux sortir du lot. En conséquence, je vous apporte mon soutien discret mais sans le bulletin car non inscrit parmi les électeurs ; je ne garantis, pour autant, l’aval de mes camarades». Il s’accommodait du ralliement relatif et me couvrit de remerciements. A distance, je me lançais dans une bataille passionnante au service d’un homme dont je savais peu. J’expérimentais, sur le mode de la fixation horizontale par torticolis, le dilemme quotidien de tirer dans la même direction, que mes pires ennemis sans admettre, de leur encombrement, le partage de la munition ni une syllabe d’encouragement. Et, cahin-caha, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi accéda à la magistrature suprême. Nous avions gagné, croyais-je ; mon dieu quelle sottise d’angélisme primaire ne commettais-je alors ! Très tôt, je me retrouvai pris en flagrant délit de naïveté. 

Lors de l’audience en son Palais de Président, dans la simplicité et la frugalité du repas, je m’aperçus de la mise proto-clocharde du protocole et la mit sur le compte commode du cafouillage consécutif au déménagement. Après tout, en fils de nomade, je connaissais la dictée des ordres de priorité au lendemain de la caravane autant que le désordre consécutif à l’orage sous la tente. Dans son rôle d’aîné à l’écoute de frères qui ne lui apportaient aucun CV à promouvoir, il écoutait, formulait les questions pénétrantes, concédait quelques erreurs d’allumage mais, curieusement, ne s’engageait sur rien. Nous convînmes de la meilleure façon de lui faire parvenir des alertes et des propositions. Certaines l’inspirèrent sans doute, le reste, volumineux, se perdait ; le découragement eut raison de mon zèle de scribe. Je désertais mon poste de consultant dans le vide et comme de bien entendu, ni le destinataire ni l’auteur auto congédié n’en prirent ombrage, sans doute faute d’y croire assez, dès le début. 

Les mesures inaugurales eurent, sur moi, l’effet d’une douche suédoise contre un rescapé de
la Géhenne. Au cabinet insipide de Zeïne Ould Zeïdane, succéda la liste des secrétaires généraux de ministères à majorité incompétents, voire de moralité cautionnable. Ensuite, au risque de l’étouffement, j’avalais la réintégration des juges d’un autre âge que la rigueur du bâtonnier Mahfoudh Ould Bettah chassait un jour de la fonction publique, à l’époque caniveau de toutes les turpitudes, comme elle incline à le redevenir aujourd’hui. De la désignation du chef d’état-major adjoint de l’Armée en dépit de la présomption de crimes racistes, je conçus, dans l’insomnie, des nuits durant, l’atroce morsure de la trahison. De l’assassinat de touristes français, en passant par la promotion monstrueuse de Deddahi Ould Abdallahi, la semaine des fusillades à Nouakchott et sa série d’«accidents» mortels, la difficulté de la respiration évoluait vers la syncope cardiaque. J’ai un peu contribué à faire élire le Président de
la République et le Président de
la République me rendait malade. Le pire, ici, c’est le néant de délibération dans l’enchaînement de cause à effet. Le Chef de l’Etat sévit par défaut ; figé dans la crainte de toute mobilité, l’aiguille de sa boussole se fixe sur l’aimant de l’inertie. Quand le monde oisif bouge un tantinet autour de lui, le bilan des réalisations enfle dans la bonté de son imaginaire.   

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi se révèle dans la neutralité. Il ne vous occasionnera aucun mal, excepté la bavure et ne dispensera nul bienfait sinon par inadvertance. Parce qu’il subit, à vif, la phobie du scandale, il préfère garder des collaborateurs incapables au lieu les renvoyer, couvrir un meurtre si le cadavre sous le lit ne sent trop; de même, tant qu’il s’agit de voler en cachette, de trafiquer de l’influence, de se servir de sa position pour régler des comptes subtilement, sa défaveur ne vous atteindrait. Commettez le pire mais, de grâce, faites-le en silence et catimini, convenablement. Notre président n’est pas déshonnête, je le crois intègre, vraiment. Seulement voilà, sa probité lui suffit de repère au point de le conduire à exempter la canaille alentour. 

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi souffre de devoir prendre une décision, de trancher une alternative, le dilemme lui est insupportable. Son jour préféré est demain, l’instant de l’élasticité, donc extensible à l’infini de l’attente en soi ; il tient du prophète Job auquel Godot aurait promis d’apporter un élixir de bonheur. Nos têtes supportent le faix de la scène ; elle se joue sur nos échines. 

Le lendemain de l’audience, je rendais visite à mon adversaire idéologique, Mohamed Yehdhih Ould BreIdelleïl ; paradoxalement, il me lie, à l’auteur d’«Où va
la Mauritanie», le scrupule de l’honneur aux fins, communes, d’’«Eviter l’infamie» ; lorsque je l’incitai à s’entretenir avec le nouveau Président, il esquissa un sourire d’ironie  et de bienveillance blasée sous l’opacité de ses perpétuelles lunettes. Sa perspicacité lui dicta la sentence du désenchantement : «Sidi est un homme de convenances», rajoul moujamalat. A ce moment, je le trouvais sévère, non, plutôt injuste. Qu’il m’excuse la méprise. Mea culpa, maxima, bats-je désormais ma coulpe. 

Oui,
la Mauritanie qui agonise de faim et de soif a Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en travers de la gorge. L’expulse-elle et la déglutition épuiserait le reliquat de son souffle ; l’ingurgite-t-elle que l’indigestion mortelle s’ensuivrait ; que faire, s’exclamerait, du fond de son sépulcre de glace, l’ancêtre caucasien de Lénine ?!!!!! 

Contre la logique du crescendo dans la désaffection, je suggère de traîner le faix quatre ans encore ; notre démocratie le vaut bien et je ne tire la conclusion par le cheveu. Le Président doit achever son mandat, pour que s’enracine, en nous, cette liberté dont l’insatisfaction du jour oblitère les atouts. Sans la faculté de choisir, de critiquer et de sanctionner le gouvernant, nous régresserions au stade de l’arabité autoritaire d’où un coup d’état nous extrayait, par miracle, un certain 3 août 2005 ; que le sauveur soit remercié et aille consommer, au loin,  le fruit des forfaitures antérieures à la réhabilitation de notre dignité. 

Néanmoins, le vœu de continuité ne vaut exonération ; veiller à l’achèvement du quinquennat va de pair avec l’exigence de la qualité. Aussi, ce pouvoir ne mérite-t-il  de trêve. En politique, une année renseigne bien sur le crédit de l’intention et l’économie des moyens ; Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a démontré des facultés singulières à la paraplégie par choix ainsi qu’une propension record au recyclage du déchet organique. Ecologiste du pire, il n’y a qu’à observer la matière quadrumane dont il façonne son décor, à commencer par les conseilleurs – principaux fussent-ils ou secondaires – dont j’excepte un ou deux, à peine et sursaut de complaisance. 

Alors, poussons-le à bout de politesse, sortons-le de sa timidité, sauvons-le de ses tabous pour, qu’enfin, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi se persuade de la crédibilité de son statut de Président. Au moins, nous faciliterait-il la patience de le tolérer jusqu’en avril 2012. 

En guise de conclusion, qu’il me soit permis de réitérer l’irréductibilité de la ligne rouge. Tant que la loi d’amnistie de 1993 reste en vigueur, le retour  du Colonel Ould Taya impliquerait, de la part de l’Etat mauritanien, un acte de recel dont l’immoralité nous déliera de toute obligation. Lui offrir un passeport diplomatique sonnerait le clairon de la mésentente. Un président averti vaut, exactement, 3 généraux prématurés. Il est des relevailles qui vous terrassent. 

 

Othman Assanhaji Albarberi                                                                          24 avril 2008 




Pouvoir-Opposition : Polémique autour d’un texte

4052008

Pouvoir-Opposition : 

Polémique autour d’un texte 

 

Le ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile, Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, a tenu une conférence de presse mercredi dernier. Alors que le Conseil hebdomadaire des ministres continuait ses travaux, Ould Brahim Khlil a organisé une rencontre avec la presse. Il voulait visiblement répondre aux remarques faites par des parlementaires du RFD notamment concernant la non-conformité du texte relatif au statut de l’opposition proposé au Sénat. La copie présentée devant cette Chambre différait quelque peu de celle adoptée par l’Assemblée. Erreur ou manipulation, cette différence a suscité une vive polémique entre le pouvoir et une partie de l’opposition.

Après avoir loué l’esprit qui anime le travail des deux Chambres, il a affirmé que les relations existant entre le gouvernement et le Parlement sont basées sur le respect du principe de la séparation des pouvoirs. Il a souligné que le président de la république tient absolument à la consécration totale de ce principe .Il a aussi salué l’esprit avec lequel les deux chambres du Parlement, majorité et opposition, traitent les différents textes présentés par le gouvernement, aussi bien au niveau de leur examen, correction, ou amendement qu’au niveau de leur approbation. « La majorité peut proposer les amendements », a-t-il aussi dit .Il a ajouté que cela a permis à notre pays de mettre en place un arsenal de lois couvrant les divers domaines de la vie nationale, « ce qui est considéré comme une fierté pour
la Mauritanie et un appui fondamental pour la démocratie ».

Il a par la suite passé en revue, au cours de cette conférence de presse, les étapes par lesquelles passent les projets de loi entre le gouvernement et les deux chambres du Parlement. Il a précisé à ce sujet que son département est chargé de coordonner ces étapes et que sa mission se limite au transfert des textes qui lui parviennent du gouvernement ou de l’une des deux chambres du Parlement aux députés et aux sénateurs tels qu’il les a reçus, soulignant qu’il n’a pas le droit d’y apporter le moindre amendement ou modification .

Le ministre a insisté sur le fait que son département n’a jamais transmis au Parlement un quelconque texte non suffisamment clair dans sa forme et dans son fond. Il a affirmé que le texte de la loi relative au statut de l’Opposition démocratique qui a été approuvé par l’Assemblée nationale est le même texte qui a été approuvé par le Sénat. Il a catégoriquement nié les déclarations des députés du RFD, lors d’une précédente conférence de presse, selon lesquelles le texte a été modifié ou tronqué dans certains de ses alinéas lors de son transfert des députés aux sénateurs .

Le ministre a signalé que les lois, vu qu’elles organisent la vie publique, ne peuvent être mises en doute après leur approbation .
Dans ses réponses aux journalistes, le ministre chargé des relations avec le parlement et la société civile a nié les propos qui lui ont été attribués par le groupe du RFD et selon lesquels il aurait tenu des paroles malveillantes à l’égard de l’Opposition. « Ce que j’ai dit lors de ma présentation de la loi sur l’Opposition, en séance plénière devant les sénateurs, c’est que l’Opposition a échoué à tomber d’accord sur une formule unifiée autour de la proposition de loi la concernant », a-t-il précisé .

En réponse à une question relative au budget de l’institution de l’Opposition, le ministre a dit qu’il est présenté par le gouvernement dans le cadre du budget général de l’Etat et qu’il est soumis à la procédure juridique appliquée à tous les chapitres du budget et relatifs à la gestion des fonds publics .

S’agissant du sort du projet de loi d’amendement de
la Constitution portant sur les sessions parlementaires, il a indiqué que la loi qui propose l’adoption d’une session parlementaire unique revêt une grande importance dont le Parlement et le gouvernement sont bien conscients étant donné le temps suffisant qu’elle offre aux deux parties pour organiser leur travail et éviter les sessions extraordinaires .

Il a expliqué que le gouvernement a décidé de retarder la présentation de cette loi au Parlement dans le souci de préserver les acquis démocratiques et de protéger les institutions constitutionnelles. « C’est tout à fait une chose normale vu que la patience est considérée comme une sagesse et un courage quand il s’agit de cas où la précipitation donnerait des résultats négatifs, surtout dans un pays comme le nôtre où la démocratie est encore naissante », a-t-il souligné .

Et de conclure que « tout cela nous a amenés à observer la vigilance dans toutes nos décisions, et ce dans le but de préserver nos acquis démocratiques qui sont désormais un exemple à suivre et une fierté pour tous les Mauritaniens quelle qu’en soit la position politique « .

Les présidents des commissions parlementaires spécialisées chargées d’examiner la loi au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat, et qui ont assisté au point de presse, ont confirmé les propos tenus par le ministre au sujet de la loi sur l’Opposition.

Dans ce cadre, Mme Selma Mint Tegueddi, présidente de
la Commission des lois constitutionnelles, de la législation, du scrutin universel, de l’organisation et de l’administration générale au Sénat, a affirmé que celui-ci a approuvé le texte de la formule qui lui est parvenue de l’Assemblée nationale, après son examen d’une manière approfondie qui a montré qu’il n’est guère besoin d’amender le texte .

De son côté, M. Sidi Mohamed Ould Maham, président de
la Commission de la justice, de l’intérieur et de la défense à l’Assemblée nationale, a assuré que le parcours qu’a suivi la loi sur l’Opposition depuis son transfert par le gouvernement jusqu’à son approbation est correct et qu’il ne peut être mis en doute. (avecAMI)

Source : La Tribune n°397




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

4052008

L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

Le président du PLEJ a dit à TVM pour expliquer le poids de son parti sur l’échiquier national : le PLEJ est un parti à idées mais le peuple n’est pas apte encore à adopter ces idées. En substance. Je ne veux pas m’attaquer au PLEJ, ni à son président, parce qu’ils ne méritent pas tant. Mais je veux le prendre comme prétexte pour rappeler à mes compatriotes le traitement qui a été fait par notre peuple à ces partis qui revendiquent le particularisme comme idéologie.

Les partis nationalitaires – arabes et négro-africains – ont été laminés lors des élections municipales et législatives. Pas un maire Baath. Pas un maire nationaliste étroit. Pas un député issu des rangs des idéologies chauvines et déclarées comme telles.

Certains m’objecteront la relative réussite de l’Alliance populaire progressiste (APP). Je sais, comme mes compatriotes, qu’il s’agit là d’un rassemblement de nationalistes, une sorte de mariage des contraires. Mais ce mariage s’est fait sur la base d’une reconnaissance mutuelle, d’une prise en charge mutuelle des problèmes des uns et des autres. L’APP de Messaoud, de Khalil et de Ladji ne reflète plus le particularisme mais l’unionisme.

AJD (ancienne formule), PLEJ, Sawab… et tous les autres ont lamentablement échoué. Ces partis ont été désavoués par la vox populi. Mais manque de clairvoyance, aucun des acteurs concernés ne semble en avoir tiré les conclusions. Les voix les plus fortes et les plus envahissantes, celles qui ajoutent à la confusion et donnent l’air d’une cacophonie, ces voix sont celles des gourous de ces courants sectaires et vieillots.

Cette tendance à entretenir des atmosphères du passé n’est pas le propre des gourous. Certains ministres de l’actuel gouvernement s’amusent à rejouer les mêmes airs qui nous ont empoisonné la vie des décennies durant.

L’un des péchés du régime décrié des dernières années est certainement sa tendance à couvrir les petites (et grandes) fautes de fonctionnaires véreux en les adoptant.

Quand en 1989, certains administrateurs, tentés par les vaches des Peulhs, avaient mis dehors des citoyens mauritaniens sous prétexte de leur ‘sénégalité’, cela avait été vite adopté comme politique d’Etat.

Quand en 1990/91, quelques officiers zélés ont torturé, parfois exécuté, soldats et gradés négro-africains sous prétexte de putsch manqué, le pouvoir a suivi, entériné et béni. Cela est vite devenu une politique d’Etat.

Quand un opposant est maltraité, quand un bien public est détourné, quand… cela devient vite une ‘affaire d’Etat’. C’est comme ça qu’une mafia est née au sein de l’appareil. Clochardisée par cette présence au cœur de la décision, l’administration a perdu de sa verve, de son statut et de sa dignité. Le mensonge a été érigé en système de gouvernement.

L’affaire du texte de loi se rapportant au statut de l’opposition rappelle bien ces relents. Tout commence par l’adoption par l’Assemblée nationale d’un texte rectificatif de l’ancien. Suivant la procédure légale, ce texte est transmis à la deuxième Chambre. Mais – faute de frappe ou consciente manipulation – des alinéas de certains articles sautent (5 et 8). Le Sénat adopte le texte sans s’en rendre compte. C’est en comparant leurs textes que les parlementaires de l’opposition, découvrent l’erreur. Ils concluent à la faute et font les démarches nécessaires. Blocages. Appel à l’arbitrage du Président de
la République qui s’en remet au ministre des relations avec le Parlement. L’administration ne se trompe pas. Il s’en suit ce qui s’en suit. Démentis, violences verbales, tensions politiques… à un moment où l’on appelle au renforcement du front intérieur. Le zèle et l’incurie sont plus forts.

Ce n’est pas pour rien, que trois ans (presque) après sa ‘mort clinique’, le régime d’avant continue de nous corrompre l’existence. En fait sa ‘mort biologique’ est plus lente et plus difficile à accomplir. Ses enzymes continuent de bouffer notre corps. Elles s’activent à présent que le programme spécial d’intervention est mis en œuvre. Il faut comprendre ces acteurs d’une scène qui devait avoir été déplacée.

C’est bien à travers ce genre de programme, que les uns et les autres se font des assises ‘populaires’, se donnent de beaux rôles et squattent l’espace public. C’est aussi à cette occasion qu’ils se sucrent sur ce qui était destiné aux pauvres. C’est vous dire que les pontes du régime – toujours vivant – se construisent à des occasions pareilles : la mise en valeur se fait à travers l’implication par l’autorité et la maîtrise du bien à distribuer. Ne nous étonnons point si la nervosité gagne ce monde.

Cette nervosité s’exprime différemment chez les uns et les autres. Rumeurs d’échecs, accentuation du climat d’insécurité, culture de la défiance, propagandes nostalgiques, manipulations politiques, grèves, insultes… tout y est.

En donnant toutes les chances de réussite au programme spécial, les autorités participent à la réhabilitation de la confiance entre citoyens et administration. Elles font mieux : elles tuent les espoirs des ‘amis prédateurs’ de revenir au premier plan. Alors souhaitons pleine réussite à ce programme.  

 

Source : La Tribune n° 397







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