• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 9 avril 2008

Trois combattants islamistes ont réussi à échapper aux forces de l’ordre à la suite d’affrontements ayant fait deux morts en périphérie nord de Nouakchott,

9042008

 

 

C’était  grâce à la coopération des  services de sécurité de la sous région subsaharienne, magrébine   et française que O Sidina  et O Chabarnaux, principaux   accusés de l’attaque d’Aleg  avaient été localisés. Ils avaient été repérés en Guinée Bissau  puis transmis aux  services pénitenciers de
la Mauritanie pour y être jugés dans leur pays d’origine.

Le gouvernement   n’a pas pu seul, incarcérer  les coupables de l’attaque d’Aleg qui a provoqué la mort de quatre touristes français. Ne parlons pas des fautifs de Al Gallawya. Par négligence,  O Sidina, l’un des présumé coupable de ce meurtre s’est évadé du palais de la justice.   

Un jour  après cet événement et précisément en coïncidence avec la  deuxième journée de la visite de l’émir du Qatar et son épouse en Mauritanie, des échanges de tire entre des  policiers   du pays et certains éléments de groupes salafistes  ont eu lieu à Nouakchott.

Ainsi, lundi 7 avril 2008, « Trois combattants islamistes ont réussi à échapper aux forces de l’ordre à la suite d’affrontements ayant fait deux morts en périphérie nord de Nouakchott, soulignant de nouveau la menace terroriste pesant sur la Mauritanie.  Quant à Sidi Ould Sidna,  il ne se trouve pas parmi les deux combattants islamistes tués ou arrêtés lundi, a-t-on appris mardi de source policière. Le porte-parole du gouvernement, Aziz Ould Dahi, a confirmé que les islamistes avaient perdu un de leurs hommes et qu’un autre était blessé (NDRL D’AFP). »

En effet, « Plusieurs arrestations ont été opérées dans les milieux salafistes. Il s’agit de Mohamed Salem Ould Mohamed Lemine dit «El Majlissi» qui avait été arrêté en 2006 à la suite d’une opération qui a visé un groupe de Jihadistes accusés à l’époque de préparer des attentats, l’un à Atar visant l’enlèvement des touristes, l’autre à Nouakchott destiné à faire peur. Ce pourrait être les révélations des deux jeunes arrêtés en Guinée Bissau qui ont mené à lui. Dans les milieux de l’enquête on l’accuse d’être le principal commanditaire de l’action. En tout cas, les relations avec Sidi Ould Sidina, Mohamed Ould Chabarnoux, tous deux arrêtés, et Maarouf Ould Haiba, en fuite, seraient évidentes»( Les échos de la Tribune). Présentement, Sidi Ould Sidina, Maarouf Ould Haiba sont en cavale.  

Mohamed Fouad Barrada   




Les Colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani promus au plus haut grade de l’armée mauritanienne, Félix Négri le sera le 1er juillet prochain…

9042008

Les Colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani promus au plus haut grade de l’armée mauritanienne, Félix Négri le sera le 1er juillet prochain…

Pour dire «mes respects» à un Général, on dit «Mes devoirs mon Général !»

La semaine dernière fut chargée en événements et rebondissement, allant du faux retour de Ould Taya à la vraie visite de l’Emir du Qatar et son départ précipité en passant par l’évasion spectaculaire de Sidi Ould Sidna suivi d’une série d’arrestations, de limogeages dans les milieux de la justice et du système carcéral, et de courses poursuites dans les rues du Ksar, mais pourtant c’est un événement non annoncé dans les média officiels qui monopolisait toutes les conversations : il s’agit de la promotion des Colonels Mohamed Abdelaziz, Chef d’Etat Major particulier du Président de
la République, Mohamed Ould Ghazwani, Directeur général de la sûreté et Félix Négri, chef d’Etat Major de l’Armée, au plus haut grade de l’armée mauritanienne, celui de Général de brigade. Le premier à compter du 1er janvier 2008, le second du 1er avril 2008 et le troisième du 1er juillet prochain. L’annonce faite alors que le décret était encore en circuit, a suscité nombre d’interrogations.

Pourquoi ceux-là ? Ceux qui posent cette question, oublient que pendant la transition, la plus grande partie de la classe politique avait proposé, soit publiquement soit en aparté, de ‘consacrer’ les principaux auteurs du changement du 3 août, notamment en leur faisant une promotion exceptionnelle au grade de Général de Brigade. C’est fait.

Assurément un grand pas vient d’être franchi dans l’histoire de notre armée qui a maintenant près d’un demi-siècle d’existence (et compte une cinquantaine de colonels) mais, n’a jamais compté dans ses rangs de généraux en exercice. En effet, ce grade n’a été accordé à Moulaye Ould Boukhreiss par l’ex-président Ould Taya qu’au moment de son départ à la retraite. Le tableau d’avancement de l’armée nationale pour l’année 2008 ne surprend pas outre mesure. Suivons les cursus.

Né en 1956 à Akjoujt,  le général Mohamed Ould Abdelaziz a rejoint l’armée nationale en 1977. Sortant de l’Académie Royale Militaire de Meknès au Maroc, il a gravit successivement les échelons de l’armée de terre. C’est après avoir mis en place le bataillon de sécurité présidentiel, plus connu sous l’acronyme BASEP, que la notoriété du commandant Abdelaziz a commencé à grandir au sein de la grande muette.  Ce sont ses brillants états de services lors de la tentative de putsch du 8 juin 2003 qu’il fit échouer qui lui valurent ses galons de Colonels.  En Août 2004, c’est encore le Colonel Abdelaziz qui fera avorter la seconde tentative des Cavaliers du Changement, ce qui lui vaudra la plus haute décoration militaire décernée par le Président, mais c’est surtout le 3 août 2005 qui fera connaître le nom du Colonel Ould Abdelaziz hors des frontières de la Mauritanie lorsqu’il apparut clairement que c’est Ould Abdelaziz qui fut le principal concepteur et exécutant du coup de force qui  mit fin aux 21 ans du régime autocratique de Maaouya Ould Taya. Cinq jours plus tard, le 8 août 2005, alors que le Président du CMJD n’avait toujours pas prononcé de discours, ni fait la moindre déclaration, c’est encore Ould Abdelaziz qui prit l’initiative dans une interview à la Voix de l’Amérique (reproduite intégralement dans
la Tribune N°267 du 10 août 2005) dans laquelle il annonça avec une lucidité et une détermination remarquable les intentions du CMJD. Depuis, les déclarations et apparitions publiques de Ould Abdelaziz se firent très rares. Cependant, l’influence du Général sur l’armée mauritanienne et sur la vie politique du pays n’a cessé de se renforcer au point que certains voient son empreinte partout. On lui prête d’être à l’origine de la réduction du mandat du CMJD de 24 à 19 mois, d’avoir fait adopter le décret interdisant le comptage des votes blancs lors des présidentiels de 2007, ainsi que le réaménagement de l’armée après les limogeages de quelques Colonels dont Ould Boubacar et Ould El Alem. Ce n’est, dit-on qu’après s’être assuré de son appui, que le candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi se présenta aux élections présidentielles. Secret et peu bavard, le général semble pourtant bénéficier d’un sens tout militaire de l’organisation et d’un courage à toute épreuve auquel s’ajoutent un patriotisme et un rare sens du devoir national. Qualités qu’il partage avec son alter ego, Mohamed Ould Ghazwani qui vient lui aussi d’être promu.

Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ould Ghazwani a été engagé sous les couleurs de l’Armée nationale le 15 octobre 1978. Comme son collègue celui qui deviendra son plus proche ami, il fait partie de la deuxième génération d’officiers qui n’ont pas été impliqués dans le 10 juillet 1978 et qui n’ont donc pas eu à porter de responsabilité quelconque dans la gestion catastrophique du pouvoir par les militaires du CMRN puis du CMSN. C’est là l’un des secrets de la réussite de l’ère CMJD (respect du timing).

C’est à l’Académie Royale de Mekhnès que les deux hommes se rencontrent et s’apprécient. Des points communs : la réserve et le sens du devoir. Revenu chez lui, Ould Ghazwani commande des unités opérationnelles un peu partout dans le pays. C’est en 1987 qu’il connaît sa première grande promotion. En effet il est nommé alors aide de camp. En 1989, au lendemain des événements, il fait partie de la délégation qui accompagne le Président Ould Taya en Irak pour sceller l’alliance entre les deux régimes de l’époque. A l’intérieur du pays, Ould Taya avait engagé une chasse aux Baathistes, sur le plan de la diplomatie, le régime de Baghdad devenait son parrain. Une contradiction que devrons nous expliquer certains figures emblématiques du mouvement panarabe affilié à Baghdad.

Première conséquence de ce voyage : l’Irak offre une unité de blindés à Ould Taya. C’est son aide de camp qui est choisi pour faire un stage de formation sur l’utilisation de ces blindés. Tout en étant en Irak pour cela, Ould Ghazwani n’est remplacé au poste d’aide de camp qu’en 1992, au lendemain de son retour. Il est chargé alors de monter l’unité des blindés qui fera partie du dispositif de sécurité du Président. Il s’agit du fameux Bataillon des Blindés (BB). C’est lui naturellement qui le dirige, même s’il est secondé par un proche du Président qui ne semble avoir confiance totalement qu’à ses proches.

Il effectue plusieurs stages dont une formation à l’Ecole de guerre en Jordanie mais reste commandant du BB. En juin 2003, il est commandant du BB quand éclate le putsch du 8. Mais il n’est pas sur place. Ce qui l’excuse aux yeux du Président qui est sérieusement remué par la révolte au sein de son unité d’élite. Nonobstant cela, Ould Ghazwani est envoyé directeur du deuxième Bureau de l’Armée, celui des renseignements militaires. Il y arrive alors que ce bureau était gangrené par la délation et l’inefficacité. Il essaye de restaurer le système de renseignements militaires. Mais il coïncide avec le procès de Wad Naga. Il joue un rôle très important dans la conclusion finalement heureuse du procès (sans peine capitale). Le 3 août, son nom est le quatrième sur la liste du CMJD. Après les colonels Eli Ould Mohamed Val, Abderrahmane Ould Boubacar et Mohamed Ould Abdel Aziz.

Que les noms des deux compères figurent en troisième et quatrième places, ne trompe personne. Tout les observateurs savent que les véritables auteurs du changement du 3 août sont ceux-là. Ils semblent avoir mûri leur action. La seule chose qu’ils avaient mal appréciée est la force d’inertie de l’Appareil. Ils ont aussi sous-estimé la capacité de nuisance des hommes de cet Appareil. C’est certainement cela qui créée le malaise d’aujourd’hui. Et qui donne des deux nouveaux Généraux une idée qui n’est pas forcément juste.

MFO

Source : La Tribune n°394




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

9042008

 

Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

 

Il y a un côté pathétique dans le discours du Président de
la République qui annonce la mise en place d’un programme d’intervention d’urgence. Notamment cet appel, cette demande pressante aux plus aisés de ne pas venir ‘bousculer’ les pauvres devant les boutiques témoins, devant les centres d’approvisionnement.

On sent qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’espérer moraliser les plus riches afin de les amener à laisser aux pauvres de quoi se nourrir.

Il y a aussi cette affirmation concernant les atouts que nous avons : ressources, bras, intelligence… alors pourquoi ne pas faire montre de reconnaissance au Tout-Puissant pour cette générosité dont il nous fait profiter ? Autrement dit le travail est une autre manière de remercier le Miséricordieux. C’est une autre forme d’adoration et de soumission volontaire à sa Toute-Puissance.

Les mauvaises pratiques de gestion des affaires ont fait de la politique, une source de revenus pour ceux qui en font. Une source de revenus qui ne demande pas de qualification particulière. Il suffit de prétendre représenter un groupe, de faire semblant de militer au sein d’un groupuscule, d’avoir occupé un poste dans la milice du Parti du peuple ou dans les structures d’éducation de masses, pour se prévaloir d’une place au sein de l’élite politique. Pour aussi revendiquer une part du gâteau. C’est ainsi qu’en moins de trente ans, 80% de nos compatriotes se sont reconvertis dans une activité politique.

Le renseignement est aussi une voie d’accession aux privilèges indus, aux ascensions injustifiées, une opportunité de gagner l’argent facile. Une source de revenus qui ne demande pas de gros efforts. Environ 18% de Mauritaniens y sont officiellement affiliés. Je ne parle pas ici des policiers, gendarmes et autres fonctionnaires dont l’activité peut couvrir ce domaine. Mais d’enseignants, de journalistes, commerçants, médecins, hommes d’affaires, simples gens qui adorent collecter puis ‘passer’ l’information ‘à qui de droit’.

On se retrouve avec 98% de Mauritaniens qui gagnent largement leur vie – et même plus -, qui bénéficient de privilèges sans mérite, qui sont au-dessus des lois et même de
la Morale… et qui ne sont d’aucune utilité pour la société, donc pour le pays. Ne produisant rien du tout, ils deviennent vite des parasites qui sucent le sang des 2% qui triment pour survivre dans un environnement chaque jour plus difficile.

C’est schématique peut-être, mais c’est malheureusement proche de la réalité. Cela a donné le système que nous avons souffert presque trente ans durant. Ce système que nous continuons à souffrir dans quelques-uns des plus pernicieux de ses aspects.

Ce qu’il faut à présent, c’est bien d’inverser la tendance. Comment peut-on amener 50, 60 et même 80% à travailler, à produire et laisser seulement 2% s’occuper de la politique et du renseignement ?

Réhabiliter les compétences. Parce que le règne de la médiocrité qui a caractérisé les années néfastes, a favorisé la promotion de la paresse. En instituant l’enrichissement illicite, fulgurant et injustifié comme possibilité d’ascension sociale qui ouvre la voie à la possibilité d’imposer son autorité. Réhabiliter les compétences, c’est réhabiliter le savoir et le savoir-faire.

Réhabiliter le politique. Parce que n’est pas homme politique qui veut. Arrêter de faire dans la complaisance et de jouer à l’amalgame. Dire vrai. S’engager vrai. Faire le bon diagnostic. Proposer les meilleures solutions. Prendre en charge les problèmes de la population. En parler, les expliquer. Montrer qu’on sait de quoi on parle, en donnant les bons chiffres, en choisissant les mots qu’il faut pour le dire, en respectant la culture locale… La tâche semble-t-elle trop lourd pour nos hommes politiques très portés sur le populisme primaire ?

Réhabiliter le travail comme valeur sociale. Un Emir de l’Adrar avait décidé d’affranchir de toute pesanteur tout celui qui plante un palmier (esclave, tributaire…). Un an pour faire de l’Adrar, le premier centre saharien de production de dattes. C’est comme ça qu’on explique la prolifération du dattier, mais aussi l’enracinement d’une morale qui promeut le travail. D’où cette avance prise sur le reste des occupants de cet espace.

Réhabiliter le travail aujourd’hui, c’est promouvoir les secteurs productifs. L’agriculture, la pêche, l’élevage, entre autres. Jusque-là les politiques ont été conçues par des gens qui n’avaient pas d’obligation de résultats. Des gens qui avaient à gérer des humeurs plus que de mettre en œuvre des stratégies. Alors que rien que le secteur agricole peut résoudre les problèmes d’approvisionnement en produits de première nécessité, de chômage et de devises. Un connaisseur me disait récemment : «A raison d’un employé pour 5 hectares, il faut cultiver 25000 ha pour engager 5000 personnes. Compte le nombre de femmes qui vont venir se nourrir sur les restes, les décortiqueuses qui vont travailler, les transporteurs, les animaux… et souviens-toi que ceux qui n’ont que leurs bras pour avoir une telle occupation, devront, s’ils n’ont pas de boulot, grossir les rangs des délinquants dans la ville. Ils n’ont pas d’autres qualifications et vont devoir vivre». La pêche artisanale fournit déjà du travail à près de 20.000 personnes si la moyenne par barque est de 6 pêcheurs (plus de 3000 barques en activités). Sans oublier les vendeurs et revendeurs.

C’est dire que le programme annoncé par le Président de
la République est un pas en avant. Mais pour le mettre en œuvre, il faut refaire le montage de l’équipe gouvernementale. Et même de l’équipe présidentielle. L’opinion demande des gens plus convaincants, plus engagés, plus volontaires… des gens moins ternes, moins nonchalants, moins paresseux que ceux qui vous entourent actuellement.

 

Source : La Tribune N°394




REPERES

9042008

 

Affrontements : deux morts, trois islamistes en fuite


Trois combattants islamistes ont réussi à échapper aux forces de l’ordre à la suite d’affrontements ayant fait deux morts lundi soir en périphérie nord de Nouakchott, soulignant de nouveau la menace terroriste pesant sur la Mauritanie.

Quant à Sidi Ould Sidna, un des tueurs présumés des quatre touristes français assassinés en décembre en Mauritanie et qui s’était évadé le 2 avril, il ne se trouve pas parmi les deux combattants islamistes tués ou arrêtés lundi, a-t-on appris mardi de source policière.

Le porte-parole du gouvernement, Aziz Ould Dahi, a confirmé que les islamistes avaient perdu un de leurs hommes et qu’un autre était blessé.

« Trois des terroristes ont réussi à fuir, laissant sur leurs traces des armes et des explosifs« , a-t-il ajouté, précisant que, côté gouvernemental, un policier a trouvé la mort et neuf sont blessés. Une source sécuritaire a jugé « probable » que Ould Sidna, âgé de 20 ans, figure parmi les trois fugitifs.

Le porte-parole a souligné la « détermination » des autorités « à combattre le terrorisme sous toutes ses formes » et à « assurer la paix et la sécurité pour nos concitoyens et nos hôtes étrangers« .

Après son évasion du Palais de justice de Nouakchott le 2 avril, Ould Sidna avait trouvé refuge auprès d’éléments des groupes salafistes liés à Al-Qaïda dans les quartiers nord de Nouakchott où il avait été localisé dès jeudi par la police. Mais il avait alors réussi à échapper aux forces de l’ordre.

Les enquêteurs avaient ces derniers jours de nouveau localisé le fugitif près d’une maison en périphérie nord de la capitale. Ils sont intervenus lundi en début de soirée mais ont été surpris par le nombre d’islamistes se trouvant dans la maison et leur puissance de feu.

Des renforts de l’armée ont été acheminés sur les lieux. Des tirs d’arme automatique et des détonations ont été entendus de tous les quartiers de la capitale, témoignant de la violence des échanges.

« Personne ne pensait trouver une résistance de la sorte. Ce fut une surprise au niveau de la réaction. Ils étaient bien armés et relativement organisés« , a souligné un observateur ayant requis l’anonymat.

Selon des sources sécuritaires, trois islamistes ont réussi à fuir en voiture dès lundi soir.

A 07H30 (locales et GMT) mardi, les forces de l’ordre ont lancé l’assaut contre la bâtisse, mais ces occupants avaient déjà fui. « Il n’y avait personne, juste des munitions et des effets personnels« , a indiqué une source sécuritaire. Des témoins ont vu dans l’habitation une ou deux grenades, des munitions, un sabre, des effets personnels ainsi que des livres et disquettes liés au jihad.

Une source policière a ensuite fait état de la découverte d’un « laboratoire pour préparer les explosifs » dans cette maison. Ce laboratoire « prêt à fonctionner » souligne qu’une cellule terroriste implantée dans la capitale se préparait à mener des opérations, selon ce responsable policier.

Les opérations de recherche se sont intensifiées mardi, avec pour la première fois l’usage de petits avions. « Des avions ont été utilisés pour la première fois mardi matin pour ratisser les espaces dunaires sur le littoral et au nord de Nouakchott où les terroristes en fuite peuvent naturellement trouver refuge« , a affirmé une source sécuritaire.

Pays en grande partie désertique, deux fois grand comme la France mais peuplé de seulement un peu plus de 3 millions d’habitants, la Mauritanie avait jusqu’à récemment été relativement épargnée par les actions terroristes.

Mais le pays a été la cible, entre fin décembre et début février, de trois attaques de la mouvance d’Al-Qaïda qui ont fait sept morts (quatre touristes français et trois militaires mauritaniens) et provoqué l’annulation du rallye Dakar 2008.

AFP

 


Le président de la république visite les blessés victimes de la fusillade hier à Tevragh Zeina

Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, président de la république, a effectué mardi en fin de matinée une visite au Centre Hospitalier National où sont hospitalisés les blessés victimes de la fusillade qui a eu hier au nord de Tevragh Zeina.

Les 7 blessés, des membres des forces de sécurité nationale, ont été agressés alors qu’ils accomplissaient leur devoir patriotique.

Le président de la république a exprimé, en visitant les blessés un à un, sa satisfaction du niveau de responsabilité et de sacrifice pour la patrie dont ils ont fait preuve tout en leur souhaitant prompt rétablissement.

Il a affirmé que l’Etat est reconnaissant envers les blessés, soulignant que beaucoup de gens tombent victimes de blessures mais que les blessures cette fois-ci sont différentes puisqu’elles interviennent pour la défense de la patrie. « C’est là une source d’honneur », a-t-il ajouté.

Le président de la république, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a assuré que l’Etat prendra en charge les soins des victimes et accompagnera les prestations qui leur seront offertes. A leur tour, les blessés ont remercié le président de la république pour cette initiative et pour l’intérêt qu’il accorde aux citoyens ainsi que pour les prestations qui leur ont été offertes depuis leur arrivée dans cette infrastructure sanitaire publique.

Le président de la république a été salué au départ comme à l’arrivée au Centre hospitalier national par le ministre de l’intérieur, M. Yall Zakaria Alassane, le ministre de la santé, M. Mohamed Lemine Ould Raghani, le directeur général de la sûreté nationale, le wali de Nouakchott et le hakem de Tevragh Zeina

Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi était accompagné au cours de cette visite par M. Sidi Mohamed Ould Emejar, directeur de cabinet du président de la république, un certain nombre de conseillers principaux et de conseillers à la présidence de la république et plusieurs autres personnalités.

Source: AMI

 




La Nouvelle page Par Kissima Diagana

9042008

 

 La Nouvelle page Par Kissima Diagana

 

Les avocats de Zeidane Ould Hmeida ont brandi hier 6 avril un morceau d’un rapport d’enquête de la police fédérale australienne pour rappeler à l’opinion que leur client avait été injustement accusé dans l’histoire des avenants… Cet extrait de rapport dit qu’aucune personne interrogée dans le cadre de la mise en lumière des activités de Woodside en Mauritanie n’a porté une accusation contre l’ancien ministre de l’énergie et du pétrole d’Ould Taya…

Il y a exactement deux ans, jour pour jour, cette histoire des avenants devenait nulle et non avenue. L’accusé avait été amnistié contre toute attente.

C’était le 6 avril 2006. J’écrivais ceci (La Tribune N°298 du 06/04/06, P2, NDLR) :

« Le tintamarre autour des avenants aura duré deux mois. Le dossier  Zeine est clos. Tandis que l’on s’attendait au procès du tournant décisif de la Mauritanie, on eu droit à une amnistie de faits dont le résultat est la libération du principal accusé dans l’affaire de ces avenant. La Mauritanie s’étant réconciliée avec Woodside, retenir Zeidane O Hmeid aurait été certainement injuste, de même qu’il aurait été déloyal de le juger tout seul en laissant tous les autres suspects en liberté. Ce qu’il y a eu finalement s’appelle de la ‘maslaha’. (…)  Le CMJD a coupé l’herbe sous les pieds de la justice et de ses acteurs. Et Dieu sait si les avocats, ceux de la défense, ceux de l’Etat et l’accusé lui-même peuvent ressentir une fierté après ce happy end ! C’est l’Etat qui avait porté plainte contre Zeidane. Représenté par le CMJD, l’Etat a  visiblement retiré sa plainte puisqu’il vient d’amnistier les faits et actes se rapportant à la confection et à la signature des avenants litigieux. Du coup l’homme sur qui pesaient ces faits et actes se voit octroyer une absolution. La haute portée conférée à pareil geste oblige quelque part à n’en pas trop parler. Toutefois force est de constater que les avocats qui se disputaient la culpabilité ou l’innocence sortent défaits d’un procès qui n’a finalement pas eu lieu. Ce que les uns et les autre ont pu empocher en se dressant pour ou contre l’ancien ministre du pétrole peut importer peu si l’on s’en tient au fait qu’il s’agit de quelques petits millions d’ouguiyas, soit de cotisations pour faire triompher la thèse du non lieu soutenu par la défense, soit d’allocations de l’Etat visant à conforter ainsi que l’aurait souhaité la partie civile la thèse du faux et usage de faux, de corruption, etc. (…) Aux premiers jours de son interpellation, ses admirateurs avaient manifesté en criant ‘Zidane Président !’. Que vaut cet arrangement dans la balance par rapport à l’aura dont a besoin un homme qui normalement a tout pour avoir la même ambition que tous ceux qui ont en vie de devenir Président de la République Islamique de Mauritanie. »

Il y a donc deux ans, d’aucuns ont pensé que Zeidane Ould Hmeida pouvait faire partie des présidentiables, d’autres l’ont poussé à se porter candidat aux législatives…

Aujourd’hui ses avocats ont brandi fièrement une conclusion d’enquête faite en Australie. Ils ont banalisé l’amnistie dont avait bénéficié leur client. Sommes-nous en train de suivre un nouvel épisode d’une affaire judiciaire qui promet d’être passionnante ?

bentocka@yahoo.fr

 

 

Source : La Tribune n°394




Chronique Mansour

9042008

 

Y aurait-il des lentilles universelles qui permettraient de distinguer, à coup sûr, le sincère de l’hypocrite, l’acte spontané de l’effort méritant ou de la comédie plus ou moins savante ? On a la sagesse, en islam, d’écarter les jugements d’intention, tout en incitant, en permanence, à la pureté de celle-ci. L’humain est ainsi relatif qu’il vaut mieux, en effet, tabler sur l’ambiguïté et l’évanescence de ses pulsions, quitte à reconnaître, en leur temps, la qualité de leurs conséquences pratiques. On se souviendra, ici de la parabole, attribuée au prophète Mohammed – P.B.L. – de l’assassin absous. Tel séide, nanti de quatre-vingt-dix-neuf crimes, se fit souci, un jour, de l’avenir de son âme. On lui indiqua l’adresse d’un religieux fort instruit qui saurait, sans nul doute, répondre à son interrogation. L’homme se met en marche, rencontre le pieux savant qui l’assure, après avoir ouï ses méfaits, de la damnation éternelle. « S’il en est ainsi », réplique le malheureux, en plantant sa dague dans le cœur de l’imprudent juge, « un de plus ne changera rien à l’affaire ».

 

Mais voilà, chose étrange, notre homme à nouveau dubitatif. On le renseigne, encore, sur un saint homme, plus versé, peut-être, dans les mystères divins. « En route ! », s’exclame aussitôt l’aventurier. Las ! Sur le chemin de l’espoir, guettait une bande de pillards et, sous leurs coups conjugués, c’est à l’assassin maintenant de rendre l’âme. Et les anges de se la disputer. « En l’enfer des plus vils     crimes ! », affirment les uns ; « Au paradis des plus folles espérances ! », rétorquent les autres. «Point de passion », tranche le Seigneur de Justice, « mesurez ses pas de part et d’autre de sa dépouille. Son sang versé a payé ses crimes et il allait, en vérité, de son ultime méfait vers l’enseignement de Ma Miséricorde ». Les anges comptent, méticuleusement ; et voici : la compassion était plus près d’un pas, d’un seul, cela suffit au Divin Pardon. Sans épiloguer sur les nombreux motifs de cette pénétrante parabole, on retiendra seulement ses implications concernant la relativité du jugement humain, fût-il construit sur les plus catégoriques principes. L’absolu, en islam, n’appartient qu’au Divin et c’est cette humble conscience qui fait, dans la lecture et l’application des lois, les plus ou moins bons arbitres.

 

« Point de contrainte en religion ». Cette injonction coranique, souvent évoquée, résume, à elle seule, le devoir de tolérance – plus précisément, de respect – du musulman envers la foi d’autrui, qui vient harmonieusement équilibrer son essentiel devoir de témoignage. C’est cette humaniste mesure qui aura, si banalement, assuré la paix des populations sous domination musulmane. Dans la ville même du prophète – P.B.L. – si les tribus juives furent bien victimes de leur propre forfaiture, sitôt qu’elle se fut, imprudemment, manifestée, l’habilité des hypocrites – ces fameux « mounafiqounes », régulièrement cités dans le Coran et, plus individuellement, dans les chroniques de l’époque – à naviguer aux frontières du doute et de la couardise, leur aura assuré, ici bas, une certaine quiétude, bien évidemment relative à leur propre culture de l’incertitude. L’éventail de la patience citoyenne est donc large, en islam. Non seulement tous ceux qui doutent ne sont pas, forcément, des couards – ce peut être, même, une position de courage   intellectuel [1] – mais encore les garanties accordées aux diverses communautés de ceux qui ne doutent pas n’excluent nullement le respect des espaces privés individuels, à ce point sacrés qu’un visiteur, ayant perçu un quelconque comportement répréhensible en la demeure de son hôte, ne peut le divulguer hors de celle-ci…

 

Mais pas plus en islam qu’en la plus idéale des cités grecques ou françaises – puisque ma patrie est censée cultiver le nec plus ultra des droits de l’Homme – les meilleures dispositions ne garantissent ni les meilleures intentions, ni les meilleures interprétations de leur lettre. Sous toutes les latitudes, tous les régimes, toutes les idéologies, non seulement les puissants ; banalement, par avidité de pouvoir ; mais aussi, les plus faibles ; pour des raisons beaucoup plus triviales de survie ; se seront, plus ou moins fréquemment, autorisés à manipuler, travestir, omettre, sinon caricaturer, les plus sages principes qui assuraient leur civilisation. On conçoit bien, sans trop théoriser sur cette pente dangereusement glissante, que la conjoncture politique, écologique, sociale, économique, puisse commander, à l’occasion, d’opportuns aveuglements. Tout est affaire de mesure, susurrent les spécialistes. Certes. Mais laquelle ? Montaigne s’effarerait, sans nul doute, du juste milieu sarkozien…

 

Source : La Tribune n°394




[1]  Mais pas forcément, non plus. La systématisation du doute, tout comme la foi aveugle,  peut susciter de bien paresseuses irresponsabilités, sources potentielles de plus dramatiques exclusions… 




L’affaire Zeidane Ould Hmeida refera-t-elle surface ?

9042008

 

L’affaire Zeidane Ould Hmeida refera-t-elle surface ?

 

« Pour être pardonné, il faut avoir commis une faute. Un acte judiciaire a commencé l’affaire Zeidane, un acte judiciaire ne l’a pas terminé. »

Ces propos sont de Me Pape Sène, avocat venu du Sénégal dans le cadre de l’affaire Zeidane Ould Hmeida, ancien ministre du pétrole mauritanien. Accusé en 2006 de corruption et de trahison puis amnistié. Le juriste sénégalais intervenait dans le cadre d’une conférence de presse tenue le conseil des avocats de Zeidane Ould Hmeida dirigé par Me Ahmed Salem OUld Bouhoibeini.

 

Dimanche 06 avril 2008, le collectif de défense de l’ancien ministre du pétrole de l’ère Ould Taya, Zeidane Ould Hmeida a organisé une conférence de Presse dans un hôtel de Nouakchott. Cette rencontre avait pour objet de révéler les ‘rebondissements’ d’une affaire que l’on croyait close depuis le 30 mars 2006, date de l’amnistie dont a bénéficié l’accusé d’alors dans la fameuse histoire des avenants qui impliquait la société australienne Woodside. A l’époque, quelques mois après le putsch du 3 août 2005 effectué pas le Conseil militaire pour la justice et la démocratie, l’ancien ministre du pétrole avait été accusé de crimes économiques et de corruption. Il  lui était reproché entre autres, d’avoir signé quatre avenants au contrat d’exploitation pétrolière et de porter ainsi préjudice aux intérêts économiques de la Mauritanie.

Dans une déclaration émanant de Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeini au nom du conseil de Zeidane Ould Hmeida, il est noté que l’amnistie décidée par les autorités de la transition était une mesure visant « à faire perpétrer l’accusation » et qui a fermé la porte à toute réouverture du dossier en Mauritanie.

C’est alors que les avocats de l’ancien ministre ont saisi l’occasion d’investigations commandées par le Parlement australien et visant à faire la lumière sur les activités de Woodside en Mauritanie. Selon la déclaration cette mission d’investigation a été confiée par le ministre australien de la justice à la police fédérale australienne. Une procédure d’intégration du cas de leur client a alors été déclenchée. Zeidane Ould Hmeida a saisi, selon ses avocats qui déclarent avoir été ses intermédiaires, le ministre australien de la justice. Ceci par un courrier daté du 24 juin 2007. Et toujours selon la déclaration des avocats, la réponse du ministre était positive car elle notifiait officiellement, par courrier daté du 08 août 2007, son accord à la requête de Zeidane Ould Hmeida. Ce qui voulait dire que le cas de l’ancien ministre mauritanien du pétrole, accusé puis gracié dans son propre pays, allait être intégré dans à la procédure d’enquête que les australiens allaient effectuer sur les activités de l’une de leurs société ayant opéré en Mauritanie et ayant fait l’objet d’accusation de corruption. Ce qui semble intéresser d’ores et déjà les avocats de Zeidane Ould Hmeida, c’est le contenu d’un paragraphe du rapport établi 18 mois après le début de l’enquête par le président de la commission d’enquête. Ce rapport préparé par la police fédérale australienne contiendrait en ce qui concerne Ould Hmeida les termes suivantes : «  ce que je tenais à soulever et ce qui est peut-être en jeu ici, est qu’en ce qui concerne l’enquête, aucune des personnes que j’ai pu interviewer ou à qui j’ai pu parler, n’a émis de quelconques accusations à l’encontre de Monsieur Zeidane, bien au contraire. » Et selon Me Bouhoubeini qui rendait compte des résultats de cette enquête et de la procédure d’intégration, il s’agit là d’une preuve tangible que leur client avait été accusé à tort et que celui-ci a droit à ce que sa cause soit entendue dans la mesure où rien n’a été prouvé ou retenu contre lui.

Quant à savoir ce que Zeidane et ses avocats comptent faire de cette remarque, visiblement positive, Me Bouhoubeini dira qu’il n’est pas encore à l’ordre du jour un éventuel recours en justice par ici. Me Diop avait à son niveau tenu à affirmer que l’objet de leur conférence de presse est de faire en sorte que la presse constitue ce qu’il appelle ‘le contradictoire’. Chose qui selon lui correspond dans le jargon journalistique à l’expression de droit de réponse. Histoire sans doute d’inviter les journalistes à saisir l’information pour refaire jaillir une histoire qui a concerné un ancien ministre lequel va bénéficier d’une amnistie juste avant les élections législatives auxquelles il se présentera comme candidat à la députation de sa ville Zouérate.  

A la conférence de presse étaient présents deux avocats venus du Sénégal. Ils s’agissaient de Me Amadou Kane, de la RADDHO et de Me Pape Sène. Le premier a mis en parallèle l’évasion du jeune Sidina dont il a été informé alors qu’il se trouvait à Arusha, le 05 avril, et la procédure engagée par Zeidane O.Hmeida. il dira que l’ancien ministre n’a pas fui et préféré prendre le risque de faire intégrer son cas dans une procédure dont il ne connaissait pas forcément les issues. Le second avocat, lui parlant d’hérésie de la loi à travers l’amnistie, dira que c’est une forme de liberté tronquée qui a été octroyée leur client qui évidemment ne s’en est pas contenté, à l’en croire.

Il faut rappeler dans la foulée du règlement de cette histoire d’avenant, il avait été convenu entre l’Etat Mauritanien et la Société Australienne au Qatar que Woodside verse quelque cent millions de dollar à la Mauritanie.

 

Source : La Tribune n°394

 




Discours du Président:Disette oblige

9042008

Discours du Président :

Disette oblige

 

Un discours attendu depuis quelques jours. Un changement de style. Le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a préféré s’adresser à la Nation en restant debout et en évitant le téléprompteur, expérience quelque peu catastrophique en matière de communication. Aucune hésitation et une grande fermeté dans le ton. Avec cette tonalité de vérité chère à Ould Cheikh Abdallahi. 

Expliquer d’abord l’adresse en la mettant dans son contexte : c’est «en raison de l’intérêt majeur que nous portons à vos conditions de vie, pour vous informer des mesures que nous avons décidées pour alléger les effets de la flambée excessive des prix dont les proportions ne cessent d’augmenter de jour en jour». Force est de reconnaître que la folie du marché mondial ne manquera pas de nous atteindre, il fallait donc anticiper et éviter la répétition des événements d’octobre dernier. Quand «nous avions décidé, en novembre passé, un train de mesures pour alléger les effets de la situation qui prévalait alors. Ce train de mesures avait eu des effets positifs sur plusieurs plans, notamment en matière de stabilisation des prix du pain et de son poids et de limitation des hausses des prix d’autres produits. Aussi, les prix des denrées alimentaires, chez nous, sont-ils demeurés en deçà du niveau des cours mondiaux».

Entre-temps, les prix ont continué à grimper. «A titre d’exemple, le prix de la tonne de riz rendue au port de Nouakchott est passé de 420 dollars américains en mars 2007 à 750 dollars en mars 2008, ce qui correspond à une augmentation de 78%, en une seule année. S’agissant du blé, les cours sont passés, durant la même période, de 270 à 520 dollars la tonne, ce qui représente une augmentation de 92%».

Pour aller au détail, «le prix du kilogramme de riz rendu au port de Nouakchott à partir de l’étranger est passé de 109 à 195 ouguiyas, ce qui correspond à une augmentation de 86 ouguiyas. Quant au blé, le prix du kilogramme rendu au port de Nouakchott est passé de 70 à 135 ouguiyas, soit une augmentation de 65 ouguiyas». Pour éviter les effets négatifs de la crise qui pèse déjà sur le monde, «nous avons décidé la mise en oeuvre d’un programme d’urgence supplémentaire qui sera soumis prochainement pour approbation aux deux chambres du parlement. Les volets urgents de ce programme seront rendus exécutoires dans l’immédiat et ce, en vertu d’un décret conformément à nos prérogatives constitutionnelles».
Coût global de ce programme : 28 milliards cent millions d’ouguiyas, en plus des 8,712 milliards d’ouguiyas initialement prévus dans le cadre de loi de finance 2008. Il vise à : assurer une aide alimentaire aux plus démunis ; garantir un meilleur approvisionnement en denrées de première nécessité et une meilleure régulation des prix sur le marché ; créer davantage d’opportunités d’emploi et d’activités génératrices de revenus ; accroître la production agricole. Le Président devait ensuite donner les détails du programme :

«Dans le domaine de l’hydraulique et des services de base, des ouvrages d’hydrauliques d’urgence seront réalisés au profit des collectivités villageoises et pastorales. L’Etat s’attellera à stabiliser les prix de l’eau, de l’électricité et du gaz en subventionnant à hauteur de cinq milliards et demi d’ouguiyas les prix de ces services.

Pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, une augmentation de 10% sera appliquée aux salaires de base et aux pensions de retraite de l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’Etat et ce, à partir du 1er juillet prochain de même que nous procéderons au financement d’un réseau d’activités génératrices de revenus au profit des sans emplois, particulièrement parmi les jeunes et les femmes.

Dans le domaine de l’approvisionnement en denrées alimentaires, nous avons décidé de renforcer les capacités d’importation de la SONIMEX et d’encourager les importateurs privés à assurer efficacement l’approvisionnement du marché. Nous avons également décidé d’exonérer le riz de l’ensemble des taxes de douane, en raison de la hausse sensible de son prix sur les marchés mondiaux.

S’agissant du blé, qui représente le produit le plus consommé dans le pays, son prix de vente sera le même sur toute l’étendue du territoire national pour le plus grand profit des citoyens les plus démunis. Ainsi, le sac de blé, dont le prix a atteint 7500 ouguiyas dans certaines zones, sera fixé à 5000 ouguiyas dans les banques de céréales et les points de ventes subventionnés par l’Etat et ce, sur tout le territoire national. Ce faisant, les pouvoirs publics supporteront aussi les frais de transport du blé de Nouakchott vers les localités à l’intérieur du pays.   

De la même manière, le prix des aliments de bétail, actuellement commercialisés dans certaines régions du pays à 5500 Ouguiyas, sera plafonné à 4000 ouguiyas dans le réseau des banques de céréales villageoises et rurales, afin de permettre aux populations les plus nécessiteuses de nourrir leurs animaux domestiques (Toumza). Le prix des quantités de blé et d’aliments de bétail distribuées dans le cadre de ce programme sera uniformisé sur l’ensemble du territoire national.

Pour faciliter cette opération et en faire profiter les plus démunis, il a été décidé de construire un vaste réseau de banques de céréales dans tous nos villages ayant plus de 100 habitants.

Nous avons également décidé d’ouvrir des boutiques communautaires subventionnées dans les quartiers pauvres au niveau des capitales régionales et départementales. Ces boutiques et ces banques seront dotées de stocks suffisants de blé et d’aliments de bétail.

D’autre part, l’Etat mettra en oeuvre un ambitieux programme de Vivres Contre Travail, tout en maintenant la subvention du prix du pain et la distribution gratuite de vivres au profit des couches les plus défavorisées».

Après avoir remercié les partenaires de la Mauritanie, le Président a tenu à rassurer sur l’état des stocks : «en plus de l’important stock national actuellement disponible à la Sonimex et chez les importateurs privés, le nouveau programme disponibilisera près de 90 Mille tonnes de blé et 35 Mille tonnes d’aliments de bétail. Le stock public de sécurité alimentaire atteindra, pour la première fois dans l’histoire du pays, plus 17 000 tonnes, alors qu’il oscillait auparavant entre 500 et 7000 tonnes». Tout en remerciant les importateurs privés, il a prié les commerçants détaillants de collaborer «positivement (pour) faciliter l’accès des plus démunis aux denrées alimentaires et ce, en évitant d’appliquer des marges trop élevées sur les prix de ces produits».

Le Président a dit que la mise en œuvre du programme «requiert la collaboration de tous». Tout en insistant : «L’ensemble des secteurs concernés sont tenus d’accomplir la mission qui leur est dévolue avec sérieux et efficacité. L’administration territoriale doit se sentir responsable de la bonne exécution de ce programme, comme j’ai eu à le souligner lors de l’entretien que j’ai eu récemment avec les walis». Tout cela pour «faire profiter de ces actions les bénéficiaires cibles du programme et réaffirmer notre détermination à lutter contre toute forme de spéculation illicite».

Il finira par faire cet appel : « Je voudrais aussi rappeler à nos citoyens aisés l’impératif de faire preuve de générosité, de sens de la solidarité, et de renoncer à faire concurrence aux populations cibles de ce programme. Il est inconvenable que ceux à qui Allah a octroyé quelques aisances veuillent profiter des banques de céréales et des boutiques communautaires au même titre que les pauvres. Tout comme il n’est pas décent que celui qui possède un cheptel lui permettant d’acquérir le fourrage au prix du marché, en arrive à concurrencer le citoyen nécessiteux sur un sac d’aliments de bétail destiné à l’élevage domestique de subsistance».

Et pour conclure : «Allah nous a comblés d’un sol prodigue, de ressources hydriques, de bras travailleurs et d’esprits entreprenants. Ce sont-là des atouts qu’il est inadmissible de ne pas exploiter et aussi un bienfait qu’il n’est pas permis de dilapider. Aussi, je vous convie tous, hommes et femmes, jeunes et vieux, investisseurs, agriculteurs et consommateurs, à mener une campagne nationale en vue de produire le plus possible pour nourrir notre peuple, pour que nous ne demeurions pas tributaires des fluctuations des prix du marché international pour notre pain quotidien, et pour que nous puissions avancer à grands pas vers la sécurité alimentaire».

 

Source : La Tribune n°394




NOUADHIBOU : FRAM: LE PRESIDENT EST -IL AU DESSUS DES LOIS ?

9042008

NOUADHIBOU
FRAM: LE PRESIDENT EST -IL AU DESSUS DES LOIS ?
Samedi 29 mars devait se tenir l’assemblée générale de la fédération régionale de l’artisanat et des métiers (FRAM). Cette réunion convoquée par le secrétaire général Sakho Mountagha comportait un seul point à l’ordre du jour : Destitution du président Mohamed Yahya Ould Kantawi , en place depuis 2004.Sur 36 délégués que compte la structure, 27 avaient répondu présent. La procédure de  destitution pouvait commencer .C’était sans compter avec le président qui monte à la tribune de la maison des jeunes et s’adresse devant un public tout sauf acquis à sa cause. Il annonce, s’adressant aux deux policiers venus maintenir l’ordre ‘ dégagez-moi ce Sakho, il n’est pas délégué, je ne le reconnais pas’. Puis en direction de l’assemblée ‘ dégagez, cette réunion est non avenue car je suis le seul habilité à convoquer de réunion’. Il est hué et la foule crie ‘on veut Sakho, on ne veut plus de toi ‘.Des noms d’oiseau fusent. La police intervient. Coups de file au Hakem pour qu’il vienne assister à la procédure, lui qui a signé l’autorisation de la tenue de cette réunion. Il charge l’adjudant chef Cheikhou , chef du corps urbain de superviser la séance et de lui ‘ramener le procès verbal’. Ce dernier reste sceptique. La réunion serait illégale vu que l’autorité est absente. Il demeure convaincu ou se laisse convaincre par le président .Ce dernier brandit à son nez un document sur lequel figurent les prérogatives du président et du SG. Ce dernier a d’autres textes qui lui donnent pouvoir de convoquer des réunions. Qui croire ? Les délégués eux, n’en savent rien parce que n’ayant pas pris connaissance des textes.
Le président réussit à mettre la loi de son côté. La séance n’aura pas lieu. L’adjudant -chef fait savoir aux présents que le Hakem lui a demandé d’évacuer la salle Il explique que sans la présence de représentant du ministère la réunion est illégale. Pourtant Mintata mandatée par le ministère était bien en place puis, après un aparté avec le président s’est éclipsée. Nous avons tenté en vain de joindre le Hakem..
L a colère des délégués éclate. Ils accusent le Hakem de faire volte-face.’ Il serait victime de pressions exercées d’en haut ‘ raisonne une femme. Et de brandir l’autorisation signée par lui le 13 mars.


QUE REPROCHE T-ON AU PRESIDENT ?
Les 27 membres du bureau (sur 36) reprochent à leur président de détournements de fonds, abus de confiance, tentative de faire scission, utilisation de l’association à des fins personnelles, création d’un nouveau siége sans en référer le bureau.. Ils étalent en guise de preuves un relevé de compte bancaire sur lequel le président aurait fait un retrait de 531.000 UM. Ce dernier reconnaît avoir décaissé 110.000 UM pour 4 mois d’avance de loyer. Deux femmes l’accusent de leur avoir pris chacune 5000 UM pour leur établir des agréments. Il ne nie pas et leur demande du’ temps’. Le bureau l’accuse en outre de la création d’une caisse d’épargne et de crédit où sont affiliées 180 femmes dont chacune aurait versé 3300 UM. Les autorités -wali, Hakem et ministère – sont mises au courant suivant un PV signé par 26 délégués dont nous avons copie. La tutelle a, par lettre du 07 décembre, demandé aux autorités ‘d’aider les délégués à tenir une assemblée pour étudier le cas de Mohamed Yahya Ould Kantawi’.
Ce dernier balaie ces accusations et accuse son SG de ‘putschiste’.
Avant de quitter la salle les délégués crient à l’endroit de leur président ‘ Tu as trahi notre confiance. Nous ne voulons plus de toi ! Les femmes sont les plus remontées :’Manger notre argent, nous pauvres femmes, quelles bassesse’.
N’est il pas temps que les autorités se penchent sérieusement sur ce cas et tirent au clair ce dossier?
Athié Youssouf
CP /NOUADHIBOU




Aioun : campagne de sensibilisation sur la Bonne Gouvernance

9042008

Aioun

Campagne de sensibilisation sur la Bonne Gouvernance

A l’instar d’autres wilayas du pays, celle du hodh El Gharbi a vécu une campagne de sensibilisation sur la Bonne Citoyenneté et la Bonne Gouvernance initiée par l’ONG-Nedwa et l’ IGE (Inspection Générale de l’Etat).Cette  grandiose campagne  vise comme objectif : mettre fin à toutes les mauvaises pratiques que faisaient les citoyens(corruption, régionalisme, favoritisme ,tribalisme trafic illicite….)qui étaient la cause principale du retard qu’a connu notre pays durant les deux dernières décennies. Cette campagne regroupe trois volets:

La formation des ambassadeurs de Bonne Gouvernance

Cette formation a ciblé d’abord les responsables des services régionaux ; et ensuite les Ouléma et représentants de la Société Civile d’Aioun, et ceux de Tintane.Chaque formation a duré 3jours dont l’objectif est de former les participants pour devenir des sensibilisateurs de la Bonne Gouvernance. Durant ces journées les questions fondamentales pour une vie meilleure dans un pays prospère comme l’unité nationale, la démocratie, corruption, la justice sociale …ont été profondément débattues .Donc il a été attendu qu’au sortir de chaque formation, les bénéficiaires auront des informations nécessaires sur le sujet afin de les véhiculer  à travers les citoyens

La caravane de l’espoir

La caravane de l’espoir pour la bonne citoyenneté. Comme dans plusieurs villes mauritaniennes, Aioun aussi n’est pas en reste. La soirée du mardi ; la capitale du Hodh El Gharbi a vibré positivement pour l’unité nationale .De 20 h à minuit des sketches, chansons et commentaires  dans le cadre de l’unité nationale et de la Bonne Gouvernance ont animé la soirée. Le comédien Banna et ses compagnons ont dévoilé une fois encore de plus leur talent. A la fin de cela chacun s’est senti citoyen qui a un droit et un devoir.

La PUB à l’appui

Cette campagne ne s’arrête pas seulement à la formation et à l’animation. Mais aussi les affiches et les objets sur ces thèmes sont éparpillés dans toute la ville

Le message s’avère bien compris. Espérons que notre chère Mauritanie arrivera au bout de ces initiatives  

                                                                          Adama Sy  c/p Aioun

                                          







bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann