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Contribution au débat (non ouvert) sur la SNIM

20042008

                           Contribution au débat (non ouvert) sur la SNIM 

Sous le titre « la vente de la SNIM, cette trahison, qui en paiera le prix ? », Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bakar, Directeur de la rédaction du journal « Al Alem » a publié un article fort intéressant, dans les colonnes de la dernière édition de l’hebdomadaire «  La Tribune ». Cet article, le premier du genre, à propos des spéculations dont la SNIM fait l’objet ces temps-ci, m’a interpellé, pas seulement par son objectivité et sa qualité professionnelle auxquelles l’auteur, que je lis souvent, m’a habitué, mais par son côté patriotique. En effet, le rappel des conditions historiques dans lesquelles
la MIFERMA a difficilement accouché de la SNIM et le prix que les Mauritaniens ont payé pour y parvenir, ne peuvent laisser indifférent  le « Kadih retraité «  que je suis. C’est donc en guise de contribution à ce débat, que je m’offre le plaisir d’exposer, ici, les principales réflexions que m’inspirent cet article et l’important sujet qu’il aborde. 
                         
La SNIM, non seulement en chiffres, mais aussi en lettres. 

1-      La SNIM, après le drapeau national, est probablement le symbole où se reconnaissent tous les Mauritaniens. Qu’il s’agisse des deux Wilayas (les plus rebelles du Nord) qui ont vu arriver
la MIFERMA sur leur terre  pour exploiter leur richesse, des travailleurs venus de tous les coins du pays qui ont uni leurs efforts et fraternisé au sein de la première entreprise industrielle, ou de l’Etat dont elle est garante de la crédibilité internationale et de la fiabilité économique. Ces régions, ces travailleurs et cet Etat se sont battus, chacun à sa façon et selon ses moyens, pour faire redonner à
la Mauritanie sa fierté, sa dignité et sa souveraineté, en assumant la maîtrise de l’exploitation de ses ressources minières. Combien de  sacrifices, parfois au prix de leur vie, ont été consentis par les Mauritaniens, jeunes, étudiants et travailleurs pour que
la MIFERMA devienne SNIM et que
la SNIM soit celle de tous les Mauritaniens ?

2-   La SNIM est une grande école, à l’échelle du pays. Une école où se forment les meilleurs spécialistes du pays et où se forge l’esprit de civisme et du respect de la chose publique. Elle est un des meilleurs creusets de l’unité nationale et un grand laboratoire où se cultive la conscience professionnelle. Sa façon originale d’intervenir comme régulateur du marché de l’emploi, est unique dans le pays. En effet, elle recrute annuellement la majeure partie des diplômés de l’enseignement technique et professionnel pour leur apprendre leur métier et les intégrer dans ses propres structures, assurant ainsi un renouvellement nécessaire et permanent de ses ressources humaines. En sens inverse, elle met à la disposition de l’Etat et du secteur privé, par le biais de détachement, de disponibilité ou de retraite anticipée, bon nombre de cadres et  techniciens expérimentés qui participent ainsi au redressement et à la gestion d’entreprises et de projets où leurs équivalents ‘expatriés coûteraient trop chers pour une efficacité relative.

3-      La SNIM, au quotidien, c’est des milliers d’hommes et de femmes, qui, deux cent cinquante jours par an, réalisent des tâches, des plus simples au plus complexes, pour que  les trains partent et arrivent à l’heure. Pour que le minerai, soit extrait, traité et exporté aux quatre coins du monde dans les meilleures conditions de qualité et de sécurité. Pour y arriver des ouvriers, techniciens, agents de maîtrises et ingénieurs veillent chaque jour, que Dieu fait, à ce que toutes les tâches programmées soient « effectuées en temps et en lieu convenus ». La confiance que lui témoignent ses clients et partenaires confirme bien son intégration, en bonne place, dans le Panel des grandes entreprises qui se sont hissées au niveau du standard international de la qualité.

4-     La SNIM ne peut être évaluée seulement, en termes de valeur marchande. En effet, pour les quelques 7000 travailleurs (permanents et en sous-traitance), les 40.000 marmites qui, mensuellement, attendent les salaires SNIM, les centaines de fournisseurs  nationaux (de bien et de services), les populations installées, en plein désert,  tout le long de la voie ferrée ( 700 Km) qui, de M’Haoudat, extrême gare du nord, à ‘Point Central’, terminus sud de la voie, attendent quotidiennement  que « leur train » leur apporte eau, riz, sucre, thé, chameaux ou moutons, « 
la SNIM n’a pas de prix ».

   5-     La SNIM, c’est ce qui doit rester, quand on aura tout… bradé. Pour pouvoir envisager sa vente, partielle ou totale, à des étrangers, il faudra  braver la volonté de tout un peuple dont l’histoire récente est profondément liée à cette entreprise, qui lui a beaucoup apporté et à laquelle il aura tout donné. En effet, du tristement célèbre « 29 Mai 68» où les travailleurs ont opposé leurs corps aux balles réelles pour sauver la dignité de
la Mauritanie, en passant par le sanglant »1er Mai 77» où des dizaines de travailleurs ont été tués, pris en otages et séparés des leurs pendant des années, les Mauritaniens, mineurs, ou simples citoyens, n’ont rien épargné pour que ce morceau de désert que « Allah leur a donné », soit débarrassé, à jamais,  de toute mainmise étrangère. Même au moment de la reconstitution du capital de
la SNIM, certains travailleurs sont allés à son secours en offrant, modestement, leurs salaires contre de symboliques actions dont l’hypothétique rémunération ne pouvait être l’unique motivation. Est-il besoin, en fin, de  rappeler que
la SNIM a été « immortalisée » par de célèbres poètes, dont Ahmedou Ould Abdel Kader et El Marhoum Hemmam (chacun dan sa spécialité), sans oublier les innombrables « Guivanes populaires anonymes » qui chantent les meilleurs moments de la mine et de ‘Echerika’ ?

6-   La SNIM ferait-elle l’objet d’une « dénationalisation »camouflée? Dans une telle perspective, où la concertation serait fatalement absente, les Mauritaniens, en particulier les travailleurs et leurs  syndicats, sauront consentir le sacrifice approprié pour préserver leurs acquis et la souveraineté du pays, sachant que le prix à payer serait alors celui de l’honneur et non seulement celui d’une quelconque entreprise. En attendant, il faut espérer qu’un sursaut de patriotisme et de responsabilité gagne toute l’intélligentia pour éviter au pays qu’une ‘dénationalisation’ de la SNIM n’entraîne avec elle l’Ouguiya,
la BCM et tous les acquis des années 70.

     Ahmed Yedaly SOURCE /  LA TRIBUNE N° 371                        




Ahmed Baba Miské: Contribution au débat ouvert par Med Yehdhih Ould Breideleil «Eviter l’infamie»

20042008

Ahmed Baba Miské: Contribution au débat ouvert par Med Yehdhih Ould Breideleil «Eviter l’infamie»

 

 

1. Se blesser en maniant sa pensée.

Même si je n’y suis pas nommé, je me sens interpellé, à plus d’un titre, par la série d’articles intitulée «Eviter l’infamie», de Mohamed Yehdih Ould Breideleil. Ma réaction n’est pas une marque d’hostilité ou une absence de considération mais, au contraire, un intérêt porté à un débat intellectuel et civique.

D’ailleurs, plein de raisons et de liens font que nos rapports et nos échanges ne peuvent être que d’estime et de respect. Cela n’exclut cependant pas de lui adresser, à l’occasion, une interpellation … en m’autorisant de son propre exemple avec Ahmed Ould Sidi Baba: «cette interpellation ne peut s’adresser … à ceux qui considèrent toute idée émise comme une polémique émise au premier degré … La rigueur de l’exigence est fonction de l’estime et l’estime n’est pas tributaire de la coexistence dans une même ruche politique». J’ai cité ce passage pour m’en autoriser certes, mais aussi parce qu’il y a là une des très belles formules ciselées par un expert en la matière.

Deux raisons principales font que je me sens concerné.

La première est que Mohamed Yehdih interpelle un monde auquel je ne me sens pas étranger (élites, citoyens responsables et conscients, hommes préoccupés par l’intérêt général …). J’aurais certes pu considérer la réponse comme un «fard kifâya» mais il y a la deuxième raison qui m’interpelle personnellement. Il s’agit de mon engagement aux côtés du candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Si, Ahmed Ould Sidi Baba est sommé de «justifier ce choix devant l’histoire, etc.», il est difficile pour quelqu’un comme moi de se dérober, surtout si on a de l’estime pour l’interpellateur et qu’on ne veut pas le laisser «mu’aff».

On verra plus loin si c’était vraiment une erreur de soutenir dès le départ le candidat Sidi ou s’il était plus avisé (comme l’ont fait certains amis de l’auteur) de parier dans un premier temps sur un autre candidat, avant de rejoindre le candidat majoritaire au second tour. On verra si la situation du pays, dont personne ne nie la difficulté, est réellement et irrémédiablement apocalyptique et, accessoirement, quelle y est la part du passé – des décennies – et du présent – à peine une année; et si tout du «présent» peut être imputé à un seul et unique Responsable. Mais, d’abord, pourquoi le candidat Sidi?

Je n’ai pas eu l’honneur – comme le trio dont parle l’auteur – de siéger dans le même gouvernement que Sidi Ould Cheikh Abdallahi dans les années 1970. J’étais …ailleurs en train de traquer l’injustice dans le vaste (tiers) monde; l’injustice ou les moulins à vent comme le brave Don Quijote de la Mancha…combat vain peut-être mais honorable, je persiste à le croire et sans doute pas si inutile que le pensent les cyniques.

J’ai, par contre, connu Sidi une quinzaine d’années plus tôt, quand il militait avec nous dans l’A.J.M, dont on connaît le rôle dans l’éveil du sentiment national mauritanien, forgé dans la lutte anticolonialiste. Nos relations furent par la suite épisodiques, même si l’un de ces «épisodes» fut assez significatif pour montrer que l’ancien camarade restait un homme de principes capable de prendre des risques pour dénoncer une injustice.

Le 3 août est apparu à mes yeux comme une rupture majeure dans l’histoire de la Mauritanie indépendante. Une rupture ouvrant de formidables perspectives de redressement, de renouveau …etc. Des perspectives, des potentialités, pas des certitudes et, rien n’étant garanti, bien entendu, il m’a paru évident que tous les patriotes avaient un devoir d’engagement ou de réengagement, même ceux qui croyaient avoir assez «donné» et pouvaient aspirer à jouir d’un repos qu’ils pouvaient croire bien mérité.

D’aucuns m’ont incité à briguer la magistrature suprême. Je ne l’ai pas fait pour des raisons … qui encombreraient inutilement ce propos. J’ai pensé que le meilleur moyen d’aider le pays à avancer dans la bonne direction, était de favoriser l’élection du meilleur candidat possible, sur la base de trois critères: profil personnel (moral intellectuel, «opérationnel») – qualité du Programme proposé – enfin ses chances de faire adopter et appliquer un tel  programme.

Dans mon esprit, il ne devait pas s’agir d’un projet  révolutionnaire, mais de réformes à la fois  audacieuses et équilibrées, justes, modernes … bref de quoi instaurer un Etat de droit, remettre à l’honneur les valeurs nationales, morales et spirituelles dévoyées ces derrières décennies … et remettre le pays au travail dans la sérénité, si possible dans l’enthousiasme. J’avais vraiment l’impression de revivre, justement, dans l’ambiance exaltante de la Jeunesse et de la Nahda.

J’ai donc trouvé ce que je cherchais chez le candidat Sidi, servi par un caractère extrêmement équilibré mais déterminé, une connaissance solide de la situation et des problèmes du pays et une volonté tranquille d’aller jusqu’au bout et de …gagner.

J’ai eu avec lui plusieurs discussions, j’ai retrouvé l’homme de principes, de droiture, de patriotisme. J’ai eu en plus, une surprise de taille: j’ai trouvé chez lui des échos d’idées qui me sont chères et qui ne courent pas les salons des Nomenklaturas tiers mondaines. Des idées que j’avais essayé d’élaborer il y a une trentaine d’années dans des écrits dont «al qahr al hadari» et «lettre ouverte aux élites du tiers-monde». Elles concernent les rapports entre les peuples et leurs Etats, l’adéquation de ces rapports, la nature du pouvoir, du genre de pouvoir qui convient à une société donnée et le droit de chaque société à définir elle-même ce qu’il doit être …

La société et pas seulement son élite. Il m’arrive d’exprimer cela de manière un peu abrupte en disant que le peuple mauritanien n’a pas encore exercé son droit à l’autodétermination et que le colonisateur lui a légué un système de gouvernement qui a de grandes qualités mais qui lui est étranger et qu’il n’y a même pas eu un vrai travail d’adaptation.

D’où l’incapacité des sociétés concernées de se gouverner convenablement, de se développer … d’où ce que Mohamed Yehdih décrit lui-même ainsi «…l’Etat ici, à l’origine, a été imposé de l’extérieur et il garde de cette extranéité, dans le subconscient du citoyen, une certaine nature impure (…) on traite avec l’Etat comme on traite avec l’ennemi, pour le tromper ou lui arracher le maximum de profit … jamais pour préserver ses intérêts ou s’en ériger en défenseur …» J’ai retrouvé ce genre d’idées chez quelques (rares) autres dont Ahmed Ould Sidi Baba. Et dont l’ancien futur Président. 

J’avais donc trouvé chez le candidat Sidi de quoi confirmer mes attentes et satisfaire mes exigences et j’ai apporté un soutien sans réserve à sa candidature. Et je continue à placer beaucoup d’espoir dans la mise en œuvre de son grand Projet pour lequel on peut considérer que la quasi-totalité des citoyens s’était prononcée.

En effet, près de 53% des suffrages l’avaient approuvé directement et, quelques jours à peine après les présidentielles, les Partis de l’opposition qui avait recueilli le reste des voix, se sont déclarés prêts à le prendre comme programme consensuel d’un gouvernement d’union nationale. Ils devaient renouveler cette proposition plusieurs fois par la suite et rien ne prouve qu’ils ne soient pas restés, aujourd’hui encore, disposés à le faire.

Car, malgré ses critiques – souvent dures comme il se doit – l’opposition ne porte pas un regard aussi désespérant que celui de notre auteur sur la situation du pays; alors que lui était censé se situer plutôt du côté de la Majorité. On ne peut s’empêcher de penser au propos de Benoît Méchin parlant de Michel Aflaq (et cité par l’auteur): «la rigueur implacable de sa pensée est si acérée qu’on se demande s’il ne lui arrive pas de se blesser lui-même en la maniant». Mohamed Yehdih ne serait-il pas en train de «se blesser» lui-même en maniant une logique d’une implacable sévérité, celle d’un «chafîq» à la passion impitoyable; de celles qui s’expriment ainsi chez une héroïne de Racine «Ah! je l’ai trop aimé pour ne le point haïr».

Il serait absurde d’en conclure que nous pensons que tout va bien et que les critiques de l’auteur sont toutes sans fondement. Si la Mauritanie s‘était miraculeusement transformée du jour au lendemain en un Eldorado… cela se saurait. Les critiques sont donc justifiées, au moins partiellement et, en tout cas légitimes. Mais :

— la description de la situation comme apocalyptique est beaucoup trop systématique et reste uniquement déclamatoire, sans contenu concret.

— la négation de toute action positive est également trop systématique pour être crédible: personne ne peut vivre, agir, a fortiori …gouverner une année durant sans faire parfois quelque chose de positif, ne serait-ce que …par hasard. Or, comme on le verra, il y a eu des réussites difficilement contestables.

— enfin, on attend toujours la …fin, c’est à dire la conclusion logique de ce pamphlet brillantissime mais sans propositions de solutions à la mesure du danger annoncé.

Voyons successivement ces trois …réserves.

De prime abord, à la lecture de ce réquisitoire aussi  implacable que brillant , on est saisi d’effroi, comme à l’annonce de l’Akhra débarquant sans préavis ou d’un tsunami déferlant brusquement à vos pieds. On relit forcément le texte, quand on est vraiment concerné par les problèmes du pays ; surtout si on a une réelle estime pour l’auteur. En relisant, on éprouve une sorte de malaise, l’impression d’un manque, d’une absence, d’une certaine … vacuité.

Non pas que le discours soit vide, mais quelque chose manque, c’est évident. En effet, l’évidence s’impose: le réquisitoire affirme, répète sur tous les tons que l’accusé est coupable, mille fois coupable, qu’il met en danger de mort tout un peuple, toute une civilisation ; de nombreux témoins sont convoqués, qui affirment les mêmes accusations, sans jamais dire en quoi consistent concrètement les dangers auxquels l’accusé expose les victimes potentielles.

Si, en cherchant bien, on découvre quelques lignes évoquant très sommairement deux des problèmes qui se posent au pays. Certes parmi les plus graves, mais pas les seuls et à peine évoqués : «des émeutes de la faim firent le tour du pays, puis les attaques terroristes visèrent des touristes étrangers, une caserne de l’armée et enfin le cœur de la capitale. Cette brochette de drames laissa derrière elle des morts et des blessés

C’est tout: deux phrases. Le reste, des pages et des pages d’imprécations et d’affirmations que cela va mal. Mais qu’est-ce qui va mal ? L’auteur n’en dit pas plus et les témoins pas davantage: «la stagnation s’installe» «la Mauritanie n’est pas sortie du cercle de la tempête» « la situation est intolérable» «on regrette …Al Hajjaj» on dénonce «une dose de morphine nocive administrée au pays» «la Mauritanie marche vers la dégradation et la destruction» «la phase actuelle n’est-elle pas le début de la fin de l’Etat mauritanien? » «Va-t-on vers une guerre civile?», etc.

On se demande pourquoi l’acte d’accusation ne s’étend pas davantage sur d’autres maux et menaces graves et qui ne peuvent manquer de provoquer des difficultés; pourquoi il est si peu question de la drogue, de la délinquance «ordinaire», des viols et assassinats crapuleux et de l’immigration clandestine si mal maîtrisée encore et si dangereuse pour la stabilité du pays ?

Mais, ne soyons pas plus royalistes que le Roi et voyons de plus près les deux seuls arguments à charge concrets avancés par l’Accusation:

— Les «émeutes de la faim». Comparées à ce qui s’est passé dans d’autres contrées, leur  extension et leur gravité sont restées relatives, excepté la mort du jeune homme tué à Kankossa. Une victime de trop, inexcusable mais, heureusement une seule victime. Pourquoi la faim ? Qui est responsable ? D’accord, les autorités en place sont toujours responsables de ce qui arrive à leur pays, à leurs concitoyens. D’accord, le gouvernement aurait dû essayer d’anticiper, de mieux préparer la «soudure»; gouverner c’est prévoir.

Mais a-t-il seulement eu le temps de «prendre ses marques», de prendre la mesure des défis accumulés depuis des décennies? Sans l’absoudre, il faut examiner les choses de plus près. Lorsqu’on veut juger une gestion donnée, la première priorité consiste à «auditer» celles qui l’ont précédée. Or s’il y a un domaine où les régimes passés portent une terrible responsabilité à l’égard du pays, c’est bien celui-là , car les moyens colossaux qui ont été alloués à l’Agriculture (au sens large) auraient dû permettre à la Mauritanie d’assurer l’essentiel de son autosuffisance alimentaire.

La réaction à ces événements a été, au début, jugée généralement satisfaisante. Le Président a lui-même pris les choses en mains, dit les paroles qu’il faut et donné des instructions claires pour la conception et la mise à exécution rapide d’un «plan d’urgence» approprié. Il faut reconnaître que, contrairement à ces instructions, si on en croit la «vox populi» l’exécution de ce plan-là a dû être handicapée par des lenteurs et retards tout à fait malvenus. Cela est bien entendu extrêmement regrettable. Mais qui a prétendu que la mal gouvernance et la gabegie en croissance accumulation, développement et diversification continus depuis des décennies pouvaient être éradiquées ou simplement jugulées en quelques mois?

Toujours est-il que ce plan-là, même à moitié raté, a visiblement atteint au moins en partie son objectif immédiat, puisqu’il n’y a plus eu de troubles du même genre, et il aura par ailleurs servi de «modèle» pour l’avenir: le «plan d’intervention spécial» en cours de lancement aujourd’hui, a été entouré de toutes les précautions nécessaires pour lui assurer les meilleures chances de succès.

Mais la réponse à ce problème majeur, VITAL qu’est la dépendance alimentaire, ne peut venir d’un plan circonstanciel, même réussi. Elle nécessite une mobilisation générale de la société dans toutes ses composantes, toutes ses forces vives pour arracher, forger, imposer l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi on ne peut qu’apprécier comme un acte de très haute portée par rapport à l’avenir du pays la décision prise par le Chef de l’Etat de donner la priorité absolue à la production agricole et, pour commencer, de déclarer l’année 2008 «année de l’agriculture» – celle-ci étant entendue dans un sens large (comprenant tout ce qui est alimentaire: élevage, pêche …).

— Le deuxième problème grave évoqué est le terrorisme. Grave mais pas nouveau et pas imputable aux autorités actuelles. Phénomène international implanté chez certains de nos voisins depuis très longtemps, son extension vers la Mauritanie était inévitable et a commencé bien avant le Régime actuel. Les événements que nous venons de vivre à Nouakchott sont graves (il y a eu en effet des morts) mais n’incitent pas à désespérer de nos forces de Sécurité qui ont montré beaucoup de détermination et de courage (on ne peut que saluer, à ce propos, la mémoire du chahid Mohamed Salem Ould Sidi Mohamed); et elles ont infligé des coups sévères aux terroristes, lesquels n’ont évidemment pas été totalement éliminés d’un seul coup. Il faut s’attendre et se préparer à une épreuve de longue durée, avec des hauts et des bas, des succès et des échecs, des drames douloureux …

Nous sommes prévenus: il suffit de se remémorer les événements vécus ces dernières années par tel ou tel de nos voisins …Mais, justement «un homme prévenu en vaut deux»: nous pouvons mettre à profit les expériences de nos voisins pour gagner un temps précieux et «limiter les dégâts» à défaut de les éviter. Dans ce combat d’un genre nouveau auquel personne n’est préparé, tout le monde se doit d’apporter un soutien résolu aux forces armées et de sécurité qui, n’en doutons pas, rempliront avec succès leur devoir patriotique. L’attitude à l’égard de l’Armée est d’ailleurs l’un des points de convergence sur lequel nous ne pouvons que nous rejoindre.

On le voit, les deux seuls «arguments» concrets (crise alimentaire et terrorisme) avancés pour montrer l’incurie du Pouvoir, ne sont pas convaincants. Le Régime en place n’est pas responsable de leur survenue et la manière dont il les traite n’a rien d’infamant (comparée aux «modèles» disponibles) et ne compromet pas l’avenir.

Mais, pour l’auteur, la culpabilité est tellement évidente, la catastrophe si présente qu’il ne se donne pas la peine d’expliquer en quoi le traitement réservé à ces deux événements était insuffisant et qu’il laisse de côté d’autres domaines dans lesquels un contempteur vigilant aurait sans doute pu découvrir des failles, des erreurs, des fautes comme il en survient inévitablement, surtout dans les temps de «tallâjet». Lui, semble dire «mata htâja nnahâru ilâdalîlî»? Au point que, si on n’est pas convaincu d’avance, la multiplication des imprécations et des  affirmations non étayées, fait penser à un Docteur Coué beaucoup plus talentueux que «l’original». À suivre…

Ahmed Baba Ould Ahmed Miské

 Source :cridem







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