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Quel rôle pour la société civile en Mauritanie ?

15042008

364478057f25126a1.jpgQuel rôle pour la société civile en Mauritanie ?

 La société civile en Mauritanie ne semble avoir aucun rôle effectif en dehors des tentatives isolées ;  allant dans le sens de condamnations de certaines pratiques inhumaines et flagrantes. Pourtant, des acteurs de cette société sont omniprésents dans les forums et les ateliers de formations financés par les institutions internationales et étatiques. Mêmes personnalités, mêmes formateurs.

Les jeunes sont rarement intégrés dans les initiatives du processus de développement de la Mauritanie. Le forum social de la société civile  en Mauritanie était lui aussi un échec.Des discours, et des réflexions qui n’en finissent jamais. L’acte est toujours en suspens. On peut compter des centaines des ONG et des coopératives qui ont une seule raison,  c’est de subvenir à leurs propres besoins.

Bizarrement des ONG occidentales  gagnent  des appels d’offre ici en Mauritanie pour venir à l’aide à certaines populations. La situation reste telle qu’elle était.  Certaines  ONG sont payées pour former des paysans sur certaines pratiques utiles pour avoir des revenus. Mais former quelqu’un qui  ne pense qu’à manger est un sérieux problème.

Un européen  membre d’ONG travaillant pour le compte  de  la commission de l’UE en Mauritanie  explique : « Je ne comprends pas l’esprit mauritanien. Pour se former on demande de l’argent ! »  En effet, si l’homme est dans le besoin extrême, il ne pense qu’à  son ventre. Ce qui sous-entend que la société civile elle-même est dans le besoin.

Pour  Alessandra Pellizzeri, chargée de programme Gouvernance PNUD Mauritanie, la société civile mauritanienne souffre de : « caractère fictif de nombreuse OSC (cartables) : pas d’institutionnalisation, ni contrôle de gestion. Faible  structuration : difficultés à se fédérer et à coordonner leurs actions. Déficit de moyens humains, matériels et logistiques. Déficit de formation et d’expérience. Faible décentralisation sur le terrain. Déficit d’accès aux sources de financements national et international.»

Elle  propose,  dans cette  perspective,  une panoplie de mesures entrant dans le cadre de la nouvelle stratégie des Nations -unies  au niveau global. Ce qui nécessite d’accorder à la société civile la possibilité de contribuer activement à la réalisation des  fameux objectifs de l’ONU pour le millénaire.   Il est question  de choisir  des  critères de sélection d’ONG et partenaires.  

Le système de nations unies en Mauritanie  risque, cependant,  de procéder à des sélections abusives laissant le champ libre aux anciens acteurs de cette société qui n’ont qu’un seul souci : débattre sans vraiment lutter  pour la concrétisation de la justice sociale. Ces acteurs sont accusés en majorité de pratiques malveillante et louche.  Des citoyens ne savent pas l’utilité de la société civile. Il croient qu’elle source d’enrichissement illicite.

En attendant une vraie réforme, le bureau de la Banque mondiale en Mauritanie compte intégrer la société civile dans le processus du développement du pays. Cette institution reconnaît, toutefois, que   sa politique  en Mauritanie, notamment les cadres stratégiques de lutte contre  la pauvreté et la préparation du  plan d’action   d’aide au pays,  sont élaborées l’année passée  en  concertation avec la société civile.

 « La BM accorde un intérêt croissant à la société civile qu’elle associe désormais à toutes ses actions. Cela  va de la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, en passant par la promotion des droits économiques et sociaux, la lutte contre le VIH/Sida, le renforcement des capacités, la promotion de la démocratie et la transparence dans la gestion des ressources  naturelles, avec notamment le renforcement des capacités du parlement, du contrôle citoyen, de l’appui aux initiative comme l’ITIA, le réseaux parlementaire,  de
la BM ; la création du Small Grant program, les fonds sociaux mondiale pour l’environnement, Cities Alliance, etc) Et d’autres programmes Trust Fuds. Notre  action va également bénéficie aux communautés les plus vulnérables.  Il faut noter que nous allons lancer dans les prochains jours une enquête de perception de la BM par ses partenaires et bénéficiaires, afin de recueillir une batterie de données qualitatives sur notre mission et la manière dont nous pourrions améliorer notre appui au processus de développement en Mauritanie. Bien évidement la société civile dans toute sa diversité bénéficiera  d’une attention particulière» a expliqué François Rantuera, Représentant de
la BM en Mauritanie dans  le cadre d’une rencontre avec des acteurs la société civile.

Sur le terrain, les couches les plus démunies   souffrent toujours. Le rôle des associations de protection de consommation et la lutte contre la corruption en sont une illustration frappante. La corruption reste flagrante. Ne parlons pas des prix des denrées alimentaires qui sont fixés d’une manière anarchique. Soulignons   que  les prix des médicaments  ne suivent  aussi aucune tarification logique. Des écarts de tarification  remarquables entres les pharmacies sont à annoncer dans les différents coins de la République. Qu’en est-il du  contrôle  citoyen,  pourtant fortement prôné par la société civile ? 

A en croire le sociologue allemand  Ralf Dahrendo « il faut 6 mois pour organiser des élections, 10 ans pour installer une économie de marché, mais une génération pour créer une société civile. Or sans société civile il n’y a pas de démocratie. » (Cité par La chargée de programme Gouvernance PNUD Mauritanie). La démocratie est-elle alors  menacée ?

        

Mohamed Fouad Barrada 

Source : La Tribune n°394 







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