Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

29052008

 

 Partis politiques, associations etc. :Avez-vous un but ? 

 

Si l’on suppose qu’«il y a bien un but », peut-on admettre «qu’il n’existe aucun chemin qui y mène ». Franz Kafka nous fait savoir qu’aucune route ne devait être la bonne. Néanmoins, on est tenté de penser que Kafka avait tort. En effet, la problématique du but organisationnel reste encore non tranchée. En principe la difficulté consiste à déterminer si les organisations ont des buts ou si cela concerne seulement leurs membres. 

Certes, les individus peuvent se ressembler au sein de la même organisation, parce qu’il partage le même but, mais il se peut que chacun des membres incarne une vision différente, ce qui rend le processus d’élaboration d’un but commun plus complexe. Donc «le but des organisations (politiques ou associatives) serait-il  d’assurer le bien-être de la population ou les intérêts de certains groupes d’influences ? ». Et comment peut-on évaluer un tel but ? 

La réponse à une telle question suppose une définition des objectifs des organisations en question. Ceci nous renvoie à une détermination pure et nette de la vraie définition du but. Dans un cadre «logique», définir un but amène à se demander le pourquoi de l’existence de l’ensemble organisé et déterminé, ensuite les facteurs clés de sa réussite afin d’élaborer un plan d’action basé sur des critères d’évaluation bien précis. Ne s’agit-il pas d’essayer de formuler des objectifs qui collent, avec cette prétendue notion de bien-être des adhérents ou chercher une autre vocation des organisations peu performantes? 

Le concept des adhérents demeure, en ce sens, essentiel pour la détermination de la mission des organisations opérant dans le domaine politique ou associatif. Pour que ces organisations soient efficaces, il faut impérativement cibler une approche participative de la prise de décision. Celle-ci consiste à impliquer, de plus en plus, les adhérents dans les activités de l’organisation. Ces derniers, pour qu’ils soient impliqués, doivent eux-mêmes sentir le besoin d’appartenir à l’ensemble organisé. D’où l’intégration d’une dimension anarchique de l’organisation de la base partisane ou associative. 

L’anarchie consiste, dans cette perspective, à faire participer l’ensemble des parties prenantes à la prise de décision. 

L’écrivain Mansour De Grange nous confirme que  «le quartier est  une bonne illustration de l’anarchie décisionnelle. Il faut, dans cette lancée, subdiviser les quartiers en sous- système de 50 maisons pour mieux maîtriser le besoin quotidien de la population ». En suivant cet ordre, la base sera en mesure de résoudre les difficultés de la gestion quotidienne. Il ne s’agit pas de l’organisation communale. Mais d’une organisation plus minuscule, qui permet de bien cibler les objectifs des petits groupes et d’entreprendre les actions nécessaires pour les atteindre. Pour ce faire, les sous-groupes devraient avoir l’aptitude d’élire les policiers, les pompiers etc. Les autorités centrales et les bailleurs de fonds  doivent être considérés, ici, comme étant des parties prenantes. Ils peuvent financer les projets du sous-groupe, assister à la réunion, participer à la prise de décision et laisser les personnes les plus proches de la base prendre en charge la gestion de la petite cité. 

Dans le cadre des partis politiques, l’intégration de cette approche est un peu difficile. Car, l’idéologie et la domination des clans, qui guident les partis politiques, ne sont, que rarement, une source d’union basique. 

En tout état de cause,   chaque fois que le groupe s’élargit vers un sous-système plus grand, le sous-ensemble devient complexe. Le groupe réduit doit donc être le socle de l’organisation du parti politique, de la  commune, de l’association, du département administratif etc.    

Par ailleurs, si l’on se borne à penser que le  but d’une telle organisation se limite à répondre à des préoccupations décisionnelles au niveau hiérarchique, l’évaluation de l’action de l’ensemble organisé va être difficile. 

A cet égard, nous  pouvons confirmer que les organisations à but non lucratif, appartiennent au système qu’imposent certaines règles en fonction d’un but qui n’est pas forcément partagé par  l’ensemble des intervenants politiques ou associatifs. Mais, il doit y avoir quelque chose au fond de la base organisée, et cela d’une manière spontanée, qui la  pousse à être émancipée : c’est, en quelque sorte, la raison d’être de l’ensemble organisé.                  

 

 

 m_barrada@yahoo.fr 

 

Source :
La Tribune n°401 




Yokohama : ouverture du 4ème Sommet mondial sur le développement de l’Afrique

29052008

Yokohama : ouverture du 4ème Sommet mondial sur le développement de l’Afrique

Le 4ème sommet mondial sur le développement de l’Afrique s’est ouvert mercredi à Yokohama en présence du président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, de plusieurs dirigeants africains et du Premier ministre japonais.

A cette occasion le Président de la République a prononcé le discours suivant:

« Honorables Participants,

Permettez-moi tout d’abord, M. le Premier Ministre, de vous exprimer mes sincères remerciements et ma profonde gratitude, pour l’hospitalité généreuse, dont ma délégation et moi-même sommes l’objet depuis notre arrivée dans votre beau pays.

La tenue de cette Quatrième Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique au Japon témoigne de votre engagement en faveur du développement de l’Afrique, processus au cours duquel vous n’avez cessé de jouer un rôle primordial depuis le lancement de l’initiative en 1993. Votre statut de troisième premier pourvoyeur de l’aide publique au développement en faveur des pays africains confirme la force de cet engagement.

Madame et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Honorables participants,


L’organisation de ce sommet, sous le thème «  Vers une Afrique qui gagne, un continent de l’espoir et de l’opportunité « , est à la fois une reconnaissance des progrès accomplis par notre continent et le témoignage d’un optimisme réel quant aux perspectives de développement de celui-ci.

Mais nous savons que pour gagner, pour donner un espoir réel à ses peuples, pour offrir des opportunités attrayantes à ses fils et à ses partenaires, l’Afrique doit être capable de créer suffisamment de richesses et de vaincre la pauvreté. Elle doit être capable de créer suffisamment d’emplois pour résorber le chômage et suffisamment de profits pour attirer les investissements. Seule une croissance économique vigoureuse et soutenue est à même de réaliser ces objectifs. Il faut donc accélérer la croissance.

Pour y parvenir, il convient à la fois d’assigner un rôle moteur au secteur privé, et de s’employer à promouvoir l’investissement privé et le Partenariat Public Privé. Cela exige que nous relevions au moins les trois défis suivants :

Il y a en premier lieu le défi de la sécurité et de la stabilité politique sans lesquelles aucun développement significatif ne peut être mise en oeuvre avec succès.

Il est heureux de constater qu’il y a de plus en plus d’africains qui sont convaincus que seule la démocratie apporte cette sécurité et cette stabilité. On ne peut, dans ce contexte, que se réjouir des résultats significatifs obtenus par l’Union Africaine en matière de préservation et de défense des acquis démocratiques d’une part, de prévention et de gestion des conflits internes au continent, d’autre part.

Mesdames et Messieurs,


Ne sous-estimons cependant pas les risques de déstabilisation qui menacent les jeunes démocraties africaines. Ces risques sont bien réels et ils s’aggravent chaque fois que les conditions de vie des populations se dégradent. Les troubles sociaux observés çà et là, suite à l’augmentation vertigineuse des prix de certaines denrées alimentaires en constituent une préoccupante illustration.

La réponse à ce genre de situations est à rechercher dans l’accélération de la croissance économique et seulement dans celle-ci. En effet, les tentatives de limitations de l’expression des libertés publiques, même si celles-ci s’expriment parfois de façon excessive et parfois perverse dans de pareilles circonstances, doivent être résolument écartées par nos gouvernements.

Il ne fait aucun doute aujourd’hui, que le meilleur rempart contre l’instabilité politique et les tentatives de déstabilisation de tous genres est la poursuite de l’ancrage d’une démocratie réelle. La véritable force d’un régime politique réside dans sa légitimité. Le Second défi est celui de la Bonne Gouvernance. Pour créer les conditions propices à l’accélération de la croissance, les états africains n’ont d’autre choix que celui d’être des états de Droit, forts par le Droit, pratiquant une gestion publique transparente et luttant sans merci contre toute forme de corruption.

Le Troisième défi se rapporte au système éducatif et aux infrastructures de base. La maîtrise de la science ne favorise-t-elle pas le développement? Les nations développées ne l’ont-elles pas été grâce à la maîtrise des progrès technique et scientifique? L’histoire des faits économiques est édifiante à ce sujet. La Révolution Industrielle en Europe était une conséquence immédiate des grands bouleversements scientifiques et, ici, dans l’empire du Soleil Levant, le prodigieux essor sous l’ère « Meiji » trouve son explication dans le niveau exceptionnel d’éducation du peuple Japonais.

En Afrique, nous avons besoin d’un véritable transfert de technologie et seule une politique éducative appropriée et une coopération efficace dans les domaines scientifiques et techniques nous permettront de rendre durable la dynamique de croissance enregistrée par la majorité des pays du continent, au cours des dernières années.

La croissance économique nécessite, aussi, pour être vigoureuse et durable, des infrastructures de base. Hélas, dans notre continent, ces infrastructures sont, soit inexistantes, soit obsolètes ou vétustes. Les financements jusqu’ici mobilisés restent largement en deçà des besoins et il devient impératif que les Etats s’associent avec le secteur privé dans le cadre d’un partenariat confiant pour mobiliser les ressources manquantes. C’est seulement à cette condition que notre continent pourra se doter d’infrastructures structurantes.

Mesdames, Messieurs,


Une étape importante dans la voie de l’intégration économique a été franchie à travers la création de l’Union Africaine. Celle-ci doit faciliter l’accélération du processus de mise sur pied de la Communauté Economique Africaine, avec la concrétisation d’une vision commune d’une Afrique prospère, unie et forte. La vigueur, la durabilité et l’étendue de la croissance économique dans chacun de nos états seront tributaires de cette intégration à laquelle nous devons oeuvrer sans relâche.

Mesdames, Messieurs,


Je suis convaincu que les recommandations de la présente TICAD aideront notre continent dans la réalisation de l’objectif qu’il poursuit, à savoir une croissance économique forte et durable, au service de la paix entre les peuples.
Je vous remercie de votre attention. »

AMI

 

Info source :  Agence Mauritanienne d’Information




Edito de la Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

29052008

 

 

On ne peut passer une semaine sans un accident mortel. La semaine dernière, ce fut l’horreur. Avec d’abord cet accident sur la route d’Akjoujt qui a emporté cinq personnes dont la fille du vénéré Ely Cheikh Ould Momme. Avec ensuite l’autre hécatombe sur la route de Nouadhibou avec six morts. Avec entre-temps, tous les chocs, tous les mutilés, blessés, traumatisés, tous les dégâts matériels qui se seront produit en une semaine.

Comment arrêter ou limiter ce ‘fléau’ qui emporte plus de Mauritaniens que le choléra, la fièvre jaune ou même le Sida ?

Il y a quelques années, nos partenaires européens avaient financé une campagne de sensibilisation très sommaire malgré l’enveloppe consacrée. C’était la faute aux autorités de l’époque. Une époque – il faut toujours le rappeler – qui bénissait la dilapidation des biens de ce peuple. Une époque où la mort de plus de cent personnes en même temps, n’émouvait pas les maîtres.

Nous avons – je crois – changé d’époque (au moins). Il est temps de prendre les choses au sérieux.

Quelles sont les causes des accidents ? La première cause est la vitesse. Seule la sensibilisation et l’application stricte de la réglementation peut permettre le respect des normes en la matière. La deuxième cause est certainement la vétusté du parc automobile. Seule la réhabilitation de l’exigence de la visite technique peut améliorer la situation du parc. La troisième cause est l’état des routes. Cela va de l’étroitesse des voies aux nids de poules, à l’absence de signalisations, aux mauvais tracés…

On espère, je suis sûr quant à moi, que le ministère des transports va désormais s’occuper de sécuriser nos routes en limitant les dégâts et en concevant des politiques à même de changer la donne.

Restent les autres intervenants. Les postes de contrôle de police, de gendarmerie et des douanes. Les derniers n’ont rien à voir sur les routes intérieures. Gendarmes et policiers ne font pas leur travail. Ils sont là pour l’arnaque. Pour s’en convaincre, il suffit de rester 30 minutes à observer un poste. Les voitures surchargées passent. Celles dont les feux sont défectueux, dont les freins ne marchent pas, sans rétroviseurs, avec des pneus usés, sans assurance, sans extincteur… tout passe. Si le conducteur donne l’impression d’appartenir à cette classe d’intouchables qu’on appelle «patrons», à peine s’il s’arrête. Si par contre il ressemble à un citoyen quelconque, il passe au poste. C’est «le thé pour le poste». Le prix à payer varie selon les infractions. C’est ainsi que vous avez plus de cinq postes de contrôle sur la route de Rosso, près d’une vingtaine sur la route de l’Espoir, six sur celle de Nouadhibou, six sur celle d’Atar… et si on s’amusait à savoir combien de PV de contraventions ces postes ont effectué depuis dix ans ? Combien d’amendes ont-ils établies au profit du trésor public ? Combien de permis ont-ils retirés pour mauvaise conduite ? Je crois que l’autorité qui décidera de savoir l’apport de ces postes sera édifiée sur leur vraie nature.

C’est d’autant plus dangereux que l’on sait que ces postes n’ont jamais arrêté un recherché. Ni un dangereux criminel, ni un politique du temps où ils étaient pourchassés. Alors à quoi ça sert ?

Il y a quelques mois, la douane avait décidé de lever tous ses postes de contrôle sur les routes de l’intérieur du pays. la nouvelle direction avait vu juste en prétextant que ces postes coûtent cent fois plus qu’ils ne rapportent. Qu’en plus aucune législation ne permet à la douane de procéder à de tels contrôles qui doivent être confiés à la brigade douanière de la gendarmerie. Les routes sont devenues, un moment, l’espace de quelques semaines, fluides. Mais la quête de l’arnaque a été plus forte.

Ce qu’on demande aujourd’hui aux autorités, c’est de lever ces barrages qui donnent l’impression de passer une frontière de pays. D’instituer le contrôle inopiné de brigades mobiles et mieux équipées. D’accompagner cela par une campagne de respect des réglementations de la circulation à l’intérieur de Nouakchott. Placer des flics à tous les feux et les rétribuer selon le niveau d’émission des PV de contraventions. Trouver l’astuce et mener campagne contre les accidents de route. C’est insupportable de continuer à perdre les enfants du pays sans réagir.

 

Source :
La Tribune n°401




Des populations de la vallée réclament leurs terres

29052008

 

 

 

Des populations de la vallée réclament leurs terres

 

Le 25 mai 2008, les organisations du forum des droits de l’homme (FONADH) ont organisé un point de presse pour dénoncer la spoliation des terres de cultures des populations de Mbagne dans le département du Brakna. Leur porte parole Sy Moussa Harouna, suppléant du sénateur de Mbagne et représentant des communautés de Ndiawaldi Mango et de Garlol, a déclaré que depuis 1996 les 19 terres de cultures au niveau de
la Chamama, qui ont chacune un nom et un chef, ont fait l’objet de spoliation. « A l’époque l’armée est venue occuper les terres à la surprise générale. Quand les populations ont réagi, les militaires les ont menacés. Les populations ont adressé régulièrement un courrier aux autorités », a-t-il déclaré avant de préciser que « les terrains de culture ont été vendus par Sidi Mohamed Ould Vayda, alors commandant de la base militaire de Bababé  à Mohamed Ould Jouly avec la complicité des Walis du Brakna, à l’époque Ould Boilil et Hassane Ould Maouloud».

Les faits remontent au 4 avril1996, où le Wali  du Brakna aurait accordé à Ould Vayda 300 ha de terres cultivables.

Les populations ont ainsi relevé que « pour contourner les dispositions des textes réglementant les compétences de l’autorité régionale en matière d’attribution des terres en zone rurale, le Wali a morcelé ces 300 hectares en 10 lots de 30 hectares, pour les vendre chacun à 40 000 UM. » Elles ajoutent que ces terres ont été cédées  à 10 personnes, dont neuf fictives. La preuve : « Les dix contrats de vente portent les  mêmes signatures qui se trouvent  être celles de Sidi Mohamed O/ Vayda et Mohamed Ould Jouly. » et que « seul le contrat au  nom  de  Sidi Mohamed O/  Vayda et Mohamed Ould Jouly porte les indications d’identité  (numéro de passeports des intéressés) ».

De plus les populations mentionnent dans une déclaration, dont copie a été mise à la disposition du Fonadh, que « les décisions d’attribution délivrées par le Wali, ainsi que les contrats de vente entre Ould Jouly et tous les prétendus propriétaires ont été signés à la même date, le 4 avril 1996, par Monsieur OUL VAYDA et Mohamed OULD JOULY ». Le porte parole des populations a rappelé que leurs  terres issues du régime de l’AOF ont été immatriculées  au registre N°4 du livre foncier de la subdivision de Boghé. Selon lui la conservation des livres fonciers est de la responsabilité de l’Etat. « Les  terres  ne sont pas des terres mortes ni des terres vacantes, elles ont toujours été exploitées, les traces de culture étaient visibles au moment des faits ».

Sarr Mamadou, parlant au nom du FONADH a rappelé pour sa part que parmi les propriétaires de ces terres, il y a des réfugiés qui sont revenus ou sur le chemin duretour. Aussi est-il loisible que le problème soit résolu de manière efficace et responsable afin de rétablir les populations dans leur droit. A-t-il dit. Le FONADH qui a publié une déclaration dans ce sens a rappelé que « le régime déchu, à la faveur du chauvinisme d’Etat, a laissé des administrateurs peu scrupuleux procéder à des distributions de terres ancestrales de paysans sans défense, à des hommes d’affaires, des fonctionnaires civils et militaires, qui ne les mettent pas en valeur, de surcroît. » 

Par ailleurs, les organisations de droits de l’homme, regroupées au sein du FONADH, ont salué ce qu’ils ont appelé le sens profond de responsabilité des populations de Garlol et Diawaldi Mango ; lesquelles ont usé des moyens de pacifiques pour sensibiliser les autorités sur leur situation. Elles ont par ailleurs dénoncé  « l’attitude irresponsable des administrateurs impliqués et la cupidité inqualifiable de l’homme d’affaires incriminé ». Et tout en mettant en garde les responsables de l’administration territoriale contre tout développement d’une situation qui pourrait menacer la paix et la sécurité dans la zone, le Fonadh a lancé un appel solennel aux autorités gouvernementales, pour trouver une solution juste et durable à cette question, conformément aux principes sacro saints de protection des personnes, de leurs biens et des déclarations claires et précises du Président de
la République à ce sujet. 

 

 Listes des  terrains  et de leurs propriétaires

Dénomination du terrain

Nom du chef de terrain

1. Soldialé védou

2. M’bow M’baba

3. Koucouguel

4. Thialbadal

5. Barol Hel Gona 

6. Soldialé Yirlabé 

7. Kenba jola 

8. Bari An anbé

9. Toulal

10. Bossori

11. Houndal

12. Pale Dialloubé

13. Lévé kessé

14. Nawré

15. Wahil soosobé

16. N’joobite Soulé Sogui

17. Pâlé Dianfal

18. Maa n’goula

19. Jibal

 

 

Abdoulaye Saidou

Abou khalidou

Alhousseyni Lougué

Thierno Baidi Diallo

Abdoulaye Ibra

Oumar alassane

Hamadi Adama

Harouna Mamadou

Baba Bari

Alassane Mama Hott

Alassane Demba

Ousmane Samba

Tidjiane Diannder

N’dongo Moctar Mamadou

Sow Daouda Oumar 

Thiam  Amar Diagaraf 

Dieye Alassane 

Hamidou Badara 

Sall Hamath Samba 

 

 

Compte rendu Kissima 

 

 

 Source : La Tribune n°401

 

 

 

   




29052008

Qualifications CAN/MONDIAL 2010 : 

Sénégal décaisse 155 millions pour seul match alors que
la Mauritanie traîne encore le budget de 330 millions demandés par
la FFRIM
 

 

Pour les besoins pratiques du match Sénégal  - Algérie, l’État sénégalais  met les bouchées doubles. Une enveloppe de 155 millions a été décaissée et l’organisation confiée au comité de normalisation. Un test grandeur nature. Les administratifs mouillent le maillot de l’autre côté. Chacun joue sa partition. L’État, dans cette dynamique, n’entend pas être en reste. «Il a décaissé un budget prévisionnel de 155 millions pour une bonne organisation» de la rencontre devant opposer les Lions aux Fennecs le 31 mai. Du côté des organisateurs, on annonce une nouvelle touche tout en mettant l’accent sur la transparence. Les billets sont déjà commandés dans une société de la place. Du côté du marketing et du sponsoring, on se bouscule devant la porte. «Même les sociétés dont les contrats arrivent à terme ont formulé une demande pour prolonger le bail». «C’est le cas d’Orange. Le contrat expire le 8 juin, mais ils ont demandé de le prolonger. Promo consulting est dans les mêmes dispositions». «Plusieurs sociétés aussi se sont dites intéressées, les demandes viennent de partout !», s’exclame une source bien imprégnée du dossier. Mais, selon cette dernière, «pour le match contre Algérie tous les contrats qui ont été signés seront repris». Pour les besoins de ce match, l’organisation est confiée au comité de normalisation. «L’État va contrôler afin que tout se passe dans les règles de l’art». 

Si au Sénégal les choses sont entrain de rentrer dans l’ordre, chez nous rien ne va dans la gestion des Sports en général et du football en particulier. Le budget de 330 millions UM  demandé par
la FFRIM pour la couverture des matchs éliminatoires combinés CAN/MONDIAL /2010, traîne encore au ministère chargé de
la Jeunesse et des Sports. 

Comment dans ces conditions peut-on dire que l’Etat s’intéresse au football ? 
La FFRIM aurait des problèmes si rien ne sera fait d’ici quelques jours  même si elle n’inspire plus confiance dans la gestion des affaires, du moins dans la gérance de la presse sportive. Le favoritisme, l’illégalité, l’injustice  et l’immoralité ronge
la Fédération  depuis quelques temps. Et pourtant lors de sa campagne pour le siège, le président avait associé tous les journalistes sportifs. Pourquoi seulement maintenant
 

 

discriminer  certains journalistes au profit des autres pour accompagner l’équipe nationale de football et la couverture des  activités de
la FFRIM ?
 

 

 

L’international français Ibrahim Bâ prend sa retraite

 

 

 

Le milieu de terrain international français Ibrahim Bâ (8 sélections, 2 buts), à l’AC Milan depuis 1997 sans beaucoup jouer, a annoncé qu’il prenait sa retraite sportive mercredi 21 mai sur les ondes de la radio française RMC. « Oui, j’arrête ma carrière. Je vais travailler pour le Milan AC sur le continent africain en tant que recruteur. J’ai 35 ans, j’ai été blessé longtemps, c’est la bonne décision. » Révélé au Havre puis à Bordeaux, le joueur d’origine sénégalaise ne s’est jamais imposé en Italie et a multiplié les expériences non concluantes (Pérouse, Marseille, Bolton, Rizespor et Djurgarden, en Suède, où il aura joué son dernier match professionnel en 2005. Bâ faisait partie des six joueurs de la présélection écartés par Aimé Jacquet en 1998 avant
la Coupe du monde. « Je l’ai très mal vécu à l’époque. S’il m’avait rappelé, je ne serais pas revenu. Je n’étais pas là-bas pour attendre que quelqu’un se blesse. Avec Nicolas Anelka, on ne voulait pas revenir. On était tous dans la même chambre et c’est ce que nous a dit Aimé Jacquet à l’époque. Moi, ce que je vois, c’est que le sélectionneur n’était pas sûr de lui… » 

Afrique du Sud : retour de McCarthy en sélection 


L’attaquant vedette des Bafana Bafana, absent de
la CAN 2008 au Ghana, a été rappelé par le nouveau sélectionneur Joel Santana, qui a remplacé le mois dernier son compatriote Carlos Alberto Parreira. McCarthy, 29 ans, qui évolue aux Blackburn Rovers (1ère division anglaise), n’est pas le seul « ancien » de retour : la liste de 25 joueurs retenus pour le prochain Nigeria-Afrique du Sud, à Abuja le 1er juin en éliminatoires de
la CAN 2010, comprend également Delron buckley et Macbeth Sibaya. Qualifiée directement pour le Mondial 2010 qu’elle organise, l’Afrique du Sud doit néanmoins obtenir sa place pour la prochaine CAN, en Angola.

 

 

L’ES Sétif (Algérie) conserve
la Ligue arabe des champions 

 

 

L’équipe algérienne de l’Entente Sportive de Sétif (ESS), déjà championne en 2007, a conservé son titre en battant jeudi  dernier à domicile la formation marocaine du Wydad Casablanca 1 à 0, en finale retour de
la Ligue des champions arabes de football. Au match aller disputé il y a quinze jours à Casablanca, l’ES Sétif s’était déjà imposée sur le même score.
La Ligue des champions arabes, organisée par l’Union arabe de football (UAFA), oppose chaque année les meilleures équipes des championnats arabes.

En route vers Kigali, les  Mourabitouns  sont dégonflés à Dakar 

 

AS Douane double championne du Sénégal, a battu notre équipe nationale sur le score de 2-1 au stade Demba Diop vendredi à Dakar
 Le match a été interrompu sur demande des mauritaniens  par-ce qu’ ils ont eu beaucoup de joueurs blessés. Pourtant se sont les mauritaniens qui avaient ouvert le score par Teguedi d’un tir de 35 mètres à la 10ème  minutes de jeu. L’international mauritanien  joue à  Mouloudia Said première division algérienne. Teguedi s’est  montré  dangereux dans ce match amical. Les sénégalais ont égalisé par penalty par Alioune Badara.

1 -1 à la pose entre les  deux équipes.

A la reprise, les Gabelous inscrivent leur but à la 50ème  minutes. Ensuite  la rencontre est interrompue  sur demande des mauritaniens qui estiment avoir beaucoup de blessés.

SM 

 




Lions Club en Mauritanie :des Portes ouvertes :

29052008

Lions Club en Mauritanie : 

Des Portes ouvertes : 

 

Le Lions Club international (District 304 A, Zone 111) a organisé les 14 et 15 mai au Centre culturel français des «Portes ouvertes» sur le Lionisme dans le monde et en Mauritanie. L’inauguration officielle des activités s’est déroulée en présence du Secrétaire général du ministère de la santé et du Responsable de la communication du même ministère. La première journée a été réservée aux visiteurs et élèves des écoles, pour découvrir le Lions Club international dans le monde et en Mauritanie à travers une exposition de photos. La deuxième journée a connu plusieurs activités. Notamment une présentation du Lions Club international accompagnée de projections de diapositives, une intervention du représentant des bénéficiaires, visites de l’exposition par les officiels, une conférence sur le Lions club international accompagnée de projections cinématographiques, une conférence de presse animée par le Président de
la Zone 111 et par les présidents des trois club Lions en Mauritanie….

 

 

Le «nous servons» en Mauritanie 

Le 7 janvier 1917, 27 clubs d’affaires se sont réunis à Chicago, sur l’initiative de Melvin Jones qui croyait que «on ne va pas bien loin si l’on ne fait pas quelque chose pour quelqu’un d’autre». Les clubs réunis se sont mis d’accords sur le principe de Jones. Ils ont mis sur pied un «Lions Club». Pourquoi lions ? Parce que le lion est un «animal qui symbolise la fore, le courage, les hauts faits et les grandes réalisations….». Pour eux, la part du lion des biens du monde doit revenir aux nécessiteux.

Le Lions Club a pour devise «liberté et intelligence sont la sauvegarde des nos Nations». Il a pour devise «nous servons». Sa première convention, Convention de Saint-Louis, remonte à 1918. En 1920, il prend son caractère international en s’implantant au Canada et au Mexique. Ainsi, il est devenu le Lions Club International. Aujourd’hui, le nombre de ses adhérents est estimé à plus de 1.400.000, dont 500 mille en Afrique. Le Maroc et l’Algérie sont les premiers pays africains conquis par le Lions Club International. C’était en 1953. En 1963, c’est au tour de
la Mauritanie de connaître le militantisme lionniste.

En effet, des français, travaillant dans
la Miferma, ont créé alors le «Club de Nouadhibou», premier Lions club en Mauritanie. Il est parrainé par «Brazzaville Doyen», qui est lui-même filleul de «Casablanca». Est-ce parce que le Maroc ne reconnaissait pas à l’époque l’Etat mauritanien ?

Le lionisme se propage à Nouadhibou grâce aux cadres français de
la Miferma et de
la SNIM ensuite. Et ce n’est qu’en 1975 que la contagion a touché Nouakchott. Mais, l’afflux du lionisme à Nouakchott a coïncidé avec un reflux à Nouadhibou. En 1984, le «Club Nouadhibou (devenu entre-temps) Doyen» a disparu tout simplement. Et les multiples tentatives de lui donner une résurrection sont tombées dans l’eau.

A Nouakchott, le premier club créé est «le Club Nouakchott», parrainé par le «Club Nouadhibou Doyen». Il est créé en 1975. Et contrairement à son parrain, la fondation du «Club de Nouakchott» a connu une large participation des citoyens mauritaniens. Notamment Ba Bocar Alpha, Abdoulaye Ndiaye, Abdellahi Ould Sidiya, Sid’Ahemed Ould Taya…. Ce qui a facilité le passage du message Lioniste dans les milieux mauritaniens. Le Club de Nouakchott a attiré un nombre important des cadres du monde des affaires, de la haute administration et des professions libérales. Fin 1981, il décide la création et le parrainage du club lioness «
La Rose des sables». Mais la remise de la liste finale des 14 membres du club proposé n’ait lieu qu’en juin 1983. «
La Rose des Sables» n’obtient son récépissé qu’en 1983. En 1992, le lioness club «
La Rose des sables» devient «Lions Club Féminin». Et en 2001, il devient club mixte avec la création des «Compagnons de Melvin Jones»

En 1990, les Lionistes décident de créer un autre Lions club, nommé «
La Caravane». Et 10 de ses 11 membres fondateurs sont des mauritaniens. On compte parmi eux Ahmed Ould Hamza (président de
la CUN) et Dicko Soudani (Directeur de l’AMI). En 1992, le premier Leo Club mauritanien, nommé «Oasis», est né. Par la suite, le «Club de Nouakchott» obtient de Board (le Conseil international d’Administration) l’autorisation de s’intituler «Lions Club Nouakchott Doyen». En 1998, «
La Rose des sables» crée le deuxième Leo Club mauritanien. Il s’appelle «Le Palmier». En 2004,
la Caravane crée le troisième Leo Club. C’est le «Sahel».

Le puzzle du Lionisme mauritanien se constitue avec un club Doyen, trois Lions Club et trois Leo club. On estime à quelque 100 membres le nombre de leurs adhérents. 

 

«La vue d’abord» : 

«La vue d’abord», SightFirst, est un projet très cher au Lions club international. En 1925, Helen Keller a lancé aux lions le défi de devenir les «Chevalier des non-voyant». Depuis, la sauvegarde de la vue est devenue un pionnier du lionisme. En 1930, le Lions Georges Boham a mis au point «la canne blanche». Par la suite, le Lions Club a imposé aux autorités américaines un certain nombre de lois de sécurité de la canne blanche. Ces lois seront reconnues mondialement plus tard. En 1939, les Lions fondent la première école de dressage des chiens-guides d’aveugles. En 1940, le Lions club a contribué à l’établissement, à New York, de la première banque des yeux dans le monde.

En Mauritanie, «la vue d’abord» a injecté 180 millions d’ouguiya pour lutter contre les maladies de vue. Le Lions Club international est, selon ses adeptes en Mauritanie, le principal donateur des financements de la lutte contre la cécité en Mauritanie.

En 1998, les Lions Club mauritaniens ont remis à
la Fondation du Lions Club international (LCIF) une requête de financement du Programme national de Lutte Contre
la Cécité en Mauritanie, émise par le ministère de la santé et des affaires sociales. En 1999,
La LCIF débloque une première subvention de 79.345 dollars US pour «une campagne de sensibilisation, dépistage au niveau des écoles, lutte contre la cataracte et formation du personnel spécialisé pour ces interventions». Deux mois après, les résultats sont manifestes : dans le seul centre d’El Mina enregistre 1057 consultations ophtalmiques. Au Teyarett, on a réalisé 876 actes chirurgicaux dont 288 pour la cataracte.

En 2000, la population de Nouakchott a bénéficié de 10.000 consultations, de 1000 opérations à globe ouvert, et 300 actes de petite chirurgie. A Kaédi, le nombre des consultations atteint 250, et celui des opérations 52. A Aïoun et à Néma…. les chiffres parlent d’une «réussite remarquée». En 2001, les mêmes chiffres ou presque…

En 2002, «la vue d’abord» débloque la deuxième subvention. Elle est de 212 mille dollars américains. Elle a pour objectif d’apporter «l’équipement d’un bloc opératoire à Aïoun, la fourniture de consommables chirurgicaux à Atar, à Kaédi et à Nouakchott, le dépistage du trachome dans les régions de l’Adrar et du Tagant, l’achat d’un véhicule 4×4 pour permettre des missions mobiles d’interventions»…

En 2005, une troisième subvention d’un montant de 87.000 dollars américains est décidée par «la vue d’abord». Elle doit contribuer à la lutte contre le trachome, avec des enquêtes à l’Assaba, au Brakna et au Trarza ; ainsi que des enquêtes, des dépistages et des interventions chirurgicales mobiles dans les deux Hodh, à Gorgol et à Guidimagha.

En 2006, «la vue d’abord» accorde sa quatrième subvention. Elle remonte à 235 mille dollars. Elle doit aboutir à une campagne de «dépistages du trachome, d’opérations de cataractes, de missions chirurgicales itinérantes, et de fournitures de médicaments et des consommables opératoires».

 

 

Devant la presse 

La conférence de presse, prévue initialement à 18h30, prend un retard. Il ne débute que vers h. Une table est installée sur la scène de la salle du spectacle au Centre culturel français. Le Président de
la Zone 111, Amadou Mamadou Ba, est au centre pour animer le débat. Il est entouré par Macoumba Fall (Président du Lions Club Doyen), Fodié Diagana (Président du Club Caravane), Sow Mohamedou (Président du Club
la Rose des Sables) et Joël Pichot (architecte et membre très actif du Lionisme en Mauritanie). Le Président, Ba, présente un exposé sur «les club Leo et les jeunes). Puis, les questions des journalistes sont les bienvenues.

Première question : quelles sont les raisons exactes de cette renaissance brusque du lionisme en Mauritanie ? «Pas de renaissance lioniste», dit Ba Amadou Mamadou, «nous sommes méconnus par la plupart des mauritaniens, et il faut convenir avec nous qu’il y a beaucoup de tabous». Il a fait allusion à cette diabolisation dont le Lions Club international est victime, où il est qualifié tantôt de «secte» qui agit dans une opacité totale, tantôt de «franc-maçon»… C’est vrai, dit Ba, c’est la première fois qu’on organise des Portes ouvertes sur le Lions Club en Mauritanie, malgré que nous sommes là depuis 45 ans. Mais, ajoute-t-il, nous avons toujours travaillé pour les nécessiteux.

Pour Fodié Diagana «si on a passé 45 ans sans organiser des portes ouvertes, ce n’est pas parce qu’on n’a pas fait des communications. Nous avons organisé beaucoup d’activités, mais la médiatisation attendue de ces œuvres n’a pas été faite». Avant de se demander si c’est la «faute» des Lionistes ou des journalistes. En tout cas, il y a, dit-il, «une tradition, dans ce pays, que nos convictions ne nous permettent pas de faire, c’est de dire à un journal, ou à un journaliste, ou à une agence de presse, de venir couvrir ses activités et, en contrepartie, on fait une rémunération». C’est contraire, ajoute-t-il, à l’approche et à la conception du Lions Club…

C’est, également, une tradition dans ce pays de justifier son échec en communication par un manque de collaboration de la part de la presse. Et à chaque fois, les initiateurs disent que la presse exige une contrepartie, alors que leurs principes à eux leur interdisent d’y soumettre. Dans notre cas, Diagana a certainement oublié que ses amis ont recouru au vieil adage «vous me grattez le dos et je vous gratterez le vôtre» pour médiatiser leurs Portes ouvertes. Et malgré cela, trois journaux seulement sur dix invités ont accepté d’y répondre favorablement. A qui la faute ? Question à mille francs.

Mechri Ould Rabbani

 

 

Source :
La Tribune n°401

 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

26052008

Partis politiques, associations etc. :Avez-vous un but ? 

Si l’on suppose qu’«il y a bien un but », peut-on admettre «qu’il n’existe aucun chemin qui y mène ». Franz Kafka nous fait savoir qu’aucune route ne devait être la bonne. Néanmoins, on est tenté de penser que Kafka avait tort. En effet, la problématique du but organisationnel reste encore non tranchée. En principe la difficulté consiste à déterminer si les organisations ont des buts ou si cela concerne seulement leurs membres. Certes, les individus peuvent se ressembler au sein de la même organisation, parce qu’il partage le même but, mais il se peut que chacun des membres incarne une vision différente, ce qui rend le processus d’élaboration d’un but commun plus complexe. Donc «le but des organisations (politiques ou associatives) serait-il  d’assurer le bien-être de la population ou les intérêts de certains groupes d’influences ? ». Et comment peut-on évaluer un tel but ? 

La réponse à une telle question suppose une définition des objectifs des organisations en question. Ceci nous renvoie à une détermination pure et nette de la vraie définition du but. Dans un cadre «logique», définir un but amène à se demander le pourquoi de l’existence de l’ensemble organisé et déterminé, ensuite les facteurs clés de sa réussite afin d’élaborer un plan d’action basé sur des critères d’évaluation bien précis. Ne s’agit-il pas d’essayer de formuler des objectifs qui collent, avec cette prétendue notion de bien-être des adhérents ou chercher une autre vocation des organisations peu performantes? Le concept des adhérents demeure, en ce sens, essentiel pour la détermination de la mission des organisations opérant dans le domaine politique ou associatif. Pour que ces organisations soient efficaces, il faut impérativement cibler une approche participative de la prise de décision. Celle-ci consiste à impliquer, de plus en plus, les adhérents dans les activités de l’organisation. Ces derniers, pour qu’ils soient impliqués, doivent eux-mêmes sentir le besoin d’appartenir à l’ensemble organisé. D’où l’intégration d’une dimension anarchique de l’organisation de la base partisane ou associative. 

L’anarchie consiste, dans cette perspective, à faire participer l’ensemble des parties prenantes à la prise de décision. L’écrivain Mansour De Grange nous confirme que  «le quartier est  une bonne illustration de l’anarchie décisionnelle. Il faut, dans cette lancée, subdiviser les quartiers en sous- système de 50 maisons pour mieux maîtriser le besoin quotidien de la population ». En suivant cet ordre, la base sera en mesure de résoudre les difficultés de la gestion quotidienne. Il ne s’agit pas de l’organisation communale. Mais d’une organisation plus minuscule, qui permet de bien cibler les objectifs des petits groupes et d’entreprendre les actions nécessaires pour les atteindre. Pour ce faire, les sous-groupes devraient avoir l’aptitude d’élire les policiers, les pompiers etc. Les autorités centrales et les bailleurs de fonds  doivent être considérés, ici, comme étant des parties prenantes. Ils peuvent financer les projets du sous-groupe, assister à la réunion, participer à la prise de décision et laisser les personnes les plus proches de la base prendre en charge la gestion de la petite cité. 

Dans le cadre des partis politiques, l’intégration de cette approche est un peu difficile. Car, l’idéologie et la domination des clans, qui guident les partis politiques, ne sont, que rarement, une source d’union basique. En tout état de cause,   chaque fois que le groupe s’élargit vers un sous-système plus grand, le sous-ensemble devient complexe. Le groupe réduit doit donc être le socle de l’organisation du parti politique, de la  commune, de l’association, du département administratif etc.    

Par ailleurs, si l’on se borne à penser que le  but d’une telle organisation se limite à répondre à des préoccupations décisionnelles au niveau hiérarchique, l’évaluation de l’action de l’ensemble organisé va être difficile. A cet égard, nous  pouvons confirmer que les organisations à but non lucratif, appartiennent au système qu’imposent certaines règles en fonction d’un but qui n’est pas forcément partagé par  l’ensemble des intervenants politiques ou associatifs. Mais, il doit y avoir quelque chose au fond de la base organisée, et cela d’une manière spontanée, qui la  pousse à être émancipée : c’est, en quelque sorte, la raison d’être de l’ensemble organisé.                  

 m_barrada@yahoo.fr 




Le Ministère de l’Economie et des Finances modernise ses outils de gestion budgétaire

26052008

 

 

 

  

Le Ministère de l’Economie et des Finances modernise ses outils de gestion budgétaire 

 

Le transfert des pouvoirs d’ordonnancement aux entités dépensières ministérielles, accompagné d’une automatisation de la chaîne des dépenses publiques, introduite, en 2007, par le logiciel connu sous l’acronyme de RACHAD « réseau automatisé de la chaîne des dépenses », constitue une véritable révolution de notre système de gouvernance financière et comptable. Mais cette importante réforme qui vient d’atteindre sa vitesse de croisière avec l’arrivée de l’actuel Ministre de l’Economie et des Finances, Mr Abderrahmane ould Hama Vezaz, qui jouit d’une longue expérience dans le domaine de la finance, demeure, pourtant, mal connue d’une grande partie de nos citoyens et de certains usagers de l’administration. 

 

Après deux années d’expérimentation de ce système de gestion automatisée des quatre phases de la dépense publique qui sont : l’engagement, la liquidation, l’ordonnancement et le payement, plusieurs opinions se sont exprimées pour approuver ou désapprouver cette réforme. 

 

Les premières -celles qui jugent négativement cette réforme- pensent que l’ancien système (semi- automatique) était plus pratique et plus souple, notamment en matière d’imputation budgétaire (moins de rigueur sur la spécialisation des dépenses) ; de rythme de consommation (moins de rigueur sur le niveau des dépenses) ; de respect du calendrier de la clôture budgétaire (on pouvait indéfiniment continuer à engager, ordonnancer et payer durant toute l’année, même aller, au-delà ; au gré des circonstances). 

 

Les secondes -celles qui sont favorables à la modernisation- soutiennent que cette réforme est positive en ce qu’elle a pu, au moins, mettre fin aux nombreux abus tels que : les dérapages budgétaires (dépenses extrabudgétaires à l’origine, en 2004/2005, de nos déboires avec
la BM/FMI) ; les délais prolongés de payement (117 jours de retards en 2001 ramenés, actuellement, à 10 jours au plus) ; la forte concentration des pouvoirs d’ordonnancement et du contrôle financier, l’absence de fluidité des opérations budgétaires et, enfin, les chevauchements interminables des exercices. 

 

En réalité ces deux clichés d’opinion, très différents, traduisent fort bien, le dilemme qui oppose, depuis 2007, partisans et détracteurs de l’automatisation de la chaîne des dépenses publiques. 

 

Mais pour dissiper le malentendu sur l’utilité ou non de cette réforme, j’ai estimé nécessaire, en ma qualité d’ancien contrôleur financier central, actuellement, consultant national auprès de certaines administrations publiques, d’apporter une modeste contribution à l’éclaircissement de ce riche débat, qui ne sera jamais clos, en raison de l’intérêt grandissant qu’il suscite entre les partisans de la modernité et adeptes des vieilles pratiques de gestion budgétaire. 

 

Pour aborder ce sujet, plein de subtilités techniques, il serait opportun de faire, d’abord, un bref rappel du système de gestion antérieur, avant de décrire les conditions qui ont conduit son évolution vers un nouveau type de gestion  numérisé. 

 

1. Les pratiques de gestion antérieures à 2007 

 

Historiquement notre système financier public était caractérisé par une forte concentration, aux mains du seul Ministère des finances, des pouvoirs d’engagement de liquidation et d’ordonnancement des dépenses publiques. A cet inconvénient majeur s’ajoutait l’existence  d’un Contrôleur Financier unique chargé, lui, du visa préalable de toutes les dépenses publiques. Ces deux acteurs de la gestion budgétaire étaient les seuls qui pouvaient valider, au nom des différents ministères –considérés comme de simples administrateurs de crédits-, les opérations de dépenses au niveau central. Ce système archaïque, hérité, en grande partie, du Régime financier qui était en vigueur en 1912 dans les ex-colonies de l’AOF, a fonctionné dans notre administration de 1962 à 2007.  Le système ainsi décrit est très centralisé et comporte des inconvénients majeurs dont les plus connus sont : les lourdeurs administratives qui accompagnent le circuit des dépenses (en moyenne 117j de retards de payement en 2001) et exposent souvent, l’Etat, aux risques de surfacturation, à la dilution des responsabilités des gestionnaires publics  et enfin aux difficultés de clôture des opérations budgétaires en fin d’exercice. 

 

 

2. Evolution du système 

 

C’est à partir de 2006, avec l’avancée de la démocratie en Mauritanie, qui astreint les gouvernants à une reddition périodique des comptes à la nation,  d’une part, et sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, de plus en plus, soucieux de l’efficacité de l’aide qu’ils apportent aux pays bénéficiaires (Déclaration de Paris), d’autre part, qu’une évolution fut amorcée avec la mise en œuvre des engagements pris par
la Mauritanie dans le cadre du Programme National de Bonne Gouvernance. L’Etat commença alors, progressivement, mais lentement, à tourner le dos à un système de gestion tolérant et laxiste en matière de respect des règles de bonne gouvernance budgétaire au profit d’une nouvelle forme de gestion des ressources nationales privilégiant l’atteinte des objectifs stratégiques (OMD/CSLP/CBMT/CDMT/PAP), le respect des critères de soutenabilité budgétaire (capacité de financement des engagements juridiques de l’Etat) la transparence des opérations financières (jugement des comptes publics et publication des rapports annuels de
la Cour des Comptes), l’efficacité et  l’efficience des dépenses dans la lutte contre la pauvreté (revue périodique des dépenses publiques par

la Banque Mondiale (2006) et d’autres sources indépendantes comme l’étude PEFA (2008). 

 

3. Nouveau système d’exploitation 

 

Le Programme national de bonne gouvernance (PNBG) qui vise à garantir, entre autres mesures d’assainissement, une plus grande traçabilité de l’utilisation des ressources publiques, prévoit des axes de réformes du système de gestion des dépenses publiques dont deux, d’entre elles, sont relatives : au transfert des pouvoirs d’ordonnancement du Ministre des Finances en faveur de chaque entité dépensière ministérielle et à la « décentralisation » du contrôle financier central. Cette réforme vise à mieux restaurer la responsabilité de chaque chef de département dans la gestion de son propre Budget et à instituer un contrôle financier de proximité. Le Ministre chargé des finances, naguère omniprésent, ne devant conserver, quant à lui, que ses fonctions régaliennes de préparation et de pilotage budgétaire ainsi que de gestion des droits d’accès au système RACHAD. 

 

En guise d’expérimentation de cette réforme, quatre Ministères pilotes furent choisis  pour la période 2005 à 2006. Ce test avait été jugé concluant lors d’un atelier de restitution organisé le 18/12/2006. L’option d’une généralisation de RACHAD, à tous les ministères fut alors retenue à partir de 2007. A partir de cette date, chaque département ministériel est devenu ordonnateur principal de son propre budget et a, dans ses locaux, un contrôleur financier ministériel interne, relevant, lui, du MEF. Ce transfert de pouvoirs de décision est accompagné d’une application informatique de gestion de la chaîne des dépenses dénommée « RACHAD », mettant en ligne électronique les acteurs de la gestion budgétaire. Ce système d’exploitation comprend deux composantes. La composante « Allocations budgétaires » tenue exclusivement par le Ministre de l’Economie et des Finances et permettant à celui-ci, de gérer les ouvertures de crédits et d’assurer un suivi et une régulation budgétaire et une composante « Entités dépensières » réservée aux départements ministériels, permettant, à celles-ci, de procéder à l’exécution des dépenses suivant les procédures classiques d’engagement, liquidation, ordonnancement et payement. L’intégration récente, au système d’exploitation, du module de paiement parachève l’interconnexion des quatre phases de la dépense publique. 

 

4. Avantages et inconvénients du nouveau système 

 

Pour ce qui est des avantages, on peut en dénombrer plusieurs : 

 

1. La connexion électronique, en temps réel, des trois principaux acteurs de l’exécution des dépenses publiques permet aux ordonnateurs des crédits ministériels, aux Contrôleurs Financiers Ministériels et à l’Agent comptable assignataire des dépenses, de rentrer, simultanément, en ligne pour traiter les différentes phases de la dépense. Les premiers ayant le pouvoir juridique d’engager, de liquider et d’ordonnancer une dépense, les seconds pouvant valider ou invalider ces opérations en se fondant sur des critères de régularité ou de soutenabilité budgétaire (et non d’opportunité) et le dernier pouvant payer un titre d’ordonnancement ou suspendre son exécution conformément aux dispositions de l’ordonnance 89012. Avec ce nouveau circuit de la dépense on rapproche, virtuellement, les différents acteurs de la gestion budgétaire et on raccourcit les délais de payement des dépenses, qui étaient en moyenne de trois mois et qui peuvent être ramenés à un jour, au plus tôt, et à 10 jours, au plus tard (sauf cas particuliers de persistance d’anciennes pratiques). 

 

2. Les états d’exécution budgétaire générés par le système informatique sont plus fiables et de meilleure qualité. La comptabilité budgétaire est tenue de manière automatique et peut être consultée, en temps réel et à tout moment, par les décideurs politiques. 

 

3. Les dérapages budgétaires pouvant conduire à des dépassements de crédits ou à des dépenses extrabudgétaires sont désormais encadrés grâce à une programmation budgétaire contenue dans le « DAPBI » et au rythme de consommation déterminé par les plafonds d’ouverture de crédits fixés par l’autorité budgétaire. 

 

4. Une plus grande harmonie comptable est obtenue entre la nouvelle nomenclature budgétaire (classifications administrative et économique) et le nouveau plan comptable de l’Etat (de type patrimonial) du 31 décembre 2007. Les imputations comptables sont prédéfinies, en amont,  par les imputations budgétaires des ordonnateurs. 

  

Pour ce qui est des inconvénients, on peut en dénombrer certains 

 

1. Le pilotage du budget de l’Etat par le Ministère chargé des finances et la gestion des droits d’accès du système d’exploitation des dépenses sont des fonctions régaliennes qui doivent relever du ressort de ce Département. Toutefois une régulation trop rigide des allocations budgétaires peut avoir des effets pervers sur le fonctionnement normal des administrations publiques. Le plafond d’ouverture de crédits doit être décidé en concertation avec chaque département. Les programmations des DAPBI doivent être respectées. Mais en ouvrant un taux uniforme de 25% de crédits, par trimestre, du volume budgétaire de chaque département, on court le risque de perturber l’exécution des plans d’actions prioritaires ministériels. Ces plans résultent, comme on le sait, des CDMT sectoriels et des axes d’orientations définies par les lettres de missions. Bien entendu il faut adapter le poids des charges budgétaires aux moyens de trésorerie disponible ou mobilisable. Il s’agit là, pour le MEF, d’un exercice difficile qui peut le conduire, parfois, à prendre des décisions douloureuses. Du « prêt-à-porter » on doit pouvoir passer à des budgets sur-mesure tenant mieux compte des contraintes et des priorités spécifiques de chaque Département. 

 

2. L’exécution tardive du budget de l’Etat (à partir du mois de mars de chaque année alors que les engagements doivent être clos le 15 novembre de la même année) rend également difficile le respect de la programmation des DAPBI. Ainsi au lieu d’exécuter le budget sur une durée de douze mois, on ne dispose, en réalité, que de neuf mois. Cette situation, ne date certes, pas  d’aujourd’hui, mais elle est à l’origine de plusieurs problèmes : tendance à la surconsommation des crédits avec des seuils de dépenses insoutenables pour le Trésor, accumulation d’instances de payement, perturbation de la programmation budgétaire initiale, rétrécissement du calendrier de clôture budgétaire et débordements sur les exercices suivants. En respectant le calendrier comptable annuel, l’Etat ne fera que s’appliquer, à lui-même, les règles qu’il impose, par ailleurs, aux entreprises privées. 

 

3. Les pannes techniques liées au fonctionnement du RACHAD ont souvent, eux aussi, eu des répercussions négatives sur le cycle normal d’exécution des opérations budgétaires. Les concepteurs du logiciel, établis à l’étranger, sont seuls capables d’intervenir en cas de grave perturbation du réseau automatisé de la chaîne des dépenses. Ces pannes sont fréquentes au niveau du module de payement. 

 

5. Concours des partenaires au développement 

 

Cette réforme qui constitue une grande avancée dans l’objectif de transparence budgétaire a vu le jour grâce à l’aide précieuse des partenaires au développement de

la Mauritanie. La Coopération Française, par le biais du PAFIEM (projet logé au MEF et appuyé par une assistance technique résidente) s’est fortement impliquée dans le financement de plusieurs actions de formations, de conceptions de système de gestion performant, d’élaboration de manuels de procédures budgétaires et comptables. La coopération allemande (GTZ) quant à elle a apporté une aide précieuse dans plusieurs volets (financement du système d’information financière et comptable du Trésor, appelé « BEIT-EL MAL ») liés au contrôle externe des finances publiques. 

 

—————————– 

Pour conclure ce débat on ne peut que féliciter l’actuel Ministre de l’Economie et des Finances et son équipe pour son implication active dans la conduite de cette réforme qui réduit, progressivement, les risques fiduciaires en matière de gestion budgétaire. Avec l’aide de son nouveau Secrétaire d’Etat, chargé du Budget, le MEF pourra entamer plus aisément une autre réforme, non moins importante, celle relative à la remise à plat de
la LOLF mauritanienne qui est devenue obsolète et inadaptée eu égards aux impératifs de gestion budgétaire  axée sur les résultats

 

Hamédine Kane 

Ex Contrôleur Financier Central 

Consultant National indépendant 

Source :
La Tribune n°401 




Tourisme /Comment sortir du trou après l’attaque d’Aleg ?

26052008

Tourisme 

Comment sortir du trou après l’attaque d’Aleg ? 

 

Cinq mois après l’imprévisible et mystérieux assassinat des 4 touristes français près d’Aleg le 24 décembre 2007, l’activité touristique en Mauritanie semble être au bas du trou, une situation en bonne partie imputable au manque de communication efficace du ministère du tourisme et de l’artisanat. Le nombre de touristes en direction de
la Mauritanie a fortement chuté depuis l’attaque d’Aleg. 

 

Juste après les attaques d’Aleg qui a eu pour conséquence immédiate l’annulation du rallye Paris Dakar, on a remarqué une forte régression de l’activité touristique dans tout le pays. Néanmoins, déclarent certains aubergistes, l’activité touristique commence à reprendre souffle petit à petit. Mais, «ce n’est pas toujours le même niveau de l’année passée (Ndlr, 2007) », précise Berthomé Hermann, gérant de l’auberge Sahara. En outre, poursuit Berthomé Hermann : «Nos meilleurs mois de travail de l’année c’est les mois de janvier et de février qui coïncidaient souvent avec l’arrivée du rallye Paris Dakar. C’est les deux mois les plus forts. C’est ce qu’on a perdu cette année. Ces deux mois-là, c’est ce qui fait travailler toute l’année. Si tu perds ces deux mois-là, tu as des difficultés pour payer les employés, l’eau, l’électricité, le loyer et tout. » 

Ce ralentissement notoire de l’activité touristique est accentué considérablement par une absence de remise à niveau et de communication au niveau du ministère de l’artisanat et du tourisme. 2008 fut une année dramatique pour les acteurs du tourisme en Mauritanie. Presque 50% de perte sèche pour l’économie nationale. Cela est aggravé aussi par l’absence de subventions pour booster l’activité touristique. 

Après ce qui s’est passé (l’attaque d’Aleg soldée par la mort de 4 touristes français), que faut-il faire maintenant ? Oublier, pensent certains. Car, disent-ils, ce qui est arrivé le 24 décembre 2007 était imprévisible et indépendant des mauritaniens. Ce coup de destin, fortement amplifié par les médias français notamment France 24 et les chaînes satellitaires arabes dont Al Jazzera, bouleversa tout le pays et toute
la République. «C’était un peu excessif », pense Berthomé Hermann, gérant de l’auberge Sahara qui existe depuis 2004. 

Cet aubergiste d’origine française est un de ces rares esprits français qui osent décocher des flèches en direction du gouvernement français qui a marqué
la Mauritanie sur la liste des pays terroristes à l’image de l’Irak ou de l’Afghanistan. «
La Mauritanie est loin d’être comme ces pays-là. Loin de là », soutient-il. Et pour illustrer la papelardise des autorités françaises, que certains appellent ‘deux poids deux mesures’, il cite certains pays qui ont été rudement et pitoyablement frappés par des attaques terroristes. «Au Maroc, il y a eu combien d’attentas ces 5 dernières années, s’interroge-t-il. Le gouvernement français n’a jamais déconseillé à ses ressortissants de ne jamais s’y rendre. Ici (en Mauritanie, Ndlr), il y a eu un acte et ça y est : on déconseille à tous les touristes de ne pas se rendre en Mauritanie. Pourquoi ? En Espagne, il y a eu combien d’attentats ? On n’a jamais déconseillé aux touristes français de s’y rendre ! À Londres ? Aux Etats-Unis ? Je trouve cela injuste ! » 

Avant le 24 décembre 2007, jour de l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg, l’activité touristique en Mauritanie se portait à merveille. Qu’en est-il aujourd’hui et que reste-t-il de cette image d’Epinal, 5 mois après ce drame qui fit basculer
la Mauritanie dans le terrorisme à ciel ouvert avec tous ses corollaires ? Quelles sont les mesures qui ont été prises par les autorités pour redynamiser l’activité touristique de notre pays fortement entamée ? 

Surtout pour un pays qui, dit-on, s’est affirmé sur le plan international comme un pôle de stabilité politique et de sécurité grâce à la maturité de son expérience démocratique, à l’enracinement de ses institutions républicaines et aux valeurs nobles et authentiques de son peuple, caractérisées par l’hospitalité et la tolérance inspirées de la religion musulmane. 

Les autorités du ministère du tourisme et de l’artisanat reconnaissent aujourd’hui que l’attaque d’Aleg et les événements qui s’en suivirent eurent un impact très négatif sur l’activité touristique en Mauritanie qui a chuté de manière vertigineuse. 2008 fut l’année la plus catastrophique pour notre activité touristique. De 9000 à 12.000 touristes, on est passé à 5000, selon les données fournies par l’Office National du Tourisme Mauritanien (ONT). De quoi susciter la peur et la crainte au niveau du ministère du tourisme et de l’artisanat ! Toutefois, «ça va beaucoup mieux maintenant parce qu’à un certain moment, il y a eu une super médiatisation négative et pendant un mois, on a eu quand même peur », professe Hamady Samba Ba, directeur du département de la communication et de l’information. 

Prenant l’exemple des pays du Maghreb et de l’Egypte qui ont subi ce genre d’événements, monsieur Ba a révélé que la période qui a suivi l’attaque d’Aleg a été une période très difficile. «Il s’agit maintenant, dit-il, de prendre les problèmes à bras-le-corps et de prendre les mesures qui s’imposent pour redémarrer. » 

Et pour redémarrer l’activité touristique, un ensemble de mesures furent prises par les autorités du ministère du tourisme et de l’artisanat pour faire rebondir sur ces deux pattes l’activité touristique qui était fortement écornée par l’assassinat des 4 touristes français près d’Aleg. Pour dissiper les nuages qui planaient au-dessus de l’activité touristique, une campagne d’explication fut organisée pour expliquer au monde entier que
la Mauritanie n’est pas un pays terroriste. L’Office National du Tourisme participera aussi dans les grands salons de tourisme et organisera dans la même veine une rencontre avec les médias occidentaux pour les rassurer. 

Présentement, l’ONT est en train de valider un plan marketing sur 3 ans. Son but, c’est de continuer cette campagne de communication à travers les médias. Une nouvelle approche qui consistera à amener des Edit-Tours composés de journalistes spécialisés et de groupes de tours opérateurs en provenance des pays touristes. En dehors de ce plan marketing, un film documentaire sera réalisé pour mieux vendre l’image de
la Mauritanie à l’extérieur. «Il a fallu que le secteur du tourisme ait des problèmes pour que les gens se rendent compte qu’il occupait une place très importante dans l’économie du pays, affirme Hamady Samba Ba. On s’est rendu compte que le tourisme est un secteur très important qu’il faut revitaliser parce qu’il y a énormément de gens qui vivent de ça. » 

Justement, combien sont-ils, ces personnes qui vivent ou dépendent de l’activité touristique. Difficile d’y répondre car l’Office National du Tourisme ne dispose pas de statistiques. Mais, ont rassuré les responsables de l’ONT, ils vont bientôt procéder à un recensement des personnes gravitant autour de l’activité touristique en Mauritanie pour avoir une base de données. 

Depuis la création de l’ONT en 2002, les opérateurs mauritaniens n’ont plus besoin d’utiliser les stands des marocains, maliens ou sénégalais pour vendre leurs circuits touristiques. Pour faire connaître l’image de
la Mauritanie à l’extérieur, l’ONT a du sortir de l’argent pour faire des films documentaires avec Euronews et Liberté TV. 

Située entre le Maroc et le Sénégal,
la Mauritanie semble souffrir de la notoriété du tourisme de ces deux pays. «Notre ambition, c’est de faire connaître qu’entre le Maroc et le Sénégal, il y a un pays qui est
la Mauritanie. Il nous faut vraiment multiplier les actions et faire une offensive pour que ce pays soit mieux connu », soutient Hamady Samba Ba en citant l’exemple de l’Office National du Tourisme marocain, créé en 1928, qui a des représentations dans tous les pays du monde. 

La beauté du paysage mauritanien, de son désert notamment, constitue un atout non négligeable dans le développement du tourisme en plus de cela, il y a tout pour faire de
la Mauritanie une destination privilégiée pour les touristes : les montagnes de l’Adrar, le  banc d’Arguin, Diawling, les paysages naturels de Kiffa qu’on ne  retrouve nulle part ailleurs en Mauritanie. «
La Mauritanie, c’est toute l’Afrique dans un pays. Ce que les gens trouvent au Mali, on le retrouve à l’est de

la Mauritanie. Ce qu’on trouve au Sénégal, on le retrouve au sud de

la Mauritanie. Ce qu’on trouve au Maroc, on le retrouve au nord de
la Mauritanie », confie Hamady Samba Ba, directeur du département de
la Communication et de l’Information à l’Office National du Tourisme qui pense que cela est un avantage que notre pays peut exploiter sur le plan touristique. «On a les mêmes produits et les mêmes potentialités sinon plus, poursuit-il. S’ils vendent mieux, c’est qu’ils communiquent mieux et la communication coûte chère. » 

C’est clair donc. Le salut du tourisme en Mauritanie passera nécessairement par la bataille de la communication. C’est dans ce cadre qu’une Semaine Nationale de
la Mauritanie à Paris sera organisée du 27 mai au 1er juin. Ces journées rentrent dans le cadre des efforts de communication pour restaurer l’image du pays qui a été fortement écornée par les événements qui ont secoué
la Mauritanie. 

 

Kr 

 

Source :
La Tribune n°401 

 

 




Le monde vu par Maouloud /Ou portrait d’un quidam qui en sait assez

26052008

Le monde vu par Maouloud

Ou portrait d’un quidam qui en sait assez

 

Il a l’air d’un enfant, mais ce n’est pas un enfant. Il a l’air d’un esclave, mais il est libre. Il a l’air d’un pauvre, mais il est riche de son indépendance et de son travail…

Son âge ? «Je dois avoir plus de trente ans». L’air dubitatif. Et si vous contestez, il vous rétorque : «attention, le temps file vite ! Regardez ce gosse, vous lui donnez quoi ? 10 ans ? il en a déjà une vingtaine. Le temps de fermer les yeux et les ans passent. En cette fin du monde on s’en rend pas compte, mais le temps file… que Dieu m’évite de me couvrir de honte…»

Son nom ? «Je m’appelle Maouloud». Comme si cela allait de soi. «Ici on m’appelle Moylid pour s’amuser». Quand il nomme les gens, c’est toujours par leurs prénoms. Il estime que tous ceux qu’il connaît sont connus de tout le monde. Son monde à lui est le résumé de tous les mondes des autres. Pourquoi alors aller dans les détails ?

Son statut ? Il n’est pas esclave. «Maahu vaali» (Que Dieu m’en garde). Il a quitté l’école très tôt… «Non, c’est l’école qui nous a quittés. On n’a jamais eu d’école chez nous ici. Pour aller à l’école, il fallait se déplacer dans le village de nos marabouts, de l’autre côté. Une fois ils ont accepté de laisser ouvrir une classe ici, mais elle a fermé. C’est là où j’ai fait mon seul cours». Pourquoi la classe a-t-elle fermé ? «Parce que l’enseignant ne venait jamais. C’est le fils du marabout du ‘village de l’autre côté’ et il restait toujours chez lui. Au bout de quelques mois, nous n’avions pas fait de cours. Nous n’avons plus eu d’école. Du coup les enfants restent à nous aider ici». Pourquoi ne pas demander l’ouverture d’une classe ? «Vous rigolez ? Nous l’avons toujours demandé aux politiciens qui viennent solliciter nos voix. Ils nous ont toujours promis de nous régler et le problème de l’école et le problème du sondage. Mais après chaque élection, on ne les voyait plus. C’est lors de ‘l’élection sur la constitution’ – référendum 2006, NDLR – que nous avons eu l’idée de collecter toutes les cartes d’électeurs des inscrits dans ce village, à la fin on avait près de huit cents cartes. Ce n’est pas peu. Nous avons attendu les élections municipales et législatives. Il y a Cheikh Sid’El Mokhtar qui est venu solliciter nos voix pour son candidat maire. Nous les avons reçus tous deux ici. Sans façon, sur une natte comme celle-là. Nous leur avons dit ce que nous voulions : un sondage et une école. Quelques semaines après, les ‘renifleurs’ (cheymama) de l’hydraulique sont venus. Ils ont trouvé l’eau de chaque côté du village. Ils ont décidé d’installer le sondage de l’autre côté. Il paraît que la nappe est plus fournie. Quand on a élu le maire Sidi, on avait déjà notre sondage. Pour l’école, on a attendu la présente année scolaire. Aujourd’hui nous avons quatre salles de classes». Mais est-ce que les cours sont réguliers ? «Yakhay, tu rigoles ! Nebghouha Mint Haba est passée par là. Tu sais, maintenant les enseignants ont peur d’elle. Parce qu’elle va jusque dans les classes pour les contrôler». Est-ce qu’elle est venue jusqu’ici pour contrôler ? «Non, elle n’en a plus besoin. Ils sont au pas». Comment ? «D’abord, elle a renvoyé tous les enseignants de chez eux. Personne n’enseigne plus dans son fief. Ensuite elle a imposé la sanction à tous ceux qui ne viennent pas. Elle a même fait passer un test aux enseignants pour renvoyer ceux qui ne savent rien. Avec elle tout a changé».

Quand Maouloud nous parlait, on était au lendemain du changement de gouvernement. «J’espère qu’ils ne l’ont pas congédiée. J’ai entendu à la Radio qu’elle a un nouveau ministère qui n’est pas celui de l’éducation nationale…» Il faut du temps pour lui expliquer que l’enseignement supérieur a dorénavant un ministère à lui seul. Il ne peut comprendre qu’on touche à celle qui à ses yeux a réussi à «faire marcher son école». Cette école qui lui a manqué et qu’il souhaite pour ses frères. Il parle longuement de Mint Haba et de son père dont «elle tient la force de caractère». Est-ce qu’il connaît la famille ? «J’en entends parler. Son père est très connu par ici. Il a tenu tête à Haidalla et Maawiya…» Déception : on aurait bien voulu trouver un lien de famille entre Maouloud et Nebghouha Mint Haba. «Mais non ! je ne dis que ce que je pense… en général les ministres ne font rien et quand l’un d’eux fait quelque chose, il faut le dire et le laisser travailler. Tu ne sais pas si les petits groupes de voleurs ont pu écarter ceux qui ont travaillé ?» Qui a travaillé parmi l’ancienne équipe ? Maouloud ne veut pas donner de nom. Comme la majorité de ses concitoyens, il préfère rester dans le flou. Un flou artistique qui allie sens de la critique et imprécision dans la position.

Ont-ils ‘quelque chose’ de l’hydraulique ? «Jamais ! On n’en a pas besoin. Grâce à nos alliés politiques, nous avons notre sondage, notre cuve qu’on remplie. Nous avions déjà nos charrettes pour distribuer l’eau». Et l’électricité rurale ? «Nous sommes encore loin de tout ça». La santé ? «Pour se soigner, nous allons en ville et même à Nouakchott». La conscience de sa condition ? «Quelle condition ? Je suis comme toi et ton ami. C’est vrai que je ne suis pas allé à l’école, mais j’ai assez d’intelligence pour comprendre le monde qui m’entoure. Tu n’es pas plus au courant que moi». Et l’esclavage ? «Nous sommes libres ici. Regarde, c’est un village de haratines. Nos marabouts ont un village à 5 kilomètres d’ici…» Pourquoi les appeler «marabouts» ? «Ce sont nos marabouts qui nous enseignent le Coran, qui nous indiquent le droit chemin, qui nous protègent contre le mauvais génie… ils ne nous donnent rien et on ne leur donne rien… mais nous sommes de la même famille…» Terrain impraticable pour la Raison. Le cœur a ses raisons…

Maouloud est fier de sa personne, de son état et de son village, Bir el Barka. Situé à une quarantaine de kilomètres avant Aleg, Bir el Barka – le puits de la baraka – est une sorte de relais, genre caravansérail moderne sur la route de l’Espoir. Cette longue route – de 1100 km – qui relie Nouakchott à Néma et qui désenclave l’intérieur du pays. Un projet pensé et réalisé pour équilibrer le développement du pays, permettre l’intégration de ses zones reculées dans le tissu économique, relier ses régions, faire converger ses populations…

Sur cette route ont poussé des conglomérations autour de l’activité de restauration principalement. Parfois cela a donné de gros villages. Ce n’est pas encore le cas de Bir el Barka où se trouve cependant un poste de contrôle de la douane. Ces postes ont leur rôle dans la prospérité de ces coins. Le poste de douane fonctionne encore malgré l’annonce par la direction générale des douanes de l’élimination de ces postes de contrôle intérieur qui ne veulent rien dire d’autre que l’ancrage de l’arnaque.

Maouloud parle de tout. Des salafistes ? «Ils sont fous et n’ont rien de musulman. J’en connais un ou deux qui étaient des délinquants et rien de plus. Je crois qu’ils auraient mieux fait d’aller en Irak ou en Palestine ou en Afghanistan… c’est là-bas où le combat contre l’impiété est juste. Sinon il faut les envoyer combattre avec Naçrallah au Liban. Bush a fait de nous des ennemis, c’est lui qu’on doit combattre. Si ces gens sont sérieux, ils n’ont qu’à aller chasser l’occupant des terres islamiques, nous ici nous n’avons rien à nous reprocher…»

Maouloud espère que le Président Ould Cheikh Abdallahi – «qui est le fils d’ici, ses parents sont à moins de 20 km d’ici» – va couper ses relations avec Israël. «Il est bon et comprend ce qu’il faut pour la Mauritanie. Il sait qu’on attend rien de particulier de lui, mais qu’on souhaite sa réussite pour le pays».

Maouloud croit qu’il aurait dû être un militant de l’union des forces du progrès, «parce que son président parle bien». Il n’a jamais été du PRDS, «j’ai toujours voté les candidats de ce parti pour des raisons locales». Adil ? «C’est la même chose. Eux ils disent que ce n’est pas vrai, mais pour nous ce sont toujours les mêmes personnes qui s’activent et qui font les marchandages».

Maouloud refuse de se faire photographier. «Je ne suis pas une personnalité d’envergure et je ne veux pas que ma photo soit partout, vous pourriez être des journalistes, pour cela vous êtes dangereux…» Il avait raison. Il fallait le quitter…

 

MFO

 

Source :
La Tribune n°401







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