Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

31032008

L’illusion du libéralisme mauritanien  

Si quelqu’un déchire en deux son boubou, et qu’il le  partage avec son prochain, qu’est ce qui en résulte ?   

 Certes, il y a des politiques tri-annuelles et autres à court terme sollicités par le nouveau gouvernement mauritanien. La crise alimentaire qui peut toucher la Mauritanie n’a été dévoilée, en revanche, que tardivement. Les politiques prévisionnelles semblent  être dépassées par la montée des prix des hydrocarbures.

D’après le rapport de l’agence internationale de l’énergie, la hausse de la consommation pétrolière devrait  atteindre les 2,2% entre 2006 et 2011, alors que la production atteindrait son apogée en 2010.

Actuellement, le baril du pétrole avoisine les 100 dollars américains. Nous ne savons pas jusqu’où il pourrait aller !

Cette situation entraînera évidemment des conflits tant que le monde n’arrivera pas à équilibrer entre la demande et l’offre globales des produits échangés. Un équilibre influencé certainement  pour le moment par la demande du pétrole. Et si les Etats Unis justifie une guerre contre l’Iran ?

 Notons que John Mc Cain peut remporter les élections prochaines aux Etats-Unis. Ce dernier est un vrai faucon, adepte de la politique de la terre brûlée au Proche Orient. Ainsi, la stratégie du gouvernement intègre-t-elle cette dimension.   

Les plus éminents économistes sont, par ailleurs, divisés sur les solutions à apporter. En effet, entre l’interventionnisme et le libéralisme naturel, les opinions ne sont pas unanimes. Mais une idée centrale domine toujours. C’est celle de l’individualisme économique. «La vérité économique ajoute que, plus il y a dans une société d’affaires personnelles bien organisées, plus les affaires communes, elle aussi, sont heureusement réglées» (Crime et châtiment p 187). Dostoïevski  évoquait déjà,  en ce sens,  la problématique de l’individualisme à travers le cas de manteaux ; illustré par l’un des personnages de son roman emblématique (idem). En fait, si  quelqu’un déchire en deux son manteau, et il le partage avec son prochain, qu’est ce qui en résulte ? Deux individus à moitié nus.

Toutefois, les économistes du pays ne peuvent pas intervenir tant que les règles du jeu ne sont pas claires. Ces règles tournent autour de la liberté. Celle-ci dépasse la conception étroite de la liberté d’expression. Elle va plus loin. Il s’agit de la liberté de demander des comptes et de sanctionner le coupable en cas de besoin. Il s’agit aussi de la liberté d’être informé, et agir en conséquence. Il est question de la liberté d’accès à l’information, de savoir, de se sentir dans un pays de droit, de travailler, etc.

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°393




Un regard culturel

31032008

Un regard culturel

Je me suis réveillé ce matin sur un bon pied. Le réveil matinal quotidien ne me dérange plus, Dieu merci. Avec le temps j’ai appris à prendre plaisir en faisant une corvée qu’il n’est pas donnée à n’importe qui d’accomplir chaque matin : réveiller deux charmantes jumelles de huit ans – quelqu’un ajoutera ‘chacune’. Ce matin, la vie commence par la routine : prière à l’aube, réveil à partir de 7 heures des plus jeunes, Al Jazeera puis Medi1sat…

Aujourd’hui, la station satellitaire émettant depuis Tanger reçoit un éminent poète mauritanien : Dy Ould Adouba. Pour parler de ses recherches sur la poésie andalouse, particulièrement ce genre appelé «Maqamaat». Une sorte de révolution en son époque par rapport à la métrique traditionnelle qui impose une composition quasi-mathématique à la poésie. De tout temps s’est imposé aux hommes le débat sur la métrique. Doit-on assujettir l’expression du sentiment au respect de la règle ? Doit-on la libérer de toutes les pesanteurs ? Autrement dit la parole doit-elle rester prisonnière d’un système métrique créé pour dompter – justement – la spontanéité et l’émotivité ?  

Même chez nous, en milieu Bidhâne, pourtant très conservateur, le débat a été ouvert. Il a donné une chose de très peu élaborée comme ce que quelqu’un a appelé «tfeytfiit», un mélange de «seje’» (prose rimée et/ou rythmée). Une école cependant, celle de feu Mohamed Ould Bagah, un génie de notre temps, avait trouvé la parade en introduisant la notion de la ponctuation dans la poésie. Si bien qu’on a d’abord l’impression que quelqu’un parle en rimant de temps en temps. C’est devenu une colle pour les débutants : il fallait ‘réorganiser’ les vers, hémistiche par hémistiche (tvelwi).

Maloumaa Mint el Meydah a introduit elle la suprématie de la composition musicale. Elle compose la musique de la chanson, fait la distribution tout en ayant déjà l’idée du thème. Les mots n’arriveront que pour épouser le rythme qu’elle s’est choisie.

Aujourd’hui, un jeune poète, qui perce incontestablement, innove en faisant la synthèse de tout cela. Sans toutefois tomber dans le piège de l’abandon de la métrique à proprement parlé. Vous avez certainement suivi ce jeune du nom d’Ahmed Ould Waled qui a introduit la mise en scène dans la déclamation poétique. Ce qui n’est pas peu. Professeur de mathématiques de son état, Ould Waled est à la poésie hassaniya – certains diront populaire – ce que Mohamed Ould Taleb est à la poésie classique arabe de chez nous : une sorte de nouveau souffle.

En parlant de Ould Taleb justement, on ne peut que revenir sur la performance de ce jeune poète. Arrivé deuxième dans un concours international, il a eu le temps tout au long du processus de faire revenir
la Mauritanie sur une scène qu’elle a désertée depuis très longtemps. Je l’ai vu récemment sur Al Jazeera parler de la poésie au Maghreb face aux souffrances du Machreq. Il était tout simplement épatant. Il expliquait les relations entre les deux parties du monde arabe. Les répliques des uns aux autres : ‘el ‘iqd el variid’ à ‘kitaab el aghany’, ‘Ziryab’ à ‘El Mawçili’, ‘Ruçavat al Andalus’ à ‘Ruçavat Baghdad’… Dans son entretien avec Médi1sat, Ould Adouba a dit que la production culturelle de la période andalouse faste a été occultée par les chercheurs de l’est musulman. En fait le Machreq a toujours regardé le Maghreb avec beaucoup de condescendance. Le comportement normal du centre par rapport à la périphérie, expliquerait Ould Taleb.

 

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La Tribune  Mauritanie N°393)

 

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

31032008

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

 

«
La Mauritanie d’abord…» est un vieux slogan. Il a été lancé pour la première fois en marge d’un sombre congrès des étudiants du début des années 80, alors que le mouvement estudiantin était traversé par les courants groupusculaires. A l’époque, les mouvements nationalistes, fidèles à leurs tendances fascisantes, avaient accusé tous leurs protagonistes d’être ‘à la solde de l’impérialisme’, ‘au service de puissances extérieures’. Pour exclure ses concurrents, on avait pas trouvé mieux que d’invoquer la fibre patriotique.

Ce slogan a été repris à partir de 1989, à l’occasion des événements d’avril, événements qui devaient donner les résultats qu’on connaît. Durant cette période sombre de notre histoire, période qui devait être celle de la répression aveugle, notamment des négro-africains, ce slogan a été largement brandi à la figure de tous ceux qui allaient à l’encontre de la tendance raciste qui caractérisait l’air de l’époque.

En 2003, au lendemain de juin, ce slogan revient en force dans la campagne du candidat Ould Taya. Toujours en arrière-pensée ce présupposé de ‘vendu’ collé à tout celui qui ne nage pas dans le sens d’un courant fait de couardise et d’indignité. On sait de quoi sont faites ces années-là. On se débat encore dans le bain du bébé.

«
La Mauritanie d’abord…», comme slogan, appartient à cette partie du passé que nous aurions voulu condamnée à jamais, révolue à jamais.

Le ministère de la culture et de la communication vient de remettre ce slogan à jour. La saison ‘culturelle’ que le ministre a lancée la semaine dernière, a réhabilité le slogan. Par manque d’imagination ? Certainement pas. Les compétences, le sérieux et la créativité ne manquent pas parmi les conseillers et chargés de missions autour du ministre. Alors ?

On peut parler d’inadvertance, de maladresse, de manque de chance… Mais on est plus porté à croire que l’esprit – et même la lettre – du régime qui a créé des notions d’exclusion, de criminalisation de tout ceux qui ne lui font pas allégeance, que cet esprit tient toujours le pays. Il ne faut pas nous en vouloir si on prend mal la promotion et la réhabilitation de responsables dont les rôles, par le passé, ont été condamnables. Soit parce qu’ils ont commis des forfaits et/ou des crimes, soit parce qu’ils y ont participé, soit enfin parce qu’ils ont laissé faire sans dénoncer.

Au moment où l’on parle du retour sur scène des anciens maîtres du pays, ceux qu’on a cru définitivement mis à l’écart, à ce moment précis, la reprise de ce slogan ne peut qu’inquiéter. Elle pourrait participer à la normalisation d’une époque. Ce processus de normalisation qui a fait que la transition a fini par être – malgré ses grandes conséquences – une opération de blanchiment pour les hommes de l’époque la plus sombre de notre Histoire. Le slogan consacre la tentative de blanchiment des idées de cette époque.

C’est contre ce blanchiment, cette réhabilitation que nous devons agir. Ne pas laisser passer la promotion de gens dont les rôles négatifs dans l’exercice de l’arbitraire sont connus. Ne pas laisser le champ libre aux ‘détourneurs’ de deniers publics. Ne pas laisser passer cette loi d’amnistie dont on parle de plus en plus et pour laquelle une commission travaillerait déjà.

Nous avons besoin de savoir la vérité sur ce qui s’est passé en ces années sombres. Exactions, auteurs de ces exactions, victimes, mais aussi crimes économiques et auteurs de ces crimes économiques. La réconciliation nationale, la refondation du pays passent par là.

Nous rappellerons encore que le Président de
la République n’est absolument pas impliqué dans ce qui a fait les années de braise. Que son Premier ministre ne porte aucune responsabilité là-dedans. Que le président de l’Assemblée nationale, tout comme le chef de file de l’opposition, en ont été victimes. Que les principaux acteurs du 3 août – les colonels Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani, notamment – ne sont en rien impliqués dans ces affaires. Que la majorité des parlementaires élus étaient à l’époque à l’arrière-plan des lignes où se déroulaient la bataille. Que tous les Mauritaniens ont exprimé leur désir de régler définitivement ce passif. Que les Mauritaniens ont défini, de façon consensuelle, les moyens et la méthodologie de le faire.

Les facteurs qui poussent à la résolution des problèmes dont donc importants. D’ailleurs, le discours du 29 juin 2007 avait lancé un processus salvateur. Nous en sommes à en récolter les premiers fruits avec le retour des réfugiés et leur rétablissement dans leurs droits. Il est temps de passer au cap supérieur : confier à qui de droit (administration, organisations des droits de l’homme, presse…) la mission de régler le passif. Sans vouloir le faire en catimini.

En attendant, pouvons-nous espérer que les autorités éviteront tout ce qui peut être perçu comme un retour à la case départ ? Cela va des mots aux hommes. Les mots et les hommes qui ont fini par symboliser cette période ne sont pas à remettre sur scène. Nous en avons déjà assez souffert.

Rangez ce slogan qui sonne comme une insulte au peuple mauritanien. Respectez la mémoire de ce peuple. Il vous le rendra bien. Peut-être…

 

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Qatar-Mauritanie :Le Prince et la Princesse, parmi nous

31032008

Qatar-Mauritanie :

Le Prince et
la Princesse, parmi nous

 

Leurs Altesses Cheikh Hamed Bin Khalifa Al-Thâni et Cheikha Mowzah Bint Nacer Al Missned, son épouse, viennent en Mauritanie le 2 avril et resteront 48 heures. C’est la première visite d’un chef d’Etat arabe dans notre pays depuis la fin du processus électoral engagé avec la transition. Il faut se rappeler qu’au lendemain du 8 juin, alors que le régime était aux abois, l’Emir du Qatar n’avait pas hésité à venir soutenir le pays. Aujourd’hui la situation est totalement différente. Le régime en place est le premier à pouvoir se prévaloir d’une légitimité qui ne lui pas été contestée par ses adversaires. Les voyants sont plutôt au vert pour
la Mauritanie. ‘Pour le pire et pour le meilleur’, pourrait-on dire s’agissant de la présence du Qatar aux côtés de notre pays. Il s’agit en fait de l’engagement personnel du couple émiral qui entend sortir Qatar de son espace rétréci.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Hamed Bin Khalifa Al Thâni au pouvoir en 1995, il n’a cessé de pousser son pays vers le devant de la scène mondiale. Ce projet ambitieux de faire du Qatar la capitale culturelle et politique du monde arabe, Al Jazeera n’en est qu’une partie. Une chaîne à laquelle nous devons notre rentrée en force sur l’échiquier arabe. En effet, accompagnant les choix stratégiques de l’Emir, cette chaîne, libérée des contingences qui pèsent ailleurs, a mis en exergue le processus de démocratisation en Mauritanie. Jusqu’à en faire un modèle pour les pays arabes.

« Le Qatar est un pays doté d’importantes ressources naturelles et nous cherchons à étendre sa prospérité économique à une prospérité intellectuelle inscrite dans la durée. » Tel est le fondement de la vision de l’Emir du Qatar pour son pays. Une vision que partage activement son épouse Mowzah Bint Nacer Al Missned. « Nous voulons que notre peuple participe au développement de son pays. Nous voulons que le Qatar appartienne à ceux qui y vivent. »

Investie de responsabilités importantes, Cheikha Mozah partage cette vision d’une société prospère, confiante en l’avenir et inscrite dans le cadre d’un développement durable. Dans cette perspective, Son Altesse participe à la création de centres d’élite et d’opportunités pour le peuple du Qatar, notamment dans les domaines de la famille, de l’éducation, de la science, de la communauté, de la santé et du patrimoine. Les efforts déployés par Son Altesse ont été reconnus par deux doctorats honorifiques décernés respectivement par l’Université de Virginie Commonwealth et l’Université du Texas A & M. Dans tous les aspects de son œuvre, Cheikha Mozah est guidée par le respect des valeurs traditionnelles, un attachement aux normes les plus hautes et une vision étendue de l’avenir.

C’est ce qui fait que le Qatar d’aujourd’hui est un pays en transformation rapide et prometteuse.
« Nous façonnons des citoyens forts et robustes qui comprennent leurs droits et qui savent comment travailler avec le reste du monde. Ce qui veut dire un Qatar encore plus fort. » A la base une profonde vision de soi et de l’Autre : « Il nous faut regarder vers l’intérieur pour redécouvrir l’excellence et vers l’extérieur pour la réaliser. »

D’origine yéménite, son Altesse Cheika Mozah Bint Nasser Al-Missned est née au Qatar. Cheikha Mozah a étudié la sociologie à l’Université du Qatar dont elle est sortie diplômée en 1986. Son Altesse a ensuite reçu des doctorats honorifiques de l’Université de Virginie Commonwealth et de l’Université du Texas A & M récompensant ses succès dans le domaine de l’éducation. Le couple émiral a sept enfants. Leur fils, Son Altesse Cheik Tamim, a été désigné Prince Héritier du Qatar.

Depuis 1995, Son Altesse assume un rôle public important soutenant l’Emir dans sa vision pour le développement du Qatar. Jouissant du soutien de son époux, Cheikha Mozah s’investit dans de nombreux projets, notamment dans les domaines de la famille, de l’éducation, de la science, du développement communautaire, de la santé et du patrimoine. Elle assure
la Présidence de
la Fondation du Qatar pour la promotion de l’éducation, des sciences et du développement communautaire.
Elle est Présidente du Conseil Suprême pour les Affaires Familiales. Elle est Vice-Présidente du Conseil suprême pour l’éducation. Elle est Ambassadrice de l’UNESCO pour l’Education de base et l’enseignement supérieur.

Elle a rencontré Mme Ould Taya, Aicha Mint Ahmed Tolba en 2003, Oum Kelthoum Mint Nah, Mme Eli Ould Mohamed Val, avec lesquelles elle a eu plusieurs entretiens.

Avec l’actuelle Première Dame, Mme Khattou Bint El Boukhary dont elle est le modèle déclaré, Cheikha Mozah entretient déjà des rapports poussés de confiance. C’est pourquoi elle aura un programme parallèle à celui de l’Emir. Elle visitera notamment le siège central de

la Fondation KB le 3 avril. 

 

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La Tribune  Mauritanie N°393)

 




Colloque scientifique musulman :Maturation des idées et de l’action

31032008

Colloque scientifique musulman : 

Maturation des idées et de l’action 

 

 

 

C’est dans une folle ambiance que le colloque organisé par le Centre de guidance et de rénovation du Cheikh Abdallahi Ould Boye, a été lancé. Le Centre International de Conférences a été pris d’assaut dès 16 heures, mercredi dernier, par une foule immense d’érudits, de du’aat, de militants et de simples curieux. Deuxième du genre, le congrès a rassemblé un parterre d’érudits, d’exégètes et d’éminents intellectuels du monde musulman.

Ce forum, qui a duré trois jours avait choisi comme thèmes de travail : «tarchiid el afkaar wa ssuluuk». Une sorte d’appel à la maturation des idées et de l’action que nombre de nos Ulémas intervenants n’ont pas totalement saisi.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence du Premier ministre Zeine Ould Zeidane dont le discours a été quelque peu mal situé dans le temps : au moment où l’appel à la prière du crépuscule était fait. Il a quand même loué l’initiative et souhaité la bienvenue aux participants. Sans paraître affecté par les quelques déconvenues dont il a été la cible.

Etaient présents un nombre impressionnant de têtes pensantes de
la Oumma islamique. La première journée a été marquée par une conférence présentée par le Dr Souleymane Al Aouda dans laquelle il a donné des explications détaillées sur le thème :  »
la Oumma entre extrémisme et indifférence ». Cette conférence a été commentée par Mohamed El Moctar Ould M’balle et Isselmou Ould Sid’el Mustaph. Geste politique : les militants de tendance islamiste se sont retirés quand Ould Sid’El Moustaph a pris la parole. Ancien ministre de Ould Taya, il avait été au centre d’une polémique dont les tenants côté pouvoir, voulaient justifier la répression du mouvement.

La journée de jeudi sera également marquée par des conférences présentées par Cheikh El Habib Ali Al Jaavari et les Dr El Yezid Arradhi, Mohamed Salim Al Awa et Abdelwehab Attariri et dont les thèmes sont respectivement : « la guidance à travers la purification des âmes », « la guidance du renouveau », « les perspectives de la guidance » et « le rôle de
la Oumma dans la défense du prophète PSL et la réplique aux insulteurs ». Dans une déclaration à l’AMI, le Dr El Yezid Arradhi, qui représente le ministère des Awqav et des affaires islamiques du Maroc, a indiqué avoir connu
la Mauritanie par le biais de son histoire rayonnante et ses éminents érudits. Ceux-ci, dont beaucoup ont enseigné au Maroc et en Arabie saoudite, sont connus par la profondeur de leur savoir et la force de leur mémoire et forçaient l’admiration des étudiants marocains qui les côtoyaient beaucoup, a-t-il souligné. Le colloque a été clôturé vendredi avec une conférence sur le thème : « la guidance des minorités: une approche occidentale » présentée par Cheikh Hamza Youssouf Hansen. Dans cette conférence, Cheikh Hamza Youssouf Hansen a demandé aux musulmans de présenter « une image correcte de leur sainte religion ». Ahmed Vall Ould Saleh, ministre des affaires islamiques et de l’enseignement originel a, dans une allocution prononcée à cette occasion, mis l’accent sur le haut « niveau des exposés et interventions qui ont eu un impact sur la rencontre et sur les recommandations et idées du colloque qui ne manqueront pas de contribuer à éclairer l’opinion nationale et internationale sur les valeurs de l’Islam, sa vision universelle, son rayonnement et sa capacité de rénovation, de renouveau, de rationalisation et de guidance ».

Il a ajouté que le monde islamique fait face à de grands défis économiques, culturels, politiques et de civilisation qui font que l’oeuvre   institutionnelle dans le domaine de la recherche menée par les penseurs et l’élite constitue le cadre adéquat pour réfléchir sur ce que nous subissons et ce à quoi nous aspirons ». Le ministre a indiqué que le centre international pour le renouveau et de la guidance est considéré « comme un exemple concret de la façon dont l’Islam vrai, celui des valeurs de justice, de paix et de tolérance, doit être présenté au monde ».

Quant à l’érudit Abdallahi Ould Mahfoudh Ould Boyé, président du centre international du renouveau et de la guidance, il a mis l’accent, dans son intervention, sur la nécessité pour les musulmans de rester attachés aux valeurs de tolérance prônées par l’Islam avant de dénoncer la projection aux Pays-Bas d’un film qui touche à la personne du Prophète, Paix et Salut sur Lui, disant qu’il est « de très basse facture à l’image de son réalisateur ».

Dans son intervention, Cheikh Hamzetta Yusuf Hansen a déclaré qu’il y a, parmi les musulmans, ceux qui, de par leur présentation de l’Islam, contribuent à en donner une mauvaise image aux autres. Il a demandé aux musulmans de corriger certains concepts pour mieux faire connaître le message éternel de cette religion « pour qu’elle soit comprise dans sa réalité. » Il a rappelé qu’il y a des études qui confirment que de grandes villes en Grande Bretagne et au Canada verront le nombre de Musulmans atteindre 70% dans trente ans, « ce qui est une nouvelle heureuse pour cette religion et qui provoque le désarroi des infidèles ».

Les interventions et les problématiques posées ont été d’un grand niveau. Assez pour enrichir les débats de chez nous et les relever un peu. Ailleurs, les problématiques se rapportent au pouvoir, au système de dévolution de pouvoir en terre d’Islam, au comportement vis-à-vis de l’Autre et à la nécessité de tenir compte de son regard. Ici on en est à savoir si tendre la main, avoir une barbe ou non est une question centrale et déterminante pour l’avenir de

la Oumma. La réflexion engagée, la modernisation de cette réflexion et la prise de conscience de certains pans de notre élite traditionnelle, sont-elles suffisantes pour libérer l’Exégèse des conservatismes primaires ?

 

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La Tribune  Mauritanie N°393)

 

 

 




Réaction à des articles de presse

31032008

Réaction à des articles de presse 

 

A la une des journaux, sous le sceau des règlements des comptes à l’intérieur, au propre et au figuré, le colonel El Hady Ould Siddik est encore victime, pour la deuxième fois, de sa manie de changer, d’organiser ; en un mot de commander autrement.

En Mauritanie, si on vous confie une responsabilité, n’essayez jamais de toucher le désordre établi ; même si des retraités, non prolongés, continuent de percevoir des salaires et des avantages, au risque de mettre à dos les arcanes du népotisme, du régionalisme et tous les «ismes»… silence ! Ne touche pas à mon pote.

Dans un univers médiéval, régionaliste et tribalisé, la grande muette, puisqu’il faut l’appeler par son nom, ne peut être victime de plus de déshonneur : sa politisation, le chantage des lobbys rétrogrades, une presse rompue aux techniques de ragots allant jusqu’à lancer des noms pour conclure les préméditations et les intentions malveillantes.

Ancien de cette armée, je peux témoigner qu’indexer cet officier supérieur, pour des raisons de gestion, relève, plutôt, de stéréotypes, de préjugés défavorables ou construits sur des allégations ; même si avant la fin du contrôle actuel, l’opinion est désorientée par des fuites de presse qui peuvent être mises sur le même compte que son apparition à la une.

Vous convenez, tous, avec moi, que l’armée nationale a plus de ressources que la garde et que sa gestion dans la période passée ne pouvait être vérifiée par aucune personne extérieure. Pourtant, il est resté le même : simple, droit et honnête.

Il a été 4 fois chef d’Etat-major, propriétaire d’une seule résidence. De grâce, ne souillez pas l’honneur d’un vaillant officier qui, avec quelques rares officiers, le 08/06/2003, ont honoré une armée bafouillée dans ses fondements encore mal assurés.

Le seul rempart qui nous reste c’est notre armée. Eviter de toucher son honneur. Ses  institutions ne sont pas des partis politiques. Seul le Président de
la République doit gérer cette armée, par l’intermédiaire d’officiers intègres. Par ceci, seulement, nous donnons des gages à notre Démocratie, qui pourra être victime des intérêts d’une minorité en conflit avec l’intérêt national.

 

Abdel Vettah Ould Mohamed Abdallahi 

 

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Mauritanie : Festival International des Musiques Nomades 2008

31032008

Festival International des Musiques Nomades 2008 :

Cinq jours de musique à Nouakchott!

Pour un budget de plus de 127 millions d’Ouguiya, la 4ème édition du Festival International des Musiques Nomades prévu du 07 au11 avril, va élever cette année le niveau des concerts pour lancer les musiciens nouvellement formés. Le Festival va aussi introduire d’autres innovations avec notamment la participation des grands artistes comme Sékouba Bambino de la Guinée.
Le ministère de la Culture et de la Communication, a débloqué 15 millions d’Ouguiya pour cet événement international de grande portée pour notre pays. En prélude donc à ce Festival, le ministre Mohamed Vall Ould Cheick entouré de ses collaborateurs, a rencontré la presse. Surtout de la directrice du festival, Mme Khadi Mint Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf, un nom qui évoque toute la connaissance de la culture traditionnelle (savante et populaire). Il y avait aussi le directeur du Centre du Culturel Français, premier promoteur du festival.
C’était le mardi 25 mars 2008 en présence du ministre de l’Artisanat et du Tourisme Bâ Madine, de l’ambassadeur de France et de nombreuses hautes personnalités du monde de la Culture. Mohamed Vall Ould Cheick a mis l’accent sur l’importance de ce Festival International des Musiques Nomades pour la Mauritanie. «Le Festival permettra à notre culture dans sa diversité de s’épanouir. La culture est une passerelle dans le rapprochement des individus» a-t-il déclaré. «Grâce à ce Festival nous allons donner l’image de marque de notre culture» a ajouté Mohamed Vall Ould Cheikh.
Plus de 300 artistes venus de différents pays prendront part à ce Festival pour10 grands concerts internationaux au stade Ksar. 24 concerts sont prévus dans toute la ville de Nouakchott. Il y aura aussi 6 rendez- vous traditionnels sous la Khaima au cours des veillées.
Il faut dire que ce grand rendez-vous international profitera à la musique mauritanienne méconnue dans le monde. Notons aussi que la Mauritanie possède un patrimoine culturel très riche sans savoir en profiter. Ce patrimoine culturel se trouve dans la léthargie depuis belle lurette.
Rappelons que Nouakchott vibrera aux sons et rythme venus d’horizons divers : de l’Europe, du Moyen-Orient, du Maghreb, de l’Afrique…
La révolution dans le domaine de la musique conditionne le reste. Nous devons enfin le comprendre. On dit que quand les rythmes de la musique changent, les murs de la ville tremble. Et on sait par ailleurs qu’il n’y a pas plus néfaste pour le pays que le recul de la joie, conséquence de la gestion catastrophique du pays par les militaires. Cela a donné des êtres constipés, incapables de réflexion, amorphes donc.
Sy Mamadou

Source : http://barrada.unblog.fr/tag/la-tribune/( La Tribune Mauritanie N°393)




Fonction publique :recensement en attendant Modernisation

31032008

Fonction publique : 

Recensement en attendant Modernisation 

Moktar Ould Ahmed Ely, directeur général de
la Fonction Publique a jeté la lumière sur les préparatifs en cours du recensement des fonctionnaires et agents de l’Etat organisé par le département de
la Fonction Publique et de
la Modernisation de l’Administration sur l’ensemble du territoire national et au niveau des missions diplomatiques et consulaires. Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, lundi, le directeur de
la Fonction Publique a indiqué que « le recensement sera effectué de façon transparente » et que la direction entreprendra des efforts qu’il a qualifiés d’énormes pour sensibiliser et mobiliser l’opinion sur son importance. Ould Ahmed Ely a précisé que le ministère a adressé des correspondances à cet effet aux secrétaires généraux des ministères et aux wali et envoyé des missions à l’intérieur chargées de la sensibilisation et de la mobilisation sur cette question, missions qui visiteront, dans une 1ère phase les wilaya : Tiris Zemmour, Dakhlet Nouadhibou, Trarza, Hodh Charghi et Assaba. Et ce pendant la période allant du 23 au 30 mars courant alors que d’autres feront la visite des wilaya restantes entre le 10 et 17 avril prochain.

Le directeur de
la Fonction Publique a rappelé que ledit recensement sera organisée en 3 phases dont la première commencera le 1er avril et couvrira la zone de Nouakchott tandis que la 2ème phase, qui sera entamée le 17 avril, intéressera le Tiris Zemmour, Dakhlet Nouadhibou, le Trarza, le Gorgol, le Hodh Charghi et de l’Assaba alors que la dernière phase, qui touchera le reste des wilaya, commencera le 19 avril pour prendre fin le 6 mai 2008. Ce recensement intervient selon le directeur de
la Fonction Publique, pour remédier à une situation des personnels non maîtrisée et en vue de la mise en place d’un système intégré de gestion des personnels de l’Etat, une situation, au demeurant préjudiciable pour l’administration. Il concerne tous les personnels payés sur budget de l’Etat qu’il s’agisse de personnels permanents (fonctionnaires, auxiliaires ou contractuels) ou dit non permanents ou agents contractuels locaux, payés par le service central de la solde sur la base de service fait ou de crédits délégués ou notifiés et quelque soit la position occupée (activité, détachement, disponibilité etc.). En sont exclus les personnels des forces armées et de sécurité (armée gendarmerie, garde et police nationales et ceux des collectivités locales des établissements publics et des entreprises publiques. Ce recensement permettra de réactualiser et de compléter les données du recensement de 1991 pour assainir et fiabiliser les fichiers existants de la solde et de la fonction publique ainsi que les listes de présence de toutes les autres structures administratives concernées. En outre, il s’agit de fournir un ensemble d’informations jugées utiles pour une meilleure maîtrise de la gestion des effectifs et mettre en oeuvre un système intégré de gestion des personnels de l’Etat.

Pour garantir le succès de la mise en oeuvre de ce recensement, la direction et le pilotage de l’opération sont assurés par des structures administratives représentatives en raison des différentes catégories de personnels en question. Ces structures auront la charge de l’organisation, de l’encadrement, du suivi, et de la validation des différentes phases et des documents produits (comité interministériel, commission de supervision et groupe d’appui). (AMI)

 

Mokhtar Ould Ahmed Ould Eli, Directeur général de

la Fonction Publique, à
La Tribune : 

«L’agrégation de toutes les données collectées permettra d’avoir un fichier exhaustif sur les personnels de l’Etat qui permettra d’assurer une meilleure maîtrise et d’améliorer la gestion des ressources humaines dans
la Fonction  publique» 

 

 


La Tribune : Vous allez lancer une opération de recensement des fonctionnaires. En quoi consiste-t-elle? 

Mokhtar Ould Ahmed Ould Eli (MOAE) : L’opération de recensement se déroulera du 1er avril au 6 mai 2008 à Nouakchott, du 1er avril au 17 avril dans les Wilayas de : Dakhlet Nouadhibou, Tiris Zemmour, Trarza, Gorgol, Assaba et Hodh Charghi, du 19 avril au 06 mai 2008 dans les Wilayas du : Brakna, Guidimagha, Hodh Elgharbi, Tagant, Adrar et Inchiri.

Ce recensement constitue une étape fondamentale dans la reforme envisagée au niveau de la gestion des ressources humaines de l’Etat. 

Cette opération consiste à mettre en place des bureaux de recensement dotés d’équipements modernes sur tout le territoire national (Nouakchott, toutes les capitales régionales et départementales). 

Ces bureaux doivent accueillir physiquement les personnels concernés par le recensement et collecter les données relatives à leur identification (la carte nationale d’identité, photo numérique, état civil etc.), leur situation administrative (décision de dernier avancement, décision de recrutement, bulletin de salaire et diplômes …). 

L’agrégation de toutes les données ainsi collectées permettra d’avoir un fichier exhaustif sur les personnels de l’Etat qui permettra d’assurer une meilleure maîtrise et d’améliorer la gestion des ressources humaines dans
la Fonction  publique. 

 

 


La Tribune : Qui est concerné? 

MOAE : Sont concernés par le recensement tous les fonctionnaires et agents auxiliaires de l’Etat quelle soit leur position administrative (en activité, en détachement, en disponibilité, mis à disposition…,les agents contractuels de l’Etat nationaux et étrangers, le personnel payé par certificat de service fait au niveau de
la Solde et le personnel dit «non permanant» payé par crédits délégués ou notifiés. 

Ne sont pas concernés par cette opération les forces armées nationales et les forces de sécurité (notamment
la Police), les personnels des sociétés et des établissements et publics et ceux des Collectivités locales. 

 

 


La Tribune : Quelles conséquences pour ceux qui ne seront pas recensés? 

MOAE : Le non recensement entraîne la suspension immédiate du salaire, suivie d’un communiqué de mise en demeure et de la radiation des effectifs de
la Fonction publique pour abandon de poste de tout agent qui ne se présente pas après le communiqué de mise en demeure, conformément à la réglementation en vigueur. 

Par ailleurs tous les auteurs de fausses déclarations à l’occasion de ce recensement seront poursuivis conformément aux textes en vigueur en plus des sanctions administratives qui peuvent leur être infligées. 

 


La Tribune : On dit qu'elle peut être suivie par un dégraissage, qu'en est-il? 

MOAE : L’objectif du recensement est la maîtrise de la gestion administrative et financière des agents de l’Etat. Il sera suivi de certaines études qui vont déterminer les besoins fonctionnels des administrations et assurer l’adéquation des profils aux emplois. 

Les conclusions de ces études ne conduiront pas forcement à un dégraissage mais peut être à des redéploiements et des recyclages de ces personnels pour assurer une meilleure qualité du service public et améliorer la performance de l’Administration. 

 


La Tribune : Le département de l'éducation a déjà opéré un recensement, en quoi le vôtre est différent? 

MOAE : Ce recensement permettra une identification précise de tous les agents de l’Etat et pas seulement le personnel de l’Education, qui constitue certes le plus gros lot. 

Il permettra de collecter les numéros des pièces d’identité et de prendre des photos de tous les agents de l’Etat. Il concerne les agents non permanents qui n’ont pas de dossier au niveau de
la Fonction publique et dont la gestion actuelle est source de beaucoup de problèmes. 

En un mot il est différent de celui de l’Education nationale aussi bien par son contenu (la population cible, les données à collecter…) que par ces objectifs (la mise en place du système intégré, la régularisation des situations administratives, les reversements…). 

 


La Tribune : Qu'est-ce que vous attendez de l'opération de recensement? 

MOAE : Cette opération permettra entre autres : L’harmonisation des fichiers de personnel au niveau de
la Fonction Publique, du Budget et des départements gestionnaires ; La préparation des reversements dans les nouveaux corps prévus par les statuts particuliers ; La collecte des données personnelles et administratives qui concernent les personnels non gérés par
la Fonction publique (Personnel payé par certificat de service fait et personnel non permanant) ; L’identification précise des agents de l’Etat (collecte  des numéros des pièces d’identité) ; La préparation de la mise en place d’un système intégré de gestion des ressources humaines ; La création des conditions nécessaires à une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences ; La maîtrise de l’affectation des agents de l’Etat et la détermination de leur besoin en formation ; L’assainissement des listes de présences des départements ministériels et la radiation des agents fictifs éventuels. 

 

Propos recueillis par MFO 

 

Source : http://barrada.unblog.fr/tag/la-tribune/(

La Tribune  Mauritanie N°393)




Après la société civile mauritanienne, OSIWA soutient Me Fatimata Mbaye

31032008

 

 

Dr. Nana Tanko directrice d’OSIWA était venue de Dakar la semaine passée pour exprimer sa solidarité à Me Fatimata Mbaye l’avocate mauritanienne défenseur des droits de l’homme qui avait été victime de maltraitance de la part de la police française alors qu’elle protestait contre une procédure de reconduite « inhumaine » à la frontière d’un jeune immigré.

« Osiwa est venue par solidarité pour renforcer société civile mauritanienne », a déclaré le professeur Cheikh Saadbouh Camara le 28 mars 2008 lors de la conférence de presse faite par la délégation d’OSIWA au siège du FONADH.

Selon Nana Tanko ce qui est arrivé est crucial. « Beaucoup de nos collègues nous ont contacté et sont solidaires avec nous. Notre mission est d’autant plus importante qu’elle implique Me Fatimata qui a beaucoup fait pour les droits de l’homme. » A-t-elle dit.

Notre objectif est de promouvoir les sociétés qui se battent pour faire respecter les droits de l’homme.

Nous reconnaissons que chaque Etat  a le droit de dire qui va habiter son territoire. Mais nous devons reconnaître également qu’il y a des instruments qui définissent les réactions. 

Y a-t-il eu respect de ces instruments dans ce cas d’espèce ?

Nous lançons un appel pour vérifier si ces instruments Ont été respectés.

Nous allons observer si le gouvernement Français va observer ces règles.

En ce moment nous ne voulons pas  prendre position ce qui nous importe c’est comment le gouvernement français va régler cette question.

En écoutant le témoignage de Fatimata il est important qu’il y ait une compréhension de la situation. » A déclaré la directrice exécutive d’OSIWA. Selon elle le facteur unificateur est la question de droit humain. Laquelle se rapporte au niveau de reconduite à la frontière, aux mécanismes de protection pour ces personnes qui défendent les victimes, la responsabilité de nos gouvernement quand on voit ces milliers des jeunes qui meurent en allant en immigration,  « cela fait mal »…poursuit Dr. Nana Tanko qui ajoute : « pour nous c’est un problème global qui comporte des détails et nous travaillerons à la plaidoirie sur cette question avec les ONG. S’il y a lieu d’aller en justice pour défendre ces cas nous le ferons. Et nous travaillerons à sensibiliser l’opinion. »

 

 

Rappel des faits

 

Me Mbaye se trouvait le 11 mars dans le vol d’Air France 765 à Paris à destination de Nouakchott. Elle a entendu le cri de détresse d’un jeune homme : « Aidez-moi, il vont me tuer ! »  

« Le jeune homme était sanglé d’une autre ceinture que celle du bord. » Déclare Me Fatimata qui ajoute que les policiers étaient plus de dix à bord de l’avion. Elle était intervenue en même temps qu’un médecin français pour demander aux policiers de faire preuve de plus d’humanisme dans le traitement du jeune homme. Devant le refus des policiers, le commandant de bord a décidé de débarquer le jeune homme, affirme-t-elle.

« Soit vous descendez avec nous soit on vous passe à tabac.» Lui auraient déclaré les policiers. Selon l’avocate mauritanienne, ils ont violé l’espace international et ils n’avaient pas de documents justifiant leur présence dans l’avion. « Nous avons été l’objet d’une fouille que j’appellerai un viol de la dignité humaine…ils auraient pu aller plus loin. J’ai été mise à nue et privée de mon foulard.

Il y avait une jeune femme maghrébine qui a compris ma réaction elle a choisi de se retirer. Je suis sûre qu’ils sont allés plus loin avec le médecin qui a dormi sur le carreau. Il avait été conduit à l’infirmerie, il avait les yeux hagards ce qui prouve qu’ils a été malmené… » Poursuit Me Mbaye qui déplore : « le médecin français a été doublement victime. Il a été licencié alors qu’il venait en Mauritanie pour travailler comme médecin  ayant signé un contrat de remplacement au site de Chinguiti. Malheureusement il a perdu son travail. La fidh est en train d’agir car « à partir du moment où on licencie une personne pour avoir protesté contre un traitement inhumain, il est clair qu’il a été sanctionné parce qu’il a agi en tant que défenseur des droits de l’homme. »

Dans une déclaration émanant de quelques organisations des droits de l’homme et rendue publique le 24/03/08 à la faveur d’une conférence de presse il est noté que pour une reconduite aux frontières
la France viole les droits de l’homme. Le 11/03/08 le vol a été retardé sans explication. Et les cris de détresse d’un jeune homme en ces termes « aidez moi, détachez moi ils vont me tuer » ont alerté Me Mbaye et Pierre André Marie, médecin. Le jeune homme était étouffé par les policiers qui l’avaient attaché, déclare Me Mbaye pour qui autant
la France peut refuser la présence sur son territoire d’étranger autant elle est tenue de respecter tout individu présent sur ce territoire. C’est ainsi que les ONG signataires de la déclaration ont lancé un appel au respect des droits fondamentaux et exigé des pays africains d’agir en conséquence et en fonction des accords bilatéraux qui les lient à
la France.

Pour avoir protesté Me Mbaye et le médecin français ont été l’objet d’une garde à vue, de fouille corporelles. Les affaires de Me Mbaye avient été mises sous scellée. Elle a été, déclare-t-elle, dépouillée des objets précieux qu’une femme peut détenir.  « J’ai été entendue par la police aéroportuaire. Après le PV, j’ai été  transférée à
la PJ puis mise à nue. J’ai été humiliée.  J’ai été enfermée dans une cellule, on m’a refusé mon foulard sous prétexté que je pourrais me pendre avec. J’ai été gradée le 11 de 16h40 jusqu’u 12 à 15 heures 45. »

Quelle peine alors : opposition à une reconduite à la frontière. Ont déclaré les policiers. Qui par la suite préciseront que c’est une opposition à une mesure de reconduite à la frontière dont se sont rendus coupables l’avocate et le médecin.

Le sort du jeune homme, un immigré mauritanien ? « Je suis intervenu sans savoir qu’il était mauritanien. C’est quand il est venu s’excuser que j’i compris qu’il était soninké ressortissant du Guidimakha. Il est en prison…  Me Mbaye dit que malheureusement, elle n’a pas encore pu contacter les parents de ce jeune homme qui s’appelle Mohamed Sidibé.

De toute évidence l’avocate a porté plainte contre les agissement de la police car souligne-t-elle, « nous avons protesté contre la manière et les conditions de reconduite : bâillonner une personne n’est pas un comportement digne ».

Du côté des autorités mauritaniennes quant à savoir si des procédures ont été engagées pour demander à
la France de s’excuser, aucune réaction n’a été notée officiellement. La commission nationale des droits de l’homme s’est jointe à la déclaration du fonadh alors même que celle-ci était déjà rédigée, imprimée, donc sans son nom là-dessus. Pourtant l’incident s’est produit en présence du secrétaire général de cette commission. Il se trouve que c’est lui-même qui a remis à l’aéroport de Nouakchott le sac de Me Mbaye à la petite sœur de cette dernière, lui disant que l’intéressé a raté son vol.

Autre paradoxe, le barreau mauritanien n’a pas réagi non plus. Au cours de la conférence de presse du 28 mars, le député européen Marie Isler Béguin a envoyé un message pour exprimer sa solidarité à Me Fatimata Mbaye. Elle a dit qu’elle va s’assurer qu’il n’y aura pas de suites qui vont empêcher Me Mbaye de se déplacer. Marie Isler Béguin avait conduit une mission d’observateurs de l’Union Européennes en Mauritanie durant la période de transition et celle  des élections de 2007…

Compte rendu Kissima Diagana

 

Source : http://barrada.unblog.fr/tag/la-tribune/(

La Tribune  Mauritanie N°393)

 




Un jeune mauritanien à la tête d’une délégation américaine

31032008

Un jeune mauritanien à la tête d’une délégation américaine 


Mr Amada Thiam, haut cadre aux États Unis d’Amérique est un jeune Mauritanien, qui cherche à contribuer au développement de  sa patrie.  Titulaire de trois diplômes : un BS en Économie, d’un BS en Finance et un MBA en Global Business Management, il est le président/fondateur d’une ONG internationale nommée AfricAgir basée a Washington, DC. 

 

Ayant pour objectifs de développer des solutions adaptées à l’émigration ; notamment par le développement de l’éducation, de la formation professionnelle, et de l’emploi dans les pays participants, AfricAgir combine de manière innovante la technologie, l’éducation, l’assistance technique et l’expertise locale afin de favoriser le renforcement des capacités et le développement durable. 

 

Lors de
la Conférence du Bureau International pour
la Migration, tenue à Dakar du 18 au 21 Mars au lendemain du Sommet de l’OCI, Mr Adama Thiam,  qui représentait la délégation officielle des ONG des ÉTATS-UNIS n’avait pas manqué de souligner dans son intervention que « pour mettre fin à l’immigration clandestine, il faudra offrir de réelles opportunités d’épanouissement des candidats à l’émigration dans leurs pays d’origine ». Car, a-t-il ajouté, « ces individus qui  risquent leur vie n’ont souvent pas connu d’autres alternatives ». Et poursuit-il,  » j’estime que la meilleure façon de lutter contre ce fléau, c’est de former les populations actives en adéquation aux besoins du marche de travail, d’une part, et d’autre part, de mettre en place des réseaux d’échanges entre les employeurs et les demandeurs d’emploi afin de rapprocher l’offre et la demande. 

 

Cette approche, AfricAgir entend bien la mettre en œuvre en Mauritanie afin d’accompagner le retour et la réinsertion des réfugiés mauritaniens. Elle vise également soutenir la loi criminalisant les pratiques esclavagistes en Mauritanie en facilitant l’insertion des populations concernées dans le marché du travail. 

 

Source : La Tribune via  www.barrada.unblog.fr







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