» L’unité dans la diversité demeure un atout »

22042008

  364478057f25126a1.jpg «  L’unité dans la diversité demeure un atout » Par Mohamed Fouad Barrada 

  Comme elle est d’actualité, la question de déportés  revient de plus belle. Comment les politiques mauritaniens la perçoivent-ils ? Les extrémistes des deux bords vont-ils s’imposer ? La confrérie Tidjaniya a-t-elle son mot à dire ? Qu’en est-il de la  diversité culturelle?     « Il faut mener une enquête  allant dans le sens d’une vérité et  d’une réconciliation.  Le  passif Humanitaire doit être traité dans sa globalité », martèlent  des nationalistes arabes. « Cette question   des déportés   est instrumentalisée pour des fins personnelles et  idéologiques. La vérité sur le drame des années de plomb ne doit pas être  traitée  avec une nuance inavouée. Des mauritaniens ont subi des atrocités de l’autre côté du fleuve. Plus grave, ils ont été assassinés eux aussi par  leurs propres compatriotes. », Précisent-ils.  

Des hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient   incriminés à tors dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision.   A cela rétorquent  des observateurs  en disant « qu’un malheur  n’exclut pas un autre et que  les mauritaniens   ont été perdants de deux côtés. Il faut  alors résoudre ce problème sans  confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait  l’assumer ». D’autres nationalistes  arabes  Nasséristes ont  récupéré  ce dossier  des déportés pour  en faire un axe important dans  leur vision des choses.  L’UFP  quant à lui   a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions   concrètes. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité.  

Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des  déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les  responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements  de 87,89, 91.   A en croire le poète soninké Yacoubé Diakité  « le développement passe par l’unité nationale.  Sans cette unité rien ne peut marcher. La diversité culturelle  est une richesse.
La Mauritanie est l’unique pays où  cohabitent  des noires,  des arabes et des berbères ».
 

Pour  le jeune Djabira Sinaka lauréat de prix KB en poésie, « le  pays ne peut se développer  à l’insu de sa jeunesse ».  Pour ce faire,  « nous devons  briser les mûrs qui séparent  les composantes de la population ». Précise-t-il.  « Il est essentiel, en ce sens, de conscientiser la jeunesse. La mise en valeur de  la diversité culturelle de notre patrie est, dans cette lancée,   un atout incontestable  ». Poursuit-il avec ardeur.  Notons que la Mauritanie est considérée comme étant un lieu de  convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.).  

Le  brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et Noirs africains.  Ainsi, 99% des habitants de la  Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source  de réconciliation nationale.  

Rappelons aussi  qu’« un pays qui a un fort rayonnement culturel  dans le monde, qui a des chanteurs, des écrivains, des peintres reconnus, verra  corollairement, sa jeunesse puiser dans ces valeurs reconnues sur le plan international. A défaut, elle continuera à assimiler l’aspect excessivement matérialiste de certaines valeurs étrangères. Passer donc par une nouvelle politique de la culture, de l’éducation, pour créer un nouvel élan de dynamisme pour une jeunesse qui manque de perspectives. (Ndlr)   »  Plusieurs observateurs craignent, toutefois, que la jeunesse mauritanienne soit victime des extrémismes.  Ce qui sous-entend que  les agressions médiatiques et idéologiques parfois  néfastes  exigent une éducation de base.   Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont  indispensables  afin de trouver  une solution radicale au problème du passif humanitaire. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première  est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens  qui étaient au Sénégal en  89.   

En effet,  « l’expansion de la Tijâniyya en Afrique  doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et  à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.»  (Voir  
La Tijâniyya  : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal,  Bakary Sambe, site Oumma). 
Comme que les liaisons rituelles  jouent  beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent  jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine.  

Le but en soi n’est  pas de provoquer  la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions  est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.    

m_barrada@yahoo.fr  

Source : La Tribune n°395




 » L’unité dans la diversité demeure un atout »

22042008

364478057f25126a1.jpg «  L’unité dans la diversité demeure un atout »   Par Mohamed Fouad Barrada 

  

Comme elle est d’actualité, la question de déportés  revient de plus belle. Comment les politiques mauritaniens la perçoivent-ils ? Les extrémistes des deux bords vont-ils s’imposer ? La confrérie Tidjaniya a-t-elle son mot à dire ? Qu’en est-il de la  diversité culturelle?   

 « Il faut mener une enquête  allant dans le sens d’une vérité et  d’une réconciliation.  Le  passif Humanitaire doit être traité dans sa globalité », martèlent  des nationalistes arabes. « Cette question   des déportés   est instrumentalisée pour des fins personnelles et  idéologiques. La vérité sur le drame des années de plomb ne doit pas être  traitée  avec une nuance inavouée. Des mauritaniens ont subi des atrocités de l’autre côté du fleuve. Plus grave, ils ont été assassinés eux aussi par  leurs propres compatriotes. », Précisent-ils.  

Des hauts cadres du Parti Sawab confirment le fait qu’ils étaient   incriminés à tors dans les événements de 89 alors qu’à l’époque ils étaient loin des centres de décision.   A cela rétorquent  des observateurs  en disant « qu’un malheur  n’exclut pas un autre et que  les mauritaniens   ont été perdants de deux côtés. Il faut  alors résoudre ce problème sans  confondre les papiers. Il s’agit de la responsabilité de l’Etat et que celle-ci devrait  l’assumer ». D’autres nationalistes  arabes  Nasséristes ont  récupéré  ce dossier  des déportés pour  en faire un axe important dans  leur vision des choses.  

L’UFP  quant à lui   a eu la faveur d’être le seul parti à formuler des propositions   concrètes. Entre la rapidité du traitement de la question et le recul de certains partis vis-à-vis de la question, les choses ne font pas toujours l’unanimité.  

Une chose est sûre : des bailleurs de fonds et des organismes non gouvernementaux sont prêts à débloquer de l’argent. Reste à savoir si des  déportés voudraient déclencher des procédures judiciaires pour poursuivre les  responsables qui ont été à l’origine des malheureux événements  de 87,89, 91.   

A en croire le poète soninké Yacoubé Diakité  « le développement passe par l’unité nationale.  Sans cette unité rien ne peut marcher. La diversité culturelle  est une richesse.
La Mauritanie est l’unique pays où  cohabitent  des noires,  des arabes et des berbères ».
 

Pour  le jeune Djabira Sinaka lauréat de prix KB en poésie, « le  pays ne peut se développer  à l’insu de sa jeunesse ».  Pour ce faire,  « nous devons  briser les mûrs qui séparent  les composantes de la population ». Précise-t-il.  « Il est essentiel, en ce sens, de conscientiser la jeunesse. La mise en valeur de  la diversité culturelle de notre patrie est, dans cette lancée,   un atout incontestable  ». Poursuit-il avec ardeur.  

Notons que
la Mauritanie est considérée comme étant un lieu de  convergence de divers courants de civilisations, notamment les empires (du Mali, du Ghana, des Almoravides, etc.).  

Le  brassage culturel sur la religion a offert à la culture mauritanienne des millions de poètes et une source d’unité entre Maures et Noirs africains.  

Ainsi, 99% des habitants de la  Mauritanie sont des musulmans sunnites. Cela peut être une source  de réconciliation nationale.  

Rappelons aussi  qu’« un pays qui a un fort rayonnement culturel  dans le monde, qui a des chanteurs, des écrivains, des peintres reconnus, verra  corollairement, sa jeunesse puiser dans ces valeurs reconnues sur le plan international. A défaut, elle continuera à assimiler l’aspect excessivement matérialiste de certaines valeurs étrangères. Passer donc par une nouvelle politique de la culture, de l’éducation, pour créer un nouvel élan de dynamisme pour une jeunesse qui manque de perspectives. (Ndlr)   »  Plusieurs observateurs craignent, toutefois, que la jeunesse mauritanienne soit victime des extrémismes.  Ce qui sous-entend que  les agressions médiatiques et idéologiques parfois  néfastes  exigent une éducation de base.   

Dans une optique de concertation, des dignitaires et des chefs de tribus sont  indispensables  afin de trouver  une solution radicale au problème du passif humanitaire. Focalisons cette concertation sur le côté religieux, notamment le rôle de la confrérie tidjaniya. Ils sont deux à être influents. La tendance de cheik Omar El vouti, El Haj Malik Sy et l’obédience Cheik Baye Niasse. La première  est accusée dans le livre blanc par l’ancien système de ne pas aider les mauritaniens  qui étaient au Sénégal en  89.   

En effet,  « l’expansion de  
la Tijâniyya en Afrique  doit beaucoup à l’ oeuvre de El Hadj Omar Tall et  à celle de ses successeurs tels qu’El Hadj Ablaye, Ibrahima Niasse, et notamment Malick Sy qui inscrivit sa démarche dans la continuation du grand Almamy (Imam en Peul). Les Muqaddam que ce dernier a formé ont ensuite répandu les enseignements de la confrérie dans leurs provinces d’origine.»  (Voir  
La Tijâniyya  : de l’Aghouat algérien aux plaines du Sénégal,  Bakary Sambe, site Oumma). 

Comme que les liaisons rituelles  jouent  beaucoup dans ces types d’affaires, il est indispensable d’impliquer les autres ailes. Ces ailes sont incontestablement influentes dans la vallée du fleuve. Elles peuvent  jouer un rôle non négligeable pour apaiser la haine.  

Le but en soi n’est  pas de provoquer  la hantise des uns ou des autres, le but encore est loin d’ être l’exploitation d’une composante sociale contre une autre. Certes la divergence d’opinions  est inhérente à l’esprit humain. Mais l’unité dans la diversité demeure un atout.  

  

m_barrada@yahoo.fr  

 

Source : La Tribune n°395




La nouvelle Page Par Kissima Diagana

22042008

La nouvelle Page Par Kissima Diagana

Les enseignants du secondaire ont largement suivi le mot d’ordre de grève de trois jours lancé par leurs syndicats. Cette grève s’est ajoutée a celle déclenchée pour 45 jours par les enseignants du secondaire. Il y a quelques mois ce sont les médecins qui ont fait subir leurs humeurs aux malades et aux autorités. Ils ont fini par imposer leurs tarifs dans leurs cliniques, augmentant les prix de leurs prestations. Ces mouvements d’humeurs se justifient par un contexte de difficultés multidimensionnelles, certes. Lesquelles replacées dans le cadre de
la Mauritanie coïncident avec une volonté politique à soigner les plaies du passé et à redonner aux mauritaniens une conception de l’unité nationale autre que celle qui, jusqu’à la veille de l’avènement d’un pouvoir réellement civile (celui du 19 avril), avaient correspondu dans la mentalité des dirigeants à un e unité des tribus et à leur implication dans la prédation de la chose publique. En fait en s’attaquant conformément à ses promesses et selon son rythme on ne peut plus maraboutique au règlement du dossier des déportés et à celui de l’esclavage, le Président de

la République Islamique de Mauritanie n’a pas fait que des ‘contents’. Il faut dire qu’il a fait également des aigris. Du genre ceux qui pensent que, à côté de la menace de la faim, le retour des déportés était une question secondaire. L’impression de démocratie aidant, il est facile de convaincre plus d’un mauritanien que rien n’allait dans ce pays.

La faim, les prix, la relation avec Israël, la présence confirmée ou supposée d’intérêts stratégiques américains en Mauritanie, etc. sont autant de prétextes de déstabilisation que ceux qui s’en font les acteurs ne semblent pas connaître réellement les enjeux.

Ainsi les professeurs d’université par exemple qui prétendent à un mieux être proportionnel à leur état d’enseignants du supérieur sont-ils réellement prêts à se doter régulièrement de diplômes en bonne et due forme et à améliorer un niveau avec lequel la plupart d’entre eux continuent à enseigner depuis pratiquement vingt cinq ans ? Sont-ils en outre disposés à sacrifier les consultations pour lesquelles ils abandonnent souvent leurs étudiants plusieurs semaines durant histoire de gagner de l’argent ? Ou au contraire, mettront-ils à profit les primes de recherche qu’il demandent avec acuité pour produire des choses importantes dans le domaine de la pensée et de la science ? Nos enseignants du supérieur qui aiment se comparer à leurs homologues des environs e
la Mauritanie ont-ils seulement conscience qu’il est attendu d’eux la pratique intellectuelle au vrai sens du terme.

Quant à nos médecins qui ont presque tous leurs propres entreprises privées, sont-ils réellement conscients que le prix de la consultation est souvent trois fois plus élevé que celui d’une ordonnance ordinaire, que cette consultation est dix à vingt fois plus onéreuse que le prix d’un kilo de viande par exemple?

Pour ce qui est des professeurs du secondaire, ils ont pour la plupart obéi à un mouvement de grève sans même savoir les contenus de la plateforme revendicative et surtout sans être syndiqués du tout. On les a convaincus à sécher les cours pour trois et ce au moment où ils sont tous épuisés par la trime à laquelle ils se livrent dans les écoles privés et dans les espaces réservés aux courtiers qu’on appelle ici ‘bourça’…

Alors qui comprend ce qui se passe au moment où certains choissent de nous faire peur des terroristes ?

 

Source : La Tribune n° 395




A Kobenni : certains sont contre pour les manifestations de soutien au discours du Président de la République

22042008

A Kobenni : certains sont contre pour les manifestations de soutien au discours du Président de
la République 

 

 

   Le 14 avril à 16h, plus d’une vingtaine de voitures ont défilé à travers toute la ville de Kobénni. Les occupants entendaient ainsi manifester leur vif soutien au discours du Président de
la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallah. Un discours prononcé le 05 avril et qui était  axé sur le plan d’urgence pour l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Cette distribution visait les populations les plus vulnérables. C’est ce qui a visiblement motivé cette manifestation, d’autant plus que le programme prévoit la mise en place des boutiques de denrées de première nécessite à des prix raisonnables.  Et une augmentation de 10 %de salaire.

Aux alentours de la tribune officielle de
la Moughataa, les banderoles de l’ensemble de la société civile  de toutes les communes de
la Moughataa, maquillés de slogan de soutien au président brandissaient. Le Hakem, les élus locaux, les imam, les notables les représentants de la société civile ont chacun prononcé un mot de soutien à l’initiative du Président de
la République. Chaque intervenant a mis l’accent sur l’importance de ce plan d’urgence et le rôle que doit jouer chaque citoyen pour la réussite de cela.

Cependant  cette manifestation n’a pas emporté tout le monde surtout la masse intellectuelle  pour des raisons :

-Ces genres de manifestations ne sont qu’un culte de personnalité et l’apanage l’ancien régime ou chaque discours où acte était l’objet d’une manifestation. Et puis cela est à éviter dans un régime démocratique  car il peut conduire un chef d’état à être dictateur.

-Cette technique d’intervention a toujours existé mais le résultat n’a jamais été satisfaisant en Mauritanie. Ils prônent plutôt à une politique de développement durable et intégré. La revalorisation de nos ressources naturelles (poisson, fer terres cultivables, pétrole….), lutte contre la corruption et la bonne gestion des deniers publiques sont les conditions sine qua non pour sortir de la situation difficile dans laquelle s’est immergée la Mauritanie depuis des années 80.

                                                                                                                     Adama Sy cp Aioun

Source : La Tribune 

                                                                                                                  




Déclaration de Presse

22042008

                                                               Déclaration de Presse :
La Mauritanie est en train de d’ouvrir une nouvelle page de son histoire marquée de beaucoup de changements qui refaçonnent carrément son image aussi bien dans le pays qu’à l’extérieur.

Si les nouvelles autorités du pays se sont plus employées à redorer l’image d’un pays défigurée par plusieurs événements qui ont fini par s’imposer dans les annales de la nation, la nouvelle réalité en est autrement.Cette nouvelle identité marquée par la remise en cause de la souveraineté de la république par ses propres fils dans des attaques et combats qui entraînent des morts d’hommes ne reflète plus l’image d’une Mauritanie lointaine et paisible de vie.Cette situation est à regretter à tout point de vue et impose une analyse saine afin d’apporter les solutions requises pour éviter dans l’avenir que de pareils cas ne se reproduisent.A travers le développement de ces cellules dormantes qui n’ont jamais été ignorées et toujours minimisées, la considération accordée à certains leaders extrémistes, l’état a observé une position de défensive, de sous entendre un mal qui grandissait sans l’attaquer à temps afin de ne pas lui donner l’occasion.Les Mauritaniens sont choqués dans leur fort intérieur et ne peuvent accepter un tel état de fait. Le gouvernement doit rester intransigeant et fort pour prévoir l’irréparable à tout moment. Le manque de politique réelle de jeunesse, le tâtonnement et la désespoir qui habite cette frange importante installent le pays dans une instabilité car de nos jours, les forces extrémistes qui s’enrobent de l’Islam recrutent au niveau de la jeunesse qui à défaut d’épanouissement, s’en remet à toute proposition.L’état doit aussi revoir la situation dans certains lieux de cultes ou se développent des discours, des rencontres qui n’entrent point dans l’esprit des études et imposer de nouvelles règles de gestion pou ces endroits. Ces lieux constituent le vivier de recrutement de cette jeunesse déboussolée qui a perdu l’espoir et ne voient mieux que de se retrouver dans le discours des extrémistes. Aussi, la situation conjoncturelle que connaît le pays, la cherté de la vie, le transport, le logement, l’augmentation fulgurante des prix, la situation alarmante de la santé et de l’éducation recommande une nouvelle conception, des solutions à long terme sans se voiler la face. La Mauritanie est-elle pauvre ou riche ?Quelles sont les retombées des richesses du pays depuis l’indépendance ?Quand est ce que le citoyen Mauritanien bénéficiera de ses ressources ?Si les deux plans d’urgence décrétés par le Chef de l’état sont salués et peuvent certes satisfaire dans un premier temps les populations cibles, l’avenir reste moins certain avec de pareilles solutions.La Mauritanie dispose assez de terres irrigables et de cadres compétents qui peuvent dans une politique concertée avec les partenaires au développement amener à une autosuffisance  alimentaire d’autant plus que la Mauritanie est moins habitée que tous ses pays limitrophes.Aujourd’hui, le pays réunit toutes les conditions d’éclatement et de crise marquées par une famine éminente, l’absence de sécurité qui remet en jeu la confiance avec les partenaires au développement.Le gouvernement a deux choix pour éviter le pire.

-l’état doit laver l’affront en révisant son dispositif sécuritaire pour réinstaurer la confiance du peuple et des partenaires au développement.

-il a aussi la charge de revoir les conditions de vie extrément difficiles des citoyens pour apporter des solutions idoines à long terme car celles d’aujourd’hui sont circonstancielles et ne peuvent demeurer.De même, le train de vie insolant que mène l’état Mauritanien, les nombreuses visites à l’extérieur et les dépenses exorbitantes devraient être revues à la baisse dans une nouvelle forme de gestion.

Le Rassemblement pour l’égalité et la justice (REJ), réitère à travers cette déclaration de presse, tout son soutien pour la réussite des deux plans d’urgence mis en vigueur par l’état Mauritanien et reste disposé à partager son expérience, son savoir faire et sa vision moderne pour une meilleure prise en charge des questions nationales.

     Le Bureau Politique National Rassemblement Pour l’Egalité et la Justice

   Source : La Tribune  

  




Une humeur de Nouadhibou « CE QU’IL NOUS FAUT C’EST UN DICTATEUR JUSTE »

22042008

Une humeur de Nouadhibou 

« CE QU’IL NOUS FAUT C’EST UN DICTATEUR JUSTE »  

Ces propos sont d’un ex-grand de la scène politique régionale qui a profité de l’occasion d’une réunion publique où beaucoup de gens débattaient  des problèmes de la république. 

Qu’entend démontrer  l’auteur de cette boutade ? Que le président de la république manque d’autorité et de fermeté ? Qu’il ne tient pas sa majorité et ne contrôle pas ses ministres ? Que ses généraux sont intenables ? 

Les députés et sénateurs n’en feraient qu’à leur tête. En public ils disent soutenir l’action du président et en privé disent regretter le temps où le parlementaire ‘était quelqu’un.’ ? Voulait-il au contraire insinuer que le chef de l’état devrait sévir contre les enseignants qui font grève à deux mois des fermetures des classes ? Qu’il serait mou par rapport aux présumés salafistes qui perturbent la loi et l’ordre ? Ou bien notre politicien en mal de lisibilité reprocherait-il au président de refuser d’assumer ses 53 % ? Ou encore serait –ce que le président manque d’imposer du rythme à une équipe dont le capitaine (Zeine) est hors –jeu ? Ou localement quand l’autorité de l’état est absente quand les bouchers occupent un commissariat ou quand’ les femmes de
la BACIM BANK ’ descendent dans la rue et défient le pouvoir ? 

Ils ne manquent pas les exemples où le chef de l’état semble douter, hésiter. 

Qu’attend il pour rompre avec Israël comme le demande l’opinion audible ? 

Pourquoi refuse t-il de réintégrer
la CEDEAO notre milieu naturel ? 

Pourquoi ne s sépare t-il pas des symboles de la gabegie, les fossoyeurs de l’unité nationale, les délinquants en col blanc qui ont ruiné le pays ? 

Pourquoi ne sanctionne t-il pas ceux qui refusent de mettre en musique ses textes ? En premier les walis, les ministres , les hauts fonctionnaires du pays ? 

D’employer la fermeté pour résoudre une fois pour toutes les dossiers des réfugiés et de l’esclavage ? 

Qu’attend –il pour faire le ménage dans une presse oû beaucoup n’ont rien à y faire ? 

Pourquoi hésite t-il à mettre au pas ceux qui n’appliquent ses instructions que quand il y va de leur intérêt propre ? 

Pourquoi ne pas appliquer le principe de la sanction et de la récompense ? 

Ce qu’il nous faut ce pas un dictateur juste. Un dictateur juste ; cette alliance de mots est un non sens. Ce qu’il nous faut c’est d’un président à plein temps. Qui donne au peuple à manger et à boire. Qui nous mette sur le rail et s’efface. Pas d’un homme otage d’une clique de généraux qui font la pluie et le reste. 

On attend de Sidi qu’il nous débarrasse des boulets qui traînent la locomotive vers l’arrière. 

Le président doit être un manger qui sache déceler les points faibles de son équipe et faire les remplacements adéquats au bon moment. 

Il nous faut un président qui empêche la mauvaise herbe de repousser.  

Nous voulons d’un président débarrassé de tous les complexes .Qui assume et s’assume. Qui sache retirer sa confiance à qui ne la mérite pas. A un certain moment rompre le pacte n’est pas trahir mais est preuve de bon sens .Oui à l’ouverture mais pas vers ceux qui ne cherchent qu’à prendre la place du khalife. 

Certains ont fêté le premier anniversaire de l’arrivée de Sidi à la tête du pays .Méga concert, belle bouffe. D’autres ont fêté l’an 1 de la démocratie. Dans la disette, la misère, l’insécurité, l’incertitude. Si les dirigeants de l’état avaient pensé à tous ceux –là , ils auraient su que faire venir Cheb Khaled , Viviane , Stacy , était irréfléchi .A la limite de la provocation. 

L’adage ne dit pas que ce qui provoque la haine c’est de manger au milieu des affamés sans les inviter ? 

Alors s’il faut souffrir, le peuple préfère au moins ne pas voir la couleur de ses soucis. Alors silence on a faim. 

Athié Youssouf  

CP /NOUADHIBOU 

Source : La Tribune




Actualité/région

22042008

RFD : La campagne de réimplantation au Tiris s’achève. 

 

 

L e Rassemblement des Forces Démocratiques a achevé sa campagne d’adhésion et de réimplantation au niveau de Tiris Zemmour.  La commission régionale d’implantation qui était présidée par Brahim Ducros a sillonné la région de long en large et noué des contacts avec les populations. Ainsi , la dynamique a été enclenchée pour la mise sur pied des structures de base qui étaient jusque-là inexistantes dans les trois départements( EL Bir Moghrein, Zouerate, F’Deirik), et en aval une fédération régionale du parti. C’est ainsi que des commissions départementales ont été installées à l’unanimité et dans un consensus général. Le président de la commission régionale de réimplantation Brahim Ducros que
La Tribune a rencontré , a souligné que « plusieurs contacts ont été noués , et que les populations ont manifesté leur volonté d’adhérer au principal parti de l’opposition » . Et de poursuivre « nous avons rencontré des ouvriers, des cadres de
la SNIM, et des groupements féminins qui nous ont tous manifesté leur soutien et leur sympathie pour le parti »

Au final, le R.F.D. a installé 18 comités de base dans les trois départements dont 14 à Zouerate. « Tous les bureaux ont été élus à l’unanimité totale, avec consensus, la discipline des militants, sans recourir au vote. C’est un signe de cohésion du parti » a indiqué le président de la commission de Zouérate El Hafedh o. Seike.

A noter que la section de Zouérate est présidée par une femme dynamique au sein du parti, et militante de première heure , Zeinebou mint Ahmed  Salem, titulaire d’ une maîtrise  en biochimie.   Avec ce choix, le RFD rappelle ainsi , l’ importance et la primauté  qu’ il accorde  au rôle  de la gent féminine dans les activités politiques.

Et, le poste de fédéral échoit à  El Hafed Ould Saika  qui était le président  de la commission de re-implantation de Zouerate. Cet honneur  est peut être le couronnement pour l’homme à la mesure des taches accomplies. Militant de l’ ex – PRDS dont il fut délégué régional de
la Jeunesse jusqu’ à l’ élection présidentielle de 2007 , Ould Saika  est bien imprégné  des réalités  politiques locales . Il arbore aussi la casquette syndicale car c’est lui le délégué  régional de l’ UTM. A une question sur son adhésion au RFD, il répond « j’ai été convaincu par le programme du parti, sa capacité de gérer le pays. J’ai aussi remarqué une absence de formation politique crédible ». Sur l’avenir du RFD au Tiris Zemmour , le nouveau fédéral mentionne « des personnes continuent à adhérer au parti, nous avons un afflux  massif des cadres de
la S NIM, ceux de l’ enseignement et des groupements féminins ». Et d’ajouter « avec l’ex –PRDS, il y avait des contraintes d’ordre tribal, régional…. , mais l’ avènement d’ une ère démocratique et la dislocation du parti –Etat ont ouvert la voie à la liberté de choix politique. » Ould Saika a rendu hommage à Brahim Ducros pour le rôle prépondérant qu’ il a joué dans la compagne de réimplantation de son parti « il  a été incontournable, et a réussi à unifier les positions , à surmonter les difficultés ; Brahim a usé de toute son influence » a – t- il conclu .

Avec la cooptation de ould Saika, la principale formation de l’opposition espère redorer son blason qui était jusque- là aux balbutiements.

 

Visite de l’ambassadeur des U.S.A. à Zouérate 

Son excellence Mark M. Boulware, ambassadeur des Etats-Unis en Mauritanie a effectué une visite de 48 heures au Tiris. Il était accompagné de son épouse, de la représentante de l’US A.I.D. Kimberley PEASE et d’autres proches collaborateurs.

Cette visite rentre dans le cadre d’une série de tournées que son Excellence programme et marque ainsi sa troisième sortie (après les 2 HODHS).

Sur l’objet de sa visite, le diplomate américain a souligné que c’est une visite d’orientation et de courtoisie.Etant un pôle économique de développement, avec la présence de
la SNIM, Tiris Zemmour ne pouvait pas échapper à la règle.Dans un mot à la presse Mr Boulwar a indiqué que le retour de l’ US A.I.D. EN Mauritanie est chargé de symbole car elle était absente depuis presque 20 ans . Et, dans ses valises des conventions de financement de développement. Avec un nouveau programme spécifique de développement qui vise particulièrement la jeunesse. Ce programme qui couvre actuellement HODH CHARGUI, quelques quartiers de Nouakchott et Tiris Zemmour sera étendu à la majorité des régions. Selon l’ambassadeur, son pays a senti le changement démocratique intervenu récemment en Mauritanie et soutiendra la démocratisation avec des projets de développement. A ce titre,
la Mauritanie a été sélectionnée comme pays à assistance avec le programme MILLINIUM Challenge. Ce fonds de développement sera géré par l’US A.I.D. dans sa phase initiale. Le diplomate américain a ajouté qu’il y a des programmes de renforcement des engagements sur d’autres niveaux avec plusieurs objectifs .L’ambassadeur et sa délégation ont visité une coopérative artisanale qui produit des perles en pierres.Ils ont aussi assisté à l’inauguration de la maison de jeunes réhabilitée par la commune avec le concours de
la SNIM . Cette maison qu fut délabrée et en piteux état était à la merci des voleurs. L’actuel maire a pu la rénover pour qu’elle retrouve son décor « juvénile ».

Dans un mot de bienvenue, Yacoub OULD Saloum Val a indiqué que cette manifestation est symbolique pour l’importance qu’il accorde à la jeunesse dont les défis sont incommensurables (perte de repères, récupération politicienne, terrorisme…) . Quant au diplomate américain, il s’est dit ravi de l’accueil chaleureux des autorités administratives, municipales et des responsables de

la SNIM. Le clou de la tournée a été la visite du Musée de Zouérate oû d’amples explications ont été fournies par Mohamed OULD Weissat chef de département de géologie à
la SNIM.        

  

 

SY Djibril Amadou CP/ Tiris Zemmour 

Source: La Tribune n°395




Actualité/région

22042008

Plan d’intervention spéciale   M. Abdallahi Ould Mohamed Mahmoud wali du Trarza a rencontré le 15 avril dernier dans la salle de réunion de la wilaya les journalistes accrédités au Trarza (presse officielle et indépendante). Une première dans la région. Contrairement à ce que pensaient les journalistes, la réunion n’était pas relative à la prochaine visite du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (visite non confirmée encore, dira le wali) mais plutôt au programme d’inteervention spéciale 2008. 

Le wali a décliné les 5 volets de ce programme à savoir: - un programme conjoint du PAM et du CPSSA qui permettra d’une part, la distribution de 198,530 T dans le cadre d’une opération VCT (Vivres contre travail) dans 24 des 25 communes de la wilaya et la création de nouveaux SAVS (Stocks alimentaires villageois de sécurité) avec 2085,094 T; 

-  distribution gratuite dans las 6 moughtatas                            Boutilimit: 281 T, Keur Macène:168 T,  Rosso :168 T, Méderdra : 149 T,  Rkiz : 418 T  et  Wad Naga : 140 

- Vivres contre travail en milieu urbain (Boutilimit : 107,6 T, Keur Macène : 17,60 T, Mederdra :  37 T,  Wad Naga :  33,5 T, Rkiz : 53,2 T et , Rosso : 274 T) 

   - Opérations à haute intensité de main d’oeuvre (HIMO): 467 tonnes seront consacrées à ce volet;    - Boutiques communautaires et AGR : 66 millions d’UM destinés à l’antenne locale du ministère chargé de la femme pour financer des boutiques communautaires (200 000 à 500 000 UM) et des activités génératrices de revenus ( prêts sans intérêt  de 1,2 à1,5 millions d’UM).                                 Rosso : Journées culturelles et sportives 

Un an après son élection – presque à l’arrachée – à la tête de la commune,  le Professeur FassaYérim vient d’organiser les premières journées culturelles et sportives de Rosso. Une manifestation plutôt réussie à en juger par le nombre de personnalités qui ont répondu à l’invitaion du maire. En plus du  wali du Trarza, du hakem de Rosso, il y avait entre autres M. Bâ Madine, ministre de l’artisanat et du tourisme, Mohamed Brahim Horma chargé de mission au ministère de la décentralisation et de l’aménagement du territoire, Ahmed Hamza président de l’Association des Maires de Mauritanie (AMM), Mohamed Ould Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, représentant de la fondation KB, plusieurs dizaines de maires dont Ba Adama Moussa (Boghé), Sow Moussa Demba (Kaédi), Ahmed Salem Ould Bamba (Teyarett) . Il y avait aussi d’autres invités de marque comme M.Oumar Sarr, député maire de Dagana, ministre d’état, ministre de l’habitat et du patrimoine bâti du Sénégal,  l’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, le représentant de l’OMS, le président de l’ONG  H.A.M.A.P. 

Plusieurs manifestations sportives ont eu lieu au cours de ces journées. C’est ainsi que pour  une fois les rossossois se sont rendus en masse au fleuve non pas pour traverser mais pour assister à une magnifique régate. Cette course de pirogues était organisée le 11 avril vers midi. Pour l’occasion les nombreux invités avaient pris place dans le deuxième bac qui a servi de tribune flottante. L’après midi c’était la finale de la coupe du maire. L’équipe du village des pêcheurs  a pris le dessus sur celle de Ndiourbel au terme d’un match aprement disputé. Le même jour, la finale de basket ball s’est jouée en nocturne à la Maison des jeunes. La séance de lutte traditionnelle a eu lieu le 12 avril pour cloturer des journées ouvertes le 10 par un ‘simb’ ou faux lion. 

Avant la régate, une cérémonie s’était tenue à l’hôtel de ville en présence de toutes les personnalités invitées. Après le mot de bienvenue du Pr. Fassa Yérim ce fut le tour du président de l’AMM, Ahmed Hamza qui remerciera le président de la république dont la détermination a permis le processus du retour de nos compatriotes déportés à la fin des années 80. Il annoncera le don de l’AMM aux réfugiés (plus de 7 tonnes devivres), un geste symbolique qui montre la détermination de l’association à soutenir le retour de nos frères. Le doyen des maires, Mohamed El Ghaly Ould El Bouh, maire de Djigueni abondera dans le même sens tandis que  Mohamed Brahim Horma félicitera l’initiative du maire de Rosso qui concrétise la politique de décentralisation engagée par le gouvernement en souhaitant que d’autres maires lui emboîtent le pas.  C’est après la régate que le maire a organisé un point de presse au cours duquel il a fait son bilan après une année à la tête de la commune. La commune à pu éponger une ardoise de12 millions et réduire le personnel pléthorique sans aucune compression. La commune a acquis par ses relations un véhicule pour lutter contre les incendies (don de l’ONG  H.A.M.A.P.). Le financement de la construction d’un nouveau marché est acquis et l’appel d’offre sera lancé incessamment. Les travaux d’assainissement de la ville ont commencé, le renouvellement et l’extension du réseau d’eau jusqu’au PK 24.enfin il a annoncé que Rosso va bénéficier de 12 km de goudron. Djigo Aboubakry 

Prémonition  Lors de son point de presse du 11 avril,  le maire en plaisantant avait annoncé qu’il se mettrait en ‘nguimbé’ pour affronter Hamza maire de Nouakchott et président de l’Association des Maires de Mauritanie (AMM). C’était comme une prémonition. Une semaine après, au cours du conseil municipal (à huis clos) le maire aurait failli en venir aux poings avec l’ancien maire qui fut aussi président de l’AMM. Les deux hommes auraient échangé des propos peu courtois. L’ancien maire aurait fait allusion à l’origine sociale de son successeur. Les coups ont volé vraiment bas. Pourtant le Pr. Yérim Fassa  n’avait pas manqué lors du fameux point de presse de rendre hommage à son prédécesseur en l’absence de ce dernier. Il y a peut-être lieu de revoir le texte incriminant l’esclavage et de l’élargir à d’autres pratiques aussi pernicieuses….

Source : La Tribune n°395 




Contribution au débat (non ouvert) sur la SNIM

20042008

                           Contribution au débat (non ouvert) sur la SNIM 

Sous le titre « la vente de la SNIM, cette trahison, qui en paiera le prix ? », Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bakar, Directeur de la rédaction du journal « Al Alem » a publié un article fort intéressant, dans les colonnes de la dernière édition de l’hebdomadaire «  La Tribune ». Cet article, le premier du genre, à propos des spéculations dont la SNIM fait l’objet ces temps-ci, m’a interpellé, pas seulement par son objectivité et sa qualité professionnelle auxquelles l’auteur, que je lis souvent, m’a habitué, mais par son côté patriotique. En effet, le rappel des conditions historiques dans lesquelles
la MIFERMA a difficilement accouché de la SNIM et le prix que les Mauritaniens ont payé pour y parvenir, ne peuvent laisser indifférent  le « Kadih retraité «  que je suis. C’est donc en guise de contribution à ce débat, que je m’offre le plaisir d’exposer, ici, les principales réflexions que m’inspirent cet article et l’important sujet qu’il aborde. 
                         
La SNIM, non seulement en chiffres, mais aussi en lettres. 

1-      La SNIM, après le drapeau national, est probablement le symbole où se reconnaissent tous les Mauritaniens. Qu’il s’agisse des deux Wilayas (les plus rebelles du Nord) qui ont vu arriver
la MIFERMA sur leur terre  pour exploiter leur richesse, des travailleurs venus de tous les coins du pays qui ont uni leurs efforts et fraternisé au sein de la première entreprise industrielle, ou de l’Etat dont elle est garante de la crédibilité internationale et de la fiabilité économique. Ces régions, ces travailleurs et cet Etat se sont battus, chacun à sa façon et selon ses moyens, pour faire redonner à
la Mauritanie sa fierté, sa dignité et sa souveraineté, en assumant la maîtrise de l’exploitation de ses ressources minières. Combien de  sacrifices, parfois au prix de leur vie, ont été consentis par les Mauritaniens, jeunes, étudiants et travailleurs pour que
la MIFERMA devienne SNIM et que
la SNIM soit celle de tous les Mauritaniens ?

2-   La SNIM est une grande école, à l’échelle du pays. Une école où se forment les meilleurs spécialistes du pays et où se forge l’esprit de civisme et du respect de la chose publique. Elle est un des meilleurs creusets de l’unité nationale et un grand laboratoire où se cultive la conscience professionnelle. Sa façon originale d’intervenir comme régulateur du marché de l’emploi, est unique dans le pays. En effet, elle recrute annuellement la majeure partie des diplômés de l’enseignement technique et professionnel pour leur apprendre leur métier et les intégrer dans ses propres structures, assurant ainsi un renouvellement nécessaire et permanent de ses ressources humaines. En sens inverse, elle met à la disposition de l’Etat et du secteur privé, par le biais de détachement, de disponibilité ou de retraite anticipée, bon nombre de cadres et  techniciens expérimentés qui participent ainsi au redressement et à la gestion d’entreprises et de projets où leurs équivalents ‘expatriés coûteraient trop chers pour une efficacité relative.

3-      La SNIM, au quotidien, c’est des milliers d’hommes et de femmes, qui, deux cent cinquante jours par an, réalisent des tâches, des plus simples au plus complexes, pour que  les trains partent et arrivent à l’heure. Pour que le minerai, soit extrait, traité et exporté aux quatre coins du monde dans les meilleures conditions de qualité et de sécurité. Pour y arriver des ouvriers, techniciens, agents de maîtrises et ingénieurs veillent chaque jour, que Dieu fait, à ce que toutes les tâches programmées soient « effectuées en temps et en lieu convenus ». La confiance que lui témoignent ses clients et partenaires confirme bien son intégration, en bonne place, dans le Panel des grandes entreprises qui se sont hissées au niveau du standard international de la qualité.

4-     La SNIM ne peut être évaluée seulement, en termes de valeur marchande. En effet, pour les quelques 7000 travailleurs (permanents et en sous-traitance), les 40.000 marmites qui, mensuellement, attendent les salaires SNIM, les centaines de fournisseurs  nationaux (de bien et de services), les populations installées, en plein désert,  tout le long de la voie ferrée ( 700 Km) qui, de M’Haoudat, extrême gare du nord, à ‘Point Central’, terminus sud de la voie, attendent quotidiennement  que « leur train » leur apporte eau, riz, sucre, thé, chameaux ou moutons, « 
la SNIM n’a pas de prix ».

   5-     La SNIM, c’est ce qui doit rester, quand on aura tout… bradé. Pour pouvoir envisager sa vente, partielle ou totale, à des étrangers, il faudra  braver la volonté de tout un peuple dont l’histoire récente est profondément liée à cette entreprise, qui lui a beaucoup apporté et à laquelle il aura tout donné. En effet, du tristement célèbre « 29 Mai 68» où les travailleurs ont opposé leurs corps aux balles réelles pour sauver la dignité de
la Mauritanie, en passant par le sanglant »1er Mai 77» où des dizaines de travailleurs ont été tués, pris en otages et séparés des leurs pendant des années, les Mauritaniens, mineurs, ou simples citoyens, n’ont rien épargné pour que ce morceau de désert que « Allah leur a donné », soit débarrassé, à jamais,  de toute mainmise étrangère. Même au moment de la reconstitution du capital de
la SNIM, certains travailleurs sont allés à son secours en offrant, modestement, leurs salaires contre de symboliques actions dont l’hypothétique rémunération ne pouvait être l’unique motivation. Est-il besoin, en fin, de  rappeler que
la SNIM a été « immortalisée » par de célèbres poètes, dont Ahmedou Ould Abdel Kader et El Marhoum Hemmam (chacun dan sa spécialité), sans oublier les innombrables « Guivanes populaires anonymes » qui chantent les meilleurs moments de la mine et de ‘Echerika’ ?

6-   La SNIM ferait-elle l’objet d’une « dénationalisation »camouflée? Dans une telle perspective, où la concertation serait fatalement absente, les Mauritaniens, en particulier les travailleurs et leurs  syndicats, sauront consentir le sacrifice approprié pour préserver leurs acquis et la souveraineté du pays, sachant que le prix à payer serait alors celui de l’honneur et non seulement celui d’une quelconque entreprise. En attendant, il faut espérer qu’un sursaut de patriotisme et de responsabilité gagne toute l’intélligentia pour éviter au pays qu’une ‘dénationalisation’ de la SNIM n’entraîne avec elle l’Ouguiya,
la BCM et tous les acquis des années 70.

     Ahmed Yedaly SOURCE /  LA TRIBUNE N° 371                        




Ahmed Baba Miské: Contribution au débat ouvert par Med Yehdhih Ould Breideleil «Eviter l’infamie»

20042008

Ahmed Baba Miské: Contribution au débat ouvert par Med Yehdhih Ould Breideleil «Eviter l’infamie»

 

 

1. Se blesser en maniant sa pensée.

Même si je n’y suis pas nommé, je me sens interpellé, à plus d’un titre, par la série d’articles intitulée «Eviter l’infamie», de Mohamed Yehdih Ould Breideleil. Ma réaction n’est pas une marque d’hostilité ou une absence de considération mais, au contraire, un intérêt porté à un débat intellectuel et civique.

D’ailleurs, plein de raisons et de liens font que nos rapports et nos échanges ne peuvent être que d’estime et de respect. Cela n’exclut cependant pas de lui adresser, à l’occasion, une interpellation … en m’autorisant de son propre exemple avec Ahmed Ould Sidi Baba: «cette interpellation ne peut s’adresser … à ceux qui considèrent toute idée émise comme une polémique émise au premier degré … La rigueur de l’exigence est fonction de l’estime et l’estime n’est pas tributaire de la coexistence dans une même ruche politique». J’ai cité ce passage pour m’en autoriser certes, mais aussi parce qu’il y a là une des très belles formules ciselées par un expert en la matière.

Deux raisons principales font que je me sens concerné.

La première est que Mohamed Yehdih interpelle un monde auquel je ne me sens pas étranger (élites, citoyens responsables et conscients, hommes préoccupés par l’intérêt général …). J’aurais certes pu considérer la réponse comme un «fard kifâya» mais il y a la deuxième raison qui m’interpelle personnellement. Il s’agit de mon engagement aux côtés du candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Si, Ahmed Ould Sidi Baba est sommé de «justifier ce choix devant l’histoire, etc.», il est difficile pour quelqu’un comme moi de se dérober, surtout si on a de l’estime pour l’interpellateur et qu’on ne veut pas le laisser «mu’aff».

On verra plus loin si c’était vraiment une erreur de soutenir dès le départ le candidat Sidi ou s’il était plus avisé (comme l’ont fait certains amis de l’auteur) de parier dans un premier temps sur un autre candidat, avant de rejoindre le candidat majoritaire au second tour. On verra si la situation du pays, dont personne ne nie la difficulté, est réellement et irrémédiablement apocalyptique et, accessoirement, quelle y est la part du passé – des décennies – et du présent – à peine une année; et si tout du «présent» peut être imputé à un seul et unique Responsable. Mais, d’abord, pourquoi le candidat Sidi?

Je n’ai pas eu l’honneur – comme le trio dont parle l’auteur – de siéger dans le même gouvernement que Sidi Ould Cheikh Abdallahi dans les années 1970. J’étais …ailleurs en train de traquer l’injustice dans le vaste (tiers) monde; l’injustice ou les moulins à vent comme le brave Don Quijote de la Mancha…combat vain peut-être mais honorable, je persiste à le croire et sans doute pas si inutile que le pensent les cyniques.

J’ai, par contre, connu Sidi une quinzaine d’années plus tôt, quand il militait avec nous dans l’A.J.M, dont on connaît le rôle dans l’éveil du sentiment national mauritanien, forgé dans la lutte anticolonialiste. Nos relations furent par la suite épisodiques, même si l’un de ces «épisodes» fut assez significatif pour montrer que l’ancien camarade restait un homme de principes capable de prendre des risques pour dénoncer une injustice.

Le 3 août est apparu à mes yeux comme une rupture majeure dans l’histoire de la Mauritanie indépendante. Une rupture ouvrant de formidables perspectives de redressement, de renouveau …etc. Des perspectives, des potentialités, pas des certitudes et, rien n’étant garanti, bien entendu, il m’a paru évident que tous les patriotes avaient un devoir d’engagement ou de réengagement, même ceux qui croyaient avoir assez «donné» et pouvaient aspirer à jouir d’un repos qu’ils pouvaient croire bien mérité.

D’aucuns m’ont incité à briguer la magistrature suprême. Je ne l’ai pas fait pour des raisons … qui encombreraient inutilement ce propos. J’ai pensé que le meilleur moyen d’aider le pays à avancer dans la bonne direction, était de favoriser l’élection du meilleur candidat possible, sur la base de trois critères: profil personnel (moral intellectuel, «opérationnel») – qualité du Programme proposé – enfin ses chances de faire adopter et appliquer un tel  programme.

Dans mon esprit, il ne devait pas s’agir d’un projet  révolutionnaire, mais de réformes à la fois  audacieuses et équilibrées, justes, modernes … bref de quoi instaurer un Etat de droit, remettre à l’honneur les valeurs nationales, morales et spirituelles dévoyées ces derrières décennies … et remettre le pays au travail dans la sérénité, si possible dans l’enthousiasme. J’avais vraiment l’impression de revivre, justement, dans l’ambiance exaltante de la Jeunesse et de la Nahda.

J’ai donc trouvé ce que je cherchais chez le candidat Sidi, servi par un caractère extrêmement équilibré mais déterminé, une connaissance solide de la situation et des problèmes du pays et une volonté tranquille d’aller jusqu’au bout et de …gagner.

J’ai eu avec lui plusieurs discussions, j’ai retrouvé l’homme de principes, de droiture, de patriotisme. J’ai eu en plus, une surprise de taille: j’ai trouvé chez lui des échos d’idées qui me sont chères et qui ne courent pas les salons des Nomenklaturas tiers mondaines. Des idées que j’avais essayé d’élaborer il y a une trentaine d’années dans des écrits dont «al qahr al hadari» et «lettre ouverte aux élites du tiers-monde». Elles concernent les rapports entre les peuples et leurs Etats, l’adéquation de ces rapports, la nature du pouvoir, du genre de pouvoir qui convient à une société donnée et le droit de chaque société à définir elle-même ce qu’il doit être …

La société et pas seulement son élite. Il m’arrive d’exprimer cela de manière un peu abrupte en disant que le peuple mauritanien n’a pas encore exercé son droit à l’autodétermination et que le colonisateur lui a légué un système de gouvernement qui a de grandes qualités mais qui lui est étranger et qu’il n’y a même pas eu un vrai travail d’adaptation.

D’où l’incapacité des sociétés concernées de se gouverner convenablement, de se développer … d’où ce que Mohamed Yehdih décrit lui-même ainsi «…l’Etat ici, à l’origine, a été imposé de l’extérieur et il garde de cette extranéité, dans le subconscient du citoyen, une certaine nature impure (…) on traite avec l’Etat comme on traite avec l’ennemi, pour le tromper ou lui arracher le maximum de profit … jamais pour préserver ses intérêts ou s’en ériger en défenseur …» J’ai retrouvé ce genre d’idées chez quelques (rares) autres dont Ahmed Ould Sidi Baba. Et dont l’ancien futur Président. 

J’avais donc trouvé chez le candidat Sidi de quoi confirmer mes attentes et satisfaire mes exigences et j’ai apporté un soutien sans réserve à sa candidature. Et je continue à placer beaucoup d’espoir dans la mise en œuvre de son grand Projet pour lequel on peut considérer que la quasi-totalité des citoyens s’était prononcée.

En effet, près de 53% des suffrages l’avaient approuvé directement et, quelques jours à peine après les présidentielles, les Partis de l’opposition qui avait recueilli le reste des voix, se sont déclarés prêts à le prendre comme programme consensuel d’un gouvernement d’union nationale. Ils devaient renouveler cette proposition plusieurs fois par la suite et rien ne prouve qu’ils ne soient pas restés, aujourd’hui encore, disposés à le faire.

Car, malgré ses critiques – souvent dures comme il se doit – l’opposition ne porte pas un regard aussi désespérant que celui de notre auteur sur la situation du pays; alors que lui était censé se situer plutôt du côté de la Majorité. On ne peut s’empêcher de penser au propos de Benoît Méchin parlant de Michel Aflaq (et cité par l’auteur): «la rigueur implacable de sa pensée est si acérée qu’on se demande s’il ne lui arrive pas de se blesser lui-même en la maniant». Mohamed Yehdih ne serait-il pas en train de «se blesser» lui-même en maniant une logique d’une implacable sévérité, celle d’un «chafîq» à la passion impitoyable; de celles qui s’expriment ainsi chez une héroïne de Racine «Ah! je l’ai trop aimé pour ne le point haïr».

Il serait absurde d’en conclure que nous pensons que tout va bien et que les critiques de l’auteur sont toutes sans fondement. Si la Mauritanie s‘était miraculeusement transformée du jour au lendemain en un Eldorado… cela se saurait. Les critiques sont donc justifiées, au moins partiellement et, en tout cas légitimes. Mais :

— la description de la situation comme apocalyptique est beaucoup trop systématique et reste uniquement déclamatoire, sans contenu concret.

— la négation de toute action positive est également trop systématique pour être crédible: personne ne peut vivre, agir, a fortiori …gouverner une année durant sans faire parfois quelque chose de positif, ne serait-ce que …par hasard. Or, comme on le verra, il y a eu des réussites difficilement contestables.

— enfin, on attend toujours la …fin, c’est à dire la conclusion logique de ce pamphlet brillantissime mais sans propositions de solutions à la mesure du danger annoncé.

Voyons successivement ces trois …réserves.

De prime abord, à la lecture de ce réquisitoire aussi  implacable que brillant , on est saisi d’effroi, comme à l’annonce de l’Akhra débarquant sans préavis ou d’un tsunami déferlant brusquement à vos pieds. On relit forcément le texte, quand on est vraiment concerné par les problèmes du pays ; surtout si on a une réelle estime pour l’auteur. En relisant, on éprouve une sorte de malaise, l’impression d’un manque, d’une absence, d’une certaine … vacuité.

Non pas que le discours soit vide, mais quelque chose manque, c’est évident. En effet, l’évidence s’impose: le réquisitoire affirme, répète sur tous les tons que l’accusé est coupable, mille fois coupable, qu’il met en danger de mort tout un peuple, toute une civilisation ; de nombreux témoins sont convoqués, qui affirment les mêmes accusations, sans jamais dire en quoi consistent concrètement les dangers auxquels l’accusé expose les victimes potentielles.

Si, en cherchant bien, on découvre quelques lignes évoquant très sommairement deux des problèmes qui se posent au pays. Certes parmi les plus graves, mais pas les seuls et à peine évoqués : «des émeutes de la faim firent le tour du pays, puis les attaques terroristes visèrent des touristes étrangers, une caserne de l’armée et enfin le cœur de la capitale. Cette brochette de drames laissa derrière elle des morts et des blessés

C’est tout: deux phrases. Le reste, des pages et des pages d’imprécations et d’affirmations que cela va mal. Mais qu’est-ce qui va mal ? L’auteur n’en dit pas plus et les témoins pas davantage: «la stagnation s’installe» «la Mauritanie n’est pas sortie du cercle de la tempête» « la situation est intolérable» «on regrette …Al Hajjaj» on dénonce «une dose de morphine nocive administrée au pays» «la Mauritanie marche vers la dégradation et la destruction» «la phase actuelle n’est-elle pas le début de la fin de l’Etat mauritanien? » «Va-t-on vers une guerre civile?», etc.

On se demande pourquoi l’acte d’accusation ne s’étend pas davantage sur d’autres maux et menaces graves et qui ne peuvent manquer de provoquer des difficultés; pourquoi il est si peu question de la drogue, de la délinquance «ordinaire», des viols et assassinats crapuleux et de l’immigration clandestine si mal maîtrisée encore et si dangereuse pour la stabilité du pays ?

Mais, ne soyons pas plus royalistes que le Roi et voyons de plus près les deux seuls arguments à charge concrets avancés par l’Accusation:

— Les «émeutes de la faim». Comparées à ce qui s’est passé dans d’autres contrées, leur  extension et leur gravité sont restées relatives, excepté la mort du jeune homme tué à Kankossa. Une victime de trop, inexcusable mais, heureusement une seule victime. Pourquoi la faim ? Qui est responsable ? D’accord, les autorités en place sont toujours responsables de ce qui arrive à leur pays, à leurs concitoyens. D’accord, le gouvernement aurait dû essayer d’anticiper, de mieux préparer la «soudure»; gouverner c’est prévoir.

Mais a-t-il seulement eu le temps de «prendre ses marques», de prendre la mesure des défis accumulés depuis des décennies? Sans l’absoudre, il faut examiner les choses de plus près. Lorsqu’on veut juger une gestion donnée, la première priorité consiste à «auditer» celles qui l’ont précédée. Or s’il y a un domaine où les régimes passés portent une terrible responsabilité à l’égard du pays, c’est bien celui-là , car les moyens colossaux qui ont été alloués à l’Agriculture (au sens large) auraient dû permettre à la Mauritanie d’assurer l’essentiel de son autosuffisance alimentaire.

La réaction à ces événements a été, au début, jugée généralement satisfaisante. Le Président a lui-même pris les choses en mains, dit les paroles qu’il faut et donné des instructions claires pour la conception et la mise à exécution rapide d’un «plan d’urgence» approprié. Il faut reconnaître que, contrairement à ces instructions, si on en croit la «vox populi» l’exécution de ce plan-là a dû être handicapée par des lenteurs et retards tout à fait malvenus. Cela est bien entendu extrêmement regrettable. Mais qui a prétendu que la mal gouvernance et la gabegie en croissance accumulation, développement et diversification continus depuis des décennies pouvaient être éradiquées ou simplement jugulées en quelques mois?

Toujours est-il que ce plan-là, même à moitié raté, a visiblement atteint au moins en partie son objectif immédiat, puisqu’il n’y a plus eu de troubles du même genre, et il aura par ailleurs servi de «modèle» pour l’avenir: le «plan d’intervention spécial» en cours de lancement aujourd’hui, a été entouré de toutes les précautions nécessaires pour lui assurer les meilleures chances de succès.

Mais la réponse à ce problème majeur, VITAL qu’est la dépendance alimentaire, ne peut venir d’un plan circonstanciel, même réussi. Elle nécessite une mobilisation générale de la société dans toutes ses composantes, toutes ses forces vives pour arracher, forger, imposer l’autosuffisance alimentaire. C’est pourquoi on ne peut qu’apprécier comme un acte de très haute portée par rapport à l’avenir du pays la décision prise par le Chef de l’Etat de donner la priorité absolue à la production agricole et, pour commencer, de déclarer l’année 2008 «année de l’agriculture» – celle-ci étant entendue dans un sens large (comprenant tout ce qui est alimentaire: élevage, pêche …).

— Le deuxième problème grave évoqué est le terrorisme. Grave mais pas nouveau et pas imputable aux autorités actuelles. Phénomène international implanté chez certains de nos voisins depuis très longtemps, son extension vers la Mauritanie était inévitable et a commencé bien avant le Régime actuel. Les événements que nous venons de vivre à Nouakchott sont graves (il y a eu en effet des morts) mais n’incitent pas à désespérer de nos forces de Sécurité qui ont montré beaucoup de détermination et de courage (on ne peut que saluer, à ce propos, la mémoire du chahid Mohamed Salem Ould Sidi Mohamed); et elles ont infligé des coups sévères aux terroristes, lesquels n’ont évidemment pas été totalement éliminés d’un seul coup. Il faut s’attendre et se préparer à une épreuve de longue durée, avec des hauts et des bas, des succès et des échecs, des drames douloureux …

Nous sommes prévenus: il suffit de se remémorer les événements vécus ces dernières années par tel ou tel de nos voisins …Mais, justement «un homme prévenu en vaut deux»: nous pouvons mettre à profit les expériences de nos voisins pour gagner un temps précieux et «limiter les dégâts» à défaut de les éviter. Dans ce combat d’un genre nouveau auquel personne n’est préparé, tout le monde se doit d’apporter un soutien résolu aux forces armées et de sécurité qui, n’en doutons pas, rempliront avec succès leur devoir patriotique. L’attitude à l’égard de l’Armée est d’ailleurs l’un des points de convergence sur lequel nous ne pouvons que nous rejoindre.

On le voit, les deux seuls «arguments» concrets (crise alimentaire et terrorisme) avancés pour montrer l’incurie du Pouvoir, ne sont pas convaincants. Le Régime en place n’est pas responsable de leur survenue et la manière dont il les traite n’a rien d’infamant (comparée aux «modèles» disponibles) et ne compromet pas l’avenir.

Mais, pour l’auteur, la culpabilité est tellement évidente, la catastrophe si présente qu’il ne se donne pas la peine d’expliquer en quoi le traitement réservé à ces deux événements était insuffisant et qu’il laisse de côté d’autres domaines dans lesquels un contempteur vigilant aurait sans doute pu découvrir des failles, des erreurs, des fautes comme il en survient inévitablement, surtout dans les temps de «tallâjet». Lui, semble dire «mata htâja nnahâru ilâdalîlî»? Au point que, si on n’est pas convaincu d’avance, la multiplication des imprécations et des  affirmations non étayées, fait penser à un Docteur Coué beaucoup plus talentueux que «l’original». À suivre…

Ahmed Baba Ould Ahmed Miské

 Source :cridem







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